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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 14:29

Montaure a particulièrement brillé dans la Résistance. En effet, à l’automne 1943 les résistants montaurois composaient 70 % des 350 résistants de la région de Louviers (Julien Papp, page 59). Si une figure locale émerge largement en la personne d’André Martin, l’action résistante a été partagée par plusieurs familles de fermiers, d’épiciers, de petits fonctionnaires : protection et évasion d’aviateurs, de prisonniers évadés et de réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), impression de journaux, réception de colis parachutés, rédaction de faux papiers… Les actions ont été nombreuses qui ont valu tortures et déportations. Voici quelques brefs portraits illustrant l’implication de résistants.

Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).
Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).

Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).

Le Monument aux morts

Le Conseil municipal décidé d’installer le Monument aux morts dans le cimetière, rue Maurice-Emmanuel. Les noms de 25 Montaurois tombés durant la Grande guerre y sont gravés. D’ailleurs, des tombes de soldats se trouvent encore alentour ce qui devient rare en 2013. Le monument est très sobre, sans fioritures, ayant visiblement bénéficié de moyens assez modestes. Des obus forment une protection autour du monument comme le voulait la mode en ce temps. Une plaque rend hommage à deux soldats tombés en 1940 : Maurice Dufossey et Charles Gantier. Elle cite aussi Marie-Louise Azoeuf...

Plaque commémorative apposée sur le Monument aux morts de Montaure (cliché Armand Launay, aout 2013).

Plaque commémorative apposée sur le Monument aux morts de Montaure (cliché Armand Launay, aout 2013).

Marie-Louise Azoeuf et le Patriote de l’Eure

Marie-Louise Azoeuf naquit le 25 novembre 1887 à Dieppe. Elle cacha des aviateurs chez elle, à Ecrosville (Jean Leloup, page 49), et installa une presse qui publia au moins un numéro du « Patriote de l’Eure » avec deux personnes nommées « Hermans et Harel » (Jean Leloup, page 70). Cet organe d’expression fut tout d’abord mis sous presse chez M. Fromentin, un imprimeur lovérien, avant de se réfugier à Montaure. Marie-Louise Azoeuf fut arrêtée par la Gestapo et déportée au camp de Neubrandenburg où elle décéda le 23 novembre 1944.

Extrait d'un numéro du Patriote de l'Eure d'aout 1942 (BNF, Gallica).

Extrait d'un numéro du Patriote de l'Eure d'aout 1942 (BNF, Gallica).

Les époux Désert

Habitant La Vallée, Victor Désert mit en place le mouvement Front national, plutôt d’obédience communiste, dans la région de Louviers avec André Martin (voir plus bas). Les archives des Forces françaises de l’intérieur (FFI) conservées aux archives départementales de l’Eure écrivent en quelques lignes l’implication de Victor Désert et sa femme Berthe Lemonnier avant leur arrestation le 11 novembre 1943 : « Arrestation des époux Désert au domicile de Mme Mondeville où ils étaient réfugiés depuis la veille car ils avaient appris que la police allemande les recherchait. Victor Désert, né le 13 mai 1902 à Petit-Quevilly, est chauffeur. Berthe Lemonnier, épouse Désert, est née le 17 février 1894 à Gravigny. Une perquisition effectuée par la police allemande à leur domicile de La Vallée a permis d’établir qu’ils avaient donné asile à des individus, dont certains avaient laissé des effets et des pièces d’identité avant de se réfugier dans l’illégalité. Les époux Désert ont avoué avoir été recrutés pour le FN en décembre 1942 par un nommé Maurice qui a été identifié comme étant le nommé Legrand. Les époux Désert étaient chargés de recruter les adhérents pour les groupes de résistance, notamment parmi les jeunes gens ne voulant pas partir travailler en Allemagne, de les héberger et de les mettre en liaison avec un prénommé Laurence, alias Pierre, chef de l’organisation chargé de cacher et d’utiliser les réfractaires ».

Les époux Désert survécurent à leur déportation (Jean Leloup, page 46).

 

Jean et Marguerite Viard

Jean et Marguerite Viard formaient un couple d’instituteurs très investi dans la vie publique montauroise. En tant qu’instituteur et secrétaire de mairie, Jean Viard fit des faux papiers et distribua des tickets de rationnement aux maquisards et aux alliés cachés (Jean Leloup, page 69). Il fut arrêté par la Gestapo le 20 janvier 1944 et emprisonné à Rouen avant d’être déporté au camp de Sachsenhausen puis de Falkensee. Il survécut et dut bénéficier de deux années de soins pour reprendre son activité professionnelle (Jean Leloup, page 70). Après guerre, Marguerite Viard devint conseillère municipale en charge des affaires sociales. Le Conseil municipal de Montaure décida d’honorer leur mémoire en donnant leur nom au groupe scolaire lors d’une cérémonie qui eut lieu le 11 novembre 2001.

Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).
Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).

Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).

André Martin (1901-1987)

Né à Claville, André Martin fut résistant et maire radical-socialiste de Montaure de 1945 à 1965. Il était exploitant agricole à Ecrosville, président de la Caisse d'assurances mutuelles agricoles de Pont-de-l'Arche et président cantonal des syndicats d'exploitants agricoles à partir de 1945 (La Dépêche du 15 juillet 1959). Son père fut aussi maire de Montaure. Il devint résistant sous le nom de « Capitaine Masselin » dès le 22 juin 1941 dans le réseau Front national et ce jusqu’au 31 décembre 1942. Puis, il rejoignit le réseau « Résistance » de mars ou avril 1943 à aout 1944 (Jean Leloup, page 130). Le 22 juin 1941, il prit contact avec Pierre Agnas, alias « Grand Pierre », pour organiser ce réseau dans les cantons de Louviers et de Pont-de-l’Arche. Il devint responsable local et bientôt cantonal. A la fin de 1942, il devint membre du comité départemental. Dès septembre, il organisa l’atterrissage et l’envol de petits avions pour livrer du matériel tel que des postes émetteurs-récepteurs et de pigeons voyageurs (Jean Leloup, pages 43 et 45). Il s’assura de la distribution de tracts aux chefs de groupes pour obtenir des renseignements sur la localisation des troupes allemandes. Il fit aussi déplacer une presse servant au Patriote de l’Eure. Son réseau permit de sauver 17 aviateurs, de nombreux réfractaires au STO et des prisonniers évadés. Lui-même faillit être arrêté quand, le 23 novembre 1943, il fut averti qu’il était recherché par l’occupant ainsi que Georges Barbay, garde-forestier des Fosses (Jean Leloup, page 46). Sa femme et sa fille Rose furent interpelées et internées à Rouen avant d’être relâchées (Jean Leloup, page 68).

 

Témoignage d’André Martin rapporté par Jean Leloup (page 130)

« Le 22 juin 1941, je prends contact avec Pierre Agnas, alias « Grand Pierre », pour le réseau du Front national. Il fallait l’établir dans les cantons de Louviers et de Pont-de-l’Arche. Je suis responsable local puis, rapidement, responsable cantonal. Fin 1942, je deviens membre du comité départemental. En septembre, je suis joins par un officier de la DGER pour trouver des terrains de parachutage capables d’assurer l’atterrissage de l’envol de petits avions. A la pleine lune de septembre 1942, le premier parachute larguant des postes émetteurs-récepteurs tomba entre Surtauville et Quatremare. Le travail de routine consista à distribuer des tracts aux chefs de groupes pour obtenir des renseignements sur l’emplacement des troupes allemandes, sur leurs déplacements. Un soir, un camion venant d’Evreux nous apporta une machine aux dimensions importantes. Elle devait servir à imprimer un journal clandestin. Après quelques jours dans ma ferme, elle rejoignit un agent de liaison dans une voiture attelée à un cheval. Direction Le Neubourg. Ce fut la naissance du « Patriote de l’Eure », journal du Front national. »

Portrait d'André Martin, résistant et maire de Montaure de 1945 à 1965, paru dans La Dépêche du 15 juillet 1959 à l'occasion des élections cantonales qu'il gagna.

Portrait d'André Martin, résistant et maire de Montaure de 1945 à 1965, paru dans La Dépêche du 15 juillet 1959 à l'occasion des élections cantonales qu'il gagna.

Sources

Fonds FFI des Archives départementales de l’Eure ;

Collectif, La Dépêche, n° du 15 juillet 1959, n° 15 novembre 2001 ;

Leloup Jean, La Sanglante bataille de la Seine. Témoignage. Jean Leloup, réfractaire au STO, La Chapelle-Montligeon, éditions Humuβaire, 2003, 153 pages ;

Lycée Marc-Bloch, Des résistants à Louviers, concours national de la résistance et de la déportation, 2010, 5 pages. http://lycee-marc-bloch.spip.ac-rouen.fr/spip.php?article2223 Consulté le 25 septembre 2013.

Armand Launay

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 19:20

Les Stigand

Anatole Caresme écrit sur Odon Stigand, puissant seigneur de Mézidon, notamment, qui possédait « un manoir à Montaurium », c’est-à-dire Montaure. C’est le premier seigneur – connu – de Montaure. Odon Ier était maitre d’hôtel du jeune Guillaume le Conquérant. Il décéda en 1066. Il fit don de l’église paroissiale de Montaure – et son domaine – à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen. Cette donation aurait été ratifiée par Richard II en 1018 et ce ne serait pas un hasard car celui-ci fut le premier duc normand qui gouverna avec l’appui de l’Eglise. Il restaura donc le pouvoir de celle-ci en la dotant de nombreux biens, principalement en faveur des abbayes. Montaure se retrouvait rattaché à la prestigieuse abbaye de Saint-Ouen au cœur du pouvoir normand, un des Etats les plus forts d’Europe.

Odon Stigand eut trois fils : Odon (1036-10XX), Maurice et Robert qui brillèrent auprès de l’Empereur de Constantinople. Le dernier revint très riche en Normandie.

 

Un manoir fortifié ?

La famille seigneuriale de Montaure était donc au cœur du pouvoir normand. Cette puissance devait s’accompagner localement d’un manoir fortifié. Peut-être est-ce la motte féodale signalée par le service régional de l’inventaire du patrimoine ? Quant à son emplacement, le plus évident doit être le terrain de l’actuel château. En effet, son site surplombe un ravin qui constitue une défense supplémentaire utile à une place-forte. Le château actuel, au centre d’une vaste propriété, doit avoir remplacé un édifice plus ancien à l’emplacement, peut-être, du domaine des Stigand.

 

L'actuel château de Montaure : une construction de François de Camus ? 

Aujourd’hui, Montaure compte un magnifique château privé, de style classique, bâti dans la première moitié du XVIIIe siècle. De plan symétrique, le gros-œuvre est mixte, réalisé en calcaire, brique de pays et bois. La couverture est faite en ardoise et tuile plate qui repose sur un toit à longs pans brisés. L’édifice compte un rez-de-jardin et un étage de comble. Un jardin à la française et des parties boisées occupent le vaste domaine (7 hectares) du château. Quel riche propriétaire a pu faire bâtir ce château ? Il s’agit des Le Camus et, vraisemblablement, de François Le Camus (1671-1743), qui fut administrateur pendant plus de 50 ans de la Manufacture royale de draps de Louviers, fondée par Colbert. Il possédait le château et ses dépendances en demi-fief de haubert avec le marquis de La Londe. Puis, en 1781, François Claude Le Camus vendit son demi-fief au marquis de La Londe, qui réunit enfin la totalité des fiefs de Montaure et Ecrosville. En 1792, ce marquis fuit la Révolution en gagnant l’Allemagne. Le domaine de Montaure fut nationalisé et mis en vente en 1794. C’est Louis Châtel, cultivateur à Ecrosville et maire, qui l’acheta pour 40 000 livres. Ne pouvant honorer son enchère, le bien fut revendu à Pierre François Louis Lemercier, marchand de bois à Caudebec-lès-Elbeuf, qui acquit aussi la ferme à côté.

Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

Le château de Montaure bâti pour les Le Camus au XVIIIe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

Difficile d'écrire sur ce château sans citer le Bon air, une ancienne dépendance ayant servi au fermier du château. Cette demeure en brique de pays existe toujours dans une propriété contigüe. 

 

Le pressoir

A la beauté, le Conservatoire régional des Monuments historiques a privilégié la rareté. Il a ainsi inscrit le bâtiment du pressoir (XVIIe siècle) sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 14 décembre 1990. Il y aussi inscrit la tour à piler mais pas la presse, qui est un « objet rapporté ». Cette propriété privée accueille le Musée du cidre.

 

Sources

Amsellem Emmanuelle, « Les Stigand : des Normands à Constantinople », Revue des études byzantines, tome 57, 1999, pages 283 à 288 ;

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, voir les pages 541 à 543 ;

Delisle Léopold, Passy Louis, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome II, Évreux, Auguste Hérissey, 1864 ;

Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr.

 

A lire aussi... 

La Garde-Châtel (Montaure) du désert des carmes au château actuel

Aux origines de Montaure et de son nom

 

Le pressoir (XVIIe siècle), propriété du château de Montaure inscrit sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1990 (cliché Armand Launay, mai 2013).

Le pressoir (XVIIe siècle), propriété du château de Montaure inscrit sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1990 (cliché Armand Launay, mai 2013).

Armand Launay

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 19:12

Entre la place Jean-Baptiste-Charcot et le début de la rue du Huit-mai-1945, à Montaure, se trouvent deux puits remarquables. Leurs margelles sont réalisées en pierre calcaire locale d’un seul blog et surmontées de ferronneries, une à trois barres, l’autre à deux.

La conservation de ce genre de puits de l’Ancien régime est rare dans des voies publiques de la région. Le rapprochement de ces deux puits doit indiquer le centre du village ancien autour duquel se trouvaient la majeure partie des habitations. Ils sont à relier à la fontaine Saint-Eustache, dans la crypte de Notre-Dame, et démontrent la présence d'une nappe phréatique aisément accessible qui a très bien pu engendrer la naissance de Montaure.

 

A lire aussi...

Notre-Dame de Montaure et le prieuré de bénédictins

Les châteaux de Montaure du XIe siècle à nos jours

Aux origines de Montaure et de son nom

Deux très beaux puits de l'Ancien régime ornent le centre-bourg de Montaure (clichés Armand Launay, été 2013).
Deux très beaux puits de l'Ancien régime ornent le centre-bourg de Montaure (clichés Armand Launay, été 2013).
Deux très beaux puits de l'Ancien régime ornent le centre-bourg de Montaure (clichés Armand Launay, été 2013).
Deux très beaux puits de l'Ancien régime ornent le centre-bourg de Montaure (clichés Armand Launay, été 2013).

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:45

Maurice Emmanuel (1862-1938), compositeur et musicologue, habita à Montaure. Il logea plus précisément dans la belle et imposante maison bourgeoise du XIXe siècle appelée Le Prieuré en raison de sa proximité avec l'ancien prieuré de bénédictins de Montaure.

Maurice Emmanuel fut maitre de Robert Casadesus, Olivier Messiaen, Yvonne Lefébure, Georges Migot… et professeur d'histoire de la musique au conservatoire de Paris. 

ll fut affecté en tant qu’infirmier militaire dans un hôpital de La Rochelle puis dans l'hôpital auxiliaire n° 18 de Montaure durant la Grande guerre à partir de 1914

Sylvie Douche cite une lettre que le prêtre-soldat Henri Tissot adressa à Maurice Emmanuel au Prieuré : « Cher Maître, Vous devez encore vous reposer dans ce charmant coin de Montaure où avec un travail agréable, parce que vous l’aimez, vous pouvez reposer en Paix votre corps fatigué ». Le nom de Maurice Emmanuel a été donné par le Conseil municipal à la rue qui mène aux Fosses.

Maurice Emmanuel vers la fin de sa vie (cliché Wikipédia)

Maurice Emmanuel vers la fin de sa vie (cliché Wikipédia)

Il semble qu'après guerre Maurice Emmanuel continua à habiter le Prieuré. Qui plus est, sa fille Marthe Emmanuel (1901-1997) resta en ce lieu après la mort de celui-ci.

 

 

Timbre édité en 1997 en hommage à Marthe Emmanuel décédée la même année.

Timbre édité en 1997 en hommage à Marthe Emmanuel décédée la même année.

La relation de Marthe Emmanuel avec Jean-Baptiste Charcot (1867-1936) amena ce célèbre médecin et explorateur des zones polaires à habiter Le Prieuré.

Jean-Baptiste Charcot fut à l’origine de la première expédition française en Antarctique avec hivernage (1903). Deuxième expédition en 1908. L'association des Amis du commandant Charcot a tenu une exposition, « De Jean-Baptiste Charcot au CNRS : de l'exploration polaire à la recherche scientifique » du 2 au 31 aout 2008, au Château de Montaure. Une conférence a été animée par son président, Serge Kahn, le 17 aout : « L'aventure de Jean-Baptiste Charcot ».

Le Conseil municipal de Montaure décida d’honorer la mémoire de Jean-Baptiste Charcot en donnant son nom à la place centrale de la commune.

 

Sources

Sylvie Douche, Correspondance inédites à des musiciens français : 1914-1918, Paris, L’Harmattan, collection Mémoires du XXe siècle, 2012, 306 pages.

 

A lire aussi...

L'église Notre-Dame de Montaure et le prieuré de bénédictins

L'ouvroir de l'ange-gardien : bonnèterie, hôpital

Jean-Baptiste Charcot photographié sur la croix hosannière de Montaure.
Jean-Baptiste Charcot photographié sur la croix hosannière de Montaure.

Jean-Baptiste Charcot photographié sur la croix hosannière de Montaure.

Armand Launay

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:30
L'ouvroir de l'ange-gardien, belles cartes postales du début du XXe siècle.
L'ouvroir de l'ange-gardien, belles cartes postales du début du XXe siècle.

L'ouvroir de l'ange-gardien, belles cartes postales du début du XXe siècle.

Deux cartes postales-photos montrent des ouvrières posant dans la bonnèterie « L’ouvroir de l’ange-gardien ». Elles sont de grande qualité.

L’ange-gardien, une sorte de sainte Anne ailée posant la main droite sur un enfant, est posé sur un socle contre le mur à droite. Au centre se trouve un Christ en croix. Les ouvrières portent le chignon caractéristique des années 1910.

Des lampes pendues au plafond permettaient d’éclairer le travail durant la mauvaise saison. Le souci de la lumière est net. On aperçoit de larges baies de part et d’autres de la salle. Elles font penser aux locaux du complexe Max-Catoire.

Tout en brique, leur architecture trahit les années 1900. Un élément nous fait trancher sur la localisation. Il s’agit de l’existence d’un hôpital militaire auxiliaire qui fonctionna à Montaure du 22 septembre 1914 au 31 décembre 1918. Les archives militaires le connaissent sous le n° 18 et sous le nom de l’ « Ouvroir de l'Ange Gardien » et du « Château de la Garde Châtel ». Il comprenait 50 lits. Une autre carte postale montre clairement des soldats en convalescence au même endroit. Ces éléments ne sont pas étonnants dans la mesure où la famille Catoire, résidant à la Garde-Châtel, s'est fait connaitre pour son implication dans la croix-rouge (voir notre article). C'est dans cet hôpital qu'intervint en tant qu'infirmier le compositeur et musicologue Maurice Emmanuel.

L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

L'hôpital militaire de Montaure (1914-1918) (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

Quant au travail textile, il n’est pas étonnant à Montaure – tout comme dans les campagnes locales – car Louis-Etienne Charpillon nota, en 1868, que le tissage de draps se pratiquait chez les particuliers. Qui plus est, la campagne regorgeait de badestamiers et d’ouvriers du textile que ce soit à Louviers ou à Elbeuf. Même Pont-de-l’Arche se mit à coudre des chaussons de lisière à partir des années 1830. Une chemiserie exista à La Haye-Malherbe (Rousseau) au tout début du XXe siècle.

 

 

Sources

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Forum-Pages-d-Histoire-service-sante-1914-1918/hopitaux-militaires-rm-sujet_53_1.htm

 

A lire aussi...

La Garde-Châtel

 

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Montaure Textile Garde-Châtel
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:19

Le désert de la Garde Châtel : un lieu choisi par le roi

Comme l’écrit Victor Quesné, en 1638, le douzième chapitre général des carmes déchaussés, réuni à Rome, décida d'établir en France trois couvents de solitude respectivement à Paris, en Bourgogne et en Aquitaine. En 1656, le roi autorisa les carmes déchaussés à s’établir dans la province de Paris et il leur fit don de la Vicomté de Bayeux et de ses revenus. Quant au lieu, en juillet 1649 Louis XIV avait donné à la directrice de la maison de la Providence du faubourg Saint-Marcel, à Paris, une portion de forêt appelée « le bosquet de la Garde-Chatel », près de Louviers.

 

Plaintes et indemnisations des locaux

Malgré les plaintes des habitants des villages voisins, des Eaux et forêts, du Parlement de Normandie, du seigneur de Montaure (le président d’Amfreville), des moines de Bonport (à cause de Blacquetuit), le roi trancha en aout 1660 et le Désert des carmes déchaussés s’installa à Montaure. Des compensations financières furent accordées par le roi, notamment aux habitants de Montaure (la somme servit à la réfection du clocher de l’église) et une quittance de 300 livres fut remise à Louis Chatel, sergent de la Garde-Châtel, qui se trouvait dépossédé de ses droits sur la Garde-Châtel. Les 18 janvier 1663 et 25 novembre 1668, le curé et le prieur de Montaure reçurent chacun deux cent cinquante livres plus une pièce de terre contre l’abandon de leurs droits sur les dimes et les novales de terrains désormais situés dans la clôture du Désert.

 

Construction et architecture

La première pierre fut posée le 4 octobre 1660. La première messe y fut dite le 21 novembre. Un plan du Désert fut publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident. Il y montre l’enclos, un couvent avec les chambres des résidents – des nobles parfois venus de loin – et des carmes déchaussés, des jardins à la française avec jet d’eau et avenues, une carrière et un four à chaux et, enfin, des ermitages… De ces éléments, il ne reste plus que l’enclos et le pignon d’un bâtiment à usage agricole situé dans l’ancienne bassecour. Avec un chainage en pierre de taille, il rappelle nettement le XVIIe siècle.

Le plan du désert de la Garde-Châtel publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident.

Le plan du désert de la Garde-Châtel publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident.

Le pignon d'un bâtiment agricole (XVIIe siècle) comme unique vestige, avec les murs de l'enclos, des bâtiments d'origine (cliché Armand Launay, été 2013).

Le pignon d'un bâtiment agricole (XVIIe siècle) comme unique vestige, avec les murs de l'enclos, des bâtiments d'origine (cliché Armand Launay, été 2013).

Evanouissement

En janvier 1791, les commissaires du district de Louviers se sont présentés au Désert pour prendre possession de la Garde-Châtel au titre de la nationalisation des biens religieux. Un procès-verbal fut dressé ainsi qu’un inventaire général. Il y avait alors neuf cellules occupées sur dix-huit cellules logeables. En 1791, avec l’abbaye de la Neuve-Lyre, le Désert fut sensé, selon la loi, accueillir les religieux de l’Eure préférant continuer la vie commune. En 1793, il accueillait 7 anciens carmes et deux capucins. L’horloge des carmes fut montée dans l’église de Montaure. Un autel et les lambris du chœur furent installés dans l’église de La Haye-Malherbe. La privatisation de l'enclos de la Garde-Châtel n’eut lieu que le 28 février 1815. Ses 140 hectares et 35 centiares avec les bâtiments de l'ancien couvent, dont une partie tombait déjà en ruines, ont été vendus 171 000 francs à M. Hutrel, négociant à Rouen, rue Encrière. Il semble que cet homme devînt maire de 1816 à 1831.

 

Le château actuel

Un château de style classique fut bâti au XIXe siècle sur un plan symétrique. Son chainage est en brique et le remplissage en moellon, peut-être, sous un crépit. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage de comble. Le corps principal est protégé par un toit à deux croupes. Quatre toits en flèches et deux tourelles sur les ailes montrent une envie d’imiter le gothique. Cela annonce ou participe de l’architecture bourgeoise qui a fleuri sur la côte normande et dans les faubourgs aisés. Le tout est couvert de tuiles. Un lanternon a été installé qui couronne le toit du corps principal. Il fut habité par la famille Catoire de La Haye.

Le Figaro accorda un hommage, à la page 2 du numéro du 5 janvier 1942 (page 2), à Madame Max Catoire, décédée le 19 novembre. Elle fut la fondatrice du Comité de Louviers de la Croix-Rouge Française puis présidente d'honneur en tant que bienfaitrice. Une messe funèbre fut célébrée dans l’église de Montaure le 22 novembre en présence de Max Catoire. Le journal cite des travaux en cours d'exécution pour perfectionner le « dispensaire d'hygiène sociale de Louviers qui restera une des fondations de prédilection de Mme Catoire cela est dû, en grande partie, il sa charitable prévoyance qui, tout récemment, a permis de prolonger, jusqu'en 1954, la durée du bail du siège social du Comité de Louviers de la Croix-Rouge Française. Au nom des blessés de la grande guerre, soignés dans les formations sanitaires du Comité de Louviers de la S. S. B. M., des soldats, des prisonniers et des réfugiés de la dernière guerre, assistés par ses soins et par ses dons, des œuvres d'enfance, de jeunesse et d'hygiène sociale, en faveur desquelles s'est exercée, sous différentes formes, l'incessante générosité de Mme Max Catoire, le Comité tient à cœur d'inscrire le nom honoré de cette insigne bienfaitrice à la première page de son livre d'or. »

 

 

Sources

Quesné Victor, « Le Désert des carmes déchaussés de la Garde-Châtel », Bulletin de la Société d'études diverses, n° 6, 1903. Aussi accessible sur le net

Collectif, Le Figaro, lundi 5 janvier 1942.

 

A lire aussi... 

L'ouvroir de l'ange-gardien, bonnèterie, hôpital militaire... 

La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:54

Bien caché dans une propriété agricole du n° 25 de la rue de la Résistance, se trouve un très beau manoir. De ce que nous pouvons en voir depuis le chemin de la Garde-Châtel, ses murs gouttereaux sont réalisés en pans de bois et ses murs pignons sont maçonnés avec du moellon calcaire.

Nous tenons peut-être ici le manoir de Bigards, du nom d’une des grandes familles nobles de Montaure et, plus particulièrement, d’Ecrosville.

D’après les recherches de Françoise Guilluy, on trouve un Guillaume de Bigards qui rendit un aveu à Charles VII en 1457 pour son fief d’Ecrosville (page 46). En 1582, ces terres appartenaient à Antoine de Bigards, seigneur de La Londe, et étaient élevées en baronnie. Il possédait un moulin à Louviers, certainement à l’emplacement de l’actuel jardin de Bigards. En 1618, le fief de la Londe devint un marquisat. En 1673, François Le Cordier de Bigards, marquis de la Londe, rendit aveu au roi de son fief d’Ecrosville : « manoir seigneurial, bâti d’un grand bâtiment à usage de demeure, couvert de tuiles […] pressoir banal, grange, étable, four. La porte principale du manoir regarde le midi, devant laquelle est ma chapelle sous l’invocation de Saint Jean Baptiste… […] J’ai des fourneaux à faire pot et brique dont me sont payés les droits coutumiers par ceux qui y travaillent et prennent la terre sur mon fief. » (page 47). Il comptait parmi les personnalités les plus influentes de Normandie : conseiller au parlement, maire de Rouen depuis 1701. Les sépultures des Bigards se trouvaient dans Notre-Dame de Montaure où ils avaient une chapelle (la première à droite en entrant) placée sous l’invocation de saint Eloi et de saint Vincent.

 

Source

Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages.

 

A lire aussi sur la toile...

Les Le Cordier de Bigards sur le blog de Suzanne Morillon-Vilatte consacré à Bourgtheroulde (rubrique : "Les Le Roux d'Infreville")

 

A lire aussi sur ce blog... 

Aux origines de Montaure et de son nom

Vues lointaines sur ce qui pourrait bien être le manoir d'Ecrosville (clichés Armand Launay, été 2013)
Vues lointaines sur ce qui pourrait bien être le manoir d'Ecrosville (clichés Armand Launay, été 2013)

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:34

L'ancienne ferme de Blacquetuit comprend un ensemble de bâtiments dans un enclos comprenant un logis, une remise, une étable et – surtout – une grange aux dimes. Cet ensemble se trouve près des Fosses de Montaure, derrière le cimetière communal. C'était autrefois une propriété des moines de l'ancienne abbaye de Bonport.

Le logis et la grange dimière sont les bâtiments les plus intéressants d'un point de vue patrimonial. Ils semblent dater du XVe siècle avec quelques éléments antérieurs qui vont attirer notre attention ci-dessous.   

Concernant le logis, son mur gouttereau nord comprend en son milieu une partie en pierres de taille de différentes dimensions et, certainement, de différentes périodes remontant peut-être au XIIIe siècle. Nous établissons cette date à partir de comparaison des appareillages de l'ancienne abbaye de Bonport et des remparts de Pont-de-l'Arche. Dans cette même partie du mur se voient nettement deux voutes (en arc brisé) couronnant une porte murée avec de petits blocs de silex noir. Cette porte jouxte un impressionnant contrefort.

Plus vers l'Ouest, se trouvent deux autres voutes en pierres de taille. Bien plus hautes, elles attestent l'existence d'une autre porte dévolue aux charrettes.

Sur le mur pignon donnant sur la rue (Est), se trouvent deux puissants contreforts irréguliers et, peut-être, quelques vestiges d'une petite ouverture à quelques mètres au-dessus du sol, sous une partie charpentée plus récente. Nous n'avons vu que ces parties du bâtiment. Le reste est composé de blocs de silex noir et d'une partie à pans de bois située sous le toit. Cette partie semble correspondre à la hauteur maximum du bâtiment fabriqué avec des pierres de taille dont témoigne la partie du mur nord. Il semblerait donc que les parties en pierres de taille ne soient pas que de simples reconstructions faites à partir de pierres achetées ailleurs et recomposées en ce lieu. De quoi était faite la charpente auparavant, reposait-elle sur des entraits ?  

Quant à la grange dimière, la pente de ses deux pans est caractéristique du Moyen-âge. Son mur pignon nord constitue l'entrée de ce bâtiment agricole. Cette entrée est couronnée par une voute en pierres de taille (en arc brisé surbaissé). Ses arêtes sont chanfreinées. Une petite ouverture montre qu'un étage offrait un espace de stockage supplémentaire. Tout comme le logis, ce bâtiment a été largement remanié et la plus grande partie du remplissage de ses murs a été refaite avec de petits blocs de silex noir. 

 

Blacquetuit, une terre disputée

Un lieu appelé Tostes apparut en 1255 dans une archive où le pape Alexandre IV autorisa les moines de Bonport à construire un autel dans leur "grange de Tostes". A la demande de Louis Colbert, abbé commendataire de Bonport – et surtout fils du célèbre homme d’État – le hameau de Tostes fut retiré du giron montaurois et érigé en paroisse le 14 janvier 1687. Or, de nombreuses terres agricoles ou boisées de Montaure se retrouvèrent peu à peu dans le terrier de Bonport : Treize Livres, La Corbillère et Blacquetuit… 

L’intérêt de Louis Colbert était d'obtenir une mainmise complète sur la paroisse de Tostes, forte de près de 300 hectares de bois et 300 hectares de terre, et de dimes...

En 1791, l'administration révolutionnaire attribua tout de même à Montaure la ferme de Blacquetuit étant donnée sa proximité avec ce chef-lieu de commune.

 

A lire aussi...

Aux origines de Montaure et de son nom

L'église Sainte-Anne de Tostes

Tostes et son histoire

 

 

La ferme de Blacquetuit en arrivant depuis la route des Fosses de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)

La ferme de Blacquetuit en arrivant depuis la route des Fosses de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)

Le logis de la ferme de Blacquetuit, zoom sur la partie plus ancienne en pierres de taille qui comprend une porte murée et couronnée par deux voutes (cliché Armand Launay, été 2013)

Le logis de la ferme de Blacquetuit, zoom sur la partie plus ancienne en pierres de taille qui comprend une porte murée et couronnée par deux voutes (cliché Armand Launay, été 2013)

Le logis de la ferme de Blacquetuit, vue plus générale où l'on aperçoit, plus à droite, une autre double voute en pierres de taille (cliché Armand Launay, été 2013).

Le logis de la ferme de Blacquetuit, vue plus générale où l'on aperçoit, plus à droite, une autre double voute en pierres de taille (cliché Armand Launay, été 2013).

La grange dimière de la ferme de Blacquetuit, vue mur pignon nord (cliché Armand Launay, été 2013).

La grange dimière de la ferme de Blacquetuit, vue mur pignon nord (cliché Armand Launay, été 2013).

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:22

L’exploitation d’un filon d’argile de qualité du Deffend à Ecrosville a occupé les artisans puis entrepreneurs de La Haye-Malherbe et, dans une moindre mesure, de Montaure. C’est ce qu’a mis en relief Françoise Guilluy dans son ouvrage Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure.

  

De la ferme du Deffend à Ecrosville, un important filon d'argile de qualité a donné aux habitants de La Haye-Malherbe et Montaure une activité artisanale et industrielle depuis au moins le XVIe siècle jusqu'à 1955 (carte d'état major IGN 1/25 000e). .

De la ferme du Deffend à Ecrosville, un important filon d'argile de qualité a donné aux habitants de La Haye-Malherbe et Montaure une activité artisanale et industrielle depuis au moins le XVIe siècle jusqu'à 1955 (carte d'état major IGN 1/25 000e). .

L’origine de l'exploitation de l'argile locale reste indéterminée. Françoise Guilluy cite (pages 68 et 71) les travaux de Joseph Drouet qui avança en 1883, que certains objets en céramique trouvés dans les fouilles de sites gallo-romains à Caudebec-lès-Elbeuf proviendraient de Montaure ou de La Haye-Malherbe. Joseph Drouet a dû être influencé dans son interprétation par le fait, qu’au XIXe siècle, les tuiles de La Haye-Malherbe étaient embarquées sur bateaux au quai aux tuiliers, à Caudebec-lès-Elbeuf. Cependant, il n’a pu fournir de preuves scientifiques sur la nature de l’argile ou sur le travail des poteries attestant l’origine malherboise.

Quelques traces apparaissent, çà-et-là, sur cette activité comme en 1253 où une charte de Bonport mentionne une vente par Robert Tuillier (tegularius) d'une rente de 5 sous à prendre par les moines de Bonport sur une terre près de la léproserie de Montaure (Jules Andrieux, page 202). La profession de tuillier fournit un nom à ce personnage. 

Il faut attendre le XVIIe siècle pour lire des références explicites au travail de l’argile à Montaure. En 1673, François Le Cordier de Bigards, marquis de la Londe, rendit aveu au roi de son fief d’Ecrosville : « J’ai des fourneaux à faire pot et brique dont me sont payés les droits coutumiers par ceux qui y travaillent et prennent la terre sur mon fief. » (page 47).

Le plan terrier des « terres et seigneurie de Montaure » de 1763 nomment les longères d’Ecrosville « masures au bout à potiers ». L’actuelle « rue aux Potiers » semble en être un vestige. Ici se trouve un bâtiment industriel du XIXe siècle en brique, moellons et pans de bois, juste derrière le n° 10 de la rue de la Résistance. Nous n’avons pu visiter les lieux et vérifier éventuellement la présence de fours mais ce bâtiment doit être le témoin d’un des deux potiers montaurois cités par Louis-Etienne Charpillon en 1868. Françoise Guilluy cite l’atelier de François Lécuyé (page 61) et précise qu’en 1896 il n’y avait plus de potiers dans la commune.

La rue Aux potiers témoigne de l'existence passée de l'exploitation de l'argile à Ecrosville-Montaure. Quant à ce bâtiment situé dans la rue Aux potiers et derrière le n° 10 de la rue de la Résistance, il pourrait bien avoir accueilli une poterie au XIXe siècle (clichés Armand Launay, été 2013)
La rue Aux potiers témoigne de l'existence passée de l'exploitation de l'argile à Ecrosville-Montaure. Quant à ce bâtiment situé dans la rue Aux potiers et derrière le n° 10 de la rue de la Résistance, il pourrait bien avoir accueilli une poterie au XIXe siècle (clichés Armand Launay, été 2013)

La rue Aux potiers témoigne de l'existence passée de l'exploitation de l'argile à Ecrosville-Montaure. Quant à ce bâtiment situé dans la rue Aux potiers et derrière le n° 10 de la rue de la Résistance, il pourrait bien avoir accueilli une poterie au XIXe siècle (clichés Armand Launay, été 2013)

Quant à l’activité tuilière, elle apparait dans le plan terrier de la seigneurie de Saint-Saire, datée de 1742 et conservée à la mairie de La Haye-Malherbe. Il mentionne à Montaure un « triège de la thuillerie au Cherre ou Buisson Pelgas », près de la rue à la Boudine. Le nom de « cherre » était aussi donné à la rue de la poste, à La Haye-Malherbe. Peut-être était-ce un nom de famille, disparue depuis, ou un mot du parler local.

Le plan terrier de Montaure, cité ci-dessus, désigne le « triège de la thuillerie au cherre » situé entre le triège des Forrières et le château. Or, ces trièges étaient séparés par « la rue venant de la Haye Malherbe à Montaure et tendant au chemin des forières ». C’est-à-dire précisément l'actuelle rue à la Boudine. La Boudine est une terre meuble que l’on peut boudiner, poteler. Il dût y avoir une activité propre à l’argile ici.

La rue A la boudine, dans le centre-bourg de Montaure, témoigne assurément de l'activité tuilière dans l'ancien "triège de la thuillerie" (cliché Armand Launay, septembre 2013)

La rue A la boudine, dans le centre-bourg de Montaure, témoigne assurément de l'activité tuilière dans l'ancien "triège de la thuillerie" (cliché Armand Launay, septembre 2013)

Autres traces locales de l’exploitation de l’argile, les tuiles de certains bâtiments, les pavés comme les tomettes d’une partie du chœur de l’église Notre-Dame (cliché Armand Launay, été 2013).

Autres traces locales de l’exploitation de l’argile, les tuiles de certains bâtiments, les pavés comme les tomettes d’une partie du chœur de l’église Notre-Dame (cliché Armand Launay, été 2013).

Comment mesurer l’importance de l’exploitation locale de l’argile ? Il faut savoir que, vers 1870, La Haye-Malherbe et Montaure rassemblaient la moitié des poteries de l’Eure. Et pour cause, en 1868, Louis-Etienne Charpillon dénombrait un tuilier à La Haye-Malherbe mais surtout 31 potiers. La terre était puisée aux Puchaux, de « pucher » qui signifie puiser en Normand. Une rue des Tuiliers existe toujours à La Haye-Malherbe. Vers 1870, il existait une tuilerie montauroise, citée par Françoise Guilluy (page 159), dont la trace est perdue en 1891. Peut-être s’agit-il de la même tuilerie que le plan terrier situe aux alentours de la rue à la Boudine.

Françoise Guilluy précise et confirme cette quantité de potiers et tuiliers malherbois : 27 tuiliers-potiers en 1801 (page 131) ; 44 tuiliers en 1825 dont 3 au Mont-Honnier (page 132) ; 14 tuiliers en 1891 ; 9 tuiliers en 1901 (page 133) et 6 tuiliers en 1911. La même auteure reprend (page 122) une délibération du Conseil municipal de La Haye-Malherbe : datée de 1865, elle demande des arrêts plus fréquents à gare car l’industrie locale produit 6 000 tonnes de tuiles, pavés et poteries par an. Elles sont exportées dans les 30 km.

Françoise Guilluy nous apprend la date ultime de toute exploitation de l’argile locale. Il s’agit de 1955 avec la fermeture de la poterie Leroux, près du Deffend.

 

Sources

- Andrieux Jules, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port de l'ordre de Citeaux au diocèse d'Evreux, Evreux, Auguste Hérissey, 1862, 434 pages ;

- Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

Guilluy Françoise, "Les potiers de Montaure et de La Haye-Malherbe", pages 35 à 41, Collectif, Monuments et sites de l'Eure, Brionne, Amis des monuments et sites de l'Eure, n° 149, décembre 2013, 48 pages. 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:44

Taillée dans de la pierre calcaire, la croix monumentale de Montaure date du XVe siècle ou du XVIe siècle. Cette propriété communale a été inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 3 décembre 1954.

Vu son emplacement, elle doit être le dernier vestige de l’ancien cimetière, situé autour de l’église, dont elle était la croix hosannière. C’est ce que prouverait la sculpture du Christ en croix, d’un côté, et de la Vierge à l’Enfant, de l’autre côté.

Cette croix hosannière a été déplacée car le Christ est le premier à recevoir la lumière et donc situé à l’Est d’où naissent les rayons solaires.

Or, il est aujourd’hui à l’Ouest, c’est-à-dire tourné vers le visiteur de l’église. La disparition du cimetière a créé la place Jean-Baptiste-Charcot qui donne au cœur de Montaure un aspect très pittoresque.

 

Source

Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr.

 

A lire aussi...

L'église Notre-Dame de Montaure et le prieuré de bénédictins

La croix hosannière du cimetière de Pont-de-l'Arche

La croix hosannière de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)
La croix hosannière de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)
La croix hosannière de Montaure (cliché Armand Launay, été 2013)

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...