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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 17:30

 

Cet article a été réalisé grâce à des notes de lecture des Mémoires intimes de Napoléon 1er par Constant son valet de chambre, de Maurice Dernelle (voir source). Cette lecture m’a été conseillée par Marcel Léchopier, enfant et historien regretté de Pont-de-l’Arche. N’ayant pas eu le temps d’éplucher toutes les archives de la Ville, je livre néanmoins ces quelques renseignements aux amateurs d’histoire qui souhaiteraient aller plus en avant dans la biographie de ce personnage qui habita quelques temps dans notre cité.

 

Constant Wairy naquit à Péruwelz (Belgique) en 1178. Il Entra au service de Joséphine Bonaparte le 21 avril 1799. Ce jeune homme était apprécié pour sa gaîté, son affabilité, sa discrétion et son intelligent. Plus qu’un valet, il était un collaborateur fidèle très apprécié de ses maîtres. Constant accompagna l’empereur dans ses campagnes de 1805 à 1813. Il était alors le premier d’entre les serviteurs de l’Empereur.

 

Constant-Wairy.jpg

Constant Wairy en 1813 par Johann Heinrich Schmidt (pastel, papier). Base Joconde 

  

Toutefois, entre le 16 et le 19 avril 1814, la grande majorité des notables se rallièrent à celui qui restaura la royauté sous le nom de Louis XVIII.

Constant Wairy fut poussé à témoigner contre son maître (au sujet des infidélités de celui-ci), ce qu’il fit à grand peine afin de conserver sa propriété près de Fontainebleau. Il partit ensuite à Bellefontaine, commune de Samois. Par honte et chagrin d’avoir témoigné contre son maître, il refusa de reprendre du service après le retour de Napoléon (ce que celui-ci regretta beaucoup).

En 1816, après le pillage de sa maison et l’abattage de ses moutons par les troupes d’occupation autrichiennes, Constant Wairy vendit sa propriété, vécut d’une pension, et partit s’installer à Elbeuf, rue Saint-Étienne. En effet, son beau-frère, Jean-Pierre Charvet, vivait ici et dirigeait une fabrique de draps. Naguère, Napoléon avait arrangé le mariage de Constant Wairy avec la fille du concierge du château de Saint-Cloud, Louise Charvet, qui fut employée en juin 1813 à la lingerie de l’Empereur.

Constant investit alors ses économies dans l’industrie de son beau-frère mais ne fit que peu de bénéfices. Jean-Pierre Charvet, ruiné, partit pour l’Angleterre en 1825.

Constant Wairy vint alors habiter à Pont-de-l’Arche où il disparaît des archives pendant quelques années.

Retrouvé en 1830, il donnait des leçons à l’acteur Gobert qui jouait le rôle de l’empereur dans « les pièces napoléoniennes » qui faisaient recette dans un théâtre des faubourgs parisiens. Comme le note Maurice Dernelle dans son ouvrage : « Ainsi, sans faire de bruit et dans la coulisse, si l’on peut dire, Constant contribue pour une part à l’éclosion du culte napoléonien. » (p. 33).

Il habitait toujours à Pont-de-l’Arche quand M. Ladvocat lui proposa d’éditer ses mémoires. Il serait retourné à Pérulwelz suite au décès de sa sœur le 24 octobre 1832 mais rien ne l’atteste.

Ravalant son orgueil, il écrivit au roi Louis-Philippe le 29 septembre 1832 pour obtenir un emploi. En vain. Il écrit ensuite au député républicain avancé Dupont de l’Eure pour le poste de concierge du château de Saint-Cloud. En vain. En 1838, il s’installa à Breteuil-sur-Iton et obtint sa nouvelle maison grâce à l’appui de Jacques Dupont de l’Eure avec qui il resta en contact. Sa femme fut nommée directrice de la poste de Breteuil. Il décéda le 27 juin 1845. Agréable, courtois, plein d’anecdotes, mémoire vive… le voisinage regretta sa disparition.

 

Source

Dernelle, Maurice Mémoires intimes de Napoléon 1er par Constant son valet de chambre, tome 1, Paris : Mercure de France, impr. 2000, 683 p.


Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...