Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 13:47

Dans le cadre du mois de l’architecture contemporaine, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement de l’Eure (CAUE 27) et la Maison de l'architecture proposent une journée d'échanges sur le thème du patrimoine et de l'architecture.

 

P1190236

 

Comment habitons-nous nos villes et nos territoires ?

Le mois de mars est l’occasion, dans les deux régions haute et basse normandes, de porter un regard sur l’architecture contemporaine et sur l’urbanisme et de voir comment ils façonnent nos lieux de vie. L’année 2012 est mise sous le signe du changement et des mutations.

Comment l’architecture peut-elle être au service du quotidien ? quelles stratégies urbaines pour les bourgs ? comment (re)conquérir le centre ? quel avenir pour les quartiers en reconversion ? comment intégrer le développement durable dans les logements ? qu’est-ce qui fait ville ?

Ville en mouvement, territoire en évolution : quelle place le patrimoine peut-il avoir dans cet urbanisme en progression ?

Le regard vers l’avenir auquel ce mois de l’architecture nous incite ne doit pas nous conduire à négliger les traces du passé. A l’heure où les modes de vies se mondialisent et où les formes urbaines tendent à s’homogénéiser dans un périurbain tentaculaire, le patrimoine concentre des caractéristiques culturelles et identitaires locales qui donnent du sens à la ville contemporaine. A ce titre, il mérite l’attention qui lui est accordée même s’il doit aussi s’intégrer dans le présent pour continuer à porter une dynamique urbaine. Aussi, la protection du patrimoine doit-elle s’adapter aux préoccupations actuelles, et mettre à jour les outils sur lesquels elle prend appui, tant au niveau national que local.

Une matinée de conférence sera l’occasion d’évoquer le lien qui unit patrimoine et urbanisme, à travers 4 échelles : niveau national, niveau départemental, niveau communal et niveau des particuliers. Puis une visite en après-midi dans le centre ancien de Pont-de-l’Arche permettra de souligner le bâti ancien et son organisation interne.

 

CAUE-journee-echanges.JPG

 

Jeudi 15 mars 2012
Espace des Arts'chépontains (salle des fêtes)

16, rue Maurice-Delamare (face à la mairie)
27 340 PONT-DE-L’ARCHE

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 13:27

Pays-de-Normandie-75.JPG

Dans son numéro 75 de ce printemps, Pays de Normandie publie un article sur l'historique des chaussures Marco, la saga des Ouin, et le catalogue 2012 du chausseur de Pont-de-l'Arche, seul lieu de production de chaussures en Normandie et ainé des entreprises de chaussures en France.

 

Disponible chez le distributeur de journaux, 6 €.

 

 

BANDEAU-CHAUSSURES-2012.jpg

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 12:46

Débordant d’imagination, le couple Léonard et Camille Tassel a lancé une nouvelle marque de chaussures : Léonamille.

Le catalogue automne-hiver 2012-2013 est présenté sur le site www.leonamille.com où 23 modèles de toute beauté, pour dames et messieurs, sont photographiés avec talent dans l’intérieur raffiné d’un appartement bourgeois.

Un régal pour les yeux ! Un plaisir pour les Archépontains car tous ces modèles sont réalisés dans l’usine Marco.   

 

Accédez au site en cliquant sur l'image ci-dessous : 

Leonamille.JPG

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 17:14

Après une biographie et une bibliographie d'Edmond Spalikowski, nous reproduisons intégralement son ouvrage intitulé Pont-de-l’Arche d’autrefois et d’aujourd’hui, édité par Lestringant, Rouen, en 1931.

 

Tour de Crosne par E. Spalikowski

La tour de Crosne, par Edmond Spalikowski (non édité dans l'ouvrage reproduit ci-dessous).

 

 

Edmond Spalikowski : une vie

Edmond Spalikowski (1874-1951) est une figure intellectuelle de Rouen. Cet homme voua un véritable culte aux arts y goutant – voire y excellant dans leur pratique – : illustrateur, poète, historien, écrivain, critique, chroniqueur de La Dépêche de Rouen, Paris-Normandie, Le Journal de Rouen... 

 

Comment qualifier Edmond Spalikowski en deux mots ? Soigner et enseigner.

 

En effet, notre homme se souciait à la fois du bienêtre des hommes et de leur éducation, ce qu’achèvent de démontrer ses deux professions : professeur d’histoire-géographie au collège de Normandie et médecin. Ce souci d’autrui, en somme, a converti Edmond Spalikowski au militantisme pacifiste dès 1904, période où il professait le socialisme. Trop isolé pour changer le cours des événements, il dut subir les deux guerres mondiales. Il passa la guerre de 1914-1918 mobilisé à Vernon, en qualité de médecin, à l’hôpital 204. Durant la Seconde Guerre mondiale, il connut un exode de 5 ans avant de retrouver sa maison rouennaise pillée, tout comme sa bibliothèque.

Malgré tout, la vie de Spalikowski ne connut pas de tournants ; bien qu’il quittât les horizons socialistes, il resta soucieux du peuple, pacifiste, et conserva assez de militantisme pour mettre ses capacités au service de la Commission des antiquités de Seine-Maritime, de la Commission des sites, des paysages et perspectives de la Seine-Maritime afin de défendre de vieilles demeures, des arbres multiséculaires, et d’encourager les manifestations folkloriques.

Car notre homme, comme l’écrivit le journaliste Gabriel Reuillard, aurait été « plus heureux en un siècle où les valeurs spirituelles et morales étaient moins surclassées par les valeurs techniques. » C’est pourquoi le lecteur du texte qui suit, écrit en 1930, verra le vieil homme défendre avec passion Pont-de-l’Arche, notre cité millénaire. Ainsi que dans maints lieux de Normandie, Spalikowski trouva en Pont-de-l’Arche un véritable argumentaire en faveur du passé : la modestie à la fois des ouvriers et de leurs habitations vétustes et un cadre médiéval assez préservé pour rendre possible les rêveries, les balades dans le temps… 

Edmond Spalikowski ne se réfugia pas dans un conservatisme nostalgique, ou réactionnaire. En compagnie de savantes personnes, dont M. Becq de Fouquières (aux Damps) et des membres, par exemple, de la Société des écrivains normands, dont il fut président, ou de l’Académie des sciences et belles-lettres et arts de Rouen, dont il fut membre, il resta attentif aux modes de vie des humbles. Ces gens sans grade font l’histoire qu’aimait l’auteur et le patrimoine architectural peut être beau quand il marie le neuf à l’élégance des anciens bâtiments. Enfin, lorsqu’il rejette les voitures vrombissantes, déjà, on ne peut l’accuser d’être un vieil homme dont le temps est révolu : Pont-de-l’Arche – la presse de l’époque en témoigne – était une ville dangereuse où les accidents de la route se multipliaient dans les rues étroites de la cité.

Mieux que de visiter les rues archépontaines et dampsoises, Edmond Spalikowski s’y déploie, il rentre dans son sujet – un livre d’histoire à la main –, soupire, esquisse quelques pas vers les ruelles où l’y attendent les plus beaux points de vue, puis redonne à ses lecteurs un Pont-de-l’Arche lové dans une ambiance bien à lui. Les détails architecturaux côtoient les fritures et l’argot des gens du cru car l’auteur est conscient que le présent est déjà dans l’histoire, surtout dans une société qui laisse des témoignages précis sur ce qu’elle vit, aime et pense.

 

A. LAUNAY

 

 

Edmond Spalikowski : extraits de sa bibliographie

- La Station préhistorique de Saint-Aubin-sur-Gaillon (Eure), 1894 ; 

- Contribution à l’étude bactériologique du lait, 1894 ;

- Étude sur les logements des ouvriers de Rouen et…, 1894 ;

- Thèse pour le doctorat. Antonius Musa et l’hydrothérapie froide à Rome, 1896 ; 

- Notes d’anthropologie, 1896 ;

- Dictionnaire médical des Essais de Montaigne, 1897 ; 

- Études d’anthropologie normande, 1897-1898 ;

- Essai scientifique sur F. Villon et son œuvre, 1899 ; 

- Au travail pour la paix (Brochure de propagande).

- La prière au drapeau, 1901 ; 

- Terre normande (poésies), 1904 ;

- Mortalité et paix armée, lettre-préface de Camille Flammarion, 1904 ;

- Chansons de la paix, La Voix du socialisme, 1905 ;

- Bucoliques modernes suivies des Poèmes païens, 1926 ;

- Le Vieux Pont-de-l’Arche, [ca 1930] ;

- La Normandie rurale et ignorée, 1932 ; 

- À travers l’histoire littéraire normande. Michelet en Normandie, 1932 ;

- Âmes et aspects de Rouen, Rouen, 1934 ;

- La Bouille, paradis touristique, Rouen, 1936 ;

- Le Havre. Promenades et causeries, illustrées par l’auteur, 1936 ;

- Le Village, discours de réception d’Edmond Spalikowski à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, 1937 ;

- Au pays des trois abbayes. Saint-Martin-de-Boscherville. Jumièges. Saint-Wandrille-Rançon, 1937 ;

- À propos des séjours normands de Pierre Corneille, 1939.

 

 

Sources

- BNF, Opale-Plus.

- Reuillard Gabriel, "Edmond Spalikowski, évocateur des caractéristiques normandes", [Paris-Normandie], [1952], 6 p., médiathèque de Louviers (in 8° / 477).

 

 

 

Pont-de-l'Arche d'autrefois et d'aujourd'hui

 

 

I. Coup d’oeil d’ensemble 

On pourrait appeler avec raison le XXe siècle le siècle de l’archéologie. Grâce aux travaux des maîtres et aux articles de vulgarisation répandus dans la presse, jamais le public ne s’est tant intéressé aux vieilles pierres et à la conservation des vieux monuments, bien que ceux-ci aient été parfois odieusement mutilés par des municipalités barbares.

Ce goût du passé, qui nous a valu la création de sociétés savantes et artistiques, de commissions des monuments et des sites, transforme le touriste qui ne traverse plus désormais indifférent une agglomération, sans s’enquérir des vestiges de remparts, des églises sauvegardées, des maisons restaurées et de l’aspect général de la bourgade.

Aussi Pont-de-l’Arche excite non sans raison la curiosité de ceux qui désirent rendre hommage à l’art de nos aïeux, tout en admirant le paysage environnant.

Il faut visiter ici, en effet, outre l’église si admirablement orgueilleuse sur sa butte d’où elle domine la vallée, de pittoresques asiles de pauvres gens dans les ruelles aboutissant au carrefour où se profile 1a statue d’Hyacinthe Langlois.

Parmi ces demeures, celle dite du Gouverneur et l’ancienne prison[1] devenue Hôtel de Ville[2], malheureusement dissimulées au fond d’impasses, ne sont pas les moins intéressantes. Des cours comme celle située derrière la Poste[3], des recoins en retrait de la Grande-Rue offrant toute surprise au crayon du dessinateur, et même des logis modernes, tel celui du notaire sur la grand’ place, d’où se dégagent le Boulevard, les routes de Louviers et d’Elbeuf, constituent un nouvel attrait.

 

E. Spalikowski (maison du gouverneur)

La maison du Gouverneur, croquis d'Edmond Spalikowski.

 

 

On verra, par l’exemple de ce home normand si coquet[4], ce que l’on peut tenter en s’inspirant de l’autrefois pour combler les voeux de l’urbaniste.

Le Boulevard qui infléchit sa descente ombragée vers la Seine, laisse voir des pans de fortifications dont la tour Lentérie[5], donnant sur le fleuve, est le spécimen le mieux conservé. La ville était jadis enfermée dans une enceinte, rappelle l’abbé Émile Chevallier, ayant à peu près la forme d’un demi-cercle. « La courtine, épaisse de 2 mètres, était chaînée de tours semi-circulaires mesurant 8 mètres de diamètre extérieur, (seule la tour à l’angle N.-O. de la ville était complètement circulaire). Trois portes donnaient accès dans la ville : l’une, au nord, défendait l’extrémité du pont ; une autre, au midi, ouvrait du côté de Louviers ; la troisième, à l’ouest, s’appelait la porte de Crosne. Ces ouvrages dataient de la première moitié du XIIIe siècle. »

À chaque pas entre l’église et le Boulevard apparaissent des demeures qui exaltent leur vétusté railleuse au regard des bicoques plus récentes et chantent le poème des origines.

Ce petit opuscule n’étant pas un guide au sens propre du mot, n’a d’autre prétention que de souligner quelques détails et d’en révéler quelques inédits. Car on néglige trop souvent l’histoire moderne sous prétexte que chacun la connaît mieux, parce qu’il est censé l’avoir vécue.

Ceux qui  nous suivront seront au contraire fort aises de glaner quelque document qui n’ait pas été vingt fois recopié par les rédacteurs de notices. Aussi, me suis-je borné à une sobriété voulue en ce qui concerne les monuments anciens, pour m’attacher à la physionomie actuelle de Pont-de-l’Arche et donner mes impressions.

Le lecteur ne devra donc point chercher ici ce que volontairement j’ai omis, puisque j’ai simplement réuni dans ces feuillets, par un fil tenu, des articles publiés aux colonnes des quotidiens, gazettes et revues.

 

 

II. Pont-de-l’Arche en 1930

 

C’est en visitant les recoins inconnus d’une cité médiévale comme celle de Pont-de-l’Arche, que l’on se prend à regretter qu’un Hyacinthe Langlois n’en ait point fixé l’image par un crayon habile, avant que la pioche n’ait abattu son fer sur les anciens témoins du passé qui s’éteint.

C’est aussi la raison pour laquelle j’ai voulu conserver en ces pages le souvenir des vieux murs qui subsistaient encore en 1930. Beaucoup en effet sont appelés à disparaître par nécessité d’industrie, de voirie ou d’hygiène.

L’histoire de ces logis qui demain seront morts serait peut-être aussi intéressante que celle des maisons de bois de Caudebec-en-Caux.

Les éléments me manquent pour en décrire les origines et les vicissitudes. Si les annales du Pont-de-l’Arche sont riches en documents concernant le pont, le château, l’église et même les remparts, elles sont des plus sèches au regard des humbles demeures de pauvres gens.

Je ne puis donc que les saluer de mes vers, avant la fatale échéance qui les verra succomber. L’hygiène y gagnera quelque chose sans doute par la suppression de quartiers insalubres ou inconfortables, mais tout un décor pittoresque s’effacera à jamais derrière la morne banalité de la brique et du ciment, à moins que suivant l’exemple de l’habile architecte M. Laquerrière, d’autres défenseurs de l’art ne redonnent vie nouvelle et joyeuse aux façades de demain, et ne rendent à Pont-de-l’Arche le cachet qui fait encore aujourd’hui sa gloire et son originalité.

D’abord à ce vieux toit sis au parvis paroissial, doit tendre mon premier pèlerinage.

 

Sur la place déserte où surgit souveraine

Notre-Dame-des-Arts en son manteau de reine,

La vétuste maison en habits de pauvresse

Étale sous ses yeux sa honte et sa vieillesse.

Et tel un mendiant quémande en sa sébille (sic)

L’obole pour boucher les trous de sa guenille,

Le vieux logis pourtant cherche à sourire encore

À de nouveaux étés, à de claires aurores.

Car il sait, fils des ans, que l’église d’en face

Jette sur sa misère un rayon de sa grâce.

 

Mais d’autres plus nombreux et moins bien avoisinés, ont fixé leurs assises aux quartiers populaires.

Je ne les oublie point malgré leur lèpre et leur sanie, tous ceux de la Rue Haute, de l’Abbaye sans toile et de la Cour Aîné. Ne sont-ils pas le coeur de la ville d’autrefois enclose en son enceinte demi-dévastée au pied de laquelle cependant s’épanouissent les roses des vergers, aux fossés verdoyants ?

 

Captant les chevaliers du rêve au temps perdu

Et des porte-hameçon l’innombrable tribu,

Dès le seuil de la bouche, élargissant son pont

Où la tour à créneaux noie une ombre falote

Aux suies des remorqueurs hâlant sans bruit la flotte

Des péniches ventrues, vermillonnées au front,

La cité de guingois rampe aux berges humides,

Agrippant au coteau ses mains creusées de rides,

Par les ans labourée d’un infernal burin,

Entasse cent taudis au relent des purins

Corrodant les ruisseaux de puantes venelles.

Leur crasse s’ennoblit d’un réseau de dentelles

Que festonne à plaisir le bloquet des lézardes.

Mais la maîtresse poutre en chêne qui s’affaisse

Malgré le réconfort des pijards, goguenarde

L’usine au ciment neuf et le toit sans noblesse

Où grandit la Fortune au berceau d’un chausson.

 

Le progrès en effet a déjà tout bouleversé. L’électricité dresse au carrefour ses pylones (sic) gigantesques, et le ciment a jeté son masque mélancolique sur les poutres apparentes, ce dont s’inquiète Hyacinthe Langlois sur son socle de pierre, que l’on aperçoit dès le coude du pont moderne.

 

Hyacinthe Langlois, poète archéologue

Qui sur ta stèle vois, surpris, tendant le dos,

Dévaler le troupeau bondissant des autos

Échappés aux éclairs du mont du Décalogue,

Pour assaillir le pont cher à Charles le Chauve,

Dans un mugissement de démon ou de fauve,

Lève pour dissiper l’effroi de ta prunelle

La tristesse de tes regards

Que consolait jadis l’inflexion d’une aile

Vers le sourire gothique

De Notre-Dame des Arts,

Reine aux fleurons de pierre en couronne au portique.

Mais prête aussi l’oreille à l’argot des commères

Bourdonnant à tes pieds aux étaux du dimanche,

À leur langue salée, à l’invective amère

Lancée en bon patois, les deux poings sur les hanches,

Et tu reconnaîtras par ce verbe gaulois,

Le sang fier de la race aux illustres exploits

Dans les veines d’enfants des « machons » d’autrefois.

 

 

III. Pont-de-l’Arche et le Tourisme

 

Pourquoi partir si loin lorsque le soleil dispense largement ses rayons sur nos têtes et que nous avons la féerie sous la main ?

Pont-de-l’Arche, en effet, dénoue la chaîne de ses arceaux et dresse sa tour vigilante pour l’appel du voyageur.

Depuis que cette ville est devenue non seulement un centre touristique, mais aussi le sanctuaire où règne, orgueilleuse de ses richesses, Notre-Dame-des-Arts, cette région de l’Eure s’est imposée comme un carrefour où se rencontrent, venues par les chemins ombreux de la forêt, les lacets dorés de la plaine qui voit se coucher la javelle, les autos dévalant en trombes à travers les ruelles pittoresques où, pignons, colombages et pijards s’effarent de tant de bruit et de vitesse.

De même que les géographes précisent l’importance d’une agglomération par sa situation, ainsi peut-on classer Pont-de-l’Arche parmi les routes de premier ordre, dont le pneu écrase le sable millénaire, que l’Histoire avait nonchalamment épandu depuis les temps du premier passage d’eau jusqu’à nos jours. Seulement le sable a perdu sa couleur jaune et gaie, pour se revêtir d'un sarreau noir qui protège à peine son rustique vêtement trop vite lacéré aux jeux de la course.

Mais nous savons ce que valent les tabliers dont le tissu fragile ne résiste guère à l’usure des travaux quotidiens et la route qui n’a rien de la vigueur d’Atlas, ne tarde pas à agrandir ses déchirures dès que l’automne jette le luxe trompeur de ses rouges colifichets sur la misère en haillons du chemin trop foulé.

C’est ici que l’on comprend, mieux peut-être qu’ailleurs, à l’abri des grands murs de la basilique heureusement à l’écart des agitations qui empêchent les emballés d’en admirer à loisir les délicates sculptures, combien apparaît plus pressante que jamais la solution du problème de la route aux chauffeurs.

En principe, l’automobiliste ne s’inquiète que de deux choses : du rythme de son moteur et de l’état de la chaussée. Aussi n’a-t-il guère le loisir de s’apercevoir si les vieux logis dont il frôle la souquenille, lui reprochent de troubler brutalement leur rêve ou l’injurient d’éclabousser leurs ouvroirs d’immondices et d’y lancer leurs vapeurs empestées.

Pont-de-l’Arche ne compte plus guère que pour les artistes, les poëtes (sic) et... les pêcheurs à la ligne, mortels inoffensifs qui conservent du monde d’hier, avec la sagesse et la lenteur du geste, le respect du silence et le culte de la tradition. C’est pourquoi ils s’égaillent le long des berges et sur les eaux du bras de Seine qui caressent mollement le paisible village des Damps où les salicaires fleuries jalonnent de leurs hampes pourpres le sentier herbeux conduisant vers l’autrefois, c’est-à-dire à l’abbaye de Bonport.

Sans doute en conservant les habitudes des ancêtres primitifs les chevaliers de la gaule font-ils figure de gens d’un autre âge pour ceux que la passion de la vitesse rive au volant.

Cependant si les artères principales de Pont-de-l’Arche sont à jamais vouées aux nouveaux dieux infernaux dont le pétrole alimente les brasiers, bien des venelles offrent encore leurs retraites propices à la méditation et au rêve. On peut flâner délicieusement sur le Boulevard, dans l’ombre tutélaire qui protège le passant de son bouclier de feuillage contre les flèches de la canicule.

À ses pieds, les jardins potagers trouvent au cuvelage des anciens fossés la terre nourricière qui favorise l’orgueil des choux et des poireaux. Le regard s’amuse du déhanchement des murs et des toits, et la tour d’angle découronnée qui n’inspire plus aucune idée guerrière, étonne comme un anachronisme dans un décor bucolique.

Le spectacle de la rue n’y est pas non plus banal et sans valeur.

Le dimanche matin, sur la petite place montante et biscornue aux pavés rocailleux, un marché déploie le contraste des couleurs, autour du socle surmonté du bronze noirci d’Hyacinthe Langlois, dont un cordon de lampes électriques éclaire brutalement la face, aux soirs de fêtes officielles. De sa prunelle curieuse, l’artiste archéologue scrute, comme il savait le faire, les détails de ce tableau de la vie utilitaire où sous le ciel gris de Normandie égayé un instant d’une lueur qui voudrait être un sourire de soleil, s’étalent les produits de l’agriculture et de l’industrie.

Ici, une file de lapins dépouillés et prêts pour la casserole forme la frange sanglante d’une courtine accrochée aux ais d’un étal   improvisé ; là, un parterre de cantaloups parfume une voiture autour de laquelle se pressent maintes gourmandes ménagères. Mais elles quittent bientôt l’éventaire odorant pour celui aux rideaux ajourés et pour celui non moins attirant où chatoient le mauve, le rose, le gris et le tango des bas de soie et des corsages qui feront belles les filles des chaussonniers et artisans de chaussure en rupture d’ateliers. Car le propre de Pont-de-l’Arche est d’être un centre industriel sans en avoir l’air. Sa coquetterie lui fait honneur.

Les fabriques se dissimulent entre un mur historique et un jardin. À peine aperçoit-on une cheminée plus haute, quelques vitrages ou un hangar. Seul, un réseau de fils électriques, distributeurs d’énergie, couvre pignons, faîtes et lucarnes, comme toile d’araignée et les hauts pylones (sic) de fer jurent, accolés contre un logis à poutrelles apparentes, qui ne profite pas toujours de la lumière qu’ils apportent.

Sur le port ou du moins près de la grève, les maisons de pêcheurs, au milieu desquelles quelques façades plus cossues ont rajeuni leur costume, conservent le souvenir d’anciens briseurs de lames dans les nuits aux captures fructueuses.

Croyez en la vieille expérience d’un amateur de beaux arts. Malgré ses trombes d’autos et les embarras de ses ruelles, dont aucun Boileau ne dira les ennuis, Pont-de-l’Arche réserve toujours aux citadins avides d’air pur et de calmes horizons, des retraites que signalent quelques papiers gras, reliefs des repas dominicaux en plein vent.

Mais les berges de Bonport sont assez larges et les fourrés assez nombreux pour qu’on puisse y installer trois tentes, en l’espèce le parasol du chef de famille et les ombrelles de la maman et de sa fille, qui jetteront leurs taches vives sur l’écran de vert émeraude des saulaies et des hêtres.

 

 

IV. – Sur le pont… de Pont-de-l’Arche

 

Lorsque le wagon ralentit sa course face à l’horizon que noircit le long ruban de la forêt de Bord, le touriste devra parcourir le pont, fils de celui qui donna son nom à l’antique cité bâtie au IXe siècle, pour résister aux incursions de ceux qui devaient la conquérir, avant de rendre prospère " la Duché  ", dont elle est l’une des parures.

Celui d’autrefois mesurait 334 mètres de longueur et 6 m 50 de largeur. Tout en pierre de taille, il incurvait vingt-trois arches de largeurs et de formes différentes, reposant sur des piles terminées en éperons. Les parapets crénelés s’affublaient de trois moulins en pans de bois perchés sur de longues poutres semblables à des échasses, dont le premier avait appartenu à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen et en conservait l’appellation ; le second s’appelait Parmi ou Matignon et le troisième Rouville ou aux Danois.

Un calvaire érigé au-dessus de l’arche marinière rendait courage et espoir aux usagers du fleuve, appréhendant comme à Vernon l’accès de ces passages près desquels se creusaient souvent de dangereux tourbillons.

Le voyageur ne verra plus le château ni la Porte de l’Eau. Mais deux tours restaurées lui rappelleront une époque chère aux romantiques. À leur pied s’alignent, comme autour du bassin d’un petit port tranquille, de modestes maisons neuves ou rafistolées qui, fatiguées de faire le guet, semblant des lazzaroni assoupis, ne peuvent, même l’oeil mi-clos, voir passer les remorqueurs tirant sans bruit de longues files de chalands au ventre de Gargantua, dans lequel, par tonnes, s’entassent les produits les plus divers, tandis que les barques de pêcheurs en rupture de bureau ou de comptoir, partent à la conquête d’une friture.

D’ailleurs, le pélerinage (sic) finit à Bonport, abbaye dépouillée de ses trésors, et même de ses pierres que l’on retrouve ça et là aux environs, Bonport où résidait quelquefois le bon abbé Desportes, aux vers gracieusement volages, écrits après un souper fin ou entre deux aventures galantes du prince dont il chantait les amours. Mais ne fut-il pas l’ancêtre de ceux qui prêchent la morale facile et l’art de ne pas s’en faire ? Car son potage était exquis, si l’on en croit Malherbe, et puis il avait une telle dilection pour la campagne, surtout celle de Normandie, qu’il lui faut pardonner bien des faiblesses pour la gentillesse de certains poèmes éclos au bord de notre Seine.

Des Parisiens imitant son exemple, ont choisi ces rives pour y fixer leur demeure estivale. Mais effrayés par la gravité du site et les pignons ajourés, qui tels de beaux yeux crevés, ouvrent les orbites de leurs fenestrages sur le mystère des eaux, ils se sont réunis de l’autre côté du pont formant bordure de démarcation entre les deux zones si singulières par le contraste de leur aspect.

Il semble qu’il ferait bon vivre dans cette petite cité qui s’est sagement retirée à l’écart d’une gare où s’arrêtent la plupart des trains venant de Paris. À peine le commis voyageur s’engage-t-il sur quelques seuils, tandis que le touriste dominant l’eau qui bouillonne à ses pieds, voit surgir comme fond de décor, la Côte des Deux Amants, où vielle la légende de Marie de France, qu’ont rendue impérissable la vaillance et l’amour auréolant ses héros.

 

 

V. – L’enterrement à Pont-de-l’Arche

 

Dès les premiers jours de printemps et de festivités pascales, Pont-de-l’Arche qui a secoué le voile maussade dont la neige et la pluie s’obstinaient à couvrir le gothique chapeau de sa basilique et les bonnets sur l’oreille de ses anciens logis, attend la file des autos en délire, sans espérer pouvoir les retenir toutes cependant.

À ceux qui, désireux de goûter les joies de la marche à pied, s’aventurent sur le pavé, je conseillerai de gravir tout d’abord non le chemin officiel, dirai-je, mais le torve sentier qui serpente du quai à l’éminence où s’implante Notre-Dame-des-Arts[6] ; en abordant celle-ci par le chevet, pour se réserver ensuite l'enchantement de la façade sur le parvis.

Rappellerai-je que primitivement dédié à Saint-Vigor, presque tout l’édifice date du commencement du XVIe siècle, et que la décoration intérieure est due au concours de nombreuses  personnalités, dont Madame la duchesse d’Uzès sut échauffer l’enthousiasme et provoquer les dons généreux.

Le maître autel de style Louis XIV, les 46 stalles provenant de l’abbaye de Bonport, de la même époque d’ailleurs, que défendent des lions accroupis, ne font point oublier les remarquables vitraux dont l’un retrace l’image du chemin de Halage sous l’ancien pont, et celle du château au temps de Henri IV.

Mais peut-être croiserez-vous en ce moment un enterrement. La cloche sonne alors son appel sur le rythme du Dies Irae. Sous les voûtes aux nervures ramifiées comme feuilles épanouies, la Charité en costume rituels monte la garde autour du catafalque, et lorsque le Libera a délivré non seulement les chantres, mais l’assistance, un char sans cheval, véhicule à quatre roues, quitte le parvis et s’avance le long des murs historiques qui en ont vu bien d’autres, poussé par les confrères de la Charité, dont l’appellation semble bien justifiée.

Cet usage qui peut paraître suranné à certains, n’est-il point au contraire inspiré, par un dernier geste de solidarité humaine au seuil de l’éternité ?

Sur le passage, le logis dit « du Gouverneur » hausse son toit et son corps effilé au-dessus des arbres, pour mieux apercevoir les gens du cortége (sic).

Pendant ce temps, la vie continue, les métiers ronronnent, les chaussures se cousent, les chaussons se tissent avec leurs bigarrures et leur diversité de formes et de couleurs. À heures fixes, un long camion automobile emmène les ouvrières du dehors, accourues des campagnes pour le travail à l’usine. Les aubergistes inquiets scrutent l’horizon où s’amoncellent de nouveaux nuages qui chasseront les promeneurs alléchés par une semaine précédente de douceur et de rayons qui a croché les premiers bouquets aux arbres des vergers et jardins.

Qu’importe, les fritures grésillent aux poêles plébéiennes des rues de Hault, Sainte-Marie, de l’Abbaye-sans-Toile et dans la Cour Ainé.

 

E. Spalikowski (abbaye sans toile)

La rue Abbaye-sans-toile, croquis d'Edmond Spalikowski.

 

Mais avril ne saurait chaque année se décider à lâcher sitôt l’hiver qui fait d’ailleurs des façons pour prendre sa retraite, abusant de son grand âge pour s’imposer au-delà des limites permises par les règlements du calendrier. Une vague d’assaut chargée d’ondées ou de neige à demi fondue se dessine sur les chalands en construction dans l’île tonnante de vingt marteaux, barrant le fleuve[7], que cherche à dissimuler le rideau d’arbres tendant son réseau de jeune verdure, du pont à la chaussée goudronnée jusqu’à la pointe des Damps.

Puisse la gentille cité garder longtemps ses berges verdoyantes, ses grands peupliers et ses vieilles pierres. Elle sera toujours ainsi celle que l’on regrette lorsque la vision de son horizon de forêts, de toits, tours et campaniles, s’estompe dans la brume, au tournant du chemin.

 

 

VI. – Vers les Damps

 

Depuis que M. André de Fouquières a spirituellement raconté pourquoi il était venu s’installer aux Damps, sorte de faubourg de luxe de la petite cité médiévale, son apostolat a porté ses fruits, puisque toute une colonie parisienne a pris possession de l’estuaire de l’Eure !

Elle eut difficilement trouvé mieux. Le site est des plus agréables, les rives de la Seine, le fleuve lui-même entrecoupé d’îles dérobant du rideau de leurs grands arbres la plaine d’Alizay trop monotone, à proximité de la grande ligne Paris-Rouen, tout cela incitait au déplacement pour un séjour prolongé, qu’avaient déjà tenté auparavant des écrivains et des artistes, notamment Octave Mirbeau, au sein de cette Maison du Sage, ainsi qu’il la désignait dans un article du Gaulois.

Ne s’imaginait-il pas en effet, que celle-ci avait appartenu au philosophe Caro, lorsqu’en réalité, elle avait fait les délices d’un ancien commerçant parisien « chemiserie et confection » qui n’avait rien de commun avec l’auteur du Matérialisme et la Science ?

Il faut reconnaître qu’une louable émulation a incité les villégiaturistes à rivaliser de zèle pour transformer cette modeste agglomération de pêcheurs déjà charmante en un véritable Éden enchanteur.

M. de Fouquières – noblesse oblige – a laissé à sa demeure l’allure d’une vieille dame du XVIIIe siècle, légèrement rajeunie sans rien perdre de sa distinction.

Sur trois larges baies s’ouvre le hall imposant dans son austérité rompue par quelques meubles, divan, fauteuils. Le portrait du maître de ces lieux dans une pose romantique, reçoit, dès l’escalier de fer forgé, les hôtes et les amis.

Voici l’antichambre aux murs tendus de nattes où se détachent quelques toiles et dessins anciens, la salle à manger au décor jaune de toile cirée, ainsi que les rideaux portières et sa longue table dont les dimensions révèlent que l’hospitalité généreuse ne regarde pas au nombre des convives.

Du premier étage où se déroule la succession des chambres meublées à la moderne dans l’intimité desquelles survivent quelques souvenirs de familles ou reliques d’hier, le panorama s’élargit, et l’œil s’éjouit du spectacle des futaies en ligne pour la parade.

Le jardin à son tour réserve des surprises. Le rideau des grands arbres, aux bras étendus dans un geste de bénédiction ou de protection, dissimule à peine un petit édicule de la Restauration, la bibliothèque aux reliures attristées d’un abandon qu’impose l’existence trépidante de la capitale, les communs où se tapit l’auto toujours prête, aux bondissements vers l’aventure de la route.

Puis là-bas, au delà du potager orgueilleux de son exposition légumière et florale, un simple rez-de-chaussée qui, jadis, remplit l’office de mairie pour le village des Damps, a vu transformer la salle municipale en chambre-salon au lustre d’un modern-style audacieux et ses annexes en cabinet de bain et cuisine.

Voici vraiment l’ermitage rustique bien que confortable, contrastant avec le manoir d’en face, aux lignes rigides, aux toits d’ardoises à lucarnes.

Les murs du verger courent le long d’un sentier qui limite le domaine jusqu’à la grille ouverte sur le mystère des buissons et des ombrages.

Et c’est là, douce demeure de grand seigneur doublé d’un artiste et d’un lettré, dont l’accueil dit le grand cœur et la race.

À la suite s’alignent d’autres logis construits la plupart en style normand. La plupart vénérables et authentiques, si j’ose m’exprimer, ont souffert de la négligence, de l’incurie ou de la gêne de leurs possesseurs de jadis, aussi bien que des vents chargés de pluie les fouettant au visage. Mais ils sont devenus de délicieux cottages, égayés de la note écarlate des géraniums ou des tons plus discrets et variés des pétunias et capucines.

L’un même, hier, simple grange-écurie, élevé à la dignité de salle d’apparat, renferme un musée complet de souvenirs ruraux des XVIIIe et XIXe siècles que l’impatience et l’ingéniosité d’une Cauchoise, Mme Leroy, dont on ne saurait trop louer l’initiative, ont aidé à meubler avec un goût si original et si sûr que l’œil le plus observateur n’a rien à critiquer.

Ce rez-de-chaussée accroupi au pied de la falaise verdoyante et fleurie qu’il a fallu entailler pour y asseoir le jardin, est voisin de la maison des Damps, dont le portail élégant, de style Louis XIII, attire déjà l’attention avant que le visiteur ne pénètre dans la cour pour se réjouir des bâtiments à ornements extérieurs de colombages apparents.

Mais dans ce rayon exigu, tout un musée de la rue s’est constitué. M. Jean Bourdon a veillé au respect de l’harmonie des lignes de sa maison, vêtue de lierre, dont le studio se décore d’une agréable cheminée à large foyer.

Un autre manoir plus vétuste, dit de la Reine Blanche, un peu à l’écart du chemin du bord de l’eau, chauffe sa tourelle altière à poutrelles enchevêtrées en X ou parallèles, au soleil du Midi qui la conserve et la console des attaques insidieuses des brumes sorties du fleuve, aux soirs et matins d’arrière-saison.

Sans doute cette demeure attend-elle l’occasion qui lui donnera un Mécène capable de lui rendre sa vigueur et sa beauté première. Mais telle qu’elle est dans son verger de curé, abandonnée aux orties et mauvaises herbes, elle semble bien la princesse délaissée prouvant ses nobles origines, malgré l’usure de son vêtement.

Espérons qu’une heure de réhabilitation sonnera pour elle comme elle a sonné pour le Prieuré, robuste ermitage enclos de murs favorisant la pérennité de la prière aux sourires des roses et des massifs qui constituent le durable reposoir des fêtes de l’été.

 

E. Spalikowski (maison de la Dame blanche)

La maison de la Dame blanche, croquis d'Edmond Spalikowski.

 

Et puis, arrêtons-nous devant cette curieuse entrée de cour, près d’un restaurant de pêcheurs, en face de la cale où, à l’aide d’une traille, un bac assure le passage dans la grande île, carène de verdure escortée d’autres nefs dont les troncs d’arbres sont les mâts et les cimes murmurantes des voiles innombrables, dont aucun souffle cependant ne peut vaincre l’immobilité.

Sur ces deux ou trois kilomètres de route constituant l’artère principale de ce coquet royaume du repos, vers laquelle dévalent des sentiers agrestes, ayant gardé leur simplicité de costume et d’allure, tout un monde roulant d’autos circule sans trop de peine et de bruit. Des rencontres heureuses y naissent par l’effet du hasard, des relations et des invitations, et plus d’un qui a pris pied quelques jours sur la berge, le long de laquelle s’égaille, de l’aube au crépuscule, le cohorte des patients chevaliers de la gaule, ne quitte ces lieux qu’avec le regret au cœur. Le désir monte à ses lèvres d’y trouver à son tour un abri pour goûter la douceur de l’heure parfumée des mois où l’on entend le murmure de la chanson des blés.

 

[1] C’est-à-dire le bailliage.

[2] Et ce jusqu’en 1967.

[3] La cour du Cerf.

[4] La maison notariale.

[5] La tour de Crosne, non pas mieux conservée mais mieux restaurée (XIXe siècle).

[6] La sente de Beauregard.

[7] Ce sont les travaux de calibrage de la Seine, séparant l’Eure de la Seine et endiguant les berges. 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 13:31

 

Autres parties de l'étude : 

 

"Les Prussiens au Pont-de-l’Arche", texte du maire Prosper Morel-Dubosc

L'occupation de Pont-de-l'Arche par l'armée prussienne en 1870-1871

La guerre de 1870-1871 aux Damps et à Pont-de-l’Arche (conclusion)

 

 

Les premiers combats et la retraite française jusqu’en Normandie 

Dès les premiers combats (à partir du 19 juillet), l’armée française a essuyé des défaites qui lui firent perdre l’Alsace. Ce n’est pas qu’elle fût nettement moins puissante que l’armée allemande mais ses généraux commirent de nombreuses fautes stratégiques.

En effet, bien que l’armée impériale fût peu préparée et même moins bien organisée que celle de l’ennemi, elle était tout de même considérable et capable de résister. La bataille de Rezonville / Mars-La-Tour (16 aout) fut gagnée par 90 000 Allemands alors que le général Bazaine avait sous ses ordres près de 140 000 hommes. Un tiers des Français n’ont pas combattu ce jour là faute d’un commandement judicieux.

Le 2 septembre 1870, c’est Napoléon III en personne qui capitula avec une des plus grandes armées françaises à Sedan, où les Allemands les avaient encerclés et dont l’assaut final risquait d’être encore plus horrible. Cette date est le signe manifeste que les Allemands ont abattu l’Empire : l’Empereur est capturé, la France n’a plus d’armée régulière. La victoire leur semble acquise.

Or, ce qui n’était pas prévu, ce fut la proclamation de la république à Paris, le 4 septembre. Les Allemands étaient en route pour Paris, c’est pourquoi les républicains, pourtant rétifs à la guerre, mirent en place un Gouvernement de défense nationale. Ce dernier opposa une résistance étonnamment efficace mais pas assez pour imposer la souveraineté française. Le front de guerre se rapprochait inexorablement de Paris. La ville de Toul tomba le 23 septembre ; Orléans le 11 octobre (car le but des Allemands était d’assiéger Paris).

 Les troupes allemandes entrèrent en Normandie le 3 décembre et étaient déjà à Rouen le 5 décembre.

 

Prussiens.JPG

Des Soldats prussiens, photographie, Rouen, 1870.

 

   Les Prussiens aux Damps

Le début de la guerre ne semble pas avoir eu de répercussions sur la vie du village hormis la mobilisation de quelques hommes et des collectes de fonds comme l’atteste la délibération du Conseil Municipal du 30 octobre 1870 :

 Une circulaire de M. le Préfet de l’Eure, en date du 24 septembre 1870, concernant le renvoi momentané des militaires blessés ou malades dans leurs foyers ; aucun militaire de la Commune se trouvant dans le cas prévu, il n’y a rien à faire quant à présent. Une circulaire de M. le préfet de l’Eure, en date du 24 octobre 1870, demandant le concours en argent des communes pour l’achat d’armes et de munitions. M. le Maire complète cette communication en disant qu’une souscription qui a produit 55 francs ayant été ouverte par ses soins pour le même objet, il n’y a pas lieu de demander à la Commune de nouveaux sacrifices…

Cependant, la défense nationale n’ayant pas été à la hauteur, le front de guerre se rapprocha et dépassa Les Damps, vouant ainsi sa population aux exigences de l’occupant. Le document que nous allons utiliser est le témoignage de l’ancien Maire des Damps, M. Charpentier-Grandin, rapporté par M. Géfrotin (Cf. Bibliographie : pages 157 à 159) ce qui explique le ton assez neutre et dénué de spontanéité. 

Le… mercredi 7 décembre, vers trois heures de l’après-midi, une colonne, forte de 4000 hommes environ, sous les ordres du général Strubberg, vint de Rouen pour s’installer à Pont-de-l’Arche.  Comme il était impossible de loger tout ce monde, trois bataillons allèrent s’établir, l’un à Alizay, l’autre à Criquebeuf et le troisième aux Damps. Cette dernière commune, de 300 habitants, ne pouvait se faire à l’idée que cette masse d’hommes et de chevaux qui s’avançait le long de la Seine allait s’abattre sur elle.

Bientôt, néanmoins, le doute ne fut plus possible, car la tête de la colonne fit halte devant la mairie. Le commandant, sans descendre de cheval, demanda le maire, comme d’habitude. M. Charpentier-Grandin, qui était présent, s’avança, et il s’établit entre eux le dialogue suivant : 

 

LE COMMANDANT. – Nous devons stationner ici.

LE MAIRE. – Mais c’est impossible ; car vos hommes ne sauraient y trouver ni logement, ni nourriture.

LE COMMANDANT. – Il nous faut 500 kilogrammes de viande.

LE MAIRE. – Mais nous n’avons pas de boucher.

LE COMMANDANT. – Vous avez des vaches et nous avons des bouchers. Donnez-nous deux vaches.

Il nous faut, en outre, 500 kilogrammes de pain.

LE MAIRE. – Mais nous n’avons pas de boulangers. Les habitants s’approvisionnent à Pont-de-l’Arche, et, cette ville étant elle-même occupée, ils ne trouveront rien.

LE COMMANDANT. – C’est bon. Vous avez de la farine, cela nous suffira, et, si ça ne se trouve pas, mes hommes chercheront. Il nous faut aussi 100 bottes de foin et 12 litres d’avoine par cheval. Nous en avons 43.

LE MAIRE. - Mais…

LE COMMANDANT. – C’est bien. 

 

Le vocabulaire des réquisitions était à peine épuisé que presque tous les hommes étaient casés : 100 dans une maison [vraisemblablement dans la Gentilhommière], 30 ou 40 dans une autre, et chez les plus pauvres 10, 12, 15.  

M. Charpentier-Grandin, qui n’avait pas prévu qu’il aurait cent convives affamés à traiter, et qui ne pouvait les satisfaire sur l’heure, vit sa maison presque pillée et sa cave vidée en un instant. Cela se passait en sa présence, sous les yeux des officiers, qui laissaient faire. Les soldats enlevaient jusqu’aux rideaux de laine de la salle à manger, et les déchiraient par bandes pour se faire des cache-nez !

Pendant ce temps, les réquisitions pleuvaient ; les habitants, ahuris et manquant de tout, accouraient se plaindre. C’était un tableau navrant. La même chose à peu près se produisit à Alizay.

Pont-de-l’Arche fut moins maltraité, comparativement, parce qu’il offrait plus de ressources".

  

En quoi consistaient ces réquisitions et leur montant était-il plus important, en proportion, que celui qui fut perçu à Pont-de-l’Arche ? C’est ce que nous allons aborder grâce aux délibérations du Conseil municipal.  

 

Extraits de délibérations du Conseil municipal des Damps    

Le 18 novembre 1870

 M. le Maire expose que le mercredi 7 et le jeudi 8 novembre 1870 la Commune a eu à loger et à nourrir, pour deux jours, le 2ème bataillon commandé par le Major Von der Mosel, du 28ème régiment de ligne des armées prussiennes, soit environ 960 hommes et 43 chevaux, selon la déclaration du commandant ;

Que cette occupation considérable, qu’on aurait pu croire impossible eu égard au petit nombre de maisons agglomérées (environs 48), les seules qui aient été requises par les soldats pour leur logement, et le peu de ressources que présentaient la plupart, il en est résulté un préjudice important, soit à cause des réquisitions opérées, soit à cause des pertes éprouvées par les habitants ;

Que, pour la conservation des droits de tous, il propose de faire dresser un état estimatif des réquisitions faites ; de faire estimer la dépense de nourriture pour chaque homme… et de demander aux habitants de remettre un état détaillé de toutes les pertes qu’ils ont éprouvées, en outre de la nourriture et du logement.

Que pour faire ce travail estimatif des réquisitions faites et de celles qui pourraient avoir lieu plus tard (puisque la contrée est sans cesse occupée par les troupes ennemies)… il y a lieu de nommer une commission qui s’entourera de tous les renseignements nécessaires puis fera son rapport sur lequel il sera établi par le Conseil ce qu’il appartiendra.

 

Le 15 janvier 1871

Exemple de denrées réquisitionnées et / ou consommées sur place par les Allemands : vaches, poules, bottes de foins, avoine, blé, bijoux, draps, serviettes, barrique de vin, chemises, lapins, eau de vie, sucre, café, bas de laine, beurre, argent, bois à brûler, bottes de luzerne, pommes de terre, bottes de seigle, sel…

 

Le 26 février 1871

 Le 15 février courant, il a été requis par les Prussiens et par l’entremise de M. le Maire 4 hectolitres d’avoine qui ont été fournis par M. Lange…

Que du 20 au 21 courant les habitants de la Commune ont donné la nourriture et le logement à 140 hommes et 140 chevaux composant la 2ème batterie de l’escadron Munich du 1er régiment d’artillerie de l’armée allemande.

 

Le 19 mars 1871

 Pertes d’argent dues à la présence allemande : 

Impôts perçus par le Trésor allemand : 174,2 francs.

Valeur des objets mobiliers enlevés : 4500 francs.

 

 

Les documents que nous avons parcourus ont mis en évidence l’importance des réquisitions, par rapport à la petitesse du village mais aussi leur étendue. En effet, les troupes ennemies ne sont pas contentées de prendre les dentées vitales, elles se sont aussi attelées au vol des biens monétaires et mobiliers. Il en ressort que l’estimation des pertes donne un total de près de 4700 francs. Comparée à l’estimation dressée à Pont-de-l’Arche, cette somme est effectivement colossale car cela revient à dire que chacun des 280 Dampsois s’est vu réquisitionner la valeur de 38 francs alors que chacun des 1640 Archépontains a, lui, perdu, 24 francs. 

Cette importance du montant des réquisitions est dû au fait que la commune des Damps était enfermée dans le périmètre du pont de Pont-de-l’Arche, placé sous la haute protection des troupes allemandes. C’est ce que nous montre clairement la carte du livre de M. Géfrotin. Des tranchées ont été creusées à hauteur des Damps ainsi que de la forêt et de la route d’Elbeuf car les Allemands, prévoyants, redoutaient un éventuel retour des Mobiles français. La défense du pont était aussi renforcée par des postes de gardes allemands dans les maisons de la place Briand, à l’entrée de la rue de Paris (rue Roosevelt, aujourd’hui) mais aussi dans l’Hôtel de Normandie et dans la zone du Fort, à Igoville, où les envahisseurs avaient levé à la hâte un camp fortifié. 

Par conséquent, Les Damps connut une occupation permanente, pour garder les lieux, et une intrusion passagère mais continue de troupes en mouvement qui passaient par le pont de Pont-de-l’Arche.

Cependant, comme chaque village qui eut à subir des dommages de guerre, Les Damps put bénéficier de dédommagements de l’Etat, comme en témoignent les délibérations suivantes.

 

Le 26 avril 1871

M. le Maire soumet un nouveau questionnaire relatif à l’occupation prussienne et qui a été adressé de l’Assemblée nationale par le Président de la Commission des départements envahis…

  

Le 28 janvier 1872

M. le préfet a fait savoir à M. le Maire que le Ministre de l’Intérieur a accordé la somme de 100 millions de francs, "approuvée par la loi du 6 septembre 1871, à titre de dédommagement provisoire pour réquisitions et dommages causés par l’invasion allemande en 1870–1871. 

 

Le 21 juin 1874 

Dernier versement aux Damps des indemnités de guerre.

 

Vers la fin de la guerre. Bien que les troupes allemandes se soient retirées de la région de Pont-de-l’Arche dès le début du mois de mars, tout le territoire n’était pas libéré et les autorités ennemies demandaient à la France le paiement d’une « indemnité » de guerre de près de 5 milliards de francs (correspondant à peu près à 100 milliards de francs nouveaux et 15 milliards d’euros). Une souscription publique fut alors lancée dans le pays afin de libérer le territoire national. Elle put très rapidement fournir le montant exigé ce qui éveilla le regret, parmi les dirigeants allemands, ne n’avoir pas demandé un montant plus grand encore. La délibération suivante témoigne parfaitement de la situation. 

 

Le 18 février 1872

Souscription patriotique pour la libération du territoire français. M. le Maire ne doute pas que l’œuvre dont il s’agit ne réussisse aux Damps. Les habitants qui ont subi les misères et les hontes de l’occupation étrangère comprendront mieux qu’aucuns le triste et douloureux sort réservé à leurs compatriotes du Nord et de l’Est qui gémissent encore sous la domination prussienne.

 

Sources

- Géfrotin A., L’Arrondissement de Louviers pendant la guerre de 1870–1871, Louviers, 1875, 268 pages.

- L’Elbeuvien du 20 mars 1918.

- Merlier M. (sous la dir. de), La Guerre de 1870-1871 en Haute-Normandie, Rouen, CRDP, 1972, 233 pages.

- Roth F., La Guerre de 1870, Paris, Hachette, 1993, 778 pages.

- Pessiot G., Histoire de Rouen 1850-1900 en 500 photographies, Rouen, Editions du P’tit Normand, 1981, 289 pages. L’illustration de cet article est extraite de la page 61 de ce livre.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 20:53

P1040930.JPG

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:34

P1040920.JPG

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 11:19

 

Les noms de familles se sont forgés il y a si longtemps que leur sens nous échappe aujourd’hui. Voici l’origine de quelques noms bien connus à Pont-de-l’Arche et sa région…



 - Ameline : c’est le féminin du nom Amelin, nom d’origine germanique et qui signifie « brave au travail ».  


Anquetil : nom scandinave qui fut porté à Pont-de-l’Arche par des gens de la famille du célèbre cycliste Jacques Anquetil. Formé sur le mot Ansketel issu lui-même de Ans, nom d’une divinité, etketell, chaudron.   

 

Anseaume : d’Anselme, nom germanique formé sur Ans, nom d’une divinité, et helm, heaume.   

 

Auvray : nom dérivé de Alfred qui, en germanique, veut dire « conseil des elfes ».   

 

Aveline : nom issu du latin Abellana signifiant « lieu planté de noisetiers ». Le premier porteur de ce nom aura donc habité près de noisetiers.   

 

Bréham : il s’agit peut-être là d’une déformation normande du nom Abraham.   

 

Faucampré : ce nom normand, plutôt rare, a été donné à un homme habitué à faucher un pré.      

 

Gonord : nom d’origine scandinave. Formé de deux mots, gunn et vor il signifiait « prudent, avisé  au combat ».   

 

Guerre : désigne un homme guerrier, bagarreur.  

 

- Havet : ce mot désignait un croc, un pic an ancien français. Par extension ce terme est devenu le nom de celui qui le manipulait régulièrement.   

 

Hédouin : formé de deux mots germaniques : Haid, maison et win, ami.   

 

- Hublet : de Huberet, diminutif d’Hubert mais prononcé avec un r très roulé devenu « l » : Hubelet. Hubert vient du germanique et signifie « esprit brillant ».   

 

Hue : ce nom est un dérivé d’Hugues, lui-même formé sur un radical germanique hugo signifiant « intelligent ».   

 

Infray : Infroy, en Français d’Ile-de-France. C’est un nom de personne germanique formé sur inni, intérieur, et frid, paix.   

 

Jouvin : « le jeune ».   

 

Langlois : signifie « l’Anglais » en vieux français.   

 

Lesueur : ce nom a signifié « le cordonnier » et, aux Damps, a été formé à partir de la profession de « sieur de long », métier forestier.   

 

Lambert : nom germanique : Landberth, land signifiant « pays » et berth « brillant, illustre ».  

 

Morel : variante ancienne de Moreau. Les personnes désignées par ce sobriquet devaient avoir la peau mate, si bien qu’on les compara aux « Maures ».  

 

Padeloup : ce nom est issu d’un sobriquet concernant quelqu’un au pas léger, discret, alerte.   

 

Papeil : viendrait peut-être d’un mot de l’ancien français signifiant « faux-dévôt ».  

 

Poupardin : du latin puppa, poupée. Ce sobriquet désignait une personne qui a gardé un visage d’enfant.   

 

Prieur : si le nom de dignité ecclésiastique est patent dans ce nom, c’est son utilisation en tant que sobriquet qui est beaucoup moins connue mais qui a, pourtant, donné naissance à nombre de ces patronymes.   

 

Riberprey : on peut émettre plusieurs hypothèses à propos de ce nom courant dans la vallée de la Seine et qui fut porté par un député des Andelys. L’hypothèse la plus romantique veut que ce nom signifie « Prêtre de Rib », ville de Scandinavie. Ce nom aurait donc été porté par un Scandinave immigré tardivement en Normandie. Cette date tardive serait prouvée par le fait qu’il soit arrivé déjà chrétien dans notre région. La deuxième hypothèse avance que Riberprey signifie « Pré de la rive ». Ce nom aurait ainsi désigné quelqu’un qui habitait, ou possédait un champ situé près de la rive d’une rivière, d’un fleuve. La dernière, enfin, défend l’idée que ce nom provient du Thil-Riberpré, un village de Seine-Maritime, dont le nom est formé à partir de deux éléments latin : Rimbertus pratum, soit le « Pré de Raimbert ». 

 

Thorel : nom qui dériverait de taureau et donc, très certainement, d’un propriétaire de taureau ou quelqu’un au caractère fort.     


  

 Sources  

 

Beaucarnot Jean-Louis, Les noms de famille et leurs secrets, Paris : Robert Laffont, 1998, 355 p.  

 

Morlet Marie-Thérèse, Dictionnaire étymologique des noms de famille, Paris : Perrin, 1997, 1027 p. 


Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 20:38

C’est peut-être étonnant en Normandie, mais les cadrans solaires n’y sont pas rares. 

Pour témoignage, le cadran de Pont-de-l’Arche, situé sur la façade sud de Saint-Vigor, actuellement Notre-Dame-des-arts.

 

Cadran-solaire.JPG

 

Il semble dater du XIXe siècle. Cette photo fut prise lors de la journée du patrimoine le 18 septembre 2005 mais à quelle heure ?... 

Les rayons solaires venant de l’ouest, l’ombre de l’aiguille dépasse les III heures. L’été, notre horaire devance celui du soleil de deux heures : il était donc près de 17 h 15 lorsque le cliché fut pris… 

Quant à l’indication latine bene utere, elle signifie "Fais-en bon usage". Placé sur la façade d’une église, ce conseil est un vrai compromis : utilise le temps comme bon te semble ! à des fins pieuses comme à des fins épicuriennes… Un vrai choix de Normand !

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 20:42

Présentation

Eustache Hyacinthe Langlois, né à Pont-de-l'Arche en 1777, a publié « Le sacristain de Bonport » dans la Revue de Rouen et de Normandie en 1847 (tome 29). Ce texte traduit l’âme de son auteur : triste et en quête de feux magiques. Hyacinthe Langlois, historien et artiste de génie, a vécu misérablement et ne s’est pas trouvé en phase avec les hommes de son temps. C’est pourquoi sa plume l’emmène souvent dans des balades où se mêlent l’insouciance de son enfance et l’Ancien Régime où vivait encore, quelque part, le Moyen âge, la foi et la magie des nombreuses croyances et des mystères populaires. Il y a du romantisme dans les écrits d’Hyacinthe Langlois qui fait revivre, un temps, des personnages que l’on sait devenus fantômes. Le cadre de leur action ne parvient pas à oublier le lierre qui pousse sur les ruines et détruit peu à peu les œuvres des temps passés. Si Hyacinthe Langlois, enfant de la Révolution, a beaucoup propagé les lumières dans ses domaines de prédilection, les écueils vécus durant la période révolutionnaire le rendent nostalgique du passé. Il rejette une trop grande lumière, trop rationnelle pour être humaine, et aime à prendre repos dans des endroits plus sombres en apparence mais où brille une petite lumière dans l’œil des savoirs anciens, plus modestes peut-être où les traits d’humeur sont loin d’être absents.

 

 

 

 

Littérature.

 

LE SACRISTAIN DE BONPORT [1].

 

Légende fantastique.

 

(Œuvre inédite de E.-H. Langlois, du Pont-de-l’Arche)

 

____

 

Sacristain Bonport

Revue de Rouen et de Normandie, t. 29. 1847, 

Renouard del., A. Péron sculp.

 

Les traditions, les légendes populaires d’antiques origines, se sont, en  grande partie, effacées et perdues devant de plus graves et plus véridiques récits. Il n’est guère aujourd’hui de foyer rustique qui n’entende raconter, au lieu de magiques histoires d’apparitions ou de revenants, les pompeuses annales de nos victoires et les merveilleux exploits du héros Austerlitz. Nos excursions armées à travers tant de climats divers, nos guerres si longues, si meurtrières [1], ont fait pénétrer l’habitude et le goût des préoccupations politiques jusque sous le chaume ; et là, d’ailleurs, il est peu de chefs de famille qui ne se soient fait un répertoire d’événements dans lesquels leur louable et naïf orgueil se complaît à s’attribuer quelque portion de gloire. Cependant, si l’amour du merveilleux déserte nos campagnes, en revanche, il se propage dans nos villes où l’on semble s’efforcer, pour ainsi dire, de devenir simples et crédules comme nos anciens paysans [2] ; tant on y est lassé de ce que le positif a de sec et de désolant. Mais on a beau faire, on ne peut se commander des convictions, des croyances ; l’art et l’imagination des romanciers ne pourront jamais répandre sur leurs écrits, quelqu’ingénieux qu’ils soient d’ailleurs, ce prestige et cette teinte mystérieuse dont la main du temps avait empreint, aux yeux de la raison même, les fables du moyen-âge.

Une des causes qui ont principalement contribué à détruire, dans nos campagnes, le charme attaché si long-temps à nos vieilles légendes, c’est la suppression des monastères. Elle a rompu la chaîne des traditions qui se transmettaient d’âge en âge au sein de ces paisibles retraites, où le surnaturel fut si long-temps en crédit. Ce n’est pas que les moines ne fussent, pour la plupart, devenus aussi peu crédules que les gens du monde ; mais, outre que, dans les couvents de femmes, le merveilleux était encore généralement en faveur, il n’était guère d’abbaye d’hommes où le fantastique n’eût encore son conteur inspiré, et c’était ordinairement un des plus vieux moines ou quelqu’un des plus anciens serviteurs de la maison. L’abbaye de Bonport comptait le sien parmi ces derniers. Oh ! combien j’écoutais avidement, âgé de dix à onze ans alors, les récits de ce vieillard, ancien sonneur et sacristain [3], et véritable miroir historial du monastère ! Perclus des deux jambes, et confiné, comme une pagode enfumée, dans un des coins de l’immense foyer de la cuisine, il ne connaissait plus que deux jouissances au monde : celle de causer avec un énorme corbeau à la voix rauque et sépulcrale, animal aveugle et plus que centenaire, et celle de faire écouter ses prodigieux et terribles récits. Pauvre Pierre ! Dieu vous pardonne les frayeurs que vous m’avez causés, lorsque, sortant la nuit de l’abbaye par la porte de la Vierge [4] avec mon excellent père [5], je croyais voir vos fantômes nichés dans les angles de chaque contre-fort de l’enceinte, et vos diables accroupis dans les énormes touffes de lierre qui revêtaient les murs de leur noires guirlandes.

Je dois l’avouer, cependant, une partie des merveilles que racontait le vieux Pierre était sues de beaucoup de monde, et n’excitaient pas toujours un égal intérêt dans l’esprit de ses auditeurs, bien qu’il eût soin d’affirmer très sérieusement que lui, Pierre, ou du moins son père, en avait été témoin. C’est sous une semblable garantie que m’a été confiée la légende que ma mémoire a le plus fidèlement conservée, et que je vais essayer de retracer.

Il y avait autrefois un conte de Brionne, puissant suzerain, qui, menait un véritable train de roi. Ce grand personnage, dont Pierre ne pouvait dire le nom, était demeuré veuf et, de son mariage, n’avait eu qu’une fille, plus belle que les fées, et qu’il idolâtrait. Il partageait, cependant, ses affections entre elle et un neveu, auquel son père, mort dans la Terre sainte, n’avait laissé pour héritage que son épée et son nom. Ce jeune homme, élevé près de la cousine, avait conçu pour elle une passion violente, à laquelle la jeune fille ne paraissait pas toujours insensible ; mais fière, hautaine, capricieuse et jalouse, elle faisait souvent subir, à la constance de son amant, les plus dures épreuves. Un jour, il lui signifia, sous peine d’encourir éternellement sa disgrâce, de ne jamais parler devant elle de la beauté d’aucune autre dame, et le jeune homme le promit sur serment. Cela se passait à l’instant même où le sire de Brionne préparait une grande fête pour célébrer l’anniversaire de la naissance de sa fille.

Sur ces entrefaites, arriva, dans le pays, un vieux médecin ambulant, remarquable par sa prodigieuse barbe jaune. Ce docteur nomade, qui s’entourait d’un grand mystère, outre le crédit qu’il s’attirait par ses miraculeuses guérisons, se signalait encore par sa science extraordinaire à deviner le passé, à prédire l’avenir. Il n’était question que de lui, lorsque la reine d’Angleterre, en voyage, vint à passer à Brionne. La beauté de cette princesse était merveilleuse ; et, comme tout le monde en parlait avec extase à la table du comte, le malheureux jouvencel [sic], oubliant sa promesse, laissa lui-même échapper quelques mots d’admiration. Un regard foudroyant de sa maîtresse lui fit sentir sa faute ; mais déjà le mal était sans remède, et quelques jeunes seigneurs, d’humeur railleuse et légère, qui étaient arrivés pour la fête, s’aperçurent sans peine du dédain que lui témoignait sa maîtresse.

– Il nous semble, dit l’un d’eux à l’amant désolé, que vous êtes mal en point avec la belle châtelaine.

– Je gage mon honneur contre votre diamant, répliqua avec vivacité le chevalier, que je vous prouve le contraire en ouvrant demain le bal avec elle.

– Votre honneur sera perdu et le diamant me restera, car cela ne sera pas.

– Le pauvre amant s’était senti piqué au jeu, et avait, comme on dit, compté sans son hôte. La noble damoiselle le lui prouva bien ; car lorsque, la trouvant à part, il s’agenouilla à ses pieds pour en obtenir la faveur dont il s’était vanté :

– Je ne voudrais pas, lui dit-elle avec mépris, danser avec vous, même en songe ; et, si vous avez gagé votre honneur, comme vous le dites, c’est un faux gage qui ne vous appartenait déjà plus du moment que vous aviez violé votre foi de gentilhomme. L’amant ne pouvant vaincre cette cruelle résistance, ne voulut pas encourir la honte qui l’attendait, et, poussé par une inspiration diabolique, il se précipita du haut de la grande tour du château.

– C’est dommage ! dit le médecin à la barbe jaune, en faisant une indéfinissable grimace, un si beau jeune homme ! Et pourtant il est damné, du moins à ce que diront les moines.

– Énigmatique personnage ! c’était lui, cependant, qui, s’étant emparé de l’esprit de la châtelaine, avait en secret attisé le feu de son jaloux ressentiment. Dès le même jour, ce conseiller funeste quitta le pays, pour n’y revenir, disait-il, qu’au bout d’une année.

La nuit suivante, la jeune comtesse s’éveilla en poussant d’horribles cris, et répétant que son cousin mort la forçait de danser avec lui. Dès lors l’affreux cauchemar ne cessa de revenir, mais de plus en plus terrible ; car l’image du défunt apparaissait à la misérable fascinée dans l’appareil incessamment croissant de sa décomposition physique ! C’étaient d’abord des membres froids, une face pâle et contractée, puis l’odeur infecte, les tâches livides de la putréfaction, enfin des chairs pendantes dévorées par les vers, et bientôt des débris informes, des nerfs racornis, collés à des ossements desséchés. Une année s’écoula de la sorte, et sans que l’infortunée songeât à réclamer sa délivrance de la bonté du ciel. Tout à coup, le médecin à la barbe jaune reparut dans Brionne, appelé par la châtelaine, dont le père était mort.

Le mystérieux médecin ne voulant admettre aucun témoin dans son entrevue avec la jeune fille, et lui parla de la sorte :

– Si vous eussiez cru, comme ces papelards et bigots, à tout ce que racontent les moines ; si vous eussiez eu seulement, suivant l’usage, quelque tondu de chapelain dans votre château, vous n’auriez pas manqué d’avoir recours à force messes et neuvaines qui ne vous eussent pas guérie, car je connais votre mal ; il est grand, mais le remède en est simple et facile. Il consiste, poursuivit-il, non sans quelque hésitation à cracher sur les cinq plaies de l’image du Nazaréen que mes pères ont justement crucifié, car, sachez-le, je suis Juif pour vous servir [6].

– Si peu chrétienne que fût la demoiselle de Brionne, elle fut épouvantée des blasphèmes de ce mécréant, et lui ordonna de se retirer. Cependant, la nuit revint avec son cortège habituel de terreurs. La pauvre fille voulut, comme à l’ordinaire, vaincre le sommeil, et, comme à l’ordinaire, le sommeil vint à l’appel de la nature épuisée. Trois fois l’horrible fantôme s’empara de sa victime en proférant son cri de vengeance :

– Ah ! Tu ne voulais pas danser avec moi, même en rêve !

– Folle d’épouvante, la malheureuse se résolut enfin à suivre l’horrible conseil du Juif ; elle avait dans sa chambre un prie-dieu qui depuis la mort de sa mère, n’était là que pour la forme ; elle en saisit le crucifix avec fureur, mais à peine avait-elle, dans son égarement, consommé le sacrilège dont on lui avait suggéré la criminelle pensée, qu’elle tomba frappée par un coup de foudre si violent, qu’il fendit la tour jusque dans ses fondements [7].

Le lendemain de ce funeste jour, deux prêtres et deux nobles vassaux de la comtesse gardaient son corps dans l’église du bourg. Après de longues heures de prières, le sommeil s’était enfin emparé d’eux, lorsqu’un bruit affreux, qui paraissant venir du cimetière, les réveilla tous les quatre en sursaut. Mais quel fut leur effroi, en apercevant, à la lueur pâle et lugubre des cierges, le cercueil ouvert et vide ! Un plus épouvantable spectacle les attendait dans le cimetière : le squelette du suicidé gambadait sur sa fosse, en forçant la comtesse décédée à suivre tous ses mouvements, et, d’une voix effroyable, il répétait :

– Ah ! Tu ne veux pas danser avec moi, même en rêve ! Avec moi, qui, pour te plaire, ait sacrifié mon salut éternel !

– Plusieurs démons prenaient part, avec joie, à cette scène infernale [8], et, parmi ces derniers, il en était un qu’à son énorme barbe jaune on reconnut pour le médecin mystérieux. Au premier chant du coq, les démons disparurent, le squelette rentra dans sa fosse, et la comtesse de Brionne, retomba froide et morte sur l’herbe humide du cimetière. On ne l’en inhuma pas moins en terre bénite, parce qu’elle était grande dame ; mais, pendant six cents ans, la nuit anniversaire de sa mort, elle remontait de son caveau mortuaire pour venir dans le cimetière danser, avec son amant, ce branle infernal, objet d’épouvante pour les vivants.

Tel était à peu près, mais avec de bien plus grands détails, un des récits de Pierre.

– Pour celui-là, mon père l’a vu, disait-il naïvement en concluant ; le cher homme me l’a assuré, et, pour le salut de son corps, il n’eut pas voulu dire la plus petite menterie [9]. –

 

E.-H. Langlois

 

 

 

 

 

Notes (A. Launay)


[1] Le décès de son frère, André, pendant une bataille du premier Empire n’est évidemment pas resté sans impact sur le jugement de l’artiste.

[2] C’est un mouvement caractéristique du XIXe siècle, la candeur en moins, où les travaux d’histoire veulent conserver le patrimoine de l’Ancien Régime qui tend à disparaitre à mesure qu’avancent les idées révolutionnaires.

[3] Le sacristain est chargé de l’entretien des objets utiles au déroulement de la messe.

[4] La porte de la Vierge existe encore de nos jours : elle perce le mur d’enceinte de l’ancienne abbaye de Bonport sur les bords de la Seine (l’Eure, de nos jours). Elle doit son nom d’une représentation de Marie, disparue depuis longtemps.

[5] André-Gérard Langlois, conseiller du roi, garde-marteau en la maitrise particulière des eaux et forêts. Il mourut en 1812 soit 6 ans après sa femme. Ce couple posséda une assez importante propriété aux Damps, au Val plus précisément.

[6] Que le fauteur de trouble soit juif n’est guère étonnant dans la bouche d’un moine de cette époque. Il ne faisait que poursuivre un antisémitisme ancestral qui brocardait la foi d’un peuple à partir des quelques individus des Évangiles qui ont demandé la mort de Jésus, un autre juif, aux romains. Le jaune de la barbe n’est pas sans rappeler la couleur des rouelles qu’on fit porter par les juifs de certains ghettos du Moyen Age et dans les pays dominés par la réaction nazie. La morale toute religieuse de cette légende est simple : les impies sont détournés de la religion vraie par les sectaires d’autres cultes… et en sont punis éternellement par des démons.

[7] Explication amusante des ruines du donjon qui domine, en effet, la ville de Brionne.

[8] Cette thématique des danses de squelettes a marqué Hyacinthe Langlois qui en a réalisé des représentations qui sont de dignes continuatrices des images morbides issues du XIVe et des pandémies de pestes qui le frappèrent. Voir l’ouvrage de Langlois intitulé Rouen au XVIe siècle, et la danse des morts au cimetière de Saint-Maclou, planche XVII (l’illustration qui accompagne ce texte en est extraite).

[9] Ce mot est intéressant. Il doit marquer la simplicité du sacristain qui s’exprimait sans doute avec des mots du parler normand et de l’ancien français qui nommaient menterie ce que nous appelons de nos jours mensonge. Joli trait d’humour que cette dernière phrase !



[1] [Note de la revue de Revue de Rouen et de Normandie] : Nous nous estimons heureux d’avoir retrouvé, griffonnée au crayon, et sans doute composée pendant une nuit d’insomnie, cette légende inédite, souvenir de jeunesse de notre regrettable compatriote E.-H. Langlois. Nous avons même retrouvé, entre les mains d’un amateur de cette ville, le dessin qui devait en accompagner la publication. Nous ne doutons pas que l’une et l’autre ne fussent destinées à enrichir notre recueil ; c’est donc une espèce de restitution que nous opérons aujourd’hui en publiant d’abord la légende. L’existence du dessin nous a été révélée trop tardivement pour que nous puissions en faire exécuter une copie avec tout le soin que celui-ci réclame ; nous espérons y réussir plus tard. En attendant, M. Renouard a bien voulu composer, pour cet objet, avec tout le gracieux talent qu’on lui connaît, une piquante scène d’intérieur, représentant le sacristain de Bonport. (Note du gérant.)

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Partager cet article
Repost0

  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Contactez-moi afin d'étudier ensemble, plus avant, l'histoire et donc de progresser vers la connaissance. Bonne lecture ! armand.launay@gmail.com
  • Contact

Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

Accédez aux articles par Google maps