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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:48

 

La rue des Soupirs est située le long du parc de la mairie. Nous avons noté déjà dans cette rue deux éléments de patrimoine : un mur en bauge et des stigmates de bombardements de 1944Ce nom intrigue, de quels soupirs est-il question ?

 

P1110178.JPG

 

Le plus ancien document, que nous ayons retrouvé, qui note le nom de rue des Soupirs date de 1917. Il questionnne une rue des Soupirs du camp aux Anglais.

Nous nous plaisons à relier ces soupirs aux noms de lieux, près des villes, qui font joliment référence aux herbes folles où folâtraient les amoureux : le Bel ébat à Evreux, la Côte des amoureux à Louviers et la Côte d’amour à Pont-de-l’Arche... Pour ne citer qu'elles.  

Lucien Barbe, auteur du Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et environ, nous apprend que la Côte des amoureux, à Louviers donc, était nommée la "Côte à mamours" en dialecte normand. Faire des mamours signifie faire des bisous, des papouilles, des câlins… Ces pratiques expliquent le besoin de se retrancher non loin de la ville mais déjà dans une certaine intimité...

Quant aux soupirs, au figuré, ils désignaient l’amour. L’expression soupirant nous est restée aujourd’hui qui désigne celui qui se languit d’amour.

Enfin, la rue des Soupirs est située non loin de la Côte d’amour, nom inusité de nos jours et que l’on retrouve dans les cartes postales des années 1910. Cet endroit, situé près de l’ancienne poste, a été recouvert par l’avenue De-Lattre-de-Tassigny afin de permettre l’accès au nouveau pont de la ville (1955). On retrouve le nom de Côte d'amour depuis au moins 1782 comme en témoigne un dessin que nous reproduisons ci-dessous. 

Quand les noms officiels rejoignent la poésie… et la remplace quelque peu !

La Côte d'amour, un joli nom de lieu archépontain encore usité dans les années 1910 comme en témoigne cette illustration de carte postale.

La Côte d'amour, un joli nom de lieu archépontain encore usité dans les années 1910 comme en témoigne cette illustration de carte postale.

Sur cette autre carte postale, quelques jeunes prennent du bon temps dans les herbes, ce qui illustre notre thèse selon laquelle la Côte d'amour et la rue des Soupirs tiennent leurs noms de ces moments insouciants parmi les pâquerettes des beaux jours...

Sur cette autre carte postale, quelques jeunes prennent du bon temps dans les herbes, ce qui illustre notre thèse selon laquelle la Côte d'amour et la rue des Soupirs tiennent leurs noms de ces moments insouciants parmi les pâquerettes des beaux jours...

La coste d'amour nommé dans un dessin de 1782 représentant le fort de Limaie, c'est-à-dire le fort situé de l'autre côté du pont de Pont-de-l'Arche. Le pont actuel touche la berge d'Igoville à l'endroit de la tour d'angle figurant sur ce dessin reproduit dans un article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

La coste d'amour nommé dans un dessin de 1782 représentant le fort de Limaie, c'est-à-dire le fort situé de l'autre côté du pont de Pont-de-l'Arche. Le pont actuel touche la berge d'Igoville à l'endroit de la tour d'angle figurant sur ce dessin reproduit dans un article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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commentaires

Vinsareva 28/03/2013 16:59


J'aime bien le nom de cette rue.

Armand 28/03/2013 17:04



Moi aussi !



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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...