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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:37

 Carte postale de Pont-de-l'Arche (215)

 

Suite au travail de Pierre-Octave Philippe, la paroisse Saint-Vigor de Pont-de-l’Arche changea de nom en 1896. Elle fut nommée Notre-Dame-des-arts, désignant par-là Marie, la mère de Jésus.

Marie est Notre-Dame-des-Arts parce qu’elle est elle-même un chef-d’œuvre vivant, un des plus beaux chefs-d’œuvre de la puissance, de la sagesse, de la bonté de Dieu, et entre toutes les créatures de ce monde, le plus parfait rayonnement de son infinie beauté. C’est ainsi que le prédicateur dominicain Monsabré la décrivait, en 1899, dans l’église paroissiale. Il ajoutait aussi : Que Marie était appelée Notre-Dame des arts parce qu’elle a été la collaboratrice de Dieu dans le plus grand, le plus admirable, le plus inébranlable de ses chefs-d’œuvre : l’homme-Dieu.

Marie, comme son fils Jésus, est un exemple à suivre pour les chrétiens catholiques qui veulent puiser en eux-mêmes une force : celle de se conformer à l’idée qu’ils se font des lois divines. Cet exemple est, en l’occurrence, celui du travail artistique et de l’admiration du beau.

 

Cependant, il est rare qu’une paroisse change de patron. Comment se fait-il que saint Vigor ait été détrôné après tant de siècles ? Qui est à l’origine du nouveau culte archépontain ? En quoi consistait le cérémonial ? et quelle fut sa postérité ? 

Cela n’étonnera pas, une messe était l’élément central de ce culte qui avait lieu en début septembre. L’église était décorée pour l’occasion et un prédicateur offrait sa verve à l’auditoire. Un repas réunissait le clergé après la cérémonie religieuse.

Après la mort de Pierre-Octave Philippe (1907), le culte tomba en désuétude. Il fallut attendre l’arrivée de Maurice Desdouits (curé de 1933 à 1945) pour voir renaître le culte Notre-Dame-des-arts. Ce culte retomba cependant dans les oubliettes à cause de la Seconde Guerre mondiale puis du départ de M. Desdouits.

 

La statue a été depuis retirée du maitre-autel mais la paroisse reste cependant celle de Notre-Dame, les arts par la beauté de l’église attirant toujours les fidèles et les amateurs d’architecture.

De ce culte survit aussi la mémoire du mouvement catholique libéral qui, sous l’autorité de Léon XIII, et à la suite de Lacordaire, restaurateur de l’ordre dominicain en France, n’hésitait pas à réformer le culte et à l’adapter à des questions allant plus droit au cœur des fidèles : la paroisse de Pont-de-l’Arche voulut répondre à la sensibilité artistique. 

Mgr Sueur, évêque d’Évreux, ainsi que le chanoine Pierre-Octave Philippe, curé de Pont-de-l’Arche de 1887 à 1907, sont les instigateurs du nouveau culte Archépontain. Le pape Léon XIII donna son aval et bénit le nouveau sanctuaire. Pierre-Octave Philippe, qui voulait faire de Pont-de-l’Arche une terre d’accueil pour les artistes, participa beaucoup à la restauration de l’église paroissiale. Il était très apprécié de ses paroissiens et des élus locaux.

 

A lire aussi...

Avant 1896, la paroisse Saint-Vigor...

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...