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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 13:57

 

La gendarmerie, une institution pérenne, évolue au fil des décennies. Nous avons retracé les différents déménagements de la gendarmerie de Pont-de-l’Arche depuis la Révolution française à nos jours. C’est un clin d’œil à ce représentant local de l’armée, lointaine émanation de l’infanterie française créée à Pont-de-l’Arche en 1481.   

 

A la recherche de la première gendarmerie

C’est grâce à deux témoignages que nous avons pu localiser la première gendarmerie de la ville. Roland Chantepie écrivit, page 319 [1], que « Le local de la gendarmerie se situait rue Montalent (aujourd'hui, rue Jean Prieur) ; désaffecté à la fin du Second Empire, ce vaste bâtiment servit pendant de nombreuses années à loger des familles nécessiteuses de Pont-de-l'Arche ; il fut ensuite démoli entièrement quelques temps avant la Seconde guerre mondiale et ce fut très dommage (1939).  Longtemps, on a pu lire au-dessus du portail principal l'inscription suivante : GENDARMERIE IMPERIALE, dont les lettres, avec le temps, finirent par s'altérer. » 

Puis, c’est la plume de Marcel Ouin, le patron des chaussures Marco, qui nous apporte des compléments d’information. Il les livre par la voix de sa grand-mère, page 164, qui prépara le repas de Napoléon Ier venu voir les travaux de l'écluse de Limaie [2] : « Tu n’oublies pas que je suis une Pasdeloup, que j’habitais rue Ste-Marie et qu’elle débouche juste en face de ce qui était à l’époque « la gendarmerie Impériale » (…) tu pourras encore lire au-dessus d’une porte-cochère, en plein cintre, « gendarmerie Impériale ».

 

C’est ce que l’on voit quand on agrandit une carte postale des années 1910. A droite du café épicerie Trumel, on retrouve la porte en plein cintre et l’on reconnait les contours de l’inscription « gendarmerie impériale ».

 

Jean Prieur (1)

A droite de cette carte postale des années 1910, apparait une porte en plein cintre. Elle constituait l'entrée de la première gendarmerie de Pont-de-l'Arche. 

 

Première gendarmerie

Agrandissement de la vue précédente.

 

Un vestige de cette gendarmerie subsiste aujourd’hui entre les numéros 4 et 6 de la rue Jean-Prieur. Ce sont quelques pierres de taille, certainement des réemplois des anciens remparts.

 

P1110408

Quelques pierres forment l'ultime vestige de la première gendarmerie

dans la rue Jean-Prieur (photo A. Launay, 2013). 

 

 

 

La gendarmerie de la rue Charles-Cacheleux

Roland Chantepie écrivit que la première gendarmerie fut désaffectée à la fin du Second empire, ce qui correspond à l’architecture et au matériau de la gendarmerie du numéro 14 de la rue Charles-Cacheleux. Ses dimensions permettaient de loger une plus grande garnison. Elle porte toujours l’inscription « Gendarmerie nationale » sur le même mode que la précédente gendarmerie.

 

P1120934

La deuxième gendarmerie, au numéro 14 de la rue Charles-Cacheleux (photo A. Launay, 2010).

 

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Inscription "gendarmerie nationale" sur la même façade

(photo A. Launay, 2010). 

 

 

 

La gendarmerie de la place Aristide-Briand  

Faisant face à la croissance de la population, la caserne de Pont-de-l’Arche a dû devenir trop étroite. Les gendarmes ont changé de locaux, semble-t-il après la Première guerre mondiale, où ils se sont installés dans une maison bourgeoise au numéro 4 de la place Aristide-Briand.

 

Aristide Briand (22)

A gauche, sur la place Aristide-Briand, la troisième gendarmerie de la ville sur une carte postale de la fin des années 1940 ou du début des années 1950.  

 

 

 

La rue Général-de-Gaulle : 1970

Les autorités militaires ont souhaité doter Pont-de-l’Arche et sa région d’une gendarmerie aux locaux fonctionnels. C’est ainsi que la municipalité de Roland Levillain fit construire la caserne au numéro 52 de la rue Général-de-Gaulle, gendarmerie et logements compris, en 1970. La gendarmerie fut agrandie par l’équipe de Paulette Lecureux en 1994 mais cela ne suffit bientôt plus...

 

Gendarmerie rue de Gaulle

Les locaux fraichement livrés de la quatrième gendarmerie, rue Général-de-Gaulle (archives municipales, 1970).

 

 

 

La cinquième gendarmerie, chemin du Becquet : 2008

Cinquième et dernier lieu, la gendarmerie actuelle fut érigée pour les autorités militaires par l’équipe de Dominique Jachimiak et livrée en 2008. Elle est située en bout de ville et constitue un véritable quartier avec ses logements. La précédente gendarmerie fut transformée en guichet des services sociaux et associatifs de la Ville (Le Tremplin) par l'équipe de Richard Jacquet.  

 

Gendarmerie

La façade de l'actuelle gendarmerie du chemin du Becquet (photo A. Launay, 2011).

 

 

Sources

[1] Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944).

[2] Ouin Marcel, Au coin du feu après la chasse, Pontoise : R. Lachèvre, 1948.

 

A lire aussi... 

La poste de Pont-de-l'Arche et ses déménagements !

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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commentaires

Vinsareva 12/04/2013 16:44


J'en connaissais trois sur cinq. C'est une bonne moyenne, je trouve.

Armand 12/04/2013 16:46



En effet ! Bravo ! ++



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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...