Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 14:40

 

Pendant plusieurs mois, en 2010, Eric Gibert et Armand Launay ont joué les détectives en visitant plusieurs caves de Pont-de-l’Arche. Pour ces deux Sherlock Holmes il s’agissait d’en savoir un peu plus sur ces légendes racontant qu’au Moyen Âge de nombreux souterrains permettaient de circuler sous la ville...

 

Lampe-torche, appareil photo, stylos… Nos visites souterraines auront été très enrichissantes et nous auront permis de constater que de nombreuses caves sont munies de doubles fermetures quand elles sont reliées à l’extérieur. En effet, grâce à des trappes situées sous les trottoirs actuels, des escaliers reliaient directement les caves à la rue médiévale. Cela permettait de faciliter les livraisons de bois, de grains… En effet, en plus de la trappe donnant sous la rue, une porte verrouillait l’accès à l’escalier depuis la cave (photo 1).

 

Photo-1 

Cette double fermeture atteste que la crainte du vol est ancestrale. Comment penser, par conséquent, que toutes les caves médiévales étaient reliées afin de permettre une libre circulation notamment en cas d’urgence ? Quel intérêt auraient eu les anciens Archépontains de mettre leurs réserves à la disposition des visiteurs souterrains ? Ce que nous avons vérifié, c’est la séparation de caves en plusieurs compartiments suite à des divisions de propriétés qui ont nécessité, au XIXe siècle, la construction de murets et de portes en bois fermées à double tour (photo 2).

 

Photo-2 

 

Ce sont précisément ces passages entre les caves qui ont dû alimenter les légendes faisant du sous-sol de Pont-de-l’Arche un réseau de circulation. Nous avons même souvent entendu que les souterrains de la ville étaient suffisamment vastes pour que circulent deux cavaliers de front. C’est dire la confusion entre cave et passage souterrain car si deux personnes pourraient monter à cheval sans trop de peine, dans certaines caves, cela ne faisait pas de ces espaces de stockage des voies publiques souterraines. En revanche, ces mauvaises interprétations ne tordent pas le cou à l’existence de vrais souterrains remontant à une période plus ancienne. Rien ne nous dit, d’un point de vue technique tout comme utilitaire, que de tels passages n’aient pas existé. Attention tout de même à ne pas confondre non plus les carrières souterraines avec de longs tunnels. La Maison de la Dame Blanche, aux Damps, est réputée avoir son tunnel qui la relie à notre ville puis l’ancienne abbaye de Bonport. Mais les personnes qui répètent ces propos ont-elles visité la carrière qui se trouve juste à coté de la plus ancienne demeure dampsoise située… rue des Carrières ? D’un point de vue architectural, les caves observées sont constituées d’un seul vaisseau en plein cintre. Certaines présentent de belles pierres de taille sans aucune autre espèce de décorations. D’autres, plus soignées, présentent un décor composé d’arcs doubleaux en pierres calcaires chanfreinées de même type que ceux de la Salle d’Armes (mais de moindre dimension, voir photo 3).

 

Photo-3 

 

Ces caves sont constituées de moellons calcaires de petit appareil. Eugène Viollet-le-Duc rattache ce type d’arcs, pour les bâtiments civils, aux XIIe et XIIe siècle. A ces arcs doubleaux, on peut rattacher les voutes de portes d’escaliers observés dont une seule des deux arêtes est taillée. Une cave présente même une série de trois voutes d’entrée très bien conservées et très harmonieuses (photo 4).

 

Photo-4 

 

Des soupiraux sont encore présents même s’ils sont trop souvent bouchés, ce qui limite considérablement l’évacuation de l’humidité. Nos visites nous ont aussi amenés à redécouvrir le four d’une ancienne boulangerie de la rue André-Antoine (photo 5).

 

Photo-5 

 

Deux des caves visitées présentent des séries de cellules latérales de part et d’autre du vaisseau principal. Ces cellules offraient de multiples espaces de stockage et ce sans mettre en danger la résistance des caves les plus profondes. Les caves à cellules latérales sont caractéristiques de l’architecture francilienne du XIVe siècle. Les légendes que nous avons entendues font des cellules de ces caves des cachots ou des départs de souterrains (photo 6).

 

Photo-6 

 

Enfin, cette étude nous aura permis de déterminer ce qui alimente la légende, c’est-à-dire une interprétation abusive des éléments qui composent les caves médiévales. Mais l’étude a toujours ses limites : les murs rejointoyés ou à moitié écroulés que nous avons observés dans certaines caves sont-ils des tentatives d’anciens propriétaires pour fermer des passages reliant leur cave à quelque passage, quelque tunnel (photo 7) ?

 

Photo-7 

 

Le témoignage d’une personne présente lors de la démolition de l’usine Nion (Jeambin) est très clair : un long tunnel orienté Nord-sud faisait au moins 4 mètres de profondeur sur 4 de large a été mis au jour avant d’être bétonné deux jours plus tard. Les témoignages concordent aussi sur le passage du fond de la Salle d’Armes. Bouché lorsque cette cave est devenue un lieu culturel municipal, un passage très bas donnait accès à une galerie descendant vers l’église. Des Archépontains alors enfants ont pu s’y aventurer un peu avec des torches improvisées durant la Seconde Guerre mondiale. La rêverie est permise tant que l’étude ne peut être poussée à son terme. En attendant, ces visites nous auront permis de mettre la main sur un trésor : le patrimoine architectural médiéval souterrain et la sympathie des différents propriétaires qui nous ont ouvert leurs portes (et leurs trappes !). Nous les en remercions chaleureusement et précisons que nous sommes toujours disponibles pour visiter d’autres caves:)


Nettement identifiable grâce aux arêtes taillés dans la pierre et aux passages des gonds.

Célèbre architecte du XIXe siècle et auteur du Dictionnaire raisonné d’architecture.

Par Armand - Publié dans : Pont-de-l'Arche - patrimoine
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 14:39

11 siècles après... les Vikings reviennent à Pont-de-l'Arche !

Samedi 7 et dimanche 8 mai... ils attaqueront le camp des Francs...

Infos et programme en cliquant sur l'affiche ci-dessous...

 

Normandie-2011


Commémoration du 11 centenaire du traité de Saint-Clair-sur-Epte – 911

Cycle de conférences organisé par le Pays du Vexin normand.

 

vitrailstclairsurepte1Traité de Saint-Clair-sur-Epte

(détail d'un vitrail, XIXe siècle, de l'église de Saint-Clair).

 

Coordination scientifique

Pierre Bauduin, professeur d'histoire médiévale (université de Caen), directeur du Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales (CRAHAM) ;

Elisabeth Lalou, professeure d'histoire médiévale, Directeur du Groupe de recherche en histoire (GHRIS) ;

Jacques Le Maho, chargé de recherche au CNRS, attaché au CRAHAM

 

Conférences et concerts

4 mai

Jacques Le Maho, "La Seine et les Vikings". Les Andelys, hôtel-restaurant La Chaine d'or, 19h.

 

14 aout

Caroline Bride, "Les gardiens de la frontière normande de l'Epte : l'exemple des Crespin", abbaye de Mortemer, 17h.

 

3 septembre

Pierre Bauduin, "La fondation et les débuts du duché de Normandie", Authevernes, "le fort", 17h. A 20h, en l'église d'Authevernes, piano (Edvard Grieg, Johannes M. Rivertz, Geirr Tveitt, Torstein Aagaad-Nielsen, Harald Saeverud).

 

10 septembre

Bruno Nardeux, "La défense de la frontière normande", Lyons-la-forêt, salle du bailliage, 19h.

 

7 octobre

Violon, violoncelle, piano (Edvard Grieg et Sergueï Rachmaninov), Gisors, salle des fêtes, 20h30

 

8 octobre

Jean Mesqui, Le château de Gisors, Gisors, salle des fêtes, 17h. A 20h30, même lieu, chant et piano (Frantz Liszt, Alban Berg, Jean Sibélius, Edvard Grieg).

 

9 octobre

Bruno Lepeuple et Gilles Deshayes, "Vivre au bord de l'Epte au Xe siècle : deux habitats carolingiens fouillés sur le tracé de la déviation de Gisors", Gisors, salle des fêtes, 17h.

 

28 octobre

Concert, programme quatre mains (Edvard Grieg, Johannes Brahms, Félix Mendelsohn), Les Andelys, collégiale, 20h30.

 

Secrétariat

Pays du Vexin normand, Michel Pierre, 02 32 27 42 06. Se renseigner en mairie pour confirmation des heures et des dates des conférences. Entrée libre. "pays-vexin-normand.com".

Par Armand - Publié dans : Pont-de-l'Arche - histoire
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 14:37

Venus principalement du Danemark et de Norvège, les Vikings explorent le Nord de l’Europe. Commerçants, ils deviennent pirates selon les circonstances. Les richesses qu’ils ramènent dans leurs contrées améliorent leur position sociale ce qui donne l’idée à leurs petits frères d’en faire autant, quelques années plus tard… C’est leur arrivée dans notre région qui a donné naissance à la ville de Pont-de-l’Arche et à la Normandie, la terre des « hommes du Nord ». Retour en arrière en quelques dates…


790-800 : des Vikings sont repoussés par Charlemagne le long des côtes de la mer du Nord.
820 : première expédition viking dans l’estuaire de la Seine. Elle est repoussée par les gardes du rivage.
841 : seconde expédition viking, Jumièges et Rouen sont incendiés. Les Vikings constatent la faiblesse de l’armée franque qui est divisée entre les successeurs de Charlemagne.
 

 

Guerande

La milice de Guérande face aux Normands (à droite) en 919. Un exemple de défense réussie face aux Normands. Extrait de La Vie de saint Aubin, manuscrit du XIe siècle provenant de l’abbaye d’Angers (BnF).


 
845 : première expédition vers Paris (rééditée presque chaque année par la suite). Premier paiement par le roi du Danegeld (argent payé aux Danois pour qu’ils repartent).
851 : première fois qu’une troupe viking passe un hiver entier dans la basse Seine (réédité en 852 et par la suite).
856-862 : installation d’une « grande armée » scandinave dans l’estuaire de la Seine. Raids vers l’intérieur du royaume.
860-861 : réaction de Charles le Chauve qui nomme Robert le Fort à la tête d’un grand commandement en Neustrie contre les Normands et les Bretons.
862-869 : construction d’un pont fortifié à Pont-de-l’Arche pour barrer la Seine, l’Eure et l’Andelle aux Normands. Ce pont est entouré de deux forts. Celui de la rive gauche deviendra la ville fortifiée de Pont-de-l’Arche.
 

 

Fort en 869 (Haywood)

Le système défensif de Pont-de-l’Arche construit entre 862 et 869 par le roi des Francs, Charles le Chauve, afin de protéger Paris et la majeure partie du royaume. La ville de Pont-de-l’Arche est au bout du pont, à droite, et le fort à gauche est aujourd’hui remplacé par la station-essence et le restaurant du Vieux pressoir. Ce dessin (extrait de l’ouvrage de J. Haywood) montre des Normands montant à l’assaut du fort incendié. Cependant, selon Jacques Le Maho, le fort aurait été bien plus petit et concentré en arc de cercle autour de l'entrée du pont, ce qui parait plus logique. 


 
876 : arrivée du chef viking Rollon dans l’estuaire de la Seine.
885-886 : le pont fortifié de Pont-de-l’Arche permet de retenir les Normands pendant quelques semaines avant le siège de Paris.
886-890 : Rollon s’empare de Bayeux.
898 : Charles le Simple devient roi de France (fin de règne en 923). Une partie de la future Normandie se vide de ses habitants et d’une large partie de son administration civile et religieuse. Les Vikings s’installent le long de la Seine et le long des côtes du pays de Caux, du Bessin et du Cotentin. Ils détiennent des biens et deviennent, de ce fait, soucieux de leur protection. De nombreux lieux prennent des noms scandinaves : Harfleur, Honfleur, Amfreville, Martot, Criquebeuf, Sotteville, Igoville…
911 : après une défaite militaire, Rollon s’installe à la table des discussions. Charles le Simple lui cède l’équivalent de la Haute-Normandie si Rollon accepte de reconnaitre l’autorité royale et de devenir chrétien. C’est ainsi que le traité de Saint-Clair-sur-Epte est signé. Rollon devient le 1er duc d’une nouvelle province : la Normandie. Celle-ci n’est plus pillée par d’autres Vikings. La paix est rétablie.
 

 

Rollon    

Rollon, statue de bronze faisant partie du groupe monumental représentant Guillaume le Conquérant entouré de l’ensemble des ducs de Normandie à Falaise (Calvados).
 

 
924 : Rollon agrandit ses possessions en conquérant sur les Bretons le Bessin et le Maine.
933 : Guillaume Longue Epée, 2e duc de Normandie, conquiert le Cotentin et l’Avranchin au détriment des Bretons.
1020 : la paroisse de Pont-de-l’Arche est citée dans une charte par laquelle Richard II, duc de Normandie, confirme à l’abbaye de Jumièges ses droits sur cette paroisse.
On y apprend que saint Vigor est le patron de l’église et que trois moulins sont bâtis sur le pont.
1066 : Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devient roi d’Angleterre. La lutte entre les rois de France et les ducs de Normandie s’amplifie. Les Normands sont presque indépendants du pouvoir français et deviennent cette année-là les égaux des rois de France.
 

 

Bayeux    

Flotte normande partie conquérir l’Angleterre, détail de la tapisserie de Bayeux, XIe siècle.
 

1189 : durant une période de paix, Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et Philippe Auguste, roi de France se concertent pour la fondation de l'abbaye Notre-Dame de Bonport à Pont-de-l'Arche. 

Richard-Coeur-de-Lion-et-Philippe-Auguste

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion montrant leur amitié au début de la 3e croisade (1190-1191), Livre d’Eracle, Flandres, vers 1300 (BnF).


1195 : de retour de croisade et de captivité, Richard Coeur de Lion renforce ses défenses contre le roi de France, Philippe Auguste. En plus de Château Gaillard, il fait rehausser les fortifications de Pont-de-l'Arche.

1204 : Philippe Auguste, roi de France, bat Jean sans Terre, duc de Normandie et roi d’Angleterre. Les rois de France retrouvent leur autorité sur la Normandie, 293 ans après le traité de Saint-Clair-sur-
Epte. Philippe Auguste fait de Pont-de-l’Arche sa principale résidence normande. Il fait rehausser le fort situé de l’autre côté du pont. Il fait réparer le pont.
 

 

 
Sources


- BAUDUIN Pierre, La première Normandie (Xe-XIe siècles). Sur les frontières de la haute Normandie : identité et construction d’une principauté, Caen, Presses universitaires de Caen, 2006, 485 p. ;

 
- HAYWOOD (John), L’Atlas des Vikings (789-1100), de l’Islande à Byzance : les routes du commerce et de la guerre, Paris, éditions Autrement, collection Atlas / Mémoires, 1995, 144 p. ;


- LAUNAY (Armand), L’Histoire des Damps et la naissance de Pont-de-l’Arche, éditions Charles-Corlet, 2007, 240 p. ;


- NEVEUX (François), L’Aventure des Normands : VIIIe-XIIIe siècle, Paris, éditions Perrin, 2006, 385 pages ;


- NEVEUX (François), La Normandie des origines à nos jours, Rennes, éditions Ouest-France, 2010, 127 pages.

Par Armand - Publié dans : Pont-de-l'Arche - histoire
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 14:36

 

Alizay (IGN, fouilles)

 

Les constructions immobilières étant très nombreuses, le BTP a besoin de sable. Ainsi la vallée de la Seine est un terrain propice aux carrières. L’une d’elles, située à Alizay et Igoville, ouvrira pour le compte de la Compagnie des sablières de la Seine (Lafarge-Cemex). Avant cela, conformément à la loi du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive, ce sont 22 hectares de terrains qui ont bénéficié d’un diagnostic réalisé par l’INRAP entre 2007 et 2009.  

 

Celui-ci a révélé un fort potentiel et notamment

 

- de nombreux silex taillés de la fin de la dernière glaciation ; 

- un vase de la Hoguette à 1,80 m de profondeur, (5370-5222 avant notre ère) ; 

- un pic en bois de cerf et divers restes animaux à 2,6 m de profondeur (mésolithique, 7606-7578 avant notre ère) ;

- des structures d’habitat et un foyer du néolithique ; 

- des traces de l’âge du bronze ; 

- une tombe médiévale… 


L’enjeu est donc de taille. Les archéologues ont devant eux un très vaste espace qui recèle des objets bien conservés dans les anciens sédiments de Seine. Depuis février, ils peuvent étudier exhaustivement les modes d’occupation des sols depuis la fin du paléolithique (11 000 avant notre ère).

 

Le chantier d’Alizay-Igoville doit devenir une référence régionale en matière de caractérisation des différents types d'habitats qui se sont succédé au fil des siècles et de l’adaptation des hommes aux changements climatiques. Il offre aussi une belle opportunité aux spécialistes d’étudier l’évolution du mobilier et donc le processus de néolithisation, c’est-à-dire le passage progressif des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs du paléolithique et du mésolithique à l’élevage et la culture qui caractérisent le néolithique et la sédentarisation.

Archeologie-Alizay

Pour mener à bien ces recherches, pas moins d’une trentaine de spécialistes vont travailler pendant près de 14 mois. L’étude du site est placée sous la responsabilité de Cyril Marcigny et Bruno Aubry. L’analyse chronologique nécessite l’intervention de spécialistes des différentes périodes (paléolithique supérieur, moyen, inférieur, mésolithique et processus de néolithisation, néolithique ancien, moyen et final, bronze ancien, final, 1er âge du fer, périodes historiques.


Pour analyser le site le plus précisément possible, d’autres spécialistes interviendront tels que palynologue (pollen), géomorphologue (reliefs et leur évolution), entomologiste (insectes), archéozoologue (relations hommes-animaux), malacologue (mollusques), carpologue (graines), anthracologue (hommes et forêt). 


Toutes ces travaux sont intimement liées à un important travail de topographie. Un Système d’information géographique (SIG) est nécessaire pour restituer les couches stratigraphiques et modéliser les différents sols, reconstituer leur évolution (chronométrie) et établir des référentiels typochronologiques (des documents montrant des modèles d’occupation de l’espace par l’Homme selon les époques).


Avec plusieurs milliers d'objets déjà récoltés, l’étude est prometteuse. Le public intéressé a hâte de voir les premiers résultats de ces fouilles. Les archéologues ont pensé aux amateurs d’archéologie et aux habitants de la région et vont présenter les plus belles découvertes dans quelques semaines. L’information sera donnée en temps et en heure. 


Sources

- Résultats des diagnostics et protocole de fouille, Bruno Aubry et Cyril Marcigny, février 2011 ; 

- Site de la commune d’Alizay.

 

 

Salut Ghislaine;-)

Par Armand - Publié dans : Alizay
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 13:50
« Du haut de ses voutes, 8 siècles vous contemplent ! »  

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XIIIe siècle : création de l’hôtel-Dieu de Pont-de-l’Arche, près de l’église. La Salle d’Armes est construite afin de servir de cave aux religieux, peut-être de Bonport. De cette époque, il reste de magnifiques arcs doubleaux chanfreinés en plein cintre qui décorent la voute ; un escalier à vis ; une petite ouverture au rez-de-chaussée ; des soupiraux murés ; des nervures, deux colonnettes et des chapiteaux à fleurs d’eau d’influence cistercienne sculptés dans le calcaire autour d’une porte du rez-de-chaussée. L’hôtel-Dieu passe ensuite sous la gestion des frères pénitents qui utilisent la Salle d’Armes comme entrepôt accueillant le grenier à sel durant quelques années.

XVIIe siècle : les frères pénitents installent l’hôtel-Dieu dans la rue Julien-Blin (l’hôpital actuel en est l’héritier). Ils délaissent quelque peu leur ancienne propriété...

XVIIIe siècle : l'ancien hôtel-Dieu est réquisitionné par l’Etat, comme toutes les propriétés religieuses. Il est revendu comme bien national à Julien Blin.

XIXe siècle : Julien Blin fait raser l'ancien hôtel-Dieu sauf sa cave (l'actuelle Salle d’Armes) et fait construire une maison d'habitation. Dans un don testamentaire daté de 1833, Julien Blin, par ailleurs maire, lègue cette dernière ainsi que de nombreuses propriétés à la Ville de Pont-de-l'Arche. Celle-ci installe la première école publique dans cette maison (la salle Ambroise-Croizat, de nos jours) qui accueille aussi le logement de l'instituteur. 

XXe siècle : A partir de 1976, la municipalité fait de la Salle d’Armes un lieu d’exposition. L’escalier principal est construit. Dans les années 1990, la salle est réaménagée, climatisée et le souterrain du fond est muré. Le nom de Salle d’Armes apparait sans qu’on sache qui l’a créé et pour quelle raison puisque ce lieu n’avait aucune fonction militaire ou administrative…

Culture en 1976 3
Exposition en 1976

DSCF3106.JPG
Inauguration d'exposition en 2008.
Par Armand - Publié dans : Pont-de-l'Arche - patrimoine
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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /Mars /2007 09:11

Maurice-Delamare--13-.jpg

 

Pontdelarchiais ?  

 

 

Spontanément les habitants de la ville se sont appelés les « Pondelarchiais » ce qui, à défaut de bien sonner à l’oreille, est tout à fait logique. Certains d’entre eux on même donné ce nom de « Pontdelarchiais » au dialecte normand mâtiné d’argot qui était parlé ici jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Ce nom n’a jamais été officiellement donné aux habitants de la ville.

 

Les Carnages ?  

 

Autrement les habitants de Pont-de-l’Arche étaient surnommés les « Carnages », prononcez Carnâges avec un dernier « a » tirant vers le « o ».  

 

Derrière ce mot, tout comme celui de Pontdelarchiais, l’on sent la connotation ouvrière, la misère revendiquée par les milieux les plus modestes de la population.  

 

Le sobriquet de « Carnage » serait issu de l’expression le « quart nage ». En effet, quand Pont-de-l’Arche avait un pont fortifié, son franchissement était soumis à un impôt. Contre leur silence, il est arrivé que des hommes de troupes se fassent payer frauduleusement et notamment en « quarts » de vin. Il est même arrivé que ces hommes se fassent payer en plus des taxes qu’ils devaient percevoir. De malheureux commerçants, dépités de devoir se soumettre à ces pratiques, auraient lâché les quarts de vin dans la Seine afin que les soldats se donnent au moins la peine de les y repêcher, et les commerçants de crier alors : « le(s) quart(s) nage(nt) ».  

 

Tout reste au conditionnel, hormis la corruption des soldats, avérée au moins quand Richelieu était gouverneur de la cité.  

 

Pourquoi désigner toute la population par une sorte d’insulte qui touche les gardes ? Peut-être y a-t-il un rapport avec les dizaines, voire centaines de personnes qui halaient les bateaux sous le pont et qui, qui sait, ont exigé parfois de quoi étancher leur soif ?  

 

Cette ancienne insulte est depuis longtemps devenue un clin d’œil amical au passé des Archépontains.

 

 


 
Archipontains ? 
 

 

Pour l’appellation « Archépontain », justement, elle apparaît d’abord sous la forme de « Archipontain » au début du XXe siècle. Il semble que ce mot ait été créé, par commodité, par un journaliste ou encore par la mairie quand il s’est agi de décrire plus précisément la vie locale.  

 

On trouve « Archi-pontain » dans le journal L’Industriel de Louviers en 1934, et encore « Archipontain » dans un bulletin municipal des années soixante-dix. 

 


Archépontains 

 

C’est du temps de Roger Leroux, maire communiste de 1977 à 1989, que le nom d’Archépontain apparut. Il est seul usité de nos jours.  

 

Si le nom est étrange et ne sonne pas forcément très bien, sa construction est très simple : « pontain » désigne les habitants de villes où figure le mot « pont » (Castelpontains, pour le Pont-du-Château (63)).  

 

Quant à « Archi », c’est la forme la plus courante en Français qui désigne l’arche (architecture, archivolte...). On aura préféré « Archépontain » à « Archipontain » pour des raisons de prononciation ou de « beauté » peut-être. 



A voir aussi,


l'historique de la ville,

 

le blason de la cité,

 

L'insolite de Pont-de-l'Arche


 

 

Par Armand Launay - Publié dans : Pont-de-l'Arche - histoire
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Mercredi 31 mai 2006 3 31 /05 /Mai /2006 09:16

Située dans la rue Blin, on ne peut pas visiter cette propriété de l'Agglomération Seine-Eure pour des raisons de sécurité. La mairie travaille actuellement sur un projet de réaménagement de ce magnifique édifice.



Le bailliage et son rempart.

 



De quand date le bailliage ?


Le bailliage apparaît dans les archives à partir du tout début du XIVe siècle.

C'est Philippe Auguste, inspiré de ce qui se faisait en Normandie, qui décida de placer des bailliages ou sénéchaussées pour administrer son royaume.  Ce roi a fait  de Pont-de-l'Arche sa principale résidence, il a très certainement choisi Pont-de-l'Arche pour faire siéger une administration. Cependant aucun document ne nous permet de l'attester dès cette époque.

 


L'édifice actuel date pour partie du XVIe ou XVIIe siècle (les pans de bois de l'ancienne salle d'audience et de la maison des eaux et forêts), et pour partie du XVIIIe siècle (les bâtiments en pierre de taille comme la prison). 



A quoi servait-il ?


Jusqu’à la Révolution française, Pont-de-l’Arche accueillait un bailliage secondaire dépendant de Rouen. Il correspondait, en quelque sorte, à une sous-préfecture et administrait la région de Louviers, Elbeuf et une bonne partie du plateau du Neubourg et de Rouen.


Le bailliage était l’expression de l’autorité royale et était placé sous la responsabilité du bailli, noble nommé par le roi en tant qu'officier. Comme il n'y avait pas de séparation entre le pouvoir exécutif et judiciaire, le bailliage regroupait quatre administrations qui rendaient directement la "justice" au nom du roi.

 

On parlait alors de quatre tribunaux :

 

- le bailliage à proprement parler et qui était une sorte de tribunal de première instance,

- l’élection, ecnore appelée tabellionnage, qui réglait les différends concernant les impôts et principalement la taille,

- la maîtrise des eaux et forêts, "ancêtre" de l'ONF,

- le grenier à sel (car la vente du sel était un monopole du roi qui percevait un impôt nommé la gabelle.


Et quand on rend "justice" sous l'Ancien Régime, on emprisonne les gens. Le bailliage comprend donc des prisons.


Notez que le mot bailliage désigne à la fois un tribunal présidé par le bailli mais aussi le bâtiment qui accueille le bailliage.



  La cour intérieure de la prison vue depuis

le sommet d'une des tours du rempart.

 



Depuis qu'il n'y a plus de bailli...

En 1790, lors de la refonte des administrations, Pont-de-l’Arche perdit ses tribunaux au profit de Louviers, ville qui était devenue depuis des siècles bien plus importante en raison de ses manufactures de draps.


Le bâtiment du bailliage servit de mairie jusqu’en 1968. Il passa ensuite dans le domaine privé avant de redevenir une propriété publique en 1998.


Ce bâtiment fut inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 5 février 2003.

Pour plus de précision, consultez le site de la ville qui propose une brochure réalisée par Jean-Pierre Patin (membre du Conseil municipal de Paulette Lecureux).


 


 

A voir aussi,


l'historique de la ville,


Les ruelles médiévales,



                                                                    Les balades le long de l'Eure ou en forêt de Bord...

 

Par Armand Launay - Publié dans : Pont-de-l'Arche - patrimoine
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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 16:22

DSCF0772Visite libre. Bâtiment classé Monument historique de 1846 à 1878 puis reclassé par arrêté du 28 décembre 1910.



Le site

Notre-Dame-des-arts vue depuis l'île Saint-Pierre

Bâtie au XVIe siècle juste au-dessus des remparts de la ville, l’église de Pont-de-l’Arche, domine l’Eure et la Seine. Si Pont-de-l'Arche était une voûte médiévale, elle reposerait sur les remparts et les maisons à pans de bois et sa clé (de voûte) serait l'église Notre-Dame-des-arts. En effet, tous ces éléments donnent à notre cité une silhouette médiévale bien originale. Les meilleurs points de vue sur l’église sont situés sur les berges de l’Eure, le quai-Foch et la sente de Beauregard (la bien nommée !).



La façade sud

Eglise-Notre-Dame-des-arts

"Dentelles de pierre", les sculptures appartiennent

au "gothique flamboyant"


On peut comparer la façade sud de Notre-Dame-des-arts à celles de Louviers et de Saint-Maclou (Rouen). Cette façade, comme le montre la photographie, est une véritable dentelle de pierre qui fut rénovée de 1865 à 1895 par MM. Simon, architecte de Rouen, et Lefort, architecte des Monuments historiques de la Seine-Maritime (sic). D’architecture gothique, ce bâtiment semble avoir inspiré Eustache-Hyacinthe Langlois, enfant du pays, qui est à l’origine de l’expression "gothique flamboyant", eu égard à l’audace des formes des sculptures des fenêtres (les remplages) qui font penser à des flammes. Les contreforts situés entre chaque fenêtre sont en fait les culées des arcs-boutants qui soutiennent le mur intérieur de l'église sur lequel repose le bâtiment. 



L’architecture

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Le maitre-autel

Le bâtiment n’est composé que d’un seul vaisseau de six travées bordées de deux bas-côtés. Un chevet non abouti explique la petitesse du chœur.

L’élévation intérieure de l’église repose sur deux étages. Deux séries de fenêtres apportent une lumière généreuse qui laisse apparaître un parement de pierre très sobre.



Le vitrail du halage

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Ce vitrail est très instructif sur les transports
et les modes de vie sous l'Ancien Régime



Réalisé en 1605 par le verrier rouennais Martin Vérel, ce vitrail est le plus célèbre de Notre-Dame de arts. Financé par la partie la plus humble de la population de la cité, il montre l’importance de la pratique du halage des bateaux de Seine quand il fallait tirer les embarcations sous une arche du pont de la ville.

Il montre, au premier plan, le fort de Limaie qui était situé sur la rive droite de la Seine (paroisse d’Igoville).

Au deuxième plan, le pont qui donna son nom à la ville et, au troisième plan les premières fortifications qui entouraient Pont-de-l’Arche.

Au premier plan, à droite du fort de Limaie, se trouvent les haleurs de navires (hommes, femmes, enfants) en habit du dimanche. Des chevaux sont aussi représentés. Sur le pont, on peut apercevoir le maître de pont qui, surveillant le bateau qui passait sous la grande arche, orientait les haleurs afin qu’ils écartent le navire du danger de percuter les piles du pont.

Cette mission périlleuse fournissait un labeur quotidien à la population locale et était l’occasion pour les autorités dont la paroisse de percevoir des taxes. Le halage cessa d’exister, sous le pont de Pont-de-l’Arche, lorsqu’une écluse fut percée (inaugurée par Napoléon Bonaparte en 1811). Il cessa d’exister sur toute l’étendue des rives de la Seine quand les navires furent motorisés. 



Le mobilier

L'orgue fut construit en 1608

L’église abrite un orgue construit en 1608 par Jean Oury dans l’atelier du facteur d’orgues rouennais Crépin Carlier. Il aurait été financé par Henri IV en remerciement de la fidélité de Pont-de-l'Arche à sa cause. Vous pouvez écouter des concerts d'orgue très régulièrement.

Les stalles de l’église sont issues de l’ancienne abbaye cistercienne Notre-Dame de Bonport. Sculptées, elles représentent des lions qui sont certainement une lointaine référence à Richard Cœur de Lion, fondateur de cette abbaye en 1190.



Saint-Vigor et Notre-Dame des arts ?


La statue Notre-Dame des arts,
aujourd'hui remisée dans la sacristie

L’église de Pont-de-l’Arche était placée sous le patronage de saint Vigor, évêque de Bayeux, depuis au moins le XIe siècle. L’église actuelle conserva la mémoire de cet évêque, évangélisateur de la région de Bayeux, jusqu’en 1896. Un pèlerinage autour de ses reliques exista durant de nombreux siècles car saint Vigor était réputé pour apporter de la vigueur aux bébés et aux enfants. 

En 1896, Octave Philippe, curé de la paroisse, décida de célébrer la Vierge-Marie, inspiratrice des arts. Le travail et la contemplation qu’exigent les arts sont vus, par les catholiques, comme un moyen de faire grandir la part d’humanité des hommes. Avec le soutien de la duchesse d’Uzès et de nombreuses autorités religieuses et conservatrices, ce culte apporta une intense activité religieuse à Pont-de-l’Arche et ce jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, ce culte s’est essoufflé. C'est ainsi que la statue sculptée par la duchesse d'Uzès fut remisée dans la sacristie.



A voir aussi la balade littéraire dans Notre-Dame...

 

l'ancien bailliage,

 

l'ancienne abbaye de Bonport...

Par Armand Launay - Publié dans : Pont-de-l'Arche - patrimoine
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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 15:33

Naissance de la ville : raisons militaires

 

Le fort de Limaie, détail du vitrail du halage

 

 

La ville de Pont-de-l’Arche est née après la construction de fortifications militaires bâties sur le territoire du village des Damps. U n pont de bois fut jeté sur la Seine, à partir de 862, et protégé par deux forts, de part et d'autre du fleuve. Le chantier de ces défenses, qui marqua le règne de Charles II, dit le Chauve, fut décidé et officialisé lors des plaids de Pîtres. Vers 869, le pont et les deux forts semblent avoir été achevés. Ils servirent notamment en 885 lors d'une offensive générale des "hommes du Nord", ayant pour but le siège de Paris. Le pont "de l'Arche" (c'est-à-dire "de la forteresse") servit à retarder l'avancée des Normands. Ceux-ci mirent quatre mois à gagner Paris depuis l'embouchure de la Seine. Cependant, les rois des Francs peinaient à mobiliser pleinement les troupes de leurs vassaux. Ainsi le fort de Pont-de-l'Arche a très certainement manqué d'hommes de garnison : Guillaume Caillou, moine qui tint les chroniques de Jumièges, se rappela un siècle et demi plus tard, et ce malgré de nombreuses imprécisions, que des renforts francs vinrent aux Damps pour renforcer la garnison du pont de l'Arche. En vain, donc.


 

On perd ensuite le fil de l'histoire durant le laps temps où s'articula le basculement de pouvoir des rois francs aux ducs de Normandie. Que devinrent le pont et la ville après 911, date de naissance de la Normandie ?


 

Toujours est-il que la paroisse de Pont-de-l'Arche apparaît dans une charte de Richard II, en 1020, qui accorde à l'abbaye de Jumièges de nombreux droits spirituels mais surtout financiers (notamment sur le trafic fluvial).


 

La ville semble s'être développée autour du pont, ouvrage nécessitant le halage des bateaux et offrant la possibilité de percevoir des droits de passage.



Développement d’une place forte : l’enjeu de la lutte entre les rois d’Angleterre et de France.

 

 

Pont-de-l'Arche apparaît ensuite bien plus clairement dans les archives lors des luttes entre Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et Philippe II Auguste, roi de France. Richard Cœur de Lion fit rénover le pont de la ville et donna les moyens nécessaires à la fondation de l'abbaye de Bonport (deux kilomètres de Pont-de-l'Arche). Dans les luttes entre les deux monarques, le château du Vaudreuil fut rasé ce qui, lorsque le roi de France reprit possession de la Normandie, facilita le choix de Pont-de-l'Arche comme chef lieu militaire local. En effet, Philippe Auguste fit de Pont-de-l’Arche son principal lieu de résidence en Normandie. Il fit fortifier la ville par des remparts en pierre de taille de Vernon encore visibles de nos jours. Il en fit de même pour le fort de Limaie, situé de l’autre côté du pont, rive droite, dont il bloquait l’accès, telle une barbacane. Ce fort était doté d’une tour philipienne qui constituait un observatoire idéal sur la circulation fluviale et le halage des bateaux. Les atouts géographiques, alliés aux atouts militaires, firent que la ville devint le siège d’un bailliage secondaire de Rouen. La date de cet établissement nous échappe.


 

Rôle de Pont-de-l’Arche dans la maîtrise territoriale et la police intérieure. 

L’assise militaire présentait de nombreux avantages, tant pour la maîtrise territoriale face à l’éventuels envahisseurs que pour la police intérieure au royaume. Pont-de-l’Arche permettait la maîtrise de la circulation fluviale et, donc, l’approvisionnement de Rouen, ville qui pouvait tomber entre des mains ennemies.


C’est pourquoi notre cité fut un enjeu lors des combats qui opposèrent les rois d’Angleterre aux rois de France durant la guerre de Cent ans.


Ainsi Henri V, roi d’Angleterre, se rendit maître de Pont-de-l’Arche en 1418. La ville connut ainsi une occupation anglaise jusqu’en 1449. En 1346, Édouard III ne put prendre Pont-de-l’Arche et poursuivit sa chevauchée vers Mantes.


Qui plus est, la ville offrait une base arrière idéale en vue d’une attaque de la capitale haut Normande :

- dans le cadre de la lutte contre la Ligue du bien public, en 1466 Louis XI établit un vaste camp dans la vallée située entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre et ce après avoir repris le fort de Limaie qui était tombé entre les mains des nobles de Louviers, ligueurs. Ce camp aurait accueilli une armée de près de trente mille hommes afin de reprendre Rouen puis toute la Normandie. C’est ici que furent créées les célèbres « bandes de Picardie », ancêtres de l’infanterie française.

- en 1589, les troupes d’Henri IV, qui assiégeaient Rouen, étaient ravitaillées depuis Pont-de-l’Arche. Précisons que le gouverneur de la ville, Leblanc du Rollet avait, parmi les premiers, ouvert les portes de la ville à Henri IV, roi contesté. Ce monarque avait, en remerciement, gratifié les armes de la ville des trois fleurs de lys royales. La ville blasonne depuis : de sable au pont d’argent maçonné de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.


Bastille excentrée de Rouen, Pont-de-l’Arche était une base de repli en cas de révolte du peuple normand. C’était une place de sûreté dans la mesure où il n’y avait pas assez d’habitants ici pour impulser une révolte dépassant les forces de police locales. De plus, maîtriser la ville ne suffisait pas : il fallait encore prendre d’assaut le fort de Limaie, de l’autre côté de la Seine. Pont-de-l’Arche était donc, pour des raisons de police intérieure, de maîtrise du territoire en cas de guerre, une place stratégique :

- c’est ainsi que des protestants rouennais assiégèrent la ville, en 1562, avec 6 pièces d’artillerie en espérant y faire un butin. Ils s’en prirent directement au pouvoir royal, mais en vain car la ville était restée fidèlement catholique.

- en 1650, la Fronde renversa l’utilité des fortifications de la ville : le duc de Longueville utilisa la garnison et le château contre le pouvoir royal. Le comte d’Harcourt, qui protégeait le voyage du monarque en Normandie, reçut l’ordre d’investir la place. Il vint camper auprès de ses murs avec l’aide des habitants qui avaient pointé trois canons contre le château, de l’autre côté de la Seine. Le duc de Longueville se servit de cette place forte comme un argument supplémentaire pour négocier la paix avec le roi. Les remparts de Pont-de-l’Arche, encore visibles de nos jours, étaient devenus une arme pour d’éventuels insurgés.


Le parlement de Normandie et le peuple de Rouen demandèrent à plusieurs reprises le démantèlement de ceux-ci. Cependant, les nobles qui percevaient des droits sur la ville négocièrent le maintien des fortifications. Elles ne tombèrent en désuétude qu’à la fin du XVIIIe siècle.

 

 


 

Pont-de-l’Arche et la convoitise des privilèges royaux sous l’Ancien Régime. 

Les ambitions n’étaient pas rares qui regardaient Pont-de-l’Arche avec intérêt. La ville comptait de nombreuses charges qui attiraient les convoitises :


- la charge de gouverneur de la ville (police militaire locale) : les plus grands nobles qui obtinrent du roi les droits de gouverneur de la ville furent Concini, maréchal d’Ancre et allié de Marie de Médicis, Albert de Luynes, Jean-Baptiste d’Ornano, Richelieu.


- 4 tribunaux : le tribunal de première instance (le bailliage), la perception des tailles (le tabellionnage), le grenier à sel (sa vente était un monopole d’État) et l’administration des eaux et forêts. Ces tribunaux attirèrent de nombreux officiers royaux dans la ville ;


- les droits mineurs (droits de passage sur le pont, droit de halle, droit d’octroi…). Il résultait de ces charges un déséquilibre : outre une fabrique de drap qui ne dura qu’un temps, la ville de Pont-de-l’Arche ne connaissait aucune industrie qui nourrît les 1700 habitants que comptait la cité à la veille de la Révolution française. Elle n’en était pas moins le chef-lieu de l’administration locale.

 

 


 

La Révolution française et l’Empire ou la fin des privilèges. 

La Révolution française remit les pendules l’heure en faisant de Louviers le chef-lieu de l’administration locale : le rôle militaire de Pont-de-l’Arche avait cédé depuis longtemps le pas aux gains issus de l’industrie manufacturière de Louviers, ville bien plus peuplée. En 1790, Elbeuf ne fut pas compris dans le nouveau département de l’Eure à cause du refus de Louviers de cohabiter avec son concurrent drapier. Ces deux villes locales purent donc toutes les deux devenir des chef-lieu de circonscription.


Hormis un juge de paix et une municipalité, Pont-de-l’Arche perdit toute fonction administrative. Durant la Révolution, les nouvelles municipalités archépontaines connurent les mêmes disputes que celles qui déchiraient les nobles d’avant la révolution. Néanmoins, celles-ci étaient publiques.


Après 1792, les républicains avancés prirent le dessus de la politique locale. Alexandre de la Fleurière fut maire de la ville et acquit l’ancienne abbaye de Bonport pour le compte d'Alexandre de la Folie, maire de Criquebeuf. Ces deux hommes furent chassés par la réaction thermidorienne de 1795. Les principaux problèmes que connut la ville durant cette période concernent les altercations entre les régiments de l’armée révolutionnaire et les habitants les plus attachés au culte catholique. Ils concernent aussi, et surtout, la famine. Celle-ci était aussi atroce que partout ailleurs à cela près que les habitants de la ville, depuis de longs siècles, aidaient les bateaux à franchir le pont qui barrait la Seine. Ils tiraient donc les bateaux de blé destinés à la population de Paris mais le ventre vide ! sans même pouvoir manger de quoi refaire leurs forces. C’est ainsi qu’ils arrêtèrent de travailler et qu’ils prirent du blé dont étaient chargés les bateaux… avant que l’armée ne les réprime.


Napoléon Bonaparte, qui passa deux fois par Pont-de-l’Arche, comprit ce danger pour la police intérieure et fit bâtir une écluse, inaugurée en 1813. Celle-ci permettait de se dispenser de la main d’œuvre locale tout en faisant acheminer le pain qui apaisait le peuple et évitait ainsi d’éventuels mouvements insurrectionnels parisiens. Rappelons que le peuple en armes avait fait changer le cours de la Révolution à plusieurs reprises déjà (la déchéance du roi, la répression des girondins…). Le début du XIXe siècle fut une période de misère pour la ville. Il n’y a guère d’événements si ce n’est l’occupation prussienne en 1815, la présence d’une loge franc-maçonne et la création de la gare Alizay-Pont-de-l’Arche en 1843.


 

La révolution industrielle : l’industrie du chausson et de la chaussure.


 

La révolution industrielle a touché le pays : l’industrie du chausson s’est développée qui a apporté un travail très faiblement rémunéré aux habitants de la proche région. Les chaussons, d’abord réalisés dans les foyers des ouvriers, furent ensuite fabriqués dans des usines construites dans les ruelles médiévales de la ville à partir de la moitié du XIXe siècle. Cette industrie se propagea et, dans l’entre deux guerres, une vingtaine d’usines existaient qui employaient plusieurs milliers de personnes. La fabrique du chausson, puis de la chaussure après la Première Guerre mondiale, n’apporta de richesse qu’à ses propriétaires, dont les belles villas sont encore visibles de nos jours dans les faubourgs de la ville. La prise de conscience aidant, les ouvriers de la ville se mirent en grève en 1900, 1932, 1936 et 1954… afin de maintenir, voire d’améliorer leurs salaires.


 

Guerre et destructions. 

La ville connut l’occupation prussienne en 1870 à cause de son pont, qui faillit être dynamité. Elle accueillit un camp de l’armée anglaise entre 1915 et 1920. Elle connut les combats entre les panzers de Rommel et les armées française et anglaise en 1940. Ses ponts furent une des principales cibles locales des bombardements aériens de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois les bombardements n’ont pas fait disparaître le patrimoine architectural de la ville : l’église gothique du XVIe siècle, les maisons à pans de bois de la fin du Moyen Âge et de l’Ancien Régime, le bailliage du XVIIIe siècle principalement, la maison du gouverneur (XVe siècle ?), les remparts (XIIIe siècle), le manoir de Manon…


 

Personnalités. 

Le dernier des ponts de la ville fut inauguré en 1955 par M. Pierre Mendès France qui était alors président du Conseil mais aussi conseiller général du canton de Pont-de-l’Arche. Pont-de-l’Arche a aussi accueilli des personnalités lettrées : Octave Mirbeau, écrivain, Jules Massenet, compositeur, Jacques-Henri Lartigue, photographe. Mais la plus grande gloire de la cité est Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), enfant du pays, qui était archéologue, artiste dessinateur, nouvelliste... Cet homme participa au lancement de l’étude du patrimoine médiéval normand. Il fut le premier instigateur du musée des antiquités de Rouen et fut aussi professeur à l’école des beaux-arts. De nombreuses amitiés culturelles se mobilisèrent pour honorer sa mémoire et financèrent un buste (disparu) et un médaillon à Pont-de-l’Arche. Les élus de Pont-de-l’Arche donnèrent son nom à la place principale de la cité.


 

Croissance démographique et développement des services publics depuis 1945.

 

      Le-marche

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la ville connaît une très grande croissance démographique suite aux nombreux projets immobiliers qui accueillent une population désireuse de vivre dans un cadre de vie agréable. Située entre l’Eure, la Seine et la forêt de Bord, la ville de Pont-de-l’Arche est très proche des pôles d’emplois que sont Rouen, Val-de-Reuil et Paris, facilement accessibles depuis la construction de l’autoroute A 13 en 1967. Les municipalités, généralement situées à gauche de l’échiquier politique, ont donc depuis accompagné le développement des services publics définis par l’État en faisant face, de plus, à la croissance démographique propre à la ville (écoles, crèches, infrastructures sportives, voirie). Pont-de-l’Arche compte aujourd’hui plus de 4200 habitants. La ville fait partie, depuis 2001, de la communauté de communes Seine-Eure, qui réunit les municipalités de la région de Louviers et de Val-de-Reuil.


 

A voir aussi : 

 

L'église Notre-Dame-des-arts,

 

L'ancien bailliage,

 

L'office de tourisme...

 

Par Armand Launay - Publié dans : Pont-de-l'Arche - histoire
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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 15:31

1025 : Pontem Archas

 


1046 ou 1047 : Pont des Arcas



1037- [ca] 1052  : Pont des Arches



1160 : Pons Arcis meae



1172 : Arches



1174 : Pontem Archae



1180 : Pontem Arche



1250 : Pontem Arche



1310 : Pontem Arcus



1346 : Pontem Archie



1739 : Le pont de l’arche



De nos jours : Pont-de-l’Arche



Bien que le nom de la ville n’ait guère changé depuis le XIe siècle, nous remarquons que le mot " arche " était un pluriel à l’origine.


Ceci s’explique si l’on pense que " arche " ne désignait pas les arches sous le pont mais des citadelles, à l’image du château d’Arques près de Dieppe. En effet, avec le fort de Limaie, rive droite, Pont-de-l’Arche formait une deuxième fortification car la ville était entourée de remparts.


                              Le fort de Limaie (détail du vitrail du halage)

         

Il est donc logique que les gens de la région aient désigné l’endroit par sa caractéristique principale : un pont défendu par deux forts, deux arches (que l’on prononçait très certainement " arques ", à la normande !).

Puis, la ville de Pont-de-l’Arche ayant prévalu, on ne retint plus qu’un fort à part entière, d’où le pont de l’arche au singulier. Autrement, comment expliquer qu’on désigne le pont d’après une seule de ses arches ?

 

A voir aussi,


le blason de Pont-de-l'Arche,

 

le nom des habitants,


l'historique de la ville...

Par Armand Launay - Publié dans : Pont-de-l'Arche - histoire
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L'auteur en 2 mots

Armand Launay 

Armand

Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant de devenir agent des bibliothèques (DUT information-communication).

Depuis 2002, j'utilise mes connaissances afin de mettre en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche :


- visites commentées de la ville depuis 2004 ;


- publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.


Bibliographie


- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages) 1-damps

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

PONT-DE-L-ARCHE

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

1788540-2432884

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages). Version en ligne en cliquant sur l'image ci-dessous. 

Couv.-guide-touristique

Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages). Version en ligne en cliquant sur l'image ci-dessous.

Pont-de-l-Arche-1911-2011 

Depuis les élections de 2008, je suis conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Mag 12

Encart normand !

saint-olaf-normand

Voici le drapeau de la Normandie
Il reprend les couleurs des armoiries des Plantagnêts à la suite de Richard Coeur de Lion qui blasonnait de trois léopards passants sur fond de gueules (rouge). Il reprend la croix de saint Olaf qui caractérise la Scandinavie. 

La référence dans l'Eure : l'AMSE
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2. il est ouvert aux curieux, aux Archépontains exilés, aux chercheurs...

3. il est réservé aux personnes qui signent de leur nom et qui précisent le but de leurs recherches

4. il demande parfois quelques journées d'attente afin de bâtir une réponse...

5. il pratique l'Anglais, l'Espagnol, le Français et le Normand:)

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