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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:29

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire Historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : éditions Delcroix, 1868, 960 pages.

      les.damps3

 

 

LES DAMPS   

 

Paroisse des, vic. Élec. de Pont-de-l’Arche. - Dioc., bail., parl. et gén. de Rouen.  

Les médailles romaines et les restes de constructions antiques trouvés aux Damps, ont supposer à M. Rever qu’il fallait y placer la station d’Uggade, indiquée par les itinéraires entre Rouen et Evreux ; il paraît en effet que cette ancienne ville gauloise s’étendait sur la rive de la Seine depuis Caudebec jusqu’aux Damps.  

Au reste, Les Damps, heureusement placés sur la Seine, au confluent de l’Eure, avaient autrefois un port sur le grand fleuve, déjà célébré du temps des Romains. Il s’y livra en 896, entre les pirates du Nord et les Français, un combat dont le récit se trouve dans Guillaume de Jumièges [1]. "Rollon, dit-il, s’étant emparé de Rouen, méditait la ruine de Paris. Lui et les siens détachant alors leurs navires sillonnèrent les flots de la Seine et vinrent s’arrêter aux Damps, que l’on appelle aussi Arches [2]. Renaud, généralissime des troupes françaises, ayant appris l’arrivée des païens, se porta au devant d’eux, sur le fleuve de l’Eure, avec une vaillante armée, et envoya en avant, avec d’autres députés, Hastings, qui habitait Chartres et qui connaissait leur langage ; il vint à eux en suivant le cours de la rivière d’Eure". "Il leur demanda ce qu’il voulaient ; Rollon répondit qu’ils ne voulaient se soumettre à personne, mais se rendre maîtres de tout ce qu’ils pourraient conquérir".  

"Hastings alla porter cette réponse au chef français. Pendant ce temps, Rollon et ses Normands se firent des retranchements et une redoute en forme de château ; ils se fortifièrent derrière une levée de terre en laissant au lieu de porte un vaste espace ouvert".  

"A la pointe du jour, les Francs se rendirent à l’église Saint-Germain de Louviers [3], entendirent la messe, participèrent au corps et au sang du Christ. Partant de là, ils perçurent bientôt sur les rives du fleuve les vaisseaux des pirates, et ceux-ci cachés derrière leurs retranchements. L’attaque a lieu sur-le-champ ; mais les Normands, cachés et recouverts de leurs boucliers, se relèvent. Roland, porte enseigne du général des Francs, s’élance avec ardeur ; il est tué au premier choc. Sa mort entraîne la fuite des assaillants, et Rollon peut ensuite sans obstacle lever son camp des Damps et s’avancer sur la Seine jusqu’à Meulan".  

Lorsque les Normands se furent fixés dans le pays, Les Damps firent partie du domaine ducal. Il y existait surtout des pêcheries importantes. Vers 1020, Richard II donna aux moines de Saint-Père 8 seines [4] dont deux dans le port des Dancs, deux à Elbeuf etc. En 1023, il donna également aux moines de Fécamp des pêcheries aux Damps. L’année suivante, il gratifiait l’abbaye de Jumièges, de l’église des Damps et de trois hôtes ou fermiers ? Cette dernière libéralité fut confirmée par le roi Henri II en 1174.  

Hervé des Dans figure dans le compte du receveur de la baillie du Vaudreuil en 1180, pour une amende de 10 s. pour vin survendu. En avril 1232, Godefroy des Dans, clerc, vendit à Robert, fils de Richard, de Léry, un héritage à Léry, relevant du fief de la Senne, pour le tenir à l’avenir de l’abbaye de Bonport.  

Une charte de Simon Bonard, de 1235, fait mention d’un chemin allant de Léry aux Damps.  

Au mois de mars 1248, une femme nommée Philippe des Dans, acheta de Jean Rigneut, du Pont-de-l’Arche, une pièce de terre, moyennant 60 s. t.  

On trouve dans divers actes de vente de 1259, 1261 et 1281, les noms de Guillaume Cornard, Jehan Lemoine, Sylvestre Porsonnier, Richard Lestoré, Etienne Legallois, Sylvestre des Dans, Vivien des Dans et autres, tous habitants de la paroisse.  

André des Dans afferma, le 20 août 1284, une pièce de terre à Regnault d’Ybermens, pour 6 s. de rente ; l’année suivante, il vendit aux religieux de Bonport 5 s. de rente qu’il avait sur un pré à Léry, moyennant 40 s. de monnaie courante.  

En 1303, les pêcheurs des Damps et de Limaye (Lormais, à l’article de Léry) pouvaient pêcher dans toute la garenne de Léry lorsque la Seine était débordée [5].  

En mai 1331, Philippe le Bel donnait à Etienne de la Chapelle, son cuisinier, des héritages assis aux Damps, à Léry, et dans les environs, qui avaient été confisqués sur Robert de Gasny, pendu pour ses démérites. Il se trouve que ce domaine de Léry appartenait alors à Blanche de France, fille de Philippe le Long, qui en avait hérité de sa mère Blanche de Bourgogne, morte en 1330. Cette princesse prétendit que les biens du supplicié lui appartenaient par échoite, et avec l’approbation de sa famille, elle les donna à deux religieuses de Longchamps ; mais Guillaume de la Chapelle, fils d’Eustache, fit une vigoureuse résistance en s’appuyant sur la donation faite à son père. Le roi intervint par lettre de juillet 1335 et ordonna l’exécution d’une décision de ses gens de comptes, qui avaient adjugé les héritages à Blanche de France. Laurent des Damps est cité sans la lettre de Philippe de Valois dont nous venons de parler.  

La paroisse des Damps avait dans la forêt de Bord des droits importants dont on trouve l’énumération dans le coutumier des forêts, rédigé vers 1401, puis dans deux actes subséquents de 1424, 1445 et enfin dans un arrêt du Conseil de 1673, déposé aux Archives de l’Eure [6].  

Henri VI, roi d’Angleterre, confirma aux religieuses de Longchamps, le 20 février 1434, les biens qu’elles possédaient aux Damps et dans les environs [7].

         On trouve aux Damps, en 1612, N.H. Gratien de la Faye, membre d’une famille distinguée qui est restée pendant plusieurs siècles dans les environs de Pont-de-l’Arche. Adrien de la Faye, fils de Nicolas et de Marguerite de Farouil, habitait Les Damps lorsqu’il fut maintenu de noblesse en 1666. Il faut en dire autant d’Antoine de Héris, qui paraît avoir eu la seigneurie du Mesnil de Poses.  

La Faye : de gueules, à la fasce d’or, accompagnée en chef d’une croix fleuronnée et en pointe d’une tour, le tout d’or.  

Héris : d’argent, à la bande azur, chargé de trois mollettes d’or, à la bordure en greslée de gueules.  

Le 22 juillet 1681, une ordonnance de Louis XIV permettait aux Damps la culture du tabac, mais les plantations ayant été détruites, un arrêt du Conseil du 9 août 1723 accorda aux habitants des Damps une diminution de 395 l. sur leurs tailles.  

         Le bac de l’hôtellerie de la Maison Rouge à la garenne et aux Damps appartenait au seigneur de Rouville, qui le donnait à ferme avec l’hôtellerie et le droit de pièce du fief de la Bosse, servant à attacher les bateaux montants et avalants [8].  

D’après un aveu du président Portail, châtelain du Vaudreuil, l’église et le Manoir des Damps faisaient partie de son domaine fieffé.  

 

Fief

La Barre des Damps.

De 1206 à 1238, on voit figurer dans les chartes de Bonport, soit comme vendeur, soit comme témoin, un Guillaume Barre ou de la Barre, qui était de Léry, et qui pouvait tirer son nom de la Barre des Damps.  

Robert Roudart et une femme nommée Philippe Goujon, en raison des terres sises à la Barre des Damps et dans le voisinage devaient porter à l’abbaye de Saint-Ouen tout le poisson qu’ils prenaient, depuis Crémonville jusqu’à l’embouchure de l’Eure (la veille de la Saint Ouen).  

Le 7 janvier 1682, Pierre de Lux, esc., sieur de la Barre, demeurait en la paroisse des Damps.  

Lux : écartelé : au 1 d’or, à trois pals de gueules ; au 2 d’azur à la tête de Licorne d’argent ; au 3 d’azur, à l’aigle déployé d’argent ; au 4 de gueules, au léopard couronné d’or.  

 

En 1743, Nicolas Grospoisson, arpenteur, était syndic des Damps [9].  

 

Les Damps, cant. de Pont-de-l’Arche, au confluent de la Seine et de l’Eure, bac à voitures sur l’Eure, à 12 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines – Surf. Terr., 474 hect. – Pop., 281 hab. – 4 contrib., 2,216 f. en ppal. – Réunion pour le culte et l’inst. à Pont-de-l’Arche. Bur. de Bienf. – 4 déb. de boisson. – 2 perm. de chasse. – Dist. au ch.-l. de dép., 35 ; d’arr., 12 ; de cant., 2. 

 

Dépendances : Le Fort-Buisson, Le Val.  

Agriculture : céréales, plantes sarclées.  

Industrie : néant. – 6 patentés.

 

 

 

[1] Ce combat paraît avoir été confondu.  

[2] Pont-de-l’Arche aurait donc été établi sur le territoire des Damps, qui s’étendait jusqu’à Bonport et Criquebeuf-sur-Seine.  

[3] Sur Louviers…  

[4] Filets de pêche.  

[5] Vicomté de l’eau, page 140. Notes Le Prévost.

[6] Notes Le Prévost. On a vu comment ces dames avaient obtenus ces biens provenant de la forfaiture de Robert de Gasny.

[7] On a vu comment ces dames avaient obtenus ces biens provenant de la forfaiture de Robert de Gasny. M. de Beaurepaire, Vicomté de l’Eau.

[8] M. de Beaurepaire, vicomté de l’Eau .

[9] Vaudreuil, page 196.

 

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Les Damps Charpillon
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...