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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 20:42

Présentation

Eustache Hyacinthe Langlois, né à Pont-de-l'Arche en 1777, a publié « Le sacristain de Bonport » dans la Revue de Rouen et de Normandie en 1847 (tome 29). Ce texte traduit l’âme de son auteur : triste et en quête de feux magiques. Hyacinthe Langlois, historien et artiste de génie, a vécu misérablement et ne s’est pas trouvé en phase avec les hommes de son temps. C’est pourquoi sa plume l’emmène souvent dans des balades où se mêlent l’insouciance de son enfance et l’Ancien Régime où vivait encore, quelque part, le Moyen âge, la foi et la magie des nombreuses croyances et des mystères populaires. Il y a du romantisme dans les écrits d’Hyacinthe Langlois qui fait revivre, un temps, des personnages que l’on sait devenus fantômes. Le cadre de leur action ne parvient pas à oublier le lierre qui pousse sur les ruines et détruit peu à peu les œuvres des temps passés. Si Hyacinthe Langlois, enfant de la Révolution, a beaucoup propagé les lumières dans ses domaines de prédilection, les écueils vécus durant la période révolutionnaire le rendent nostalgique du passé. Il rejette une trop grande lumière, trop rationnelle pour être humaine, et aime à prendre repos dans des endroits plus sombres en apparence mais où brille une petite lumière dans l’œil des savoirs anciens, plus modestes peut-être où les traits d’humeur sont loin d’être absents.

 

 

 

 

Littérature.

 

LE SACRISTAIN DE BONPORT [1].

 

Légende fantastique.

 

(Œuvre inédite de E.-H. Langlois, du Pont-de-l’Arche)

 

____

 

Sacristain Bonport

Revue de Rouen et de Normandie, t. 29. 1847, 

Renouard del., A. Péron sculp.

 

Les traditions, les légendes populaires d’antiques origines, se sont, en  grande partie, effacées et perdues devant de plus graves et plus véridiques récits. Il n’est guère aujourd’hui de foyer rustique qui n’entende raconter, au lieu de magiques histoires d’apparitions ou de revenants, les pompeuses annales de nos victoires et les merveilleux exploits du héros Austerlitz. Nos excursions armées à travers tant de climats divers, nos guerres si longues, si meurtrières [1], ont fait pénétrer l’habitude et le goût des préoccupations politiques jusque sous le chaume ; et là, d’ailleurs, il est peu de chefs de famille qui ne se soient fait un répertoire d’événements dans lesquels leur louable et naïf orgueil se complaît à s’attribuer quelque portion de gloire. Cependant, si l’amour du merveilleux déserte nos campagnes, en revanche, il se propage dans nos villes où l’on semble s’efforcer, pour ainsi dire, de devenir simples et crédules comme nos anciens paysans [2] ; tant on y est lassé de ce que le positif a de sec et de désolant. Mais on a beau faire, on ne peut se commander des convictions, des croyances ; l’art et l’imagination des romanciers ne pourront jamais répandre sur leurs écrits, quelqu’ingénieux qu’ils soient d’ailleurs, ce prestige et cette teinte mystérieuse dont la main du temps avait empreint, aux yeux de la raison même, les fables du moyen-âge.

Une des causes qui ont principalement contribué à détruire, dans nos campagnes, le charme attaché si long-temps à nos vieilles légendes, c’est la suppression des monastères. Elle a rompu la chaîne des traditions qui se transmettaient d’âge en âge au sein de ces paisibles retraites, où le surnaturel fut si long-temps en crédit. Ce n’est pas que les moines ne fussent, pour la plupart, devenus aussi peu crédules que les gens du monde ; mais, outre que, dans les couvents de femmes, le merveilleux était encore généralement en faveur, il n’était guère d’abbaye d’hommes où le fantastique n’eût encore son conteur inspiré, et c’était ordinairement un des plus vieux moines ou quelqu’un des plus anciens serviteurs de la maison. L’abbaye de Bonport comptait le sien parmi ces derniers. Oh ! combien j’écoutais avidement, âgé de dix à onze ans alors, les récits de ce vieillard, ancien sonneur et sacristain [3], et véritable miroir historial du monastère ! Perclus des deux jambes, et confiné, comme une pagode enfumée, dans un des coins de l’immense foyer de la cuisine, il ne connaissait plus que deux jouissances au monde : celle de causer avec un énorme corbeau à la voix rauque et sépulcrale, animal aveugle et plus que centenaire, et celle de faire écouter ses prodigieux et terribles récits. Pauvre Pierre ! Dieu vous pardonne les frayeurs que vous m’avez causés, lorsque, sortant la nuit de l’abbaye par la porte de la Vierge [4] avec mon excellent père [5], je croyais voir vos fantômes nichés dans les angles de chaque contre-fort de l’enceinte, et vos diables accroupis dans les énormes touffes de lierre qui revêtaient les murs de leur noires guirlandes.

Je dois l’avouer, cependant, une partie des merveilles que racontait le vieux Pierre était sues de beaucoup de monde, et n’excitaient pas toujours un égal intérêt dans l’esprit de ses auditeurs, bien qu’il eût soin d’affirmer très sérieusement que lui, Pierre, ou du moins son père, en avait été témoin. C’est sous une semblable garantie que m’a été confiée la légende que ma mémoire a le plus fidèlement conservée, et que je vais essayer de retracer.

Il y avait autrefois un conte de Brionne, puissant suzerain, qui, menait un véritable train de roi. Ce grand personnage, dont Pierre ne pouvait dire le nom, était demeuré veuf et, de son mariage, n’avait eu qu’une fille, plus belle que les fées, et qu’il idolâtrait. Il partageait, cependant, ses affections entre elle et un neveu, auquel son père, mort dans la Terre sainte, n’avait laissé pour héritage que son épée et son nom. Ce jeune homme, élevé près de la cousine, avait conçu pour elle une passion violente, à laquelle la jeune fille ne paraissait pas toujours insensible ; mais fière, hautaine, capricieuse et jalouse, elle faisait souvent subir, à la constance de son amant, les plus dures épreuves. Un jour, il lui signifia, sous peine d’encourir éternellement sa disgrâce, de ne jamais parler devant elle de la beauté d’aucune autre dame, et le jeune homme le promit sur serment. Cela se passait à l’instant même où le sire de Brionne préparait une grande fête pour célébrer l’anniversaire de la naissance de sa fille.

Sur ces entrefaites, arriva, dans le pays, un vieux médecin ambulant, remarquable par sa prodigieuse barbe jaune. Ce docteur nomade, qui s’entourait d’un grand mystère, outre le crédit qu’il s’attirait par ses miraculeuses guérisons, se signalait encore par sa science extraordinaire à deviner le passé, à prédire l’avenir. Il n’était question que de lui, lorsque la reine d’Angleterre, en voyage, vint à passer à Brionne. La beauté de cette princesse était merveilleuse ; et, comme tout le monde en parlait avec extase à la table du comte, le malheureux jouvencel [sic], oubliant sa promesse, laissa lui-même échapper quelques mots d’admiration. Un regard foudroyant de sa maîtresse lui fit sentir sa faute ; mais déjà le mal était sans remède, et quelques jeunes seigneurs, d’humeur railleuse et légère, qui étaient arrivés pour la fête, s’aperçurent sans peine du dédain que lui témoignait sa maîtresse.

– Il nous semble, dit l’un d’eux à l’amant désolé, que vous êtes mal en point avec la belle châtelaine.

– Je gage mon honneur contre votre diamant, répliqua avec vivacité le chevalier, que je vous prouve le contraire en ouvrant demain le bal avec elle.

– Votre honneur sera perdu et le diamant me restera, car cela ne sera pas.

– Le pauvre amant s’était senti piqué au jeu, et avait, comme on dit, compté sans son hôte. La noble damoiselle le lui prouva bien ; car lorsque, la trouvant à part, il s’agenouilla à ses pieds pour en obtenir la faveur dont il s’était vanté :

– Je ne voudrais pas, lui dit-elle avec mépris, danser avec vous, même en songe ; et, si vous avez gagé votre honneur, comme vous le dites, c’est un faux gage qui ne vous appartenait déjà plus du moment que vous aviez violé votre foi de gentilhomme. L’amant ne pouvant vaincre cette cruelle résistance, ne voulut pas encourir la honte qui l’attendait, et, poussé par une inspiration diabolique, il se précipita du haut de la grande tour du château.

– C’est dommage ! dit le médecin à la barbe jaune, en faisant une indéfinissable grimace, un si beau jeune homme ! Et pourtant il est damné, du moins à ce que diront les moines.

– Énigmatique personnage ! c’était lui, cependant, qui, s’étant emparé de l’esprit de la châtelaine, avait en secret attisé le feu de son jaloux ressentiment. Dès le même jour, ce conseiller funeste quitta le pays, pour n’y revenir, disait-il, qu’au bout d’une année.

La nuit suivante, la jeune comtesse s’éveilla en poussant d’horribles cris, et répétant que son cousin mort la forçait de danser avec lui. Dès lors l’affreux cauchemar ne cessa de revenir, mais de plus en plus terrible ; car l’image du défunt apparaissait à la misérable fascinée dans l’appareil incessamment croissant de sa décomposition physique ! C’étaient d’abord des membres froids, une face pâle et contractée, puis l’odeur infecte, les tâches livides de la putréfaction, enfin des chairs pendantes dévorées par les vers, et bientôt des débris informes, des nerfs racornis, collés à des ossements desséchés. Une année s’écoula de la sorte, et sans que l’infortunée songeât à réclamer sa délivrance de la bonté du ciel. Tout à coup, le médecin à la barbe jaune reparut dans Brionne, appelé par la châtelaine, dont le père était mort.

Le mystérieux médecin ne voulant admettre aucun témoin dans son entrevue avec la jeune fille, et lui parla de la sorte :

– Si vous eussiez cru, comme ces papelards et bigots, à tout ce que racontent les moines ; si vous eussiez eu seulement, suivant l’usage, quelque tondu de chapelain dans votre château, vous n’auriez pas manqué d’avoir recours à force messes et neuvaines qui ne vous eussent pas guérie, car je connais votre mal ; il est grand, mais le remède en est simple et facile. Il consiste, poursuivit-il, non sans quelque hésitation à cracher sur les cinq plaies de l’image du Nazaréen que mes pères ont justement crucifié, car, sachez-le, je suis Juif pour vous servir [6].

– Si peu chrétienne que fût la demoiselle de Brionne, elle fut épouvantée des blasphèmes de ce mécréant, et lui ordonna de se retirer. Cependant, la nuit revint avec son cortège habituel de terreurs. La pauvre fille voulut, comme à l’ordinaire, vaincre le sommeil, et, comme à l’ordinaire, le sommeil vint à l’appel de la nature épuisée. Trois fois l’horrible fantôme s’empara de sa victime en proférant son cri de vengeance :

– Ah ! Tu ne voulais pas danser avec moi, même en rêve !

– Folle d’épouvante, la malheureuse se résolut enfin à suivre l’horrible conseil du Juif ; elle avait dans sa chambre un prie-dieu qui depuis la mort de sa mère, n’était là que pour la forme ; elle en saisit le crucifix avec fureur, mais à peine avait-elle, dans son égarement, consommé le sacrilège dont on lui avait suggéré la criminelle pensée, qu’elle tomba frappée par un coup de foudre si violent, qu’il fendit la tour jusque dans ses fondements [7].

Le lendemain de ce funeste jour, deux prêtres et deux nobles vassaux de la comtesse gardaient son corps dans l’église du bourg. Après de longues heures de prières, le sommeil s’était enfin emparé d’eux, lorsqu’un bruit affreux, qui paraissant venir du cimetière, les réveilla tous les quatre en sursaut. Mais quel fut leur effroi, en apercevant, à la lueur pâle et lugubre des cierges, le cercueil ouvert et vide ! Un plus épouvantable spectacle les attendait dans le cimetière : le squelette du suicidé gambadait sur sa fosse, en forçant la comtesse décédée à suivre tous ses mouvements, et, d’une voix effroyable, il répétait :

– Ah ! Tu ne veux pas danser avec moi, même en rêve ! Avec moi, qui, pour te plaire, ait sacrifié mon salut éternel !

– Plusieurs démons prenaient part, avec joie, à cette scène infernale [8], et, parmi ces derniers, il en était un qu’à son énorme barbe jaune on reconnut pour le médecin mystérieux. Au premier chant du coq, les démons disparurent, le squelette rentra dans sa fosse, et la comtesse de Brionne, retomba froide et morte sur l’herbe humide du cimetière. On ne l’en inhuma pas moins en terre bénite, parce qu’elle était grande dame ; mais, pendant six cents ans, la nuit anniversaire de sa mort, elle remontait de son caveau mortuaire pour venir dans le cimetière danser, avec son amant, ce branle infernal, objet d’épouvante pour les vivants.

Tel était à peu près, mais avec de bien plus grands détails, un des récits de Pierre.

– Pour celui-là, mon père l’a vu, disait-il naïvement en concluant ; le cher homme me l’a assuré, et, pour le salut de son corps, il n’eut pas voulu dire la plus petite menterie [9]. –

 

E.-H. Langlois

 

 

 

 

 

Notes (A. Launay)


[1] Le décès de son frère, André, pendant une bataille du premier Empire n’est évidemment pas resté sans impact sur le jugement de l’artiste.

[2] C’est un mouvement caractéristique du XIXe siècle, la candeur en moins, où les travaux d’histoire veulent conserver le patrimoine de l’Ancien Régime qui tend à disparaitre à mesure qu’avancent les idées révolutionnaires.

[3] Le sacristain est chargé de l’entretien des objets utiles au déroulement de la messe.

[4] La porte de la Vierge existe encore de nos jours : elle perce le mur d’enceinte de l’ancienne abbaye de Bonport sur les bords de la Seine (l’Eure, de nos jours). Elle doit son nom d’une représentation de Marie, disparue depuis longtemps.

[5] André-Gérard Langlois, conseiller du roi, garde-marteau en la maitrise particulière des eaux et forêts. Il mourut en 1812 soit 6 ans après sa femme. Ce couple posséda une assez importante propriété aux Damps, au Val plus précisément.

[6] Que le fauteur de trouble soit juif n’est guère étonnant dans la bouche d’un moine de cette époque. Il ne faisait que poursuivre un antisémitisme ancestral qui brocardait la foi d’un peuple à partir des quelques individus des Évangiles qui ont demandé la mort de Jésus, un autre juif, aux romains. Le jaune de la barbe n’est pas sans rappeler la couleur des rouelles qu’on fit porter par les juifs de certains ghettos du Moyen Age et dans les pays dominés par la réaction nazie. La morale toute religieuse de cette légende est simple : les impies sont détournés de la religion vraie par les sectaires d’autres cultes… et en sont punis éternellement par des démons.

[7] Explication amusante des ruines du donjon qui domine, en effet, la ville de Brionne.

[8] Cette thématique des danses de squelettes a marqué Hyacinthe Langlois qui en a réalisé des représentations qui sont de dignes continuatrices des images morbides issues du XIVe et des pandémies de pestes qui le frappèrent. Voir l’ouvrage de Langlois intitulé Rouen au XVIe siècle, et la danse des morts au cimetière de Saint-Maclou, planche XVII (l’illustration qui accompagne ce texte en est extraite).

[9] Ce mot est intéressant. Il doit marquer la simplicité du sacristain qui s’exprimait sans doute avec des mots du parler normand et de l’ancien français qui nommaient menterie ce que nous appelons de nos jours mensonge. Joli trait d’humour que cette dernière phrase !



[1] [Note de la revue de Revue de Rouen et de Normandie] : Nous nous estimons heureux d’avoir retrouvé, griffonnée au crayon, et sans doute composée pendant une nuit d’insomnie, cette légende inédite, souvenir de jeunesse de notre regrettable compatriote E.-H. Langlois. Nous avons même retrouvé, entre les mains d’un amateur de cette ville, le dessin qui devait en accompagner la publication. Nous ne doutons pas que l’une et l’autre ne fussent destinées à enrichir notre recueil ; c’est donc une espèce de restitution que nous opérons aujourd’hui en publiant d’abord la légende. L’existence du dessin nous a été révélée trop tardivement pour que nous puissions en faire exécuter une copie avec tout le soin que celui-ci réclame ; nous espérons y réussir plus tard. En attendant, M. Renouard a bien voulu composer, pour cet objet, avec tout le gracieux talent qu’on lui connaît, une piquante scène d’intérieur, représentant le sacristain de Bonport. (Note du gérant.)

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...