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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 16:58

 

 

Recherche historique ou chasse aux fantômes ? Nous nous intéressons à l’ancienne halle de Pont-de-l’Arche démolie en 1857 et qui, jusqu’à plus ample informé, n’a fait l’objet d’aucune représentation hormis son contours sur le plan cadastral...

 

 

L’ancienne halle de Pont-de-l’Arche et son marché
Perspective sur la rue Isaac-Benserade depuis la place de la halle, à Lyons-la-forêt (2013). Cette vue présente quelques analogies avec la place Hyacinthe-Langlois à Pont-de-l'Arche : les maison à pans de bois, une halle vers la partie haute de la place, une légère dépression directement au nord de la halle, une rue qui descend vers le nord (la rue Alphonse-Samain, ancienne rue du pont à Pont-de-l'Arche), des façades à pans de bois, une halle orientée Est-ouest ; la halle archépontaine devant avoir de plus petites dimensions.

Perspective sur la rue Isaac-Benserade depuis la place de la halle, à Lyons-la-forêt (2013). Cette vue présente quelques analogies avec la place Hyacinthe-Langlois à Pont-de-l'Arche : les maison à pans de bois, une halle vers la partie haute de la place, une légère dépression directement au nord de la halle, une rue qui descend vers le nord (la rue Alphonse-Samain, ancienne rue du pont à Pont-de-l'Arche), des façades à pans de bois, une halle orientée Est-ouest ; la halle archépontaine devant avoir de plus petites dimensions.

 

 

À quoi pouvait ressembler la halle ?

Le plan cadastral de Pont-de-l’Arche date de 1834. Signé Le Fébure et consultable aux Archives de l’Eure, notamment en ligne, il montre les limites de l’ancienne halle ; ici au centre de ce détail de la section B (parcelle 254).

Il n’y a pas lieu de douter que la halle était structurée en bois et couverte de tuiles, comme celle de Lyons-la-forêt. Elle semble composée d’un vaisseau principal, où circulaient les badauds, et de bas-côtés réservés aux exposants plaçant leurs étals entre les piliers. Sur le plan, ces bas-côtés sont irréguliers, sûrement afin de moins perturber la circulation sur les voies Paris-Rouen et Pont-de-l’Arche-Léry.

 

 

La halle de Lyons-la-forêt fournit peut-être une idée de ce qu'était la halle de Pont-de-l'Arche avant 1780 avec des dimensions sûrement plus réduites, toutefois. Carte postale des années 1950.

La halle de Lyons-la-forêt fournit peut-être une idée de ce qu'était la halle de Pont-de-l'Arche avant 1780 avec des dimensions sûrement plus réduites, toutefois. Carte postale des années 1950.

 

 

De quel siècle datait ce bâtiment ?

Nous n’en savons rien avant 1780. Une délibération du 24 novembre 1830 nous apprend que la halle a été rénovée en 1780 et 1781. Que signifie “rénovée” ? Était-ce un coup de pinceau ou une reprise des pièces maitresses de la charpente ? Il est possible que la halle soit à l’image du mythique navire de Thésée : composée de pièces changées les unes les autres au fil des âges sans reconstruction de fond en comble à une date précise. Quoi qu’il en soit, la délibération traite de travaux à faire. Il semble que 50 années suffisent à faire vieillir considérablement la halle. La délibération du 9 août 1833 nous apprend qu’une “partie du pavage a été laissé libre depuis la suppression de l’ancienne halle.” Les travaux, alors entrepris par le Département (voir plus bas), ont bien mis à bas la halle ancienne.

Une lecture d'une carte réalisée par Nicolas Magin vers 1702 (visible dans notre article sur le cimetière de la ville) montre un autre emplacement à la halle archépontaine. Il semble s'agir d'un précédent bâtiment situé plus à l'ouest, devant les boutiques des maisons du côté sud de la place. Cette halle, sur un document qui se veut réaliste, est symbolisée par des lignes de poteaux de bois tout comme le sont les avant-soliers, souvent disparus, de maison alentours. C'est l'observation faite par notre ami Frédéric Ménissier. Cela expliquerait pourquoi la place Hyacinte-Langlois s'ouvre dès cet endroit au lieu de se cantonner à une sorte de rectangle autour de la halle telle que représentée sur le plan cadastral. La halle ancienne serait donc plus propice au chargement et déchargement de denrées et matériaux à partir de la route. Elle devait cependant gêner plus la circulation sur la voie reliant Paris à Rouen. C'est ce qui doit expliquer la construction de la nouvelle halle plus à l'Est d'autant plus que la porte de Pons, à l'autre bout de la rue Jean-Prieur, était murée.

 

Pourquoi la halle était-elle à cet emplacement ?

L’emplacement de la halle s’explique. Dans notre étude sur les fortifications de Pont-de-l’Arche, nous avons émis l’hypothèse que les premières fortifications de la ville se concentraient plus près de l’église. Elles devaient aller de la tour de Crosne à l’entrée du pont ancien en passant par l’arc de cercle de la rue Julien-Blin et la place Hyacinthe-Langlois. Si tel fut la réalité, le premier bâtiment de la  halle aurait été bâti directement à côté de la principale porte d’entrée de la ville, au pied du chemin montant vers l’église.

Puis, certainement du temps où Philippe Auguste fit de Pont-de-l’Arche sa principale résidence normande (voir notre étude sur le bailliage), les remparts durent être reconstruits selon un arc de cercle plus éloigné de l’église en direction de la forêt (au sud). Ce serait donc au début du XIIIe siècle que le bâtiment de la halle a été englobé, ainsi que quelques maisons faubourgeoises, dans le Pont-de-l’Arche intramuros. Un espace s’est dessiné.

À en lire les courbes de terrain, la halle étaient idéalement située : elle se trouvait au dessus d’une pente qui existe toujours. Cette pente était pratique pour l’écoulement des liquides usagés (sang, nettoyage...). Elle était située au-dessus de la rue de l’Abreuvoir (actuelle rue Abbaye-sans-toile) par laquelle les Archépontains égouttaient les eaux usagées vers la Seine et vidaient leurs pots de chambre. C’est ce que confirme une délibération du Conseil municipal du 4 mai 1809 où il est question de mauvais écoulement des eaux usées au niveau de la halle : “Les eaux usagées des ruelles plus hautes apportent une odeur nauséabonde qui nuit à la salubrité publique.” Les élus préconisent de percer une évacuation entre la halle et les habitations puisqu’aucun “véhicule n’y peut circuler”. Le passage entre la place du marché et la rue Abbaye-sans-toile devait être plus aisé qu'aujourd'hui. Il faut imaginer, nous semble-t-il, une pente douce et non des marches comme de nos jours.

Les courbes de niveau laissent aussi entendre qu’un ru a dû couler au grand jour le long des actuelles rues Président-Roosevelt et Alphonse-Samain. La mémoire populaire rapporte qu’il y a quelques décennies des puits étaient encore en eau dans le centre ville (cour Ainé, notamment). Ces eaux doivent être depuis pompées et drainées par le système d’adduction urbain. Par conséquent, un ru coulait sûrement près de la halle quand son premier bâtiment a été érigé.

On peut enfin fonder l'hypothèse que des marchands et des clients profitaient de la proximité de la Seine pour transporter plus aisément des denrées lourdes comme les tonneaux de vins ou de saumures. Il leur restait à les transporter par la rue Abbaye-sans-toile ou à s'entendre pour les faire changer de bateaux.  

 

Quelle était la finalité de cette halle ?

La finalité de cette halle est simple. Après la création de Pont-de-l’Arche par Charles II le Chauve entre 862 et 869, la population locale a augmenté autour d’une garnison et d’hommes du roi chargés de l’administration. Il fallut alimenter cette population qui devint plus nombreuse que celle de chaque proche village. La ville étant royale, le privilège d’y créer un marché n’a pas dû poser problème et a dû arranger un officier du roi chargé de gérer cet évènement.

Le marché de la ville se tenait le dimanche d’après les documents que nous avons retrouvés. Ceci sûrement afin que les badauds bénéficient de la messe en l’église Saint-Vigor (actuelle Notre-Dame-des-arts) et entretiennent des liens avec la ville centrale. Le marché, tenu sous la halle, devait être à l’origine de la plus grande cohue de la semaine à Pont-de-l’Arche. C’est d’ailleurs sous le nom breton de cohue que les halles étaient connues en France. Ce nom est tombé en désuétude sauf pour désigner un attroupement. Cet afflux de badauds de la contrée a dû faciliter l’implantation de commerces, surtout de services, autour de la place du marché et ailleurs dans la ville fortifiée. Le reste de la semaine, on peut imaginer que la halle était le lieu d’une sociabilité où, à l’abri de la pluie et peut-être de certains vents, les habitants pouvaient discuter. La halle dût aussi servir de lieu de réunions plus officielles (voisinage, prédications, corporations de métiers...) en l’absence de maison commune.

Nous n’avons pas retrouvé de dénomination particulière comme “halle aux grains” ou “halle aux draps”... La halle de Pont-de-l’Arche a, logiquement, été une halle généraliste où s’échangeaient et vendaient des viandes, des grains, des fruits, des légumes, des œufs, fromages, beurre, des étoffes, outils...

La halle permettait de disposer les produits convenablement, dans un lieu ventilé, et ce à l’abri des intempéries (qui arrivent, parfois, en Normandie). La halle était aussi un lieu de contrôle. Un agent s’assurait que les échanges se fassent pacifiquement en se portant garant des poids et mesures. À cette fin, les halles étaient munies d’outils de mesure et de poids bien réglés. L’agent percevait le droit de halle, d’étalage, de minage (mesure des grains)... Ce revenu permettait de payer son salaire, les réparations du bâtiment et l’officier du roi responsable du fonctionnement et de l’entretien de ce lieu.  

 

Qui furent les propriétaires ou responsables de la halle ?

La délibération du Conseil municipal du 9 août 1833 nous informe que le sol sous la halle appartient bien à l’État. Preuve en est que « le roi percevait tous les droits de halage et de minage consistant dans les droits de coutume et de mesurage des grains, d’étalage des merciers et droits de coutume des autres marchandises, ainsi qu’il résulte de l’adjudication passée à son profit devant le subdélégué de l’Intendance de Rouen le quatre octobre 1784. »

On comprend que l’État, après la Révolution, est resté propriétaire des halles. Cependant, la délibération du 24 novembre 1830 montre que la Ville de Pont-de-l’Arche a paisiblement joui de la halle à partir de 1790 ou 1792. Un différend avait éclaté avec le Département (alors institution d’État). La ville essaya de prouver son bon droit mais les archives communales étaient et demeurent lacunaires. Le Département n’avait pas la preuve que la halle ait été cédée à la Ville de Pont-de-l’Arche. Il rappela à cette dernière un décret de 1806 offrant la possibilité aux communes de prendre les halles en concession. Or, aucune demande ne fut formulée par les élus archépontains (délibération du 18 août 1831). Par arrêté du 10 décembre 1830, le Département décida d’intenter une action auprès du tribunal de Louviers pour récupérer la halle de Pont-de-l'Arche. Les élus de la ville s’inclinèrent, faute de preuve. Ils émirent le vœu de reprendre légalement les droits sur la halle, moyennant finance. C’est ce qui fut fait (délibération du 6 août 1835). La Ville dut 1925 francs au Département : 1500 francs pour la cession par le Département de la halle suivant un arrêté préfectoral du 25 mars 1834 ; et 375 francs pour les intérêts sur le capital sur 5 années depuis que le Département a formulé ses droits sur la halle (17 décembre 1830). Les contribuables archépontains eurent 10 centimes d’imposition supplémentaire sur 7 ans.        

Mais l’enjeu était de taille : la halle offrait une recette non négligeable à la ville. Déjà en l’an XII, la recette de la halle compta pour 18 % des recettes de la ville (206 francs sur 1128,34). En 1818, 1000 francs provinrent de la halle, des marchés et des foires sur une recette totale de 2485,95 fr (40 % des recettes). La Ville ne gérait pas directement la halle et le marché. Comme nous l’apprend la délibération du 24 septembre 1818, la Ville mettait en adjudication la halle et le marché. On adjugeait la gestion du marché au plus offrant. Celui-ci bénéficiait d’un droit d’accès au grenier et au corps de garde (à pied, à cheval ou en voiture). L’adjudicataire percevait les taxes légales et plaçait les commerçants. Il devait faire respecter le règlement dont voici quelques alinéas résumés :

  • 15 centimes de location par quart de mètre sous la halle ;

  • 7,5 centimes dans les rues ;

  • pas de frais pour les cultivateurs qui viennent à la halle sauf pour le mesurage lors de la vente de leurs grains (comme l’usage le consacre) ;

  • 5 centimes par corbeille, hotte, mannequin de nourriture exposé ;

  • 5 centimes par animal présenté au public sur le champ de foire ;

  • les porcs de lait coutent la place prise dans l’objet qui les porte (corbeille, poche, tombereau, charrette…) ;

  • les marchands exposant devant leurs domiciles sont exempts de taxes ;

  • l’adjudicataire paiera les frais de tambour, timbres et frais d’expédition, affiches ;

  • le bail prend fin le 31 décembre 1821 ;

  • le paiement du loyer se fait en pièces d’or ou d’argent, en 4 fois.

 

Début XIXe siècle : vers la fin de la halle

La halle a été confrontée à une nouvelle contrainte : la circulation. Une délibération du 16 février 1809 traita de la prise en compte par les élus d’une pétition à propos du danger de circuler en ville. Il est vrai que des études furent réalisées en ce temps pour frapper d’alignement les bâtiments gênant le plus la circulation. En 1809, les élus règlementèrent le marché : les bouchers de la ville et des autres communes se mettront en deux rangées de part et d’autre de la rue, laissant libre le passage entre l’église et la halle. “Les marchands de boeure [sic], œufs, volailles, gibier, légumes et autres combustibles occuperont toute la place du marché à partir de la maison du sieur Vallet, cordonnier, jusqu’à l’encoignure de la rue Haut... et exposeront devant les façades des maisons de ce côté-là sans nuire aux propriétaires et sans boucher le ruisseau”. Il s’agit du sud de la place Hyacinthe-Langlois. Les élus demandent aux “marchands de potteries” de se placer “au bout de la halle du costé des héritages du sieur Frigard ou Heuvé ou à l’autre costé de la rue de la Fédération [rue Jean-Prieur] à leur choix…”. La halle semble débordée par des vendeurs qui prennent l’habitude d’exposer leurs marchandises à l’air libre ou, du moins, sous leurs toiles.

Même son de cloche dans une délibération du 3 novembre 1823 où les élus arrêtent que le stationnement des charrettes près de la halle, empêchant la libre circulation, sera interdit. Idem dans la délibération du 20 juillet 1831 : “À partir de ce dimanche 24, les postillons et autres conducteurs ne pourront garer leurs véhicules sur la place de la halle à cause du marché. En effet, la présence des chevaux obture le passage surtout pendant la période de la moisson.” Il est question d’affluence au marché entre 6 et 11 heures du matin. L’arrêté est valable de mai à septembre.

Le coup de grâce arrive du Sous-préfet qui en 1857 considéra que la halle n’était plus utile et gênait la circulation (délibération du 12 août 1857). Il suggéra de la démolir. La délibération du 21 octobre 1857 entérina cette demande en arguant que la halle coutait cher en réparations et qu’elle conférait à la ville un aspect hideux vue depuis le nouveau pont. La démolition de la halle fut votée à l’unanimité. Nous sommes au début du Second empire, la France était prospère et commençait à observer le culte de la nouveauté.

Voilà qui sauva MM. Jean Ferrandier et Émile Leblanc. Ils opposèrent aux élus que la disparition de la halle rendit inutile le projet de frapper leurs maisons d’alignement (délibération du 24 mai 1860).

 

 

Le marché vers 1910 se tient à l'endroit de l'ancienne halle. Le buste et le piédestal rendant hommage à Hyacinthe Langlois occupent aussi en partie l'espace laissé vacant.

Le marché vers 1910 se tient à l'endroit de l'ancienne halle. Le buste et le piédestal rendant hommage à Hyacinthe Langlois occupent aussi en partie l'espace laissé vacant.

Le marché dans les années 1950 avant que la ville n'appartiennent aux voitures.

Le marché dans les années 1950 avant que la ville n'appartiennent aux voitures.

 

 

1857 : la place est libre et le vide ressenti.

En 1857 la halle fut démolie. La place du marché naquit. Le marché dominical s’y tient toujours comme témoin des temps passés ou les transaction se faisaient sous la halle. Des foires saisonnières se tinrent dans la ville pour vendre, le plus souvent, des animaux.

Mais la place était trop vide et les temps anciens semblent manquer un peu. En 1868 furent créés par souscription publique le buste et piédestal en hommage à Hyacinthe-Langlois. La place portait déjà ce nom depuis 1865. C’est justice car cet enfant de Pont-de-l’Arche consacra sa vie à la conservation et la mise en valeur du patrimoine médiéval.

Il est dommage que la ville ait perdu sa halle, même une halle tardive. Elle serait profitable au tourisme, au bienêtre des habitants. Lyons-la-forêt attire largement les visiteurs et quelques reconstitutions cinématographiques par ce tourisme agricole. Cette halle a nécessité d’entretenir le caractère rural et normand de cette place. À Pont-de-l’Arche, la circulation automobile et la petitesse de la place ont condamné la halle. Les élus choisirent de transformer le centre ville de Pont-de-l’Arche en cité du XIXe siècle. Cela se lit encore en 2018 : les façades sont généralement enduites et fades, hormis quelques réclames peintes durant la Belle époque et restaurées depuis. Le pan de bois des demeures anciennes est caché et, pis, moisit peu à peu faute de respirer.  

Bel aveu, les travaux de réhabilitation des rues du centre ville, durant le deuxième mandat de Paulette Lecureux, avaient pour finalité de redonner la ville aux piétons. Les voitures étaient et sont toujours intrusives, consommatrices de place et de calme. C’est un blason de la ville, fait en pavés, qui se trouve depuis à l’endroit de l’ancienne halle avouant qu’un élément central de la ville a disparu qui n’est pas totalement remplacé par le marché dominical.  

Risible enfin, les élus de la municipalité dirigée par Dominique Jachimiak avaient voulu créer un parking sur les berges de l’Eure. Pour justifier une demande de subvention à l’agglomération de communes Seine-Eure (CASE), ils avaient proposé de créer une halle, en lointain rappel de la halle qui nous a mobilisé ici. Devant le cout, il fut décidé de créer une demi-halle en béton et en métal. En 1857 c’était la halle en bois qui gâchait le paysage d’entrée de la ville par le beau pont. En 2018, c’est la demi-halle qui gâche le paysage de la ville quand on se trouve sur le pont de 1954.

 

En conclusion

En raison du faible nombre de documents, nous avons émis des hypothèses pour les premiers siècles : la halle de Pont-de-l’Arche a trouvé place devant les anciens remparts de la ville et s’est retrouvée dans les fortifications de Philippe Auguste au début du XIIIe siècle. Elle a trouvé place ici car le roi était maitre des marchés et des halles et la population crut en raison du choix royal d’y entretenir une ville militaire et administrative. Elle a renforcé le commerce dans la cité. La halle se trouvait au-dessus d’une pente vers la Seine où s’écoulait les eaux usagées. Un ru devait passer en ces lieux à une date indéterminée. La halle est devenue désuète car les vendeurs du marché se sont organisés autrement. La halle est devenue un obstacle à la circulation. Elle a donc été démolie en 1857 durant une période de prospérité économique plus portée vers les innovations et l’hygiène publique que par la conservation de vestiges des temps médiévaux, surtout s’ils avaient été remplacés récemment. Le marché, avec l’espace de la place Hyacinthe-Langlois, sont les rappels de l’existence de cette halle où l’on se pressait avant les messes dominicales.  

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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commentaires

fremen 09/04/2020 14:12

Je remarque que, sur la carte de 1702 de Nicolas Magin, présentée dans ton article sur les "mystérieuses alcôves", la halle est présente, évidement, mais de forme rectangulaire. cela supposerait une évolution de cette halle. Notable aussi, il y a une structure à poteau, comme la halle, appuyait aux maisons du coté ouest (ex-libraire). Annexe de la halle?
Tu parles d'un ru. Pourquoi pas. Mais, eau vive descendant de la forêt, ou évacuation des eaux sales vers la Seine? Il semble évident que dès de PDA a possédé des fossés, ce ru ne pouvait être de l'eau vive. On peut supposer que si ce ru pré-existait avant l'édification des remparts et des fossés autour de cette partie de PDA, il aurait pu alimenter les douves. Mais tu notes dans ton articles sur les remparts, que les fossés n'étaient pas en eaux. En effet, difficile de supposer que les douves étaient assez profondes pour recevoir les eaux de la Seine. Quoi que...

Armand Launay 10/04/2020 10:45

Suite à notre discussion sur les structures à poteaux, en effet il semble que ces structures plus mobiles aient été indiquées par Nicolas Magin comme repères et obstacles à la circulation. Certaines structures sont des avant-soliers comme celui de la pharmacie actuelle, rue Jean-Prieur. D'autres avant-soliers ont disparu. La halle, si elle a été représentée fidèlement, ce qui est semble être le souci de Nicolas Magin, se trouvait donc plus à l'ouest et expliquerait donc mieux pourquoi un espace central se situe ici et pourquoi les maisons du côté sud sont bien alignées. On peut donc envisager que la halle a été construite, après le plan de Magin, plus vers l'Est, notamment pour les besoins en place exigés par la circulation dans le sens Paris-Rouen. Bien vu mon ami !

Armand Launay 09/04/2020 15:35

Je ne vois pas la structure à poteaux côté ouest...
Quant au ru, oui j'imagine qu'il y avait de petits rus le long de la Seine qui devaient descendre du plateau. Ils ont dû permettre l'installation de quelques exploitations familiales. Celui dont on traite ici a dû, en effet, se perdre dans les fossés du premier rempart (l'art-de-cercle de la rue Julien-Blin, place Hyacinthe-Langlois, rue Alphonse-Samain). Mais il semble se dessiner une légère pente naturelle en ce lieu où un vallon se forme. Il faut songer à la perspective depuis la place Hyacinthe-Langlois sur l'église. Une légère déclivité existe. Ce vallon a dû être creusé par les hommes, ensuite, pour trouver du matériau aux remparts et constituer un fossé. Quoi qu'il en soit, le côté égout de la rue Abbaye-sans-toile montre qu'ici sont passées surtout des eaux usées et des eaux diluviennes sûrement.

fremen 05/04/2020 11:39

Hello L'ami.Aujourd'hui, le 5/4 2020, pour la deuxième fois consécutive, le marché dominical se tient pas à PDA, pour cause de pandémie Covid19. Peut on imaginer qu'à d'autres époques, le marché ne soit pas tenu? En 1940? En 1870? D'ailleurs, a t'on mention d'autres épidémies dans le canton de PDA?
Ton article est fort intéressant car il remonte aux origines de la ville et de son marché.De nos jours, on se promène le dimanche matin ( Hors Covid...) sans se douter de la nécessité et de l'importance de cette halle et de son marché, au cours des 1000 années qui nous précèdent. Ce lieu d'échange dominical est donc un véritable patrimoine immatériel de notre cité "médiévale". Vivement que l'on puisse s'y retrouver, avec ou sans masque, et retrouver notre sociabilité archépontaine.

Armand Launay 05/04/2020 12:02

Entièrement d'accord mon ami !

J'y pensais ce matin...

Le marché a suspendu ses activités durant la Seconde guerre... En 1940, l'abbé Desdouits traite de la présence, dans la ville, que de quelques vieillards non véhiculables dans le cadre de l'exode civil... Atchoum ! Atchoum ! Zut, je ne sais pas ce que j'ai depuis que j'ai mangé des nouilles chinoises lyophilisées. Atchoum !

Boujou bé !

Laurent Ridel 15/08/2018 15:38

Bonjour Armand. Je suis toujours impressionné par ta capacité à rédiger des articles aussi fouillés, même à plusieurs milliers de km de Pont-de-l'Arche. Je ne m'étonne pas de la disparition de cette halle. Le cadastre montre bien que sa forme en cercueil la destinait à mourir :)

Armand Launay 15/08/2018 19:03

Excellent (,) camarade ! Boujou bé !

  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Contactez-moi afin d'étudier ensemble, plus avant, l'histoire et donc de progresser vers la connaissance. Bonne lecture ! armand.launay@gmail.com
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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