Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:47

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 398-399.  

 

IGOVILLE  

 

Paroisse des : Doy. de Periers. – Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Dioc. et Gén. de Rouen. 

La paroisse dédiée à saint Pierre a été formée au moyen d’un démembrement de celle de Pîtres ; le trésorier de la cathédrale de Rouen présentait à la cure. 

Le 17 juillet 1198, Richard Cœur de Lion étant au château Gaillard, donne aux moines de Saint-Ouen, le village de Poses, en échange de Limaye, près Pont-de-l’Arche, l’étang de Martainville et la dîme des moulins de Rouen. 

Vers 1245, Igoville contenait 117 paroissiens, le revenu de la cure s’élevait à 36 l. Jean de l Champagne, chanoine de Rouen, était patron ; le curé d’alors avait été présenté par Henri d’Andely, prédécesseur de ce chanoine dans la prébende[1].  

Jean de Poissy était, vers 1260, seigneur de Gouy, les Authieux, Sotteville, Igoville, etc….[2]. À la même date, un sieur Roger, dit Simon de Limaye, de la paroisse Saint-Pierre d’Igoville faisait une vente à Abraham, bourgeois de Pont-de-l’Arche. 

En 1289, le prieuré du Mont-aux-Malades donna en échange, à Laurent le Chambellan un fief de haubert, sis à Sotteville et Igoville dit : le Fief aux Malades.  

À la même époque, le forestier des moines de Saint-Ouen, à Sotteville-sous-le-Val, avait la moitié du pain fetis recueilli à Noël dans la paroisse d’Igoville, la moitié des œufs, à Pâques et des gerbes en septembre[3].  

Laurent le Chambellan mourut en 1304 et fut inhumé dans l’église du Mont-aux-Malades ; sa fille unique Lucie avait épousé Pierre de Poissy, auquel elle porta le fief aux Malades dont elle hérita à la mort de son père.  

Jean de Poissy, leur fils, obtint en 1323 la confirmation de la charte de Odon de Malpalu, grand panetier de Normandie.  

En 1470, le trésorier de la cathédrale de Rouen confère les cures d’Igoville et de Sotteville-sous-le-Val[4].  

Au commencement du XVIIe siècle, Barthélemy Selles tenait le fief aux Malades, situé sur Sotteville et Igoville, qu’il vendit le 27 mai 1621 à Jean Le Cornu, esc., seigneur de Bimorel, conseiller au Parlement de Rouen et commissionnaire aux requêtes du palais.  

Jean Le Cornu, marié à Madeleine Restout, mourut le 18 janvier 1641, laissant entre autres enfants : François, Laurent, Nicolas, etc. ; il fut inhumé à Sainte-Croix-Saint-Ouen.  

Il y avait à Igoville, en 1647, une confrérie de la Saint-Vierge et une autre de Saint-Pierre et Saint-Paul.

Laurent Le Cornu, deuxième fils de Jean, sieur d’Igoville, trésorier de France à Rouen, donna tant à l’hôpital qu’à l’Hôtel-dieu et à d’autres maisons pieuses, plus de 100,000 écus, en sorte qu’il est regardé à Rouen comme le père des pauvres[5] ; il vendit le fief aux Malades à Barthélemy Boivin, sieur de Bonnetot, conseiller aux comptes.  

 

Le Cornu : d’argent, à deux fasces de sable.  

Boivin : d’azur à trois croix d’or.  

 

En 1747, la chapelle du manoir de Claude-François d’Esmangard à Igoville fut bénite par M. Esmangard, vicaire général de l’archevêque.  

En 1783, Marie-Françoise Groullard de Torcy, veuve de Henri-Alexandre du Moncel, habitait le château d’Igoville.  

 

Groullard : d’azur à trois château d’or, 2 et 1.  

Du Moncel : d’azur au chevron d’or, accompagné de trois merlettes d’argent.  

 

Alexandre-Marie du Moncel de Torcy épousa Marie-Louise des Marets de Saint-Aubin, qui devint veuve et épousa en secondes noces Jean Firmin, comte de Vieux, dont elle eut Édouard-Marie Firmin, comte de Vieux.  

 

De Vieux : burelé d’argent et d’azur à l’aigle d’azur brochante sur le tour.  

 

Le fief d’Igoville appartenant aux moines de Saint-Ouen, était un membre de la baronnie de ce nom.  

La haute justice d’Igoville fut aliénée en fief en 1706, moyennant une somme de 990 l. ; elle passa successivement dans les mains de François Baudouin, Louis Baudouin ; et du sieur Esmangard.  

Le 26 août 1860, Mme la comtesse de Vieux fut marraine à Igoville d’une cloche que bénit Mgr Devoucoux, évêque d’Évreux ; cette dame et son fils vendirent le domaine d’Igoville le 26 septembre 1872 à Louise-Jeanne-Adélaïde de Clisson, fondatrice de l’orphelinat de Saint-François-Xavier.  

Les débris de l’ancienne forteresse de Pont-de-l’Arche et l’écluse qui occupe une partie de son emplacement, sont compris sur le territoire d’Igoville.  

Le château avait une chapelle dédiée à saint Étienne, à la présentation des chanoines de Cléry[6].   

 

IGOVILLE. – Cant. de Pont-de-l’Arche à 14 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines, alluvium, craie blanche. – St chem. de fer de Pont-de-l’Arche. – R. nat. n° 154 d’Orléans à Rouen. – Surf. terr. 566 hect. – Pop. 432 hab. – 4 cont. 4558 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 2967 fr. – * Percep. et Rec. cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Paroisse. – École mix. de 30 enfants tenue par une religieuse – 11 débits de boissons. – 10 perm. de chasse. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. 36, d’arr. 14, de cant. 2. 

 

Dépendances : Le Fort.  

Agriculture : Céréales, bois.  

Industrie : four à chaux. – 23 patentés.  

 

[1] Notes Le Prévost, p. 274, t. 2.  

[2] Hist. d’Harcourt.  

[3] Dom. Pommeraye, Hist. de la cathédrale de Rouen.  

[4] Dom Pommeraye, Histoire de la cathédrale de Rouen.  

[5] Dom T. Duplessis.  

[6] Notes, Le Prévost, t. 2, p. 275. 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Partager cet article

Repost 0
Published by Armand Launay - dans Igoville
commenter cet article

commentaires

  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Vos commentaires et messages sont aussi les bienvenus ! Pour utiliser mes travaux, contactez-moi;-)
  • Contact

Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...