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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 12:18

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Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:25

Inscrits : 2998

Votants : 1693

Blancs et nuls : 29

Exprimés : 1664

Participation : 56 %

 

Candidats

Voix

Pourcentages

Anne Terlez (Mouvement démocrate)

32

1,9

Arnaud Levitre (Front de gauche)

251

15

Christophe Solal (Lutte ouvrière)

8

0,4

François-Xavier Priollaud (Nouveau centre-Union pour un mouvement populaire)

429

25,8

Marie-Josée Danelli (Debout la république)

9

0,5

Laëtitia Sanchez (Europe écologie, Les Verts)

51

3

François Loncle (Parti socialiste-Parti radical de gauche)

633

38

Sophie Ozanne (Nouveau parti anticapitaliste)

9

0,5

Julie Barbier (Front national)

242

14,5

Total

1664

100

 

Participation

Sur 2998 inscrits, seuls 1693 votes ont été enregistrés dont 1664 exprimés.Cela porte la participation à 56 % contre 61,7 % au premier tour des législatives de 2007. Pour une fois, Pont-de-l’Arche se trouve en dessous de la moyenne nationale (57,2 %).


Une gauche forte, surtout socialiste

Avec 961 voix, les candidats de gauche totalisent 57,7 % des suffrages exprimés contre 819 en 2007 (47,5 %). Si l’arrivée en tête de François Loncle, député PS sortant, n’est pas une surprise, c’est l’augmentation de son score archépontain qui peut surprendre : 358 voix en 2007 et 633 en 2012 soit 275 voix de plus ! Le candidat bénéficie de la poussée de la gauche, dans la foulée des présidentielles, mais aussi d’un nombre de candidats moins important qu’en 2007 (9 contre 15). Il fait figure de candidat légitime de la gauche avec 38 % des voix. Toutefois, le résultat du candidat socialiste peut paraitre moins fort que dans d’autres villes de la circonscription. Ceci est dû à la présence d’un candidat Front de gauche local.


Loin derrière les 38 % de François Loncle, le deuxième candidat de gauche, Arnaud Levitre, rassemble 251 voix, soit 15 % des exprimés. Malgré l’appui de « Pont-de-l’Arche pour tous » et de l’ancien maire, malgré son nom et malgré le fait qu’il semble avoir séduit les électeurs d’extrême gauche (qui perd 34 voix), Arnaud Levitre fait 36 voix de moins que son père en 2007. Cependant, il perd moins de terrain à Pont-de-l’Arche qu’à Alizay, chez lui, où il perd 89 voix par rapport à son père en 2007. Il réalise néanmoins 7,4 % des voix dans la circonscription où son père en totalisait 4,9 % en 2007. Cette situation n’aura pas échappé à ceux qui attendaient ces élections en vue des municipales de mars 2014.

 

Une droite mal en point

En 2007, la droite avait deux représentants : Françoise Miquel (UMP) et Bernard Leroy. Ils avaient totalisé 724 voix à Pont-de-l’Arche. En 2012, François-Xavier Priollaud rassemble 429 voix soit 295 de moins. Le grand bénéficiaire de cette chute est Julie Barbier : avec 242 voix, elle augmente le score du Front national de 174 voix, rassemblant ainsi 14,5 % des exprimés (3,95 % en 2007). Le vote Front national n’est pas marginal dans notre ville et semble traduire une véritable adhésion.

 

 

A lire aussi...

Le portail des élections à Pont-de-l'Arche

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 17:37

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 17:33

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 16:40

Biotropica ? C’est une serre tropicale de 6 000 m² qui ouvre ses portes le 1er septembre sur la butte de la Capoulade à Val-de-Reuil, au milieu des lacs et des falaises normandes. C’est un espace dédié à la préservation des espèces et à l’écologie.

 

Biotropica


A l'origine du projet, on retrouve Anne et Thierry Jardin, les propriétaires du zoo de Cerza (près de Lisieux). La Communuauté d'agglomération Seine Eure (CASE) a proposé un endroit qui a pleinement convenu à Biotropica qui s'est concrétisée après un an de travaux. 

Sur plus de 100 000 m² le public peut se balader dans un vaste parc avec étang où les petits peuvent approcher des pélicans, des chèvres et des cochons nains, des poules autour de la ferme et des kangourous (si si !).

 En haut de la butte de la Capoulade, se trouve la serre et son climat humide et chaud. L’intérieur est composé d’impressionnants dont une cascade de 12 mètres de haut, des aquariums, des terrariums… 

Le public fait deux fois le tour de la serre grâce à une passerelle en hauteur. Ainsi, il observe pleinement les 2 500 animaux de Biotropica parmi lesquels des loriquets de Swainson, des ibis rouges, des pigeons couronnés, des escargots géants, des dendrobates, des tortues géantes, des alligators, des anacondas, des phasmes-feuilles ou encore des poissons aveugles. 

Pour assurer le bon fonctionnement de Biotropica, la direction a été confiée à Alain Le Héritte, qui fut directeur associé du parc zoologique de Pont-Scorff (Morbihan). Celui-ci croit au potentiel de Biotropica : « les Normands peuvent être fiers de leur région tant elle regorge de beautés et d’atouts à partager ». 

Parions que Biotropica saura dynamiser le tourisme local notamment grâce aux millions de parisiens qui vont régulièrement sur la côte normande. C’est ce qu’espèrent la région Haute-Normandie et le Conseil général de l’Eure qui subventionnent 8 % des 4,5 millions d’euros investis pour créer la serre ; le cout total du parc s’élevant à 7 millions d’euros.


Ouverture et tarifs

9h30-18h d’octobre à avril. 9h30-19h de mai à septembre. Le parking de Biotropica est celui de la base de loisirs Léry-Poses : 4 € par véhicule. Biotropica amortit ce cout par des tarifs d’entrée revus à la baisse.

Individuels : 3-11 ans : 7,5 €. Au-delà : 11 €.

Groupes (15 personnes et plus) : 2-11 ans : 5,5 €. Au-delà : 9 €.

Abonnement (offre d'ouverture limitée aux 3 premiers mois). Adultes : 22 €. Enfants : 15 €. Valable de date à date.

 


Contact et accès

  Logo Biotropica


Biotropica – www.biotropica.fr / Butte de la Capoulade, CD 110 / 27 100 VAL-DE-REUIL

 

 

A lire aussi...

Léry-Poses, Amfreville-sous-les-monts : une région bénie des dieux !

L'église de Pont-de-l'Arche

La forêt de Bord-Louviers

Aperçu de l'histoire de Pont-de-l'Arche


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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 14:50

Dimanche 22 avril 2012 – Premier tour

 

En italique, les résultats de 2007

 

 

Nombre

%

Inscrits

3 003             2 825

100

Abstentions

  558                476

18,58       16,84

Votants

2 445             2 351

81,42       83,16

 

 

Nombre

%

Blancs ou nuls

48                  34

1,96        1,45

Exprimés

2 397             2 317

98,04      98,5

 

 

En rouge, les candidats classés à gauche.


Candidats en 2012

Voix

% des exprimés

% des exprimés au niveau national

Nicolas Sarkozy (UMP)

595   728

24,82     31,42

27,18     31,18

François Hollande (PS)

689   560 (S. Royal)

28,74     24,17

28,63     28,63

François Bayrou (Modem)

200   357

8,34       15,41

9,13      18,57

Marine Le Pen (FN)

466   255

(J.-M. Le Pen)

19,44     11,01

17,9      10,44

Philippe Poutou (NPA)

57     148

(O. Besancenot-LCR)

2,38       6,39

1,15       4,08

Jean-Luc Mélenchon (FG)

298  79

(M.-G. Buffet-PCF)

12,43     3,41

11,11    1,93

Nathalie Arthaud (LO)

12    51 (A. Laguiller)

0,5        2,2

0,56     1,33

Nicolas Dupont-Aignan  (DR)

46

1,92

1,79

Eva Joly

(Europe écologie-Les Verts)

31    39 (D. Voynet)

1,29      1,68

2,31     1,57

Jacques Cheminade (RS)

3

0,13

0,25

 

Avec 81,42 %, la participation à Pont-de-l’Arche est un peu supérieure à la moyenne nationale (79,47 %) et en léger recul par rapport à 2007 où elle était de 83,16 % (83,97 % au niveau national).

 

 

+ 8 % pour la gauche par rapport à 2007 

Le candidat PS-PRG François Hollande arrive en tête avec un score légèrement supérieur à la moyenne nationale. Il améliore de plus de 4,5 % le score de la candidate socialiste Ségolène Royal en 2007. 

Le quatrième homme de ces élections, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), recueille 12,43 % des voix à Pont-de-l’Arche. Ce score est impressionnant comparé au résultat de la candidate communiste en 2007, Marie-Georges Buffet (3,41 % des exprimés). Il confirme un ancrage communiste dans la région bien que le pourcentage soit assez peu supérieur à la moyenne nationale du Front de gauche (11,3 %). A noter les 69 voix qui ont préféré les autres candidats communistes du NPA et de Lutte ouvrière. 

Le total des voix de gauche est de 1 090 soit 47,04 % des exprimés. Ceci représente 183 voix de mieux qu’en 2007 où le total des voix de gauche était de 907 soit 39,15 % des exprimés.

 

Une droite archépontaine sauvée par le FN

Le candidat UMP Nicolas Sarkozy perd près de 6,5 % des voix dans notre ville par rapport à 2007. Il est le grand perdant de ce 1er tour à Pont-de-l’Arche avec François Bayrou (Modem) qui perd près de 7,5 % des voix par rapport à 2007. 

Le seul parti de droite à améliorer son résultat est le FN où Marine Le Pen améliore de près de 7,5 % le score de son père Jean-Marie Le Pen en 2007. Plus précisément, la candidate FN dépasse le candidat UMP dans le 3e bureau (188 contre 183 voix) qui est le plus marqué à gauche à Pont-de-l’Arche. Ceci semble montrer que l’imposant score FN repose en partie sur le vote populaire, plutôt ancré à gauche. 

En effet, le candidat UMP résiste plutôt bien dans le bureau 1 qui est traditionnellement le plus conservateur. Nicolas Sarkozy y obtient 217 voix contre 123 à Marine Le Pen ; François Hollande y recueillant 195 voix. 

Le report des voix du FN serait plus assuré à gauche qu’à droite dans notre ville. 

 

Un second tour bien parti pour la gauche 

Même avec un faible report des voix de François Bayrou (Modem) et du FN, François Hollande est bien parti pour battre Nicolas Sarkozy dans notre ville.

A l’image de Louviers, si notre ville reste représentative de la France, comme en 2007 où elle fut à 0,02 % près identique au score national du 2nd tour, l’élection de François Hollande serait plutôt bien engagée. 

 

Un enseignement pour notre ville ? 

Aux cantonales de 2011, le candidat PCF Gaëtan Levitre avait obtenu 438 voix et le candidat socialiste Richard Jacquet 458 voix. 

Certains avaient voulu y voir un désaveu pour le maire en place. Doivent-ils voir aujourd’hui un désaveu pour le Front de gauche qui perdrait 140 voix et une confirmation pour le maire dont le parti gagnerait 131 voix ? 

Nous ne le pensons pas car chaque élection est unique. Nombreux sont les électeurs à préférer le candidat à son étiquette.  

 

 

 

Dimanche 6 mai 2012 - second tour

Inscrits : 3003

Exprimés : 2279

Blancs et nuls : 149 

Participation : 80,85 % 

 

 

Bureau 1

Bureau 2

Bureau 3

Total

%

François Hollande

  353

(50,9 %)

  427

(56,2 %)

  470

(56,8 %)

  1250

  54,85 %

Nicolas Sarkozy

  340

(49,1 %)

  332

(43,8 %)

  357

(43,2 %)

  1029

  45,15 %

 

  

Participation

Avec 2279 votants, la participation s’élève à 80,85 % à Pont-de-l’Arche, c’est qui est un peu mieux que la moyenne nationale (80,35 %) mais en net recul par rapport à 2007 où la participation dans notre ville a été de 85,17 %. Avec 149 votes blancs ou nuls, ce sont 6,53 % des votants qui ne se sont prononcés pour aucun des deux candidats, ce qui est plus important que la moyenne nationale, s’élevant à 5,82 % de blancs ou nuls. C’est bien plus important qu’au second tour de 2007 où 102 personnes avaient voté blanc ou nul à Pont-de-l’Arche, soit 4,24 % des votants.


Pont-de-l’Arche, un bastion de gauche ?

La ville de Pont-de-l’Arche est vue comme un bastion de gauche. Ceci est dû à son passé industriel principalement tourné vers la fabrication de chaussure puis diversifié dans différents secteurs industriels dépassant les limites de la commune et du canton. Si la gauche a fourni – et continue de fournir – des militants et des personnes investies dans la vie publique, la droite n’en est pas moins présente dans la ville. En 2007, c’est le candidat de droite, Nicolas Sarkozy, qui avait fait la course en tête aux deux tours de la présidentielle où l’ensemble des candidats de droite avaient totalisé 60,85 % des voix au premier tour. Cette année encore, les candidats de droite ont totalisé près de 53 % des voix au premier tour, notamment grâce à un fort score du Front national qui semble séduire une partie de l’électorat populaire (voir les résultats du premier tour).


Sursaut à gauche en 2012

Le sursaut à gauche est lisible dans le résultat du candidat de gauche, François Hollande, au second tour : 54,85 % des exprimés (contre 51,64 % au niveau national). Celui-ci améliore de près de 8 % le pourcentage des bulletins exprimés à gauche entre le premier et le second tour. L’amélioration est surtout forte dans les bureaux 2 et 3, votant traditionnellement à gauche, où la droite recule de près de 10 % entre les deux tours. Ceci semble montrer qu’une partie des électeurs du Front national, très nombreux dans ces bureaux au premier tour, s’est reportée sur le candidat de gauche. Qui plus est, l’érosion du vote à droite semble expliquer la hausse de l’abstention et la hausse des votes nuls et blancs. Quoi qu’il en soit, ceci montre qu’en plus du vote d’adhésion au projet de François Hollande (+ 4,5 % de voix au premier tour par rapport à Ségolène Royal en 2007), le candidat socialiste a bénéficié de la difficulté de Nicolas Sarkozy de convaincre toutes les composantes de l’électorat de droite dont certains électeurs ont préféré se reporter sur le candidat de la gauche. C’est ce que montre le bureau n° 1, bastion de droite dans la ville, qui a basculé de peu (50,9 %) à gauche au second tour de ces élections présidentielles.  

Répartition des votes entre la gauche et la droite au premier tour et par bureau (%)

 

Bureau 1

Bureau 2

Bureau 3

Total

%

Gauche

 317

(43,5 %)

 362

(46,3 %)

411

(46,3 %)

 1090

  47 %

Droite

 411

(54,5 %)

 420

(53,7 %)

476

(53,7 %)

 1307

  53 %

Totaux

728

782

887

2397

 

 

 

A lire aussi...

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 13:20

Dans un peu moins d'une semaine se tiendra le premier tour des élections présidentielles. Avant publication des résultats de Pont-de-l'Arche et leur commentaire, nous publions pour mémoire les résultats de 2007. Ceux-ci étaient étonnants car Nicolas Sarkozy (UMP) était arrivé en tête dans notre ville sociologiquement de gauche.  


Sources : Ministère de l'intérieur.       

 

 

Dimanche 22 avril - premier tour

 

 

 

Nombre

%

Inscrits

2 825

100

Abstentions

476

16,84

Votants

2351

83,16

 

 

 

Nombre

%

Blancs ou nuls

34

1,45

Exprimés

2317

98,55

 

 

 

Voix

% des exprimés

% des exprimés au niveau national

Nicolas Sarkozy (UMP)

728

31,42

31,18

Ségolène Royal (PS)

560

24,17

25,87

François Bayrou (Modem)

357

15,41

18,57

Jean-Marie Le Pen (FN)

255

11,01

10,44

Olivier Besancenot (LCR)

148

6,39

4,08

Marie-Georges Buffet (PCF)

79

3,41

1,93

Arlette Laguiller (LO)

51

2,2

1,33

Philippe de Villiers (MPF)

50

2,16

2,23

Dominique Voynet (Les Verts)

39

1,68

1,57

José Bové (SE)

24

1,04

1,32

Frédéric Nihous (CPNT)

20

0,86

1,15

Gérard Schivardi (PT)

6

0,26

0,34

 

 

 

 

 

 

Dimanche 6 mai 2007 - second tour

 

 

 

Nombre

%

Inscrits

2 825

100

Abstentions

419

14,83

Votants

2406

85,17

 

 

 

Nombre

%

Blancs ou nuls

102

4,24

Exprimés

2304

95,76

 

 

 

Voix

% des exprimés

% des exprimés au niveau national

Nicolas Sarkozy (UMP)

1222

53,04

53,06

Ségolène Royal (PS)

1082

46,96

46,94

 

 

A lire aussi...

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:20

Dans le cadre de la 7e édition du Mois de l’architecture contemporaine en Normandie, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnementde l’Eure (CAUE 27) et la Maison de l'architecture de Haute-Normandie ont proposé hier, 15 mars, une journée d'échanges sur le thème du patrimoine et de l'architecture. Une première dans l’histoire de Pont-de-l’Arche.

 

Le débat du matin a été très instructif pour les 75 personnes présentes. Michel Rousset, président du CAUE 27, a distribué la parole qui est revenue à Pascal Victor, président de la maison de l’architecture de Haute-Normandie et Marie-Christine Calmon, adjointe en charge de l’urbanisme et du patrimoine de la ville de Pont-de-l’Arche, partenaire de la manifestation. Michel Rousset a aussi souligné la collaboration du CAUE avec les Amis des monuments et sites de l’Eure (AMSE), association présidée par Pierre Roussel, présent dans la salle, et qui permet de « concilier la vieille pierre et l’urbanisme actuel ».

 

 

Philippe Baffert : pour un urbanisme de projet


Le premier intervenant a été Philippe Baffert, consultant et ancien chef de bureau du droit de l’urbanisme au ministère de l'Écologie, du développement durable, des transports et du logement. Celui-ci a commenté les lois relatives à l’urbanisme en France depuis 1945. Il a mis l’accent sur les motivations ayant mené à la création de la loi relative à la Solidarité et au renouvèlement urbains (SRU) : impulser un urbanisme de projet limitant au mieux l’étalement urbain. L’intervenant, à l’origine de l’écriture de la loi datant de 2000, a démontré que l’arsenal législatif français repose sur une notion figée de l’urbanisme. Au lieu de classer des zones, il convient de réfléchir à l’équilibre des milieux destinés à accueillir de nouvelles constructions. Ainsi l’exemple fut donné d’une zone de passage entre deux bois. Au lieu de classer les deux bois en oubliant cette zone, il conviendrait de garantir le maintien de la circulation des espaces animales entre les bois. Il s’agit de respecter les équilibres, non d’édicter des limitations architecturales par principe. Dans la même logique, il a montré du doigt l’aberration de documents d’urbanisme imposant la construction de pavillon au milieu des parcelles constructibles alors que les propriétaires gagneraient à bâtir leur maison dans un coin de leur terrain. Philippe Baffert a aussi visé le manque de réflexion dans l’élaboration de documents d’urbanisme tels que les PADD et les PLU. Ces documents doivent exprimer les objectifs des élus. Comment ceux-ci voient le développement de leur commune ? Comment comptent-ils l’attendre, concrètement ? C’est ainsi qu’ils pourront justifier quelles limites ils entendent appliquer aux projets d’urbanisme et ce au nom de l’intérêt général. Une attitude aux antipodes de nombreux PLU se contentant d’un rappel des textes en vigueur.


France Poulain : une méthode pour savoir que protéger ?


France Poulain, architecte des bâtiments de France de l’Eure a présenté ses missions : gérer 500 monuments historiques et 250 sites protégés par l’Etat, soit 5 à 6 % du département. La première protection a été enregistrée en 1862. Aujourd’hui, le panorama des protections est très inégal : 180 églises concernées sur 600. Jusqu’alors, le classement du patrimoine s’est fait au coup par coup. Il conviendrait de réaliser aujourd’hui une étude plus poussée et de définir une méthode de classement ? Privilégie-t-on l’âge d’un bâtiment, l’histoire qui y est attachée, un paysage, une architecture ? Par exemple, si l’on compte 5 églises du XIe siècle, il y a-t-il une encore dans son « jus » d’époque ? Classe-t-on alors les 5 églises ? Ces choix ont un impact fort car ils président à l’attribution de subventions de l’Etat et du Conseil général. Qui plus est, il peut être tentant de faire classer de nombreux monuments ou objets historiques mais encore faut-il être en mesure de bien entretenir les biens déjà inscrits.

 

Marie-Claude Cortial, Danila Niel, Pierre Durand, Xavier Derbanne : l’inventaire patrimonial de Chaise-Dieu-du-Theil en exemple


Deux élues, un délégué de l’AMSE et un architecte-conseil du CAUE ont présenté le bel exemple d’inventaire du patrimoine de Chaise-Dieu-du-Theil, commune du sud de l’Eure. Afin de protéger ce qui fait la valeur de leur commune, ces acteurs du patrimoine ont défini une méthode avant de recenser près de 180 lieux ou monuments.

L’intérêt architectural : adéquation entre la forme et la fonction du bâtiment ; logique esthétique des façades ; détails ornementaux.      

L’intérêt urbain : bâtiments de premier rôle (mairie, église…), bâtiments de second rôle (maison ancienne), rôle figuratif.

L’intérêt historique : ancienneté, témoignage évènementiel (four à pain).

L’enjeu paysager

L’enjeu écologique

L’enjeu hydrographique

La protection contre le vent : haies

La protection des sols : arbres, haies

Cette démarche de protection a tout d’abord suscité des craintes dans la population avant que celle-ci ne comprenne l’intérêt de ce projet validé en Conseil municipal. Cette démarche sera renforcée en incluant le recensement dans le PLU intercommunal en cours d’élaboration.


Yvette Petit-Decroix et Delphine Butelet : la Fondation du patrimoine au secours de monuments non protégés


Créée en 1996, la Fondation du patrimoine aider principalement les particuliers, mais aussi les collectivités territoriales, à restaurer des biens non protégés par l’Etat. Grâce à des défiscalisations, des subventions, de souscriptions publiques et du mécénat, la Fondation aide les propriétaires de biens qui ont obtenu un label validé par l’architecte des bâtiments de France.

Plus d’informations sur : www.fondation-patrimoine.org/fr/haute-normandie-11

 

L’après-midi : visite du centre ville médiéval de Pont-de-l’Arche et audition d’orgue


Les Amis des monuments et sites de l’Eure ont animé l’après-midi par une visite du centre ville médiéval de Pont-de-l’Arche commentée par Armand Launay. Sous le soleil, les participants ont découvert les bijoux architecturaux de la ville avant de prendre place dans les stalles de Notre-Dame-des-Arts et de savourer l’audition d’orgue offerte par Michel Lepont, conservateur de l’orgue pour la Ville de Pont-de-l’Arche.

 

Urbanisme-15-mars-2012--2-.JPG

 

Cette première participation de Pont-de-l’Arche au mois de l’architecture contemporaine aura été réussie. La Ville remercie l’ensemble des organisateurs et des intervenants qui ont œuvré à ce moment aussi instructif que plaisant.

Armand Launay

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 16:05

Avec nos remerciements à Jean Baboux pour la reproduction des illustrations.

 

En 1790, l’érudit et touche-à-tout Aubin-Louis Millin  de Grandmaison présenta à l’Assemblée constituante une œuvre recensant le patrimoine national. Dans le chapitre 43 de ses désormais célèbres Antiquités nationales l’auteur accorde quelques belles pages à Pont-de-l’Arche. Il aborde notamment « … le château de Pont-de-l’Arche, actuellement démoli, et que j’ai fait dessiner au moment de la destruction… ». 

Il s’agit d’une vue sur le château de Limaie, alors en plein démantèlement, qui occupait l’espace situé entre l’auberge du Pressoir et l’entrée du pont par la rive droite de la Seine. Reproduite ci-dessous, elle fut dessinée par Garneray et sculptée par Desmaisons.

Le fort de Limaie durant son démantèlement dessiné par Garneray et sculpté par Desmaisons pour le compte d'Aubin-Louis Millin (vers 1790).

Le fort de Limaie durant son démantèlement dessiné par Garneray et sculpté par Desmaisons pour le compte d'Aubin-Louis Millin (vers 1790).

Au centre, l'hôtel-Dieu de Pont-de-l’Arche à la veille de la Révolution (détail de la vue ci-dessus).

Au centre, l'hôtel-Dieu de Pont-de-l’Arche à la veille de la Révolution (détail de la vue ci-dessus).

Un détail de cette vue nous a particulièrement intéressé, au centre du dessin : il s’agit de la seule image connue, à notre connaissance, de l’hôtel-Dieu de Pont-de-l’Arche. A la veille de la Révolution, il tombait en ruine. Il fut remplacé en 1818 par une maison d’habitation, l’actuelle salle Ambroise-Croizat, pour le compte de Julien Blin (1738-1826). Sur le dessin, l’hôtel-Dieu se trouve à droite de la tour et à gauche de l’église Saint-Vigor, actuellement Notre-Dame-des-arts. On y voit un bâtiment constitué d’une nef avec des ouvertures surmontés d’arcs en tiers-point caractéristiques de l’architecture religieuse gothique. Un toit à deux pans apparait aussi surmonté d’un clocheton.

Si la représentation de Garneray est fidèle, l’hôtel-Dieu aurait pris la forme d’un bâtiment gothique. Le seul élément de l’hôtel-Dieu encore debout de nos jours est la cave, c’est-à-dire la Salle d’Armes à laquelle nous avons déjà consacré un petit articleLa partie haute du mur extérieur de la cave est visible. Ainsi apparaissent depuis la rue une petite ouverture dans un mur fait de belles pierres de taille dont les plus hautes, les pierres cornières, atteignent le rez-de-chaussée. Sans conteste, le plus beau vestige est la porte de l’escalier à vis menant à la cave. Elle se trouve sur la façade côté cour. Son linteau est orné d’une épaisse nervure reliant deux chapiteaux sculptés à décors végétaux de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle.

Ces quelques éléments de patrimoine confirment plutôt la représentation gothique donnée par Garneray à l’hôtel-Dieu.

 

A voir, notre historique sur l'hôpital local jusqu'à l'EHPAD

Détail de la porte de l'escalier à vis de l'hôtel-Dieu, actuelle Salle d'Armes (cliché Armand Launay, 2012).

Détail de la porte de l'escalier à vis de l'hôtel-Dieu, actuelle Salle d'Armes (cliché Armand Launay, 2012).

Source

Millin Aubin-Louis, Antiquités Nationales ou recueil de monuments, pour servir à l’Histoire générale et particulière de l’Empire François, tels que tombeaux, inscriptions, statues, vitraux, fresques, etc. ; tirés des abbaïes, monastères, châteaux et autres lieux devenus domaines nationaux. Présenté à l’Assemblée Nationale et accueilli favorablement par Elle, le 9 décembre 1790, tome 4, Paris, M. Drouhin éditeur, an IV de la Liberté (1792).

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 16:11

Après le couvent des pénitents (1789-1792) et le bailliage, l’hôtel de ville de Pont-de-l’Arche prit place en 1968 dans une maison bourgeoise des faubourgs bâtie vers 1877 par Joseph Charles Désiré Alexandre Delafleurière. Nous revenons sur l’architecture et l’historique de cet édifice que nous appelons « hôtel Alexandre Delafleurière ».  

 

 

Avec mes remerciements à Jérôme Croyet

pour les pistes ouvertes sur Jacques Isaac Alexandre.

 

Mairie de Pont-de-l'Arche 1

L'hôtel de Ville en 2012 (cliché Armand Launay).

 

Un nouveau lieu pour l’hôtel de ville

Au XIXe siècle, la ville se développa le long de la route de Paris, vers Les Damps. Vers 1877, Joseph Charles Désiré Alexandre Delafleurière fit construire près de la route du Vaudreuil, actuelle rue Maurice-Delamare, la belle demeure qui nous intéresse ici. Entre celle-ci et la ville, après 1833, le cordonnier Antoine Ouin agrandit les locaux de ce qui deviendra une vaste entreprise de chaussons puis de chaussures : Marco. 

Au XXe siècle, la ville déborde de ses remparts médiévaux. Le groupe scolaire est inauguré en 1934 par Charles Morel, la nouvelle salle des fêtes ouvre en 1954, le nouveau pont est inauguré en 1955, l’école maternelle ouvre en 1957, le stade en 1964, le collège en 1967… 

L’urbanisme est à repenser et le 22 octobre 1964 le maire, Roland Levillain, proposa au Conseil municipal l’achat d’une maison entourée d’une propriété de 6 030 m² à vendre au n° 19 de la rue Maurice-Delamare. Il rappela que « les municipalités d'avant 1939 avaient envisagé son acquisition pour y établir la mairie » afin de faire face à l’accroissement de la population. Pour le maire, il s’agit aussi de prévoir l’avenir avec l’ouverture du lotissement de la Forêt, d’une piscine, d’un camping, d’un collège... 

Le choix fut pris et, après rénovation, l’hôtel de ville accueillit le public au début de l’année 1968. Ce bâtiment ne connut pas de modification notable avant 2016 où un édifice lui fut adjoint en rez-de-jardin afin de proposer une salle des mariages et des réunions conforme aux normes de sécurité mais aussi au bienêtre des usagers, des agents et des élus.  

Mairie de Pont-de-l'Arche 2

Ce détail d’une vue aérienne des années 1960 montre l’hôtel Alexandre Delafleurière avant qu’il n’accueille la mairie. On y voit des dépendances et un mur en pierre disparus depuis.       

 

1. Une maison de maitre à l’architecture classique

L’hôtel Alexandre Delafleurière est une des nombreuses maisons de maitre bâties au XVIIIe siècle mais surtout au XIXe siècle. Conçues pour des familles aisées, elles disposent de vastes terrains souvent aménagés en parc, de dépendances et bénéficient d’une architecture soignée.

L’hôtel Alexandre Delafleurière est une maison bourgeoise bâtie sur sous-sol selon un plan rectangulaire. Son chainage est en brique et le remplissage est en moellon en silex. Elle possède un étage et des combles aménagés. Son toit à quatre pans, couvert d’ardoises, est ajouré de fenêtres de toit dissymétriques de la fin du XXe siècle. Les ouvertures, plus hautes que larges, sont vastes, nombreuses, et très régulières à raison de 5 par niveau sur le mur gouttereau et de 3 sur le mur pignon dont certaines sont murées. La porte d’entrée principale et les deux fenêtres de part et d’autre sont voutées en plein cintre. De même pour l’entrée côté cour dont la rampe d’accès aux personnes à mobilité réduite masque, depuis quelques années, un degré ouvragé encore visible au pied de la façade principale. Une autre porte se trouve face à la rue des Soupirs. Elle devait être destinée aux domestiques et donnait accès à la cuisine ce que semble indiquer la présence de cheminées de ce côté-ci du bâtiment.

La modénature, autrement dit le style architectural dans lequel s’inscrivent les éléments de décoration de façade, est à la fois sobre et soignée. La quasi-totalité des décorations repose sur les moulures permises par un enduit peint en blanc qui couvre toutes les façades. Une corniche assez prononcée couronne l’ensemble des façades. Une seconde corniche, plus discrète, sépare le rez-de-chaussée du premier étage. Les corniches couronnent des frises, le plus souvent nues. Deux éléments ressortent des façades : 

-    un avant-corps central en très légère saillie sur la façade principale et son équivalent, plus prononcé, côté cour. La frise sur l’avant-corps présente une série de piécettes. Les clés des trois fenêtres du rez-de-jardin sont ornées de clés ouvragées ; 

-     les chainages d’angles en saillie et décorés avec des bandeaux et des tables.

Enfin les encadrements de fenêtres sont aussi soignés avec de belles moulures. L’ensemble de ces décorations inscrivent l’hôtel Alexandre Delafleurière dans le style classique.

Mairie de Pont-de-l'Arche 3

Les chainages d’angles, en saillie, présentent de riches décorations :

corniches, tables et bandeaux.

 

Parc et dépendances

Le parc autour de l’édifice est boisé depuis toujours. Le plan cadastral de 1834 démontre que des dépendances existaient avant la construction de l’hôtel. Elles sont visibles sur la vue aérienne reproduite ci-dessus mais ont été rasées avec la clôture afin d’ouvrir l’hôtel sur la rue ; la mairie sur la ville. Quelques pans de bois sont visibles aujourd’hui dans le mur mitoyen avec Marco.

Une des dépendances a été rasée suite au bombardement du pont le 8 aout 1944. A ce sujet, quelques éclats d’obus sont visibles sur les murs en moellon calcaire scié de l’autre côté de la rue des Soupirs. A noter aussi, le petit bâtiment rural appartenant aux Chaussures Marco qui jouxte le parc de la mairie. 

Mentionnons enfin l’intéressant portail d’une ancienne propriété de l’autre côté de la rue Maurice-Delamare qui était visible dans l’atlas de Trudaine (vers 1759). Datant du XVIIIe siècle, ses grandes pierres de taille composent une remarquable voute en plein cintre, avec clé et sommiers, qui renforce le cachet patrimonial de ce faubourg.  

 

Mairie de Pont-de-l'Arche 4

Le parc de la mairie vu de la salle du Conseil municipal :

un espace agréable et reposant, vestige du parc de  l'hôtel Alexandre Delafleurière.  

 

Décoration intérieure 

L’accueil présente une somptueuse mosaïque polychrome couvrant la totalité de la pièce. Une élégante croix grecque mêlée à des décors végétaux orne le centre de la mosaïque tandis qu’une frise à motifs floraux longe les murs. Elle présente notamment des fleurs rouges à quatre pétales. Trois salamandres crachant du feu se trouvent aux extrémités non occupées par le départ de l’escalier. En bas de l’escalier, quelques boiseries encadrent un miroir et une peinture sur bois présentant un sujet champêtre. L’escalier, à la française jusqu'au 1er étage et à moitié tournante jusqu’aux combles, est essentiellement réalisé en bois. Il offre notamment une belle rampe à balustrade. Enfin, depuis 1968 les cadres des couloirs et de l’escalier contiennent des photographies du chantier du pont de bois ayant existé entre 1940 et 1944 ainsi que quelques reproductions du plan du bailliage.

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Une des trois salamandres de la mosaïque de l’accueil (détail).

 

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Détail de la mosaïque de l’accueil.

 

Mairie de Pont-de-l'Arche 6

Elément central de la décoration de la mosaïque de l’accueil. 

 

Le décorum républicain

Les mots « hôtel de ville » ont été ajoutés au-dessus de l’entrée en 1967 et renforcent, par leur police de caractères, la dimension classique du bâtiment. Le porche a été couvert en 2001 et porte,  depuis 2010, la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité » – une première dans l’histoire de Pont-de-l’Arche – et le logotype de la ville. Les ouvertures de la façade d’entrée soutiennent trois écus aux couleurs de la France et frappés des lettres « RF » pour République française. Celui du centre est surmonté de drapeaux français. Un buste de Marianne en plâtre est situé dans la salle du Conseil municipal. Commandé en 1879, il présente une Marianne sans bonnet phrygien, symbole d’une république conservatrice ; une Minerve plus qu’une révolutionnaire. Un portrait officiel du président de la République fait face à Marianne. 

Mairie de Pont-de-l'Arche 8

Ce n’est qu'entre 2010 et 2016 que la façade de l’hôtel de ville de Pont-de-l’Arche

a porté la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité ». 

 

2. Historique de l’hôtel 

1877, date de construction ?

Il semble que ce soit Joseph Charles Désiré qui ait fait bâtir la demeure qui nous intéresse. En effet, la matrice cadastrale de 1877 mentionne une nouvelle maison sur la parcelle B 458. Celle-ci est imposée à hauteur de 500 francs alors que les autres constructions de 1877 le sont à hauteur de 20, 25 et 60 francs. 

Charles Désiré Alexandre Delafleurière (Pont-de-l’Arche le 14 mai 1826 – Rouen le 3 juillet 1878) était marié à Marie Blanche Grimoult. Ils eurent pour fille Victorine Jenny Alexandre Delafleurière (1857-1944), mariée à Charles Emile Anneau (1844-1893) le 1er avril 1880. Selon la matrice cadastrale, ils héritèrent des biens de Joseph Charles Désiré en 1889. Robert Anneau hérita de son père, Charles Emile, et vendit l’hôtel Alexandre Delafleurière à la Ville de Pont-de-l’Arche.

 

Les frères Joseph et Henri Alexandre Delafleurière

Joseph Charles Désiré, à l’origine de l’hôtel Alexandre Delafleurière, était domicilié à Rouen à la fin de sa vie. Une entente familiale a dû intervenir entre 1850 et 1851 où les biens de sa mère et des « héritiers » lui revinrent. 

Cependant, il semble que son frère, Henri Jacques Constant, ait été le principal occupant de l’hôtel familial car son acte de décès mentionne qu’il était « propriétaire » et « domicilié route du Vaudreuil ». Né à Pont-de-l’Arche le 30 janvier 1818 et décédé au même lieu le 4 décembre 1906, Henri Jacques Constant fut maire de la ville du 5 juillet 1891 au 26 juillet 1891 et conseiller municipal depuis au moins 1870 jusqu’à son décès. Il faisait partie de la Société des amis de l’école au côté d’Eugène Ferrand, maire, Jules Fromont (conseiller), Anthime Ferrandier (adjoint), Théodore Chambert (instituteur en retraite), Maurice Delamare (pharmacien), Legrand (percepteur), Etienne Sorel (docteur en médecine), Henry Prieur (conseiller), Léon Revert (instituteur)… 

Henri Jacques Constant n’était pas le premier Alexandre Delafleurière à être dévoué à la chose publique…

 

Jacques Isaac, lieutenant de la République

Mairie de Pont-de-l'Arche 9

Jacques Isaac Alexandre Delafleurière, père du constructeur de l’hôtel qui nous intéresse, a été lieutenant dans la 4e division du 16e régiment de chasseurs à cheval de l’armée révolutionnaire (photo SEHRI).

 

 

Jacques Isaac Alexandre Delafleurière, père de Joseph et Henri, est né à Pont-de-l’Arche le 10 octobre 1770 et décédé au même lieu le 15 janvier 1837. Il se maria le 1er septembre 1818 à Louise Sophie Guesnier des Bordeaux (décédée à Pont-de-l’Arche le 31 mars 1867). C’est avec elle qu’il eut ses deux fils : Henri Jacques Constant (1818-1906) et Joseph Charles Désiré (1826-1878). Jacques Isaac est un enfant de la Révolution. 

Fils d’un des plus grands nobles de la ville, sur lequel nous revenons ci-dessous, il s’engagea dans l’armée révolutionnaire. C’est ce que nous apprend une émouvante déclaration de naissance du 12 mai 1793 signée par Nicolas Poupardin, journalier, et Madelaine Baron. Domiciliés dans la rue Huault, ils vinrent en mairie déclarer la naissance, 2 jours plus tôt, de leur fils Jacques Isaac Poupardin. Ils lui donnèrent le prénom de Jacques Isaac Alexandre, témoin cité dans l’acte. A 22 ans, celui-ci est décrit comme dragon de la Manche et domicilié sur la route du Neubourg. Le fils de noble – dont le titre a disparu – est l’égal du journalier en citoyenneté et en amitié. 

Les archives militaires nous informent qu’il devint sous-lieutenant dans la 4e division du 16e régiment de chasseurs à cheval (le 12 septembre 1793) puis lieutenant (le 29 germinal de l’an V). Il quitta l’armée en juillet 1802 pour s’occuper de ses affaires familiales. Son autorisation de départ, signée à Saint-Mihiel le 21 messidor de l’an X, est intéressante. L’armée ne note pas la bonne date de naissance : elle donne le 12 octobre 1772 au lieu du 10 octobre 1770 (l’acte de baptême étant le 12). Quant au prénom, Jacques Isaac a été remplacé par Jean Jacques ; la lumière de Rousseau devant dissiper les origines nobiliaires. 

Par ailleurs, son autorisation de départ de l'armée fait état des services du lieutenant Jean Jacques Alexandre : armée du Nord (an II), armée de l'Océan (an III), Sambre et Meuse (ans IV et V), guerre des révoltés belges et l’ile de Walaheren (an VII), armée du Rhin (an VIII) où il reçut un coup de sabre, fut fait prisonnier de guerre à Altenkirschen et où son cheval fut tué à Fribourg. La hiérarchie militaire signala que « Ce citoyen s’ (…) est toujours comporté avec honneur et probité et a rempli ses services militaires avec la plus scrupuleuse exactitude et le dévouement le plus entier à la chose publique… » 

De retour dans sa patrie, Jacques Isaac a, semble-t-il, repris le flambeau politique de son père, décédé en 1825, qui fut maire de la ville de 1792 à 1795 et conseiller général entre 1800 et 1815. En effet, on retrouve un Alexandre Delafleurière conseiller général en 1830, date qui coïncide avec une nouvelle révolution. Dans la même période, on retrouve Jacques Isaac dans l’éphémère loge « Les amis réunis », affiliée au Grand orient de France, où l’on retrouve, notamment, Victor Grandin, député libéral. Nous concluons, à l’aune de ces éléments, que Jacques Isaac faisait partie des libéraux, c’est-à-dire la gauche de l’époque, tout comme son père.

 

Jacques Joseph, garde-marteau du roi, puis jacobin

Jacques Joseph Alexandre Delafleurière est né à Valmont (Seine-Maritime) en 1747 et décédé à Pont-de-l’Arche le 15 juillet 1825. Ce conseiller du roi, garde-marteau des eaux et forêts de la maitrise de Pont-de-l’Arche, joua un rôle de premier rang dans le Pont-de-l’Arche de la Révolution. 

Le 20 février 1789, Jacques Joseph Alexandre, sieur de la Fleurière, figurait sur la liste des échevins de la ville. Il fit partie des rédacteurs des cahiers de doléances de Pont-de-l’Arche. Certains ont fait de lui un opportuniste, révolutionnaire par calcul, qui démantela Notre-Dame de Bonport pour de l’or. Cependant, sous le nom d’Alexandre, cultivateur, on le retrouve parmi les premiers citoyens « avancés » quand se constitua la société jacobine : « Les Amis de la constitution ». 

Quand la révolution se radicalisa, il devint maire de Pont-de-l’Arche, le 1er octobre 1792, et assuma cette fonction jusqu’en 1796. Il fut nommé commissaire du canton de Pont-de-l’Arche du 18 frimaire IV au 28 ventôse VII. Il reprit une fonction politique de 1800 à 1815 en tant que conseiller général. 

Figurant parmi les plus riches notables de la ville avant 1789, il acquit des terres lors de ventes de biens nationaux au premier rang desquelles celles de Bonport, qui lui furent adjugés le 2 avril 1791 pour 161 000 livres (sauf les meubles) en partenariat avec Alexandre de la Folie (maire de Criquebeuf vers avril 1792). Il acquit aussi des terres le long de la route du Vaudreuil, au triège du Val, le long de la route du Neubourg, dans le faubourg de Limaie, à la Cavée, la Maladrie (sic), la ferme de Bon air, au Chêne Jeannet (sic), dans la forêt de Bord, dans l’ile de Bonport, à la Sente à Cagnon... 

Jacques Joseph bénéficia du vaste transfert de biens opéré durant la Révolution et scella ainsi son sort avec elle. Désormais, le statut et les intérêts de sa famille et de ses descendants étaient plus assurés avec le camp révolutionnaire puis napoléonien qu’avec le camp royaliste. L’ancien noble était donc compromis, aux yeux des royalistes, avec la Révolution et indésirable, par là même. 

Le parcours de la famille Alexandre Delafleurière démontre par son engagement qu’elle n’était pas libérale par calcul mais par conviction et que sa richesse était issue, à la base, des privilèges de l’Ancien Régime.   

 

En guise de conclusion…

Bâti par une des toutes premières familles républicaines de Pont-de-l’Arche, l’hôtel Alexandre Delafleurière accueille aujourd’hui le symbole républicain par excellence dans une commune : la mairie. Ce hasard, ce clin d’œil de l’histoire, valait la peine d’être conté !   

 

 

Sources

- Archives municipales de Pont-de-l’Arche :

-       registres de délibérations du Conseil municipal ;

-       cadastre ;

-       matrice cadastrale. 

- Archives de la Société d'études historiques révolutionnaire et impériale (SEHRI), avec nos remerciements à Jérôme Croyet.

Archives départementales de l’Eure : 4 M art. 200

Archives départementales de Seine-Maritime : J 472 (1 et 2).

Sorel Etienne-Alexandre, Pont-de-l’Arche pendant la Révolution d’après les registres municipaux : 1789-1804, Rouen : Lestringant, 1918, 147 pages.

 

 

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La rue des Soupirs et la Côte d'amour

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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