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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 19:00
Buste de Philippe Desportes (détail) extrait de la colonne funéraire  disparue - de l'église Notre-Dame de Bonport. Il fut réalisé par Matthieu Jacquet (vers 1545-vers 1611) en 1607 (Musée du Louvre / P. Philibert

Buste de Philippe Desportes (détail) extrait de la colonne funéraire disparue - de l'église Notre-Dame de Bonport. Il fut réalisé par Matthieu Jacquet (vers 1545-vers 1611) en 1607 (Musée du Louvre / P. Philibert

Philippe Desportes est un poète et homme de cour français né à Chartres en 1546 et décédé le 5 octobre 1606 à Notre-Dame de Bonport où il fut abbé depuis 1594. Nous devons à Jacques Lavaud des éléments précis sur la relation de cet homme à Bonport : Lavaud, Jacques, Un poète de cour au temps des derniers Valois : Philippe Desportes (1546-1606).

 

Le poète de cour…

Philippe Desportes fut bon poète mais ne passa pas le tamis des générations qui se suivent. Sa poésie, vouée à flatter les nobles qui le protégeaient, se caractérise par une sobriété tranchant avec le style recherché de Pierre de Ronsard (1524-1585) et des poètes de la Pléiade. Bien que placé entre Ronsard et François de Malherbe (1555-1628), il n’est pas classé parmi les grands de la poésie française et ce sont principalement les travaux de Charles-Augustin Sainte-Beuve et d’Emile Faguet qui firent connaitre Philippe Desportes dans le monde littéraire (Jacques Lavaud, page 128). Influencé par les auteurs italiens, les premiers écrits desportiens montrent le cœur d’un homme attendri par les beautés de la nature, de la femme ainsi que du refus de traditions notamment dans ses Stances du mariage (page 63) :

 

Tout homme qui se trouve en ses laqs asservy,

Doit par mille plaisirs alléger son martyre,

Aimer en tous endroits sans esclaver son cueur…

Je hay plus que la mort ta rigoureuse loy,

Aimant mieux espouser un tombeau qu’une femme.

 

En modérant son propos, Philippe Desportes commença à vivre de son art poétique au sein du salon de Claude Catherine de Clermont, maréchale de Retz. Se faisant connaitre dans les salons, il se fit des amitiés utiles à son art et à ses finances. Ami de Nicolas IV de Neufville, dit Villeroy, d’Anne de Joyeuse – gouverneur de Normandie et mignon d’Henri III – Philippe Desportes, concerné par les affaires d'Etat dès l'avènement d'Henri III (1575), toucha un traitement de secrétaire du roi en 1582 (page 322).

 

… qui profita de l’oreille du roi

Grâce à la faveur d’Henri III, Philippe Desportes acquit le revenu des abbayes de Tiron et Josapha, toutes deux proches de Chartres. Le poète préféré du roi (page 358) était alors abbé de ces établissements grâce au système de la commende convenu en 1510 entre François 1er et le Pape qui autorisait le roi de France à nommer les abbés. Ceux-ci étaient donc désignés pour leur fidélité au roi plus qu’aux Évangiles. Dépensier, notre homme était réputé pour sa cordialité, la qualité de sa table et de ses vins et le nom de ses hôtes, attachés aux arts, parmi lesquels il contribua à promouvoir de jeunes talents. Ceux-ci trouvaient une retraite et un soutien auprès de cet homme qui passait pour un véritable abbé épicurien. Cependant, Philippe Desportes connut vers 1583 une période mystique dont témoignent ses écrits. Il semble cependant que ce nouveau sentiment ait été motivé par le roi Henri III qui, lui, eut une révélation mystique. Philippe Desportes resta quelques temps dans son abbaye. Comme le note Jacques Lavaud (page 318) : Il avait su se faire ermite au bon moment, conciliant avec un remarquable esprit d’à-propos le maintien des bonnes grâces de son souverain et le cumul de gros bénéfices. » En 1587, notre homme était conseiller, notaire et secrétaire du roi.

 

Le Ligueur

Philippe Desportes quitta la Cour et rejoignit la Ligue de défense catholique avant même la mort d’Henri III survenue le 1er aout 1589. Il se réfugia au Havre, ville gouvernée par son ami André de Brancas, seigneur de Villars. Les rebelles l’enjoignirent de tenter la conciliation entre les ligueurs de Rouen (Jean de Saulx, seigneur de Tavannes) et du Havre. Il s’agissait d’épargner Rouen de la reconquête royale.

 

Le repenti récompensé par Henri IV

Philippe Desportes se rallia toutefois à Henri IV et fut son principal diplomate dans la négociation du ralliement des derniers ligueurs en 1594. Il parvint à rallier Villars à la bannière royale contre la promesse du roi de maintenir ses bénéfices. Après sa reddition le 27 mars 1594, Villars conserva le gouvernement de Rouen et celui de Caux ainsi que son titre d’Amiral de France. Il obtint, de plus, 715 430 livres (page 375). Quant à Philippe Desportes, il scella ici la fin de sa vie à l'abbaye de Bonport. En ces temps très troublés, l'abbaye de Bonport s'était retrouvée sans abbé depuis le décès de François Boulliers en 1590. Depuis lors, Le Blanc du Rollet, capitaine de Pont-de-l’Arche, avait pris sous sa coupe cette abbaye – et ses revenus – mais sans l’aval du Pape comme en témoigne une archive de février 1592 (page 358). Dans les conditions de sa reddition, Villars demanda l’abbaye pour le compte de Philippe Desportes. La réponse du roi tarda car Le Blanc du Rollet, un des premiers normands ralliés à Henri IV, souhaitait conserver Bonport. Le roi proposa à notre poète-abbé le bénéfice de l’archevêché de Rouen. Celui-ci refusa et maintint son choix pour Bonport. Le Blanc du Rollet abandonna ses prétentions contre un dédommagement financier du roi (page 376). Il devint de plus grand prévôt de Normandie en 1602.

 

 

Bonport, sa résidence préférée

Après 1594, Philippe Desportes devint Conseiller du roi en ses conseils d’États et privés (page 383). Il était abbé de Tiron, de Josaphat, de Vaux-de-Cernay (Yvelines) et de Bonport. Ayant pris de l’âge, Philippe Desportes garda ses distances avec la vie de cour et resta de plus en plus souvent dans ses résidences favorites qu’étaient Vanves et les abbayes de Josaphat et de Bonport. Jacques Lavaud note (page 406) que « De tous ses bénéfices, celui qui eut la préférence de notre poète, celui auquel il réserva ses soins les plus attentifs et ses séjours les plus fréquents et les plus prolongés fut incontestablement Bonport, l’abbaye qu’il avait si longuement convoitée, qu’il avait préférée au pallium archiépiscopal et qu’il avait eu tant de peine à obtenir, Bonport, enfin, la rançon du retour de Rouen en l’obédience royale. » Il était attaché à Bonport pour le pittoresque du lieu, certes, mais aussi car ici résidait son fils naturel, Philippin, qui avait perdu la raison (page 397). Il y était très présent dans les dernières années de sa vie où il pouvait garder contact avec ses amis rouennais, anciens ligueurs, et son ami poète Jacques Davy du Perron, évêque d’Evreux (page 401). A Bonport, il rédigea une colossale traduction des Psaumes, fruit d’un travail de 20 ans. Il y constitua une des plus belles bibliothèques de son temps. Bien qu’un prieur le secondait dans l’administration des biens abbatiaux, Philippe Desportes s’assurait du fonctionnement de cette abbaye qui rapportait, en 1598, 5 000 livres (page 400, note 2). Philippe Desportes mourut au logis abbatial de Bonport le 5 octobre 1606, à 60 ans, et s’y fit enterrer suivant ses dernières volontés consignées dans son testament (page 527).

Philippe Desportes fut enterré au milieu du coeur de Notre-Dame de Bonport sous une dalle en marbre noir. Elle portait l'inscription : "Cy-gist Philippe Desportes, conseiller du Roi en ses conseils d'état et privé, abbé des abbayes de Josaphat, Thiron, Vaux de Cernay et de N. D. de Ron-Port, qui décéda en la dite abbaye de Ron-Port le vie jour d'Octobre m.dcvi. Priez Dieu pour son âme." Son frère Thibault lui fit élever un obélisque à droite du grand autel (Jules Andrieux, introduction, page 37). Ce monument fut démonté par Alexandre de la Folie, acquéreur de l'abbaye le 2 avril 1791. Jules Andrieux relate ce passage : « Ne sont pas compris dans la vente de ladite maison et établissement, les armoires et boiseries de la sacristie, et l’obelisque étant au côte droit du sanctuaire que l'administration aura délai de six mois pour faire déplacer et transporter." Cet obélisque était sans doute le monument de Philippe Desportes, qui fut transporté au musée des Petits-Augustins. Quelques jours après, les commissaires nommés par l'administration du district de Louviers demandaient : « l'obélisque étant au côté droit du sanctuaire. » M. de la Folie leur répond : « qu'il est démoli pour ne recevoir « aucun choc qui puisse le casser, et qui est prêt à être livré « sous la réserve de rembourser les frais de la dite démolition. » Il semble qu'il ne reste aujourd'hui que le médaillon en bronze dont un extrait est reproduit en tête d'article.  

 

Sources

- Croquette Bernard, « Desportes Philippe (1546-1606) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2013. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/philippe-desportes;

- Lavaud Jacques, Un poète de cour au temps des derniers Valois : Philippe Desportes (1546-1606), Paris, Droz, 1936, 572 pages.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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Published by Armand Launay - dans Bonport Guerres Biographies
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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 16:59

« 76 enfants de Pont-de-l’Arche sont morts pour la France et ont sacrifié leurs vies pour sauver les vôtres. Souvenez-en vous ! »

 

Cette phrase était écrite sur le drapeau au-dessus du bureau de l'instituteur de l'école de garçons située dans la salle Ambroise-Croizat avant 1934. C'est ce que le regretté André Lambert nous confiait lors d'un entretien réalisé le 25 février 2003. Il ajouta que, chaque matin, un élève devait lire tout haut ce texte avant le début des cours. Depuis lors, cette phrase a gardé tout son sens. En 2014, nous commémorerons le début de la Première guerre mondiale, déclenchée le 28 juin 1914 par l’attentat perpétré à Sarajevo contre souverain de l’empire Austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand. Nous commémorerons également les 96 ans de l’armistice du 11 novembre 1918 ; deux raisons de se rappeler les tristes causes économiques et politiques à l’origine de ce conflit. Deux raisons de penser aux victimes de toutes les guerres et d’être heureux d’être au côté de l’Allemagne et d’autres pays dans l’Union européenne.

Dans les brumes d’automne et sous la figure tutélaire de Notre-Dame-des-arts, le poilu du Monument aux morts de Pont-de-l’Arche nous rappelle depuis 1922 les affres de la guerre et le courage de nos ancêtres (cliché Armand Launay, 2012).

Dans les brumes d’automne et sous la figure tutélaire de Notre-Dame-des-arts, le poilu du Monument aux morts de Pont-de-l’Arche nous rappelle depuis 1922 les affres de la guerre et le courage de nos ancêtres (cliché Armand Launay, 2012).

La mobilisation générale

Le 19 septembre 1914, le journal L’Industriel de Louviers rapporta le discours du maire de Pont-de-l’Arche, Maurice Delamare, prononcé le 4 septembre suite à la mobilisation générale : « Appelé en qualité de réserviste territorial (…) je ne veux pas quitter même momentanément la ville de Pont-de-l’Arche sans assurer tous les administrés (…) je reste de cœur avec eux. La direction des affaires municipales change de mains, mais le fonctionnement des services administratifs continuera dans le même esprit de sagesse et de décision que par le passé. La population de Pont-de-l’Arche gardera, de son côté, j’en suis sûr, le calme et le sang-froid dont elle a fait preuve jusqu’à ce jour, en attendant l’heure du succès final. » Des centaines d’Archépontains furent mobilisés en même temps que Maurice Delamare.

L’uniforme bleu de 1914 pour l’honneur de défendre la Patrie, la moustache pour l’élégance, la cigarette pour la détente… cette photographie sur carte postale campe l’ambiance régnant avant les premiers combats : le dévouement est une qualité qui mérite d’être immortalisée par un cliché (collection particulière, soldats réputés de Pont-de-l'Arche).

L’uniforme bleu de 1914 pour l’honneur de défendre la Patrie, la moustache pour l’élégance, la cigarette pour la détente… cette photographie sur carte postale campe l’ambiance régnant avant les premiers combats : le dévouement est une qualité qui mérite d’être immortalisée par un cliché (collection particulière, soldats réputés de Pont-de-l'Arche).

Un front pas si lointain

Si la ville de Pont-de-l'Arche n'a pas subi les combats, elle a été indirectement touchée. Le 16 septembre 1914, juste après la guerre de mouvement, deux véhicules allemands furent interceptés à temps par les gendarmes et soldats français à Sotteville-sous-le-val. Ces véhicules, chargés d'explosifs, avaient pour mission de dynamiter un ouvrage d'art de la voie ferrée Paris-Le Havre près de Pont-de-l'Arche et ce afin de limiter l'approvisionnement des armées française et britannique. La ville est donc passée à côté de grands dommages.

Voir l'article complet sur ce blog en cliquant ici.

 

 

Des réfugiés

Les habitants du nord et de l’Est ont subi les combats. Pont-de-l’Arche a accueilli des réfugiés. Certains y ont refait leur vie après l’Armistice. Parmi eux, se trouvaient des Picards, des Nordistes, des Lorrains, des Alsaciens, des Belges et même des Grecs. Dominique Kalinoglou et Pilidès Crestomamacopoulos en étaient qui devinrent entrepreneurs en chaussures dans les années 1930. A ce propos, durant la Grande guerre les usines de chaussures de la ville fabriquèrent des godillots pour l’armée. Quant aux professions des réfugiés, des familles de forains se sont installées à Pont-de-l’Arche. Leurs familles ont continué à se faire enterrer au cimetière communal pendant quelques générations.

 

 

L’aviation britannique s’installa à Pont-de-l’Arche

A partir de 1915, l’armée britannique décida d’installer son aviation naissante entre Pont-de-l’Arche et Les Damps. Elle installa son quartier général dans Le Manoir de Manon, qu’elle loua, et finit la construction de l’usine de chaussure des Fils de Georges Prieur, aux Damps ; ceci afin d’y installer une usine de réparation de moteurs d’avions sous l’égide du Royal flying corps, l’ancêtre de la Royal air force. Toute une zone des Damps fut couverte de plaques de béton et de baraquements en bois : le Camp. A Pont-de-l’Arche, au bout de la rue Jean-Prieur, les Britanniques bâtirent une vaste salle en bois qui fut la première salle des fêtes de la commune après la Grande guerre. Elle fut rasée pour laisser place au pont actuel (inauguré en janvier 1955). Les liens des Britanniques avec la population furent très bons : sports (football, patinage, rugby), loisirs (concerts, fanfare, cafés), amitiés, quelques mariages, de petites têtes blondes… Les Archépontains se firent soigner par les médecins militaires. Toute la ville vécut au côté de centaines de soldats et quelques soldates de sa Majesté.

Voir l'article complet sur ce blog en cliquant ici.

 

 

L'armistice !

L’érudit archépontain Roland Chantepie écrivit ses souvenirs de l’Armistice du 11-Novembre 1918 dans un manuscrit intitulé Pont-de-l’Arche à travers les âges (f. 444) : « Un beau matin, il était 11h30 environ, les grandes personnes sortirent subitement dans la rue, s'interrogeant : « est-ce vrai ?... Non ! Ce n'est pas possible ! » M. Pinard, l'instituteur, donna congé à ses élèves et ferma son école ; les Anglais du Camp descendirent dans les rues et les cafés ; ils chantaient et riaient de toutes leurs dents blanches ; les fabriques de chaussures, elles aussi, se vidèrent ; les ouvrières dans les rues « crochaient » les Tommies ; on s'embrassait ; la musique militaire anglaise se mit de la partie. C'était l'Armistice !! » Des drapeaux furent placés aux fenêtres et les cloches de Notre-Dame-des arts tintèrent à toute volée.

 

 

 

Des traces toujours debout

Si les souvenirs sont morts avec les contemporains de la Grande guerre, les traces que nous ont laissées nos ancêtres sont toujours là. Une stèle fut érigée par la Ville de Pont-de-l’Arche dans le cimetière communal. Une plaque en marbre fut scellée par la paroisse sous la tribune de l’orgue de Notre-Dame-des-arts. Autres traces, de nos jours, les noms de voies telles que le Quai Maréchal-Foch, le quai de Verdun, le boulevard de la Marne, la place du Souvenir où se trouve le Monument aux morts de la ville. Ce monument fut inauguré en 1922 grâce à une souscription conduite par un Comité présidé par Maurice Delamare, ancien maire. Ce monument est l'œuvre de Robert Delandre, sculpteur elbeuvien de réputation régionale. Sa famille était liée à Marcel Ouin, industriel de la chaussure, qui était vice-président du Comité. Marcel Ouin était aussi le beau-père de Maurice Delamare. Le jour de l’inauguration du Monument, Marcel Deparrois, un enfant du pays alors en service, lança de son monoplan une grande gerbe de fleurs qui tomba quasiment à côté du nouveau monument. Ce monument subit l’occupation de 1940-1944. Les Allemands cassèrent le casque et le bout du fusil. Ils rayèrent l’inscription « On ne passe pas ». A la Libération, le casque fut restauré et l’inscription fut de nouveau gravée en profondeur.

Voir l'article complet sur sur le Monument aux morts, sur ce blog, en cliquant ici.

Le cimetière communal conserve en son sein une stèle offerte par la Ville et rendant hommage aux soldats morts pour la France sur les différents fronts (cliché Armand Launay, 2010).

Le cimetière communal conserve en son sein une stèle offerte par la Ville et rendant hommage aux soldats morts pour la France sur les différents fronts (cliché Armand Launay, 2010).

La paroisse de Pont-de-l’Arche a fait graver les noms des soldats décédés sur une plaque de marbre située sous la tribune de l’orgue (cliché Armand Launay, novembre 2013).

La paroisse de Pont-de-l’Arche a fait graver les noms des soldats décédés sur une plaque de marbre située sous la tribune de l’orgue (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le Monument aux morts a été sculpté par Robert Delandre et inauguré en 1922 grâce à une souscription publique présidée par Maurice Delamare. Comme le Christ sur les croix hosannières, le poilu oriente son regard vers le sud-est, là où nait la lumière (cliché Armand Launay, mars 2013).

Le Monument aux morts a été sculpté par Robert Delandre et inauguré en 1922 grâce à une souscription publique présidée par Maurice Delamare. Comme le Christ sur les croix hosannières, le poilu oriente son regard vers le sud-est, là où nait la lumière (cliché Armand Launay, mars 2013).

76 morts pour la France

Si les heureux soldats archépontains ayant survécu nous échappent, les noms des morts pour la France nous ont offert des pistes de recherches. Ce sont 76 noms qui sont gravés sur le Monument aux morts de la ville ; des hommes natifs du pays ou domiciliés ici lors de leur enrôlement. Pour en savoir un peu plus sur ces hommes tombés au combat pour la souveraineté nationale, nous avons consulté les retranscriptions de leurs décès dans les actes d’état civil. Nous avons aussi consulté la base des soldats morts pour la France sur le site du Ministère de la défense www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr. 

Nous avons ainsi retrouvé 70 noms que nous avons réunis dans un tableau ci-dessous. Onze autres noms nous échappent qui doivent correspondre à des hommes domicliés dans notre ville au moment de leur décès. Un regard d’ensemble montre que les Archépontains ont été principalement incorporés dans l’infanterie et surtout dans les 24e, 74e et 224e régiments d’infanterie. Ils ont servi sur tous les fronts : Belgique, Yser, Pas-de-Calais, Somme, Champagne, Marne, Meuse… On retrouve des Archépontains dans les tristement célèbres forts de Vaux et de Douaumont, dans la forêt de Verdun.

Une quinzaine de soldats attend le train en gare de Pont-de-l’Arche afin de partir au front (collection particulière).

Une quinzaine de soldats attend le train en gare de Pont-de-l’Arche afin de partir au front (collection particulière).

Prénom, nom

Naissance

Décès

Régiment

René Buquet

 

7 septembre 1889

Pont-de-l’Arche

22 aout 1914

Anderlues (Belgique)

24e régiment d’infanterie

Robert Bâton

24 décembre 1899

Pont-de-l’Arche

22 aout 1914

Anderlues (Belgique)

24e régiment d’infanterie

Fernand Canterel

3 mars 1887

Caudebec-en-Caux

8 septembre 1914

Morsains (Marne)

74e régiment d’infanterie 

Albert Buquet

26 avril 1880

Pont-de-l’Arche

9 septembre 1914

Esternay (Marne)

274e régiment d’infanterie

Alexandre Désiré Carré

12 juillet 1892

Rouen

9 septembre 1914

Le Breuil (Marne)

36e régiment d’infanterie 

Antoine Louis Ouin

12 septembre 1888

Pont-de-l’Arche

14 septembre 1914

Loivre (Marne)

28e régiment d’infanterie

Marcel Morel

10 mars 1891

Pont-de-l’Arche

17 septembre 1914

Loivre (Marne)

24e régiment d’infanterie

Albert Eugène Niaux

4 septembre 1881

Pont-de-l’Arche

23 septembre 1914

Loivre (Marne)

224e régiment d’infanterie

Louis Tassel

8 novembre 1882

Pont-de-l’Arche 

29 septembre 1914

Esternay (Marne)

228e régiment d’infanterie 

Henri Forfait

25 février 1884

Pont-de-l’Arche

13 octobre 1914

Bray-sur-Somme (Somme)

319e régiment d’infanterie

Auguste Delettre

24 juin 1873

Lisieux

22 octobre 1914

La ferme du Luxembourg

119e régiment d’infanterie

Gaston Sauvé

6 avril 1891

Pont-de-l’Arche 

28 octobre 1914

La ferme du Luxembourg

5e régiment d’infanterie

caporal

Georges Bréham

19 octobre 1893

Pont-de-l’Arche

9 novembre 1914

Saint-Eloi (Belgique)

160e régiment d’infanterie

Alfred Dumont

24 septembre 1882

Pont-de-l’Arche

7 décembre 1914 Roclincourt (Pas-de-Calais)

1er régiment de marche de zouaves

Michel Joseph Letourneur

4 octobre 1885

Pont-de-l’Arche

15 septembre 1914

La Neuville (Aisne)

228e régiment d’infanterie

Irénée Bisson

31 décembre 1894

Rouen

31 janvier 1915

Rosendaël (Dunkerque)

2e régiment de marins

Amand Morel

19 février 1894

Les Damps

18 février 1915

bois de la Grurie à Moiremont (Marne)

150e régiment d’infanterie

Philogène Raoul Delaporte

8 février 1873

Criquebeuf-sur-Seine

2 mai 1915

Amiens

22e régiment d’infanterie

Albert Lavoisey

1er novembre 1877

Les Damps

25 mai 1915

Authieule (Somme)

22e régiment d’infanterie

Léon Prieur

7 septembre 1894

Pont-de-l’Arche

26 mai 1915

La Noulette (Pas-de-Calais)

28e régiment d’infanterie

Robert Faucampré

20 février 1889

Pont-de-l’Arche

5 juin 1915

La Targette, La Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

Anthime Lelièvre

30 décembre 1893

Sotteville-lès-Rouen

30 juin 1915

bois de la Grurie à Moiremont (Marne)

 

Albert Jouvin

17 septembre 1889

Pont-de-l’Arche

11 juin 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

François Santens

10 juillet 1890

Pont-à-Vendin

(Pas-de-Calais)

17 juillet 1915

Calonne (Meuse)

87e régiment d’infanterie

André Depitre

20 janvier 1860

Le Manoir-sur-Seine

24 septembre 1915

Mesnil-les-Hurlus (Marne)

22e régiment d’infanterie territoriale

Marcel Lefrançois

3 mai 1889

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

Emile Tassel

4 mars 1889

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1915

La Targette, La Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)

24e régiment d’infanterie

Pascal Sauvé

3 mars 1889

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1915

Tahure (Marne)

224e régiment d’infanterie

Césaire Ambroise

1 aout 1894

Pont-de-l’Arche

26 septembre 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

119e régiment d’infanterie

Eugène Delamare

12 septembre 1885

Criquebeuf-sur-Seine

27 septembre 1915

Beauséjour (Marne)

9e régiment de marche de zouaves

Joseph Guerre

27 mai 1888

Pont-de-l’Arche

27 septembre 1915

La Targette, La Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

Jules Henri Ambroise

17 mars 1889

Pont-de-l’Arche

27 septembre 1915

Noulette (Pas-de-Calais)

10e bataillon de chasseurs à pied

Ferdinand Milliard

19 janvier 1885

Les Damps

29 septembre 1915

La Croix-en-Champagne (Marne)

228e régiment d’infanterie

Valentin Dubray

24 juin 1888

Les Andelys

3 octobre 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

39e régiment d’infanterie

René Prieur

7 février 1890

Pont-de-l’Arche

5 octobre 1915

Massiges (Marne)

21e régiment d’infanterie coloniale

Emile Tassel

4 mars 1889

Pont-de-l’Arche

17 octobre 1915

Tahure (Marne)

24e régiment d’infanterie

Charles Saint-Pierre

7 septembre 1893

Pont-de-l’Arche

11 novembre 1915

Frise (Somme)

119e régiment d’infanterie

Albert Morel

1er mars 1895,

Pont-de-l’Arche

11 octobre 1915

La Croix-en-Champagne (Marne)

329e régiment d’infanterie

Célestin Herbreteau

12 mars 1880

Les Essarts

16 novembre 1915

Mesnil-les-Hurlus (Marne)

93e régiment d’infanterie 

Robert Bréham

16 mars 1891

Pont-de-l’Arche

3 avril 1916

Verdun (Meuse)

74e régiment d’infanterie

Georges Lambert

31 aout 1883

Pont-de-l’Arche

6 avril 1916

Chaumont-sur-Aisne (Meuse)

74e régiment d’infanterie

André Niaux

20 septembre 1883

Pont-de-l’Arche

11 avril 1916

Landrecourt-Lempire (Meuse)

274e régiment d’infanterie Sergent

Adolphe Godard

14 aout 1883

Ellecourt

11 avril 1916

24e régiment d’infanterie

Charles Bohu

18 mai 1888

Oissel

21 avril 1916

Revigny (Meuse)

3e régiment du génie

Narcisse Gaston Chenu

31 octobre 1884

Beaumont-le-Roger

19 mai 1916

Fort de Vaux, Verdun (Meuse)

 

274e régiment d’infanterie.

Sergent

Rodolphe Drouin

13 février 1889

Les Damps

23 mai 1916

Douaumont, Verdun (Meuse)

74e régiment d’infanterie Caporal

Louis Riberprey

19 novembre 1889

Pont-de-l’Arche

21 mai 1916

Douaumont, Verdun (Meuse)

74e régiment d’infanterie Caporal

Paul Peyronnet

1er septembre 1888

Pont-de-l’Arche

19 juin 1916

Esnes (Meuse)

6e régiment d’infanterie

Alfred Poupardin

27 novembre 1894

Pont-de-l’Arche

25 aout 1916

Oissel

150e régiment d’infanterie

Paul Alexandre Duprai

20 juin 1894

Pont-de-l’Arche

21 septembre 1916

Rancourt (Somme)

94e régiment d’infanterie

Sergent

Jules Lavoisey

18 février 1872

Les Damps

31 octobre 1916

Moreuil, Lespinay (Somme)

18e régiment d’infanterie territoriale

Amand Hacot-Sigurd

10 décembre 1896

Pont-de-l’Arche

16 décembre 1916

Fontaine-Routon (Meuse)

173e régiment d’infanterie 

Désiré Delamare

7 septembre 1883

Pont-de-l’Arche

9 janvier 1917

Douaumont, Verdun (Meuse)

414e régiment d’infanterie

Alphonse Pessy

26 octobre 1880

Les Authieux

28 mars 1917

Moulin-Vendresse (Aisne)

156e régiment d’infanterie

Emile Lavoisey

 

22 juin 1895

Pont-de-l’Arche

16 avril 1917

tranchée des Friches, Oulches (Aisne)

127e régiment d’infanterie

Emile Mouchard

 

2 avril 1891

Pont-de-l’Arche

22 avril 1917

Courlandon (Marne)

22e régiment d’artillerie

Léon Confait

 

28 juin 1896

Fauville-en-Caux

 

3 juin 1917,

L’épine de Chèvregny,

Braine (Aisne)

 

Paul Partie 

23 novembre 1897

Pont-de-l’Arche

7 juillet 1917

Longueval (Aisne)

206e régiment d’infanterie

Alfred Mouchard

3 mars 1869

Pont-de-l’Arche

2 aout 1917               

Rouen

74e régiment d’infanterie territoriale

Florent Havet

31 janvier 1895

Pont-de-l’Arche

10 aout 1917 Gricourt (Aisne)

118e régiment d’infanterie

Edouard Auber

3 juillet 1890

Pont-de-l’Arche

8 septembre 1917

Douaumont, Verdun (Meuse)

51e régiment d’infanterie. sergent

Robert Auber

18 mars 1897

Notre-Dame-du-Vaudreuil

10 février 1918

Nancy

7e régiment du génie

Camille Salette

24 mars 1897 Le Mans

10 avril 1918

Jonchery-sur-Vesle (Marne)

 

71e bataillon de chasseurs à pied.  décoré de la médaille militaire et de la Croix de guerre

Louis Michel

20 décembre 1884

Cliponville

12 mai 1918

hôpital militaire Hôtel de l’hermitage au Touquet

15e régiment d’infanterie

Ernest Morel

9 février 1897

Pont-de-l’Arche

20 juillet 1918

Boursonne (Oise)

224e régiment d’infanterie

Lucien Trumel

7 octobre 1897

Pont-de-l’Arche

24 aout 1918

Orval (Oise)

11e régiment de marche de tirailleurs algériens

Victor Colombel

5 décembre 1874

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1918

Cuperly, Montfrenet (Marne)

12e escadron du train TM 225

Jules Letourneur

1er juillet 1887

Pont-de-l’Arche

20 septembre 1918

Pont-de-l’Arche

43e régiment d’infanterie

Gaston Morel

20 mai 1896

Pont-de-l’Arche

12 octobre 1918

Saint-Gobain (Aisne)

283e régiment d’infanterie

Eugène Guerre

3 juillet 1889

Pont-de-l’Arche

15 octobre 1918

hôpital         

96e régiment d’infanterie territoriale

Charles Ambroise

18 février 1872

Pont-de-l’Arche

3 avril 1919

Pont-de-l’Arche

20e régiment d’infanterie territoriale

Marcel Vallois

 

 

 

Albert Grenier

 

 

 

Raymond Liberprey

 

 

 

Albert Lepage

 

 

 

Alfred Levasseur

 

 

 

Maurice Piédevant

 

 

 

Léon Fournier

 

 

 

Louis Michel

 

 

 

Georges Prieur

 

 

 

Auguste Riberprey

 

 

 

Lucien Fernand Trumel

 

 

 

A lire…

L’excellent blog de Stephan Agosto consacré au 74e régiment d’infanterie et dédié aux 3 500 soldats de ce régiment qui perdirent la vie : http://74eri.canalblog.com

 

 

Sources

- Archives municipales – état civil ;

- Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944) ;

- Collignon Maurice, « Une tentative des Allemands dans l’Eure et la Seine-Inférieure pendant la guerre de 1914 », Evreux, C. Hérissey, 1917, 50 pages ;

- Launay Armand, Pont-de-l’Arche ma ville (http://pontdelarche.over-blog.com) :

- « Percée allemande à Sotteville-sous-le-Val et Oissel en 1914 » ;

- « Un camp britannique de la Première Guerre mondiale : le Royal Flying Corps aux Damps et à Pont-de-l'Arche » ;

- « Le Monument aux morts de Pont-de-l’Arche et ses stigmates de la Seconde guerre mondiale » ;

- Launay Armand, Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure, mairie de Pont-de-l’Arche, 2009, 52 pages.

 

Armand Launay

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 12:41

Les dernières cartes postales de Pont-de-l'Arche dataient du début des années 1990... une lacune désormais comblée grâce à Dominique Leliard, gérant de la Presse de l'arche, qui a fait éditer 7 cartes postales de notre belle ville !

Elles sont arrivées ce mois-ci dans la boutique de presse archépontaine avec leurs couleurs ensoleillées qui raviront les touristes et les habitants de la région attachés à cet objet de partage.  

J'en suis d'autant plus heureux que les six clichés ayant servi à cette édition sont issus de ma collection ! 

Ces cartes sont disponibles à la presse de l'arche contre 0.8 € l'unité. 

Nouvelles cartes postales de Pont-de-l'Arche !

Armand Launay

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 16:41

Le pont de Saint-Pierre-du-Vauvray est un pont en arc au-dessus de la Seine. Il fut inauguré en 1923 où, né des plans de l’architecte Eugène Freyssinet, il constituait le record mondial des ponts en béton à arche unique, haute de 25 m, avec une portée de 131,8 m.

Il fut dynamité par le génie français lors de la débâcle en juin 1940. Cependant, de 1945 à 1947 il fut reconstruit conformément aux plans d’Eugène Freyssinet. Il fut ouvert à la circulation le 15 novembre 1947 après l’inauguration en présence de M. Chopin, préfet de l’Eure, Pierre Mendès France, président du Conseil général, M. Riquier, maire de Saint-Pierre-du-Vauvray et M. Nicaise, maire d’Andé. Ce pont fut inscrit sur la liste complémentaire des Monuments historiques le 15 janvier 1975.

Nous mettons en ligne la numérisation d’une série de photos industrielles du studio Henry (Louviers) qui fut vraisemblablement missionné par le service des Ponts et chaussées, maitre d’œuvre. L’on suivra avec intérêt les phases de la reconstruction du pont par des clichés datés. La visite de chantier montre Maurice Blosset, ingénieur en chef des Ponts et chaussées. La première photo montre le premier ouvrage après son dynamitage. Une plaque commémorative rappelle la construction d’un pont le 16 juin 1942 par Jacques Boulloche, inspecteur général des Ponts et chaussées, déporté à Buchenwald. Il s’agit du deuxième pont qui relie l’ile du Bac aux berges.   

Pour les précisions techniques : http://fr.structurae.de/structures/data/?ID=s0000492

 

Pour consulter les photos de suivi du chantier, cliquez sur la photo ci-dessous : 

 

Pont de Saint-Pierre-du-Vauvray(35)

 

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Saint-Pierre-du-Vauvray Seine
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 14:05

Rechercher les origines de Montaure revient à analyser aussi le territoire de Tostes car cette paroisse fut créée en 1687 à partir de terres montauroises. Cette autonomie fut maintenue à la Révolution française où Tostes fut constituée en commune.

Le Montaure des origines est une clairière dans l’arc-de-cercle formé par la forêt de Bord depuis Elbeuf à Louviers en passant par Pont-de-l’Arche.

Des traces d’habitat épars ont été retrouvées, comme les vestiges gallo-romains des Quatre-bancs, en forêt de Bord, qui présentent des bases de murs et un puits. On ne retrouve cependant pas d’agglomération.

Vestiges gallo-romains des Quatre-bancs, dans la forêt de Bord (carte d'état major IGN).

Vestiges gallo-romains des Quatre-bancs, dans la forêt de Bord (carte d'état major IGN).

La Carte archéologique de la Gaule (CAG) fait état d’une enceinte quadrilatérale (page 222) dans la commune de Montaure. Elle pourrait bien n’être qu’un enclos d’élevage de la forêt de Bord à l’instar des autres enclos retrouvés au moins à quatre endroits de ce massif forestier. C'est la thèse publiée par Henri Guibert en 1903. Nous les avons localisés à partir de la carte d’état major de l’Institut géographique national (IGN) au 1/25 000e. Un enclos dit « vestige d’enceinte antique » est situé près de la route forestière de Montaure (commune de Louviers). D’autres « vestiges d’enceinte » sont localisés entre le chemin du Coq et la Vallée de la croix, près du bassin des Carènes.

Des vestiges d'enceinte, ici à Louviers, ponctuent la forêt de Bord. Il s'agirait en fait d'enclos pour bétail (carte d'état major IGN).

Des vestiges d'enceinte, ici à Louviers, ponctuent la forêt de Bord. Il s'agirait en fait d'enclos pour bétail (carte d'état major IGN).

La CAG mentionne aussi le passage par Montaure et Tostes d’une voie romaine reliant Le Vieil-Evreux à Pont-de-l’Arche. Elle n’appuie toutefois pas cette thèse sur une découverte archéologique ou une étude consolidée. Le doute quant à l’existence de cette voie romaine officielle est permis puisque Pont-de-l’Arche n’est apparu qu’au IXe siècle avec la création de son pont entre 862 et 873. La voie romaine Evreux-Rouen passait par Caudebec-lès-Elbeuf. Plus vraisemblablement, il devait exister des chemins ruraux serpentant jusqu’à la vallée de la Seine mais ils n’ont pas été mis au jour scientifiquement.

Jusqu’alors, il n’y a quasiment pas eu de matériel archéologique retrouvé à Montaure. Difficile, en l’état, de dire si ce rebord du plateau du Neubourg était défriché avant le Moyen Âge. Françoise Guilluy cite (pages 68 et 71) Joseph Drouet. A l’occasion de fouilles à Caudebec-lès-Elbeuf, cet homme avança en 1883 que certains objets en céramique retrouvés proviendraient de Montaure ou de La Haye-Malherbe. Preuve pour lui que ces localités existaient et exploitaient la terre, un coffret en fer rempli de bijoux en or et de pierres gravées fut retrouvé en 1848 avec des monnaies datées du haut-empire (Antonin le Pieux, Faustine, Domitien, Gordien, Philippe 1er). La découverte est située au Teurtre. D’autres objets furent trouvés aux « Friches Mongras » (au sud d'Ecrosville). Jusqu’à plus ample informé, ceci indiquerait que, du temps de la Gaule romaine, l’exploitation de l’espace par l’Homme s’arrêtait à La Haye-Malherbe, sauf enclaves de-ci de-là.

Avec les Friches-Montgras, Le Teurtre est un endroit où ont été retrouvés quelques vestiges archéologiques, à la limite sud du Montaure (carte d'état major IGN).

Avec les Friches-Montgras, Le Teurtre est un endroit où ont été retrouvés quelques vestiges archéologiques, à la limite sud du Montaure (carte d'état major IGN).

Moyen Âge, un toponyme : Montaure

L’espace montaurois était assurément exploité et défriché avant la colonisation scandinave comme en témoigne le toponyme roman de Montaure.

Selon Louis-Etienne Charpillon, Montaure est formé de Mont et « or » écrit sous la forme latine « mons aureus ». Les Regestrum visitationum d’Eudes Rigaut désignent par deux fois la paroisse de « Montoire » (1255 et 1258). On retrouve cette forme en 1506. Aux XVIIe et XIXe siècles, c’est la forme « Montore » qui est utilisée. Plusieurs théories sont avancées sans toutefois épuiser la question.

« Aureus » dérive du latin or, « qui brille », et par extension ce qui est « magnifique, splendide »… Louis-Etienne Charpillon a écrit que c’était une référence aux champs fertiles. Cependant, cela peut aussi être une référence à l’argile car Montaure a été bâti sur un important filon de cette terre. L’argile est blanchâtre. Dans le vocabulaire désignant les couleurs, l’argile est un gris neutre très pâle tirant sur le blanc. L’étymologie est aussi intéressante : du latin « argilla » : terre luisante, que l’on peut rapprocher de « arguo » signifiant « clarifier la situation ». Ce mot appartient à la même famille que « argentum », argent.

D’après l’abbé Bleunven, ancien de curé de Montaure, ce nom proviendrait du celte « or » signifiant froid (Françoise Guilluy).

Selon Auguste Le Prévost (page 413), Montaure proviendrait du latin « mons », montagne, et « aura », cours d’eau. Cependant, « aura » signifie « vent » en latin ; un vent dont la présence est attestée par les moulins à La Haye-Malherbe (moulin de Beauregard) et de Tostes (moulin de la Couture).

Enfin et plus simplement, en ancien et moyen français, une montoire désigne une montée, une colline, une montagne. Il existe le célèbre Montoire-sur-le-Loir, près de Vendôme, et un hameau Montaure en Haute-Loire.

A priori, appeler « colline » ou « montée » un hameau situé sur le plateau du Neubourg peut paraitre bien surprenant. Cependant, la topographie fait nettement apparaitre la naissance d’une dépression à La Haye-Malherbe qui se prolonge par la ravine de la Glacière, au-dessus de laquelle a été bâtie l’église Notre-Dame, et qui se creuse ensuite en vallon jusqu’à la vallée de l’Eure, à Louviers. Nous tenons-là le passage d’un cours d’eau asséché. En venant d’Ecrosville et de La Haye-Malherbe, cette dépression met en valeur l’église et le centre-bourg de Montaure qui peuvent apparaitre, aux yeux du promeneur, comme perchés sur une colline. Mais pourquoi installer un hameau en ce lieu ? Au-delà de la ravine qui a pu constituer un rempart naturel à des fortifications militaires, c’est peut-être une nappe phréatique aisément exploitable qui a attiré ici quelques familles. Cette nappe est identifiable de nos jours grâce aux deux puits centraux de Montaure et à la fontaine Saint-Eustache située dans la crypte de Notre-Dame. Cette dernière, comme nous l’écrivons dans un article consacré à l’église montauroise, a peut-être investi un lieu de culte païen dédié à une divinité de l’eau. Quoi qu’il en soit, la présence d’habitations groupées en ce lieu rend identifiable une « colline », une « montée », une Montoire par rapport à d’autres reliefs de la proche région.

Vu d'Ecrosville, Montaure apparait perché au-dessus de la ravine de la Glacière. Ce relief expliquerait l'étymologie de Montaure, "Montoire" qui signifiait la colline, la montée, en Ancien français (cliché Armand Launay, juillet 2013).

Vu d'Ecrosville, Montaure apparait perché au-dessus de la ravine de la Glacière. Ce relief expliquerait l'étymologie de Montaure, "Montoire" qui signifiait la colline, la montée, en Ancien français (cliché Armand Launay, juillet 2013).

Mais c’est peut-être le nom de Blacquetuit qui nous fournit un élément de réflexion plus précis sur le peuplement humain de Montaure. Le toponyme Blacquetuit est composé de deux éléments norrois : « Blákka » qui est peut-être un surnom dérivé de « bleu », voire « noir » et « thveitr » qui désigne un essart : l’ « essart de Blakka ». Cela semble prouver qu’il y eut une colonisation scandinave synonyme d’une nouvelle vague de défrichement si on relie les toponymes scandinaves de la proche région du plateau du Neubourg : La Londe, Le Thuit-Signol et Le Thuit-Simer, Daubeuf-la-campagne, Limbeuf... Or ce nom norrois a été donné à une grande ferme montauroise mais n’a pas désigné le bourg en lui-même. C’est peut-être l’indicatif d’une population suffisamment nombreuse autour de Notre-Dame pour conserver le toponyme roman de Montaure.

Ensuite, les textes font état de grandes propriétés seigneuriales de Montaure au XIe siècle. Les écrins de verdure situés au centre de Montaure témoignent toujours de ces grands domaines qui étaient dans la mouvance directe du pouvoir ducal normand. Ceci confirme que Montaure était la principale paroisse de la proche région. Elle devait attirer les convoitises pour ses richesses : culture, terres, forêts...

 

Sources

- Amsellem Emmanuelle, « Les Stigand : des Normands à Constantinople », Revue des études byzantines, tome 57, 1999, pages 283 à 288 ;

- Bonnin Thierry, Regestrum visitationum archiepiscopi rothomagensis : journal des visites pastorales d'Eude Rigaud, archevêque de Rouen, Rouen, Le Brument, 1852, 876 pages ;

- Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, voir les pages 541 à 543 ;

- Cliquet Dominique, Carte archéologique de la Gaule : l’Eure 27, Paris, ministère de la culture, 1993, 285 pages ;

- Delisle Léopold, Passy Louis, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome II, Évreux, Auguste Hérissey, 1864 ;

- Guibert Henri, "Note au sujet de retranchements aux environs de Louviers", Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome VIII, 1903, 120 pages, pages 57 à 62 ;   

- Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

- Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr.

 

A lire aussi... 

Les châteaux de Montaure du XIe siècle à nos jours...

L'ancienne ferme de Blacquetuit (Montaure)

L'histoire de Tostes des origines à l'autonomie communale

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:36
L'école-mairie de Montaure a perdu son école et donc la cour de récréation protégée par un portail. Elle a, en revanche, gagné une fenêtre au rez-de-jardin (clichés contemporains Armand Launay, aout 2013).L'école-mairie de Montaure a perdu son école et donc la cour de récréation protégée par un portail. Elle a, en revanche, gagné une fenêtre au rez-de-jardin (clichés contemporains Armand Launay, aout 2013).
L'école-mairie de Montaure a perdu son école et donc la cour de récréation protégée par un portail. Elle a, en revanche, gagné une fenêtre au rez-de-jardin (clichés contemporains Armand Launay, aout 2013).L'école-mairie de Montaure a perdu son école et donc la cour de récréation protégée par un portail. Elle a, en revanche, gagné une fenêtre au rez-de-jardin (clichés contemporains Armand Launay, aout 2013).

L'école-mairie de Montaure a perdu son école et donc la cour de récréation protégée par un portail. Elle a, en revanche, gagné une fenêtre au rez-de-jardin (clichés contemporains Armand Launay, aout 2013).

Avec une construction datée de 1874, l’école-mairie montre une commune de Montaure légèrement en avance sur l’arrivée du républicanisme. En effet, ce n’est qu’en 1875 que la France a été définie comme une république (l’amendement Wallon) et en 1879 qu’un président authentiquement républicain fut élu en la personne de Jules Grévy. Or, le programme républicain s’accompagnait de l’établissement de l’école publique gratuite et obligatoire, sous le ministère de Jules Ferry, et la construction de mairies.

Ceci démontre l’attachement des Montaurois à la république. Dans notre circonscription, Montaure était même le plus grand fief radical avec Les Damps. Le mémoire de Françoise Chapon sur Pierre Mendès France montre qu’en 1936 seules Les Damps et Montaure dépassaient les 60 % de voix en faveur de la gauche radicale de Pierre Mendès France (48 % de moyenne cantonale). Cet attachement républicain se lisait encore en 1959 où André Martin, maire radical-socialiste de Montaure, fut élu conseiller général après un premier tour où il rassembla 37,5 % des voix (contre 33,5 % des voix au communiste Vigor). Il poursuivit la politique de son prédécesseur Pierre Mendès France. 

 

Sources

Bodinier Bernard, « L’enracinement local de Pierre Mendès France », page 93, Franche Dominique, Yves Léonard, Pierre Mendès France et la démocratie locale : Actes du colloque du conseil général de l’Eure, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004, 224 pages ;

Chapron Françoise, « Etude d’une circonscription radicale originale sous la IIIe République : Pierre Mendès France à Louviers (1930-1939) », Mémoire de maitrise en histoire contemporaine, 1981, 149 pages ;

Collectif, La Dépêche, n° du 15 juillet 1959.

 

A lire aussi... 

La biographie d'André Martin dans notre article consacré à la Résistance

Deux plaques inaugurales furent posées sur l'école-mairie. Une d'entre elle existe toujours qui porte le nom du Sous-préfet Jules Develle (cliché Armand Launay, octobre 2013).

Deux plaques inaugurales furent posées sur l'école-mairie. Une d'entre elle existe toujours qui porte le nom du Sous-préfet Jules Develle (cliché Armand Launay, octobre 2013).

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:22
L'impasse Saint-Blaise rappelle de nos jours le nom de tout un quartier montaurois (cliché Armand Launay, octobre 2013).

L'impasse Saint-Blaise rappelle de nos jours le nom de tout un quartier montaurois (cliché Armand Launay, octobre 2013).

Saint-Blaise est le nom du quartier montaurois où se croisent les anciens chemins Louviers-Elbeuf et Le Neubourg-Pont-de-l’Arche. Saint Blaise est un médecin et évêque d’Arménie mort en 316. Les catholiques le prient pour soigner des maux de gorge, de dents et les maladies d’animaux. Il est le saint patron des tisserands, profession qui exista à Montaure. Jules Andrieux, compilateur et éditeur d'une partie des chartes de l'ancienne abbaye de Bonport, a noté (page 202) qu'il existait une léproserie à Montaure en 1253 où Robert Tuillier (tegularius) vendit 5 sous de rente à "Monte aureo" sur une pièce de terre proche d'une léproserie (leprosariam). Selon Louis-Etienne Charpillon, cette léproserie avait une chapelle dédiée à Saint-Blaise. Sachant que les léproseries étaient à la sortie des agglomérations, nous avons peut-être là l’emplacement de cette ancienne institution charitable et l’origine du nom de ce quartier.

 

Le carrefour du quartier Saint-Blaise vers 1910 et en 2013 (clichés contemporain Armand Launay, juillet 2013). Le carrefour du quartier Saint-Blaise vers 1910 et en 2013 (clichés contemporain Armand Launay, juillet 2013).
Le carrefour du quartier Saint-Blaise vers 1910 et en 2013 (clichés contemporain Armand Launay, juillet 2013). Le carrefour du quartier Saint-Blaise vers 1910 et en 2013 (clichés contemporain Armand Launay, juillet 2013).

Le carrefour du quartier Saint-Blaise vers 1910 et en 2013 (clichés contemporain Armand Launay, juillet 2013).

Dans la niche de la boulangerie, se trouve une statuette en bois créée en 2005 à l’initiative d’un collectif de passionnés regroupés autour de Jacques Collen au sein de l’Association de Saint-Blaise. Ceux-ci déploraient la disparition de l’ancienne statue Saint-Blaise avec qui un ancien propriétaire était parti avant 1995. Pour un peu plus de 1 200 €, ils firent sculpter la statuette actuelle grâce à une souscription et une subvention municipale.

La statuette en bois représentant Saint-Blaise est située dans une niche sur la façade de la boulangerie. Elle fut créée en 2005 grâce à l'association Saint-Blaise présidée par Jacques Collen (cliché Armand Launay, juillet 2013).

La statuette en bois représentant Saint-Blaise est située dans une niche sur la façade de la boulangerie. Elle fut créée en 2005 grâce à l'association Saint-Blaise présidée par Jacques Collen (cliché Armand Launay, juillet 2013).

A noter, sur l’ancien café, en face, les nombreux décors. Une pierre gravée « Café » et un millésime « 1883 ; des plaques routières datant des Chemins de grande communication (avant 1930) et une clé ornée d’une sorte de blason. Celui-ci représente deux tours et une montagne surmontée d’un coq. On peut y voir un possible blason de Montaure avec une couronne, deux châteaux symbolisés et un mont. Quant au coq, symbole christique ou national, il annonce toujours la lumière et, à ce titre, peut revêtir bien des sens… Alors pourquoi pas « l’or » de l’étymologie qu’on prête souvent à Montaure : montagne de l’or ?

 

C'est en ce lieu que les Montaurois vinrent à la rencontre de près de 60 chars Sherman américains du général Brooke, le 23 aout 1944. Ils partirent rapidement vers La Vallée. La liesse était générale car les Montaurois se croyaient libérés. Cependant, peu après, trois camions SS arrivèrent de La Haye-Malherbe et refluèrent vers Louviers (Jean Leloup, pages 103 et 104). Il fallut attendre le 25 aout 1944 pour que la libération de Montaure soit effective grâce aux troupes canadiennes. 

 

A lire aussi...

Aux origines de Montaure et de son nom

 

Sources

Andrieux Jules, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port de l'ordre de Citeaux au diocèse d'Evreux, Evreux, Auguste Hérissey, 1862, 434 pages ; 

Collectif, La Dépêche, n° du 26 aout 2004 ; 

Leloup Jean, La Sanglante bataille de la Seine. Témoignage. Jean Leloup, réfractaire au STO, La Chapelle-Montligeon, éditions Humuβaire, 2003, 153 pages.

L'ancien café face à la boulangerie Saint-Blaise est très riche en décors. Ils sont commentés dans le paragraphe ci-dessus (clichés Armand Launay, mai 2013).
L'ancien café face à la boulangerie Saint-Blaise est très riche en décors. Ils sont commentés dans le paragraphe ci-dessus (clichés Armand Launay, mai 2013).
L'ancien café face à la boulangerie Saint-Blaise est très riche en décors. Ils sont commentés dans le paragraphe ci-dessus (clichés Armand Launay, mai 2013).
L'ancien café face à la boulangerie Saint-Blaise est très riche en décors. Ils sont commentés dans le paragraphe ci-dessus (clichés Armand Launay, mai 2013).
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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:08
La gare de Montaure était en fait située à La Haye-Malherbe...

La gare de Montaure était en fait située à La Haye-Malherbe...

Le bâtiment qui accueillit la gare de La Haye-Malherbe-Montaure est situé sur la commune de La Haye-Malherbe. Cette gare était une station de la voie Rouen-Orléans (construite de 1872 à 1883) et, plus précisément, du tronçon Caudebec-lès-Elbeuf / Louviers qui fut ouvert le 15 aout 1875. Lors de l’inauguration, les billets portaient le nom de « gare de Montaure » ce qui émut les Malherbois.

Cette voie servit à transporter notamment les céréales de la Beauce d’Orléans à Rouen, le premier port céréalier de France. Elle servit aussi beaucoup aux nombreux journaliers des campagnes qui travaillaient dans les usines textiles d’Elbeuf et de Louviers.

Autre activité, non négligeable, la gare qui nous intéresse servit à transporter une partie de la production de poteries et tuiles. Françoise Guilluy reprend (page 122) une délibération du Conseil municipal de La Haye-Malherbe : datée de 1865, elle demande des arrêts plus fréquents à gare car l’industrie locale produit 6 000 tonnes de tuiles, pavés et poteries par an. Elles sont exportées dans les 30 km. 

Cette voie fut fermée aux voyageurs le 1er mars 1940 (hormis le tronçon Chartres-Orléans). En 1945, la gare vit passer un impressionnant fret destiné au ravitaillement des armées alliées. Chaque jour sont passés plus de 15 trains constitués de plus de 35 wagons tirés par une locomotive à l’avant et poussés par une seconde locomotive à l’arrière. Puis, après quelques mois, cette voie fut fermée avec l’accord des municipalités locales (Jean Leloup, page 121). Cette fermeture marqua la montée en puissance des transports routiers qui ont rendu désuet le rail local après seulement 70 années de service.

Le parvis de la gare, aujourd'hui privatisé par une entreprise privée (cliché contemporain Armand Launay, juillet 2013).
Le parvis de la gare, aujourd'hui privatisé par une entreprise privée (cliché contemporain Armand Launay, juillet 2013).

Le parvis de la gare, aujourd'hui privatisé par une entreprise privée (cliché contemporain Armand Launay, juillet 2013).

L’ancienne ligne de chemin de fer est encore nettement visible derrière le Bois-Midi et dans Montaure avec une halte transformée en maison d’habitation à la sortie de l’agglomération vers Tostes. Elle court ensuite à travers champs avant d'entrer dans la forêt de Bord par le ravin du Rouquis. La halte située au bout de la rue du Petit-Noyer, sur la route Elbeuf-Louviers, a été rasée vers 1990.

La halte de Montaure est située à la sortie de l'agglomération vers Tostes (cliché contemporain Armand Launay, juillet 2013).
La halte de Montaure est située à la sortie de l'agglomération vers Tostes (cliché contemporain Armand Launay, juillet 2013).

La halte de Montaure est située à la sortie de l'agglomération vers Tostes (cliché contemporain Armand Launay, juillet 2013).

Sources

Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

Leloup Jean, La Sanglante bataille de la Seine. Témoignage. Jean Leloup, réfractaire au STO, La Chapelle-Montligeon, éditions Humuβaire, 2003, 153 pages.

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 14:29

Montaure a particulièrement brillé dans la Résistance. En effet, à l’automne 1943 les résistants montaurois composaient 70 % des 350 résistants de la région de Louviers (Julien Papp, page 59). Si une figure locale émerge largement en la personne d’André Martin, l’action résistante a été partagée par plusieurs familles de fermiers, d’épiciers, de petits fonctionnaires : protection et évasion d’aviateurs, de prisonniers évadés et de réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), impression de journaux, réception de colis parachutés, rédaction de faux papiers… Les actions ont été nombreuses qui ont valu tortures et déportations. Voici quelques brefs portraits illustrant l’implication de résistants.

Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).
Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).

Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).

Le Monument aux morts

Le Conseil municipal décidé d’installer le Monument aux morts dans le cimetière, rue Maurice-Emmanuel. Les noms de 25 Montaurois tombés durant la Grande guerre y sont gravés. D’ailleurs, des tombes de soldats se trouvent encore alentour ce qui devient rare en 2013. Le monument est très sobre, sans fioritures, ayant visiblement bénéficié de moyens assez modestes. Des obus forment une protection autour du monument comme le voulait la mode en ce temps. Une plaque rend hommage à deux soldats tombés en 1940 : Maurice Dufossey et Charles Gantier. Elle cite aussi Marie-Louise Azoeuf...

Plaque commémorative apposée sur le Monument aux morts de Montaure (cliché Armand Launay, aout 2013).

Plaque commémorative apposée sur le Monument aux morts de Montaure (cliché Armand Launay, aout 2013).

Marie-Louise Azoeuf et le Patriote de l’Eure

Marie-Louise Azoeuf naquit le 25 novembre 1887 à Dieppe. Elle cacha des aviateurs chez elle, à Ecrosville (Jean Leloup, page 49), et installa une presse qui publia au moins un numéro du « Patriote de l’Eure » avec deux personnes nommées « Hermans et Harel » (Jean Leloup, page 70). Cet organe d’expression fut tout d’abord mis sous presse chez M. Fromentin, un imprimeur lovérien, avant de se réfugier à Montaure. Marie-Louise Azoeuf fut arrêtée par la Gestapo et déportée au camp de Neubrandenburg où elle décéda le 23 novembre 1944.

Extrait d'un numéro du Patriote de l'Eure d'aout 1942 (BNF, Gallica).

Extrait d'un numéro du Patriote de l'Eure d'aout 1942 (BNF, Gallica).

Les époux Désert

Habitant La Vallée, Victor Désert mit en place le mouvement Front national, plutôt d’obédience communiste, dans la région de Louviers avec André Martin (voir plus bas). Les archives des Forces françaises de l’intérieur (FFI) conservées aux archives départementales de l’Eure écrivent en quelques lignes l’implication de Victor Désert et sa femme Berthe Lemonnier avant leur arrestation le 11 novembre 1943 : « Arrestation des époux Désert au domicile de Mme Mondeville où ils étaient réfugiés depuis la veille car ils avaient appris que la police allemande les recherchait. Victor Désert, né le 13 mai 1902 à Petit-Quevilly, est chauffeur. Berthe Lemonnier, épouse Désert, est née le 17 février 1894 à Gravigny. Une perquisition effectuée par la police allemande à leur domicile de La Vallée a permis d’établir qu’ils avaient donné asile à des individus, dont certains avaient laissé des effets et des pièces d’identité avant de se réfugier dans l’illégalité. Les époux Désert ont avoué avoir été recrutés pour le FN en décembre 1942 par un nommé Maurice qui a été identifié comme étant le nommé Legrand. Les époux Désert étaient chargés de recruter les adhérents pour les groupes de résistance, notamment parmi les jeunes gens ne voulant pas partir travailler en Allemagne, de les héberger et de les mettre en liaison avec un prénommé Laurence, alias Pierre, chef de l’organisation chargé de cacher et d’utiliser les réfractaires ».

Les époux Désert survécurent à leur déportation (Jean Leloup, page 46).

 

Jean et Marguerite Viard

Jean et Marguerite Viard formaient un couple d’instituteurs très investi dans la vie publique montauroise. En tant qu’instituteur et secrétaire de mairie, Jean Viard fit des faux papiers et distribua des tickets de rationnement aux maquisards et aux alliés cachés (Jean Leloup, page 69). Il fut arrêté par la Gestapo le 20 janvier 1944 et emprisonné à Rouen avant d’être déporté au camp de Sachsenhausen puis de Falkensee. Il survécut et dut bénéficier de deux années de soins pour reprendre son activité professionnelle (Jean Leloup, page 70). Après guerre, Marguerite Viard devint conseillère municipale en charge des affaires sociales. Le Conseil municipal de Montaure décida d’honorer leur mémoire en donnant leur nom au groupe scolaire lors d’une cérémonie qui eut lieu le 11 novembre 2001.

Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).
Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).

Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).

André Martin (1901-1987)

Né à Claville, André Martin fut résistant et maire radical-socialiste de Montaure de 1945 à 1965. Il était exploitant agricole à Ecrosville, président de la Caisse d'assurances mutuelles agricoles de Pont-de-l'Arche et président cantonal des syndicats d'exploitants agricoles à partir de 1945 (La Dépêche du 15 juillet 1959). Son père fut aussi maire de Montaure. Il devint résistant sous le nom de « Capitaine Masselin » dès le 22 juin 1941 dans le réseau Front national et ce jusqu’au 31 décembre 1942. Puis, il rejoignit le réseau « Résistance » de mars ou avril 1943 à aout 1944 (Jean Leloup, page 130). Le 22 juin 1941, il prit contact avec Pierre Agnas, alias « Grand Pierre », pour organiser ce réseau dans les cantons de Louviers et de Pont-de-l’Arche. Il devint responsable local et bientôt cantonal. A la fin de 1942, il devint membre du comité départemental. Dès septembre, il organisa l’atterrissage et l’envol de petits avions pour livrer du matériel tel que des postes émetteurs-récepteurs et de pigeons voyageurs (Jean Leloup, pages 43 et 45). Il s’assura de la distribution de tracts aux chefs de groupes pour obtenir des renseignements sur la localisation des troupes allemandes. Il fit aussi déplacer une presse servant au Patriote de l’Eure. Son réseau permit de sauver 17 aviateurs, de nombreux réfractaires au STO et des prisonniers évadés. Lui-même faillit être arrêté quand, le 23 novembre 1943, il fut averti qu’il était recherché par l’occupant ainsi que Georges Barbay, garde-forestier des Fosses (Jean Leloup, page 46). Sa femme et sa fille Rose furent interpelées et internées à Rouen avant d’être relâchées (Jean Leloup, page 68).

 

Témoignage d’André Martin rapporté par Jean Leloup (page 130)

« Le 22 juin 1941, je prends contact avec Pierre Agnas, alias « Grand Pierre », pour le réseau du Front national. Il fallait l’établir dans les cantons de Louviers et de Pont-de-l’Arche. Je suis responsable local puis, rapidement, responsable cantonal. Fin 1942, je deviens membre du comité départemental. En septembre, je suis joins par un officier de la DGER pour trouver des terrains de parachutage capables d’assurer l’atterrissage de l’envol de petits avions. A la pleine lune de septembre 1942, le premier parachute larguant des postes émetteurs-récepteurs tomba entre Surtauville et Quatremare. Le travail de routine consista à distribuer des tracts aux chefs de groupes pour obtenir des renseignements sur l’emplacement des troupes allemandes, sur leurs déplacements. Un soir, un camion venant d’Evreux nous apporta une machine aux dimensions importantes. Elle devait servir à imprimer un journal clandestin. Après quelques jours dans ma ferme, elle rejoignit un agent de liaison dans une voiture attelée à un cheval. Direction Le Neubourg. Ce fut la naissance du « Patriote de l’Eure », journal du Front national. »

Portrait d'André Martin, résistant et maire de Montaure de 1945 à 1965, paru dans La Dépêche du 15 juillet 1959 à l'occasion des élections cantonales qu'il gagna.

Portrait d'André Martin, résistant et maire de Montaure de 1945 à 1965, paru dans La Dépêche du 15 juillet 1959 à l'occasion des élections cantonales qu'il gagna.

Sources

Fonds FFI des Archives départementales de l’Eure ;

Collectif, La Dépêche, n° du 15 juillet 1959, n° 15 novembre 2001 ;

Leloup Jean, La Sanglante bataille de la Seine. Témoignage. Jean Leloup, réfractaire au STO, La Chapelle-Montligeon, éditions Humuβaire, 2003, 153 pages ;

Lycée Marc-Bloch, Des résistants à Louviers, concours national de la résistance et de la déportation, 2010, 5 pages. http://lycee-marc-bloch.spip.ac-rouen.fr/spip.php?article2223 Consulté le 25 septembre 2013.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 19:20

Les Stigand

Anatole Caresme écrit sur Odon Stigand, puissant seigneur de Mézidon, notamment, qui possédait « un manoir à Montaurium », c’est-à-dire Montaure. C’est le premier seigneur – connu – de Montaure. Odon Ier était maitre d’hôtel du jeune Guillaume le Conquérant. Il décéda en 1066. Il fit don de l’église paroissiale de Montaure – et son domaine – à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen. Cette donation aurait été ratifiée par Richard II en 1018 et ce ne serait pas un hasard car celui-ci fut le premier duc normand qui gouverna avec l’appui de l’Eglise. Il restaura donc le pouvoir de celle-ci en la dotant de nombreux biens, principalement en faveur des abbayes. Montaure se retrouvait rattaché à la prestigieuse abbaye de Saint-Ouen au cœur du pouvoir normand, un des Etats les plus forts d’Europe.

Odon Stigand eut trois fils : Odon (1036-10XX), Maurice et Robert qui brillèrent auprès de l’Empereur de Constantinople. Le dernier revint très riche en Normandie.

 

Un manoir fortifié ?

La famille seigneuriale de Montaure était donc au cœur du pouvoir normand. Cette puissance devait s’accompagner localement d’un manoir fortifié. Peut-être est-ce la motte féodale signalée par le service régional de l’inventaire du patrimoine ? Quant à son emplacement, le plus évident doit être le terrain de l’actuel château. En effet, son site surplombe un ravin qui constitue une défense supplémentaire utile à une place-forte. Le château actuel, au centre d’une vaste propriété, doit avoir remplacé un édifice plus ancien à l’emplacement, peut-être, du domaine des Stigand.

 

L'actuel château de Montaure : une construction de François de Camus ? 

Aujourd’hui, Montaure compte un magnifique château privé, de style classique, bâti dans la première moitié du XVIIIe siècle. De plan symétrique, le gros-œuvre est mixte, réalisé en calcaire, brique de pays et bois. La couverture est faite en ardoise et tuile plate qui repose sur un toit à longs pans brisés. L’édifice compte un rez-de-jardin et un étage de comble. Un jardin à la française et des parties boisées occupent le vaste domaine (7 hectares) du château. Quel riche propriétaire a pu faire bâtir ce château ? Il s’agit des Le Camus et, vraisemblablement, de François Le Camus (1671-1743), qui fut administrateur pendant plus de 50 ans de la Manufacture royale de draps de Louviers, fondée par Colbert. Il possédait le château et ses dépendances en demi-fief de haubert avec le marquis de La Londe. Puis, en 1781, François Claude Le Camus vendit son demi-fief au marquis de La Londe, qui réunit enfin la totalité des fiefs de Montaure et Ecrosville. En 1792, ce marquis fuit la Révolution en gagnant l’Allemagne. Le domaine de Montaure fut nationalisé et mis en vente en 1794. C’est Louis Châtel, cultivateur à Ecrosville et maire, qui l’acheta pour 40 000 livres. Ne pouvant honorer son enchère, le bien fut revendu à Pierre François Louis Lemercier, marchand de bois à Caudebec-lès-Elbeuf, qui acquit aussi la ferme à côté.

Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

Difficile d'écrire sur ce château sans citer le Bon air, une ancienne dépendance ayant servi au fermier du château. Cette demeure en brique de pays existe toujours dans une propriété contigüe. 

 

Le pressoir

A la beauté, le Conservatoire régional des Monuments historiques a privilégié la rareté. Il a ainsi inscrit le bâtiment du pressoir (XVIIe siècle) sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 14 décembre 1990. Il y aussi inscrit la tour à piler mais pas la presse, qui est un « objet rapporté ». Cette propriété privée accueille le Musée du cidre.

 

Sources

Amsellem Emmanuelle, « Les Stigand : des Normands à Constantinople », Revue des études byzantines, tome 57, 1999, pages 283 à 288 ;

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, voir les pages 541 à 543 ;

Delisle Léopold, Passy Louis, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome II, Évreux, Auguste Hérissey, 1864 ;

Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr.

 

A lire aussi... 

La Garde-Châtel (Montaure) du désert des carmes au château actuel

Aux origines de Montaure et de son nom

 

Le pressoir (XVIIe siècle), propriété du château de Montaure inscrit sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1990 (cliché Armand Launay, mai 2013).

Le pressoir (XVIIe siècle), propriété du château de Montaure inscrit sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1990 (cliché Armand Launay, mai 2013).

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...