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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 10:20

 

Sur la route de Rouen, après le pont, les plus observateurs auront remarqué une cheminée en brique. Située au n° 12 de la rue du Canal, à Igoville, cette propriété privée témoigne de l’existence de l’usine électrique de Pont-de-l’Arche…

 

Fondée par Adrien Gascon en 1894, la Société normande d’électricité alimenta Pont-de-l’Arche et sa proche région en électricité depuis ses locaux de la rive droite de la Seine. Il semble qu’Adrien Gascon fut aidé par le marquis de Cairon, maire d’Alizay qui habitait le manoir de la Motte (actuelle mairie). L’expansion de la première usine électrique locale nécessita la création d’un second local plus vaste et lumineux (voir notre photo) et le premier bâtiment en brique fut transformé depuis en style « vieux normand ».

C’est Marcel Gaubert qui reprit cette usine en 1909. Il commanda aussitôt un nouveau moteur à gaz suisse qui arriva durant les inondations de février 1910 où 20 cm d’eaux étaient entrés dans le local (voir plaque). Mobilisé durant la Grande guerre, M. Gaubert fut remplacé par son contremaitre, M. Hémard. Marcel Gaubert rentra du front et se maria en 1919, quelques mois avant la naissance de son fils Jacques Lachner-Gaubert. En ce temps, la Société normande d’électricité s’arrêtait de produire durant la nuit. Elle achetait donc du courant à la Société andelysienne d’électricité (SAE) et le transformait en courant alternatif.

La centrale de Pont-de-l’Arche compta jusqu’à sept moteurs dont deux de marque Caterpillar. Elle fournissait la ville de Pont-de-l'Arche et notamment l'industrie de la chaussure hormis les établissements de  Paul Nion et ses fils de Georges Prieur, faisant leur propre courant, et MARCO, se fournissant à la SAE. Les habitants de Pont-de-l’Arche n’avaient presque pas d’électricité quand les usines tournaient. Certains se souviennent d’avoir « à peine un lumignon » qui éclairait la cuisine le soir. Il fallait attendre la fermeture des usines pour y voir clair ! Jacques, le fils de Marcel, apprit son métier à l’école professionnelle de Rouen (Blaise-Pascal). Il travailla à l’usine de son père à partir de 1938.

Quatre personnes travaillaient alors pour Marcel Gaubert en 1939 quand éclata la guerre. Ce dernier fut mobilisé et emprisonné 5 ans en Autriche. La centrale fut affectée par la guerre et dut racheter le courant à la SAE. A la Libération, l’énergie électrique fut nationalisée. L’usine de Pont-de-l’Arche ferma ses portes. Jacques Lachner-Gaubert intégra le personnel d’EDF en 1948. Il travailla à Louviers jusqu’en 1975.

Aujourd’hui, dans ses locaux au charme d’antan, Jacques témoigne de la course folle qu’a connue notre société plus d’un siècle, de révolution technique en révolution technique. Il nous a permis de lever le mystère sur ce bâtiment qui a compté dans l’histoire locale en nous l’en remercions vivement !

 

Publié initialement dans Pont-de-l’Arche magazine n° 13 (automne 2011)

 

Usine-electrique.JPG 

Jacques Lachner-Gaubert, témoin fidèle de la vie de l’ancienne usine électrique de Pont-de-l’Arche.

 

Sources

Registre des délibérations du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche

Divers courriers d’époque

 

 

A lire aussi... 

L'écluse de Limaie

Les faïenciers Lambert 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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commentaires

Vinsareva 03/04/2013 11:00


Je savais qu'il y avait eu une usine d'électricité à PDA mais je ne connaissais pas son histoire.

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...