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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:42

-E.Charpillon, Louis-Étienne, Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 662-674.       

 

PONT-DE-L'ARCHE

 

Paroisse : ch.-lieu de Baill., Vic. et Elec. – Dioc. d’Évreux. – Parl. et gén. de Rouen.

       Pont-de-ma-Citadelle, Pons arcis meae, d’où Pont-de-l’Arche, telle paraît être la véritable étymologie de cette localité[1].

         « Vers 860, Charles le Chauve convoqua les grands de l’Empire, à son palais de Pîtres, et obtint d’eux des subsides pour faire construite une fortification et un barrage assez fort pour arrêter les barques normandes qui remontaient la Seine. Pour établir ce pont, on choisit l’endroit où la marée cesse de se faire sentir ; deux châteaux-forts furent élevés aux deux extrémités, sous la direction de l’archevêque Hincmar.

 

         Vers 1020, le duc Richard II, duc de Normandie, donna aux moines de Jumièges l’église et le tonlieu de Pont-de-l’Arche, avec trois moulins qui existaient sous le pont, deux acres de près et un moulin vers les Damps, avec trois fermiers.

         Guillaume de Pont-de-l’Arche fut un des cinq enquêteurs chargés, par Henri 1er, en 1127, de la rédaction du rôle de Winchester.

         Vers 1180, l’impératrice Mathilde et son fils Henri II donnèrent à N.-Dame-du-Pré, 4 l. de rente à prendre sur les pêcheries de Pont-de-l’Arche.

         Richard Cœur-de-Lion échangea, en 1198, avec les seigneurs de Jumièges, le domaine de Pont-de-l’Arche contre celui de Conteville ; après la mort de son frère, Jean sans Terre ne pouvant défendre Pont-de-l’Arche, voulut démanteler le château ; Philippe Auguste ne lui en laissa pas le temps et s’en empara en 1203.

         Dans le traité fait avec les habitants de Rouen, le 1er juin 1204, il est dit que Philippe-Auguste leur accorde les mêmes libertés et coutumes que celles dont jouissaient les bourgeois de Pont-de-l’Arche ; il leur accorda, de plus, la franchise de péage à Pont-de-l’Arche.

        Pont-de-l’Arche a servi dans tous les sièges de Rouen de dépôt d’approvisionnements militaires ; cette ville, qui pouvait empêcher le trafic entre Paris et Rouen, a été pendant bien longtemps considérée comme la clef de la Haute-Normandie  ; aussi, Philippe-Auguste et ses successeurs y vinrent-ils souvent. Si la situation de cette ville était importante, au point de vue stratégique, elle ne l’était pas moins du point de vue fiscal ; le point extrême de la marée montante servait de ligne de démarcation pour les droits à percevoir par la vicomté de l’Eau.

      En 1211, Alexandre, abbé, et les religieux de Jumièges, abandonnèrent à Philippe-Auguste ce qu’ils avaient à Pont-de-l’Arche et reçurent Conteville en échange.

      On dressa, en 1213, un état des nefs appartenant au châtelain de Pont-de-l’Arche, Simon de Montfort étant à Pont-de-l’Arche ; fit hommage au roi des États de Raymond VII, comte de Toulouse, qui avait été déclaré hérétique (sic).

         Des actes nombreux de Philippe-Auguste sont datés de Pont-de-l’Arche.

         En 1222, le roi étant dans cette ville, donne aux bourgeois de Poitiers la liberté du commerce, excepté à Pacy et à Pont-de-l’Arche.

        Louis VIII se trouvant à Pont-de-l’Arche, le 4 janvier 1224, s’engage à faire venir à Rouen les débiteurs des bourgeois de cette ville[2] ; il autorisa les religieux de Bonport à faire venir chaque année 100 tonneaux de vin, francs de péage et de droits de coutume.

         Dans une charte de Guillaume de Tourville, pour Jumièges, en 1228, il est fait mention de la voie publique qui conduit du port d’Oissel à Pont-de-l’Arche[3], Me André était alors curé de cette ville.

         A la date de 1237, Pierre de Meulan était châtelain de Pont-de-l’Arche ; Me Robert était curé.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1240, furent présidées par Jean des Vignes et Renault d’Alisay, vicomte de Pont-de-l’Arche.

         Jean Ansgaut qui avait pris part à la croisade, reçut du roi, en 1251, une rente de 3 d. sur la prévôté de Pont-de-l’Arche ; Robert Le Maçon, Abraham, Robert et Eudes du Pont-de-l’Arche, sont cités dans différentes chartes de cette époque.

         Pont-de-l’Arche faisait alors partie du domaine royal, et dans le compte des vins du roi, cette ville figure, en 1247, pour 88 muids 11 setiers ½ [4]. On y percevait un droit de péage de 10 d. par muid sur les vins qui passaient sous le pont, de même que les chevaux, bestiaux, voitures, traversant le pont, acquittaient un droit.

         Barthélemy Fergant était, en 1256, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Guillaume des Gades-Renicourt l’avait remplacé trois ans après.

         Eudes Rigaut le vigilant, archevêque de Rouen, visita Pont-de-l’Arche cinquante-quatre fois ; il donna deux fois l’ordination dans la chapelle du château, et deux fois il assista à des ordinations faites par l’archevêque d’Évreux.

         En 1271, Robert du Pont-de-l’Arche vendit au Bec, pour 7** l. de rente des maisons qui lui rapportaient 12 d. de rente.

       Un arrêt du Parlement de la Toussaint 1288, décida que l’abbaye du Bec n’avait pas le privilège de libre circulation à Pont-de-l’Arche.

         Me Guillaume était, en 1288, recteur des économies de Pont-de-l’Arche ; Mgr Gohier, vicomte, fut choisi comme arbitre en 1289 ; il était remplacé deux ans plus tard par Robert d’Auvilliers.

         Une inondation emporta tous les ponts de la Seine , en 1296, à l’exception toutefois de celui de Pont-de-l’Arche.

         Pendant le XIIIe siècle on faisait, à Pont-de-l’Arche, un grand commerce d’huile de noix et d’huile de pavot, que l’on extrayait dans le pays.

         Le bailli de Rouen voulant soustraire au sieur Nicolas Le Tonnelier un privilège de la Fierte , l’envoya, en 1302, aux prisons de Pont-de-l’Arche.

         En 1306, Jean de Préaux vendit aux religieux de Saint-Ouen une arche du pont de Pont-de-l’Arche avec la pêche de cette arche, qui étaient de son propre héritage[5].

         Un sieur Jean Larchevêque tenait en fief-ferme, à la date de 1308, les moulins du roi de Pont-de-l’Arche ; l’année suivante, le roi confirma une vente, consentie par Laurent Thiart, vicomte de Pont-de-l’Arche, au cardinal Jean Le Moine[6].

         C’est à Pont-de-l’Arche que fut tenu, en 1310, le concile dans lequel les Templiers furent condamnés à mort.

         Aux assises tenues dans cette ville en 1313, on confirma les arrangements entre le Bec et le seigneur du Neubourg pour les Novales ; d’autres assises furent tenues, en 1313, où fut jugé un différend entre l’abbaye du Bec et Guillaume de Maulévrier, seigneur de Combon.

         Des lettres de Louis le Hutin, du mois de juillet 1315, fixèrent le tarif des droits à payer sur les marchandises voiturées par eau, de Paris à Pont-de-l’Arche, et de cette dernière ville jusqu’à la mer, tant en montant qu’en descendant ; il en résulte que le roi percevait 10 d. par tonneau de cidre remontant la Seine jusqu’à Pont-de-l’Arche[7].

         Une ordonnance de Philippe le Long, du 12 mars 1316, chargea le bailli de Rouen « d’établir ès ville de Pont-de-l’Arche un capitaine… qui fasse serment de maintenir et garder loyaument icelle ville, païs et peuple ».

         En 1317, Pierre Lhôpital, prêtre, était garde du scel aux obligations de Pont-de-l’Arche[8]. Jean de Neufchâtel était vicomte.

         Jean Gougeul obtint du roi Charles le Bel, en 1321, que le moulins Aux Dames, à Pont-de-l’Arche, serait tenu du roi à seule foi. En 1335, Robert Garin, vicomte de Pont-de-l’Arche, résista aux injonctions du roi, relatives à l’exécution d’une sentence rendue par la Chambre des Comptes de Paris, au sujet de biens situés à Léry.

         Jean du Bosc, vicomte de Pont-de-l’Arche, assistait à l’échiquier de 1344 ; il épousa Catherine de la Luzerne , dont il eut quatre enfants.

         Par quittance passé devant Pierre Martel, garde du scel aux obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche ; le 6 novembre 1350, Jehan le Fer déclara avoir reçu du roi par les mains de N.H. Bachelet, vicomte, 20 s. pour le terme de Saint-Michel passé.

         Au commencement du mois d’août 1346, les Anglais, appelés par Charles le Mauvais, débarquèrent en France sous la conduite de leur roi Edouard, et vinrent à Pont-de-l’Arche qu’ils brûlèrent ainsi que tout le pays voisin[9].

         L’année suivante, Richard du Mesnil, chevalier, était capitaine du château de Pont-de-l’Arche.

         Des lettres royales, du 13 avril 1350, constatent que le comte d’Harcourt devait au roi Jean le Bon, 220 l., 8 s. payables au vicomte de Pont-de-l’Arche. A cette date, le vicomte était Jean de Baigneux, qui eut pour successeur Richard de Bitot.

         En 1356 « se partit le roi Jean de Rouen, et alla au Pont-de-l’Arche, et la vient à lui le prévôt des marchands de Paris, à 500 hommes d’armes »[10].

         Au mois d’août de l’année suivante, Charles, duc de Normandie, était à Pont-de-l’Arche. Après la paix de Brétigny, en 1360, le roi Édouard fit passer la Seine à ses troupes, à Pont-de-l’Arche, d’où il les envoya en Angleterre[11].

         De grandes réparations furent faites au XIVe siècle, au château de Pont-de-l’Arche, à la chambre du roi, au colombier et à la petite chapelle.

         La veille de la bataille de Cocherel, le 15 mai 1364, du Guesclin était à Pont-de-l’Arche, où ses troupes se reposèrent et où il les passa en revue ; le même jour, le captal de Buch mal averti des mouvements de son adversaire, se dirigea vers Pont-de-l’Arche pour s’opposer au passage de la Seine[12].

         Le soir de la bataille, l’armée française, victorieuse, arriva à Pont-de-l’Arche, ramenant Jean Joël et Pierre Sacquainville, prisonniers ; ils mouraient de faim et même les plus vantés.

         En 1369, Robert Hallé était vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean de Jeucourt était capitaine ; on assigna, à ce dernier, un revenu de 400 l. ; il était remplacé l’année suivante par Henri de Ferrières, seigneur de Gisors.

         Un impôt sur les vins fut mis à Pont-de-l’Arche, en 1375 ; vers cette époque, Hue de Neaufles était garde du scel de la vicomté, Jean de la Heruppe , huissier d’armes, était capitaine du Pont-de-l’Arche.

         Le 11 juillet 1382, Jehan Auber, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant Guillaume Ango ; l’année suivante, il avait un conflit avec la juridiction de l’archevêque de Rouen, à Louviers ; Colard d’Estouteville était capitaine.

         En janvier 1387 eut lieu, à Pont-de-l’Arche, la vente du manoir de messire Bonneau de Jeucourt, chevalier.

         Le 25 mars 1381, Charles VI étant à Pont-de-l’Arche, après son sacre, fit grâce à Jehan Pesquez, qui fit mis en liberté le carême et en partit le samedi saint, pour aller à Rouen.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1388, furent présidées par Richard de Houdetot, bailli de Rouen.

         Moradas de Rouville était, en 1390, capitaine du château de Pont-de-l’Arche : Jehan de la Mare , vicomte ; ce dernier était remplacé, en 1398, par Jean de Saint-Ouen ; Isembart Ravenel, garde des sceaux des obligations de la vicomté, figure dans les contrats, en 1397.

         À la fin du XIVe siècle, Guillaume Blanc-Baston, lieutenant général de la Thuille , bailli de Rouen et de Gisors, présida les assises de Pont-de-l’Arche.

         En 1406, Guillaume Le Diacre, vicomte de Pont-de-l’Arche, acheta de Jean Grouchy, seigneur de Monterolier, le fief Duredent.

         Jean Monnet était vicomte, en 1408, lorsque le bailli de Rouen, aux assises de Pont-de-l’Arche, condamna un porc à être pendu pour avoir tué un enfant ; la même année, Jean de Villeneuve était lieutenant général auprès du bailli de Rouen.

         Après le meurtre de Raoul de Gaucourt, bailli de Rouen, en 1417, « le dauphin partant de Paris, atout 2,000 combatants, ala au Pont-de-l’Arche, duquel lieu il envoya l’arcevesque, Louis de haucourt, pour exhorter les bourgeois de Rouen à obeir au dit daulphin »[13].

         Au mois de juin 1418, le roi Henri d’Angleterre quitta Lisors pour venir assiéger Pont-de-l’Arche.

         « En ce temps estoit le roy d’Engleterre tenant le siége de Pont-de-l’Arche, que tenoient les Armignacs, et en estoit le seigneur de Graville, cappitaine, lequel ne tint pas longuement, mais le rendy par traictié aus Engloix, et s’en party saulvement »[14].

         Le siège avait duré trois semaines.

         Peu de jours après la prise de la ville, le roi de France envoya des ambassadeurs qui vinrent au Pont-de-l’Arche pour traiter des conditions de la paix. « Et s’en partirent sans rien faire ».

En 1419, alors que les Anglais étaient maîtres de la ville, Ouin Huchère était vicomte, Maurice Brun, capitaine ; Robinet Grouys, marinier au Pont-de-l’Arche, avait l’office d’amener et de ramener toutes les nefs dessous le pont, que tenait Amaury-le-Coq.

Le roi d’Angleterre se trouvant à Pont-de-l’Arche, 1419, accorda au prieur de Bonport des lettres de sauf-conduit ; l’année suivante, il ordonna la restitution du temporel au couvent.

Le 26 février 1421, Thomas Maisterson était capitaine de Pont-de-l’Arche ; mais l’année suivante, il avait pour successeur Jean Beauchamp, qui fut passé en revue avec sa troupe, par les commissaires du roi d’Angleterre. Cette même année, le 8 octobre, une ordonnance contre les soldats qui avaient déserté leur corps, fut adressé au chevalier Jean Kigley, bailli de Rouen, et à Guillaume Crafford, esc., lieutenant du même bailli et capitaine de Pont-de-l’Arche ; au mois d’avril précédent, Maurice Brun avait été nommé capitaine du château et de la ville de Pont-de-l’Arche.

Après la prise de Verneuil, en 1424, le régent revint en Normandie, et ramena ses prisonniers à Pont-de-l’Arche : Philippe Le Baube était alors receveur des quatrièmes.

En 1424, Jean Falstaff, grand-maître d’hôtel du roi d’Angleterre, fut nommé gouverneur de Pont-de-l’Arche, Caen etc.

Guillaume du Fay, esc., époux de Jeanne de Recuchon était, en 1426, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean Aubert l’avait remplacé dans cette fonction en 1428 ; la même année, la garde du scel des obligations de la vicomté appartenaient à Constant Pinchon[15] ; Jean Delestre, clerc, était tabellion juré.

Au mois de juillet 1429, après une inspection au château de Pont-de-l’Arche, on renforça la garnison ; en 1430, le sire de Willughby était capitaine de ce château ; il eut pour successeur, en 1435, Bérard ou Bertrand de Montferrand.

Les États de Normandie furent tenus à Pont-de-l’Arche en 1432, 1437, 1438 et 1439.

En 1435, le pont était en fort mauvais état, et les Anglais furent obligés de le réparer.

           Richard de Tharnes était, en 1437, lieutenant de la ville de Pont-de-l’Arche ; aux Etats tenus à Rouen, cette même année, Brunet de Longchamp, chevalier, représentait la noblesse de la vicomté de Pont-de-l’Arche.

Le 30 novembre 1440, Henri IV réunit à Pont-de-l’Arche une assemblée des notables habitants de la ville et des environs, pour viser au moyen d’arrêter les entreprises des ennemis (les Français), qui s’étaient déjà emparés de Louviers. Adam Hilton était alors lieutenant au Pont-de-l’Arche, de l’archevêque de Rouen ; il était capitaine en 1412.

Au mois de septembre 1441, le roi Charles VII fit expédier des titres de noblesse à Jean Bocquet, né à Rouen, et habitué à Pont-de-l’Arche, pour avoir fait des actions d’éclat au siège de Pontoise, et être monté le premier à l’assaut ; il lui donna pour armoiries : d’or à trois tours d’azur.

Deux bourgeois, Pierre Mordret et Jean Roisse, représentaient Pont-de-l’Arche aux Etats de Rouen, du 20 avril 1447 ; Jean Hamon donna quittance le 12 décembre 1448 à Jean Lancelin, vicomte de Pont-de-l’Arche.

Cependant, Pierre de Brézé, capitaine de Louviers, Robert de Flocques et d’autres capitaines français, résolurent de s’emparer de Pont-de-l’Arche ; un marchand de Louviers, que son commerce appelait à Rouen et que tout le monde connaissait, leur en ouvrit les portes, pendant la nuit du 13 mai 1449. Les Anglais, surpris dans leur sommeil, furent presque tous faits prisonniers.

Le butin des vainqueurs fut considérable. C’était un premier échec à la puissance des Anglais, qui allaient bientôt disparaître du royaume de France.

Guillaume de Bailleul, seigneur de Beauvais, vint aussitôt trouver Charles VII à Pont-de-l’Arche pour lui prêter serment de fidélité. Il y eut la même année des conférences pour traiter de la paix ; le roi de France offrit de rendre Pont-de-l’Arche, Conches et Gerberoy aux Anglais, si l’on rendait Fougères au duc de Bretagne. Les ambassadeurs ne purent s’entendre[16].

Jean Langlois était, en 1450, lieutenant en la vicomté de Pont-de-l’Arche. Le 1er mai 1461, quittance fut donnée à Pierre Bachelet, vicomte.

En 1462, le roi Louis XI étant en Normandie, imposa un droit sur les vins qui passaient sous le pont de Pont-de-l’Arche et descendaient à Rouen.

Charles, frère de Louis XI, ayant reçu, en 1465, la Normandie en apanage, voulut aller en prendre possession ; mais arrivé à Pont-de-l’Arche, il y fut retenu par les intrigues et les artifices des Bretons, qui voulurent s’emparer de sa personne, lors de son entrée à Rouen ; mais leurs projets furent déjoués par le comte Jean d’Harcourt[17].

Louviers, qui était entré dans la Ligue du Bien Public, vint mettre le siège devant Pont-de-l’Arche qui lui fermait le passage pour aller à Rouen ; après un siège de quelques jours, le château capitula, le 11 janvier 1466. Le 3 février suivant, Gauvain Mauviel, lieutenant général du bailli de Rouen, ayant été fait prisonnier, fut amené à Pont-de-l’Arche ; on dressa un échafaud sur le pont, le sieur Mauvel fut décapité, sa tête fut mise au bout d’une pique et son corps jeté à l’eau[18].

Sur les ordres du roi, un camp pour 20,000 hommes, entouré de fosses et de palissades, fut formé dans la vallée entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre ; pour en payer les frais il imposa une taille très lourde ; Guillaume Picard, bailli de Rouen, commandait ce camp.

Un matelot ayant été tué à Pont-de-l’Arche, en 1467, par Guillaume Beslatre, celui-ci eut la vie sauve en levant la fierté.

Par contrat passé devant les tabellions au siège de Léry, en 1471, Pierre Martel, garde des scel des obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche, donna à fief 3 vergées de terre pour 3 s. de rente.

Le 28 octobre 1472, Louis XI rétablit, au profit des manants et habitants de la vicomté de Pont-de-l’Arche, le grenier à sel établi à Pont-de-l’Arche par Charles VII, qui l’avait ensuite abolit.

Le 15 mars 1475, Richard Bachelet était lieutenant général de N.H. du Gué, vicomte de Pont-de-l’Arche du bailli de Rouen ; Guillaume Gautier et Pierre Ducloz étaient, en 1483, tabellions royaux.

Des lettres de Charles VIII, données à Pont-de-l’Arche le 14 avril 1483, octroyent congé général à tous les français ayant cause et procès à l’Échiquier, d’appointer sans amende.

Le 7 octobre 1500, Jehan Chalenge, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant général Guillaume Becquet ; il fut remplacé, en 1518, par son fils Jacques, devant lequel eut lieu, le 12 juin 1524, le traité de mariage de Hector Vipart avec Marguerite d’Amfreville.

A ce moment, Me Roger Le Mercier était procureur substitut du roi en la vicomté.

Deux ans après, en 1526, Me Martin d’Escambosc, advocat du roi à Louviers, était vicomte de Pont-de-l’Arche.

La succession de Simon de Baigneux, vicomte de Pont-de-l’Arche, en 1531, passa à la famille royale de Dreux.

En 1534, Pierre de la Faye , grainetier du Pont-de-l’Arche, demanda délai pour vérifier sa noblesse.

Une sentence du 26 juin 1537, rendue par Jean Sergent, vicomte de Pont-de-l’Arche, adjuge une pièce de terre, sise au Bec-Thomas, à Robert Le Comte de la Harangère ; Robert de Pommereuil était alors capitaine de cette ville ; le scel de la vicomté était tenu par Binot d’Arthois.

En 1540, François 1er étant à Pont-de-l’Arche, donne les injonctions au Parlement de Rouen.

Un aveu rendu au roi, pour la baronnie d’Elbeuf, le 6 août 1542, contient cette mention : « Nous appartient la rivière de Saine, depuis l’ombre du pont de Pont-de-l’Arche à l’heure du soleil de midy, jusqu’au gravier au-dessous d’Orival »[19].

Adam de la Basoge , haut justicier de Heuqueville, avait droit de pêche depuis le Blanc-Saulx jusqu’au talus de Pont-de-l’Arche, par moitié avec l’abbaye de Bonport et autres ayant-droit.

Quelques années après, en 1546, les États de Normandie se réunirent à Pont-de-l’Arche, à cause de la peste qui sévissait à Rouen.

Thomas Cyroie était, en 1555, avocat du roi aux juridictions de Pont-de-l’Arche ; en 1561, Loys de la Faye , esc., licencié ès-lois, était lieutenant du bailli de Rouen.

Les protestants venus de Rouen au nombre de 1,500 avec 6 pièces d’artillerie, se présentèrent devant Pont-de-l’Arche, en 1562, espérant y faire un grand butin ; mais ils ne purent y pénétrer ; les capitaines Guyon et Maze les repoussèrent vivement, en leur faisant subir des pertes cruelles ; 40 soldats furent rués ou blessés[20].

Par lettres patentes datées de Plessis-les-Tours, le 10 octobre 1569, le roi Charles IX donna à Catherine de Médicis, sa mère, la vicomté de Pont-de-l’Arche. A cette époque, Jean de Carvoisin, seigneur d’Achey, gouverneur de Pont-de-l’Arche, épousa Marguerite de l’Isle.

Guillaume Jobin vendit, en 1580, à Charles Routier, grenetier du grenier à sel de la vicomté, par contrat passé devant Louis Trencheur, notaire royal, une vergée de vigne au Val-au-Queu, à Amfreville.

Vers cette date, Nicolas Hesbert, advocat, avait la garde du scel aux obligations de la vicomté.

Dans un aveu de 1581, le seigneur du Portpinché déclarait posséder quatre arches du pont, avec un droit de pêche de tous le poisson. Le droit de bac de Pont-de-l’Arche à Lormaye appartenait à l’abbaye de Bonport.

Aux États de Normandie tenus à Rouen, en 1582, Me Nicolas Le Blanc, advocat de Pont-de-l’Arche, représentait la justice de la vicomté ; Jean Hays était son lieutenant ; Jean Fournière, Guillaume Hays et Pierre Morlet, advocats, y comparurent également.

La coutume locale de Pont-de-l’Arche concernant l’apport en mariage de la femme, fut abrogée le 5 janvier 1583, par le président du Parlement assisté d’un conseiller et d’un avocat du roi, en présence et du consentement des gens des trois États, à ce convoqués[21].

Deux ans après, en 1589, Le Blanc du Rollet, gouverneur de Pont-de-l’Arche, en ouvrit les portes à Henri IV et l’on assure qu’à dater de cette époque, les armes de cette ville s’enrichirent de trois fleurs de lys d’or.

Pont-de-l’Arche portait : de sable au pont d’argent maçonné de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

En 1592, Henri IV établit son quartier général à Louviers et cantonna une partie de ses troupes à Pont-de-l’Arche ; c’est là qu’il envoya les canons qu’il avait employés au siège de Rouen, lorsqu’il fut forcé de le lever[1]. Rouen était défendu par l’amiral de Brancas, lieutenant général pour le roi aux bailliage de Rouen, de Caen et de Pont-de-l’Arche.

Chicot, le fou de Henri IV, que la plume de notre ami, le grand romancier Alex. Dumas, a rendu célèbre, ayant été blessé dans une escarmouche, mourut à Pont-de-l’Arche où il fut inhumé.

En 1594, M.Claude des Hays était curé de Pont-de-l’Arche, Claude Boullenger et Jean Lemercier, avocats du roi en la vicomté. La même année, Jacques Bachelier, receveur des tailles, obtint la remise de 8,000 écus des deniers de sa recette, et don de 6,000 écus pour la perte de ses meilleurs meubles, le tout volé sur le chemin de Louviers où il les envoyait après la surprise de Pont-de-l’Arche.

Des travaux de charpente à l’arche du Diguet, au pont de Pont-de-l’Arche, furent entrepris en 1596, par Geofroy Gigault, maître charpentier de Rouen. La même année, le marquis de Rosny prescrivit d’informer les excès et outrages commis sur la personne de Jacques Le Brasseur, maître serrurier adjudicataire des travaux à faire à ce pont. Une assiette de 1,000 écus dut mise sur Pont-de-l’Arche, pour fournir l’indemnité due au propriétaire de deux maisons du faubourg, démolies par ordre du gouverneur du Rollet.

En 1597, décharge fut accordée à Pont-de-l’Arche où la peste régnait depuis 1595. Le roi ne voulut pas accueillir la supplique des Etats de Normandie, assemblés en 1598, qui demandaient la démolition du château de Pont-de-l’Arche.

En 1599, Villars était gouverneur du Hâvre et de Pont-de-l’Arche.

Au commencement du XVIIe siècle, les principaux fonctionnaires civils et militaires de la vicomté de Pont-de-l’Arche étaient : David Cabeuil, lieutenant particulier du bailli de Rouen ; Charles de la Vache, receveur du roi ; Tannaguy, baron de Chambray, gouverneur ; Jehan Le Sergent, vicomte ; Noel Pappeil et Thomas Liard, tabellions.

Vers 1615, Jacques Routier fut nommé assesseur criminel en la vicomté de Pont-de-l’Arche. L’année suivante, le maréchal d’Ancre se fit donner le gouvernement de cette ville dont il augmenta les fortifications ; après sa port, le duc de Luynes lui succéda à Pont-de-l’Arche.

Pierre Perrier, avocat au Parlement et lieutenant général en la vicomté, rendit aveu, en 1616, pour une île nommée la Haye Auberée.

La même année, Charles Duval, conseiller au Pont-de-l’Arche, fournit aveu pour 100 perches de terre en l’île Dehors ; David Cabeuil avait la charge de lieutenant général du bailli de Rouen.

Le roi accorda, en 1619, à la garnison de Pont-de-l’Arche, son chauffage à prendre dans la forêt de Bord.

La même année, Me Langlois était président à l’élection de Rouen.

En 1620, Jean-Baptiste d’Ornano, maréchal de France, avait pour lieutenant colonel et commandant en son absence à Pont-de-l’Arche, un capitaine du nom de Francesque.

A partir de son entrée au conseil en 1623, le pouvoir de Richelieu n’eut plus de bornes. Le cardinal se fit bientôt accorder le gouvernement de Pont-de-l’Arche ; son lieutenant, dans cette ville, était en 1624, François de Rotundy, sieur de Cahusac. La même année, Jean Bachelet fut nommé maître des ouvrages à voyer pour le roi, en la vicomté, et on répara les couvertures des logis du roi, ainsi que la chapelle du château.

De 1628 à 1630, Pierre-Claude Behote et Jean-Baptiste des Marets étaient élus en l’élection de Pont-de-l’Arche ; Routier en était président ; Charles Le Sergent, esc., sieur de la Coudraye, était garde hérédital du scel ; Adrien Guéroult, procureur du roi aux eaux et forêts de Pont-de-l’Arche.

Jean de Lonlay, sieur de St-Georges, commandait la ville et le château de Pont-de-l’Arche pour le cardinal de Richelieu, de 1636 à 1640. Dans ce laps de temps, messire Charles Pinel était élu assesseur ; Jean Langlois, lieutenant général criminel ; Pierre Maille, conseiller du roi, élu, puis commis à la recette des tailles en l’élection ; Charles Maille, contrôleur héréditaire ; Samson Gilles, contrôleur, et Groult, procureur du roi aux eaux et forêts de la vicomté ; Pierre du Bosc, contrôleur du grenier à sel.

Le 1er janvier 1640, le chancelier Seguier visita le château de Pont-de-l’Arche et se rendit compte des réparations à y faire ; la même années, les sieurs Fleury Perrot, maître maçon, et Adrien Petit, architecte du duc d’Orléans, se rendirent adjudicataires des travaux du pont, et ils employèrent à cet ouvrage les matériaux provenant de la démolition de l’ancien.

Richelieu ayant appris que de nombreuses exactions étaient commises sur les vins qui passaient à Pont-de-l’Arche, destitua le gouverneur Jean de Lonlay qui y avait pris part, et le remplaça par le sieur Le Normand, sire de Beaumont.

Le 21 mai 1643, Me Antoine Routier était lieutenant général criminel au siège de Pont-de-l’Arche.

Pendant les troubles de la Fronde, le duc d’Harcourt qui tenait le parti du roi, n’ayant pas pu s’emparer de Rouen, se retira au Pont-de-l’Arche où le sire de Beaumont le reçut à bras ouverts.

Harcourt qui vint au Pont-de-l’Arche,

Monté sur un cheval rouan

Sans avoir entré dans Rouen.

Lors des conférences de St-Germain, le prince de Condé exigea que Pont-de-l’Arche fût remis au duc de Longueville comme place de sûreté ; le duc la mit aussitôt en état de soutenir un siège et lui donna pour capitaine de baron de Chamboy, lieutenant de ses gendarmes.

A ce moment, Pierre Maille, Etienne du Boullé étaient élus en l’Election. Jehan Langlois était président, il fut remplacé, en 1651, par son fils Pierre Robert.

Louis Cousin avait été reçu, en 1650, lieutenant particulier au bailliage. De nombreuses démarches furent faites, à cette époque, pour obtenir la démolition du château de Pont-de-l’Arche ; mais ce fut sans aucun résultat.

Le 17 mai 1656, un arrêt du conseil d’état, exempte l’abbaye de Jumièges de tous droits pour le passage des vins et autres provisions passant par la Seine et villes de Pont-de-l’Arche, Rouen, etc. en conséquence de l’échange fait avec le roi Philippe-Auguste.

En 1659, Nicolas de la Croix était lieutenant criminel en la vicomté ; François Bréant était procureur du roi. Quelques années après, en 1688, S.A. Emmanuel Théodore de la Tour d’Auvergne, duc d’Albret, abbé de St-Ouen, donna aux Jésuites de Rouen, un moulin à blé, sous une des arches du Pont-de-l’Arche ; Jean-Baptiste Vallée, sieur du Parc, était alors lieutenant particulier, ancien civil et criminel du bailli de Rouen au Pont-de-l’Arche, il était lieutenant général du bailliage, en 1675.

En 1671, André Druel avait remplacé Charles de Tesson, esc., comme gouverneur de Pont-de-l’Arche, Jean-Baptiste du Parc était lieutenant général en la vicomté.

En 1674, Vallée, conseiller du roi, avait la charge de lieutenant général particulier ancien civil au siège royal du Pont-de-l’Arche ; Nicolas Langlois fut nommé, en 1676, lieutenant général, ancien au même siège. Quelques années après, Michel Leforestier était lieutenant général de Police ; François Bréant était substitut du procureur du roi.

Le 3 février 1687, les plaids de la vicomté furent tenus par Jean Routier, conseiller du roi, vicomte ; Charles Le Camus était avocat aux saisies réelles.

En 1600, MM. Jacques et Thomas Bourdon ayant essayé d’établir une manufacture de draps, les drapiers de Louviers y firent une vive opposition.

Charles Auzou était, en 1674, élu en l’Election. Me Claude Lobras était chapelain de la chapelle St-Etienne au château de Pont-de-l’Arche ; Jean Le Cordier était receveur des tailles.

Th. Corneille fait de Pont-de-l’Arche, au début du XVIIIe, la description suivante : « Vicomté, bailliage, élection, grenier à sel, maîtrise des eaux et forêts, et un bon château de l’autre côté de son pont de pierre, qui est le plus beau, le long, le mieux bâti qui soit sur la Seine.

« Son château, bâti dans une petite île, est de figure carrée, bien entretenu, bien logeable, flanqué de quatre tours ; au-dedans, il y en a une fort haute qui sert de donjon. Ce château est séparé de la prairie par deux petits ponts.

Cependant un procès-verbal, dressé en 1712, constatait que ce pont si bien bâti menaçait ruine, que la navigation était entravée par les pêcheurs et les gords.

Le 30 mars 1719, ce qu’on appelait les petits domaines de Pont-de-l’Arche consistant en droits de halle, minage, droits de travers qui se paient par les bateaux et charrette passant sur le pont, droit de vieil acquis payé par les bateaux sous le pont, le gord, et le bas de Léry furent donnés à titre d’engagement à Julien Langlois de Villeneuve, qui donna le tout à bail, moyennant 8,300 l. par an.

Malgré l’opposition des gens de Louviers, la manufacture de draps avait prospéré, Piganiol de la Force écrivait en 1722 : « La manufacture du Pont-de-l’Arche où il se fabrique des draps très-fins, façon d’Angleterre, est très estimée ; mais elle n’est composée que de six ou sept métiers. Les filages sont conduits par des fileurs et des fileuses de Hollande ».

Pendant le XVIIIe siècle, nous trouvons à Pont-de-l’Arche les fonctionnaires civils et militaires ci-après : Farouil de Bondeville, le marquis de St-Pons, Charles-François de Campion, M. Routier et le baron Larchier de Courcelles, gouverneurs, Nicolas Langlois, seigneur de Criquebeuf-la-Campagne, Pierre Le Massif, Dagoumer, lieutenants généraux et particuliers civils et criminels du bailli de Rouen ; Nicolas Le Cornu, lieutenant particulier du bailli de Rouen, Jean Routier, Henri de la Couture du Chien, prêtre-curé de St-Vigor, vicomtes ; Clément Aubert, François Aubert, Housard de la Poterie, présidents en l’élection ; Claude Martin, François Bigot, Jacques Pétion, Adrien Longuet, élus ; Pierre Morin, procureur du roi en l’élection ; Louis de Tesson, contrôleur des grands entrées ; Ducroc de Biville, greffier en chef du bailliage ; Jacques Vallée, greffier en chef aux eaux et forêts ; Le Cordier de Bugenval, receveur des tailles ; Mathieu Cavelet, notaire, receveur au grenier à sel.

Par un édit de 1772, la vicomté fut réunie au bailliage.

En 1784, Pont-de-l’Arche payait 2,326 l. de taille, 1,380 l. d’accessoires et 1,489 l. de capitation.

Les droits de la vicomté de l’Eau de Rouen ayant été acquis en 1718, par le prince de Condé, à titre d’engagement, la famille de ce prince entretint à Pont-de-l’Arche, jusqu’à la Révolution, un agent chargé de la surveillance de ses intérêts dans cette ville.

L’ancien pont bâti du temps de Charles le Chauve, condamné par les ponts-et-chaussées, a disparu le 12 juillet 1856.

L’église de Pont-de-l’Arche remonte au XVe siècle, elle a été bâtie sur l’emplacement d’une plus ancienne, sur un petit mamelon ; elle est remarquable par ses pendentifs, ses fonts baptismaux dont les sculptures sont attribuées à Jean Goujon, par son orgue présent, dit-on, de Henri IV, par son retable à colonnes torses et enfin par ses magnifiques vitraux.

Léproserie. Cet établissement existait en 1259, et se trouve mentionné dans une charte de l’époque ; il est probable que c’est la même maison que le Bel-Air cité en 1265.

Prieuré. Il existait autrefois à Pont-de-l’Arche un prieuré dont les bâtiments ont été convertis en un hospice établi par lettres patentes de 1704.

Bernardines. Ce couvent fut fondé, le 6 décembre 1634, sous le nom de St-Antoine par Antoine de Montenay et Marguerite du Gué, sa femme, qui le dotèrent d’une ferme de 62 acres. Marguerite Cousin paraît en avoir été la première supérieure. Parmi les autres religieuses qui ont résidé dans cette maison, nous citerons : Madame de Bellemare, Marie et Charlotte de Clinchamp, Antoinette de Mornay et Marguerite du Four.

Vers le milieu du XVIIIe siècle, les Bénédictines ayant été transférées à Rouen, faubourg Bouvreuil, vendirent leurs bâtiments de Pont-de-l’Arche à sœur Maire des Anges d’Epinay, pour y établir des Ursulines.

 

Hommes remarquables

Un GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE avait été gardien du trésor de Westminster au moment de la mort de Guillaume le Conquérant.

Un autre GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE devint évêque de Lisieux ; c’est lui fonda les dominicains de cette ville. Se sentant vieux et infirme, il se démit de son évêché, le 6 mars 1250, entre les mains de l’archevêque de Rouen ; cinq mois plus tard, il rendait son âme à Dieu.

GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE, neveu du précédent, était, en 1261, doyen de Lisieux ; vers la fin de sa vie, il se retira dans l’abbaye de Bonport, où il mourut en 1338.

PIERRE MARTIN, moine de Bonport, se distingua dans les concours des Palinods.

PHILIPPE CAVELIER, moine de la même maison, est l’auteur du Tombeau d’Elisabeth de Bigards, abbesse de Fontaine-Guérard.

EUSTACHE-HYACINTHE LANGLOIS, né à Pont-de-l’Arche, le 13 août 1777, fut tout à la fois dessinateur, peintre, grand antiquaire et littérateur de mérite ; il mourut le 20 août 1837.

 

Fiefs :

1er LE BOSC. En 1180, Richard du Bosc devait 20 s. pour une transaction.

Au milieu du XVIIIe siècle, le Bosc était un plein fief, possédé par M. de Boncourt, président au bureau des finances de Rouen, qui l’avait transmis à son fils en 1780 ;

2e JEUCOURT appartenait au XIVe siècle, à une famille de ce nom ; messire Bonneau de Jeucourt, chevalier, vendit son manoir au mois de janvier 1387.

En 1780, M. Langlois de Criquebeuf était seigneur de Jeucourt.

3e LE PARC-ROYAL, appelé vulgairement le fief et manoir du Parc-Royal, relevant du roi, appartenant de 1676 à 1722 au sieur Sorel, dont le fils vendit le 30 juillet 1749 ;

4e SERGENTERIE DE BEDANNE. Ce fief était tombé en garde ès mains du roi, en 1499 ; il appartenait, en 1759, à un Bertrand de St-Jouen, maître des comptes de Rouen, aux droits de sa femme. En 1780, Louise de Boncourt l’avait transmis au sieur de Pontraincourt, son mari, et la même année il fut réuni à Martot.

5e SERGENTERIE DU PLAID-DE-L’EPEE. On a des lettres de Charles V, en date de 1321, pour Thomas de Bos-Guillaume, sergent fieffé du plaid de l’Epée à Pont-de-l’Arche.

Le 28 juillet 1418, Pierre Le Gay fut nommé sergent de Pont-de-l’Arche. Le même jour, le roi étant à Pont-de-l’Arche, accorda à ses chers Pierre Le Hay et David Hallebout, son frère, les héritages de Guillaume Brisquet, qualifié de rebelle, à cause de son attachement à Charles VII.

En 1679, Madeleine Labbé, héritière de Charles, donna aveu au roi de la châtellenie de Martot, de la châtellenie noble de Pont-de-l’Arche etc.

Nicolas Caresme était, en 1702, sergent royal ; il avait pour successeur, en 1712, Thomas Osmont.

Cette sergenterie dut achetée de Etienne Bosquier, par contrat du 23 août 1740, par Pierre Ferté, qui la vendit le 1er décembre 1780, moyennant 1,100 l. à Charles de la Vigne.

 

FORET DE BORD

Cette forêt mérite une mention spéciale, puisque c’est à cause d’elle qu’une maîtrise particulière des eaux et forêts avait été créée au Pont-de-l’Arche.

Vers 1230, Raoul de Criquebeuf et Richard du Val, tenaient dans la forêt de Bord, 3 vergées et ¾ de vergée pour 12 s. 9 d. de rente ; un sieur Gautier qui les mesura, eut un repas de 30 convives, qui coûta 30 s.

En 1327, Jean de Commeny, Jean de Vilaines, Jean de Guinemaut et Gaufroy Le Grieu étaient gardes en la forêt de Bord.

Le roi d’Angleterre étant à Pont-de-l’Arche, en 1418, donna l’office de verdier de la forêt de Bord, à Etienne Louvel, et nomma sergents de cette même forêt, Robin Le Tailleur, Jean Aubrée, Thomas Foucault et Simon de Daubeuf.

L’année suivante, Robert Donneux fut nommé par Henri V à une sergenterie de la forêt de Bord.

Le 20 novembre 1450, Jehan Farouil, esc., verdier, donna quittance de 20 l. 4 s.

Guillaume Adam fut nommé sergent de la forêt en 1471.

Vers 1508, le procureur du roi de Pont-de-l’Arche fit dresser une nouvelle carte de la forêt de Bord ; on lui présenta une demi douzaine de lapins, estimés 45 s. parce qu’il faisait un banquet. Le repas eut lieu à l’hôtel de la Tête noire.

En 1613, Jean Le Tellier, sieur des Hauguettes, était maître particulier aux Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Louis de la Faye était lieutenant.

Me Jean Boquet, maître particulier des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche, avait épousé une fille de Pierre Le Guerchois, avec lequel il plaidait au Parlement, en 1614.

Le 18 décembre 1641, le greffe de la maîtrise des Eaux et Forêts, et l’office du greffier alternatif, furent adjugés à Claude de Lux. Pierre de Marbeuf était maître des Eaux et Forêts. Le sieur Groult était procureur du roi.

En 1612, le duc d’Elbeuf et ses hoirs furent gratifiés par le roi, de la jouissance pendant 20 ans, de ce qui revenait à sa Majesté, dans les ventes et coupes ordinaires des forêts de la Londe, Pont-de-l’Arche, etc.

En 1679, la forêt de Bord se divisait en : garde de Criquebeuf, 3 triages, garde de Testeley, 2 triages, garde du Vaudreuil, 3 triages, garde du Béquet, 4 triages, et garde de Pont-de-l’Arche, etc.

Pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, nous signalerons, parmi les officiers de la maîtrise, Nicolas Vallée, Bachelet de Lux, Pierre du Val, lieutenants particuliers ; Dorange, Cousin, et Sébastien Dubosc, lieutenants généraux ; le sieur de Maillé, contrôleur, Jean Routier et Louis Boursault, receveurs ; Pierre Marchand, Guyon du Hardel, sergents de la forêt.

Romain Boutry était, en 1730, garde général de la maîtrise des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Clude Pâris avait l’office de procureur du roi de la maîtrise ; Louis-Jean-Baptiste Lancelevé, occupait cette dernière fonction en 1776.

 

PONT-DE-L’ARCHE, ch.-l. de cant., arrond. de Louviers, sur la seine.- Sol : alluvions contemporaines, diluvium et craie blanche. – St. de ch. de fer de Paris à Rouen et de Gisors à Pont-de-l’Arche. – R. nat. n° 154 d’Orléans à Rouen, n° 182, de Mantes à Rouen. - R. dép. n° 12 de Bourgtheroulde à Gournay. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche au Neubourg. – Ch. d’int. com. n° 43 de Pont-de-l’Arche à N.D.-du-Vaudreuil. – 4 cont. 11,950 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 9,005 fr. – Surf. terr. 953 hect. – pop. 1,640 hab. - ? – Percep. – Rec. cont. ind. – Télég. – paroisse, cure, presbyt. – Ecole spéc. de 162 garç.- Ecole spéc. de 172 filles. – 2 maisons d’école. – 1 juge de paix avec son greffier. – 1 recev. d’enregist. – 1 notaire. – 2 huissiers. – 1 garde général des Eaux et Forêts. – Hospice de 22 lits. – Bur. de bienf. – 12 perm. de chasse. – 21 déb. de boisson. – Force pub., 1 brig. de gend. – 1 comp. de 43 sap.-pomp. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. 33, d’arr. 9.

Dépendances : LE BON AIR, BONPORT, LA BORDE.

Agriculture : Céréales.

Industrie : 1 fabrique de chaussons.

Patentés : 112. 

 

Notes

Il était vicomte en 1646.

Notes Le Prévost, t. 2, p. 581, voir Lettres du cardinal.

Courrier de la Fronde.

Celui-ci fut condamné pour insulte à un fabricant de chandelle, à 1000 l. d’amende, réduite à 500 l..

Notes Le Prévost, t. 2, p. 587.

Léop. Delisle.

Ces offices avaient été créés par édit de 1639.

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...