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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 19:12

Entre la place Jean-Baptiste-Charcot et le début de la rue du Huit-mai-1945, à Montaure, se trouvent deux puits remarquables. Leurs margelles sont réalisées en pierre calcaire locale d’un seul blog et surmontées de ferronneries, une à trois barres, l’autre à deux.

La conservation de ce genre de puits de l’Ancien régime est rare dans des voies publiques de la région. Le rapprochement de ces deux puits doit indiquer le centre du village ancien autour duquel se trouvaient la majeure partie des habitations. Ils sont à relier à la fontaine Saint-Eustache, dans la crypte de Notre-Dame, et démontrent la présence d'une nappe phréatique aisément accessible qui a très bien pu engendrer la naissance de Montaure.

 

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Deux très beaux puits de l'Ancien régime ornent le centre-bourg de Montaure (clichés Armand Launay, été 2013).
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:45

Maurice Emmanuel (1862-1938), compositeur et musicologue, habita à Montaure. Il logea plus précisément dans la belle et imposante maison bourgeoise du XIXe siècle appelée Le Prieuré en raison de sa proximité avec l'ancien prieuré de bénédictins de Montaure.

Maurice Emmanuel fut maitre de Robert Casadesus, Olivier Messiaen, Yvonne Lefébure, Georges Migot… et professeur d'histoire de la musique au conservatoire de Paris. 

ll fut affecté en tant qu’infirmier militaire dans un hôpital de La Rochelle puis dans l'hôpital auxiliaire n° 18 de Montaure durant la Grande guerre à partir de 1914

Sylvie Douche cite une lettre que le prêtre-soldat Henri Tissot adressa à Maurice Emmanuel au Prieuré : « Cher Maître, Vous devez encore vous reposer dans ce charmant coin de Montaure où avec un travail agréable, parce que vous l’aimez, vous pouvez reposer en Paix votre corps fatigué ». Le nom de Maurice Emmanuel a été donné par le Conseil municipal à la rue qui mène aux Fosses.

Maurice Emmanuel vers la fin de sa vie (cliché Wikipédia)

Maurice Emmanuel vers la fin de sa vie (cliché Wikipédia)

Il semble qu'après guerre Maurice Emmanuel continua à habiter le Prieuré. Qui plus est, sa fille Marthe Emmanuel (1901-1997) resta en ce lieu après la mort de celui-ci.

 

 

Timbre édité en 1997 en hommage à Marthe Emmanuel décédée la même année.

Timbre édité en 1997 en hommage à Marthe Emmanuel décédée la même année.

La relation de Marthe Emmanuel avec Jean-Baptiste Charcot (1867-1936) amena ce célèbre médecin et explorateur des zones polaires à habiter Le Prieuré.

Jean-Baptiste Charcot fut à l’origine de la première expédition française en Antarctique avec hivernage (1903). Deuxième expédition en 1908. L'association des Amis du commandant Charcot a tenu une exposition, « De Jean-Baptiste Charcot au CNRS : de l'exploration polaire à la recherche scientifique » du 2 au 31 aout 2008, au Château de Montaure. Une conférence a été animée par son président, Serge Kahn, le 17 aout : « L'aventure de Jean-Baptiste Charcot ».

Le Conseil municipal de Montaure décida d’honorer la mémoire de Jean-Baptiste Charcot en donnant son nom à la place centrale de la commune.

 

Sources

Sylvie Douche, Correspondance inédites à des musiciens français : 1914-1918, Paris, L’Harmattan, collection Mémoires du XXe siècle, 2012, 306 pages.

 

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L'église Notre-Dame de Montaure et le prieuré de bénédictins

L'ouvroir de l'ange-gardien : bonnèterie, hôpital

Jean-Baptiste Charcot photographié sur la croix hosannière de Montaure.
Jean-Baptiste Charcot photographié sur la croix hosannière de Montaure.

Jean-Baptiste Charcot photographié sur la croix hosannière de Montaure.

Armand Launay

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:30
L'ouvroir de l'ange-gardien, belles cartes postales du début du XXe siècle.
L'ouvroir de l'ange-gardien, belles cartes postales du début du XXe siècle.

L'ouvroir de l'ange-gardien, belles cartes postales du début du XXe siècle.

Deux cartes postales-photos montrent des ouvrières posant dans la bonnèterie « L’ouvroir de l’ange-gardien ». Elles sont de grande qualité.

L’ange-gardien, une sorte de sainte Anne ailée posant la main droite sur un enfant, est posé sur un socle contre le mur à droite. Au centre se trouve un Christ en croix. Les ouvrières portent le chignon caractéristique des années 1910.

Des lampes pendues au plafond permettaient d’éclairer le travail durant la mauvaise saison. Le souci de la lumière est net. On aperçoit de larges baies de part et d’autres de la salle. Elles font penser aux locaux du complexe Max-Catoire.

Tout en brique, leur architecture trahit les années 1900. Un élément nous fait trancher sur la localisation. Il s’agit de l’existence d’un hôpital militaire auxiliaire qui fonctionna à Montaure du 22 septembre 1914 au 31 décembre 1918. Les archives militaires le connaissent sous le n° 18 et sous le nom de l’ « Ouvroir de l'Ange Gardien » et du « Château de la Garde Châtel ». Il comprenait 50 lits. Une autre carte postale montre clairement des soldats en convalescence au même endroit. Ces éléments ne sont pas étonnants dans la mesure où la famille Catoire, résidant à la Garde-Châtel, s'est fait connaitre pour son implication dans la croix-rouge (voir notre article). C'est dans cet hôpital qu'intervint en tant qu'infirmier le compositeur et musicologue Maurice Emmanuel.

L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

Quant au travail textile, il n’est pas étonnant à Montaure – tout comme dans les campagnes locales – car Louis-Etienne Charpillon nota, en 1868, que le tissage de draps se pratiquait chez les particuliers. Qui plus est, la campagne regorgeait de badestamiers et d’ouvriers du textile que ce soit à Louviers ou à Elbeuf. Même Pont-de-l’Arche se mit à coudre des chaussons de lisière à partir des années 1830. Une chemiserie exista à La Haye-Malherbe (Rousseau) au tout début du XXe siècle.

 

 

Sources

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Forum-Pages-d-Histoire-service-sante-1914-1918/hopitaux-militaires-rm-sujet_53_1.htm

 

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La Garde-Châtel

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:19

Le désert de la Garde Châtel : un lieu choisi par le roi

Comme l’écrit Victor Quesné, en 1638, le douzième chapitre général des carmes déchaussés, réuni à Rome, décida d'établir en France trois couvents de solitude respectivement à Paris, en Bourgogne et en Aquitaine. En 1656, le roi autorisa les carmes déchaussés à s’établir dans la province de Paris et il leur fit don de la Vicomté de Bayeux et de ses revenus. Quant au lieu, en juillet 1649 Louis XIV avait donné à la directrice de la maison de la Providence du faubourg Saint-Marcel, à Paris, une portion de forêt appelée « le bosquet de la Garde-Chatel », près de Louviers.

 

Plaintes et indemnisations des locaux

Malgré les plaintes des habitants des villages voisins, des Eaux et forêts, du Parlement de Normandie, du seigneur de Montaure (le président d’Amfreville), des moines de Bonport (à cause de Blacquetuit), le roi trancha en aout 1660 et le Désert des carmes déchaussés s’installa à Montaure. Des compensations financières furent accordées par le roi, notamment aux habitants de Montaure (la somme servit à la réfection du clocher de l’église) et une quittance de 300 livres fut remise à Louis Chatel, sergent de la Garde-Châtel, qui se trouvait dépossédé de ses droits sur la Garde-Châtel. Les 18 janvier 1663 et 25 novembre 1668, le curé et le prieur de Montaure reçurent chacun deux cent cinquante livres plus une pièce de terre contre l’abandon de leurs droits sur les dimes et les novales de terrains désormais situés dans la clôture du Désert.

 

Construction et architecture

La première pierre fut posée le 4 octobre 1660. La première messe y fut dite le 21 novembre. Un plan du Désert fut publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident. Il y montre l’enclos, un couvent avec les chambres des résidents – des nobles parfois venus de loin – et des carmes déchaussés, des jardins à la française avec jet d’eau et avenues, une carrière et un four à chaux et, enfin, des ermitages… De ces éléments, il ne reste plus que l’enclos et le pignon d’un bâtiment à usage agricole situé dans l’ancienne bassecour. Avec un chainage en pierre de taille, il rappelle nettement le XVIIe siècle.

Le plan du désert de la Garde-Châtel publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident.

Le plan du désert de la Garde-Châtel publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident.

Le pignon d'un bâtiment agricole (XVIIe siècle) comme unique vestige, avec les murs de l'enclos, des bâtiments d'origine (cliché Armand Launay, été 2013).

Le pignon d'un bâtiment agricole (XVIIe siècle) comme unique vestige, avec les murs de l'enclos, des bâtiments d'origine (cliché Armand Launay, été 2013).

Evanouissement

En janvier 1791, les commissaires du district de Louviers se sont présentés au Désert pour prendre possession de la Garde-Châtel au titre de la nationalisation des biens religieux. Un procès-verbal fut dressé ainsi qu’un inventaire général. Il y avait alors neuf cellules occupées sur dix-huit cellules logeables. En 1791, avec l’abbaye de la Neuve-Lyre, le Désert fut sensé, selon la loi, accueillir les religieux de l’Eure préférant continuer la vie commune. En 1793, il accueillait 7 anciens carmes et deux capucins. L’horloge des carmes fut montée dans l’église de Montaure. Un autel et les lambris du chœur furent installés dans l’église de La Haye-Malherbe. La privatisation de l'enclos de la Garde-Châtel n’eut lieu que le 28 février 1815. Ses 140 hectares et 35 centiares avec les bâtiments de l'ancien couvent, dont une partie tombait déjà en ruines, ont été vendus 171 000 francs à M. Hutrel, négociant à Rouen, rue Encrière. Il semble que cet homme devînt maire de 1816 à 1831.

 

Le château actuel

Un château de style classique fut bâti au XIXe siècle sur un plan symétrique. Son chainage est en brique et le remplissage en moellon, peut-être, sous un crépit. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage de comble. Le corps principal est protégé par un toit à deux croupes. Quatre toits en flèches et deux tourelles sur les ailes montrent une envie d’imiter le gothique. Cela annonce ou participe de l’architecture bourgeoise qui a fleuri sur la côte normande et dans les faubourgs aisés. Le tout est couvert de tuiles. Un lanternon a été installé qui couronne le toit du corps principal. Il fut habité par la famille Catoire de La Haye.

Le Figaro accorda un hommage, à la page 2 du numéro du 5 janvier 1942 (page 2), à Madame Max Catoire, décédée le 19 novembre. Elle fut la fondatrice du Comité de Louviers de la Croix-Rouge Française puis présidente d'honneur en tant que bienfaitrice. Une messe funèbre fut célébrée dans l’église de Montaure le 22 novembre en présence de Max Catoire. Le journal cite des travaux en cours d'exécution pour perfectionner le « dispensaire d'hygiène sociale de Louviers qui restera une des fondations de prédilection de Mme Catoire cela est dû, en grande partie, il sa charitable prévoyance qui, tout récemment, a permis de prolonger, jusqu'en 1954, la durée du bail du siège social du Comité de Louviers de la Croix-Rouge Française. Au nom des blessés de la grande guerre, soignés dans les formations sanitaires du Comité de Louviers de la S. S. B. M., des soldats, des prisonniers et des réfugiés de la dernière guerre, assistés par ses soins et par ses dons, des œuvres d'enfance, de jeunesse et d'hygiène sociale, en faveur desquelles s'est exercée, sous différentes formes, l'incessante générosité de Mme Max Catoire, le Comité tient à cœur d'inscrire le nom honoré de cette insigne bienfaitrice à la première page de son livre d'or. »

 

 

Sources

Quesné Victor, « Le Désert des carmes déchaussés de la Garde-Châtel », Bulletin de la Société d'études diverses, n° 6, 1903. Aussi accessible sur le net

Collectif, Le Figaro, lundi 5 janvier 1942.

 

A lire aussi... 

L'ouvroir de l'ange-gardien, bonnèterie, hôpital militaire... 

La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:54

Bien caché dans une propriété agricole du n° 25 de la rue de la Résistance, se trouve un très beau manoir. De ce que nous pouvons en voir depuis le chemin de la Garde-Châtel, ses murs gouttereaux sont réalisés en pans de bois et ses murs pignons sont maçonnés avec du moellon calcaire.

Nous tenons peut-être ici le manoir de Bigards, du nom d’une des grandes familles nobles de Montaure et, plus particulièrement, d’Ecrosville.

D’après les recherches de Françoise Guilluy, on trouve un Guillaume de Bigards qui rendit un aveu à Charles VII en 1457 pour son fief d’Ecrosville (page 46). En 1582, ces terres appartenaient à Antoine de Bigards, seigneur de La Londe, et étaient élevées en baronnie. Il possédait un moulin à Louviers, certainement à l’emplacement de l’actuel jardin de Bigards. En 1618, le fief de la Londe devint un marquisat. En 1673, François Le Cordier de Bigards, marquis de la Londe, rendit aveu au roi de son fief d’Ecrosville : « manoir seigneurial, bâti d’un grand bâtiment à usage de demeure, couvert de tuiles […] pressoir banal, grange, étable, four. La porte principale du manoir regarde le midi, devant laquelle est ma chapelle sous l’invocation de Saint Jean Baptiste… […] J’ai des fourneaux à faire pot et brique dont me sont payés les droits coutumiers par ceux qui y travaillent et prennent la terre sur mon fief. » (page 47). Il comptait parmi les personnalités les plus influentes de Normandie : conseiller au parlement, maire de Rouen depuis 1701. Les sépultures des Bigards se trouvaient dans Notre-Dame de Montaure où ils avaient une chapelle (la première à droite en entrant) placée sous l’invocation de saint Eloi et de saint Vincent.

 

Source

Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages.

 

A lire aussi sur la toile...

Les Le Cordier de Bigards sur le blog de Suzanne Morillon-Vilatte consacré à Bourgtheroulde (rubrique : "Les Le Roux d'Infreville")

 

A lire aussi sur ce blog... 

Aux origines de Montaure et de son nom

Vues lointaines sur ce qui pourrait bien être le manoir d'Ecrosville (clichés Armand Launay, été 2013)
Vues lointaines sur ce qui pourrait bien être le manoir d'Ecrosville (clichés Armand Launay, été 2013)

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:34

L'ancienne ferme de Blacquetuit est un ensemble de bâtiments, plus ou moins en bon état, comprenant une grange, une remise, un enclos, une étable et – surtout – une grange aux dimes.

Cet ensemble semble dater du XVe siècle. Il présente d’impressionnants contreforts dignes d’une église romane et des traces d’une ancienne entrée voutée. Le gros-œuvre est composé de calcaire, d’enduit, de pans de bois et de silex. Les couvertures sont variées : toit à longs pans ou pignon couvert qui supporte de l’ardoise ou de la tuile plate. Comme la ferme de la Corbillière, à La Vallée, la ferme de Blacquetuit était une propriété des moines de l’ancienne abbaye de Bonport. Son ancienneté n’est donc pas étonnante. On peut aisément rapprocher l'architecture de l'ancienne ferme de Blacquetuit à celle du moulin de Tostes, tant du point de vue de l'appareillage que des voutes d'entrées.

 

Blacquetuit, une terre disputée

Un lieu appelé Tostes apparut en 1255 dans une archive où le pape Alexandre IV autorisa les moines de Bonport à construire un autel dans leur "grange de Tostes". A la demande de Louis Colbert, abbé commendataire de Bonport – et surtout fils du célèbre homme d’État – le hameau de Tostes fut retiré du giron montaurois et érigé en paroisse le 14 janvier 1687. Or, de nombreuses terres agricoles ou boisées de Montaure se retrouvèrent peu à peu dans le terrier de Bonport : Treize Livres, La Corbillère, Blacquetuit… 1687 marqua une sérieuse réduction géographique de la paroisse de Montaure.

L’intérêt de Louis Colbert était dobtenir une mainmise complète sur la paroisse de Tostes, forte de près de 300 hectares de bois et 300 hectares de terre, et de dimes...

La Révolution française attribua à Montaure la ferme de Blacquetuit en 1791.

 

A lire aussi...

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L'église Sainte-Anne de Tostes

Tostes et son histoire

 

 

Vues diverses sur l'ancienne ferme de Blacquetuit (clichés Armand Launay, été 2013)
Vues diverses sur l'ancienne ferme de Blacquetuit (clichés Armand Launay, été 2013)
Vues diverses sur l'ancienne ferme de Blacquetuit (clichés Armand Launay, été 2013)
Vues diverses sur l'ancienne ferme de Blacquetuit (clichés Armand Launay, été 2013)
Vues diverses sur l'ancienne ferme de Blacquetuit (clichés Armand Launay, été 2013)

Vues diverses sur l'ancienne ferme de Blacquetuit (clichés Armand Launay, été 2013)

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:22

L’exploitation d’un filon d’argile de qualité du Deffend à Ecrosville a occupé les artisans puis entrepreneurs de La Haye-Malherbe et, dans une moindre mesure, de Montaure. C’est ce qu’a mis en relief Françoise Guilluy dans son ouvrage Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure.

  

De la ferme du Deffend à Ecrosville, un important filon d'argile de qualité a donné aux habitants de La Haye-Malherbe et Montaure une activité artisanale et industrielle depuis au moins le XVIe siècle jusqu'à 1955 (carte d'état major IGN 1/25 000e). .

De la ferme du Deffend à Ecrosville, un important filon d'argile de qualité a donné aux habitants de La Haye-Malherbe et Montaure une activité artisanale et industrielle depuis au moins le XVIe siècle jusqu'à 1955 (carte d'état major IGN 1/25 000e). .

L’origine de l'exploitation de l'argile locale reste indéterminée. Françoise Guilluy cite (pages 68 et 71) les travaux de Joseph Drouet qui avança en 1883, que certains objets en céramique trouvés dans les fouilles de sites gallo-romains à Caudebec-lès-Elbeuf proviendraient de Montaure ou de La Haye-Malherbe. Joseph Drouet a dû être influencé dans son interprétation par le fait, qu’au XIXe siècle, les tuiles de La Haye-Malherbe étaient embarquées sur bateaux au quai aux tuiliers, à Caudebec-lès-Elbeuf. Cependant, il n’a pu fournir de preuves scientifiques sur la nature de l’argile ou sur le travail des poteries attestant l’origine malherboise.

Quelques traces apparaissent, çà-et-là, sur cette activité comme en 1253 où une charte de Bonport mentionne une vente par Robert Tuillier (tegularius) d'une rente de 5 sous à prendre par les moines de Bonport sur une terre près de la léproserie de Montaure (Jules Andrieux, page 202). La profession de tuillier fournit un nom à ce personnage. 

Il faut attendre le XVIIe siècle pour lire des références explicites au travail de l’argile à Montaure. En 1673, François Le Cordier de Bigards, marquis de la Londe, rendit aveu au roi de son fief d’Ecrosville : « J’ai des fourneaux à faire pot et brique dont me sont payés les droits coutumiers par ceux qui y travaillent et prennent la terre sur mon fief. » (page 47).

Le plan terrier des « terres et seigneurie de Montaure » de 1763 nomment les longères d’Ecrosville « masures au bout à potiers ». L’actuelle « rue aux Potiers » semble en être un vestige. Ici se trouve un bâtiment industriel du XIXe siècle en brique, moellons et pans de bois, juste derrière le n° 10 de la rue de la Résistance. Nous n’avons pu visiter les lieux et vérifier éventuellement la présence de fours mais ce bâtiment doit être le témoin d’un des deux potiers montaurois cités par Louis-Etienne Charpillon en 1868. Françoise Guilluy cite l’atelier de François Lécuyé (page 61) et précise qu’en 1896 il n’y avait plus de potiers dans la commune.

La rue Aux potiers témoigne de l'existence passée de l'exploitation de l'argile à Ecrosville-Montaure. Quant à ce bâtiment situé dans la rue Aux potiers et derrière le n° 10 de la rue de la Résistance, il pourrait bien avoir accueilli une poterie au XIXe siècle (clichés Armand Launay, été 2013)
La rue Aux potiers témoigne de l'existence passée de l'exploitation de l'argile à Ecrosville-Montaure. Quant à ce bâtiment situé dans la rue Aux potiers et derrière le n° 10 de la rue de la Résistance, il pourrait bien avoir accueilli une poterie au XIXe siècle (clichés Armand Launay, été 2013)

La rue Aux potiers témoigne de l'existence passée de l'exploitation de l'argile à Ecrosville-Montaure. Quant à ce bâtiment situé dans la rue Aux potiers et derrière le n° 10 de la rue de la Résistance, il pourrait bien avoir accueilli une poterie au XIXe siècle (clichés Armand Launay, été 2013)

Quant à l’activité tuilière, elle apparait dans le plan terrier de la seigneurie de Saint-Saire, datée de 1742 et conservée à la mairie de La Haye-Malherbe. Il mentionne à Montaure un « triège de la thuillerie au Cherre ou Buisson Pelgas », près de la rue à la Boudine. Le nom de « cherre » était aussi donné à la rue de la poste, à La Haye-Malherbe. Peut-être était-ce un nom de famille, disparue depuis, ou un mot du parler local.

Le plan terrier de Montaure, cité ci-dessus, désigne le « triège de la thuillerie au cherre » situé entre le triège des Forrières et le château. Or, ces trièges étaient séparés par « la rue venant de la Haye Malherbe à Montaure et tendant au chemin des forières ». C’est-à-dire précisément l'actuelle rue à la Boudine. La Boudine est une terre meuble que l’on peut boudiner, poteler. Il dût y avoir une activité propre à l’argile ici.

La rue A la boudine, dans le centre-bourg de Montaure, témoigne assurément de l'activité tuilière dans l'ancien "triège de la thuillerie" (cliché Armand Launay, septembre 2013)

La rue A la boudine, dans le centre-bourg de Montaure, témoigne assurément de l'activité tuilière dans l'ancien "triège de la thuillerie" (cliché Armand Launay, septembre 2013)

Autres traces locales de l’exploitation de l’argile, les tuiles de certains bâtiments, les pavés comme les tomettes d’une partie du chœur de l’église Notre-Dame (cliché Armand Launay, été 2013).

Autres traces locales de l’exploitation de l’argile, les tuiles de certains bâtiments, les pavés comme les tomettes d’une partie du chœur de l’église Notre-Dame (cliché Armand Launay, été 2013).

Comment mesurer l’importance de l’exploitation locale de l’argile ? Il faut savoir que, vers 1870, La Haye-Malherbe et Montaure rassemblaient la moitié des poteries de l’Eure. Et pour cause, en 1868, Louis-Etienne Charpillon dénombrait un tuilier à La Haye-Malherbe mais surtout 31 potiers. La terre était puisée aux Puchaux, de « pucher » qui signifie puiser en Normand. Une rue des Tuiliers existe toujours à La Haye-Malherbe. Vers 1870, il existait une tuilerie montauroise, citée par Françoise Guilluy (page 159), dont la trace est perdue en 1891. Peut-être s’agit-il de la même tuilerie que le plan terrier situe aux alentours de la rue à la Boudine.

Françoise Guilluy précise et confirme cette quantité de potiers et tuiliers malherbois : 27 tuiliers-potiers en 1801 (page 131) ; 44 tuiliers en 1825 dont 3 au Mont-Honnier (page 132) ; 14 tuiliers en 1891 ; 9 tuiliers en 1901 (page 133) et 6 tuiliers en 1911. La même auteure reprend (page 122) une délibération du Conseil municipal de La Haye-Malherbe : datée de 1865, elle demande des arrêts plus fréquents à gare car l’industrie locale produit 6 000 tonnes de tuiles, pavés et poteries par an. Elles sont exportées dans les 30 km.

Françoise Guilluy nous apprend la date ultime de toute exploitation de l’argile locale. Il s’agit de 1955 avec la fermeture de la poterie Leroux, près du Deffend.

 

Sources

- Andrieux Jules, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port de l'ordre de Citeaux au diocèse d'Evreux, Evreux, Auguste Hérissey, 1862, 434 pages ;

- Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

Guilluy Françoise, "Les potiers de Montaure et de La Haye-Malherbe", pages 35 à 41, Collectif, Monuments et sites de l'Eure, Brionne, Amis des monuments et sites de l'Eure, n° 149, décembre 2013, 48 pages. 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:44

Taillée dans de la pierre calcaire, la croix monumentale de Montaure date du XVe siècle ou du XVIe siècle. Cette propriété communale a été inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 3 décembre 1954.

Vu son emplacement, elle doit être le dernier vestige de l’ancien cimetière, situé autour de l’église, dont elle était la croix hosannière. C’est ce que prouverait la sculpture du Christ en croix, d’un côté, et de la Vierge à l’Enfant, de l’autre côté.

Cette croix hosannière a été déplacée car le Christ est le premier à recevoir la lumière et donc situé à l’Est d’où naissent les rayons solaires.

Or, il est aujourd’hui à l’Ouest, c’est-à-dire tourné vers le visiteur de l’église. La disparition du cimetière a créé la place Jean-Baptiste-Charcot qui donne au cœur de Montaure un aspect très pittoresque.

 

Source

Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr.

 

A lire aussi...

L'église Notre-Dame de Montaure et le prieuré de bénédictins

La croix hosannière du cimetière de Pont-de-l'Arche

La croix hosannière de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)
La croix hosannière de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)
La croix hosannière de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)

La croix hosannière de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:15

L’église Notre-Dame est sans conteste le joyau architectural de Montaure (Eure). Son histoire est liée à un ancien prieuré créé en ce lieu par les moines de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen.

 

 

Notre-Dame de Montaure par une chaude journée estivale (cliché Armand Launay, juillet 2013)

Notre-Dame de Montaure par une chaude journée estivale (cliché Armand Launay, juillet 2013)

Les plus anciens seigneurs – connus – de Montaure, les Stigand, ont fait don de l’église et de son domaine à l’abbaye Saint-Ouen de Rouen avant 1018, date à laquelle ce don aurait été officialisé par le duc Richard II. L’abbaye Saint-Ouen établit en 1063 un prieuré à côté de l’église paroissiale. Cela explique que l’église Notre-Dame jouxte, de nos jours encore, un logis et un enclos prioraux. À en voir l’architecture, il semble que les religieux aient remplacé une église primitive par un édifice roman. Jusqu'à plus ample informé, la plus ancienne mention du patronage de la paroisse date de 1260 où, dans une charte de Bonport, il est question de la paroisse "Beate Marie de Monteaureo" (Jules Andrieux, page 252). 

 

L’église Notre-Dame

L’église est une propriété communale depuis 1905 et son affectataire est la paroisse catholique Notre-Dame des bois, pays de Louviers. Elle est le seul vestige des réalisations du XIe siècle dans la commune.

 

Architecture

Notre-Dame, de plan cruciforme, est couronnée d’un clocher carré central roman percé de baies géminées et couvert par une flèche de charpente polygonale. Cet édifice, réalisé en moellon calcaire et silex, pour le remplissage, et en pierre de taille pour le chainage, est doté d'une crypte sous le chœur. Un avant-corps en brique de pays couvre la porte d’entrée. Il semble dater du XIXe siècle. Le toit de l’église est fait de longs pans et les pignons sont couverts. La nef est dépourvue de collatéraux. Elle est couverte d’un berceau en charpente dont on voit nettement les vastes entraits. La croisée du transept présente quatre voutes en plein cintre caractéristiques du roman. Le chevet semble dater du XIIIe siècle avec ajout de contreforts et percement de baies au XVIe siècle. Ces baies comportent des remplages gothiques et portent des vitraux du XIXe siècle et XXe siècle. Le chœur, dont le pavage fut refait en 1849, est doté d’une porte murée qui permettait aux moines du prieuré d’entrer dans Notre-Dame. Leurs stalles (XVIIe siècle) sont encore en place à l’entrée du chœur. Une trappe offrait un accès, par escalier, à la crypte, du XIIIe siècle et réaménagée au XVIe siècle. Dans cette dernière, se trouve la résurgence d’une source. Un bassin en pierre recueille cette eau. Placée sous le patronage de Saint-Eustache, patron des chasseurs, cette eau était réputée pour la guérison des enfants peureux et le soin des malades de la danse de Saint-Guy. Cette fontaine, reliée aux deux puits de la place Jean-Baptiste-Charcot, atteste la présence d’une nappe phréatique durable qui explique assurément l’installation de maisons en ce lieu, certainement avant la christianisation. L’église a d’ailleurs pu, comme dans maints endroits, remplacer un lieu de culte païen. Quant aux maisons qui devaient être proches de l’église, la pente vers la ravine orientée vers le sud devait leur fournir une plus grande chaleur, un meilleur ensoleillement aux bêtes et aux cultures...

 

 

Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...

Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...

Mobilier

  • le maitre-autel en bois (début XVIIe siècle ?) imite le marbre. Il comporte, à gauche, la statue de la Vierge à l'Enfant. En pierre polychromée, elle date de la seconde moitié du XVe siècle. Elle a été classée Monument historique au titre d’objet le 12 juillet 1912. Elle mesure 178 cm de hauteur (avec la plinthe). La base Mérimée précise que « Les orfrois du manteau de la Vierge sont décorés de lettres capitales d'aspect un peu fleuri, séparées par deux points superposés. Elles ne forment aucun mot reconnaissable, à l'exception d’ORA, peut-être par hasard. Il y a également des lettres fantaisistes, faites d'entrelacements sans signification. » L’Enfant tient une colombe dans sa main gauche. Le maitre-autel présente, à droite, la statue de Saint Jean-Baptiste. Au centre, une toile représente la Crucifixion ;

  • les fonts baptismaux (XVe siècle) sont en pierre calcaire sculptée. Le couvercle en bois est couvert d’étain gravé et doré du XVIIIe siècle. Ils sont inscrits sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2004 ;

  • le calvaire de la poutre de gloire, autrefois adossé à la voute d’entrée de la croisée du transept, a été déplacé sur le mur du collatéral sud par mesure de sécurité. Ce groupe de trois éléments sculptés sur bois peint (XVe ou XVIe siècle et remanié au XIXe siècle) est inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2004 ;

  • les stalles, au nombre de 10, semblent dater du XVIIe siècle. Le décor est assez sobre mais les séparateurs représentent des aigles, peut-être en référence à saint Jean. Ces stalles étaient utilisées par les moines bénédictins et séparaient, certainement avec les autels latéraux, le chœur de la nef où se trouvait le public. Au côté nord du chœur, une porte murée servait autrefois d’accès aux moines ;

  • la statue de Saint-Eustache fut taillée au XVIIe siècle dans du bois. Encore dotée d’une belle polychromie, elle est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2004 ;

  • les cloches sont baptisées Perrette-Edmée (1755) et Alexandrine-Jeanne (1865). La charpente et la couverture du clocher ont été restaurées de 2007 à 2008. En 2009, le mécanisme des cloches a été électrifié par la mairie et l’Association de sauvegarde du patrimoine ;

  • un portrait de l’abbé Anatole Toussaint, ancien curé se trouve sur le mur du collatéral nord. Curé de Montaure et botaniste, son portrait aurait été peint chez son ami Claude Monet par un de ses élèves ;

  • la chaire à prêcher date du XIXe siècle. Elle est ornée des personnages du Christ et la Vierge entourés des quatre évangélistes ;

  • un vitrail du XXe siècle, restauré sous la conduite du curé Pierre Bleunven, représente saint Pierre, reconnaissable à la clé et aux traits d’un pêcheur. Un vitrail représentant Jeanne d’Arc a été offert au XXe siècle par Maximilien Catoire, bienfaiteur à l’origine de la « Colonie », ancien hôpital qu’il dirigea durant la Première guerre mondiale. Il habita La Garde-Châtel. Le vitrail fut rénové depuis par la famille Catoire-De la Haye.

 

Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)

Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)

Le logis prioral

Le logis prioral est le seul vestige du prieuré. Il a été construit par les bénédictins de Saint-Ouen de Rouen à partir de 1063 et ferma après 1663. L’église était partagée avec le curé. Trois à quatre moines formaient ici une annexe de la grande abbaye Saint-Ouen de Rouen. Les religieux faisaient valoir des terres et percevaient des revenus dans la région (Léry, Le Vaudreuil…) dont ils rendaient une part à leur abbaye de tutelle.

 

Le prieuré est couvert d’un toit à croupes garni de tuiles plates. On dit souvent que le toit du prieuré fut réalisé en forme de cercueil pour rappeler aux moines la condition humaine. Cela a dû intervenir trop tard car, dans son Registre des visites, l’archevêque de Rouen Eudes Rigaud (vers 1210-1275) a noté à plusieurs reprises que les trois à quatre religieux de Montaure acceptaient de boire dans le village, accueillaient des femmes dans le prieuré et se servaient de matelas, pourtant interdits dans leur ordre. Qui plus est, le prieuré ferma ses portes au moment où, vraisemblablement, fut construit le logis. Si l’on ne sait qui le posséda ensuite, il dût rester dans le giron d’un établissement religieux ou d’un noble exilé car il fut nationalisé à la Révolution puis revendu comme bien national le 22 aout 1792 à Louis Delarue, fabricant de draps à Elbeuf. Des pavés de fabrication locale orneraient son intérieur d’après Françoise Guilluy.

 

L’église et le logis prioral ont été reconnus par le Conservatoire régional qui les a inscrits sur la liste complémentaire des Monuments historiques le 30 septembre 1997 : l'ancien prieuré en totalité : l'église et son mur de soutènement, l'enclos monastique, les sols avec les vestiges qu'il contient, le logis prioral et son portail.

Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)
Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)
Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)

Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)

A lire aussi...

La croix monumentale de Montaure

Aux origines de Montaure et de son nom

 

Sources

- Amsellem Emmanuelle, « Les Stigand : des Normands à Constantinople », Revue des études byzantines, tome 57, 1999, pages 283 à 288 ;

- Andrieux Jules, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port de l'ordre de Citeaux au diocèse d'Evreux, Evreux, Auguste Hérissey, 1862, 434 pages ; 

- Association Saint-Blaise, Notre Dame de Montaure : l’église de la montagne dorée, 2013, 4 pages ;

- Bonnin Thierry, Regestrum visitationum archiepiscopi rothomagensis : journal des visites pastorales d'Eude Rigaud, archevêque de Rouen, Rouen, Le Brument, 1852, 876 pages.

- [Caresme Anatole], « Le prieuré de Montaure », 7 pages, Mélanges historiques, ch. XII, Louviers, imprimerie de Mlle Houssard et frère, document conservé à la médiathèque de Louviers sous la cote inv 9/454 et publié sur ce blog ;

- Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, voir les pages 541 à 543 et publié sur ce blog ;

- Delisle Léopold, Passy Louis, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome II, Évreux, Auguste Hérissey, 1864 ;

- Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

- Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr ;

- Quesné Victor, « Le Désert des carmes déchaussés de la Garde-Châtel », Bulletin de la Société d'études diverses, n° 6, 1903.

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Blason aux deux cats sur une plaque de rue d'Heudebouville.

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...