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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 22:10

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Armand Launay

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 22:04

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 16:23

Les Damps (10)

L'école-mairie vers 1910

2.JPG

Une partie de la mairie en 2011

 

Lorsque l’on se rend en mairie, on peut y lire une plaque commémorative rappelant que ses murs furent bâtis en 1879 afin de servir à la fois d’école et de mairie aux 275 Dampsois de l’époque.

Auparavant, c’était le logement personnel du maire qui faisait office de centre administratif (lieu de réunion du Conseil municipal, accueil du public, archives...).

Quant aux enfants, ils devaient se rendre soit à Pont-de-l’Arche soit à Léry pour suivre leurs études primaires, ce qui signifiait que certains d’entre eux ne se rendaient jamais à l’école, notamment afin d’aider leurs parents au travail quotidien.

Cependant, prise isolément, cette plaque commémorative ne rend pas compte de la sensibilité et de la motivation des Dampsois. C’est pourquoi, il est intéressant de voir quels enjeux recouvraient la construction de l’école-mairie nous permettant, aujourd’hui, de comprendre quelques-unes des préoccupations de nos ancêtres.

La préoccupation immédiate est facilement discernable. La délibération du Conseil municipal de mars 1878 nous en fournit la cause : depuis quelques années, les enfants des Damps pouvaient bénéficier gratuitement de l’enseignement de l’école de Pont-de-l’Arche grâce à un don privé. Or, depuis l’année 1877 le Conseil municipal de Pont-de-l’Arche remettait en cause cet accès gratuit aux Dampsois ce qui provoqua la colère des parents, rendant ainsi plus criant le besoin d’ouvrir une école aux Damps.           

Ensuite, le deuxième aspect à prendre en compte dans notre étude est que le projet de construction de l’école-mairie vient de certains habitants de la commune et non de directives administratives. La première mention du projet date du Conseil municipal du 16 mai 1875. Une souscription publique fut ouverte pour aider à financer la construction, le coût étant très lourd pour la petite commune (9640 francs). Les réponses à l’appel furent nombreuses (à hauteur de 1350 francs, soit 1/7e des dépenses) ce qui révèle combien le projet obtenait non seulement les suffrages des Dampsois mais encore leur plein investissement.

Toutefois, ces faits restent muets si on ne les relie pas à l’histoire nationale : la construction de l’école-mairie se produisit avant que la IIIe République (officialisée en 1875) ne se dote d’une législation aidant au développement systématique de l’instruction publique et, surtout, d’un gouvernement réellement républicain. Car, paradoxalement, la France, pourtant républicaine de nom, était encore représentée par une majorité de monarchistes à l’Assemblée nationale, jusqu’en 1875, au Sénat, jusqu’en 1877, mais aussi au gouvernement, jusqu’en 1879 quand Jules Grévy fut élu président.

Par conséquent, le projet de construction d’une école-mairie aux Damps, sans être révolutionnaire, n’était pas anodin, surtout dans les campagnes qui étaient généralement plus conservatrices et donc monarchistes.

Mais les Damps était un village résolument républicain et dans de nettes proportions. Ainsi, lors des élections législatives de 1877, 47 suffrages dampsois sur 54 se tournèrent vers le républicain Develle, qui devint député à l’issu du scrutin. En fait, construire une école était le fruit d’une vision de la société où chaque homme est citoyen, c’est-à-dire libre. Or, pour que l’homme soit libre, il lui faut suffisamment de culture afin qu’il sache choisir sans que quiconque ne décide à sa place. La liberté c’est pouvoir mais - aussi - savoir choisir afin de ne dépendre que de soi.

Qui plus est, le nouveau bâtiment fut construit afin de servir de mairie à la commune, permettant ainsi de faire des économies en réunissant sous le même toit l’école, le centre administratif, mais aussi le logement du maitre d’école qui était aussi le secrétaire de mairie.

La mairie, "maison commune" symbolisa l'autonome des Damps vis-à-vis de Pont-de-l’Arche, dont le Conseil municipal avait réitéré le vœu de fusionner les deux communes en 1850. De plus, la symbolique de la mairie renvoie directement aux réformes qui suivirent juin 1789 et qui menèrent, peu à peu, à la première République de 1792 car c’est durant cette période que naquit le projet de doter chaque municipalité d’une maison commune.

La première pierre de l’école fut donc posée le 29 juin 1879, le jour de la fête communale, en présence du sous-préfet de l’ancien arrondissement de Louviers. C’est le 2 novembre que l’inauguration eut lieu en présence du député, M. Develle, de l’inspecteur des écoles primaires, du maire, M. Courcelle, de son adjoint, M. Saint-Pierre, des conseillers municipaux… ainsi que d’une foule nombreuse de Dampsois et de gens des environs. Le sous-préfet et le député louèrent les bienfaits de l’instruction publique ainsi que les efforts du nouveau gouvernement de Jules Grévy en ce sens.           

En conclusion, nous avons vu que la construction de l’école-mairie des Damps en 1879 n’est pas anodine ; elle a deux origines :

 

1      La montée du républicanisme auquel ont contribué localement les habitants des Damps avant qu’il ne gagne toutes les instances dirigeantes du pays et, avec lui, la prise de conscience de l’importance de l’éducation.

2    La volonté des Dampsois de ne plus dépendre de Pont-de-l’Arche en matière d’éducation, réaffirmant, par là-même, l’autonomie du village en le dotant d’un officiel bâtiment de mairie.

 

 

Sources

Archives municipales des Damps

Armand Launay

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 16:08

Dès les années 1620, la région du confluent de l’Eure et de la Seine fut gagnée par la culture du tabac, cette plante américaine qui s’adapte à tous les climats chauds et tempérés. Mais comment se fait-il que cette région précise fût particulièrement propice à la culture du tabac ? La réponse est simple : la plaine alluviale et les berges de l’Eure et de la Seine étaient enrichies par le limon des crues survenant chaque hiver, ou presque.

Ainsi, certains habitants des Damps, Léry, Saint-Cyr-du-Vaudreuil, Notre-Dame-du-Vaudreuil[1] mais aussi Pîtres et Romilly-sur-Andelle (selon Jules Sion) se mirent à cultiver l’herbe de Nicot. Pour expliquer quelques gestes des planteurs de tabac dans la région, ainsi que leur période de travail, nous reproduisons ici le texte de Georges Dubosc (cf. sources) :

 

Tabac (plant adulte)

  Un plant de tabac adulte (source Wiki).

 

« Il fallait, dit un adage, que le tabac vît tous les jours son maître ». Sur des couches, par planches, on commençait dans les jardins à procéder à des semis très difficiles car la graine est extrêmement petite.

…Gare aussi, pendant ce temps, aux limaçons, aux vers, aux insectes de nuit, à la lanterne ou aux flambeaux !

A la fin de mai ou de juin, dit Le Plan Général pour la Culture du tabac, dans les terres grasses, labourées et bêchées très soigneusement, amendées grâce aux engrais, par toute la plaine de Léry, on voyait ces travailleurs, femmes, enfants et gens du voisinage accourus de Poses, de Tournedos, planter ou piquer, avec un plantoir, les pieds de tabac.

On les disposait à trois pieds l’un de l’autre, au cordeau, plus souvent en quinconce qu’en carré, le tout  par un temps ni trop sec no trop chaud.

Peu à peu, la petite plante, n’ayant alors que 13 cm de hauteur, croissait et en étendait ses feuilles. Mais que de soins exigés, que de sarclages attentifs, que de binages répétés ! A la fin de juillet, arrivait l’écimage : femmes et planteurs, d’un coup d’ongle habilement donné, supprimaient la fleur jaunâtre ou rouge du tabac : en même temps on procédait à l’enlèvement des feuilles basses, des feuilles de terre, à celui de tous les bourgeons qui détruisaient la force de la plante et son arôme.

Enfin, une centaine de jours après le repiquage, venait la récolte, vers le mois d’août, quand les larges feuilles conservées commençaient à jaunir et à se marbrer, à s’incliner vers la terre. Soit qu’on les enlevât une à une, en trois fois, soit qu’on coupât la tige entière, on la laissait à terre, pendant une belle journée ensoleillée d’été, toute cette récolte qui séchait sur le sol. Ensuite, suspendue à des cordes ou à des perches, on disposait les feuilles dans les greniers ou des appentis aérés, jusqu’au jour où on les assemblait en "manoques" de 25 à 50 feuilles, ensuite réunies en balles ou ballots que venait acheter le fermier ou les sous-fermiers, pour les envoyer aux manufactures, à Dieppe, à Rouen, où il existait, au XVIIIe siècle, 3 ou 4 fabriques de tabac…

 

Champ de tabacUn champ de tabac, de nos jours, dans des contrées plus méridionales... (source Wiki).

 

La remise en cause du privilège local

Or, le temps où chacun pouvait cultiver librement des plants de tabac, pour son jardin ou pour une consommation personnelle, arriva bientôt à son terme. En 1674, Louis XIV institua un monopole du tabac qu’il donna à ferme à Jean Breton. Ce dernier espérait gagner près de 500 000 livres chaque année en commerçant avec les colonies.

En 1676, Colbert décida de limiter l’étendue des terres réservées au tabac. Pour quelles raisons ? La production métropolitaine permettait de satisfaire une partie non négligeable de la consommation ce qui contournait, en quelque sorte, les taxes imposées sur les importations des colonies. Par ailleurs, Colbert argumenta son choix par la prévention de toute nouvelle famine : "Il faut retrancher  la culture de cette herbe de toute la Normandie, parce qu’elle n’est pas nécessaire, que cette province a plus besoin de bled (blé) que de tabac".

Néanmoins, la culture qui fut proscrite, en général, sur les bords de Seine put se maintenir dans les villages du confluent et ce grâce à l’appui de l’Intendant de Normandie, Louis Le Blanc. En fait, d’un côté le gouvernement appuyait le fermier général et, de l’autre, l’Intendant de Normandie soutenait les producteurs locaux dont il devait obtenir autre chose qu’une bonne et simple estime. En effet, et Georges Dubosc le mentionne clairement, ces petites aires de production devenaient de véritables foyers de contrebande au sein du royaume et dont les intérêts étaient immenses. La ferme du tabac dépensait près de 50 000 livres chaque année afin de surveiller la région du confluent par le biais de ses majors et contrôleurs à cheval. Ces derniers tentaient de mettre au pas, avec leurs fusils, les producteurs de la région.

Cependant, Louis Le Blanc résista à Colbert, dépassant par là-même son domaine de compétence, et empêcha les agents royaux d’arracher les plants de tabacs de nos villages. Ce choix fut heureux pour les habitants de la région car la culture du tabac nécessitait une main-d’œuvre nombreuse dans les contrées européennes (deux hommes par arpent), ce qui procurait une certaine aisance au pays.

Mais la limitation devint de plus en plus stricte : en 1677, les autorités royales publièrent une liste désignant toutes les paroisses autorisées à cultiver la riche plante dans tout le royaume. Désormais, les espaces autorisés étaient rares et disséminés dans le royaume. La région des Damps, de Léry et des Vaudreuil était encore privilégiée bien que remise en cause.

En 1681, une nouvelle ordonnance obligeait toute personne qui réservait des terres à cette culture à en faire une déclaration, précisant la localisation et l’étendue des terres en question, auprès d’un juge, notaire ou toute autre personne publique. Cette déclaration devait être fournie un mois après le nouveau semis sous peine de 500 livres d’amende.

En 1687, la Compagnie du bail Domergue (qui était la nouvelle détentrice de la ferme du tabac) proposa aux populations des villages des Damps, de Léry et des deux Vaudreuil de leur verser une indemnité afin qu’elles abandonnent leur droit de cultiver. L’Intendant de Normandie argumenta que ce compromis ne serait avantageux qu’aux propriétaires mais pas aux nombreux journaliers et manouvriers qui, grâce à cette activité, parvenaient à payer leur taille. Suite à cette défense, le Conseil du roi accorda un compromis en décidant de restreindre l’étendue des terres autorisées à être ensemencées de tabac. Ce compromis limita de 100 acres les plantations locales : 13 aux Damps, 55 à Léry, 27 à Notre-Dame-du-Vaudreuil et 5 à Saint-Cyr-du-Vaudreuil.

Mais cette remise en cause généra évidemment de nombreuses plaintes, résistances et litiges. C’est pourquoi, en 1688, c’est le nouvel intendant de Normandie, Feydeau de Brou, qui vint en personne arpenter les champs de tabac de la contrée afin de répartir les terres autorisées entre les paroisses. Ce fut l’occasion d’une grande mobilisation de la population locale, car l’enjeu était grand. Les notables, les syndics, les curés et les autres habitants étaient réunis dans un vaste débat.

Outre un nouvel accord en 1704, le coup fatal fut porté en 1719, après la création de la Compagnie des Indes, société détentrice de tous les droits relatifs à la production et à la vente du tabac dans tout le royaume. Cette société, grâce au monopole qui lui était conféré par la monarchie, interdit purement et simplement toute culture de tabac en France métropolitaine. Elle rétablit provisoirement le droit jusqu’en 1724. Entre temps, en 1723, les habitants de la contrée purent bénéficier d’une baisse de leurs impôts de taille de près de 6 000 livres car leurs récoltes avaient été détruites par des intempéries. Cette interdiction fut momentanément levée en 1794.

Quoi qu’il en soit, aucune loi ne put éliminer la totalité des plants de tabac. Ainsi il exista, aux Damps, des plants de tabac dans des cours de particuliers au moins jusque dans les années 1950... et l'on ne parle que de tabac...   

 

 

Sources

- Dubosc Georges (1854-1927), «  Le Tabac de Pont-de-l’Arche, 1696-1724 », in le Journal de Rouen du 13 avril 1919 (accès au plein texte sur le site de la Bibliothèque numérique de Lisieux) ;  

- Sion Jules (1879-1940), Les Paysans de la Normandie orientale, pays de Caux, Bray, Vexin normand, vallée de la Seine : étude géographique..., Paris : A. Colin, 1909.

 


[1] Ces deux derniers villages ont formé Le Vaudreuil depuis la construction de Val-de-Reui

 

Armand Launay

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 14:16

L’Eure prend sa source dans le Perche à l’étang Rumieu (Eure-et-Loir). Depuis les travaux d’aménagement de la Seine en voie d’eau (1934), cette rivière a gagné près de 10 kilomètres et se jette dans la Seine à Martot. Autrefois, après 215 kilomètres elle se jetait dans la Seine aux Damps, de la pointe de la Garenne (petit pont actuel) jusqu'à la zone marécageuse en face du restaurant La Pomme.

 

Les Damps (7)

L'Eure aux Damps, un cadre idéal pour les balades en famille...

 

La première mention écrite de l'Eure date de 885. Elle se trouve dans les annales du monastère de Saint-Bertin sous la plume d'Hincmar, l’évêque de Reims, qui écrivit que les Normands avaient laissé leurs navires aux Damps sur les berges de l’Eure, dite Authura. 

Nous rapprochons ce mot d’atura, un mot préceltique signifiant « la source » que l'on retrouve dans de nombreux dictionnaires étymologiques. Ce nom a aussi donné Adour dans le sud de la France.  

Mais comment Authura aurait-il pu donner Eure ? 

Entre 1160 et 1170, Robert Wace nomme notre rivière dans le Roman de Rou :

« Rainault li parla a li : dessus l’ewe d’Eure

A Normanz l'envéia, ki sout la tenéure,

Manda lor k'il sace de son entreteneure »... 

Ces rimes démontrent qu’on ne disait pas « Eure » mais éure ou ure… Comme le faisait Voltaire vers 1722 qui faisait rimer dans les chants VIII et IX de La Henriade le mot Eure avec nature et structure. Vers 1907 encore, Le Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et dans les environs de Lucien Barbe nous apprend que nos ancêtres disaient la rivière d’Ure ou la dure

 

De Authura on a dû adoucir la dentale et prononcer Adura. Le "a" final a dû disparaître en même temps que le français s’est façonné, donnant Adour. Enfin, comme nombre de sons "ou" qui donnèrent un "u' dans les langues d'oïl, on dût prononcer L’Adure.

 

De là, étant impossible de différencier à l’oreille L’Adure de La Dure, le nom de la rivière a été raccourci  en rivière Dure, la rivière d’Ure puis, bientôt, l'"éure" ou l'"ure".

 

La dernière étape a été la transformation du son "u" ou "éu" en "e". L'orthographe "Eure", attestée au XVIIIe, a dû jouer un rôle important en laissant planer un doute sur la réelle prononciation. Prenons l'exemple de "gageure". Beaucoup de nos contemporains prononcent "gajeure" alors que la prononciation est "gajure". Les rectifications recommandées par l'Académie française depuis 1990 lèvent le doute en orthographiant désormais ce mot "gageüre", l'accent étant porté sur le "u". Trop tard pour l'Eure... 

Pour revenir à notre rivière, la prononciation locale "ure" a dû être concurrencée puis marginalisée par la prononciation "Eure" issue du français académique utilisé à l'oral par de nouveaux arrivants et à l'écrit par l'administration. Ensuite, la version "Ure" a dû être assimilée au parler normand local avec lequel elle a disparu puisque l'on a longtemps considéré, à tort, que les parlers locaux n'étaient qu'une déformation du français.  

 

Sources

 
- Barbe L., Dictionnaire du Patois Normand en usage à Louviers et environs, Saint-Aubin-lès-Elbeuf, Page de Garde,1998, 1re édition en 1907, 127 pages.

- Pluquet Frédéric, Le Roman de Rou et des Ducs de Normandie, volume 1, Rouen, Edouard Frère Editeurs, 1827, 414 pages.


Armand Launay

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 19:31

Généralement, quand les amateurs d’histoire se penchent sur notre passé local ils se réfèrent à ce livre qui est devenu comme la Bible, la référence de base dans l’Eure : Le Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, dont les auteurs sont MM. Charpillon et Caresme[1].

C’est un vaste ouvrage qui, malgré les années, est resté la référence… faute de mieux. Or, le type d’articles qu’il contient est à prendre avec des pincettes critiques. Nous prendrons l’exemple du fameux "fief de la Barre des Damps" qui concerne Léry.

MM. Charpillon et Caresme placèrent ce terrain aux Damps, comme la logique semble le laisser entendre. Mais, bien que les frontières entre les communes n’existaient pas encore, il faut prendre en compte le fait que cette Barre des Damps se situe aujourd’hui dans l’espace dévolu à la commune de Léry. Mais alors, comment se fait-il qu’elle portait ce nom et où pouvait-elle se situer ?

C’est grâce à un autre vaste ouvrage, dirigé par Henri Dubois, que nous pourrons répondre : Un Censier normand du XIIIe siècle. Le livre des jurés de l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen. Cet ouvrage[2] reproduit notamment l’ensemble des documents que nous avons et qui renseignent sur les redevances perçues sur les nombreuses propriétés de l’abbaye, en 1372, et notamment sur celles qui étaient situées à Léry. L’abbaye était un très grand propriétaire régional car les ducs de Normandie, puis les rois de France, appuyèrent leur pouvoir notamment grâce au contrôle exercé par les organisations religieuses. Puis, quand la Normandie devint française, ces droits furent conservés. Alors, ces religieux coopératifs, qui se situaient dans la ville de Rouen, c’est-à-dire au contact direct des souverains, s’étaient vus doter de vastes propriétés et ce depuis le début du XIe siècle, pour les terres de Léry (1018). Il faut d’ailleurs très certainement voir ici un lien entre le saint patron du village et l’abbaye rouennaise.

C’est donc à la page 316 de ce livre que l’on trouve la mention : "Sesyres Dan Nichole et Pierres Dan Nichole tienent 5 verg. de terre a la Barre des Dans"… (ces messieurs Dan Nicole et Pierre Dan Nicole détiennent 5 vergées de terre à la Barre des Damps). Il est amusant de voir que le nom des Damps est devenu leur sobriquet, leur nom, sous la forme de "Dan".

Dès lors, il faut croiser trois variables : Il existe à Léry un champ qui porte le nom de Pré aux Moines (à droite de la route qui relie Pont-de-l’Arche à Val-de-Reuil en descendant le pont) ; ce nom fait très certainement référence aux moines de Saint-Ouen ; et le champ en question se situe en direction des Damps…

Partant, il semble assez logique que les habitants de Léry, pour désigner ce champ, aient fait référence au village en direction duquel il se trouvait ainsi qu’au coteau boisé qui le jouxte et dont la pente contraste nettement avec la plaine alluviale (La Barre)… On a donc bien à faire à une pièce de terre de Léry quand on désigne le fief  de La Barre des Damps…


[1] Charpillon L.-E., Caresme A., Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Editions Delcroix, Les Andelys, 1868, 960 pages.

[2]  Dubois Henri (sous la dir. de), Un Censier normand du XIIIe siècle. Le livre des jurés de l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen, Paris, CNRS. Editions, 2001, 478 pages.

 

Armand Launay

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 11:13
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 10:57

Non, il n’y a pas d’erreur ! A un siècle d’intervalle les photographies ci-dessous montrent le même endroit aux Damps : la « maison Ainobrot » des cartes postales ou le « château de Fouquières » de la mémoire locale. La disparition de ce vaste édifice nous a intéressé et voici ce que l’on a découvert…

8

      2011

 

 7

      1950

  


Un remarquable édifice dans un agréable lieu de villégiature

Si l’origine de cette demeure nous échappe, son architecture révèle une construction du milieu du XIXe siècle avec de la pierre en matériau principal. Ses courbes rectilignes et parfaitement symétriques le rattachent à l’architecture classique française. Les dimensions et son toit à pavillons démontrent l’envie de créer un ambiance « château ». Le premier propriétaire que nous ayons retrouvé est un parisien : Alexandre Ainobrot, qui habita Les Damps au moins de 1899 – où ce rentier adhérait à la Société des amis de l’école – jusqu’en 1914. Les Damps était alors un lieu de villégiature apprécié. Nombreux sont les rouennais et parisiens à y avoir eu une résidence secondaire, le plus connu étant Octave Mirbeau. Pour revenir à la demeure qui nous intéresse ici, le dernier propriétaire fut André Becq de Fouquières (1874-1959) qui y habitait en 1931 et qui l’avait appelée l’Ermitage. Celui-ci n’était la moindre des personnalités françaises.

 

La famille Becq de Fouquières

La famille Becq de Fouquières est originaire du Pas-de-Calais. Plusieurs de ses membres ont brillé entre la fin du XIXe siècle à la moitié du XXe siècle :

-       Louis Becq de Fouquières (1831-1887) travailla sur André Chénier, le poète antirévolutionnaire, sur Aspasie de Milet, sur les poètes de la Pléiade et sur la versification française, la diction et la mise en scène ;

-       Pierre Becq de Fouquières (1868-1960) fut chef du protocole de l’Elysée et introducteur des ambassadeurs de 1920 à 1937 ;

-       André Becq de Fouquières (1874-1959) fut un homme de lettres ;

-       Louis Becq de Fouquières (1913-2001) fut colonel dans l’aviation actif pendant la Seconde guerre mondiale et pendant l’expédition de Suez en 1956.

 

André Becq de Fouquières (1874-1959)

 

André de Fouquières

André est le troisième fils de Louis Becq de Fouquières (1831-1887) et frère de Jacques (1866-1945) et de Pierre (1868-1960). Diplômé de l'École des langues orientales, il milita pour la restauration monarchique. Il renonça à la vie politique après des échecs électoraux mais garda ses contacts avec l’aristocratie monarchiste et de nombreuses personnalités du spectacle. Il écrivit en collaboration plusieurs pièces de théâtre et différents ouvrages de souvenirs. Il fut l’auteur de plusieurs pièces de théâtre et d'ouvrages sur l'art de vivre. Ses talents de conférencier furent très demandés.

 

Ouvrages

De l’Art, de l’élégance, de la charité (1910), Au Paradis des Rajahs (1912), Les Amours de Lauzun (1931), Cinquante ans de panache (1951), La Courtoisie moderne (1952), Mon Paris et ses Parisiens : I. Les Quartiers de l’Etoile (1953), II. Le Quartier Monceau (1954), III. Pigalle 1900 (1955), V. Le Faubourg Saint-Honoré (1956), V. Vers le Point du Jour (1959).

 

Théâtre

C’est pas chic, Une Nuit, J’attends Zoé !, Le Subterfuge, Sensationnel article, Recommencement, La bonne à rien faire, Le Tiers-porteur, Le Chien dans un jeu de quilles.

 

Pourquoi André Becq de Fouquières s’installa aux Damps ?

André Becq de Fouquières a expliqué son choix pour Les Damps dans son ouvrage de souvenirs : Cinquante ans de panache, édité en 1951 aux éditions Pierre-Horay (pages 376-377).

 

« Cherchant un refuge facilement accessible au cours de l’année, lorsqu’on ressent le besoin de rompre, serait-ce pour quelques heures, avec la vie fiévreuse à quoi Paris nous condamne, j’arrêtai mon choix, certaine matinée d’automne, sur une maison située entre Paris et Deauville. Une maison toute simple, assez ancienne pour avoir une âme, à Saint-Pierre-des-Damps, petit village adossé à la forêt de Louviers, à l’ombre de Pont-de-l’Arche. Les buis, les rosiers et les tilleuls contribuaient à doter ma demeure d’une atmosphère de douceur et de paix. L’Eure se glissait contre un mur avant de mêler ses eaux à celles de la Seine. J’apercevais au loin les cheminées des remorqueurs et les mâts des péniches sur fleuve deviné, et la « côté des deux amants » dont le nom évoque une vieille légende effacée. Avoir élu cette retraite ne signifiait nullement que je songeasse le moins du monde à renoncer à tout ce qui avait toujours été ma vie : Paris à cent kilomètres, le tourbillon d’élégance de Deauville était plus proche encore, et Rouen, cité glorieuse d’un incomparable passé, fière de sa prospérité industrielle et de son négoce, Rouen n’était qu’à quelques lieues. Tout cela avait fixé mon choix, tout cela m’avait décidé, moi un homme du Nord doublé d’un parisien, moi qui avais promené le panache de France des palais des rajahs hindous à ceux des milliardaires de la Cinquième Avenue, qui avais porté mes pas sur les parquets des plus illustres familles d’Europe, tout cela m’avait décidé à venir me reposer parfois ici pour méditer un moment sur les vanités du monde.

Mon ami Maurice Doutre avait mis son goût délicat au service de ma maison des champs. J’avais amené là des meubles qui m’étaient chers, des tableaux, des tapis, des souvenirs, des documents, une bibliothèque de 4000 volumes composée d’éditions rares et de livres richement reliés, les uns provenant de ma famille, les collectionnés avec amour. »

 

Ce passage ne dit pas que la région de Pont-de-l’Arche était déjà connue de la famille Becq de Fouquières. En effet, son frère, Jacques, s’était établi à 4 kilomètres de là, à Criquebeuf-sur-Seine, de 1909 à 1922. Le choix d’André a donc porté sur une région qui lui était familière. Cependant, s’il venait souvent à son Ermitage des Damps, il n’en fit jamais sa résidence principale.

 

Une description de l’Ermitage par Edmond Spalikowski

 

Carte postale des Damps(39)

L'Ermitage, côté cour.

 

Dans Pont-de-l’Arche d’hier et d’aujourd’hui, édité en 1930 à Rouen chez A. Lestringant, Edmond Spalikowski décrit la demeure d’André Becq de Fouquières.

 

« Sur trois larges baies s’ouvre le hall imposant dans son austérité rompue par quelques meubles, divan, fauteuils. Le portrait du maître de ces lieux dans une pose romantique, reçoit, dès l’escalier de fer forgé, les hôtes et les amis. Voici l’antichambre aux murs tendus de nattes où se détachent quelques toiles et dessins anciens, la salle à manger au décor jaune de toile cirée, ainsi que les rideaux portières et sa longue table dont les dimensions révèlent que l’hospitalité généreuse ne regarde pas au nombre des convives. Du premier étage où se déroule la succession des chambres meublées à la moderne dans l’intimité desquelles survivent quelques souvenirs de familles ou reliques d’hier, le panorama s’élargit, et l’œil s’éjouit du spectacle des futaies en ligne pour la parade. Le jardin à son tour réserve des surprises. Le rideau des grands arbres, aux bras étendus dans un geste de bénédiction ou de protection, dissimule à peine un petit édicule de la Restauration, la bibliothèque aux reliures attristées d’un abandon qu’impose l’existence trépidante de la capitale, les communs où se tapit l’auto toujours prête, aux bondissements vers l’aventure de la route. Puis là-bas, au delà du potager orgueilleux de son exposition légumière et florale, un simple rez-de-chaussée qui, jadis, remplit l’office de mairie pour le village des Damps, a vu transformer la salle municipale en chambre-salon au lustre d’un modern-style audacieux et ses annexes en cabinet de bain et cuisine. Voici vraiment l’ermitage rustique bien que confortable, contrastant avec le manoir d’en face, aux lignes rigides, aux toits d’ardoises à lucarnes. Les murs du verger courent le long d’un sentier qui limite le domaine jusqu’à la grille ouverte sur le mystère des buissons et des ombrages. Et c’est là, douce demeure de grand seigneur doublé d’un artiste et d’un lettré, dont l’accueil dit le grand cœur et la race. »

 

La fin des « délices » aux Damps…

 

Nous reprenons la suite du passage de Cinquante ans de panache cité ci-dessus :

 

« … vint la guerre, la bataille de France, la retraite. Un pont dynamité[1] entraîna de graves dommages pour ma maison – la seule à avoir été sinistrée dans le village. Je n’étais pas là : ce fut le pillage. Les Allemands brûlèrent mes livres sur la pelouse. Aujourd’hui encore, ce qui reste de mon ermitage est indûment occupé… Ce qui fut mes délices durant plusieurs années m’est plus maintenant pour moi que sujet d’amertume. Si la belle chanteuse Jeanne Aubert, qui fut, avec Olympe Heriot[2], ma voisine, revient parfois à son rendez-vous de chasse, elle peut voir, sur place, une stèle que la guerre a laissée intacte : mon nom y figure, car j’avais obtenu du ministre compétent de fortes subventions pour les écoles[3]. Les enfants d’hier sont aujourd’hui des hommes. Ne pensent-ils pas que ce témoignage de gratitude, gravé en lettres d’or sur le marbre, acquiert une certaine force d’ironie de s’adresser à un homme dont nul n’a eu souci de protéger le bien en son absence, qui fut pillé, abandonné, spolié ? Est-là le prix qu’il faut payer pour l’intransigeance de la fidélité à ses convictions, pour l’attachement à la liberté des consciences, pour l’horreur de tout sectarisme ? Par une autre ironie du destin, le seul souvenir qui me reste de ma maison de Saint-Pierre-des-Damps est… une œuvre allemande : mon buste par Arnold Rechberg. Par miracle il a échappé au pillage et m’a été restitué. Arnold Rechberg était venu travailler à Paris bien avant l’autre guerre. Il rêvait d’une entente franco-allemande et fut mêlé à des conversations passablement mystérieuses et qui n’eurent pas l’heur de plaire au gouvernement de Berlin, qui en eu vent. Il tentait de mettre dans son jeu diverses dames de la Société et je me souviens qu’il donna une soirée costumée suivie d’un cotillon que je conduisis avec la princesse Lucien Murat… »

 

C’est ainsi que le château de Fouquières fut squatté puis finit en carrière de pierres. Un nouvel édifice bien plus modeste l’a remplacé et il ne reste, aujourd’hui, que la base d’un mur faisant office de clôture.

 

Avec mes remerciements à Louis-Aimé Becq de Fouquières.

 

Carte postale des Damps(47)



[1] Le pont de Pont-de-l’Arche fut dynamité par les armées française et anglaise le 9 juin 1940 pour retarder l’avancée des panzers de Rommel (note A. Launay). 

[2] Qui habitait la Vènerie, à Pont-de-l’Arche, à l’orée du bois sur la route de Louviers (note A. Launay).  

[3] Son nom figure toujours sur une des deux plaques du groupe scolaire Maxime-Marchand visible sur la photographie ci-dessous (note A. Launay).

 

Plaque école PA 

Armand Launay

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Published by Armand - dans Les Damps
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...