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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:50

 

Les Damps

 

Le groupe scolaire fut inauguré en 1955 par Pierre Mendès France (conseiller général de Pont-de-l’Arche de 1937 à 1940 et de 1945 à 1958). Il s’agissait alors de doter la commune de bâtiments scolaires répondant à l’explosion démographique. De 285 habitants en 1921 la commune comptait 578 citoyens en 1954. Les salles de classe situées dans la mairie depuis 1879 étaient devenues bien trop exiguës. L’architecture du groupe scolaire est très fonctionnelle, très rectiligne et dotée de beaucoup de fenêtres. Son décor est très dépouillé. Son matériau, le béton, s’inscrit dans les réalisations d’après-guerre.  

 


La mairie des Damps fut inaugurée en 1879. Le calcaire, la briquette rouge et les ardoises du toit marquent bien la fin du XIXe siècle. Le petit frontispice (triangle) qui se trouve en dessous du toit montre que ce bâtiment avait pour destination de servir de mairie. C’est un rappel des temples classiques qui renvoient dans notre culture à la civilisation gréco-romaine, berceau de l’idée républicaine. La mairie accueillit aussi les écoles jusque dans les années cinquante, le parking actuel recouvrant l’ancienne cour de récréation.

 


La maison de la Dame Blanche est la plus ancienne construction des Damps. Sa cave présente des ogives voûtées du XIIIe siècle d’une grande sobriété. Certaines parties basses de la maison dateraient du XIVe siècle alors que l’escalier en vis, hors d’œuvre (face sud), caractérise le XVe siècle. Les décorations des poteaux de la façade sont de style gothique et donc de la période médiévale ce qui, en architecture, peut aller jusqu’à la fin du premier tiers du XVIe siècle. Le nom de Dame Blanche vient, par erreur, de Blanche de Castille. En fait seule Blanche de France, femme de Saint-Louis, eut un lien avec Les Damps en tant que propriétaire de terrains.

 


Le pont sur l’Eure fut construit en 1935 dans le cadre des grands travaux de la Seine lancés par Edouard Daladier en 1932 et qui durèrent jusqu’en 1939. Ces travaux firent de la Seine un canal pour la navigation commerciale entre Paris et La Manche. Des digues furent construites afin de stabiliser les berges du fleuve. Le lit de la Seine fut approfondi afin d’accroître le tirant d’eau des remorqueurs et de limiter les inondations. Il résulta de ces travaux que le niveau de l’Eure, qui se jetait dans la Seine en face des Damps, était trop élevé. Alors, pour éviter que les eaux de l’Eure ne se déversent dans la Seine, desséchant ainsi le lit de la rivière, on boucha le confluent des Damps. L’on fit passer l’Eure dans un ancien bras de Seine qui va jusqu’à Martot.



La chapelle Saint-Pierre des Damps fut construite en 1856 à l’emplacement de l’ancienne église paroissiale. La paroisse des Damps tomba en désuétude avant la Révolution française et son église fut démolie par la paroisse de Pont-de-l’Arche. En 1856 la chapelle fut érigée sur les deniers des fidèles et donc avec les matériaux les moins chers : des moellons calcaires locaux en remplissage ainsi que la brique rouge en chaînage. L’ardoise fut choisie pour sa légèreté afin de recouvrir une charpente – et un bâtiment –  aux capacités de résistance limitées. Un presbytère fut adjoint à la chapelle qui est composé que de brique rouge. La cloche de la chapelle, logée dans un clocher carré aux dimensions minimalistes, fut offerte en 1854, marquant ainsi le début des donations.

 


Les Dardanelles est le nom d’une rue qui doit assurément son origine à la présence de troupes britanniques durant la Première Guerre mondiale. Les Dardanelles est le nom d’un détroit de Turquie où les armées française et anglaise subirent de lourdes pertes. Quant aux Damps, l’aviation anglaise occupa toute une partie des terres communales jusqu’à Pont-de-l’Arche afin de bâtir des baraquements aux troupes. Celles-ci réparaient des moteurs d’avions. L’on trouve encore çà et là des plaques de béton qui témoignent de l’existence du « Camp aux Anglais », nom de cet espace. Ce sont ces troupes qui finirent de bâtir la grande usine des « fils de Georges Prieur », l’une des plus grandes entreprises de chaussures de la région jusqu’en 1954.

  


Les Vauges est le nom d’un quartier à l’architecture tout à fait originale pour Les Damps. Les « maisons à toits plats » ont été dessinées par l’architecte et urbaniste suisse Le Corbusier qui avait réfléchi aux problèmes du relogement d’après-guerre. Devant l’impératif de reloger de nombreuses personnes dans de bonnes conditions, l’architecte a voulu optimiser l’occupation du sol. Ses réalisations permettent de bâtir beaucoup d’unités d’habitation tout en préservant l’intimité des habitants dont les portes, les fenêtres, les entrées, les cours, ne donnent pas directement sur celles des voisins. De même, l’architecte a soigné le bien-être des habitants par des espaces intérieurs très fonctionnels, des coursives évitant la pénétration des rayons solaires, par exemple. Ces attentions ont séduit les organismes publics d’HLM lorsqu’ils ont lancé la construction de la résidence Les Vauges dans le début des années soixante-dix. Une fresque de Jacques Deshaies apportait une autre touche culturelle mais elle a été effacée depuis lors.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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Published by Armand - dans Les Damps
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...