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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 16:58
Photographie du barrage de Martot sur une carte postale des années 1910. Ce barrage barrait alors la Seine avec, au premier plan, un premier bras et, au second plan, un second bras côté nord vers la Requête de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Photographie du barrage de Martot sur une carte postale des années 1910. Ce barrage barrait alors la Seine avec, au premier plan, un premier bras et, au second plan, un second bras côté nord vers la Requête de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Le barrage de Martot qui nous intéresse n’est pas le petit ouvrage qui maintenait le niveau de l’Eure jusqu'en 2017 où il a été remplacé par une passe. Il s'agit de son ancêtre, barrant la Seine, qui fut détruit en octobre 1938 avec les écluses de la Requête (commune de Saint-Aubin-lès-Elbeuf) à la suite d’importants travaux. Entamés en 1934, ces aménagements avaient pour objectif de faciliter la navigation entre Paris et Le Havre. Mais pour détruire le barrage, il fallait annuler la dénivellation du fleuve, d’où les dragages de la Seine depuis le barrage de Poses. Le lit de la Seine était alors aussi profond en amont qu’en aval du barrage de Martot, le rendant parfaitement inutile.

Il est intéressant de parcourir les témoignages de nos aïeux sur leurs activités, surtout lorsqu’ils sont à la fois passionnés et soucieux de leur parler quotidien. Or, Armand Billard fut le dernier pêcheur professionnel de la région de Rouen. Jusqu’à la fin des années 1970, il pêchait, comme ses ancêtres, depuis le port de Grand-Couronne. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur la culture et les mœurs populaires, comportant souvent des passages rédigés en normand comme Simples narrées d’un Normand, (éditions Charles-Corlet) et Flux et reflux de la Seine normande, dont est extrait le texte suivant :

"La pêque à la puchette [1] s’faisait sous le l’grand barrage de Martot (…) avant que cet ouvrage sèye supprimé et que le bief seit reporté à eune vingtaine de km plus haut, à Poses ; y a toujou eun barrage à Martot (…), eun petit ; ch’est l’Eure qui se jette là. (…) la puchette des professionnels qui besognaient là en était eune grande, du genre havenet, avec eune très long manche en bois. Cha s’utilisait surtout pou certains peissons d’montée : saumons, aloses, fintes, caluyots. Fallait aver eun coutumier coup d’main pou fondrer [2] cha dans l’iau, espérer [3] (…) eune minute ou deux, pis sitôt senti douguer (…) l’peisson, r’lever la puchette. J’vos parle de la pêque à la puchette que j’ai ma-même connue sous l’barrage de Martot ; mais on puchait étou parfois au long de certaines berges de par en haut (au d’sus de Rouen), quand les fintes et caluyots, qui montaient généralement des premiers jours de mai à fin juin, v’naient y battre (frapper l’eau de leur queue en surface) à la saison de leurs amours. On pêquait à la puchette étou ailleurs autfeis, avant que la Seine ne sèye tant creusée. Men père, qu’était né en mars 1868, m’avait aussi dit que jadis on puchait aux caluyots au long de Croisset (en aval de Rouen), près du pavillon de Flaubert."

 

      ______

Billard Armand, Flux et reflux de la Seine normande, Condé-sur-Noireau : C. Corlet, 1989, 84 p.

 

[1] Epuisette, en normand.

[2] Enfoncer profondément (note de l’auteur).

[3] Attendre.

Armand Launay

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 09:50

Hyacinthe Langlois (1777-1837), enfant de Pont-de-l’Arche, a mis en valeur le patrimoine médiéval normand par des études et de nombreux dessins au trait précis. On trouvera sa biographie sommaire sur mon blog et détaillée sur le site de l’Institut national de l’histoire de l’art (INHA) par Claudine Lebrun-Jouve.

 

Une tombe monumentale à Rouen

La mort d’Hyacinthe Langlois a laissé un grand vide tant au niveau professionnel qu’amical. Ses nombreux amis ont voulu honorer sa mémoire. Ils ont ainsi déplacé un menhir depuis la rive gauche de Rouen afin de marquer la tombe de l’artiste, tombe qui se trouve toujours au cimetière monumental de Rouen (section M2). Ce menhir porte un médaillon dessiné par Polyclès Langlois, son fils, et sculpté par Pierre-Jean David (1788-1856), dit David d'Angers. Il a été offert en 1838 à la Ville de Rouen par un comité de souscription. Le menhir porte aussi une plaque : « À E.-H. Langlois né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777, peintre, graveur, archéologue, la Normandie reconnaissante. » La commune de Pont-de-l’Arche participa à cette souscription.

 

DSCN0007

Hyacinthe Langlois dessiné par son fils Polyclès.

C’est ce dessin qui fut gravé par David d’Angers

afin de réaliser des médaillons en plâtre et en bronze (voir ci-dessous).

Revue de Rouen et de la Normandie, tome X.

 

Tombe Langlois

La tombe d’Hyacinthe Langlois au cimetière monumental de Rouen

est enrichie d’un vrai menhir portant un médaillon et une plaque en bronze.

Photo de l’Association des habitants du quartier Jouvenet

 

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Détail du médaillon sur la tombe monumentale d’Hyacinthe Langlois. 

 Photo de l’Association des habitants du quartier Jouvenet.

 

Un médaillon sur sa maison natale à Pont-de-l’Arche

La Ville de Pont-de-l’Arche ne s’est pas contentée de participer à la souscription permettant d’ériger une tombe monumentale. Selon Alfred Dieusy, elle a financé dès 1837 la copie en plâtre du médaillon sculpté par David d’Angers sur les bases du portrait réalisé par Polyclès Langlois. Ce portrait ainsi qu’une plaque de marbre furent apposés sur la maison de naissance d’Hyacinthe Langlois à Pont-de-l’Arche (5, rue Alphonse-Samain, 1er étage de la boulangerie). Claudine Lebrun-Jouve, historienne de l’art, note que le musée d’Angers conserve un moulage en plâtre du médaillon de la tombe de Langlois et le musée du Louvre une copie en terre cuite et une édition en bronze. On trouve également une copie en plâtre sur la façade du n° 5 de la place Isaac-Benserade à Lyons-la-Forêt.

 

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Une copie en plâtre signée David d’Angers et une plaque de marbre

ont été financées par la Ville de Pont-de-l’Arche en 1837

pour signaler la maison natale d’Hyacinthe Langlois.

 

DSCF3640

Une copie en plâtre du portrait d’Hyacinthe Langlois

se trouve curieusement sur une façade de la ville de Lyons-la-Forêt.  

 

Un buste inauguré en 1867 au cœur de Pont-de-l’Arche : place Hyacinthe-Langlois

 

C’est en 1864 qu’un ancien élève d’Hyacinthe Langlois à l’école d’art, l’architecte Georges Simon, émit l’idée d’ériger un monument en hommage à Hyacinthe Langlois dans sa ville natale. En 1865, le Conseil municipal de Pont-de-l’Arche, présidé par Jean-Baptiste Delaporte, décida de baptiser la place de la halle du nom d’Hyacinthe Langlois. En 1867, les initiatives s’organisèrent. Un comité fut créé, présidé officieusement par André Pottier, ami de Langlois et archiviste de la Ville de Rouen, afin d’ériger un monument. André Pottier s’assura de la pleine coopération de la Ville de Pont-de-l’Arche et appela à la souscription dans un discours prononcé à Rouen le 20 mars 1867. En voici quelques extraits :

« Il s’agit de venir en aide à la ville du Pont-de-l’Arche, qui fait appel à notre concours pour élever un modeste monument à celui qui semblait avoir pris à tâche de populariser le nom de sa ville natale en le rendant inséparable du sien.

Le Pont-de-l’Arche n’avait pas attendu ce jour longtemps différé, à ce qu’il semble, pour tenter d’honorer une mémoire qui lui est chère, et qu’elle comptera désormais parmi ses plus précieux souvenirs. A peine l’éminent artiste avait-il fermé les yeux, que sa ville natale consacrait une maison où il avait reçu le jour par une inscription commémorative. Mais ce genre de monument, essentiellement fragile et périssable. (…) C’est donc à des monuments moins périssables qu’il faut confier le soin de transmettre à la postérité les noms dignes de mémoire.

Une souscription volontaire, devant subvenir à l’exécution de cette entreprise et couvrir des frais dont le chiffre n’est même pas encore posé, le monument, quant à la nature des matériaux à mettre en œuvre, quant à l’importance à lui donner, et quant au développement de l’ornementation, sera ce que le montant des sommes recueillies permettra qu’on le fasse, aussi simple et modeste que les circonstances pourront l’exiger, et peut-être également, aussi élégant et ornementé qu’une souscription fructueuse aura permis de l’établir.

Au reste, quel que doive être ce monument, simple jusqu’à la nudité, ou relevé par l’ornementation jusqu’à la richesse, il aura donc le mérite de correspondre au sentiment général de la cité, qui est fière du nom de Hyacinthe Langlois… »

 

Le 30 mars, le Comité ouvrit la souscription qui fut bien accueillie par les Archépontains, les Villes de Rouen et de Pont-de-l’Arche et des nombreuses sociétés savantes où avait siégé Hyacinthe Langlois. On profita de l’évènement pour réunir des œuvres de Langlois et les exposer à partir du 11 mai 1867 à l’hôtel de Ville de Rouen.

 

Le 1er janvier 1868, le Comité ouvrit un concours : 3 000 francs seront offerts à l’artiste présentant le plus beau projet de monument. Le programme fut dressé par Ernest Le Fèvre, président de la Société des amis des arts. Le concours fut clôturé le 29 février après de réception de 24 projets exposés publiquement. Ceux-ci suscitèrent de nombreux débats parmi le jury et c’est un vote secret qui donna la préférence au projet d’Auguste-Vincent Iguel : un buste de Langlois sur un simple piédestal. Un traité fut signé avec l’artiste en vue de la réalisation du monument.

 

Ce buste fut achevé à temps pour la commémoration des 30 ans de la mort d’Hyacinthe Langlois, au milieu de la place qui porte désormais son nom. Un discours fut prononcé par Eustache Delaquérière. En bronze, le buste de Langlois a trôné au cœur de la Ville jusqu’en 1941. Roland Chantepie a pu coucher sur le papier un évènement de la guerre : « Le buste d’Hyacinthe Langlois (…) fut déboulonné par l’occupant, déposé de son socle (…) et envoyé à la fonte pour être transformé en obus ou canon » (folio 468, voir sources).

Une délibération du Conseil municipal du 10 octobre 1952 montre l'embarras des élus quant au financement de la sculpture d'un nouveau buste par le sculpeur Delandre. Ils pensent faire appel à la Société des amis d'Hyacinthe Langlois. Celle-ci dut répondre par la négative car, le 16 juillet 1953, les élus votent par 11 voix contre 4 la suppression du socle de la statue. 

 

Aujourd’hui, nombreux sont les Archépontains à demander ce qui est arrivé au buste que l’on voit sur les cartes postales (voir ci-dessous) dont une grande reproduction couvre une vitrine de la Civette, sur la place Langlois. Certains ressentent même un vide…

 

Un monument éphémère, sous forme de menhir, fut aussi créé au collège Hyacinthe-Langlois

 

Place Langlois (13)

Ce buste, créé par souscription en 1868 et démonté par les nazis en 1941, a montré au grand jour l’attachement des Archépontains et de nombreux érudits rouennais à Hyacinthe-Langlois. Il a aussi donné du caractère à cette place centrale de Pont-de-l’Arche.

 


M.Taillefesse devant les bâtiments de la DDE

 M. Taillefesse s'amusant sur le buste d'Hyacinthe Langlois

déboulonné pour le compte de l'armée allemande (1941).


 

Sources

- Archives municipales de Pont-de-l’Arche ;

 - Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944) ;

 - Delaquérière Eustache, Projet de discours à prononcer lors de l’inauguration du monument qui doit être érigé à la mémoire de Eustache-Hyacinthe Langlois au Pont de l’Arche (Eure), 8 p. imprimé à Rouen : D. Brière et fils, Disponible à la BM de Rouen (formulation un peu différente) sous la cote 135-110 ;

- Dieusy Alfred, Album de dessins de E.H. Langlois du Pont-de-l’Arche gravés par Jules Adeline, Ernest Le Fèvre et Bracquemond et facsimilé reproduits par les procédés héliographiques de M. Amand-Durant. Autobiographie et recueil de lettre à Bonav. de Roquefort classés et accompagnés d’un texte par Alfred Dieusy, ancien élève de Langlois, Rouen, librairie Ernest Schneider, 1880 ;

- La base Joconde du Ministère de la culture : notice sur le médaillon de David d'Angers.


Armand Launay

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 12:33

Le procès de l’ordre du Temple, organisation religieuse composée de chevaliers, a largement inspiré la littérature et le cinéma (Les rois maudits de Maurice Druon)... La torture des chevaliers du Temple revêtant la cotte d’armes blanche à croix rouge capte l’attention d’un vaste public. La ville de Pont-de-l’Arche n’est pas en reste, elle qui compte dans les annales de son bailliage les procès de 7 templiers qu’on a appelé parfois « Concile de Rouen »… l’occasion pour nous de relier l’histoire nationale à l’histoire locale…

 

Templiers

Dernier passage de templiers à Pont-de-l'Arche durant

la fête en hommage à Richard Coeur de Lion (Bonport, 25 septembre 2011).

 

 

Le roi de France et l’ordre du Temple

Philippe le Bel (1268-1314) devint roi de France de 1285 à 1314 sous le nom de Philippe IV. Son règne fut notamment marqué par des troubles monétaires. Le monarque peinait à financer sa politique militaire, territoriale et sa volonté d’accroitre le pouvoir royal. Il recourut alors largement à l’imposition et spolia les juifs et les Lombards en 1306. 

 Cela ne suffit pas. Le roi lorgna sur les prétendues richesses de l’ordre du Temple qui faisait valoir ses propriétés françaises depuis l’expulsion des templiers de Palestine en 1291. N’étant pas désargentés, les templiers avaient géré le Trésor royal durant le XIIIe siècle. Or en 1295 le roi se passa de leur service au profit des banquiers florentins, censés accorder des crédits. Cela ne marcha pas suffisamment car en 1303 le roi confia de nouveau son Trésor aux templiers.

Mais Philippe le Bel voulut s’affranchir de la tutelle financière du Temple, ordre international soumis au pape mais indépendant de fait. Les évènements lui permirent de réaliser son vœu. En effet, les templiers étant accusés d’hérésie, ils demandèrent une enquête au pape afin de laver leur Ordre de tout soupçon. Le roi de France lança alors sa propre enquête. Le 13 octobre 1307, suite à l’arrêt royal du 14 septembre, les baillis et sénéchaux arrêtèrent presque tous les templiers et placèrent sous séquestre leurs biens et ce sans l’accord du pape. Torturés, nombre de templiers avouèrent les crimes dont ils étaient accusés : hérésie, simonie, sodomie, idolâtrie… Ils offrirent ainsi une parfaite victoire à Philippe le Bel.

Le pape Clément V ne voulut pas perdre la face vis-à-vis du roi et surenchérit en ordonnant, le 22 novembre, l’arrestation de tous les templiers d’Europe pour procès en hérésie. Le diocèse de Sens déclara hérétiques 54 templiers le 10 mai 1310 ce qui les conduisit droit au bucher. Le procès des templiers se poursuivit avec pour point d’orgue le 18 mars 1314 où Jacques de Molay (responsable du Temple en France) et Geoffroy de Charney (responsable de Normandie) furent brulés à Paris. C’est ainsi que le Temple fut supprimé. Philippe le Bel récupéra l’essentiel de leurs biens. En 1317, le Pape Jean XXII répartit les derniers biens entre divers ordres de chevalerie.

 

Edouard 1er hommage à Philippe le Bel

Edouard 1er rendant hommage à Philippe le Bel

(BnF - www.histoire-france.net).

 

Les templiers de la région de Pont-de-l’Arche

La Normandie ne comptait qu’une trentaine de templiers à la veille de leur procès. La plus grande des 17 propriétés templières, appelées préceptories puis commanderies après le XIVe siècle, était située à Renneville (Sainte-Colombe-la-commanderie, près du Neubourg). Elle était donc située dans la juridiction du bailliage de Pont-de-l’Arche. Elle ne comptait que cinq frères dont aucun n’était chevalier. Ces quelques frères étaient gestionnaires de cette vaste exploitation agricole et ses nombreux domestiques. Dans le même temps, deux autres templiers travaillaient dans la commanderie de Sainte-Vaubourg, entre le Val-de-la-Haye et Hautot-sur-Seine (76). Ils rejoignirent leurs frères dans les prisons de Pont-de-l’Arche alors qu’ils dépendaient du bailliage de Rouen.  

 

7 templiers incarcérés et jugés à Pont-de-l’Arche

Michel Miguet, historien spécialiste des templiers en Normandie, a analysé les procès-verbaux des interrogatoires qui eurent eut lieu le 18 octobre 1307 (voir annexe ci-dessous). Il a noté que les procès de Caen et surtout de Pont-de-l’Arche ont été menés « tambour battant ».

 

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Le bailliage de Pont-de-l'Arche, situé derrière le rempart,

était le siège d'un tribunal mais aussi de prisons. 

 

Frère Guillaume Bouchel

Commandeur de Renneville, sergent, 34 ans environ. Fait templier vers 1299 à Renneville par Philippe Agate, preceptor de Normandie. Avoue lors de son interrogatoire. En février 1310, il est emprisonné au Temple de Paris où il accepte de défendre l’Ordre jusqu’à l’exécution de 54 de ses frères déclarés hérétiques. En mars 1311, il reconnait devant la commission pontificale le reniement et le crachat sur la croix.

 

Frère Thomas Quentin

Renneville, sergent, 40 ans environs. Reçu vers 1301 à Bretteville-le-Rabet par Philippe Agate, alors commandeur de la baillie de Normandie. Avoue lors de l’interrogatoire de Pont-de-l’Arche. Même cas que le précédent au Temple de Paris. Dans sa déposition, en 16 février 1311, il ne reconnaît que le triple reniement et le triple crachat sur la croix.

 

Frère Raoul Louvel

Renneville, sergent. 30 ans environ. Reçu en juin 1307 à Renneville par Philippe Agate. Reconnait le crachat sur la croix et le reniement devant la commission pontificale. Ne désire pas défendre l’Ordre.

 

Frère Jean Barbe

Renneville, sergent, 60 ans environs. Déclare avoir été reçu par frère Robert Paiart, preceptor des maisons de Normandie. Il confesse tous les crimes imputés à l’Ordre.

 

Frère Guillaume Hardouin

Renneville, sergent. Avoue. Se désiste à défendre l’Ordre le 18 mai 1310, au Temple. Ne dépose pas devant la commission pontificale.

 

Frère Thomas

Sainte-Vaubourg, chevalier. Avoue à Pont-de-l’Arche.

 

Frère Philippe Agate

Commandeur de Sainte-Vaubourg, sergent. Environs 60 ans. Reçu dans la chapelle du Temple de Bourgoult vers 1281. Avoue le reniement et le crachat sur la croix et prétend qu’on lui a montré « une image » (l’idole ?) lors de sa réception. Refuse de défendre l’Ordre en février 1310.

 

Michel Miguet note enfin que trois frères se montrèrent héroïques en refusant de réitérer leurs aveux. Ils moururent brulés.

 

Templiers au bucher

Templiers au bucher, manuscrit anonyme (1384). Source Wikipédia. 

 

Après le procès

Les procès tenus à Pont-de-l’Arche ne nous montrent que le fonctionnement normal de la justice royale. Les biens du Temple à Renneville ont été repris par l’Ordre de l’Hôpital. En 1373, seuls trois hospitaliers gèrent cette commanderie. Frère Simon Clignet, commandeur, a aussi la charge de la commanderie de Sainte-Vaubourg (et Bourgoult). 

 Enfin Eugène Mannier (voir les sources) cite un cueilloir de rente de 1501 mentionnant une maison appartenant à la commanderie de Renneville :

« Au Pont de Larche, Jehan de la Salle, pour une masure et héritage nommée la Masure de Renneville, assise audit Pont de Larche en la Basse Sentelle, joignant d’un costé la rivière de Saine, XX sols. »

La Basse Sentelle est l’ancien nom de la rue Abbaye-sans-toile. La maison s’y trouvant devait tout simplement être un relai, un espace de stockage pour le grain chargé sur la Seine qui longeait cette rue.

 

 

Sources

Demurger (Alain), Les ordres religieux-militaires au Moyen-Âge (XIe-XVIe siècles), Paris, Le Seuil, 2002, 407 p.

Mannier (Eugène), Les Commanderies du Grand-Prieuré de France, Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 cité par www.templiers.net (visité le 22 septembre 2011)

Miguet (Michel), Templiers et hospitaliers en Normandie, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques, 1994, 511 p.

Miguet (Michel), in Luttrell (Anthony), Pressouyre (Léon), La commanderie. Institutions des ordres militaires dans l’occident médiéval, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques, 2002, 360 p.

 

 

 

Annexe

Interrogatoire des Templiers de Renneville à Pont-de-l'Arche et de frère Philippe Agate, commandeur de Sainte-Vaubourg, au château de la Roche d'Orival (Archives nationales J 4136, n° 23, 18 octobre 1307).

 

C'est la confession que les Templiers de Saint Estienne de Rainneville qui sont em prison au Pont de l'Arche ont feite devant monseigneur Doisneval, monseigneur Johan de Tonneville, monseigneur Guillaume Doisneval, monseigneur Raoul du Pleisseis, monseigneur Guillaume de Hondetot chevaliers, le baillif de Rouen, le viconte du Pont de l' Arche, Johan Larchevesque vallet le Roy et plusieurs autres, le jour de la Saint Just et Saint Luc, l'an de grace mil CCC et Sept.

Frere Thomas Quentin dit premierement que il vit quant il fu receu devant le mestre et li requist le pain et l'eaue et les dras et la compengnie des freres ; après cen que on li out otroié on li fist vouer casté, obedience et vivre sans propre, presens les freres et puis le mena chi! qui le vest derrier l'autel et li monstra la crois et li fist trois foiz renier Dieu et escopir sur et dit que il n'i escopi que une foiz et dit qu'ille fist despoullier tout nu et le baisa en bout de l'eschine et puis en nombril et puis en la bouche et puis on ii fist vouer se uns frere vouloit gesir a luy qu'il ne le refuseroit pas. Requis se il le fist onques et se on li requist onques, dit que non et dit que après tantost chil qui le vesti li monstra un tablel, la ou il avoit un ymage painte, quant il fu vestus tant seulement nonques plus ne la vit et ne set ou elle est et dit que frere Philippe, commandeeur de Saint Evaubourc, quj adonc estoit mestres de Saint Estienne le vesti et dit que il croit que une corde qu'il a chainte dessus sa chemise i fu atouchié entour l'image.

Frere Guillaume Bouchel commandeeur de Saint Estiene ensieut de toutes choses frere Thomas Quentin.

Frere Raoul Louvel ensieut frere Guillaume Bouchel en toutes choses et sans contrainte.

Frere Johan Barbe ensieut frere Raoul Louvel en toutes choses et dit plus que un frere templier vint une foiz pour gesir a lui mes ledit frere Johan ne li vout souffrir et fu vestuz par frere Robert Paiart.

Frere Guillaume Hardouin ensieut frere Thomas Quentin en toutes choses.

 

C'est la confession que frere Philippe commandeeur de Saint Evaubourc fist au chastel de la Roche d'Orival devant monseigneur Robert Doisneval, monseigneur Johan de Tonneville, monseigneur Raoul du Pleisseis, chevaliers et Pierres de Hangest, baillif de Rouen, eulz presenz.

Premierement, il dit que quant on le vesti, il requist avant que il fust vestus le pain, l'eaue, les povres dras et la compengnie des freres de l'ostel ; après on li dit que bien se garde qu'il requiert quar il requiert fort chose pour les vol entés du monde et pour sa volenté qu'il li convendra lessier après cen que l'on li a monstré ces choses et on le rechoit et j'en baisa frere Auvré commandeeur de Normendie, qui le vesti, en la bouche et après lidiz mestres Philippe ala baisier touz les freres qui i estoient present en la bouche et après cen frere Auvré li vesti le mantel et li mist au col et puis le me(n)a derriere l'autel et li monstra la crois et li fist renoier et puis escopir sus une foiz sans plus et puis le fist despoullier et le baisa en la bouche et dist que onques ne fu baisiez en autre lieu sus le cors a lui que en la bouche si li ait Diex et li saint. Et après cen on li monstra un ymage et fu une cordele atouchié à l'imaget laquele li fu commandee a cheindre par dessus sa chemise. Ne ne set ou l'imaget est. Et ainssi la il fet feire a touz ceus qu'il a vestus et l'ont fait. Et si dist lidiz mestre Philippe que touz prestres qui entrent en la religion du Temple i entrent et font tout en icele maniere et an tel chose et non autre que les lais font qui en la religion entrent.

Armand Launay

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 17:13

Dans une lettre adressée à son épouse depuis Les Andelys, Victor Hugo rapporte une anecdote que voici…

 Victor-Hugo.JPG

Le 12 septembre 1837

Hier, entre Louviers et Pont-de-l’Arche, vers midi, j’ai rencontré sur la route une famille de pauvres musiciens ambulants qui marchait au grand soleil. Il y avait le père, la mère et six enfants, tous en haillons. Il suivaient le plus possible la lisière d’ombre que font les arbres. Chacun avait son fardeau. Le père, homme d’une cinquantaine d’années, portait un cor en bandoulière et une grande contrebasse sous son bras ; la mère avait un gros paquet de bagages ; le fils aîné, d’environ quinze à seize ans, était tout caparaçonné de hautbois, de trompettes et d’ophicléides [1] ; deux autres garçons plus jeunes, de douze à treize ans, s’étaient fait une charge d’instruments de musique et d’instruments de cuisines où les casseroles résonnaient à l’unisson des cymbales : puis venait une fille de huit ans, avec un porte-manteau aussi long qu’elle sur le dos ; puis un petit garçon de six ans affublé d’un havresac de soldat ; puis enfin une toute petite fille de quatre à cinq ans, en guenilles comme les autres, marchand aussi sur cette longue route en suivant bravement avec son petit pas le grand pas du père. Celle là ne portait rien. Je me trompe. Sur l’affreux chapeau déformé qui couvrait son joli visage rose, elle portait – c’est là ce qui m’a le plus ému – un petit panache composé de liserons, de coquelicots et de marguerites, qui dansait joyeusement sur sa tête.

J’ai longtemps suivi du regard ce chapeau hideux surmonté de ce panache éclatant, charmante fleur de gaîté qui avait trouvé moyen de s’épanouir sur cette misère. De toutes les choses nécessaires à cette pauvre famille, la plus nécessaire, c’est à la petite bégayant à peine que la Providence l’avait confiée. Les autres portaient le pain, l’enfance portait la joie. Dieu est grand.

 

Commentaire

On ne présente évidemment pas Victor Hugo mais lorsque l’on connait l’engagement politique qui fit en grande partie son renom, on peut s’étonner de cette description des gens du peuple. Ce tableau de misère n’est ni compatissant ni révolté : la chose que retient Victor Hugo n’est pas le pain qui manque mais le panache que porte l’insouciante enfant. Cette vision s’entend… si l’on n’a pas de problème pour se nourrir, comme l’auteur… Si le panache passe pour la chose la plus utile et émouvante à ses yeux, c’est bien parce que le jeune Hugo refuse de voir la misère et qu’il se réfugie dans ce qui lui ravit l’âme. 

Il est intéressant de lire ce panache comme une métaphore de la société de privilèges que constituait la monarchie. Ce panache est d’autant plus visible qu’il est rare et qu’il pousse sur la misère la plus la plus crasse. Les privilégiés, en règle générale, quoique, préféraient voir ce panache quitte à en oublier l’injustice qu’il coiffait. C’est encore le cas de Victor Hugo, royaliste désireux de plus de libéralisme et attentif à la misère, même si elle le révolte pas encore. Ouvert à l’évolution des mentalités il fut de plus en plus acquis à la cause sociale et devint le héraut de la justice sociale en se rapprochant des républicains avancés et des prémices socialistes [2].

Quelques années plus tard, le Dieu avec lequel Victor Hugo termine ce passage ne couronnait plus la richesse – même par un beau panache – mais bien plutôt la pauvreté, qui est le parti à la fois du prophète chrétien et des réformistes.

 

 

Source

Collectif, Voyage en Normandie, Urrugne : Pimientos, 2001, page 43.

 

 

Notes

[1] Sorte de tuba, grand cuivre à vent muni de clés qui fut autrefois utilisé dans les marches militaires principalement.

[2] Victor Hugo ne rompit officiellement avec la droite qu’en octobre 1849, alors qu’il exerçait les fonctions de député de la Seconde république. Cette rupture était consumée car le député refusait une trop grande présence de l’Église dans les affaires publiques (notamment avec la loi Falloux) ainsi que le dédain avec lequel la droite bonapartiste et royaliste laissait souffrir la partie la plus humble de la Nation. Victor Hugo rejoignit les députés qui se déclaraient Montagnards – et donc révolutionnaires – et appela le peuple aux armes lors du coup d’État de Napoléon III cependant qu’il s’opposait à la peine de mort et à la violence gratuite. 

Armand Launay

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 15:48

A Pont-de-l’Arche, le « procès de la truie » est un fait du Moyen Âge qui délie toujours les langues. Il faut dire qu’entre temps, des historiens se sont penchés sur cette anecdote aussi étonnante que populaire… 

  

P1100387.JPG

La cour intérieure du bailliage, à gauche les prisons pour femmes, à droite celles des hommes.

L'histoire ne dit pas dans quelle cellule nos coupables cochons ont été incarcérés avant leur exécution:). 

 

 

Léon Braquehais (voir sources) dénombre deux procès de cochons meurtriers qui se sont tenus au bailliage de Pont-de-l’Arche, sorte de tribunal d’instance de l’Ancien Régime :

 « En 1349 (…) on donna dix sous au bourreau de Louviers et à celui de Pont-de-l'Arche pour ardoir [bruler] deux porcs, qui avaient étranglé deux enfants. (Actes normands de la Chambre des Comptes. 1328-1350) ».

Puis « En 1408, le geôlier des prisons de Pont-de-l'Arche donna quittance de 4 sous 2 deniers pour avoir nourri pendant 24 jours un porc qui avait muldry et tué un petit enfant et qui, en expiation de ce crime fut pendu à un des poteaux de la justice du Vaudreuil (Eure) » [1]. Emile Agnel (voir sources) précise la date du procès, le 13 juillet 1408, et l’exécution au Vaudreuil de la sentence, le 17 juillet.

 

Faire un procès à un animal, voici une drôle de pratique – pour nous – qui n’était pas exceptionnelle au Moyen Âge. Le jugement à mort de cochons tuant de jeunes enfants se retrouve dans les archives comme, par exemples, en 1266 à Fontenay-aux-Roses, 1334 à Durval, 1386, 1356, 1480 à Caen, 1386 à Falaise, 1394 à Mortain, 1403 à Meulan, 1404 à Rouvres (Bourgogne), 1414, 1418 et 1479 à Abbeville, Savigny en 1457, Fresne-l'Archevêque en 1499.

Les animaux, quels qu’ils soient et y compris des essaims d’abeilles, étaient jugés par les autorités royales selon les mêmes procédures que les hommes. C’est ainsi que les jugements ont été consignés dans des procès verbaux et dans les comptes de dépenses de différentes prisons qui ont nourris les animaux avant leur exécution.

On retrouve ces pratiques principalement entre le XIIIe et le XVIe siècle comme le note Emile Agnel. Elles avaient un double objectif : attirer l’attention des propriétaires d’animaux sur leur responsabilité en les privant de leur bien ; attirer aussi l’attention des parents sur la surveillance de leurs petits en les exposant publiquement. Il semble que ce genre de procès ait marqué les esprits car, comme le note Léon de Duranville (voir sources), les Archépontains avaient encore en mémoire ces procès au XIXe siècle !

Un être humain étant concerné, les juges estimaient qu’un procès en bonne et due forme devait avoir lieu et, comme le note Emile Laignel, ils se fondaient sur le verset 21 du chapitre 28 de l’Exode (Ancien testament) disposant que « si un bœuf encorne un homme ou une femme et cause sa mort, le bœuf sera lapidé et l’on n’en mangera pas la viande ».     

 

[1] Emile Laignel précise dans une note que "Dans une quittance délivrée le 10 octobre 1408 par un tabellion de la vicomté de Pont de l’Arche au geôlier des prisons de cette ville, les frais de nourriture journalière d’un pourceau, incarcéré pour cause de meurtre d’un enfant, sont portés au même taux que ceux indiqués dans le compte pour la nourriture individuelle de chaque homme alors détenu dans la même prison." 

 

Sources

- Agnel, Emile, Curiosités judiciaires et historiques du moyen âge. Procès contre les animaux, Paris : J. Dumoulin, 1858, 47 p. ;

- Braquehais, Léon, Curieuses exécutions en Normandie au Moyen-âge, Rouen, E. Marguery et Cie, 1892 ;

- Duranville, Léon Levaillant de, "Deux anecdotes relatives au Pont-de-l'Arche", 13 pages, in Revue de la Normandie, juillet 1867, Rouen, Cagniard.

 

Voir aussi notre étude sur l'origine, l'évolution et l'intérêt architectural du bailliage

 

Armand Launay

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 13:11

Au printemps, la municipalité a fait restaurer deux tableaux de l’église. Datant du XVIIe siècle, ces œuvres d’art étaient oubliées dans la sacristie. Elles ont été redéposées dans l’église afin que les croyants et les nombreux visiteurs puissent les apprécier. Ce n’est pas le tout de posséder un beau patrimoine… il faut le valoriser et le partager !

 

En 2008, une toile du XVIIe siècle tombait du mur de la sacristie où elle était oubliée depuis des dizaines d’années. Michel Lepont, organiste de la Ville et bénévole de la paroisse, alerta la municipalité.

Celle-ci rendez-vous avec le Conservateur régional des Monuments historiques et en profita pour faire restaurer aussi un tableau sur bois en mauvais état, lui aussi classé aux Monuments historiques.

C’est ainsi que L’Adoration des Mages et La Vierge à l’Enfant reçurent la visite de plusieurs restaurateurs professionnels. La municipalité décida de travailler avec Eric Beaumont qui vint chercher les œuvres après de longues procédures administratives.

Le restaurateur a d’abord retiré d’épaisses couches de vernis et de peintures apposés lors d’une restauration ancienne et qui masquaient les couleurs d’origine. Après ce premier travail, il a repeint les œuvres d’après les traces encore visibles et il a dû recomposer certaines parties manquantes et ce grâce à ses connaissances de l’art Renaissant. Ce travail d’expert, qui a duré plusieurs centaines d’heures, a redonné aux deux œuvres archépontaines (malheureusement non signées) tout leur éclat.

Afin d’éviter les erreurs du passé, la Ville a décidé de ne pas remettre ces tableaux dans la sacristie (fermée au public) mais de les accrocher dans l’église (bas-côté nord, autour du groupe statuaire sainte Anne) afin de les partager avec le plus grand nombre.

 

Description des œuvres

 

Deux-tableaux.JPG

-      « La Vierge à l’Enfant » (à gauche), huile sur toile et son cadre, XVIIe siècle, non signé, 51,5 x 70,5 cm, classé aux Monuments historiques le 24 aout 1976. Marie porte sur ses genoux l’enfant Jésus et lui donne une fleur tandis que Joseph, père de Jésus, regarde la scène et apparait au second plan à gauche. 

-       « L’Adoration des Mages », tableau peint sur planches assemblées par parquetage, XVIIe siècle, non signé, 92,7 x 65 cm, classé aux Monuments historiques le 24 aout 1976. Cette œuvre représente les rois Mages devant l’enfant Jésus porté par sa mère, Marie, accompagnée de Joseph, son mari. Une trouée dans le ciel jette une lumière accompagnée d’angelot sur cette scène située dans un décor architectural de la Renaissance.

 

Armand Launay

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:58

Voici une invitation à la visite du village des Damps (Eure, 1200 habitants entre Val-de-Reuil et Elbeuf)...

 

P1150701

Eh oui, après une visite du centre ville médiéval de Pont-de-l’Arche, rien ne vaut la douceur des berges de l’Eure pour flâner au gré de la nature et de la découverte historique. Or, quelques centaines de mètres plus loin, se trouve le village – méconnu – des Damps, sur lequel s’est bâti Pont-de-l’Arche, il y a mille ans, et à côté duquel s’est construite l’usine m-real qui, je le concède, nuit au paysage et aux bronches des habitants de la région. Le tourisme ne peut pas me faire mentir. 

Mais visitons...  

La partie ancienne du village des Damps, le cœur historique, est l’occasion de réunir le plaisir de la balade et l’étude du patrimoine. Allez, suivez-moi… 

Deux ou trois pieds de vigne, dans la rue Coucou, prolongent la tradition de cette culture qui a occupé les coteaux de Seine (à Igoville, Alizay) pendant de longs siècles. Cette culture existe encore aujourd’hui mais à Gaillon, Louviers, Rouen... 

Les petites maisons dampsoises, blotties les unes contre les autres, trahissent la vie difficile de nos ancêtres, réunis par la solidarité, dans un cercle restreint, de la naissance à la mort. Toutes les bâtisses de nos vieilles ruelles laissent parler l’ingéniosité des hommes du XVIIIe siècle, essentiellement, mais aussi du XVIIe siècle, pour la plus vieille d’entre elles ; la maison de la " Dame Blanche ", ou Blanche de France, la femme de Saint-Louis, qui posséda des terres ici même et à Léry. 

Les hommes d’antan surent utiliser les ressources locales pour se protéger de la rudesse des éléments. Ainsi, le promeneur attentif remarque les toits composés de tuiles " du pays ", qui sont les " tuiles plates " du spécialiste. Ces petites tuiles, toutes serrées et régulières, sont nées de la cuisson de l’argile rouge des sous-sols, déjà exploités aux Damps depuis l’époque gallo-romaine. On les retrouve, d’ailleurs, à Alizay (La Briqueterie), à Martot (Le Quai aux Tuiles) et La Vallée de Tostes. 

Les murs de nos maisons sont bâtis de silex et de craie, comme l’église romane de Montaure. Savamment assemblés, ces blocs calcaires sont tout droit issus des grottes dampsoises depuis – au moins – la Gaule romaine. Il n’y a qu’à en juger par le relief – torturé – des coteaux de l’Eure et de la Seine. Imaginez-les, ces grottes ; on les devine déjà quand on marche le long de la rue des Carrières, la bien nommée, où demeure une ancienne charrette sur le bord du chemin. Imaginez-les, elles courent des berges de l’Eure – sous la roche – jusqu’à la forêt, sur le plateau… ce sont de véritables galeries minières qui restent inconnues, sous les routes que l’on emprunte pourtant tous les jours. 

Comment a-t-on cimenté ces pierres pour quelles aient tenu bon debout jusqu’à nos jours, où elles témoignent du talent de leurs constructeurs ? La réponse est simple et nous est, encore une fois, soufflée par le nom d’une rue, pour peu qu’on lui prête l’oreille ; la rue des Plâtriers. Les plâtriers, les ancêtres des maçons comme M. Papeil, qui réside ici même, tiraient la craie des proches carrières et la travaillaient dans des fours à chaux, aujourd’hui abandonnés. 

Quant aux colombages, qui apparaissent çà et là, ils dessinent un petit bout de Normandie avec d’anciens fûts de la forêt de Bord, massif forestier qui compose une grande partie du territoire communal. 

Venez aux Damps, voir comme le paysage exprime la beauté – simple car naturelle – des bords de l’Eure et de l’orée de la forêt de Bord. Ce sont ces éléments qui expriment aujourd’hui encore ce que fut, ici, l’histoire des hommes … Notre village est né de la pêche et du transport sur l’Eure et la Seine, ces deux déesses qui unissaient leurs eaux en face des Damps, jusqu’en 1934. En effet, à cette date, le fleuve acheva d’être transformé en voie commerciale. L’Eure, grâce à laquelle les députés révolutionnaires baptisèrent le département, en 1790, ne se jeta plus aux Damps mais, dix kilomètres plus en aval, à Martot. Alors, le modeste port des Damps disparut, lui qui chargeait sur les navires – puis les péniches – le bois de la forêt de Bord. Ce bois était amené par les rues des Plâtriers et du Val. Quant aux autres petites ruelles perpendiculaires à l’Eure, comme à Criquebeuf, elles sont nées du besoin de relier toutes les maisons des mariniers, des pêcheurs, des éleveurs–cultivateurs à cette eau vitale, qu’ils partageaient avec les femmes, elles qui y rinçaient le linge de la famille... avant l'arrivée de l’eau courante et des idées progressistes ! 

Allez, car il faut que je vous laisse, j’ai beau aimer les mots ainsi que notre patrimoine, je pense que ma plume ne remplacera jamais votre visite dans notre cœur historique des Damps. Une visite dans notre belle région de Pont-de-l’Arche mérite une pause, un petit pique-nique, pourquoi pas, auprès du patrimoine mi rural mi naturel du village des Damps. 

 

Armand Launay

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:57
Vue depuis Les Damps du haut sur le lieu de l'ancien débarcadère du bac où se trouvait la Maison rouge. L'orientation du chemin qui la suit montre clairement qu'il existait une voie reliant Alizay et Les Damps.

Vue depuis Les Damps du haut sur le lieu de l'ancien débarcadère du bac où se trouvait la Maison rouge. L'orientation du chemin qui la suit montre clairement qu'il existait une voie reliant Alizay et Les Damps.

La "Maison rouge" est le nom d'une parcelle de la commune d'Alizay où se trouvent des industries comme Ashland et Double A. Quelle était cette maison rouge ?  

Des parchemins conservés aux archives de la mairie des Damps nous apprennent l’existence d’un bac entre le village des Damps et la rive droite de la Seine, au nord. Mais où se trouvait le débarcadère de ce bac ? La réponse est assez simple : la place du village des Damps était située en face du confluent entre l'Eure et la Seine. De l'autre côté de la Seine se trouve le château de Rouville. Plus précisément, une route conduit de la berge nord de la Seine au village d'Alizay. Elle aboutit, de nos jours, au niveau du rondpoint de la déviation d'Alizay, en face de l'entrée du château de Rouville.

Or, ce bac ne reliait pas Les Damps à une rive droite inhabitée. D’anciennes chartes[1] nous apprennent que ce bac menait à une "hôtellerie", appelée La Maison rouge. Elle devait tirer son nom de la couleur de ses tuiles. Cette hôtellerie appartenait au seigneur de Rouville.

Sur cette carte d'état major datant de la moitié du XIXe siècle se voit un enclos avec plusieurs bâtiments au nord de la Seine, entre Les Damps et Alizay. Cet enclos représente l'ancienne hôtellerie fluviale de la Maison rouge ou le chanvre était aussi cultivé et chargé sur la Seine.

Sur cette carte d'état major datant de la moitié du XIXe siècle se voit un enclos avec plusieurs bâtiments au nord de la Seine, entre Les Damps et Alizay. Cet enclos représente l'ancienne hôtellerie fluviale de la Maison rouge ou le chanvre était aussi cultivé et chargé sur la Seine.

Cette hôtellerie devait principalement accueillir des mariniers, des haleurs et des voyageurs qui empruntaient le cours de la Seine. Pourquoi stationner ici ? La Maison rouge était entre deux obstacles pour la navigation fluviale :

- le pertuis[2] de Poses nécessitait une journée de travail pour faire passer une embarcation chargée. C’est pourquoi les haltes nocturnes étaient souvent nécessaires aux voyageurs avant et après le franchissement de cette difficulté naturelle ;

- le pont de Pont-de-l'Arche prenait lui aussi beaucoup de temps. Nous le relatons dans un article sur le montage des bateaux sous le pont.

Il n'est pas étonnant que des voyageurs fussent bloqués par la nuit entre Pont-de-l'Arche et Poses de ce côté-ci de la berge. Pourquoi de ce côté-ci ? Parce que l'autre rive était plus entrecoupée par des iles et donc par des berges mouvantes et impropres au halage. Elles nécessitaient plus souvent de faire franchir aux chevaux des bras de Seine sur des bacs précaires et payants.     

La Maison rouge dût assurément être aussi une ferme dévolue à la culture et peut-être à l'élevage. La parcelle la plus proche de la Maison rouge se nomme "Le port au chanvre". Cette plante servait à la confection de tissus rudimentaires. Elle était cultivée dans la plaine alluviale d'Alizay et a peut-être occupé des travailleurs de la Maison rouge.  

Carte postale des années 1910 située du côté du port au Chanvre, voire de la Maison rouge. L'espace a, semble-t-il, été déserté par les hommes, hormis quelques paisibles passages comme ici un pâtre, son chien (en bas à droite) et son troupeau.

Carte postale des années 1910 située du côté du port au Chanvre, voire de la Maison rouge. L'espace a, semble-t-il, été déserté par les hommes, hormis quelques paisibles passages comme ici un pâtre, son chien (en bas à droite) et son troupeau.

[1] Dictionnaire Historique de toutes les Communes de l’Eure, Charpillon L.E., Caresme A.   

[2] C’est à dire une perte d’altitude de la Seine à cet endroit qui accroit le courant et qui fait tourbillonner les eaux, rendant ainsi hasardeuse la navigation.

 

Armand Launay

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:42

-E.Charpillon, Louis-Étienne, Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 662-674.       

 

PONT-DE-L'ARCHE

 

Paroisse : ch.-lieu de Baill., Vic. et Elec. – Dioc. d’Évreux. – Parl. et gén. de Rouen.

       Pont-de-ma-Citadelle, Pons arcis meae, d’où Pont-de-l’Arche, telle paraît être la véritable étymologie de cette localité[1].

         « Vers 860, Charles le Chauve convoqua les grands de l’Empire, à son palais de Pîtres, et obtint d’eux des subsides pour faire construite une fortification et un barrage assez fort pour arrêter les barques normandes qui remontaient la Seine. Pour établir ce pont, on choisit l’endroit où la marée cesse de se faire sentir ; deux châteaux-forts furent élevés aux deux extrémités, sous la direction de l’archevêque Hincmar.

 

         Vers 1020, le duc Richard II, duc de Normandie, donna aux moines de Jumièges l’église et le tonlieu de Pont-de-l’Arche, avec trois moulins qui existaient sous le pont, deux acres de près et un moulin vers les Damps, avec trois fermiers.

         Guillaume de Pont-de-l’Arche fut un des cinq enquêteurs chargés, par Henri 1er, en 1127, de la rédaction du rôle de Winchester.

         Vers 1180, l’impératrice Mathilde et son fils Henri II donnèrent à N.-Dame-du-Pré, 4 l. de rente à prendre sur les pêcheries de Pont-de-l’Arche.

         Richard Cœur-de-Lion échangea, en 1198, avec les seigneurs de Jumièges, le domaine de Pont-de-l’Arche contre celui de Conteville ; après la mort de son frère, Jean sans Terre ne pouvant défendre Pont-de-l’Arche, voulut démanteler le château ; Philippe Auguste ne lui en laissa pas le temps et s’en empara en 1203.

         Dans le traité fait avec les habitants de Rouen, le 1er juin 1204, il est dit que Philippe-Auguste leur accorde les mêmes libertés et coutumes que celles dont jouissaient les bourgeois de Pont-de-l’Arche ; il leur accorda, de plus, la franchise de péage à Pont-de-l’Arche.

        Pont-de-l’Arche a servi dans tous les sièges de Rouen de dépôt d’approvisionnements militaires ; cette ville, qui pouvait empêcher le trafic entre Paris et Rouen, a été pendant bien longtemps considérée comme la clef de la Haute-Normandie  ; aussi, Philippe-Auguste et ses successeurs y vinrent-ils souvent. Si la situation de cette ville était importante, au point de vue stratégique, elle ne l’était pas moins du point de vue fiscal ; le point extrême de la marée montante servait de ligne de démarcation pour les droits à percevoir par la vicomté de l’Eau.

      En 1211, Alexandre, abbé, et les religieux de Jumièges, abandonnèrent à Philippe-Auguste ce qu’ils avaient à Pont-de-l’Arche et reçurent Conteville en échange.

      On dressa, en 1213, un état des nefs appartenant au châtelain de Pont-de-l’Arche, Simon de Montfort étant à Pont-de-l’Arche ; fit hommage au roi des États de Raymond VII, comte de Toulouse, qui avait été déclaré hérétique (sic).

         Des actes nombreux de Philippe-Auguste sont datés de Pont-de-l’Arche.

         En 1222, le roi étant dans cette ville, donne aux bourgeois de Poitiers la liberté du commerce, excepté à Pacy et à Pont-de-l’Arche.

        Louis VIII se trouvant à Pont-de-l’Arche, le 4 janvier 1224, s’engage à faire venir à Rouen les débiteurs des bourgeois de cette ville[2] ; il autorisa les religieux de Bonport à faire venir chaque année 100 tonneaux de vin, francs de péage et de droits de coutume.

         Dans une charte de Guillaume de Tourville, pour Jumièges, en 1228, il est fait mention de la voie publique qui conduit du port d’Oissel à Pont-de-l’Arche[3], Me André était alors curé de cette ville.

         A la date de 1237, Pierre de Meulan était châtelain de Pont-de-l’Arche ; Me Robert était curé.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1240, furent présidées par Jean des Vignes et Renault d’Alisay, vicomte de Pont-de-l’Arche.

         Jean Ansgaut qui avait pris part à la croisade, reçut du roi, en 1251, une rente de 3 d. sur la prévôté de Pont-de-l’Arche ; Robert Le Maçon, Abraham, Robert et Eudes du Pont-de-l’Arche, sont cités dans différentes chartes de cette époque.

         Pont-de-l’Arche faisait alors partie du domaine royal, et dans le compte des vins du roi, cette ville figure, en 1247, pour 88 muids 11 setiers ½ [4]. On y percevait un droit de péage de 10 d. par muid sur les vins qui passaient sous le pont, de même que les chevaux, bestiaux, voitures, traversant le pont, acquittaient un droit.

         Barthélemy Fergant était, en 1256, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Guillaume des Gades-Renicourt l’avait remplacé trois ans après.

         Eudes Rigaut le vigilant, archevêque de Rouen, visita Pont-de-l’Arche cinquante-quatre fois ; il donna deux fois l’ordination dans la chapelle du château, et deux fois il assista à des ordinations faites par l’archevêque d’Évreux.

         En 1271, Robert du Pont-de-l’Arche vendit au Bec, pour 7** l. de rente des maisons qui lui rapportaient 12 d. de rente.

       Un arrêt du Parlement de la Toussaint 1288, décida que l’abbaye du Bec n’avait pas le privilège de libre circulation à Pont-de-l’Arche.

         Me Guillaume était, en 1288, recteur des économies de Pont-de-l’Arche ; Mgr Gohier, vicomte, fut choisi comme arbitre en 1289 ; il était remplacé deux ans plus tard par Robert d’Auvilliers.

         Une inondation emporta tous les ponts de la Seine , en 1296, à l’exception toutefois de celui de Pont-de-l’Arche.

         Pendant le XIIIe siècle on faisait, à Pont-de-l’Arche, un grand commerce d’huile de noix et d’huile de pavot, que l’on extrayait dans le pays.

         Le bailli de Rouen voulant soustraire au sieur Nicolas Le Tonnelier un privilège de la Fierte , l’envoya, en 1302, aux prisons de Pont-de-l’Arche.

         En 1306, Jean de Préaux vendit aux religieux de Saint-Ouen une arche du pont de Pont-de-l’Arche avec la pêche de cette arche, qui étaient de son propre héritage[5].

         Un sieur Jean Larchevêque tenait en fief-ferme, à la date de 1308, les moulins du roi de Pont-de-l’Arche ; l’année suivante, le roi confirma une vente, consentie par Laurent Thiart, vicomte de Pont-de-l’Arche, au cardinal Jean Le Moine[6].

         C’est à Pont-de-l’Arche que fut tenu, en 1310, le concile dans lequel les Templiers furent condamnés à mort.

         Aux assises tenues dans cette ville en 1313, on confirma les arrangements entre le Bec et le seigneur du Neubourg pour les Novales ; d’autres assises furent tenues, en 1313, où fut jugé un différend entre l’abbaye du Bec et Guillaume de Maulévrier, seigneur de Combon.

         Des lettres de Louis le Hutin, du mois de juillet 1315, fixèrent le tarif des droits à payer sur les marchandises voiturées par eau, de Paris à Pont-de-l’Arche, et de cette dernière ville jusqu’à la mer, tant en montant qu’en descendant ; il en résulte que le roi percevait 10 d. par tonneau de cidre remontant la Seine jusqu’à Pont-de-l’Arche[7].

         Une ordonnance de Philippe le Long, du 12 mars 1316, chargea le bailli de Rouen « d’établir ès ville de Pont-de-l’Arche un capitaine… qui fasse serment de maintenir et garder loyaument icelle ville, païs et peuple ».

         En 1317, Pierre Lhôpital, prêtre, était garde du scel aux obligations de Pont-de-l’Arche[8]. Jean de Neufchâtel était vicomte.

         Jean Gougeul obtint du roi Charles le Bel, en 1321, que le moulins Aux Dames, à Pont-de-l’Arche, serait tenu du roi à seule foi. En 1335, Robert Garin, vicomte de Pont-de-l’Arche, résista aux injonctions du roi, relatives à l’exécution d’une sentence rendue par la Chambre des Comptes de Paris, au sujet de biens situés à Léry.

         Jean du Bosc, vicomte de Pont-de-l’Arche, assistait à l’échiquier de 1344 ; il épousa Catherine de la Luzerne , dont il eut quatre enfants.

         Par quittance passé devant Pierre Martel, garde du scel aux obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche ; le 6 novembre 1350, Jehan le Fer déclara avoir reçu du roi par les mains de N.H. Bachelet, vicomte, 20 s. pour le terme de Saint-Michel passé.

         Au commencement du mois d’août 1346, les Anglais, appelés par Charles le Mauvais, débarquèrent en France sous la conduite de leur roi Edouard, et vinrent à Pont-de-l’Arche qu’ils brûlèrent ainsi que tout le pays voisin[9].

         L’année suivante, Richard du Mesnil, chevalier, était capitaine du château de Pont-de-l’Arche.

         Des lettres royales, du 13 avril 1350, constatent que le comte d’Harcourt devait au roi Jean le Bon, 220 l., 8 s. payables au vicomte de Pont-de-l’Arche. A cette date, le vicomte était Jean de Baigneux, qui eut pour successeur Richard de Bitot.

         En 1356 « se partit le roi Jean de Rouen, et alla au Pont-de-l’Arche, et la vient à lui le prévôt des marchands de Paris, à 500 hommes d’armes »[10].

         Au mois d’août de l’année suivante, Charles, duc de Normandie, était à Pont-de-l’Arche. Après la paix de Brétigny, en 1360, le roi Édouard fit passer la Seine à ses troupes, à Pont-de-l’Arche, d’où il les envoya en Angleterre[11].

         De grandes réparations furent faites au XIVe siècle, au château de Pont-de-l’Arche, à la chambre du roi, au colombier et à la petite chapelle.

         La veille de la bataille de Cocherel, le 15 mai 1364, du Guesclin était à Pont-de-l’Arche, où ses troupes se reposèrent et où il les passa en revue ; le même jour, le captal de Buch mal averti des mouvements de son adversaire, se dirigea vers Pont-de-l’Arche pour s’opposer au passage de la Seine[12].

         Le soir de la bataille, l’armée française, victorieuse, arriva à Pont-de-l’Arche, ramenant Jean Joël et Pierre Sacquainville, prisonniers ; ils mouraient de faim et même les plus vantés.

         En 1369, Robert Hallé était vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean de Jeucourt était capitaine ; on assigna, à ce dernier, un revenu de 400 l. ; il était remplacé l’année suivante par Henri de Ferrières, seigneur de Gisors.

         Un impôt sur les vins fut mis à Pont-de-l’Arche, en 1375 ; vers cette époque, Hue de Neaufles était garde du scel de la vicomté, Jean de la Heruppe , huissier d’armes, était capitaine du Pont-de-l’Arche.

         Le 11 juillet 1382, Jehan Auber, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant Guillaume Ango ; l’année suivante, il avait un conflit avec la juridiction de l’archevêque de Rouen, à Louviers ; Colard d’Estouteville était capitaine.

         En janvier 1387 eut lieu, à Pont-de-l’Arche, la vente du manoir de messire Bonneau de Jeucourt, chevalier.

         Le 25 mars 1381, Charles VI étant à Pont-de-l’Arche, après son sacre, fit grâce à Jehan Pesquez, qui fit mis en liberté le carême et en partit le samedi saint, pour aller à Rouen.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1388, furent présidées par Richard de Houdetot, bailli de Rouen.

         Moradas de Rouville était, en 1390, capitaine du château de Pont-de-l’Arche : Jehan de la Mare , vicomte ; ce dernier était remplacé, en 1398, par Jean de Saint-Ouen ; Isembart Ravenel, garde des sceaux des obligations de la vicomté, figure dans les contrats, en 1397.

         À la fin du XIVe siècle, Guillaume Blanc-Baston, lieutenant général de la Thuille , bailli de Rouen et de Gisors, présida les assises de Pont-de-l’Arche.

         En 1406, Guillaume Le Diacre, vicomte de Pont-de-l’Arche, acheta de Jean Grouchy, seigneur de Monterolier, le fief Duredent.

         Jean Monnet était vicomte, en 1408, lorsque le bailli de Rouen, aux assises de Pont-de-l’Arche, condamna un porc à être pendu pour avoir tué un enfant ; la même année, Jean de Villeneuve était lieutenant général auprès du bailli de Rouen.

         Après le meurtre de Raoul de Gaucourt, bailli de Rouen, en 1417, « le dauphin partant de Paris, atout 2,000 combatants, ala au Pont-de-l’Arche, duquel lieu il envoya l’arcevesque, Louis de haucourt, pour exhorter les bourgeois de Rouen à obeir au dit daulphin »[13].

         Au mois de juin 1418, le roi Henri d’Angleterre quitta Lisors pour venir assiéger Pont-de-l’Arche.

         « En ce temps estoit le roy d’Engleterre tenant le siége de Pont-de-l’Arche, que tenoient les Armignacs, et en estoit le seigneur de Graville, cappitaine, lequel ne tint pas longuement, mais le rendy par traictié aus Engloix, et s’en party saulvement »[14].

         Le siège avait duré trois semaines.

         Peu de jours après la prise de la ville, le roi de France envoya des ambassadeurs qui vinrent au Pont-de-l’Arche pour traiter des conditions de la paix. « Et s’en partirent sans rien faire ».

En 1419, alors que les Anglais étaient maîtres de la ville, Ouin Huchère était vicomte, Maurice Brun, capitaine ; Robinet Grouys, marinier au Pont-de-l’Arche, avait l’office d’amener et de ramener toutes les nefs dessous le pont, que tenait Amaury-le-Coq.

Le roi d’Angleterre se trouvant à Pont-de-l’Arche, 1419, accorda au prieur de Bonport des lettres de sauf-conduit ; l’année suivante, il ordonna la restitution du temporel au couvent.

Le 26 février 1421, Thomas Maisterson était capitaine de Pont-de-l’Arche ; mais l’année suivante, il avait pour successeur Jean Beauchamp, qui fut passé en revue avec sa troupe, par les commissaires du roi d’Angleterre. Cette même année, le 8 octobre, une ordonnance contre les soldats qui avaient déserté leur corps, fut adressé au chevalier Jean Kigley, bailli de Rouen, et à Guillaume Crafford, esc., lieutenant du même bailli et capitaine de Pont-de-l’Arche ; au mois d’avril précédent, Maurice Brun avait été nommé capitaine du château et de la ville de Pont-de-l’Arche.

Après la prise de Verneuil, en 1424, le régent revint en Normandie, et ramena ses prisonniers à Pont-de-l’Arche : Philippe Le Baube était alors receveur des quatrièmes.

En 1424, Jean Falstaff, grand-maître d’hôtel du roi d’Angleterre, fut nommé gouverneur de Pont-de-l’Arche, Caen etc.

Guillaume du Fay, esc., époux de Jeanne de Recuchon était, en 1426, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean Aubert l’avait remplacé dans cette fonction en 1428 ; la même année, la garde du scel des obligations de la vicomté appartenaient à Constant Pinchon[15] ; Jean Delestre, clerc, était tabellion juré.

Au mois de juillet 1429, après une inspection au château de Pont-de-l’Arche, on renforça la garnison ; en 1430, le sire de Willughby était capitaine de ce château ; il eut pour successeur, en 1435, Bérard ou Bertrand de Montferrand.

Les États de Normandie furent tenus à Pont-de-l’Arche en 1432, 1437, 1438 et 1439.

En 1435, le pont était en fort mauvais état, et les Anglais furent obligés de le réparer.

           Richard de Tharnes était, en 1437, lieutenant de la ville de Pont-de-l’Arche ; aux Etats tenus à Rouen, cette même année, Brunet de Longchamp, chevalier, représentait la noblesse de la vicomté de Pont-de-l’Arche.

Le 30 novembre 1440, Henri IV réunit à Pont-de-l’Arche une assemblée des notables habitants de la ville et des environs, pour viser au moyen d’arrêter les entreprises des ennemis (les Français), qui s’étaient déjà emparés de Louviers. Adam Hilton était alors lieutenant au Pont-de-l’Arche, de l’archevêque de Rouen ; il était capitaine en 1412.

Au mois de septembre 1441, le roi Charles VII fit expédier des titres de noblesse à Jean Bocquet, né à Rouen, et habitué à Pont-de-l’Arche, pour avoir fait des actions d’éclat au siège de Pontoise, et être monté le premier à l’assaut ; il lui donna pour armoiries : d’or à trois tours d’azur.

Deux bourgeois, Pierre Mordret et Jean Roisse, représentaient Pont-de-l’Arche aux Etats de Rouen, du 20 avril 1447 ; Jean Hamon donna quittance le 12 décembre 1448 à Jean Lancelin, vicomte de Pont-de-l’Arche.

Cependant, Pierre de Brézé, capitaine de Louviers, Robert de Flocques et d’autres capitaines français, résolurent de s’emparer de Pont-de-l’Arche ; un marchand de Louviers, que son commerce appelait à Rouen et que tout le monde connaissait, leur en ouvrit les portes, pendant la nuit du 13 mai 1449. Les Anglais, surpris dans leur sommeil, furent presque tous faits prisonniers.

Le butin des vainqueurs fut considérable. C’était un premier échec à la puissance des Anglais, qui allaient bientôt disparaître du royaume de France.

Guillaume de Bailleul, seigneur de Beauvais, vint aussitôt trouver Charles VII à Pont-de-l’Arche pour lui prêter serment de fidélité. Il y eut la même année des conférences pour traiter de la paix ; le roi de France offrit de rendre Pont-de-l’Arche, Conches et Gerberoy aux Anglais, si l’on rendait Fougères au duc de Bretagne. Les ambassadeurs ne purent s’entendre[16].

Jean Langlois était, en 1450, lieutenant en la vicomté de Pont-de-l’Arche. Le 1er mai 1461, quittance fut donnée à Pierre Bachelet, vicomte.

En 1462, le roi Louis XI étant en Normandie, imposa un droit sur les vins qui passaient sous le pont de Pont-de-l’Arche et descendaient à Rouen.

Charles, frère de Louis XI, ayant reçu, en 1465, la Normandie en apanage, voulut aller en prendre possession ; mais arrivé à Pont-de-l’Arche, il y fut retenu par les intrigues et les artifices des Bretons, qui voulurent s’emparer de sa personne, lors de son entrée à Rouen ; mais leurs projets furent déjoués par le comte Jean d’Harcourt[17].

Louviers, qui était entré dans la Ligue du Bien Public, vint mettre le siège devant Pont-de-l’Arche qui lui fermait le passage pour aller à Rouen ; après un siège de quelques jours, le château capitula, le 11 janvier 1466. Le 3 février suivant, Gauvain Mauviel, lieutenant général du bailli de Rouen, ayant été fait prisonnier, fut amené à Pont-de-l’Arche ; on dressa un échafaud sur le pont, le sieur Mauvel fut décapité, sa tête fut mise au bout d’une pique et son corps jeté à l’eau[18].

Sur les ordres du roi, un camp pour 20,000 hommes, entouré de fosses et de palissades, fut formé dans la vallée entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre ; pour en payer les frais il imposa une taille très lourde ; Guillaume Picard, bailli de Rouen, commandait ce camp.

Un matelot ayant été tué à Pont-de-l’Arche, en 1467, par Guillaume Beslatre, celui-ci eut la vie sauve en levant la fierté.

Par contrat passé devant les tabellions au siège de Léry, en 1471, Pierre Martel, garde des scel des obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche, donna à fief 3 vergées de terre pour 3 s. de rente.

Le 28 octobre 1472, Louis XI rétablit, au profit des manants et habitants de la vicomté de Pont-de-l’Arche, le grenier à sel établi à Pont-de-l’Arche par Charles VII, qui l’avait ensuite abolit.

Le 15 mars 1475, Richard Bachelet était lieutenant général de N.H. du Gué, vicomte de Pont-de-l’Arche du bailli de Rouen ; Guillaume Gautier et Pierre Ducloz étaient, en 1483, tabellions royaux.

Des lettres de Charles VIII, données à Pont-de-l’Arche le 14 avril 1483, octroyent congé général à tous les français ayant cause et procès à l’Échiquier, d’appointer sans amende.

Le 7 octobre 1500, Jehan Chalenge, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant général Guillaume Becquet ; il fut remplacé, en 1518, par son fils Jacques, devant lequel eut lieu, le 12 juin 1524, le traité de mariage de Hector Vipart avec Marguerite d’Amfreville.

A ce moment, Me Roger Le Mercier était procureur substitut du roi en la vicomté.

Deux ans après, en 1526, Me Martin d’Escambosc, advocat du roi à Louviers, était vicomte de Pont-de-l’Arche.

La succession de Simon de Baigneux, vicomte de Pont-de-l’Arche, en 1531, passa à la famille royale de Dreux.

En 1534, Pierre de la Faye , grainetier du Pont-de-l’Arche, demanda délai pour vérifier sa noblesse.

Une sentence du 26 juin 1537, rendue par Jean Sergent, vicomte de Pont-de-l’Arche, adjuge une pièce de terre, sise au Bec-Thomas, à Robert Le Comte de la Harangère ; Robert de Pommereuil était alors capitaine de cette ville ; le scel de la vicomté était tenu par Binot d’Arthois.

En 1540, François 1er étant à Pont-de-l’Arche, donne les injonctions au Parlement de Rouen.

Un aveu rendu au roi, pour la baronnie d’Elbeuf, le 6 août 1542, contient cette mention : « Nous appartient la rivière de Saine, depuis l’ombre du pont de Pont-de-l’Arche à l’heure du soleil de midy, jusqu’au gravier au-dessous d’Orival »[19].

Adam de la Basoge , haut justicier de Heuqueville, avait droit de pêche depuis le Blanc-Saulx jusqu’au talus de Pont-de-l’Arche, par moitié avec l’abbaye de Bonport et autres ayant-droit.

Quelques années après, en 1546, les États de Normandie se réunirent à Pont-de-l’Arche, à cause de la peste qui sévissait à Rouen.

Thomas Cyroie était, en 1555, avocat du roi aux juridictions de Pont-de-l’Arche ; en 1561, Loys de la Faye , esc., licencié ès-lois, était lieutenant du bailli de Rouen.

Les protestants venus de Rouen au nombre de 1,500 avec 6 pièces d’artillerie, se présentèrent devant Pont-de-l’Arche, en 1562, espérant y faire un grand butin ; mais ils ne purent y pénétrer ; les capitaines Guyon et Maze les repoussèrent vivement, en leur faisant subir des pertes cruelles ; 40 soldats furent rués ou blessés[20].

Par lettres patentes datées de Plessis-les-Tours, le 10 octobre 1569, le roi Charles IX donna à Catherine de Médicis, sa mère, la vicomté de Pont-de-l’Arche. A cette époque, Jean de Carvoisin, seigneur d’Achey, gouverneur de Pont-de-l’Arche, épousa Marguerite de l’Isle.

Guillaume Jobin vendit, en 1580, à Charles Routier, grenetier du grenier à sel de la vicomté, par contrat passé devant Louis Trencheur, notaire royal, une vergée de vigne au Val-au-Queu, à Amfreville.

Vers cette date, Nicolas Hesbert, advocat, avait la garde du scel aux obligations de la vicomté.

Dans un aveu de 1581, le seigneur du Portpinché déclarait posséder quatre arches du pont, avec un droit de pêche de tous le poisson. Le droit de bac de Pont-de-l’Arche à Lormaye appartenait à l’abbaye de Bonport.

Aux États de Normandie tenus à Rouen, en 1582, Me Nicolas Le Blanc, advocat de Pont-de-l’Arche, représentait la justice de la vicomté ; Jean Hays était son lieutenant ; Jean Fournière, Guillaume Hays et Pierre Morlet, advocats, y comparurent également.

La coutume locale de Pont-de-l’Arche concernant l’apport en mariage de la femme, fut abrogée le 5 janvier 1583, par le président du Parlement assisté d’un conseiller et d’un avocat du roi, en présence et du consentement des gens des trois États, à ce convoqués[21].

Deux ans après, en 1589, Le Blanc du Rollet, gouverneur de Pont-de-l’Arche, en ouvrit les portes à Henri IV et l’on assure qu’à dater de cette époque, les armes de cette ville s’enrichirent de trois fleurs de lys d’or.

Pont-de-l’Arche portait : de sable au pont d’argent maçonné de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

En 1592, Henri IV établit son quartier général à Louviers et cantonna une partie de ses troupes à Pont-de-l’Arche ; c’est là qu’il envoya les canons qu’il avait employés au siège de Rouen, lorsqu’il fut forcé de le lever[1]. Rouen était défendu par l’amiral de Brancas, lieutenant général pour le roi aux bailliage de Rouen, de Caen et de Pont-de-l’Arche.

Chicot, le fou de Henri IV, que la plume de notre ami, le grand romancier Alex. Dumas, a rendu célèbre, ayant été blessé dans une escarmouche, mourut à Pont-de-l’Arche où il fut inhumé.

En 1594, M.Claude des Hays était curé de Pont-de-l’Arche, Claude Boullenger et Jean Lemercier, avocats du roi en la vicomté. La même année, Jacques Bachelier, receveur des tailles, obtint la remise de 8,000 écus des deniers de sa recette, et don de 6,000 écus pour la perte de ses meilleurs meubles, le tout volé sur le chemin de Louviers où il les envoyait après la surprise de Pont-de-l’Arche.

Des travaux de charpente à l’arche du Diguet, au pont de Pont-de-l’Arche, furent entrepris en 1596, par Geofroy Gigault, maître charpentier de Rouen. La même année, le marquis de Rosny prescrivit d’informer les excès et outrages commis sur la personne de Jacques Le Brasseur, maître serrurier adjudicataire des travaux à faire à ce pont. Une assiette de 1,000 écus dut mise sur Pont-de-l’Arche, pour fournir l’indemnité due au propriétaire de deux maisons du faubourg, démolies par ordre du gouverneur du Rollet.

En 1597, décharge fut accordée à Pont-de-l’Arche où la peste régnait depuis 1595. Le roi ne voulut pas accueillir la supplique des Etats de Normandie, assemblés en 1598, qui demandaient la démolition du château de Pont-de-l’Arche.

En 1599, Villars était gouverneur du Hâvre et de Pont-de-l’Arche.

Au commencement du XVIIe siècle, les principaux fonctionnaires civils et militaires de la vicomté de Pont-de-l’Arche étaient : David Cabeuil, lieutenant particulier du bailli de Rouen ; Charles de la Vache, receveur du roi ; Tannaguy, baron de Chambray, gouverneur ; Jehan Le Sergent, vicomte ; Noel Pappeil et Thomas Liard, tabellions.

Vers 1615, Jacques Routier fut nommé assesseur criminel en la vicomté de Pont-de-l’Arche. L’année suivante, le maréchal d’Ancre se fit donner le gouvernement de cette ville dont il augmenta les fortifications ; après sa port, le duc de Luynes lui succéda à Pont-de-l’Arche.

Pierre Perrier, avocat au Parlement et lieutenant général en la vicomté, rendit aveu, en 1616, pour une île nommée la Haye Auberée.

La même année, Charles Duval, conseiller au Pont-de-l’Arche, fournit aveu pour 100 perches de terre en l’île Dehors ; David Cabeuil avait la charge de lieutenant général du bailli de Rouen.

Le roi accorda, en 1619, à la garnison de Pont-de-l’Arche, son chauffage à prendre dans la forêt de Bord.

La même année, Me Langlois était président à l’élection de Rouen.

En 1620, Jean-Baptiste d’Ornano, maréchal de France, avait pour lieutenant colonel et commandant en son absence à Pont-de-l’Arche, un capitaine du nom de Francesque.

A partir de son entrée au conseil en 1623, le pouvoir de Richelieu n’eut plus de bornes. Le cardinal se fit bientôt accorder le gouvernement de Pont-de-l’Arche ; son lieutenant, dans cette ville, était en 1624, François de Rotundy, sieur de Cahusac. La même année, Jean Bachelet fut nommé maître des ouvrages à voyer pour le roi, en la vicomté, et on répara les couvertures des logis du roi, ainsi que la chapelle du château.

De 1628 à 1630, Pierre-Claude Behote et Jean-Baptiste des Marets étaient élus en l’élection de Pont-de-l’Arche ; Routier en était président ; Charles Le Sergent, esc., sieur de la Coudraye, était garde hérédital du scel ; Adrien Guéroult, procureur du roi aux eaux et forêts de Pont-de-l’Arche.

Jean de Lonlay, sieur de St-Georges, commandait la ville et le château de Pont-de-l’Arche pour le cardinal de Richelieu, de 1636 à 1640. Dans ce laps de temps, messire Charles Pinel était élu assesseur ; Jean Langlois, lieutenant général criminel ; Pierre Maille, conseiller du roi, élu, puis commis à la recette des tailles en l’élection ; Charles Maille, contrôleur héréditaire ; Samson Gilles, contrôleur, et Groult, procureur du roi aux eaux et forêts de la vicomté ; Pierre du Bosc, contrôleur du grenier à sel.

Le 1er janvier 1640, le chancelier Seguier visita le château de Pont-de-l’Arche et se rendit compte des réparations à y faire ; la même années, les sieurs Fleury Perrot, maître maçon, et Adrien Petit, architecte du duc d’Orléans, se rendirent adjudicataires des travaux du pont, et ils employèrent à cet ouvrage les matériaux provenant de la démolition de l’ancien.

Richelieu ayant appris que de nombreuses exactions étaient commises sur les vins qui passaient à Pont-de-l’Arche, destitua le gouverneur Jean de Lonlay qui y avait pris part, et le remplaça par le sieur Le Normand, sire de Beaumont.

Le 21 mai 1643, Me Antoine Routier était lieutenant général criminel au siège de Pont-de-l’Arche.

Pendant les troubles de la Fronde, le duc d’Harcourt qui tenait le parti du roi, n’ayant pas pu s’emparer de Rouen, se retira au Pont-de-l’Arche où le sire de Beaumont le reçut à bras ouverts.

Harcourt qui vint au Pont-de-l’Arche,

Monté sur un cheval rouan

Sans avoir entré dans Rouen.

Lors des conférences de St-Germain, le prince de Condé exigea que Pont-de-l’Arche fût remis au duc de Longueville comme place de sûreté ; le duc la mit aussitôt en état de soutenir un siège et lui donna pour capitaine de baron de Chamboy, lieutenant de ses gendarmes.

A ce moment, Pierre Maille, Etienne du Boullé étaient élus en l’Election. Jehan Langlois était président, il fut remplacé, en 1651, par son fils Pierre Robert.

Louis Cousin avait été reçu, en 1650, lieutenant particulier au bailliage. De nombreuses démarches furent faites, à cette époque, pour obtenir la démolition du château de Pont-de-l’Arche ; mais ce fut sans aucun résultat.

Le 17 mai 1656, un arrêt du conseil d’état, exempte l’abbaye de Jumièges de tous droits pour le passage des vins et autres provisions passant par la Seine et villes de Pont-de-l’Arche, Rouen, etc. en conséquence de l’échange fait avec le roi Philippe-Auguste.

En 1659, Nicolas de la Croix était lieutenant criminel en la vicomté ; François Bréant était procureur du roi. Quelques années après, en 1688, S.A. Emmanuel Théodore de la Tour d’Auvergne, duc d’Albret, abbé de St-Ouen, donna aux Jésuites de Rouen, un moulin à blé, sous une des arches du Pont-de-l’Arche ; Jean-Baptiste Vallée, sieur du Parc, était alors lieutenant particulier, ancien civil et criminel du bailli de Rouen au Pont-de-l’Arche, il était lieutenant général du bailliage, en 1675.

En 1671, André Druel avait remplacé Charles de Tesson, esc., comme gouverneur de Pont-de-l’Arche, Jean-Baptiste du Parc était lieutenant général en la vicomté.

En 1674, Vallée, conseiller du roi, avait la charge de lieutenant général particulier ancien civil au siège royal du Pont-de-l’Arche ; Nicolas Langlois fut nommé, en 1676, lieutenant général, ancien au même siège. Quelques années après, Michel Leforestier était lieutenant général de Police ; François Bréant était substitut du procureur du roi.

Le 3 février 1687, les plaids de la vicomté furent tenus par Jean Routier, conseiller du roi, vicomte ; Charles Le Camus était avocat aux saisies réelles.

En 1600, MM. Jacques et Thomas Bourdon ayant essayé d’établir une manufacture de draps, les drapiers de Louviers y firent une vive opposition.

Charles Auzou était, en 1674, élu en l’Election. Me Claude Lobras était chapelain de la chapelle St-Etienne au château de Pont-de-l’Arche ; Jean Le Cordier était receveur des tailles.

Th. Corneille fait de Pont-de-l’Arche, au début du XVIIIe, la description suivante : « Vicomté, bailliage, élection, grenier à sel, maîtrise des eaux et forêts, et un bon château de l’autre côté de son pont de pierre, qui est le plus beau, le long, le mieux bâti qui soit sur la Seine.

« Son château, bâti dans une petite île, est de figure carrée, bien entretenu, bien logeable, flanqué de quatre tours ; au-dedans, il y en a une fort haute qui sert de donjon. Ce château est séparé de la prairie par deux petits ponts.

Cependant un procès-verbal, dressé en 1712, constatait que ce pont si bien bâti menaçait ruine, que la navigation était entravée par les pêcheurs et les gords.

Le 30 mars 1719, ce qu’on appelait les petits domaines de Pont-de-l’Arche consistant en droits de halle, minage, droits de travers qui se paient par les bateaux et charrette passant sur le pont, droit de vieil acquis payé par les bateaux sous le pont, le gord, et le bas de Léry furent donnés à titre d’engagement à Julien Langlois de Villeneuve, qui donna le tout à bail, moyennant 8,300 l. par an.

Malgré l’opposition des gens de Louviers, la manufacture de draps avait prospéré, Piganiol de la Force écrivait en 1722 : « La manufacture du Pont-de-l’Arche où il se fabrique des draps très-fins, façon d’Angleterre, est très estimée ; mais elle n’est composée que de six ou sept métiers. Les filages sont conduits par des fileurs et des fileuses de Hollande ».

Pendant le XVIIIe siècle, nous trouvons à Pont-de-l’Arche les fonctionnaires civils et militaires ci-après : Farouil de Bondeville, le marquis de St-Pons, Charles-François de Campion, M. Routier et le baron Larchier de Courcelles, gouverneurs, Nicolas Langlois, seigneur de Criquebeuf-la-Campagne, Pierre Le Massif, Dagoumer, lieutenants généraux et particuliers civils et criminels du bailli de Rouen ; Nicolas Le Cornu, lieutenant particulier du bailli de Rouen, Jean Routier, Henri de la Couture du Chien, prêtre-curé de St-Vigor, vicomtes ; Clément Aubert, François Aubert, Housard de la Poterie, présidents en l’élection ; Claude Martin, François Bigot, Jacques Pétion, Adrien Longuet, élus ; Pierre Morin, procureur du roi en l’élection ; Louis de Tesson, contrôleur des grands entrées ; Ducroc de Biville, greffier en chef du bailliage ; Jacques Vallée, greffier en chef aux eaux et forêts ; Le Cordier de Bugenval, receveur des tailles ; Mathieu Cavelet, notaire, receveur au grenier à sel.

Par un édit de 1772, la vicomté fut réunie au bailliage.

En 1784, Pont-de-l’Arche payait 2,326 l. de taille, 1,380 l. d’accessoires et 1,489 l. de capitation.

Les droits de la vicomté de l’Eau de Rouen ayant été acquis en 1718, par le prince de Condé, à titre d’engagement, la famille de ce prince entretint à Pont-de-l’Arche, jusqu’à la Révolution, un agent chargé de la surveillance de ses intérêts dans cette ville.

L’ancien pont bâti du temps de Charles le Chauve, condamné par les ponts-et-chaussées, a disparu le 12 juillet 1856.

L’église de Pont-de-l’Arche remonte au XVe siècle, elle a été bâtie sur l’emplacement d’une plus ancienne, sur un petit mamelon ; elle est remarquable par ses pendentifs, ses fonts baptismaux dont les sculptures sont attribuées à Jean Goujon, par son orgue présent, dit-on, de Henri IV, par son retable à colonnes torses et enfin par ses magnifiques vitraux.

Léproserie. Cet établissement existait en 1259, et se trouve mentionné dans une charte de l’époque ; il est probable que c’est la même maison que le Bel-Air cité en 1265.

Prieuré. Il existait autrefois à Pont-de-l’Arche un prieuré dont les bâtiments ont été convertis en un hospice établi par lettres patentes de 1704.

Bernardines. Ce couvent fut fondé, le 6 décembre 1634, sous le nom de St-Antoine par Antoine de Montenay et Marguerite du Gué, sa femme, qui le dotèrent d’une ferme de 62 acres. Marguerite Cousin paraît en avoir été la première supérieure. Parmi les autres religieuses qui ont résidé dans cette maison, nous citerons : Madame de Bellemare, Marie et Charlotte de Clinchamp, Antoinette de Mornay et Marguerite du Four.

Vers le milieu du XVIIIe siècle, les Bénédictines ayant été transférées à Rouen, faubourg Bouvreuil, vendirent leurs bâtiments de Pont-de-l’Arche à sœur Maire des Anges d’Epinay, pour y établir des Ursulines.

 

Hommes remarquables

Un GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE avait été gardien du trésor de Westminster au moment de la mort de Guillaume le Conquérant.

Un autre GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE devint évêque de Lisieux ; c’est lui fonda les dominicains de cette ville. Se sentant vieux et infirme, il se démit de son évêché, le 6 mars 1250, entre les mains de l’archevêque de Rouen ; cinq mois plus tard, il rendait son âme à Dieu.

GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE, neveu du précédent, était, en 1261, doyen de Lisieux ; vers la fin de sa vie, il se retira dans l’abbaye de Bonport, où il mourut en 1338.

PIERRE MARTIN, moine de Bonport, se distingua dans les concours des Palinods.

PHILIPPE CAVELIER, moine de la même maison, est l’auteur du Tombeau d’Elisabeth de Bigards, abbesse de Fontaine-Guérard.

EUSTACHE-HYACINTHE LANGLOIS, né à Pont-de-l’Arche, le 13 août 1777, fut tout à la fois dessinateur, peintre, grand antiquaire et littérateur de mérite ; il mourut le 20 août 1837.

 

Fiefs :

1er LE BOSC. En 1180, Richard du Bosc devait 20 s. pour une transaction.

Au milieu du XVIIIe siècle, le Bosc était un plein fief, possédé par M. de Boncourt, président au bureau des finances de Rouen, qui l’avait transmis à son fils en 1780 ;

2e JEUCOURT appartenait au XIVe siècle, à une famille de ce nom ; messire Bonneau de Jeucourt, chevalier, vendit son manoir au mois de janvier 1387.

En 1780, M. Langlois de Criquebeuf était seigneur de Jeucourt.

3e LE PARC-ROYAL, appelé vulgairement le fief et manoir du Parc-Royal, relevant du roi, appartenant de 1676 à 1722 au sieur Sorel, dont le fils vendit le 30 juillet 1749 ;

4e SERGENTERIE DE BEDANNE. Ce fief était tombé en garde ès mains du roi, en 1499 ; il appartenait, en 1759, à un Bertrand de St-Jouen, maître des comptes de Rouen, aux droits de sa femme. En 1780, Louise de Boncourt l’avait transmis au sieur de Pontraincourt, son mari, et la même année il fut réuni à Martot.

5e SERGENTERIE DU PLAID-DE-L’EPEE. On a des lettres de Charles V, en date de 1321, pour Thomas de Bos-Guillaume, sergent fieffé du plaid de l’Epée à Pont-de-l’Arche.

Le 28 juillet 1418, Pierre Le Gay fut nommé sergent de Pont-de-l’Arche. Le même jour, le roi étant à Pont-de-l’Arche, accorda à ses chers Pierre Le Hay et David Hallebout, son frère, les héritages de Guillaume Brisquet, qualifié de rebelle, à cause de son attachement à Charles VII.

En 1679, Madeleine Labbé, héritière de Charles, donna aveu au roi de la châtellenie de Martot, de la châtellenie noble de Pont-de-l’Arche etc.

Nicolas Caresme était, en 1702, sergent royal ; il avait pour successeur, en 1712, Thomas Osmont.

Cette sergenterie dut achetée de Etienne Bosquier, par contrat du 23 août 1740, par Pierre Ferté, qui la vendit le 1er décembre 1780, moyennant 1,100 l. à Charles de la Vigne.

 

FORET DE BORD

Cette forêt mérite une mention spéciale, puisque c’est à cause d’elle qu’une maîtrise particulière des eaux et forêts avait été créée au Pont-de-l’Arche.

Vers 1230, Raoul de Criquebeuf et Richard du Val, tenaient dans la forêt de Bord, 3 vergées et ¾ de vergée pour 12 s. 9 d. de rente ; un sieur Gautier qui les mesura, eut un repas de 30 convives, qui coûta 30 s.

En 1327, Jean de Commeny, Jean de Vilaines, Jean de Guinemaut et Gaufroy Le Grieu étaient gardes en la forêt de Bord.

Le roi d’Angleterre étant à Pont-de-l’Arche, en 1418, donna l’office de verdier de la forêt de Bord, à Etienne Louvel, et nomma sergents de cette même forêt, Robin Le Tailleur, Jean Aubrée, Thomas Foucault et Simon de Daubeuf.

L’année suivante, Robert Donneux fut nommé par Henri V à une sergenterie de la forêt de Bord.

Le 20 novembre 1450, Jehan Farouil, esc., verdier, donna quittance de 20 l. 4 s.

Guillaume Adam fut nommé sergent de la forêt en 1471.

Vers 1508, le procureur du roi de Pont-de-l’Arche fit dresser une nouvelle carte de la forêt de Bord ; on lui présenta une demi douzaine de lapins, estimés 45 s. parce qu’il faisait un banquet. Le repas eut lieu à l’hôtel de la Tête noire.

En 1613, Jean Le Tellier, sieur des Hauguettes, était maître particulier aux Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Louis de la Faye était lieutenant.

Me Jean Boquet, maître particulier des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche, avait épousé une fille de Pierre Le Guerchois, avec lequel il plaidait au Parlement, en 1614.

Le 18 décembre 1641, le greffe de la maîtrise des Eaux et Forêts, et l’office du greffier alternatif, furent adjugés à Claude de Lux. Pierre de Marbeuf était maître des Eaux et Forêts. Le sieur Groult était procureur du roi.

En 1612, le duc d’Elbeuf et ses hoirs furent gratifiés par le roi, de la jouissance pendant 20 ans, de ce qui revenait à sa Majesté, dans les ventes et coupes ordinaires des forêts de la Londe, Pont-de-l’Arche, etc.

En 1679, la forêt de Bord se divisait en : garde de Criquebeuf, 3 triages, garde de Testeley, 2 triages, garde du Vaudreuil, 3 triages, garde du Béquet, 4 triages, et garde de Pont-de-l’Arche, etc.

Pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, nous signalerons, parmi les officiers de la maîtrise, Nicolas Vallée, Bachelet de Lux, Pierre du Val, lieutenants particuliers ; Dorange, Cousin, et Sébastien Dubosc, lieutenants généraux ; le sieur de Maillé, contrôleur, Jean Routier et Louis Boursault, receveurs ; Pierre Marchand, Guyon du Hardel, sergents de la forêt.

Romain Boutry était, en 1730, garde général de la maîtrise des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Clude Pâris avait l’office de procureur du roi de la maîtrise ; Louis-Jean-Baptiste Lancelevé, occupait cette dernière fonction en 1776.

 

PONT-DE-L’ARCHE, ch.-l. de cant., arrond. de Louviers, sur la seine.- Sol : alluvions contemporaines, diluvium et craie blanche. – St. de ch. de fer de Paris à Rouen et de Gisors à Pont-de-l’Arche. – R. nat. n° 154 d’Orléans à Rouen, n° 182, de Mantes à Rouen. - R. dép. n° 12 de Bourgtheroulde à Gournay. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche au Neubourg. – Ch. d’int. com. n° 43 de Pont-de-l’Arche à N.D.-du-Vaudreuil. – 4 cont. 11,950 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 9,005 fr. – Surf. terr. 953 hect. – pop. 1,640 hab. - ? – Percep. – Rec. cont. ind. – Télég. – paroisse, cure, presbyt. – Ecole spéc. de 162 garç.- Ecole spéc. de 172 filles. – 2 maisons d’école. – 1 juge de paix avec son greffier. – 1 recev. d’enregist. – 1 notaire. – 2 huissiers. – 1 garde général des Eaux et Forêts. – Hospice de 22 lits. – Bur. de bienf. – 12 perm. de chasse. – 21 déb. de boisson. – Force pub., 1 brig. de gend. – 1 comp. de 43 sap.-pomp. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. 33, d’arr. 9.

Dépendances : LE BON AIR, BONPORT, LA BORDE.

Agriculture : Céréales.

Industrie : 1 fabrique de chaussons.

Patentés : 112. 

 

Notes

Il était vicomte en 1646.

Notes Le Prévost, t. 2, p. 581, voir Lettres du cardinal.

Courrier de la Fronde.

Celui-ci fut condamné pour insulte à un fabricant de chandelle, à 1000 l. d’amende, réduite à 500 l..

Notes Le Prévost, t. 2, p. 587.

Léop. Delisle.

Ces offices avaient été créés par édit de 1639.

Armand Launay

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:40

 

    lancettes-du-refectoire.jpg

 

Cistercian order. Pont-de-l’Arche – Eure.


          The Abbey Notre-Dame de Bonport was founded in 1190 by Richard the Lion Heart, King of England, Duke of Normandy.

         According to legend, the King was in peril on the river Seine and made a vow that if he arrived safely (in French " Bon port ") on the bank of the river, he would found a monastery on that side.

         This royal foundation took place before Richard the Lion Heart and Philip Augustus, King of France, who were friends at the time, left for their crusade. Its strategic position on the Seine fulfils Richard’s wish of a political and economic opening of Normandy towards France.

          The Abbey was built shortly afterwards and quickly with the help of local lords and was completed and in full use by the first half of the 13th Century. 

          From Philip Augustus (1204) to Henry IV (1608), the kings confirmed the possessions of the Abbey and gave the monks many privileges. One of the famous archbishops of Rouen, Eudes Rigaut, went to stay there about twenty times between 1260 and 1267. 

          The Abbey suffered during the Hundred Years War and the League (" du bien public ", i.e. a revolt of the landlords against Louis XI). It was restored thanks to royal donations of Charles VI and Louis XI during the 15th Century. 

          From 1536 onwards the Abbey was held in commendams, which meant that the abbots were no longer chosen by the monks but named through royal favours and were often unconcerned by monastic life. 

          The best-known commendatory abbots were the poet Philippe Desportes, the Cardinal of Polignac and King Casimir of Poland. 

          François 1st called upon Rouen Parlement from Bonport to register the order of Villers-Cotterêts (1539) according to which he substituted Latin by French in judgements, notary deeds and register of births, marriages and death. In 1540, on the territory of Abbey, he tested his culverins (type of cannon) which he had just made. 

          During the 12th and 13th Centuries, the Abbey was repaired and improved, the dormitory and the library were improved and a big staircase was built. 

          It was sold by a public possession during the Revolution and the Cloister and Church were destroyed. 

          Notre-Dame de Bonport Abbey is one of the few remaining Cistercian Abbeys in Normandy with cloistral buildings of the Middle Ages including a chapter-house, a monk’s room, the former library, a dormitory, kitchens and above all a magnificent 13th Century vaulted refectory. 

 (extract from a document given in this Abbey)

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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