Visite libre. Bâtiment classé Monument historique de 1846 à 1878 puis reclassé par arrêté du 28 décembre 1910.



Le site.

Notre-Dame-des-arts vue depuis l'île Saint-Pierre

Bâtie au XVIe siècle juste au-dessus des remparts de la ville, l’église de Pont-de-l’Arche, domine l’Eure et la Seine. Si Pont-de-l'Arche était une voûte médiévale, elle reposerait sur les remparts et les maisons à pans de bois et sa clé (de voûte) serait l'église Notre-Dame-des-arts. En effet, tous ces éléments donnent à notre cité une silhouette médiévale bien originale. Les meilleurs points de vue sur l’église sont situés sur les berges de l’Eure, le quai-Foch et la sente de Beauregard (la bien nommée !).



La façade sud.

"Dentelles de pierre", les sculptures appartiennent

au "gothique flamboyant"


On peut comparer la façade sud de Notre-Dame-des-arts à celles de Louviers et de Saint-Maclou (Rouen). Cette façade, comme le montre la photographie, est une véritable dentelle de pierre qui fut rénovée de 1865 à 1895 par MM. Simon, architecte de Rouen, et Lefort, architecte des Monuments historiques de la Seine-Maritime (sic). D’architecture gothique, ce bâtiment semble avoir inspiré Eustache-Hyacinthe Langlois, enfant du pays, qui est à l’origine de l’expression "gothique flamboyant", eu égard à l’audace des formes des sculptures des fenêtres (les remplages) qui font penser à des flammes. Les contreforts situés entre chaque fenêtre sont en fait les culées des arcs-boutants qui soutiennent le mur intérieur de l'église sur lequel repose le bâtiment. 



L’architecture.

La nef et le choeur

Le bâtiment n’est composé que d’un seul vaisseau de six travées bordées de deux bas-côtés. Un chevet non abouti explique la petitesse du chœur.

L’élévation intérieure de l’église repose sur deux étages. Deux séries de fenêtres apportent une lumière généreuse qui laisse apparaître un parement de pierre très sobre.



Le vitrail du halage.


Ce vitrail est très instructif sur les transports
et les modes de vie sous l'Ancien Régime



Réalisé en 1605 par le verrier rouennais Martin Vérel, ce vitrail est le plus célèbre de Notre-Dame de arts. Financé par la partie la plus humble de la population de la cité, il montre l’importance de la pratique du halage des bateaux de Seine quand il fallait tirer les embarcations sous une arche du pont de la ville.

Il montre, au premier plan, le fort de Limaie qui était situé sur la rive droite de la Seine (paroisse d’Igoville).

Au deuxième plan, le pont qui donna son nom à la ville et, au troisième plan les premières fortifications qui entouraient Pont-de-l’Arche.

Au premier plan, à droite du fort de Limaie, se trouvent les haleurs de navires (hommes, femmes, enfants) en habit du dimanche. Des chevaux sont aussi représentés. Sur le pont, on peut apercevoir le maître de pont qui, surveillant le bateau qui passait sous la grande arche, orientait les haleurs afin qu’ils écartent le navire du danger de percuter les piles du pont.

Cette mission périlleuse fournissait un labeur quotidien à la population locale et était l’occasion pour les autorités dont la paroisse de percevoir des taxes. Le halage cessa d’exister, sous le pont de Pont-de-l’Arche, lorsqu’une écluse fut percée (inaugurée par Napoléon Bonaparte en 1811). Il cessa d’exister sur toute l’étendue des rives de la Seine quand les navires furent motorisés. 



Le mobilier.

L'orgue fut construit en 1608

L’église abrite un orgue construit en 1608 par Jean Oury dans l’atelier du facteur d’orgues rouennais Crépin Carlier. Il aurait été financé par Henri IV en remerciement de la fidélité de Pont-de-l'Arche à sa cause. Vous pouvez écouter des concerts d'orgue très régulièrement.

Les stalles de l’église sont issues de l’ancienne abbaye cistercienne Notre-Dame de Bonport. Sculptées, elles représentent des lions qui sont certainement une lointaine référence à Richard Cœur de Lion, fondateur de cette abbaye en 1190.



Saint-Vigor et Notre-Dame des arts ?


La statue Notre-Dame des arts,
aujourd'hui remisée dans la sacristie


L’église de Pont-de-l’Arche était placée sous le patronage de saint Vigor, évêque de Bayeux, depuis au moins le XIe siècle. L’église actuelle conserva la mémoire de cet évêque, évangélisateur de la région de Bayeux, jusqu’en 1893. Un pèlerinage autour de ses reliques exista durant de nombreux siècles car saint Vigor était réputé pour apporter de la vigueur aux bébés et aux enfants. 

En 1893, Octave Philippe, curé de la paroisse, décida de célébrer la Vierge-Marie, inspiratrice des arts. Le travail et la contemplation qu’exigent les arts sont vus, par les Catholiques, comme un moyen de faire grandir la part d’humanité des hommes. Avec le soutien de la duchesse d’Uzès et de nombreuses autorités religieuses et conservatrices, ce culte apporta une intense activité religieuse à Pont-de-l’Arche et ce jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, ce culte s’est essoufflé. C'est ainsi que la statue sculptée par la duchesse d'Uzès fut remisée dans la sacristie.



A voir aussi la balade littéraire dans Notre-Dame...

 

l'ancien bailliage,

 

l'ancienne abbaye de Bonport...

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