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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 22:21

Le 27 mai 1960, le Conseil municipal réuni sous la présidence de Roland Levillain lança une grande opération urbaine : la construction du « lotissement de la forêt ». Les élus votèrent l’acquisition des terrains situés entre la rue Charles-Cacheleux, la déviation de la route nationale 154, actuelle départementale 6015, et le stade JacquesHavet en cours de réalisation. Il s’agissait pour la Ville de les aménager avant leur revente à des sociétés immobilières chargées de commercialiser les lots. La Ville avait lancé, dans le même temps, un projet de construction de parc des sports : l’actuel stade Jacques-Havet.

       Vues aériennes (23)

Vue aérienne du Lotissement de la Forêt (carte postale des années 1960).

 

Le 14 juin 1962, les élus attribuèrent les lots à la SOCIM, la Société civile immobilière Pont-de-l’Arche La Rivière (imprimerie Jeanbin) et la Société anonyme coopérative Pont-de-l’Arche La Forêt.

Le 19 juin 1963, le conseiller municipal Lucien Siva, par ailleurs directeur de l’école publique, rapporta aux élus les noms des rues sur lesquels il a été missionné. Ainsi furent baptisées l’impasse des Avettes (abeille en ancien français), l’impasse des Chanterelles, la rue des Griottes (variété de cerises), l’impasse des Grives, la rue des Pervenches, la rue des Sapins et la rue de la Folie Vallée, rebaptisée plus tard rue Président-Kennedy. C’est du moins ce qu’on peut lire dans une délibération du 15 octobre 1969. Auparavant, cette voie était appelée « ancien chemin de la Folie Vallée » du nom de la riche demeure située près du rondpoint des écoles.

Le lotissement de la Forêt est un nom aujourd’hui peu usité. Il offre le plus ancien témoignage archépontain de zone pavillonnaire durable très consommatrice en terrain avec une maison au centre de chaque parcelle. Ce lotissement témoigne des années 1960 où une certaine prospérité a permis de construire des logements neufs, tout confort, soucieux de l’hygiène la plus parfaite et avec, fait nouveau, un garage pour les voitures personnelles. Il a auguré la valse des constructions de zones pavillonnaires sur tous les espaces libres au sud de Pont-de-l’Arche. 

 

      P1090281.JPG

L’immeuble des Pervenches a été construit en 1962 pour loger certains salariés de l’entreprise Jeanbin. Sise dans la rue Jean-Prieur, dans l’ancienne usine de Paul Nion, cette entreprise était spécialisée dans l’impression d’étiquettes.     

 

 

P1040846

Le blason de la Ville sur les plaques de rues bleues est l’indicatif des années 1960 à Pont-de-l’Arche.

 

 

P1090748

Une trace d’immigration (?) bretonne sur façade de  la rue des Pervenches  « Beg er lan », du nom d’un cap près de Quiberon. Maison ayat appartenu à Pierre Kerrand, secrétaire gérénal de la mairie durant le mandat de Roland Levillain.
 

 

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Armand Launay

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 16:31

Anciennement appelée « place du Faubourg des Champs », c'est en 1937 que cette place archépontaine, bousculée par l'automobile, prit le nom d'Aristide Briand.

 

Avec nos remerciements à Jacqueline Nalet pour le plan de 1773

 

Pourquoi y a-t-il autant d'espace en ce lieu ? 

Ci-dessous, sur le haut d'un détail du plan au 1/150e daté de 1773, on voit l'arc de cercle des remparts sud de Pont-de-l'Arche. Une avancée de ces remparts protège l'entrée de la ville où se trouve un "petit pont" donnant sur deux premières maisons et l'ancien calvaire. Ce document est conservé aux Archives nationales sous le nom de "Plan des fossés et glassis de Pontdelarche...". Il constitue une annexe de l'arrêt du Conseil du 16 juillet 1773 portant sur une contestation d'abattage d'arbres par le "sieur Durufley". Cette avancée des remparts explique la largeur de la place des Champs depuis le pied des remparts au sud de la rue Sainte-Marie jusqu'aux maisons des faubourg représentées sur le plan. 

Les délibérations du Conseil municipal d'Ancien Régime attestent que l'autorisation de combler le "pont dormant de la place des champs" fut accordée en 1747. Ces mêmes archives montrent que la place des champs fut aplanie en 1779 suite à l'autorisation de l'intendant Louis Thiroux de Crosne. C'est en ce temps que les boulevards de la ville furent créés et le fort de Limaie démoli avec maintes parties des remparts

Le plan cadastral de 1834 montre encore le pont à bascule au milieu de ce qui deviendra la place Aristide-Briand.   

La place dût prendre son nom du faubourg des champs, c'est-à-dire le petit quartier de maisons à pans de bois situées au début de la rue Maurice-Delamare, autour de l'actuelle place Aristide-Briand, au début de la rue Charles-Cacheleux et au début de la rue Général-de-Gaulle. La référence aux champs n'aurait pas suffit à caractériser l'endroit car la porte Saint-Jean (vers Bonport) donnait elle aussi sur des champs... mais pas sur un faubourg. 

Sur cette faible reproduction d'un plan au 1/150e datant de 1773, on voit l'arc de cercle des remparts sud de la ville. Une avancée de ces remparts protège l'entrée de Pont-de-l'Arche où se trouve un "petit pont" donnant sur deux premières maisons et l'ancien calvaire (Archives nationales, "Plan des fossés et glassis de Pontdelarche...", annexe de l'arrêt du Conseil du 16 juillet 1773).

Sur cette faible reproduction d'un plan au 1/150e datant de 1773, on voit l'arc de cercle des remparts sud de la ville. Une avancée de ces remparts protège l'entrée de Pont-de-l'Arche où se trouve un "petit pont" donnant sur deux premières maisons et l'ancien calvaire (Archives nationales, "Plan des fossés et glassis de Pontdelarche...", annexe de l'arrêt du Conseil du 16 juillet 1773).

Le plan cadastral de 1834 montre encore le pont d'entrée des remparts de la ville. Le reste des fortifications a été rasé et laisse un espace important : la future place Aristide-Briand (Archives départementales de l'Eure).

Le plan cadastral de 1834 montre encore le pont d'entrée des remparts de la ville. Le reste des fortifications a été rasé et laisse un espace important : la future place Aristide-Briand (Archives départementales de l'Eure).

Un espace public

La place qui nous intéresse était bien vaste. Elle accueillit des foires ponctuelles et quelques sessions de la fête Sainte-Anne. Elle accueillit aussi des exercices militaires puisqu'elle fut appelée, un temps, place du champ de Mars. 

Telle qu'elle nous apparait sur les photographies du début du XXe siècle, elle est bien vide. On y voit quelques voitures à cheval, de premières automobiles... et donc un garage en haut de la rue Président-Roosevelt, des hôtels-restaurants (Le Grand Saint-Eloi et l'Hôtel du midi), des boutiques... 

La place Aristide-Briand au début du XXe siècle, un espace bien vide propice aux voyageurs et aux foires locales. La place Aristide-Briand au début du XXe siècle, un espace bien vide propice aux voyageurs et aux foires locales.
La place Aristide-Briand au début du XXe siècle, un espace bien vide propice aux voyageurs et aux foires locales. La place Aristide-Briand au début du XXe siècle, un espace bien vide propice aux voyageurs et aux foires locales. La place Aristide-Briand au début du XXe siècle, un espace bien vide propice aux voyageurs et aux foires locales.

La place Aristide-Briand au début du XXe siècle, un espace bien vide propice aux voyageurs et aux foires locales.

1937 : la place se nomme Aristide-Briand

C'est à Emile Chary, élu radical-socialiste membre de l’opposition à Raoul Sergent, que nous devons l'idée d'attribuer le nom d’Aristide Briand à l’une des principales places de ville. Lors du Conseil municipal du 4 mars 1937, Émile Chary, directeur de la salle de cinéma et de théâtre, voulait honorer un homme estimé chez les républicains radicaux.

Les élus de Pont-de-l’Arche ont fait montre de sympathie envers celui qui passait pour être le sauveur de paix. Déjà, lors d’une délibération du Conseil municipal du 19 janvier 1933 les élus se virent remercier par leurs homologues d’Houlbec-Cocherel pour les 200 francs accordés pour le monument en la mémoire d’Aristide Briand. Ce monument, toujours visible, rappelle l’attachement de l’homme politique à ce carré de Normandie où il aimait à se retirer.

Pour mémoire, Aristide Briand, homme politique, est resté dans la mémoire collective pour son œuvre en faveur de la paix. Il reçut le prix Nobel de la paix de 1926, partagé avec G. Stresemann. Grâce à son activité au sein de la Société des Nations, le célèbre pacte Briand-Kellog proclamant la renonciation générale à la guerre fut signé en aout 1928 par 60 nations.

 

Vers 1960, l'automobile chamboule la place

La circulation automobile a commencé à affecter le fonctionnement de la société après la Seconde guerre mondiale ou, fil des ans, chaque foyer se dota d'un véhicule. La société en fut affectée et sa voirie aussi. La place Aristide-Briand fut goudronnée au sortir de la guerre. Il faut attendre Roland Levillain pour qu'un rondpoint soit créé en 1959 au centre de la place Aristide-Briand. Il fut bientôt entouré d'aménagements secondaires un peu discordants oubliant les piétons et créant de drôles de priorités à droite au coeur du rondpoint. 

Notre place avant sa réhabilitation (clichés Armand Launay, 2011 et 2012).
Notre place avant sa réhabilitation (clichés Armand Launay, 2011 et 2012).
Notre place avant sa réhabilitation (clichés Armand Launay, 2011 et 2012).

Notre place avant sa réhabilitation (clichés Armand Launay, 2011 et 2012).

La place Aristide-Briand après sa réhabilitation (clichés Armand Launay, mars 2014).
La place Aristide-Briand après sa réhabilitation (clichés Armand Launay, mars 2014).La place Aristide-Briand après sa réhabilitation (clichés Armand Launay, mars 2014).

La place Aristide-Briand après sa réhabilitation (clichés Armand Launay, mars 2014).

2013-2014 : place aux piétons !

Afin de redonner aux piétons toute leur place, afin de limiter l'omniprésence des véhicules, le maire Richard Jacquet, par le biais de la Communauté d'agglomération Seine Eure, fait réhabiliter la place Aristide-Briand en supprimant notamment son rondpoint. Cette place centrale semble appelée à prolonger le centre-ville du point de vue urbain mais aussi du point de vue des services publics puisque la Ville de Pont-de-l'Arche, qui est devenue propriétaire des locaux du garage Renault, envisage d'y implanter son centre culturel-médiathèque.

Armand Launay

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 22:50

Donner un nom de personne à une rue démontre l’envie de disputer à l’oubli les mérites d’un individu estimé. Mais la mémoire doit s’entretenir car le nom de « rue Blin », par exemple, n’évoque plus dans les esprits qui fut Julien Blin, ancien maire et bienfaiteur de Pont-de-l’Arche.

 

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La rue Julien-Blin en 2012 (photo Armand Launay)

 

Julien Robert Alexandre Blin naquit le 1er octobre 1738 et mourut le 29 novembre 1826. Nous n’avons pas trouvé de lien généalogique avec la famille Blin d’Elbeuf. Il était ingénieur des ponts et chaussées, Pont-de-l’Arche étant un point stratégique sur la Seine.

 

Nommé maire en période de crise

Avec le retour de la monarchie, l’Etat, par le biais de la Préfecture de l’Eure, nomma Julien Blin à la fonction de premier magistrat de Pont-de-l’Arche, ce qu’il assuma jusqu’à sa mort. Son mandat est caractérisé par un assainissement des comptes de la ville. Déficitaires en 1815, les comptes étaient excédentaires en 1826 notamment grâce aux réclamations systématiques de sommes indument payées par la Ville à la Préfecture ou, tout simplement, dues par la Préfecture.

 

Un bienfaiteur durant son mandat

Julien Blin fit don de nombreux biens immobiliers (et les rentes sur ces biens) qui donnèrent à la ville quelques moyens d’action dans une période noire. En effet, après les guerres, la perte des tribunaux royaux en 1790, la fin du montage des bateaux en 1813… et avant l’arrivée de l’industrie du chausson, Pont-de-l’Arche était très pauvre. Il semble que Julien Blin ait acquis ses biens en les achetant à des particuliers s’étant enrichis durant la Révolution. En effet, ses propriétés sont souvent d’anciens biens religieux réquisitionnées par l’Etat à la Révolution avant d’être revendus comme biens nationaux.

Lorsqu’il fit démolir partiellement les remparts de sa propriété (très certainement l’actuel presbytère), il finança aussi l’abaissement des remparts derrière l’église, une bonne chose en ce temps. Le Conseil municipal lui fit part de ses remerciements.

Le 2 mai 1816. Julien Blin donna les bases de la première école de la ville. En 1818, il fit construire de nouveaux locaux au-dessus de la salle d’Armes afin de servir de logements pour l’instituteur et les deux sœurs enseignant aux filles.

Lors du conseil municipal du 5 février 1822, il fit don à la commune de trois maisons, dont l’actuel presbytère, contre la promesse du Conseil de payer le logement du vicaire, en plus de son traitement annuel, mais aussi de célébrer une messe basse mensuelle en son honneur. Le curé devait aussi être logé dans cette demeure.

 

Bienfaiteur à l’origine de l’hôpital local

Le 25 aout 1827, le Conseil municipal rapporta les termes du don testamentaire de Julien Blin. Sans descendance, il donna à la commune des biens immobiliers estimés à 236 450 francs (les recettes de la ville étant de 6 000 francs cette année-là). Ces biens comprenaient l’ancien couvent des pénitents à condition qu’il serve d’hôpital destiné à l’accueil des « indigents malades et inférieurs », de la ville et de bonne moralité.

Julien Blin offrit aussi quatre maisons rue de la Municipalité, où il mourut, et qui porte aujourd’hui son nom ; trois petites maisons rue de Crosne et place de l’église ; diverses terres cultivables aux Damps, Léry, la Haye-Malherbe. Ces dernières terres devant fournir de quoi financer en partie le Bureau de bienfaisance de la commune, en charge du fonctionnement de l’hôpital.

Les élus écrivirent que ce « legs fait honneur aux sentiments généreux de M. Blin pour la ville où il a voulu finir ses jours [et] sera un très grand secours pour cette même ville, à raison de la quantité d’indigents malades et infirmes qui s’y trouvent, et du peu de ressources qu’elle possède pour y subvenir. »

 

DSCF3408.JPG

Une des parties anciennes de l'EHPAD (ex-hôpital local)

fondé grâce aux dons de Julien Blin (photo Armand Launay, 2010). 

 

L’hommage de la Ville

En 1830, les élus votèrent l’érection d’une « pierre tumulaire » sur la tombe de Julien Blin, dans le cimetière communal. En 1865, sous la présidence de Jean-Baptiste Delaporte, les élus décidèrent de donner le nom de « Blin » à la rue de la Municipalité, ancienne rue de la Geôle, ancienne rue Royale). Il entérina en fait l’usage populaire qui nommait la rue du nom du notable qu’était Julien Blin. Dans sa délibération, ce même Conseil ne retint de cet homme que son legs testamentaire, passant sous silence – ou ignorant – l’ensemble des ses actes et surtout son attention pour la Ville. La mémoire doit s’entretenir.

 

Monument Blin 1

La stèle érigée par la Ville dans le cimetière communal en 1830

en hommage à Julien Blin (photo Armand Launay, 2012)

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal

 

 

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Armand Launay

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 22:12

Roger Leroux est né le 24 février 1922 à Saint-Victor-d’Epine (Lieuvin) et décédé à Pont-de-l'Arche le 12 aout 1996.

Après l’obtention du Certificat d'études, il devint commis d'épicier à Bernay. A 20 ans il entra dans la clandestinité pour échapper au STO. Il rejoignit le marquis Surcouf créé par Robert Leblanc. A la Libération, il s’engagea au 1er bataillon de Normandie (élément du 1er régiment du 129 RI) qui lui valut la Croix du combattant 1939-1945 et la Croix des combattants volontaires de la Résistance.

Démobilisé en 1946, il travailla dans le monde de l'assurance vie dans la région de Brionne. Il s’installa en 1952 à Léry afin de travailler à Louviers. En 1958, il adhéra au PCF après avoir été longtemps sympathisant. En 1965, il commença sa vie d’élu à Léry en tant qu'adjoint au maire. Il démissionna en 1970 pour s'installer à Pont-de-l'Arche où son épouse était directrice de l'école des filles depuis 1947.

En 1977, il se présenta aux élections municipales de Pont-de-l’Arche et fédéra autour de son équipe PCF les socialistes de Fernand Attal, les radicaux de gauche de René Avril et diverses personnes non encartées comme Paulette Lecureux. Il fut élu face à la droite et devint ainsi le deuxième maire communiste de la ville après André Bénet (1945-1947).

 

1977-1983 : premier mandat

Ce premier mandat est caractérisé par une rupture en matière immobilière avec l'ancien maire Roland Levillain (DVD). Le nouveau maire lança une réflexion globale sur l'utilisation des terrains (avec l'élaboration d'un Plan d'occupation des sols (POS) (1980-1985). Il lança le projet de construction d'une résidence HLM afin de contrecarrer la baisse de population et de garantir une certaine mixité sociale. Roger Leroux et son équipe reprochaient à Roland Levillain sa position ambigüe de maire et, dans le privé, de promoteur immobilier (Groupe maisons individuelles) intéressé par les terrains de La Petite-Nation, aujoud'hui appelée La Pommeraie (Le Trait d'union n° 11, juillet 1979). Il fit mettre fin à un projet de Roland Levillain. 

Ce mandat vit naitre de nombreux équipements publics : la salle de tennis de table (1977), le Mil-club (1979), le vestiaire du terrain de tennis (1980), la couverture d'un court de tennis (1980), les sanitaires au cimetière (1980), l'agandissement de l'école maternelle : trois classes, une salle polyvalente et un restaurant (1982), l'achat des locaux du Centre de loisirs (1980) et sa réhabilitation avec création de piscine... C'est en 1983 que le Conseil municipal demanda aux autorités publiques l'étude d'un contournement de la ville dans un axe Est-ouest mais aussi Nord-sud avec un nouveau pont au niveau du Manoir-sur-Seine.

Du côté de la démocratie locale, ce mandat fut riche en création d'instances participatives :

- l'Association pour les loisirs éducatifs de Pont-de-l'Arche (ALEPA) en 1979 (gérant le Centre de loisirs) ;

- création de l'Office municipal des sports (OMS) en 1979 présidé par Jean-Jacques Lisowski ;

- création du Groupe municipal d'actions culturelles (1981) ;

A noter aussi la naissance des garderies scolaires (1977) et de l'école de danse (octobre 1979). Celle-ci a évolué dans les locaux du Mil-clubs. Devenue intercommunale (1983), elle est l'ancêtre de l'école Erik-Satie (musique, danse et théâtre). 

Ce mandat se traduisit par une hausse des impôts consécutive à l'augmentation des services publics. 

 

1983-1989 : second mandat

Roger Leroux fut réélu aux élections municipales de 1983 face à une liste divers droite de Jackie Lesoive et face à une liste socialiste de Fernand Attal, étrangement ralliée à la droite au second tour et radiée, de fait, du parti socialiste.

Le second mandat de Roger Leroux vit l'émergence des résidences HLM lancées durant le premier mandat : Louis-Aragon (1984), Pierre-Mendès-France (première tranche : 1984, deuxième tranche : 1987). Cette deuxième tranche nécessita l'adoption de nouveaux noms de voies en 1988 : Pierre-Semard, Pierre-Brossolette et Jean-Moulin.

Du côté des équipements publics, la caserne des pompiers fut bâtie (1985) avant que le corps ne fût érigé en Centre de secours (1987), la salle des fêtes fut rénovée (1987), avec le syndicat intercommunal le gymnase du collège fut livré (1986), les terrains de sports furent transférés au chemin de la Procession (1987), la Maison des associations fut créée (1987) dans un local de la rue Roger-Bonnet (acquis en 1988).

C'est aussi durant le mandat de Roger Leroux que de nombreux logements accessibles à la propriété furent créées. Tout d'abord, fut livré le Village Sainte-Anne (1984) avec les rues Jean-Mermoz, Louis-Blériot et Antoine-de-Saint-Exupéry. Puis, fut livrée la résidence Jules-Massenet (1987) avec les rues Georges-Bizet, Hector-Berlioz, Charles-Gounod. Enfin, furent livrés les premiers lots de La Pommeraie à partir de 1986 et, en 1987, le baptême de rues plus ou moins en cours de construction : Antoine-Laurent-de-Lavoisier, Louise-Michel, Louis-Pasteur, Maurice-Ravel, Paul-Langevin, Pierre-et-Marie-Curie. 

Ce second mandat de Roger Leroux connut une légère baisse de la fiscalité.  

 Fete-des-meres-1979.jpg

Roger Leroux, au centre et au fond (regardant vers sa droite), parmi les Archépontaines honorées lors de la fête des mères de 1979 sur le degré de l'hôtel de Ville (Archives municipales). 

 

Aux élections municpales de 1989, Roger Leroux fut battu par Paulette Lecureux, son ancienne adjointe, très investie, qui se présenta sous l'étiquette socialiste. Autour d'elles figuraient de nombreux élus en désaccord sur la gestion de Roger Leroux durant son second mandat.       

 

La résidence Roger-Leroux

Le nom de Roger Leroux fut proposé par Hervé Castel en 2006 pour nommer une rue de la résidence du Chêne-Jaunet en 2006. Son idée fut rejetée car le Conseil municipal ne voulait pas de noms de personnes politiques. Cette idée ressortit néanmoins pour la dernière tranche de la résidence Pierre-Mendès-France inaugurée par le maire, Richard Jacquet en 2008. Programmée par Roger Leroux, cette dernière tranche de la résidence Pierre-Mendès-France prit beaucoup de retard et ce n'est que justice si elle porte son nom.

 

 

Sources

Le Trait d'union, bulletin d'informations municpales

Registres des délibérations du Conseil municipal

 

 

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Armand Launay

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 22:51

Nommée rue de « l’Abreuvoir » jusqu’au début du XXe siècle, Albert Lepage a écrit en 1898 que ce nom était une déformation du nom du couvent « Saint-Antoine » qui exista de 1635 à 1738 (1).

L'auteur a écrit que les sœurs ne pouvaient porter de toile d’où le nom d’abbaye sans toile.

Cependant, une charte de 1284 reproduite par Léopold Delisle (2) nomme cette ruelle la Basse sentele, c’est-à-dire la « petite sente du bas ». C’est un peu comme la Petite-chaussée, ruelle sœur, mais avec une précision sur l’altitude. Ces deux ruelles répondaient au besoin d’accéder aux berges de la Seine (eau, rinçage, pêche…) par le biais de portes car le bas de la rue principale de la ville (Alphonse Samain, de nos jours) était uniquement occupé par… le pont ! Ces poternes sont visibles, de part et d’autre du pont, dans les gravures anciennes représentant la ville.

Mais, quel est le lien entre Basse sentele et Abbaye-sans-toile ? La langue normande parlée il y a un siècle encore. Les Archépontains parlaient de rue d'la basse sontèle. Or, un Francophone – qui savait que le son français [oi] donne [ei] en Normand – a écrit ce nom en prenant le son [tèle] pour l’équivalent français de toile…  

 

P1170293.JPG

La rue Abbaye-sans-toile depuis le foyer de jeunes travailleurs (2010). 

 

 

(1) Lepage Albert, « Essai historique sur le prieuré de Saint-Antoine du Pont-de-l’Arche vulgairement désigné sous le nom d’Abbaye sans toile », in Bulletins de la Société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers, t. V, année 1898, 439 pages, voir les pages 25-28 (ch. 1er), t. IX, année 1905, 76 p., voir les pages 48-67 (ch. 2-6e).

(2) Delisle Léopold (publié par), "Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, Saint-Louis et Philippe le Hardi", Mémoire de la société des Antiquaires de Normandie, 2e série, 6e volume, XVIe volume de la collection, Paris, 1852, 390 pages. Page 269 : charte n° 1038 (novembre 1284) : « … in parrochia Pontis Archie, ex dono decani Lexoviensis, una domus sita juxta cimiterium Pontis Archie ; item, ex venditione sororum Nicholai de Sahurs, super quamdam pecia terre sita in vicecomitatu Pontis Archie, in loco qui dicitur la Basse Sentele, quindecim solidi annui redditus ; item, ex dono magistri Roberti Lathomi de Pontis Archie una carreria ad lapides capiendum, sita juxta peciam terre venditam per sorores predicit Nicholai de Sahurs ; item, in vicecomitatu Pontis Archie, in feodo Almaurici Recuchon, una acra terre ; item, ex venditione Guilhelmi Flote, apud Lereium, novem solidi redditus ; item, ex dono Thomas de Valle, apud Pontis Archie, quator solidi redditus… ex dono Lucie de Lymeio juxta Pontis Archie, duo solidi redditus… »

 

Armand Launay

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 22:29

Dans le bas-côté sud de l’église Notre-Dame-des-arts (Pont-de-l’Arche) se trouve un beau retable.

P1160420.JPG

En son centre, se trouve une toile du XVIIe siècle : La Descente de la Croix. Cet ensemble a été classé Monument historique au titre d’objet le 26 aout 1976.

Sous le retable est situé un tombeau d’autel portant un tabernacle. Sur ce tombeau, on voit clairement deux clés croisées. Elles sont l'emblème de saint Pierre, détenteur des clés du Paradis. Autre emblème présent, la tiare papale aux trois couronnes, surmontée d'un lac d'amour et non d'une croix, et une croix de patriarche. 

Sachant que l’église Saint-Pierre des Damps, devenue propriété de la paroisse de Pont-de-l’Arche, a été détruite par cette même paroisse, nous pensons avoir affaire à un vestige de l’église disparue et depuis remplacée par la chapelle Saint-Pierre.

Avec le retable du bas-côté nord, issu de Bonport, nous aurions ici l’origine du deuxième retable latéral de Notre-Dame-des-arts.  

 

P1100282

Détail du tombeau d'autel où l'on retrouve des emblèmes de saint Pierre (les clés croisées et la tiare papale), certainement les indicatifs de l'origine du retable : l'ancienne église Saint-Pierre des Damps.  

 

 

Armand Launay

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 22:11

A Pont-de-l'Arche, il est difficile de ne pas entendre parler de Maurice Delamare grâce à la rue et à l'impasse qui portent son nom. En effet, l'ancienne « route du Vaudreuil » et ancienne "impasse Salette" ont été rebaptisées ainsi le 4 mars 1937 lors du conseil municipal présidé par Raoul Sergent. Outre l’estime que lui portaient les élus, il semble que l’on ait aussi salué le beau-père de Marcel Ouin, le célèbre patron des chaussures Marco. Mais qui était Maurice Delamare ? 

 

Maurice Delamare

La photo de Maurice Delamare publiée dans

 L'Industriel de Louviers du 14 avril 1928.

 

Né à Veules-les-Roses en 1869 et décédé à Pont-de-l’Arche le 12 juillet 1930, Maurice Delamare acquit une officine de pharmacie à Pont-de-l’Arche. En 1910, il abandonna sa pharmacie pour se consacrer à une fabrique de produits pharmaceutiques fondée en 1897 et transférée en 1912 à Romilly-sur-Andelle.

Maurice Delamare arriva au Conseil municipal grâce aux élections du 24 avril 1900. Il émargeait déjà chez les républicains de gauche, voire radicaux car il fut le seul avec Léon Bataille, maire, à s’opposer à la demande d’ouverture d’une école confessionnelle dans la ville (l'école Saint-Charles). On a aussi compté Maurice Delamare parmi les rangs des républicains radicaux. L’Industriel de Louviers notait, lorsque l’association des républicains de gauche du canton se réunit le 20 avril 1913 pour désigner un candidat pour les élections cantonales : Sur l'insistance de M. Lécaudé, de Léry, qui suppliait M. Delamare de porter le drapeau de la République radicale, le maire de Pont-de-l’Arche a accepté la candidature. Puis par 36 voix contre 24, les membres présents ont décidé de ne pas changer le nom de l'Association républicaine du canton. Ce même journal, devenu conservateur, notait à la mort de l’élu que : D’opinion radicale, M. Delamare ne consentait point à arborer l’étiquette radicale-socialiste et affirmait des idées raisonnables. Un radical modéré mais resté à gauche, en somme. Cette modération traduisait peut-être des soucis électoraux car le canton de Pont-de-l’Arche n’était pas profondément ancré à gauche.

En-tête de lettre de Maurice Delamare, pharmacien, qui fonda une fabrique de produits pharmaceutiques en 1897. Celle-ci fut transférée en 1912 à Romilly-sur-Andelle. Ses locaux sont représentés sur cette illustration (Archives municipales de Pont-de-l'Arche : 5H9).

En-tête de lettre de Maurice Delamare, pharmacien, qui fonda une fabrique de produits pharmaceutiques en 1897. Celle-ci fut transférée en 1912 à Romilly-sur-Andelle. Ses locaux sont représentés sur cette illustration (Archives municipales de Pont-de-l'Arche : 5H9).

Si la popularité se lit au nombre de voix qui se portaient sur notre homme aux différents scrutins communaux, Maurice Delamare séduisait surtout les élus. Le 29 décembre 1909, notre homme talonnait Henri Girard quand il s’était agi de nommer un adjoint au maire, Jules Fromont (républicain de gauche). Le 17 mai 1908, alors qu’il était arrivé en dernière position dans la liste des hommes élus au scrutin municipal, il fut nommé adjoint au maire, Henry Prieur (républicain de gauche). Avec les principaux élus, il avait bataillé pour la construction d’un groupe scolaire mixte, en vain car il fut mis en minorité par ses propres amis conseillers parmi les plus conservateurs qui souhaitaient construire une école neuve pour les seuls garçons.

Ce sont les municipales du 19 mai 1912 qui ont donné le premier mandat de maire à Maurice Delamare où il obtint 10 suffrages sur les 16 conseillers. Ses capacités et sa popularité l’amenèrent à se présenter face à Maurice Hervey (droite) aux élections cantonales. Contre toute attente, il battit ce candidat le 3 aout de la même année. L’Industriel de Louviers publia un article rapportant que 350 personnes se rendirent à un banquet républicain fêtant la victoire de Maurice Delamare dans l’usine du radical Marcel Ouin (MARCO). Il nota que « l’intelligence et la valeur de M. Hervey sont d’une envergure difficile à atteindre par les hommes politiques du département. À la valeur du vaincu se mesure l'importance de la victoire et la joie des vainqueurs ».

Maurice Delamare fut mobilisé dès le début de la Première Guerre mondiale mais fut de retour à la séance du 27 janvier 1915, date à partir de laquelle il put assumer le difficile ravitaillement de la population. Dans un contexte peu favorable à la gauche,

Maurice Delamare ne fut pas réélu lors des cantonales de 1919 face à Alexandre Raoul-Duval (droite) ainsi qu’aux législatives. Notre homme voulut prendre ses distances avec la vie publique et refusa de postuler en tant que maire de la ville le 10 décembre 1919 alors qu’il fut réélu conseiller municipal. Albert Prieur, pourtant nommé maire par 11 voix sur 16, refusa ce poste et ce fut le conservateur Anthime Ferrandier qui fut nommé premier magistrat de la ville.

Cependant on ne refoule pas un penchant aussi facilement, Maurice Delamare fut le président du comité pour l’érection d’un monument aux Morts tombés pour la France durant la Grande guerre, c’est-à-dire un poste clé, au centre de la sociabilité communale.

Inauguration du Monument aux morts de Pont-de-l'Arche en 1923. Il semble que l'orateur soit Maurice Delamare, président du Comité pour l'érection du monument aux morts (photographie : collection particulière).

Inauguration du Monument aux morts de Pont-de-l'Arche en 1923. Il semble que l'orateur soit Maurice Delamare, président du Comité pour l'érection du monument aux morts (photographie : collection particulière).

Le 16 décembre 1923, suite au décès d’Anthime Ferrandier, six conseillers municipaux sur douze désignèrent pour maire Maurice Delamare par trois tours de suite. L’élu refusa ce poste et préféra attendre les élections municipales de 1924 où sa liste républicaine de gauche obtint 16 postes de conseillers municipaux, parmi lesquels les industriels de la chaussure Marcel Ouin, Henry Prieur, Emile Duprai et le docteur Louis Hardy. Le 17 février 1924, il fut élu maire avec 15 voix sur 16. Le cartel des gauches était passé dans les mentalités et, désormais, l’on peut aisément lire un clivage gauche-droite qui ne divisait guère les élus archépontains cohabitant jusqu’alors dans une sorte de cénacle de notables.

Maurice Delamare fut réélu le 18 mai 1929 avec 9 voix sur 16 ; Raoul Sergent en obtenant 6. Cependant notre homme dut très vite se faire remplacer par son adjoint, M. Prieur, tant la vieillesse l’exposait à la maladie.

A son décès le 12 juillet 1930, les festivités du 14-Juillet furent annulées, sauf les remises des prix des écoles. L’église Notre-Dame fut trop petite pour accueillir tout le monde lors de la messe funèbre. Sur la scène politique locale, Maurice Delamare laissa à Pierre Mendès France le flambeau de la gauche républicaine et radicale, avec tout le succès qu'on lui connait.

Un dernier honneur – bien involontaire – s’est produit en 1968 quand la mairie fut installée dans la rue… Maurice-Delamare !

 

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal : 1D 13-17.

L'Industriel de Louviers : numéros des 14 avril 1928 et 19 juillet 1930.

 

 

A lire aussi...

Les maires de Pont-de-l'Arche

La mystérieuse voute de la rue Maurice-Delamare

Armand Launay

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 22:43

Après nos études sur des os dans un mur de terre et sur l’hôtel Alexandre Delafleurière qui accueille la mairie, nous revenons dans la rue des Soupirs. Celle-ci porte encore des stigmates de la Seconde Guerre mondiale…

En effet, des impacts d’obus sont visibles sur certains murs en moellon calcaire en face du parc de la mairie.

Des archives de la famille* Anneau, propriétaire de l’hôtel Alexandre Delafleurière, donnent des précisions sur ces impacts.

Dans un dossier de demande de réparation pour dommages de guerre, Robert Gautreau, préparateur en pharmacie, atteste que Robert Anneau, habitant au 19 de la rue Maurice Delamare, a été blessé « lors du bombardement du 8 aout 1944 ».

Un second témoin, Raymonde Dumontier, secrétaire aux Ponts et chaussées (navigation), attestent que Robert Anneau « a subi (…) une destruction totale par un bombardement aérien par forteresses-volantes le 8 août 1944 ». Les archives citent, plus précisément, la maison sise entre le boulevard des Marronniers et la rue Maurice-Delamare.

Il ne s’agit donc pas des bombardements visant le pont de bois, celui-ci ayant été ruiné par les bombardements des 30 mai et 7 juin 1944. Il doit sagir des retombées de tirs d'artillerie allemande résistant à l'aviation alliée.    

 

* Archives départementales de Seine-Maritime : J 472 (1 et 2)

 

 

P1190226

Un impact qui disparaitra dans les semaines à venir à l’occasion de la construction de la résidence Lucie-et-Raymond Aubrac.

 

 Stigmates de la rue des Soupirs

Un autre impact, plus haut dans la rue. 

 

A lire aussi... 

La rue des Soupirs et la Côte d'amour

 

Armand Launay

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 20:12

Dans le bas-côté nord de l’église Notre-Dame-des-arts (Pont-de-l’Arche) se trouve un retable, belle œuvre de menuiserie datée du XVIIe siècle et classée Monument historique au titre d’objet le 28 aout 1976. A noter aussi, le tombeau d'autel et le tabernacle situés devant le retable.  

En son centre, le retable porte une toile d’origine, « La glorification du rosaire ». Sous le rosaire de la Vierge, elle présente des moines cisterciens, reconnaissables à leur coule blanche et le scapulaire noir. Parmi une assemblée de fidèles écoutant leur office, se trouvent les monarques anglais et français (en bas à droite).

On pourrait se demander la raison de leur représentation dans une église paroissiale ? C’est Emile Chevallier, dans son ouvrage Guide à l’abbaye de Bonport, qui nous en fournit la réponse, page 13*. Suite à la lecture des registres du Conseil de fabrique, il apprit qu’un retable de Bonport avait été acquis par la paroisse de Pont-de-l’Arche en 1812 : « Celui-ci fut placé dans le bas-côté nord, comme le confirme la toile du rosaire de la Vierge qui représente des moines cisterciens, portant la coule blanche et le scapulaire noir ».

La présence des moines et des monarques français et anglais n’est donc pas étonnante sachant que l’ancienne abbaye de Bonport fut fondée par Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste…

 

A lire aussi...

Le retable du bas-côté sud

       

 

* Chevalier Emile, Guide à l’abbaye de Bonport, Pont-de-l’Arche, imprimerie Claude frères, 1906, 92 pages.

 

P1090493

 

P1090508.JPG

 

A lire aussi...

Les stalles de Bonport...

L’église Notre-Dame-des-arts...

Armand Launay

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:44

Si je n’ai pas eu – ou pris – le temps de lire les archives d’Igoville, on m’a souvent questionné sur le « château » de La Sahatte qui hante les cartes postales de 1910 et qui, manifestement, a disparu depuis.

Je rassemble donc quelques éléments, notamment ces fameuses cartes postales de 1910, afin de donner un début de réponse aux curieux. Ces éléments sont parfois le fruit d’entretiens réalisés avec nos anciens depuis 2002. 

L’observation des cartes postales, ci-dessous, laisse entrevoir qu’il s’agit d’une maison bourgeoise de la première moitié du XIXe siècle. En effet, une étude de Guy Arbellot (voir les sources) nous apprend que 4 personnes habitaient le « château de la Sahatte » en 1847.

Munie de deux tours de part et d’autre de la façade, et richement décorée, cette demeure se voulait un « château ».

Le nom de Sahatte nous échappe, a-t-il préexisté ? Provient-il du nom d’un propriétaire ?

Le « château » a été occupé durant la Seconde guerre mondiale. L’armée allemande l’occupait en aout 1944 quand les Canadiens libéraient notre région. Il semble que trois soldats canadiens aient été tués par des Allemands en approchant La Sahatte.

Yves Fache, habitant des Authieux-sur-le-Port-saint-Ouen, a publié un article dans le journal Paris-Normandie du 26 aout 1988. On y apprend que La Sahatte a appartenu à la famille Nibelle, député de Rouen en 1914 et qu'il y accueillit de jeunes réfugiés serbes. Yves Fache continue : "Une de ses magnifiques allées de hêtres avait été vendue pendant la dernière guerre pour l'industrie de la chaussure à Pont-de-l'Arche avec des semelles articulées en bois ! Lors de la Libération, le château avait bien pris deux ou trois obus, tirés de la forêt de Bord par les Canadiens. Il ne fut jamais réparé. Au contraire, il fut pillé..."  

En effet, des gens de la région récupérèrent peu à peu ses pierres, comme il advint à la maison Becq de Fouquières, aux Damps. Aujourd’hui, seules ses fondations sont encore visibles, au milieu d’un bois privé à droite de la rue des Canadiens – juste hommage – sur la route des Authieux-sur-le-Port-saint-Ouen. Des écuries en ruine sont visibles à l’orée du bois qui borde cette rue.

La légende raconte qu’une galerie souterraine partait non loin de ce château et arrivait à l’ancienne abbaye de Bonport en passant sous la Seine et par la maladrerie d’Igoville. D’après des riverains, une zone située à 50 mètres des dernières maisons serait souvent dégagée par temps brumeux ce qui serait l’indicatif du passage d’un souterrain. 

  

Sources

- Arbellot Guy, Dictionnaire des lieux habités de l'Eure, pages 9-247, « Annales de Normandie », 50e année, n° 1, 2000, cf. page 191. 

- Site de la commune d’Igoville : www.ville-igoville.com/INFORMATIONS-BLASON-53.htm

 

A lire aussi

Le Pont-de-l'Arche souterrain 

Le Château d'Igoville

 

 

P1090372

 

Carte-postale-d-Igoville-17-

 

 

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche et sa région histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages) ;

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages) ;

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages) ;

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages) ;

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages) ;

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité avec Frédéric Ménissier, 2019, 64 pages) ; 

- Les Trésors de Terres-de-Bord : promenade à Tostes, ses hameaux, Écrosville, La Vallée et Montaure (édité par la mairie de Terres-de-Bord, à paraitre en 2022).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis enseignant à Mayotte.

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