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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:03

1936 : les congés payés votés par le Front populaire démocratisent le tourisme. A Pont-de-l’Arche, la création d’un camping près de la Seine est abordée en Conseil municipal. 

1960 : au début du mandat de Roland Levillain, l’Union commerciale, industrielle et artisanale (UCIA), présidée par M. Mahé, achète des terrains et inaugure le camping « Eure et Seine ». L’UCIA proposait aux touristes un rallye automobile, une exposition de peinture, des randonnées… Sur place, pêche, boulodrome, jeux pour enfants et la piscine municipale située en face de l’entrée.

 

Camping-1960

Le camping Eure et Seine dans les années 1960 : un espace de verdure bénéficiant de premiers aménagements. 

 

1964 : 7391 entrées dont 4858 Français et 2246 Anglais. 

1967 : des investissements sont réalisés par MM. Mahé et Gastel (bâtiments pour l’hygiène, électricité)…

1980 (années) : durant le mandat de Roger Leroux la gestion du camping revient au Camping club de France. 

1990 : pour redynamiser le camping, Paulette Lecureux, maire, le fait acheter par la commune (500 000 francs) et fait faire d’importants travaux. Le bloc sanitaire est créé en surélévation contre les crues et en briques pour se fondre dans le paysage. La clôture est refaite mais avec des portillons pour créer un accès aux berges où est aménagé un chemin piétonnier (le chemin Claude-Boubet).  

2000 : de grands travaux sont entrepris par la municipalité de Paulette Lecureux pour créer un local d’accueil et mettre en conformité le drainage, l’électricité, les portillons, les jeux d’enfants… ce qui a permis au camping de garder ses deux étoiles.  

2009 : une élue est spécialement nommée par le Maire, Richard Jacquet, pour s’assurer du bon fonctionnement du camping. Il s’agit de Véronique Bertrand. Le camping est rebaptisé « Camp’Eure ». Ce jeu de mots écarte l’équivoque entre Eure et Seine et Seine Eure, l’agglomération…

2010 : création d’une délégation au tourisme au sein du Conseil municipal. Cette fonction est assurée par Véronique Bertrand. Un important travail est réalisé pour accueillir le public dans des conditions optimales.

 

Camping

 Camp'Eure, camping municipal de Pont-de-l'Arche, printemps 2010 : un cadre idéal à deux pas du centre ville et de ses services. 

 

Armand Launay

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:02

Contexte : le combat de Pont-de-l'Arche

 

Extrait du Journal de Rouen du 14 juillet 1940.

 igoville 13

La route d'Igoville en venant de Pont-de-l'Arche.

 

"EURE. Ce qui s’est passé à Igoville.

Nous avons reçu d’une jeune rouennaise qui, je l’espère, voudra bien me donner son nom – je lui promets la discrétion la plus absolue – cette lettre, qui est un vivant reportage de ce qu’elle a su voir. Nous ne changeons rien à ces pages qui révèlent un talent charmant et un don d’observation très rare. Elles renseigneront nos lecteurs qui connaissent ce coin ravissant de notre région. Ces notes précieuses serviront à notre petite histoire. Que notre aimable correspondante daigne trouver ici l'expression de nos remerciements. RD. »

« Vous demandiez, dans le Journal de Rouen du 4 juillet, que des personnes qui avaient vécu des heures tragiques durant la quinzaine si historique, veuillent bien vous les relater. Il me semble que celles vécues par ma famille et moi-même, valent la peine d’être contées.

Le samedi 8 juin, après une dernière journée de travail, je rentrais chez mes parents. L’atmosphère de la ville était fiévreuse ; dans toutes les grandes artères de Rouen circulaient des voitures chargées tant de personnes que de bagages... Je ne voyais passer que des automobiles dont le toit était recouvert d'un matelas. À l’arrière était accrochée la plupart du temps une bicyclette ; des gens à l’air affairé discutaient dans les rues.

Enfin, après bien des hésitations, nous décidions, mes parents, ma sœur, des amis et moi, de passer les ponts et d’aller coucher sur la rive gauche : nous devions partir en automobile et mon père devait nous suivre en moto.

Il était 21 h 10 et nous fûmes arrêtés au pont. Bloqués parmi toutes ces voitures, nous perdîmes mon père. Après un long moment d’arrêt, on nous fit obliquer vers la gauche, pour nous diriger ensuite sur Pont-de-l’Arche.

Un espoir venait de naître : passer le pont à Pont-de-l’Arche ou plus loin, et c’est ainsi que nous suivîmes la file des voitures. Tout alla très bien jusqu’à un petit chemin perpendiculaire à la route nationale, peu avant d’arriver à la côte de Port-Saint-Ouen.

Là, nous fûmes arrêtés – notre voiture se trouvait la première – par un motocycliste militaire ; puis venaient des chenillettes, des tanks, etc... Notre file de voitures se trouvait mélangée aux convois militaires. C’est pourquoi nous entendîmes bientôt la mitrailleuse en action, et c’est seulement à la lueur de celle-ci que nous pûmes nous rendre compte que nous nous trouvions en présence d'une colonne motorisée allemande.

Une fois cette colonne passée, nous continuâmes notre route sans nous douter que la forte émotion que nous venions de ressentir serait suivie de beaucoup d’autres encore.

Et c’est ainsi que nous arrivâmes à Igoville, juste à l’endroit où la route fait un grand tournant, avant d’arriver à la station-essence.

Impossible d’aller plus loin, on ne passait plus le pont de Pont-de-l’Arche, interdit par les Anglais et il y avait plus d’un millier de voitures devant nous jusqu’au pont. Nous passâmes donc toute la nuit sur la route.

Nous fûmes recueillis par une brave femme de 80 ans qui voulut bien nous permettre de nous réfugier dans sa cave avec le plus gros morceau de nos colis. Nous devions hélas ! abandonner le reste. Mais la bataille n’était pas terminée ! C’est sous le sifflement des obus que nous entrâmes chez cette bonne Mme M... Déjà, la maison du débitant et celle de son voisin étaient en partie éventrées.

Durant l’accalmie qui suivit cette première bataille, nous pûmes nous rendre compte des dégâts du vieux petit village : des vitres, des briques, des ardoises jonchaient le sol. Quelques morts étaient étendus aux abords du carrefour. Durant la nuit suivante et les 3 autres jours que nous restâmes à Igoville, la maison du brave curé fut traversée par un obus. Mais Dieu merci, l’église qui se dressait à côté fut épargnée et elle se dresse encore toute droite, semblant jeter toute sa protection sur ses fidèles paroissiens.

Dans la maison de cette chère Mme M..., nous eûmes des émotions violentes. En une seule nuit, nous fûmes entourés de quatre obus, dont un 75 qui tomba à 4 mètres de la porte de la cave où nous couchions et un 155 à une dizaine de mètres. Les deux autres allèrent éclater derrière nous, un peu plus loin. La maison était dans un triste état : plus de carreaux aux fenêtres, les ronds du foyer de la cuisinière se promenaient au milieu de la salle, les cadres étaient décrochés des murs, la suspension avait été projetée de l’autre côté de la pièce... et quand, au matin, nous fîmes un tour dans le village, nous pûmes nous rendre compte que plusieurs autres maisons avaient été touchées, des vaches avaient été tuées dans les marais, la maison du débitant, si fortement endommagée le dimanche, avait reçu un obus qui était passé par le premier étage et avait fait une brèche énorme. Par un miracle, nous étions tous vivants et le vendredi matin, nous reprenions à pied le chemin de Rouen.

Nous passâmes par Saint-Aubin-Celloville et nous nous arrêtâmes chez de braves gens près de la maison desquels un obus avait éclaté : deux soldats allemands étaient enterrés dans leur jardin, à l’endroit même où ils avaient été tués. Dans toutes les petites communes que nous traversâmes, il y avait quelques dégâts, mais peu importants.

Puis ce fut le passage à Boos. Que de maisons abîmées, éventrées... Enfin, après Mesnil-Esnard et Bonsecours, nous arrivâmes aux abords de Rouen : dans le bas de la côte gisaient les pierres qui formaient auparavant de solides constructions ; un peu plus loin, à notre gauche, le Pont aux Anglais était très mutilé ; les Français avaient dû le faire sauter... Puis nous aperçûmes la cathédrale de Rouen, notre si chère cathédrale de Rouen, dressant fièrement sa belle et superbe flèche. Mais autour d’elle, que de ruines... Quoi, c’était tout ce qui restait de notre cher vieux Rouen, si pittoresque pour les visiteurs, toutes ces ruelles étroites et qui faisaient tout le charme du vieux quartier, gisaient au milieu de ces pierres, de tous ces amoncellements de plâtras encore fumants.

Le quai de Paris, la " Petite Provence ", lieu tant aimé des rouennais en été, semblaient tristes, perdus dans ces ruines... Adieu beaux magasins que nous aimions tant regarder le dimanche, lorsque nous flânions en attendant l’heure de l’apéritif et du concert au Café Victor... Adieu joli théâtre où cet hiver encore vous receviez tant de spectateurs pour écouter Carmen, Faust, Manon et autres opéras célèbres. 

Nous nous retrouvions dans une pauvre ville mutilée, mais toujours fière et digne ! Où était-il notre Pont Transbordeur dont un seul pylône se dresse maintenant au bord de la Seine et dont on s’explique mal la destruction ?... Mais nous étions tout de même de retour chez nous. Que d’heures tragiques nous avions vécues et quelle anxiété nous empoignait lorsque nous nous demandions où pouvait être mon père !

Maintenant, tous ces vilains moments sont passés. Nous sommes de nouveau tous réunis mais pendant bien longtemps encore nous ne pourrons penser, sans un serrement de cœur, à toutes ces émotions vécues et à cette vision de Rouen dont tout un quartier était encore fumant après une semaine.

DL. Une jeune rouennaise de 23 ans.  

 

Note de la rédaction : on dit que M. le curé d’Igoville, auquel notre correspondante rend un juste hommage, possède une liste de victimes civiles dont plusieurs sont de la région. Nous serions heureux qu’il voulût bien nous la communiquer et nous l’en remercions vivement à l’avance. "

 

 

Armand Launay

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:01

 

    Chateau-d-Igoville--1910-.JPG

Un magnifique château de la moitié du XVIIIe siècle...

Chat.-Igoville 

... tranformé en mairie peu après 1990. 

 

D’après le Dictionnaire historique de toutes les communes de l’Eure de Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme, la paroisse d’Igoville fut créée suite au démembrement de celle de Pîtres. L’église fut placée sous le patronage de saint Pierre et le trésorier de la cathédrale de Rouen présentait à la cure. Malheureusement les auteurs ne précisent pas le siècle de création de la paroisse. 

Outre l’église paroissiale, il existe un fief dont nous retrouvons la trace assez tôt et qui fut une assise financière non négligeable pour quelques familles nobles et quelques religieux : le fief aux malades, lieu dit qui porte encore ce nom de nos jours. Cette portion de territoire est partagée entre les communes de Sotteville-sous-le-Val et Igoville et consiste en une frange de terre sablonneuse qui longe la Seine. 

Vers 1260, on retrouve un certain Jean de Poissy en tant que seigneur de Gouy, des Authieux, de Sotteville, d’Igoville… 

En 1289, le prieuré du Mont-aux-malades donna en échange à Laurent le Chambellan le fief de haubert  de Sotteville et Igoville dit le fief aux malades. Ce nom est assurément issu d’une appellation populaire locale. Laurent le Chambellan mourut en 1304 et fut inhumé dans l’église du Mont-aux-malades, montrant ainsi que des liens plus profonds qu’un contrat d’échange l’unissait au prieuré de la banlieue rouennaise. La fille unique de Laurent le Chambellan, Lucie, avait épousé un dénommé Pierre de Poissy, lui apportant le fief aux malades qu’elle hérita de son père. Nous ne pouvons pas attester qu’il existe un lien direct entre Jean de Poissy et Pierre de Poissy bien que nous soupçonnons évidemment une filiation. 

Le fils de Pierre de Poissy, prénommé Jean, était propriétaire du fief aux malades en 1323. Nous perdons ensuite trace des propriétaires jusqu’au XVIIe siècle.

Barthélemy Selles vendit son fief le 27 mai 1621 à Jean Le Cornu, seigneur de Bihorel, conseiller au Parlement de Rouen et commissaire aux requêtes du Palais. Son fils, Laurent Le Cornu, seigneur d’Igoville, trésorier de France au bureau des finances de Rouen, fit de très nombreux dons à l’Hôtel-dieu et à d’autres maisons pieuses de Rouen (plus de 100000 écus). Il était ainsi considéré comme le père des pauvres de la ville. Il vendit le fief aux malades à Barthélemy Boivin de Bonnetot, maître des comptes, avant 1689. 

La haute justice d’Igoville fut aliénée en fief en 1706 et passa successivement entre les mains de François Baudouin, Louis Baudouin puis de M. Esmangard. 

 

Vers 1747, un château émerge...

C’est du XVIIIe siècle que proviennent les plus lointains documents concernant ce que l’on appelle le château d’Igoville de nos jours, château qui n’englobait qu’une petite partie de l’ensemble des possessions dudit fief. Nous apprenons qu’en 1747 la chapelle du manoir de Claude-François Esmangard, fut bénite par M. Esmangard, vicaire général de l’archevêque. Outre la continuité de la présence d’une noblesse et d’un haut clergé rouennais, nous pensons que la chapelle fut bénite après l’emménagement du propriétaire dans son manoir nouvellement bâti, ainsi que ce bâtiment religieux. 

Cette bénédiction marque les premières années d’un nouveau manoir qu’attestent des éléments architecturaux notés par les connaisseurs qui ont récemment évalué le patrimoine de cette demeure. Ceux-ci ont fait référence au plan symétrique du manoir et au grand escalier d’honneur, orné d’une rampe en fer forgé de style Louis XV. Ce sont-là des indicatifs de la première moitié du XVIIIe siècle. Le manoir était alors accompagné d’une chapelle carrée, d’un colombier, de bâtiments annexes ainsi qu’un jardin, perdus depuis lors. Nous estimons donc que le château d’Igoville tel que nous le voyons actuellement fut bâti dans les années mil sept cent quarante. 

Cependant, est-ce à dire que cette nouvelle construction est le premier manoir bâti en ce lieu ? Rien ne nous permet ni de l’affirmer ni de l’infirmer. Y eut-il de précédentes demeures ? de précédentes granges ? C’est tout à fait probable, d’autant plus que le fief aux malades a été un fief de haubert : un château exista assurément mais pas nécessairement en cet endroit. Ce qui semble acquis, c’est qu’il ne reste aucun vestige de précédents bâtiments dans les matériaux de l’actuelle gentilhommière. 

On retrouve ensuite un propriétaire nommé Louis-Jacques des Marets, seigneur de Saint-Aubin, Corneville, Tennemare, La Barre… et conseiller au Parlement de Rouen de 1742 à 1775. Marié à Marie-Madeleine Duval de Morgny, il eut pour héritière, Marie-Louise des Marets, sa fille. Celle-ci eut pour dot son hôtel rouennais et le château d’Igoville lors de son mariage, en 1777, avec Alexandre de Moncel, marquis de Torcy, président à mortier au Parlement de Rouen. Celui-ci mourut en 1781. La veuve épousa en secondes noces Jean-Pierre Fermin, comte de Vieux, en 1790. Jean-Pierre Fermin, d’origine bretonne, était un ancien capitaine de dragons au régiment du Dauphin. Il fuit la Révolution avant de commander la Garde nationale de Rouen en 1814. Il divorça en 1794 afin de conserver les biens que sa femme conserva avant de l’épouser à nouveau, quelques années plus tard. Ce couple faisait partie, sous l’Empire, des trente plus grandes fortunes de Seine-Inférieure. Les héritiers Fermin vendirent leurs biens le 26 septembre 1872 à Louise Adélaïde de Clisson, fondatrice de l’orphelinat de Saint-François-Xavier. Il semble qu’à partir de cette période le château servit aux sœurs de cet orphelinat à tel point qu’on ait affublé ces bâtiments du nom de couvent  … Dans son testament, Mme de Clisson dût céder sa propriété igovillaise aux sœurs car, lors de la dissolution des congrégations enseignantes, le château d’Igoville se retrouva sans propriétaire et fut acheté en mars 1903 par Henriette Avon, mariée au général Avon (décédé en 1918). En 1922, Henriette Avon et sa fille, la comtesse René de Maulde, étaient propriétaires du château. Cette famille vendit ses biens à MM. Jacques et Raymond Morel en 1949 ; Raymond Morel étant un célèbre directeur d’usine de chaussure à Pont-de-l’Arche et Igoville.

Cette propriété manqua d'entretien. C’est pourquoi la commune d'Igoville commença par racheter le parc et les dépendances, en 1982, avant de devenir propriétaire du château en 1990. 

D’importantes rénovations ont rendu à ce château sa beauté et lui ont assuré de passer encore quelques décennies à l’abri de la ruine. Peut-être n’a-t-on jamais mis autant en valeur les droites lignes de ce bâtiment. Enfin, la réutilisation des lieux en mairie, bibliothèque, treize logements, salle d’exposition… assurent mieux encore la pérennité des lieux tout en offrant à la commune un magnifique souvenir de son histoire et un important outil à l’administration et à la vie sociale.

 

Sources

- ANONYME, " 3. – Le château rénové d’Igoville ", in, COLLECTIF, Les échos de Seine-Bord n° 4, avril 2003, 8 p., cf. p. 8. 

- BEAUMONT, Franck, SEYDOUX, Philippe, Gentilhommières des pays de l’Eure, Paris : La Morande, 1999, 465 p., ISBN 2-902091-31-2. 

- CHARPILLON, Louis-Etienne, CARESME, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p.

- Base " Mérimée " du patrimoine architectural français : www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr

 

Armand Launay

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:00

 

Mairie

 

A lire aussi, sur ce blog

cantonales 2004

municipales 2008 (2e tour), 2001...

 

1. Résultats du premier tour

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 1.-Resultats-1er-tour-2011

 

       Cliquez sur l'image pour l'agrandir

2.-Resultats-1er-tour-2011-2

 

 2. Résultats du premier tour

 

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3.-Resultats-2e-tour-2011

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4.-Resultats-2e-tour-2011-2

 

 

 

3. Abstention et démobilisation de l’électorat de droite

Nous notons tout d’abord la forte hausse de l’abstention malgré 837 nouvelles inscriptions sur les listes électorales (+ 8,5 %) entre 2004 et 2011.

Abstentions en 2004 : 3294 personnes sur 9 818 inscrits en 2004 (33,5 %). 

Abstentions en 2011 : 5 230 personnes sur 10 655 inscrits (49,08 %).

Seule la commune d’Alizay a vu son abstention baisser (42 voix).

 

Abstention et vote à droite entre 2004 et 2011

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 5.-Abstention-droite

 

A la lecture de ce tableau, on mesure combien l’abstention a surtout frappé la droite qui, entre 2004 et 2011, perd 1 101 voix au 1er tour et 802 voix au 2nd tour. La gauche gagne 126 voix au 1er tour et en perd 681 au 2nd tour. Le désaveu de la politique de Nicolas Sarkozy a fortement joué sur notre canton. 

 

4. Le poids des individualités dans le scrutin cantonal

Ce scrutin confirme le poids des individus. Les candidats font de très bons résultats dans les communes où ils sont maires : 

- Gaëtan Levitre : 605 voix soit 80,2 % des suffrages exprimés d’Alizay ;

- Richard Jacquet : 458 voix soit 33,3 % des suffrages exprimés de Pont-de-l’Arche ;

- René Dufour : 262 voix soit 51,88 % des suffrages exprimés des Damps ; 

- Jacqueline Pons (suppléante de Richard Jacquet) : 150 voix soit 36,5 % des suffrages exprimés du Manoir ;

- Maryannick Deshayes : 60 voix soit 38,2 % des suffrages exprimés de Tostes.  

 

Les maires donnant des consignes de vote sont aussi bien suivis :

- Jean Carré : 380 voix soit 52 % des suffrages exprimés de Pîtres ;

- Jacky Fleith : 129 voix soit 36,7 % des suffrages exprimés de Montaure ;

- Thierry Delamare : 124 voix soit 35,12 % des suffrages exprimés de Criquebeuf ;

- Daniel Laffillé : 65 voix soit 37,57 % des suffrages exprimés de Martot. 

 

Seul Igoville échappe à ce cas de figure ; le maire est un ancien conseiller général étiqueté divers droite et c’est son adjointe, Sylvie Blandin, qui était suppléante du candidat Nouveau centre-UMP. Au 1er tour, 299 voix se sont portées sur les candidats de gauche contre 209 voix pour la droite dont seulement 137 voix pour le Nouveau centre-UMP.  

 

5. Gaëtan Levitre perçu comme le candidat légitime à gauche

 

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6.-Voix-de-gauche

 

En analysant les votes à gauche (tableau ci-dessus), on voit que le candidat sortant a accru son score de 2004 au 1er tour alors que le candidat socialiste a perdu des voix. Cela peut tenir à l’étiquette des autres candidats de gauche : en 2004 le PCF avait un adversaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) qui a réuni 224 voix. En 2011, le PCF n’a pas connu de concurrence à sa gauche. En revanche la candidature des Verts a directement concurrencé le socialiste. Dans plusieurs communes, on peut additionner les voix PS et Verts et l’on retrouve peu ou prou le score du candidat PS en 2004. 

Le candidat PCF est resté dans les esprits comme le principal représentant de la gauche locale bien que la majorité des électeurs ne soient pas communistes. Il a, semble-t-il, bénéficié du travail des militants et sympathisants dans de plus nombreuses communes que le candidat PS (voir surtout Pîtres et Montaure). Ceci ne signifie pas que le PS n’a pas travaillé ; au contraire deux des communes où la gauche s’est davantage mobilisée en 2011 sont des fiefs socialistes : Le Manoir (+ 39 voix) et Pont-de-l’Arche (+ 113 voix). 

La poussée de la gauche s’explique aussi par la candidature écologiste qui rassemble 7,5 % des suffrages pour une première candidature et notamment dans des zones où la droite est traditionnellement majoritaire. Cette candidature devrait apparaitre comme l’arrivée de l’écologie dans notre canton avec ses premiers militants et leurs premiers résultats.



6. Analyse de la situation à Pont-de-l’Arche

 

Richard Jacquet conforté dans sa ville contre son opposition

A Pont-de-l’Arche plus qu’ailleurs c’est la démobilisation de la droite qui explique l’abstention. La gauche progresse en nombre de voix (de 861 à 974 voix entre 2004 et 2011 au 1er tour). Comme aux régionales, le maire Richard Jacquet est conforté car il passe en tête de tous les candidats locaux. Candidat sur la liste PS-PRG, il obtint 42,5% des voix aux régionales de 2010 et 458 voix en 2011 soit 33,3% des inscrits.

Richard Jacquet progresse ainsi de 49 voix entre 2004 et 2011.

Le candidat PCF progresse de 31 voix dans un contexte qui lui était favorable et alors que la LCR n’est plus présente (49 voix en 2004). 

Alors que, le plus souvent, un maire en exercice tend à perdre des voix, Richard Jacquet renforce sa position vis-à-vis du PCF. C'est d'autant plus significatif qu'il avait en face de lui l’ancien maire, Dominique Jachimiak, qui a fait campagne pour le candidat PCF avec son association « Pont de l’Arche pour tous ». La suppléante du candidat PCF, Isabelle Viguerard-Pouppeville, est issue de cette association qui compte 4 élus au Conseil municipal.

Soit le PCF a perdu du terrain dans le chef-lieu de canton et « Pont de l’Arche pour tous » l’a partiellement comblé, soit « Pont de l’Arche pour tous » n’a pas pesé dans ce scrutin. Ceci ne serait pas un désaveu car une association municipale n’a pas nécessairement une grande aura dans des élections cantonales. 

Notons enfin les 78 voix écologistes qui ont peut-être privé le candidat socialiste de quelques voix supplémentaires sur Pont-de-l’Arche. 

 

Un PCF en perte de vitesse au second tour : 160 voix de moins qu’en 2004

Au 1er tour de 2011 l’électorat de gauche à Pont-de-l’Arche a progressé de 113 voix par rapport à 2004 (de 861 voix en 2004 à 974 voix en 2011) et ce malgré une forte hausse de l'abstention. Contre toute attente, il a régressé de 160 voix au second tour (959 voix en 2004 et 799 voix en 2011).

L’ « éclatante victoire » du conseiller sortant souffre quelque peu dans le chef-lieu de canton. Vraisemblablement, beaucoup d’électeurs ne se sont pas retrouvés dans le candidat de gauche même si celui de droite a plus souffert encore de l'abstention (- 241 voix entre 2004 et 2011). La surprise est de taille pour le candidat de gauche qui ne fait pas le plein des voix à Igoville (- 167 voix) et Montaure (- 96 voix soit près de la moitié des bulletins !). 

En conclusion, les résultats démontrent que le personnage qui rassemble le plus sur Pont-de-l’Arche est bel et bien Richard Jacquet qui est le seul (hormis la candidate des Verts) à ne pas souffrir de la hausse de l’abstention. 

 

7. Perspectives politiques locales

L’avenir des cantonales dépend des élections présidentielles : si la gauche est élue en 2012, elle devrait remettre en cause la réforme territoriale. Des cantonales auraient donc lieu en 2017 et la maturité de Richard Jacquet ferait de lui un très sérieux candidat pour Gaëtan Levitre ou, très certainement, son successeur pour qui la victoire serait loin d’être acquise.

Mais ces cantonales dépendraient largement des élections municipales tant on a vu le poids des maires dans ce scrutin. Richard Jacquet ne sera influent que s’il développe l’action des militants socialistes dans de nombreuses communes, à l’image du PCF aujourd’hui, et notamment aux prochaines municipales.

A Pont-de-l’Arche, la donne est changée. Le PCF a pris le pas sur l’association « Pont de l’Arche pour tous » qui s’est liée à ce parti alors que son meneur, Dominique Jachimiak, n’avait jamais affiché d’étiquette politique depuis son élection au poste de maire en 2001. Isabelle Viguerard-Pouppeville, bras droit de Dominique Jachimiak, est désormais suppléante du conseiller général PCF. « Pont de l’Arche pour tous » ne pourra plus se prévaloir comme en 2008 d’être « apolitique » et le PCF ne pourra plus retourner ses alliances aussi simplement qu’il l’a fait ces dernières années. Désormais, avec le PCF, "Pont de l'Arche pour tous" devra compter sur une base électorale plus restreinte, située à la gauche du PS et du MRC.

 

A lire aussi...

Le portail des élections à Pont-de-l'Arche


Armand Launay

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 11:54

Pont-de-l’Arche est une charmante bourgade de province dans l’une des plus belles régions de France : la Normandie. A deux pas de Rouen, elle allie le plaisir de la nature, avec les berges de l’Eure et de la Seine, aux plaisirs des balades urbaines à travers les ruelles médiévales, les pavés lissés, les gargouilles gothiques, les remparts endormis…

 

Nombreuses sont les personnes qui passent à côté de ce qui fait tout l’attrait de Pont-de-l’Arche, d’où ce blog et différentes publications.

D’autres personnes veulent aller plus loin et sentir par elles-mêmes l’atmosphère de la ville et situer concrètement les joyaux archépontains, d’où mes visites commentées pour les associations et les groupes.

Je ne suis pas professionnel mais amateur (du latin amator, « celui qui aime ») depuis quelques années. Les personnes désireuses de visites guidées, c’est-à-dire assurées par un guide professionnel, gagneront à contacter l’Office de tourisme Seine Eure afin d’en connaitre le programme et le tarif.

Pour les autres, vous pouvez me contacter afin de mettre en place la visite qui vous convient (public averti ou non, jeune, visites à thème : religion, vikings, remparts…).

Mes visites se basent sur les caractéristiques des tyles architecturaux, les petits trésors du     patrimoine caché, les grandes phases de l’histoire de la ville qui expliquent le paysage de la ville et la raison de sa construction...

Je ne fais pas de visite érudite à partir de nombreuses dates d’histoire. En somme, pas besoin d’être calé en histoire pour apprécier la balade ! 

 

 

Je ne serai plus en mesure de faire des visites à partir de fin juin 2014 en raison d'un déménagement.   

 

Visite Pont-de-l'Arche

Visite "Pont-de-l'Arche et les invasions vikings" : mon groupe descendant l'escalier en hélice menant à l'ile Saint-Pierre, en face de la ville (Fête viking, mai 2011). 

 

Armand Launay

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 16:08

En 2008, Pont-de-l'Arche entre dans la collection "Mémoire en images", aux éditions Alan-Sutton.

Grâce à 230 cartes postales anciennes, visitez ruelle après ruelle le Pont-de-l'Arche de la Belle époque.

En 128 pages, rien ne manque du Pont-de-l’Arche du début du XXe siècle :

la gare, l’usine électrique, les ruelles médiévales, le buste d’Hyacinthe-Langlois, la restauration de l’église Notre-Dame-des-arts, le Pelouzel, l’industrie du chausson, l’ancien pont, le temps des petites boutiques et les barques sur la Seine, le bailliage qui servait alors de mairie, les enfants qui jouent dans tous les coins de rue, les bornes-fontaines, l’ancienne abbaye de Bonport… 

 

PONT-DE-L-ARCHE

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 15:37

L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche, livre qui retrace avec précision les 4500 années d’histoire des Damps mais aussi la naissance et l’émergence de la ville de Pont-de-l’Arche sur le territoire dampsois. Aidé par la mairie des Damps, cet ouvrage a été édité en 2007 aux éditions normandes Charles-Corlet. Sur près de 250 pages et 26 chapitres, de nombreux sujets sont abordés parmi lesquels :

- l’existence d’une allée couverte datant du néolithique ;

- la construction du pont de Charles le Chauve en 862 qui donna naissance à la ville de Pont-de-l’Arche ;

- la construction de l’abbaye de Bonport ;

- la culture du tabac durant la renaissance ;

- les tentatives d’annexions des Damps par la mairie de Pont-de-l’Arche ;

- la présence active d’Octave Mirbeau ;

- le radicalisme républicain des Dampsois et leur sympathie pour Pierre Mendès France…

 

 

 1-damps

 

Pour le lire en ligne (payant) ou en consulter quelques passages, rendez-vous sur SmartLibris, service de la Bibliothèque nationale de France en lien avec CyberLibris

 

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:40

Pendant plusieurs mois, en 2010, Eric Gibert et Armand Launay ont joué les détectives en visitant plusieurs caves de Pont-de-l’Arche. Pour ces deux Sherlock Holmes il s’agissait d’en savoir un peu plus sur ces légendes racontant qu’au Moyen Âge de nombreux souterrains permettaient de circuler sous la ville...

 

Lampe-torche, appareil photo, stylos… Nos visites souterraines auront été très enrichissantes et nous auront permis de constater que de nombreuses caves sont munies de doubles fermetures quand elles sont reliées à l’extérieur. En effet, grâce à des trappes situées sous les trottoirs actuels, des escaliers reliaient directement les caves à la rue médiévale. Cela permettait de faciliter les livraisons de bois, de grains… En effet, en plus de la trappe donnant sous la rue, une porte verrouillait l’accès à l’escalier depuis la cave [1] (photo 1).

 

Photo-1 

Cette double fermeture atteste que la crainte du vol est ancestrale. Comment penser, par conséquent, que toutes les caves médiévales étaient reliées afin de permettre une libre circulation notamment en cas d’urgence ? Quel intérêt auraient eu les anciens Archépontains de mettre leurs réserves à la disposition des visiteurs souterrains ? Ce que nous avons vérifié, c’est la séparation de caves en plusieurs compartiments suite à des divisions de propriétés qui ont nécessité, au XIXe siècle, la construction de murets et de portes en bois fermées à double tour (photo 2).

 

Photo-2 

 

Ce sont précisément ces passages entre les caves qui ont dû alimenter les légendes faisant du sous-sol de Pont-de-l’Arche un réseau de circulation. Nous avons même souvent entendu que les souterrains de la ville étaient suffisamment vastes pour que circulent deux cavaliers de front. C’est dire la confusion entre cave et passage souterrain car si deux personnes pourraient monter à cheval sans trop de peine, dans certaines caves, cela ne faisait pas de ces espaces de stockage des voies publiques souterraines. En revanche, ces mauvaises interprétations ne tordent pas le cou à l’existence de vrais souterrains remontant à une période plus ancienne. Rien ne nous dit, d’un point de vue technique tout comme utilitaire, que de tels passages n’aient pas existé. Attention tout de même à ne pas confondre non plus les carrières souterraines avec de longs tunnels. La Maison de la Dame Blanche, aux Damps, est réputée avoir son tunnel qui la relie à notre ville puis l’ancienne abbaye de Bonport. Mais les personnes qui répètent ces propos ont-elles visité la carrière qui se trouve juste à coté de la plus ancienne demeure dampsoise située… rue des Carrières ? D’un point de vue architectural, les caves observées sont constituées d’un seul vaisseau en plein cintre. Certaines présentent de belles pierres de taille sans aucune autre espèce de décorations. D’autres, plus soignées, présentent un décor composé d’arcs doubleaux en pierres calcaires chanfreinées de même type que ceux de la Salle d’Armes (mais de moindre dimension, voir photo 3).

 

Photo-3 

 

Ces caves sont constituées de moellons calcaires de petit appareil. Eugène Viollet-le-Duc [2] attache ce type d’arcs, pour les bâtiments civils, aux XIIe et XIIe siècle. A ces arcs doubleaux, on peut rattacher les voutes de portes d’escaliers observés dont une seule des deux arêtes est taillée. Une cave présente même une série de trois voutes d’entrée très bien conservées et très harmonieuses (photo 4).

 

Photo-4 

 

Des soupiraux sont encore présents même s’ils sont trop souvent bouchés, ce qui limite considérablement l’évacuation de l’humidité. Nos visites nous ont aussi amenés à redécouvrir le four d’une ancienne boulangerie de la rue André-Antoine (photo 5).

 

Photo-5 

 

Deux des caves visitées présentent des séries de cellules latérales de part et d’autre du vaisseau principal. Ces cellules offraient de multiples espaces de stockage et ce sans mettre en danger la résistance des caves les plus profondes. Les caves à cellules latérales sont caractéristiques de l’architecture francilienne du XIVe siècle. Les légendes que nous avons entendues font des cellules de ces caves des cachots ou des départs de souterrains (photo 6).

 

Photo-6 

 

Enfin, cette étude nous aura permis de déterminer ce qui alimente la légende, c’est-à-dire une interprétation abusive des éléments qui composent les caves médiévales. Mais l’étude a toujours ses limites : les murs rejointoyés ou à moitié écroulés que nous avons observés dans certaines caves sont-ils des tentatives d’anciens propriétaires pour fermer des passages reliant leur cave à quelque passage, quelque tunnel (photo 7) ?

 

Photo-7 

 

Le témoignage d’une personne présente lors de la démolition de l’usine Nion (Jeambin) est très clair : un long tunnel orienté Nord-sud faisait au moins 4 mètres de profondeur sur 4 de large a été mis au jour avant d’être bétonné deux jours plus tard. Les témoignages concordent aussi sur le passage du fond de la Salle d’Armes. Bouché lorsque cette cave est devenue un lieu culturel municipal, un passage très bas donnait accès à une galerie descendant vers l’église. Des Archépontains alors enfants ont pu s’y aventurer un peu avec des torches improvisées durant la Seconde Guerre mondiale. La rêverie est permise tant que l’étude ne peut être poussée à son terme. En attendant, ces visites nous auront permis de mettre la main sur un trésor : le patrimoine architectural médiéval souterrain et la sympathie des différents propriétaires qui nous ont ouvert leurs portes (et leurs trappes !). Nous les en remercions chaleureusement et précisons que nous sommes toujours disponibles pour visiter d’autres caves:)

 

 

Notes

[1] Nettement identifiable grâce aux arêtes taillés dans la pierre et aux passages des gonds.

 [2] Célèbre architecte du XIXe siècle, auteur du Dictionnaire raisonné d’architecture.

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:37

Venus principalement du Danemark et de Norvège, les Vikings explorent le Nord de l’Europe. Commerçants, ils deviennent pirates selon les circonstances. Les richesses qu’ils ramènent dans leurs contrées améliorent leur position sociale ce qui donne l’idée à leurs petits frères d’en faire autant, quelques années plus tard… C’est leur arrivée dans notre région qui a donné naissance à la ville de Pont-de-l’Arche et à la Normandie, la terre des « hommes du Nord ». Retour en arrière en quelques dates…

790-800 : des Vikings sont repoussés par Charlemagne le long des côtes de la mer du Nord.

820 : première expédition viking dans l’estuaire de la Seine. Elle est repoussée par les gardes du rivage.
841 : seconde expédition viking, Jumièges et Rouen sont incendiés. Les Vikings constatent la faiblesse de l’armée franque qui est divisée entre les successeurs de Charlemagne.

La milice de Guérande face aux Normands (à droite) en 919. Un exemple de défense réussie face aux Normands. Extrait de La Vie de saint Aubin, manuscrit du XIe siècle provenant de l’abbaye d’Angers (BnF).

La milice de Guérande face aux Normands (à droite) en 919. Un exemple de défense réussie face aux Normands. Extrait de La Vie de saint Aubin, manuscrit du XIe siècle provenant de l’abbaye d’Angers (BnF).

845 : première expédition vers Paris (rééditée presque chaque année par la suite). Premier paiement par le roi du Danegeld (argent payé aux Danois pour qu’ils repartent).
851 : première fois qu’une troupe viking passe un hiver entier dans la basse Seine (réédité en 852 et par la suite).
856-862 : installation d’une « grande armée » scandinave dans l’estuaire de la Seine. Raids vers l’intérieur du royaume.
860-861 : réaction de Charles le Chauve qui nomme Robert le Fort à la tête d’un grand commandement en Neustrie contre les Normands et les Bretons.
862-869 : construction d’un
pont fortifié à Pont-de-l’Arche pour barrer la Seine, l’Eure et l’Andelle aux Normands. Ce pont est entouré de deux forts. Celui de la rive gauche deviendra la ville fortifiée de Pont-de-l’Arche.

Le système défensif de Pont-de-l’Arche construit entre 862 et 869 par le roi des Francs, Charles le Chauve, afin de protéger Paris et la majeure partie du royaume. La ville de Pont-de-l’Arche est au bout du pont, à droite, et le fort à gauche est aujourd’hui remplacé par la station-essence et le restaurant du Vieux pressoir. Ce dessin (extrait de l’ouvrage de J. Haywood) montre des Normands montant à l’assaut du fort incendié. Cependant, selon Jacques Le Maho, le fort aurait été bien plus petit et concentré en arc de cercle autour de l'entrée du pont, ce qui parait plus logique.

Le système défensif de Pont-de-l’Arche construit entre 862 et 869 par le roi des Francs, Charles le Chauve, afin de protéger Paris et la majeure partie du royaume. La ville de Pont-de-l’Arche est au bout du pont, à droite, et le fort à gauche est aujourd’hui remplacé par la station-essence et le restaurant du Vieux pressoir. Ce dessin (extrait de l’ouvrage de J. Haywood) montre des Normands montant à l’assaut du fort incendié. Cependant, selon Jacques Le Maho, le fort aurait été bien plus petit et concentré en arc de cercle autour de l'entrée du pont, ce qui parait plus logique.

876 : arrivée du chef viking Rollon dans l’estuaire de la Seine.
885-886 : le pont fortifié de Pont-de-l’Arche permet de retenir les Normands pendant quelques semaines avant le siège de Paris.
886-890 : Rollon s’empare de Bayeux.
898 : Charles le Simple devient roi de France (fin de règne en 923). Une partie de la future Normandie se vide de ses habitants et d’une large partie de son administration civile et religieuse. Les Vikings s’installent le long de la Seine et le long des côtes du pays de Caux, du Bessin et du Cotentin. Ils détiennent des biens et deviennent, de ce fait, soucieux de leur protection. De nombreux lieux prennent des noms scandinaves : Harfleur, Honfleur, Amfreville, Martot, Criquebeuf, Sotteville, Igoville…
911 : après une défaite militaire, Rollon s’installe à la table des discussions. Charles le Simple lui cède l’équivalent de la Haute-Normandie si Rollon accepte de reconnaitre l’autorité royale et de devenir chrétien. C’est ainsi que le traité de Saint-Clair-sur-Epte est signé. Rollon devient le premier duc d’une nouvelle province : la Normandie. Celle-ci n’est plus pillée par d’autres Vikings. La paix est rétablie.

Rollon, statue de bronze faisant partie du groupe monumental représentant Guillaume le Conquérant entouré de l’ensemble des ducs de Normandie à Falaise (Calvados).

Rollon, statue de bronze faisant partie du groupe monumental représentant Guillaume le Conquérant entouré de l’ensemble des ducs de Normandie à Falaise (Calvados).

924 : Rollon agrandit ses possessions en conquérant sur les Bretons le Bessin et le Maine.

933 : Guillaume Longue Epée, 2e duc de Normandie, conquiert le Cotentin et l’Avranchin au détriment des Bretons.
1020 : la paroisse de Pont-de-l’Arche est citée dans une charte par laquelle Richard II, duc de Normandie, confirme à l’abbaye de Jumièges ses droits sur cette paroisse. On y apprend que trois moulins sont bâtis sur le pont.
1066 : Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devient roi d’Angleterre. La lutte entre les rois de France et les ducs de Normandie s’amplifie. Les Normands sont presque indépendants du pouvoir français et deviennent cette année-là les égaux des rois de France.

Flotte normande partie conquérir l’Angleterre, détail de la tapisserie de Bayeux, XIe siècle.

Flotte normande partie conquérir l’Angleterre, détail de la tapisserie de Bayeux, XIe siècle.

1189 : durant une période de paix, Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et Philippe Auguste, roi de France se concertent pour la fondation de l'abbaye Notre-Dame de Bonport à Pont-de-l'Arche.

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion montrant leur amitié au début de la 3e croisade (1190-1191), Livre d’Eracle, Flandres, vers 1300 (BnF).

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion montrant leur amitié au début de la 3e croisade (1190-1191), Livre d’Eracle, Flandres, vers 1300 (BnF).

1195 : de retour de croisade et de captivité, Richard Coeur de Lion renforce ses défenses contre le roi de France, Philippe Auguste. En plus de Château Gaillard, il fait rehausser les fortifications de Pont-de-l'Arche.

1204 : Philippe Auguste, roi de France, bat Jean sans Terre, duc de Normandie et roi d’Angleterre. Les rois de France retrouvent leur autorité sur la Normandie, 293 ans après le traité de Saint-Clair-sur-
Epte. Philippe Auguste fait de Pont-de-l’Arche sa principale résidence normande. Il fait rehausser le fort situé de l’autre côté du pont. Il fait réparer le pont.

 

Sources

- BAUDUIN Pierre, La première Normandie (Xe-XIe siècles). Sur les frontières de la haute Normandie : identité et construction d’une principauté, Caen, Presses universitaires de Caen, 2006, 485 pages ;

- HAYWOOD (John), L’Atlas des Vikings (789-1100), de l’Islande à Byzance : les routes du commerce et de la guerre, Paris, éditions Autrement, collection Atlas / Mémoires, 1995, 144 pages ;

- LAUNAY (Armand), L’Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l’Arche, éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages ;

- NEVEUX (François), L’Aventure des Normands : VIIIe-XIIIe siècle, Paris, éditions Perrin, 2006, 385 pages ;

- NEVEUX (François), La Normandie des origines à nos jours, Rennes, éditions Ouest-France, 2010, 127 pages.

 

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:36

 

Alizay (IGN, fouilles)

 

Les constructions immobilières étant très nombreuses, le BTP a besoin de sable. Ainsi la vallée de la Seine est un terrain propice aux carrières. L’une d’elles, située à Alizay et Igoville, ouvrira pour le compte de la Compagnie des sablières de la Seine (Lafarge-Cemex). Avant cela, conformément à la loi du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive, ce sont 22 hectares de terrains qui ont bénéficié d’un diagnostic réalisé par l’INRAP entre 2007 et 2009.  

 

Celui-ci a révélé un fort potentiel et notamment

 

- de nombreux silex taillés de la fin de la dernière glaciation ; 

- un vase de la Hoguette à 1,80 m de profondeur, (5370-5222 avant notre ère) ; 

- un pic en bois de cerf et divers restes animaux à 2,6 m de profondeur (mésolithique, 7606-7578 avant notre ère) ;

- des structures d’habitat et un foyer du néolithique ; 

- des traces de l’âge du bronze ; 

- une tombe médiévale… 


L’enjeu est donc de taille. Les archéologues ont devant eux un très vaste espace qui recèle des objets bien conservés dans les anciens sédiments de Seine. Depuis février, ils peuvent étudier exhaustivement les modes d’occupation des sols depuis la fin du paléolithique (11 000 avant notre ère).

 

Le chantier d’Alizay-Igoville doit devenir une référence régionale en matière de caractérisation des différents types d'habitats qui se sont succédé au fil des siècles et de l’adaptation des hommes aux changements climatiques. Il offre aussi une belle opportunité aux spécialistes d’étudier l’évolution du mobilier et donc le processus de néolithisation, c’est-à-dire le passage progressif des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs du paléolithique et du mésolithique à l’élevage et la culture qui caractérisent le néolithique et la sédentarisation.

Archeologie-Alizay

Pour mener à bien ces recherches, pas moins d’une trentaine de spécialistes vont travailler pendant près de 14 mois. L’étude du site est placée sous la responsabilité de Cyril Marcigny et Bruno Aubry. L’analyse chronologique nécessite l’intervention de spécialistes des différentes périodes (paléolithique supérieur, moyen, inférieur, mésolithique et processus de néolithisation, néolithique ancien, moyen et final, bronze ancien, final, 1er âge du fer, périodes historiques.


Pour analyser le site le plus précisément possible, d’autres spécialistes interviendront tels que palynologue (pollen), géomorphologue (reliefs et leur évolution), entomologiste (insectes), archéozoologue (relations hommes-animaux), malacologue (mollusques), carpologue (graines), anthracologue (hommes et forêt). 


Toutes ces travaux sont intimement liées à un important travail de topographie. Un Système d’information géographique (SIG) est nécessaire pour restituer les couches stratigraphiques et modéliser les différents sols, reconstituer leur évolution (chronométrie) et établir des référentiels typochronologiques (des documents montrant des modèles d’occupation de l’espace par l’Homme selon les époques).


Avec plusieurs milliers d'objets déjà récoltés, l’étude est prometteuse. Le public intéressé a hâte de voir les premiers résultats de ces fouilles. Les archéologues ont pensé aux amateurs d’archéologie et aux habitants de la région et vont présenter les plus belles découvertes dans quelques semaines. L’information sera donnée en temps et en heure. 


Sources

- Résultats des diagnostics et protocole de fouille, Bruno Aubry et Cyril Marcigny, février 2011 ; 

- Site de la commune d’Alizay.

 

 

Salut Ghislaine;-)

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche et sa région histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Contactez-moi afin d'étudier ensemble, plus avant, l'histoire et donc de progresser vers la connaissance. Bonne lecture ! armand.launay@gmail.com
  • Contact

Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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