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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:44

Si je n’ai pas eu – ou pris – le temps de lire les archives d’Igoville, on m’a souvent questionné sur le « château » de La Sahatte qui hante les cartes postales de 1910 et qui, manifestement, a disparu depuis.

Je rassemble donc quelques éléments, notamment ces fameuses cartes postales de 1910, afin de donner un début de réponse aux curieux. Ces éléments sont parfois le fruit d’entretiens réalisés avec nos anciens depuis 2002. 

L’observation des cartes postales, ci-dessous, laisse entrevoir qu’il s’agit d’une maison bourgeoise de la première moitié du XIXe siècle. En effet, une étude de Guy Arbellot (voir les sources) nous apprend que 4 personnes habitaient le « château de la Sahatte » en 1847.

Munie de deux tours de part et d’autre de la façade, et richement décorée, cette demeure se voulait un « château ».

Le nom de Sahatte nous échappe, a-t-il préexisté ? Provient-il du nom d’un propriétaire ?

Le « château » a été occupé durant la Seconde guerre mondiale. L’armée allemande l’occupait en aout 1944 quand les Canadiens libéraient notre région. Il semble que trois soldats canadiens aient été tués par des Allemands en approchant La Sahatte.

Yves Fache, habitant des Authieux-sur-le-Port-saint-Ouen, a publié un article dans le journal Paris-Normandie du 26 aout 1988. On y apprend que La Sahatte a appartenu à la famille Nibelle, député de Rouen en 1914 et qu'il y accueillit de jeunes réfugiés serbes. Yves Fache continue : "Une de ses magnifiques allées de hêtres avait été vendue pendant la dernière guerre pour l'industrie de la chaussure à Pont-de-l'Arche avec des semelles articulées en bois ! Lors de la Libération, le château avait bien pris deux ou trois obus, tirés de la forêt de Bord par les Canadiens. Il ne fut jamais réparé. Au contraire, il fut pillé..."  

En effet, des gens de la région récupérèrent peu à peu ses pierres, comme il advint à la maison Becq de Fouquières, aux Damps. Aujourd’hui, seules ses fondations sont encore visibles, au milieu d’un bois privé à droite de la rue des Canadiens – juste hommage – sur la route des Authieux-sur-le-Port-saint-Ouen. Des écuries en ruine sont visibles à l’orée du bois qui borde cette rue.

La légende raconte qu’une galerie souterraine partait non loin de ce château et arrivait à l’ancienne abbaye de Bonport en passant sous la Seine et par la maladrerie d’Igoville. D’après des riverains, une zone située à 50 mètres des dernières maisons serait souvent dégagée par temps brumeux ce qui serait l’indicatif du passage d’un souterrain. 

  

Sources

- Arbellot Guy, Dictionnaire des lieux habités de l'Eure, pages 9-247, « Annales de Normandie », 50e année, n° 1, 2000, cf. page 191. 

- Site de la commune d’Igoville : www.ville-igoville.com/INFORMATIONS-BLASON-53.htm

 

A lire aussi

Le Pont-de-l'Arche souterrain 

Le Château d'Igoville

 

 

P1090372

 

Carte-postale-d-Igoville-17-

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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commentaires

Vinsareva 08/02/2013 18:51


Il était très beau. Dommage qu'il n'en reste plus que des ruines.

Armand 08/02/2013 18:57



Des ruines... et de la rêverie;) Boujou bé ! 



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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...