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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:53

Charpillon, Louis-E., Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes

du département de l’EureLes Andelys : Delcroix, 1868, 960 p. Tome II, p. 669 à 672.  

 

 Abbaye de Bonport

 

P1180961

 

          La légende rapporte que Richard Cœur-de-Lion, emporté par l’ardeur de la chasse, se jeta à la nage dans la Seine à la poursuite d’un cerf, et qu’étant sur le point de se noyer il fit vœu de fonder une abbaye sur les bords du fleuve.  

         Richard parvint à terre dans un endroit appelé Maresdans, auquel il donna le nom de Bonport, où il fit construire une abbaye dédiée à Notre-Dame.  

         Le roi y appela des religieux de l’ordre de Cîteaux et les dota généreusement.  

         1er abbé. CLEMENT fut choisi comme abbé de Bonport, en 1190, lors de la fondation de la maison. 

         Par la charte de fondation rédigée, cette même année, Richard, roi d’Angleterre, donna aux religieux dix charruées de terre dans la forêt de Bord, et il les affranchit de tout droits de coutume. Anselle de l’Isle et Gachon de Poissy leur accordèrent le passage libre pour toute chose à leur usage sur leurs terres ; Mathieu de Montmorency fit remise de tous droits de coutume pour les achats qui seraient faits par les religieux sur les terres de Marly et de Meulan ; le comte de Beaumont, Guy et Pierre Mauvoisin, Robert et Galeran de Meulan se montrèrent également généreux envers l’abbaye naissante.  

         En 1197, Robert, comte de Meulan, donna aux moines de Bonport quatre arpents de vigne, entre Vaux et la Seine.  

         Au commencement du XIIIe siècle, Jean sans Terre affranchit l’abbaye de tous droits de coutumes et la prend sous sa sauvegarde ; Philippe-Auguste, à son tour, confirma, en 1204, tous les biens des religieux.  

         Luc, évêque d’Evreux, reconnut en 1206, que Bonport avait droit de sèche moute sur les hommes de Poses ; la même année, le pape Innocent III met sous la protection du St-Siège le monastère de Bonport, dont il confirma toutes les libertés, immunités et privilèges, de plus, il enjoignit aux prélats de Normandie d’excommunier les violateurs des privilèges de Bonport.  

         En 1209, Philippe-Auguste permit aux religieux de moudre au moulin de Pont-de-l’Arche le mercredi de chaque semaine, puis il échangea ce droit contre le septième du revenu de ce moulin ; enfin il les affranchit de tous droits de coutume à Pont-de-l’Arche. 

      Parmi les bienfaiteurs de Bonport à cette époque, nous citerons encore Tatin, seigneur de Pinterville et Robert de Courtenay.  

         2e abbé. GERARD remplaça Clément, vers 1218, il vivait encore en 1226 ; de son temps, Nicolas de Montaigne, Jean de St.-Cande, Richard Bourdon, Robert de Longueville, Simon Sorel, chevaliers, Guillaume de Mauquenchy et Guillaume Saillant se signalèrent par leurs libéralités.  

         Le roi Louis VIII permit aux moines de faire venir jusqu’à cent tonneaux de vin pour leur usage, francs de tous péages et droits.  

         3 abbé. PIERRE 1er dut succéder à Gérard vers 1227 ; mais il occupa peu de temps le siège abbatial.  

         4e abbé. PIERRE II fut élu vers 1228 ; Guilbert de l’Abbaye lui vendit 30 s. de rente à la St-Michel ; l’année suivante, Emma, femme du seigneur de Criquebeuf, donna aux religieux trois vergées de terre à Caudebec, Guillaume Graverend confirma la donation de trois setiers de vin faite par son père, qu’il convertit en une rente de 4 s. En 1232, Jean 1er de Tournebu donna une rente de huit boisseaux de froment et une autre de 5 s.  

       5e abbé. GERMOND était, vers 1235, abbé de Bonport ; cette même année, Guillaume de Léry, Simon Bonard, Nicolas du Mesnil Mauger, le Coq, Rabel de Muids, Eustache de Dreux firent différentes donations à l’abbaye de Bonport.  

         En 1244, eut lieu la dédicace de l’église l’abbaye de Bonport ; à cette occasion, le pape Innocent IV accorda vingt jours d’indulgence aux personnes qui visiteraient l’église de N.-D. de Bonport.  

          6e abbé. ROBERT Ier avait remplacé Germond, en 1247. De son temps, St Louis prit sous sa sauvegarde royale l’abbaye et les religieux, et il leur confirma, en 1246, l’endroit où il était construit, avec ses dépendances, les dîmes de Criquebeuf, de Maresdans, etc. le moulin de Poses, les maisons de Rouen, les vignes de Dol, une rente de 100 marcs d’argent à Dieppe, 20 charruées de terre, le droit dans l’eau de Seine depuis Pont-de-l’Arche jusqu’à Muids, avec les pêcheries, etc., les pré du Vaudreuil, de Louviers, du Havre, etc., le moulin de Landemare, etc.  

         Le 16 février de l’année suivante, S. Louis donna aux religieux de Bonport, pour les indemniser des défrichements opérés dans la forêt de Bord, 100 acres de terre à côté de la propriété  qu’ils tenaient de Richard Cœur-de-Lion, plus 7 muids, 16 setiers et une mine de blé.  

         8e abbé. BLAISE aurait succédé à Robert Ier[1], c’est tout ce que nous savons de lui.  

      9e abbé. ROBERT II remplaça Blaise. Sous son administration, Samson du Grouchet, Guillaume Le Duc, François de Mont-Berger, Nicolas Toustain du Hamel, Raoul Sandbreuil, Nicolas Chefdeville, Guillaume du Bec, Henri d’Oissel, Guillaume Legras, Jean Leblanc.       

        En 1259, S. Louis donna à ferme aux moines de Bonport, pour 25 l. 10 s. de rente, 19 charretées de foin, qu’il prenait chaque année dans la prairie du Vaudreuil. 

         10e abbé. NICOLAS 1er fut consacré par l’archevêque Eudes Rigaud, le 3 décembre 1262.  

         Les religieux avaient, en 1272, à Pont-Audemer, un manoir, dont les habitants étaient exempts de taille. La même année, le comte de Meulan confirma tous leurs privilèges.  

         11e abbé. RICHARD est cité comme abbé de Bonport, à la date de 1276 ; jusqu’à la fin du XIIIe siècle, de nombreuses donations furent encore faites à cette maison.  

         Par une charte du 23 juin 1296, Jeanne de Fontenay, dame de Vaux et de Maubuisson, épouse de Robert de la Roche-Guyon, donna à l’abbaye de Bonport, 100 s. parisis de rente, à prendre sur le fief de Groslay.  

            12e abbé. JEAN 1er succéda à Richard, au commencement du XIVe siècle.  

13e abbé. GUILLAUME 1er avait remplacé Jean, en 1314 ; il plaidait, en 1321, avec l’archevêque de Rouen, au sujet du droit d’usage, qu’il réclamait dans la forêt de Louviers.  

14e année. SIMON DE LOUVIERS succéda à Guillaume, en 1327. Charles le Bel donna au couvent, cette même année, 6 s. de rente, à prendre sur un gord, sis à Port-joie ; il avait donné, en 1324, le tiers et danger de 21 acres, à Boisguillaume-lès-Rouen.  

Les religieux plaidaient à l’Echiquier de 1328, avec l’archevêque, au sujet de leurs droits dans la forêt de Louviers.  

15e abbé. NICOLAS II, successeur de Simon, nous est peu connu ; c’est de son temps, en 1352, que le roi Jean, et Charles le Mauvais, se réunirent à Bonport, pour chercher à traiter de la paix entre eux.  

16e abbé. JEAN II DE ST-MELAINE était à la tête de l’abbaye, en 1361, époque à laquelle l’archevêque-cardinal de Luxembourg lui intenta un procès à l’Echiquier, pour usurpation de ses fonctions.  

17e abbé. GUICHARD, nommé en 1383, reçut du roi Charles VI, en 1387, une somme de 500 l. d’or, pour reconstruire le cloître, détruit pendant le guerre[2].  

L’église dut également reconstruite à cette époque ; on lui donna la forme d’une croix latine.  

Pierre de la Heuse, seigneur d’Ardouval, d’Eavy, etc., donna en 1388, 10 s. de rente à Bonport[3].  

Le 26 janvier 1400, dom Michel, abbé du Val-de-N.-Dame et visiteur de l’abbaye de Bonport, approuva une charte de Guichard, abbé de ce monastère. 

Renier de Rouville, et Jeanne de Poissy, sa femme, firent différentes donations à Bonport, au commencement du XVe siècle.  

L’obituaire de l’abbaye, commencé en 1409, constate la fondation d’une chapelle la même année.  

18e abbé. PIERRE III BARBITI avait remplacé Guichard en 1412 ; Henri V, roi d’Angleterre, étant à Bonport, non-seulement rendit à l’abbaye ses domaines, mais encore lui accorda un sauf-conduit pour les religieux du couvent, pour leurs serviteurs et leurs hommes.  

19e abbé. JEA N III HAMON. Vers 1429, Nicolas Pointel, receveur pour les archevêques, Louis d’Harcourt et de la Roche-Taillée, certifie avoir payé chaque année par leur ordre aux religieux de Bonport, 226 l. 13 s. 4 d. pour cause de 100 marcs d’argent que ces religieux prétendaient avoir droit de recevoir tous les ans sur le revenu de Dieppe.  

20e abbé. GUILLAUME II L’ENFANT, évêque de Chrysopole, dut succéder à Jean III, vers 1449 ; cette même année, les envoyés des rois de France et d’Angleterre se réunirent à Bonport, pour traiter de la paix, mais sans résultat.  

En 1466, l’abbé Guillaume donna quittance  de 100 l. sur le comte de Boulogne ; il assistait à l’Echiquier de 1474 ; il mourut vers 1480 et fut inhumé devant le Christ.  

21e abbé. JEAN-BAPTISTE DE CRIQUETOT, docteur en théologie, vicaire général de l’abbé de Cîteaux, fut le successeur de Guillaume II.  

En, 1506, Jean, abbé de Bonport, fut nommé par Georges d’Amboise, avec Guillaume Fédeau, pour terminer le procès entre les religieux de St-Wandrille, qui avaient nommé pour abbé, Jacques Hommet et François, cardinal de St-Adrien, archevêque de Clermont, nommé abbé par le pape Jules II.  

22e abbé. JEAN IV SANGUIN, moine de Bonport, devint abbé de Mortemer, en 1516, puis il occupa la même dignité à Bonport, à partir de 1520.  

23e abbé. NOEL MAUDUIT fut porté au siège abbatial de Bonport, en 1536 ; l’année suivante, il donna 50 l. à la confrérie de N.-D. de mi-août de Gisors ; il blasonnait : parti de France, au 2 de gueules à 3 léopards d’or.  

Le 12 avril 1539, avis de la mort de l’abbé Noël, fut porté en poste à Vigny.  

24e abbé. JACQUES D’ANNEBAUT, évêque de Lisieux, eut en commande, en 1543, les abbayes de Bonport et de St-Taurin ; il accompagna, en 1550, François 1er dans un voyage à Etrépagny, et il mourut en 1559.  

25e abbé. HENRI DE CLERMONT succéda, en 1558, à Jacques d’Annebaut. De son temps, dom Jean Dupuis était prieur claustral, Louis Tissot, sous-prieur, Jean Leclerc, portier, Guillaume Hamelin, sacristain, Antoine Parmer, chantre ; on comptait en outre, 12 religieux dans le monastère de Bonport.  

26e abbé. FRANçOIS DE BOULLIERS, abbé de Bonport, présentait à la cure de Crestot, en 1575 ; trois ans après, Henri III confirma les titres de fondation de Bonport, en reproduisant les chartes de Philippe-Auguste et S. louis.  

L’abbé présenta un aveu au roi, du temporel de l’abbaye, le 23 octobre 1581 ; il avait, en 1587, le titre d’évêque de Fréjus.  

Boulliers : d’argent au chef de gueules à la bordure componée de Naples et de Jérusalem.  

27e abbé. PHILIPPE DESPORTES remplaça François de Boulliers en 1587. Cette même année, le roi lui fit remise des levées extraordinaires, imposées sur les abbayes de Tiron, Josaphat, Bonport et Vaux-de-Cernay. 

En 1595, Philippe Desportes avait les deux abbayes de Bonport et de Tiron.  

Henri III et Henri IV lui témoignèrent tous deux beaucoup d’affection ; c’était un poète latin d’un grand mérite ; ses œuvres furent imprimées en 1579 et en 1583 ; il mourut à Bonport le 5 octobre 1606.  

28e abbé. LEBLANC DU ROLLET est compté au nombre des abbés de Bonport, pour voir joui quelques temps, à partir de 1590, des revenus de l’abbaye, au détriment de Philippe Desportes.  

29e abbé. HENRI DE BOURBON, évêque de Metz, était pourvu, en 1613, de l’abbaye de Bonport ; il fut nommé duc de Verneuil, en 1652, ambassadeur en Angleterre ; il finit par se marier, et il se démit de tous ses bénéfices.  

En 1666, les religieux de Bonport furent déchus de tous les droits qu’ils réclamaient dans la forêt de Bord, et furent de plus, condamnés à 500 l. d’amende et à la restitution des arbres coupés par eux.  

Un sieur Boulard, qui s’était retiré à Bonport pour prendre l’habit religieux, étant tombé malade, envoya chercher Denis, tabellion à Rouen, pour recevoir son testament. A la mort du testateur, ce contrat fut cassé, parce que le notaire n’avait pas qualité pour le recevoir[4].  

30e abbé. JEAN CASIMIR, roi de Pologne, comte de Clermont, âgé de trois ans, avait en 1673, la commende de l’abbaye de Bonport.  

31e abbé. LOUIS-HENRI DE BOURBON, comte de la Marche, âgé de deux ans, fut pourvu de Bonport en même temps que son frère.  

Ces deux enfants, morts en bas-âge, ont marqué leur passage par des travaux importants, faits en leur nom à l’abbaye.  

32e abbé. EMMANUEL-THEODOSE DE LA TOUR D’AUVERGNE, âgé de neuf ans, eut l’abbaye de Bonport en 1677 ; à la mort de son frère aîné, en 1692, il fut sécularisé et se maria.  

33e abbé. LOUIS COLBERT, pourvu de la commende de Bonport en 1692, quitta l’habit religieux en 1693, et devint capitaine-lieutenant des gendarmes Bourguignons. Pendant son administration, l’abbaye fut dépouillée de 80 manuscrits précieux au profit de la bibliothèque du grand Colbert.  

34 abbé. MELCHIOR, qui devint plus tard cardinal de Polignac, obtint la commende de Bonport en 1693 ; après avoir rempli plusieurs fonctions éminentes, il fut exilé dans son abbaye, où il composa son poème latin si estimé : L’Anti Lucrèce[5].  

35e abbé. GILBERT DE CHABANNES obtint l’abbaye de Bonport en 1745 ; il était alors vicaire général de Langres ; il fut député à l’Assemblée générale du clergé. Il vendit, en 1748, au président Portail, le fief de Bonport à Léry. Il mourut à l’âge de 77 ans, le 9 juin 1779.  

Cette dernière année, l’abbaye fut mise en économat.  

36e abbé. FRANCOIS DE BONNAL, évêque de Clermont, obtint, en 1780, l’abbaye de Bonport, qui lui produisait 18,000 l. de rente, et qu’il conserva jusqu’à la révolution de 1789.  

Une partie des bâtiments de l’abbaye est encore debout, et mérite, à juste titre l’attention de tous les archéologues[6]

 


[1] Neustria Pia

[2] Notes Le Prévost

[3] Hist. D’Harcourt

[4] Commentaire sur la coutume de Normandie

[5] Notes Le Prévost, t. 2, p. 591

[6] M. J. Andrieux a publié, en 1872, le Cartulaire de l’abbaye de N.D. de Bon-Port, précédé d’une savante introduction historique.

 

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Abbaye de Bonport Charpillon
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...