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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:21

Sous la présidence d’Anthime Ferrandier, le Conseil municipal du 13 avril 1921 a honoré un certain Docteur Sorel en donnant son nom à une rue. Mais qui était-il ?

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Étienne-Alexandre Sorel (1839-vers 1920) est né et décédé à Pont-de-l’Arche. Médecin officiant à l’hôpital local, Il fut conseiller municipal depuis le 29 aout 1870 jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Elu actif, on retrouve ses nombreuses interventions dans les délibérations du Conseil municipal. Royaliste et catholique, il conserva sa cote de popularité bien que l’échiquier politique local devînt de plus en plus républicain et laïc. Sa profession de médecin eut une incidence positive sur l’estime que lui portait une partie de la population.

Étienne-Alexandre Sorel fut particulièrement actif au sein des commissions travaillant à l’instruction publique. Le 16 février 1876 il fut nommé au sein de la commission visant à la création d’une « salle d’asile » pour les jeunes filles et garçons de 4 à 7 ans. Le but était « l’édification morale » et les activités physiques. Étienne-Alexandre Sorel œuvrait en ce sens pour « notre régénération intellectuelle » et morale, lui qui jugeait immoral le comportement des Archépontains où les naissances d’enfants naturels étaient de 20 % en 1879 quand la moyenne nationale était de 7 à 8 %.

Il mit l’accent sur la vétusté, l’insalubrité et l’exigüité des locaux servant d’école. Étienne-Alexandre Sorel fut nommé à la commission scolaire le 25 mars 1882. Il militait pour un enseignement religieux.

Royaliste, il monta parfois au créneau, notamment le 16 février 1889 où la préfecture demanda au Conseil municipal de fêter le centenaire de 1789. Étienne-Alexandre Sorel se prononça pour mais « seulement pour la convocation des états généraux »… ce qui revient à nier toute la révolution puisque celle-ci commença quelques semaines après ladite convocation… À défaut de la nier, il caricatura la révolution en la réduisant à la violence dans un ouvrage publié en 1919 : intitulé Pont-de-l’Arche pendant la Révolution d’après les registres municipaux 1789-1804. L’auteur voit la Révolution française comme une boite de Pandore d’où tous les maux seraient nés et explique que celle-ci, à l’image de la récente révolution soviétique, serait une lutte de classes entre les ouvriers et les bourgeois…

C’est le 13 avril 1921, sous la présidence d’Anthime Ferrandier, que les élus donnèrent son nom à une voie et pas n’importe laquelle. Il s’agissait d’une des voies bâties par la Société anonyme des habitations bon marché où notre homme fut administrateur délégué.


 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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commentaires

Vinsareva 05/03/2013 16:49


Comme quoi, ce n'est pas parce que l'on est un homme bon et érudit que l'on a la science infuse et que l'on est réaliste !

Armand 05/03/2013 17:01



Nous sommes acteurs autant que victimes des idéologies, si l'on n'y prend pas garde ! 



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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...