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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 12:12

Sous l’Ancien régime, le roi pouvait concéder une charte de franchises ou de commune à une ville. Il concédait ainsi les revenus de la vicomté, moyennant le versement annuel d'une somme fixe. La municipalité rassemblait des notables nommés, les échevins, et était chargée des impôts, des finances, des problèmes entre les particuliers. Elle assurait la liaison entre les différents pouvoirs locaux, généraux et royaux. En quelque sorte, elle fournissait des interlocuteurs privilégiés aux autorités. 

Il semble que ce soit au XVIe siècle que Pont-de-l’Arche fût dotée de ses premiers représentants officiels. C’est ce qu’avance S. Beck qui note que la ville « reprit en 1587 le droit de nommer un receveur des deniers communs, droit enlevé sans doute par l’édit d’octobre 1581 ». Le même historien note que, jusqu’à plus ample informé, la première mention officielle d’échevin date de 1633. En 1634, l’échevin en charge est le « sieur Dubosc », par ailleurs contrôleur du grenier à sel. Avec le « syndic » il est chargé de trouver un accord sur l’implantation du couvent Saint-Antoine.

Un arrêt du Conseil du 26 juillet 1681, portant sur le règlement des dettes de la communauté, inscrit les gages de deux échevins, du procureur syndic et du Greffier. Un édit de 1692 y ajouta un maire. D'ailleurs, la plus ancienne délibération du conseil municipal conservée de nos jours aux archives municipales date de 1693. Cependant, S. Beck note, d’après une archive (AD27, E 1817) qu’à la fin du XVIIe siècle les cinq offices de la municipalité sont la plupart du temps vacants hormis le « Procureur du Roi et [le] greffier exerçant ». Cela démontre le peu de pouvoir – et donc d’attrait – de cette municipalité qui peine à se démarquer du cadre des quatre tribunaux royaux présents dans la ville dont étaient issus les officiers de justice siégeant traditionnellement dans la municipalité.

Ce mélange se lisait jusque dans l’emplacement de « l’hostel de ville ». En effet, les assemblées générales se tenaient dans la salle du prétoire (au bailliage). Quant aux réunions du conseil de la ville, elles devaient se tenir chez le maire. Certains documents laissés par cette ancienne municipalité se trouvent aux Archives municipales. Elles traitent de finances et d’impôts, de gestion des biens immobiliers tels que les remparts cédés par le roi en 1779, de retrait des boues et d’entretien des voiries, de litiges, de police, de logement des gens de guerre, des assemblées générales de trois quartiers de la ville, de bienfaisance, d’école, de foires, d’activités professionnelles, d’urbanisme… et de la convocation des Etats généraux, en 1789, qui ont conduit à la création de municipalités égales entre toutes les communes et avec élections. Ainsi finit la municipalité d’Ancien régime…

 

A lire...

Les maires de Pont-de-l'Arche

Le bailliage de Pont-de-l'Arche

 

Sources

Beck S., « Les municipalités en Haute-Normandie – IV. Municipalités secondaires (XVIe-XVIIIe siècles) », pages 213-234, Annales de Normandie, 12e année, n° 4, décembre 1962, Caen.

Lepage Albert, « Essai historique sur le prieuré de Saint-Antoine du Pont-de-l’Arche vulgairement désigné sous le nom d’Abbaye sans toile », in Bulletins de la Société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers, t. V, année 1898, 439 pages, cf. pages 25-28 (ch. I), t. IX, année 1905, 76 pages, cf. pages 48-67 (ch. 2-6).

Archives municipales de Pont-de-l'Arche

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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Les escaliers allant de la salle du prétoire aux bureaux des officiers du bailliage : un espace qui accueillait à la fois le bailliage et l'Hôtel de Ville d''Ancien régime (photo A. Launay, 2009)

Les escaliers allant de la salle du prétoire aux bureaux des officiers du bailliage : un espace qui accueillait à la fois le bailliage et l'Hôtel de Ville d''Ancien régime (photo A. Launay, 2009)

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...