Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 18:51

Paulette Lecureux est née en 1941 à Rouen. Elle arrive à Pont-de-l’Arche en 1964 en tant qu’enseignante en maternelle puis en élémentaire. A l’écoute des problèmes subis par certains de ses élèves et leurs familles, elle s’engage en 1977 dans l’équipe de Roger Leroux où se côtoient communistes, socialistes et divers gauche comme elle. Elle devient adjointe aux Affaires sociales, adhère au PCF et s’en éloigne au bout de deux ans. Elle rejoint le parti socialiste au cours de son deuxième mandat (1983-1989). En 1989, elle est élue maire face à Roger Leroux et sa liste à majorité communiste.

Après avoir été 12 années adjointe au maire, elle devient maire pendant 12 ans avant de redevenir adjointe pendant 6 ans au côté de Richard Jacquet (2008-2014). Elle totalise 30 ans de mandat et d’investissement salués déjà le 23 octobre 1998 par Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand, qui lui a remis les insignes de l’Ordre national du mérite. Dans son discours, il a souligné que « l’école a été pour toi un grand pas vers l’engagement public. En 1977, tu franchis le pas. Ce besoin d’aider les autres et de t’investir restera présent. En 1989, tu deviens maire : te voilà en première ligne, au front en quelque sorte. Durant toutes ces années, ton ambition s’exprime par ton souci de valoriser ta ville, de développer le tourisme, de confirmer son identité de cité historique. Tu ne changes pas, tu restes chaleureuse, volontaire, passionnée, entière, tenace, éprise de justice et profondément intègre. » 

 

Adjointe de 1977 à 1989

Elue adjointe aux Affaires sociales, Paulette Lecureux définit en 1978 les missions du Centre municipal d'action sociale (CMAS) qu’elle préside. Si elle a redéfini les priorités d’actions depuis, notamment en faveur de l’emploi, les missions actuelles (2013) du CCAS se fondent toujours sur ce travail. Paulette Lecureux est une élue très investie et ce malgré 6 années d’aller-retour professionnels vers Paris. En 1986, elle obtient notamment la construction du gymnase du collège en tant que présidente du syndicat intercommunal. Forte de sa notoriété et de son relationnel, Paulette Lecureux présente une liste en 1989 face à Roger Leroux et l’emporte. Son groupe compte 13 élus face à 10 élus d’opposition. Malgré sa virulence, cette opposition a été balayée aux municipales de 1995 et ce n’est qu’en 2001, face à une alliance hétéroclite allant du PCF à la droite, qu’elle est battue par Dominique Jachimiak.

 

Paulette-Lecureux-1989.JPG

Paulette Lecureux posant dans le bureau du maire pour l'éditorial de Pont-de-l'Arche ma ville (1989).

 

Maire de 1989 à 2001

Les deux mandats de Paulette Lecureux sont riches en réalisations qui visent à améliorer le cadre de vie des habitants et à garantir la mixité sociale et ce en baissant l’imposition.

 

Services publics municipaux

De nouveaux services sont créés et les biens communaux sont entretenus et améliorés. Les activités du Centre de loisirs (géré par le CAEJ) passent de 15 000 journées enfants en 1995 à 24 000 en 2000. L'accueil est étendu à toute l’année. Le terrain de camping est acheté (1990) et entièrement rénové (2000). La police municipale est créée à la place du garde champêtre (1994) et établie dans des locaux acquis pour elle (1995) au n° 4 de la place Aristide-Briand (revendus en 2010 par l'équipe de Richard Jacquet). Paulette Lecureux fait acheter (1997) et aménager (2000) des ateliers techniques municipaux, ceux du chemin de la Vallée étant devenus inadaptés. Elle fait agrandir la gendarmerie (1994). Elle et son équipe ouvrent aussi la Caverne des jeunes, un espace destiné aux 13-17 ans. Ce local est aménagé (1991) dans le Centre de loisirs.

 

Petite enfance

La petite enfance est nettement accompagnée et développée durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Outre l'éveil des enfants, c'est l'égalité homme-femme devant le travail qui est visée. Une maison située au n° 12 de la place du Souvenir est achetée (1994). Y sont installés provisoirement la crèche associative Bidibul (créée en mai 1994) et le Relai des assistantes maternelles (RAM). Paulette Lecureux fait acquérir (1996) et aménager le « Manoir de Manon » afin d’y accueillir (1998) ces deux précédents services. Une maison sise au n° 21 de la rue Julien-Blin est acheté (1996) dans l’objectif d’ouvrir le bailliage sur la ville et d’aménager un jardin. Ce lieu accueille aujourd'hui le Relai des assistantes maternelles. 

 

Ecoles

L'équipe de Paulette Lecureux fait évoluer les infrastructures et les services scolaires afin de faire face à l'évolution démographique. Un service de transports scolaires est mis en place (1989). Une salle d’activité est créée au groupe scolaire Maxime-Marchand (1994). La restauration scolaire est privatisée (1998) et la 6e classe de l'école maternelle Les Lutins est inaugurée (1997). Des travaux d’agrandissement du groupe scolaire Maxime-Marchand sont lancés.  

 

Social

Si cette compétence est dévolue au département, la municipalité de Paulette Lecureux a entrepris d'importants projets qui ont nécessité des équipements nouveaux. Les locaux de l’actuel centre médicosocial (géré par le Conseil général) sont achetés (1989) afin d'accueillir le public dans de meilleures conditions (le centre étant auparavant dans un appartement des Lupins). L’hôtel de Normandie est acheté (1996) pour en faire une résidence d’urgence (1999), l’actuel Foyer de jeunes travailleurs. Le contrat de ville est signé avec la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) le 22 décembre 2000 afin de favoriser les loisirs et la médiation auprès des jeunes.

 

Urbanisme

L'idée de redonner une identité à la ville et d'améliorer le cadre de vie de ses habitants se mesure aux nombreux projets urbains lancés et réalisés durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Le parking de la salle des fêtes est aménagé (1993). La rue Abbé-de-Lanterie est élargie (2000). Le premier columbarium du cimetière est posé (1996). Une rénovation lourde du centre-ville est entreprise (place Maréchal-Leclerc, place Hyacinthe-Langlois, rue Président-Roosevelt, Julien-Blin, Alphonse-Samain). Elle est conduite par le cabinet Arc en terre (Denis Comont) (1996- 1997). Cette rénovation a pour objectif de valoriser le caractère historique du centre-ville et de le restituer aux piétons. L’Espace Jacques-Henri-Lartigue est créé. Il a commencé par le rachat de l’usine Jeanbin (1989), rasée et remplacée par un parking (1991) en attendant le début des travaux (1995). Ceux-ci ont démarré par les logements HLM, suivis par la création de cases commerciales et de services (médecins, la poste) le long de la rue Jean-Prieur. Cette résidence a été pensée par l’architecte Thomas Noviczky et a été inaugurée en 2002. Les berges de l’Eure sont aménagées en deux temps (1990 et 1993) et aboutissent sur la création du chemin Claude-Boubet (1993). La piscine communale, créée en 1967 par Roland Levillain, est rasée car elle ne répond plus aux normes de sécurité (1996). Il est projeté de faire construire une nouvelle piscine dans le cadre de l’intercommunalité. La rénovation de la place du Souvenir (2000), du rempart au Monument aux morts, est rendue possible par le rachat (1992) du local Meubles-Jacques. Le Chemin du Becquet est aménagé (1990) jusqu’au Clos de Bonport pour desservir les nouveaux quartiers.

  

HLM

Le mandat de Paulette Lecureux est caractérisé par la création de logements HLM dans la mesure des espaces disponibles et dans un souci de préserver la mixité sociale. Ainsi ont été créés l’Espace Jacques-Henri-Lartigue (1997) (voir ci-dessus), la résidence du Becquet (1991) et projetée la réhabilitation complète de l’Anneau des Rosiers (2000) réalisée en 2004.

 

Accession à la propriété

Des projets privés ont vu le jour notamment grâce à l’ouverture de l’échangeur de Criquebeuf (1996) : l’Oiseau blanc (1998) et les dernières tranches de La Pommeraie dont les rues Louise-Michel, Joseph-de-Gay-Lussac et Antoine-Laurent-de-Lavoisier.

 

Patrimoine historique

Paulette Lecureux a souhaité agir en faveur de l’identité de la ville. Le patrimoine historique n’a pas été oublié que ce soit son entretien ou sa promotion : première plaquette touristique (1989), restauration de l’orgue qui retrouve sa voix (1995) et de diverses parties de l’église Notre-Dame-des-arts, achat du bailliage (1998), rénovation du calvaire de la Procession (1992), rénovation du mur du cimetière et de son calvaire (1998).

 

Animations et sports

La période 1989-2001 connait une vie culturelle, associative et commerciale active. La mairie prend cependant une part de plus en plus importante et organise, notamment, une exposition sur Jacques-Henri Lartigue avec publication d’un livret (1994), une exposition sur Octave Mirbeau. Le Foyer du Beauregard, salle associative, est inauguré (1993) et l’Office municipal des sports organise son premier forum (1997). L’Agorespace de la résidence Louis-Aragon est créé (1993). Les terrains du futur parc ludique sont achetés (1993). Il est un temps prévu d’y construire un gymnase avant de le prévoir (2000) le long de la rue Nungesser-et-Coli. Il sera réalisé par l’équipe suivante (2003).

 

Fiscalité

Les mandats de Paulette Lecureux, dont l’adjoint aux finances est Gérard Molle, sont caractérisés par une baisse régulière de la taxe d’habitation (de 15,92 % à 11,4 %) et du foncier bâti (de 34,5 % à 21,9 %). L’endettement a légèrement baissé durant ses deux mandats. En 1997, l’abattement général à la base (15 %) concernant la taxe d’habitation est supprimé et remplacé par un abattement (15 %) pour les familles ne payant pas d’impôt sur le revenu et dont le logement a une valeur locative brute en deçà de la moyenne communale. En 1994, les emprunts contractés entre 1977 et 1983 arrivent à échéance et offrent à la Ville une marge de manœuvre appréciable expliquant les nombreuses réalisations.

 

Durant ce mandat

Le Conseil général remplace le carrefour des Damps par un rondpoint et aménage l’avenue De-Lattre-de-Tassigny (2001). Sous l’impulsion de Paulette Lecureux, l’extension et la rénovation de l’hôpital local reprennent (1994-1996) avec la mobilisation d’Archépontains auprès du Ministère de la Culture afin de sauvegarder la chapelle et un ancien bâtiment. Les travaux sont conduits par Bruno Foulkes (Louviers). L’extension et la rénovation du collège Hyacinthe-Langlois par le Conseil général est lancée (1995-1996). Elle est conduite par l’architecte Nicolas Rougeulle de l’atelier Bellefontaine (Le Havre). L’administration de la poste veut fermer le bureau de Pont-de-l’Arche. Suite au refus de la population (référendum de 1993) de faire financer par la Ville la construction d’un nouveau bureau, l’équipe de Paulette Lecureux parvient à inclure en 1995 le guichet de la poste dans le nouvel Espace Jacques-Henri-Lartigue (voir ci-dessus), les facteurs partant trier le courrier à Val-de-Reuil.

 

Le contournement Est-ouest

Le contournement de Criquebeuf – Pont-de-l’Arche – Les Damps fut initialement demandé en 1983 par l’équipe de Roger Leroux, désireuse d’éloigner une circulation augmentant toujours plus. Le 16 décembre 1996, le Conseil municipal présidé par Paulette Lecureux relance ce dossier auprès du Conseil général. Lasses des délais, deux associations se créent : Gardez le bon air et Agissons ensemble pour le contournement de Pont-de-l’Arche.

Les édiles archépontains débloquent la question du tracé en abandonnant l’idée de faire passer le contournement par la route forestière de Cobourg (idée rejetée par l’Office national des forêts), il abandonne le projet de supprimer le péage Incarville (idée – irréalisable – de la Direction départementale de l’équipement). La Ville accepte l’empiètement sur ses terrains de sports. Ainsi une étude d’impact peut se dérouler. Paulette Lecureux a longtemps été accusée d’inaction sur ce dossier par L'Arche expression, son opposition non élue. Cependant, cette dernière souligne, dans Point de vue n° 7 (octobre 1997) que « Ce 15 septembre 1997, les élus municipaux ont voté le début du processus de la réalisation du contournement de notre cité ». L’étude prend fin en 1998 et débouche sur l’adoption d’un tracé satisfaisant toutes les parties et tous les organismes de contrôle de l’Etat.

Le tracé de contournement est adopté lors du Conseil municipal du 10 décembre 1998. La question du financement de celui-ci, par le Conseil général et la Région Haute-Normandie, revient au successeur de Paulette Lecureux. Notons que le retard du dossier du contournement est partiellement dû au fait que les autorités préfectorales ont lié cette question au projet de contournement Est de Rouen, dossier encore en cours en 2013.

 

L’intercommunalité

C’est la question de l’intercommunalité qui, semble-t-il, a fait chuter Paulette Lecureux. La loi n° 92-125 du 6 février 1992, dite loi Joxe, incite les collectivités locales à se regrouper en Communautés de communes. La Préfecture de l’Eure réunit un Comité interministériel du territoire le 10 février 1993 et retient le principe d’un Projet d’aménagement concerté du territoire (PACT) sur le site « Val de Seine ». Il s’agit d’impulser l’intercommunalité au niveau des 4 cantons de la région de Louviers (dont celui de Pont-de-l’Arche).

Les objectifs de cette structure syndicale sont le développement économique, l’aménagement du territoire, le social et la politique de la ville. Pour attribuer la présidence du PACT urbain, les plus grands élus locaux, Odile Proust (maire RPR de Louviers) et Bernard Amsalem (maire PS de Val-de-Reuil) trouvent un terrain d’entente et élisent Paulette Lecureux, maire de la troisième commune du Pact urbain. Le 2e vice-président est Franck Martin, nouveau maire de Louviers (1995) et futur président de la Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE). Karine Inion est recrutée cheffe de projet. Avec Paulette Lecureux et les élus, elle a 5 ans pour jeter les bases de l’intercommunalité : élaboration du premier Plan local de l’habitat, définition de la politique de la ville (équipements multisports comme l’Agorespace de Pont-de-l’Arche), projets culturels comme « Forêt de Bord : le lien » (1999).

Le PACT urbain initie peu à peu les élus à la pensée intercommunale, à l’élaboration de projets communs autour du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la collecte et du traitement de l’eau, des déchets, les transports… Cependant cette initiation a été difficile chez les élus, par incompréhension ou par choix stratégique, et plus encore dans la population. Certains maires du canton de Pont-de-l’Arche ont souhaité créer une intercommunalité à l’échelle cantonale. En 1996, ils créent la Communauté de communes Seine Bord. Paulette Lecureux, très investie dans le PACT urbain, refuse de faire entrer Pont-de-l’Arche (Conseil municipal du 12 juin 1996) et veut faire adhérer la Ville à la Communauté de communes de Louviers et Val-de-Reuil (Conseil municipal du 30 septembre 1999), la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) constituée le 1er janvier 2001 autour de 22 communes. Cette naissance fut difficile, la Préfecture mettant séparément Pont-de-l’Arche, Les Damps et Léry tantôt dans la CASE tantôt dans Seine Bord ! Notre ville fut définitivement incluse dans la CASE le 25 septembre 2000.

Si l’histoire a donné raison à Paulette Lecureux le 1er janvier 2013 où Seine Eure et Seine Bord ont fusionné, cette dernière a peiné à expliquer le bienfondé de sa démarche, elle qui a tôt compris l’intérêt de l’intercommunalité. L’Arche expression s’est engouffrée dans l’opposition à la CASE et a dépeint Paulette Lecureux comme un personnage autoritaire livrant – grâce à ses relations – la ville à Louviers et Val-de-Reuil. Arcboutés sur le canton par incompréhension ou par stratégie, les membres de L’Arche expression entretiennent les craintes des habitants sur un échelon méconnu de la décentralisation : l’intercommunalité. Ceci démontre un trait de caractère de Paulette Lecureux, moins politique que gestionnaire, moins stratège que passionnée. Elle a soutenu jusqu’au bout un projet peu populaire. Idem aux cantonales de 1998 où elle a perdu de nombreuses voix face à Gaétan Levitre (PCF), elle qui se prononçait pour le centre d’enfouissement technique de Pîtres.

 

Paulette-Lecureux-par-Andre-Rocques--2009-.JPG

Paulette Lecureux posant pour le Forum de la femme en 2009 (photo A. Roques).

 

Adjointe de 2008 à 2014

Paulette Lecureux renoue avec la mairie de Pont-de-l’Arche en 2008 au côté de Richard Jacquet. Adjointe à l’Intercommunalité puis adjointe à la Jeunesse et vie sociale, elle s'investit dans un domaine bien connue d'elle : la prévention et la médiation au Bon-air, quartier qu'elle avait inscrit en 2000 dans le contrat de ville signé avec la CASE. Le service Jeunesse et vie sociale, créé durant ce mandat, a sans cesse évolué depuis son installation au Tremplin, avec d'autres services, jusqu'a son affectation au Mille club. Paulette Lecureux a continué à soutenir le commerce de proximité et les équipes de l'union commerciale et artisanale. Depuis 2008, elle est rapporteuse de la commission Commerce et artisanat de la CASE et membre de la commission Développement économique Paulette. Après 30 années de mandat, Paulette Lecureux a décidé de tourner une grande page de sa vie pour découvrir d'autres horizons, privilégiant maintenant sa vie personnelle. 

 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Le Trait d'union : bulletin d'information municipal (1977-1989)

Pont-de-l'Arche ma villebulletin d'information municipal (1989-2001)

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 19:11

Aristide-Briand--31-.JPG

 

Les carnages ?

A. Doinel rapporte [1] que les habitants de Pont-de-l’Arche étaient surnommés les « Carnages » à la fin du XIXe siècle. Prononcez Carnâges avec un dernier « a » gras. Derrière ce mot, tout comme celui de Pontdelarchiais, l’on sent la connotation populaire revendiquée par les milieux les plus modestes. Ce sobriquet serait issu de l’expression le « quart nage » [2]. En effet, quand Pont-de-l’Arche avait un pont fortifié, son franchissement était soumis à un impôt. Dans une note (page 59) de Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie [3] Amable Floquet rapporte que « Au mois de mai 1616, ceux qui gardaient le château du Pont-de-l’Arche se permettaient des exactions sur les marchandises dont étaient chargés les navires qui passaient par là. Plus tard, l’abbé de « Bois-Robert, ayant découvert au cardinal que Saint-Georges, gouverneur du Pont-de-l’Arche, prenoit tant sur chaque bateau qui remontoit, et qu’on appeloit ces bateaux des cardinaux, Saint-Georges fut chassé. » Amable Floquet rapporte aussi que les Etats de Normandie, réunis à Rouen le 26 novembre 1643, remontrèrent au roi que « La garnison du Pont-de-l’Arche est un impost sur le vin » et qu’il faudrait faire « défenses aux soldats de rien prendre ausdicts basteaux » et en faire « respondre le capitaine du chasteau » qui était toujours Jean de Lonlay, seigneur de Saint-Georges. Le même Amable Floquet clôt ainsi la note : « Le 11 mars 1649 (pendant les troubles de la Fronde), le Parlement supprima, comme illégal, le droit de cinq sous par courbe de chevaux hallants bateaux entre Elbeuf et le Pont-de-l’Arche. » Selon la tradition orale, le sobriquet des Archépontains – les Carnages – viendrait de cet épisode où Pont-de-l’Arche était un pays où les quarts (de vin) nagent ; les marchands devant lâcher une partie de leur marchandise dans l’eau, à destination des soldats.  

Mais pourquoi désigner toute la population par une sorte d’insulte qui touche les gardes ? Peut-être y a-t-il un rapport avec les dizaines, voire centaines de personnes qui halaient les bateaux sous le pont et qui ont peut-être exigé parfois de quoi étancher leur soif ? Cette ancienne insulte est depuis longtemps devenue un clin d’œil amical au passé des Archépontains.

 

Pontdelarchiais ?  

Spontanément les habitants de la ville se sont appelés les « Pondelarchiais » ce qui, à défaut de bien sonner à l’oreille, est tout à fait logique. Certains d’entre eux ont même donné ce nom de « Pontdelarchiais » au dialecte normand mâtiné d’argot qui était parlé ici jusqu’à la Seconde guerre mondiale. Ce nom n’a jamais été officiellement donné aux habitants de la ville. Jusqu'à plus ample informé, personne n'a osé coucher cette forme par écrit. 

 

Archipontains puis Archépontains

Quand en 1900 Eugène Ferrand adressa un bilan de son mandat aux Achépontains [4], il l'intitula Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche et n'écrivit jamais Archépontains. Au début du XXe siècle apparait dans le langage oral l'expression Archépontine, écrite dans le journal L'Elbeuvien du 12 septembre 1917. On peut lire le féminin de la forme orale "Archépontin". Cependant cette gentilé ne fut pas fixée officiellement. 

On trouve « Archi-pontain » dans le journal L'Industriel de Louviers en 1934 [5] et encore « Archipontain » dans le premier bulletin municipal en 1965 [6]. C'est cette forme qui prédomine alors comme en témoigne le nom de la société créée en 1970 pour gérer la maison de retraite Les Pins : L'Association archipontaine des équipes féminines". C'est sous ce nom qu'elle demeure en 2013. 

Cependant, l'oralité lui a préféré la forme Archépontaine qui est enregistrée dans le marbre de l'administration depuis les années 1980 et de l'Internet depuis peu. 

A l'heure de l'Europe, il ne lui manque plus qu'une forme anglo-saxonne par laquelle certains  - dont je suis - pourraient dire crânement : I'm a native archepontan ! 

 

Notes

[1] Doinel A., Notice historique sur Alizay, 1880, Paris : Le livre d’histoire-Lorisse, 2004, 72 pages.

[2] Patin Jean-Pierre "Au pays des Carnages", Pont-de-l’Arche [bulletin municipal] n° 28, février 1996, Pont-de-l’Arche : mairie de Pont-de-l’Arche, 28 pages, voir la page 24.

[3] Floquet Amable, Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie après la sédition des nu-pieds (1639-1640) et documents relatifs à ce voyage et à la sédition, Rouen, E. Frère, 1842, 448 pages.

[4] Ferrand Eugène, Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche, [1900], 15 pages. Bibliothèque administrative de la Ville de Paris : Br. 14781.

[5] L'Industriel de Louviers, "L'inauguration du groupe scolaire à Pont-de-l'Arche fut une belle manifestation de concorde"1er décembre 1934

[6] Pont-de-l’Arche : revue cantonale, mairie de Pont-de-l'Arche, 1965, 28 pages.

 

 


A lire aussi...

    L'historique de la ville

 

   Le blason de la cité

 

   L'insolite de Pont-de-l'Arche 

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 13:57

 

La gendarmerie, une institution pérenne, évolue au fil des décennies. Nous avons retracé les différents déménagements de la gendarmerie de Pont-de-l’Arche depuis la Révolution française à nos jours. C’est un clin d’œil à ce représentant local de l’armée, lointaine émanation de l’infanterie française créée à Pont-de-l’Arche en 1481.   

 

A la recherche de la première gendarmerie

C’est grâce à deux témoignages que nous avons pu localiser la première gendarmerie de la ville. Roland Chantepie écrivit, page 319 [1], que « Le local de la gendarmerie se situait rue Montalent (aujourd'hui, rue Jean Prieur) ; désaffecté à la fin du Second Empire, ce vaste bâtiment servit pendant de nombreuses années à loger des familles nécessiteuses de Pont-de-l'Arche ; il fut ensuite démoli entièrement quelques temps avant la Seconde guerre mondiale et ce fut très dommage (1939).  Longtemps, on a pu lire au-dessus du portail principal l'inscription suivante : GENDARMERIE IMPERIALE, dont les lettres, avec le temps, finirent par s'altérer. » 

Puis, c’est la plume de Marcel Ouin, le patron des chaussures Marco, qui nous apporte des compléments d’information. Il les livre par la voix de sa grand-mère, page 164, qui prépara le repas de Napoléon Ier venu voir les travaux de l'écluse de Limaie [2] : « Tu n’oublies pas que je suis une Pasdeloup, que j’habitais rue Ste-Marie et qu’elle débouche juste en face de ce qui était à l’époque « la gendarmerie Impériale » (…) tu pourras encore lire au-dessus d’une porte-cochère, en plein cintre, « gendarmerie Impériale ».

 

C’est ce que l’on voit quand on agrandit une carte postale des années 1910. A droite du café épicerie Trumel, on retrouve la porte en plein cintre et l’on reconnait les contours de l’inscription « gendarmerie impériale ».

 

Jean Prieur (1)

A droite de cette carte postale des années 1910, apparait une porte en plein cintre. Elle constituait l'entrée de la première gendarmerie de Pont-de-l'Arche. 

 

Première gendarmerie

Agrandissement de la vue précédente.

 

Un vestige de cette gendarmerie subsiste aujourd’hui entre les numéros 4 et 6 de la rue Jean-Prieur. Ce sont quelques pierres de taille, certainement des réemplois des anciens remparts.

 

P1110408

Quelques pierres forment l'ultime vestige de la première gendarmerie

dans la rue Jean-Prieur (photo A. Launay, 2013). 

 

 

 

La gendarmerie de la rue Charles-Cacheleux

Roland Chantepie écrivit que la première gendarmerie fut désaffectée à la fin du Second empire, ce qui correspond à l’architecture et au matériau de la gendarmerie du numéro 14 de la rue Charles-Cacheleux. Ses dimensions permettaient de loger une plus grande garnison. Elle porte toujours l’inscription « Gendarmerie nationale » sur le même mode que la précédente gendarmerie.

 

P1120934

La deuxième gendarmerie, au numéro 14 de la rue Charles-Cacheleux (photo A. Launay, 2010).

 

P1120936

Inscription "gendarmerie nationale" sur la même façade

(photo A. Launay, 2010). 

 

 

 

La gendarmerie de la place Aristide-Briand  

Faisant face à la croissance de la population, la caserne de Pont-de-l’Arche a dû devenir trop étroite. Les gendarmes ont changé de locaux, semble-t-il après la Première guerre mondiale, où ils se sont installés dans une maison bourgeoise au numéro 4 de la place Aristide-Briand.

 

Aristide Briand (22)

A gauche, sur la place Aristide-Briand, la troisième gendarmerie de la ville sur une carte postale de la fin des années 1940 ou du début des années 1950.  

 

 

 

La rue Général-de-Gaulle : 1970

Les autorités militaires ont souhaité doter Pont-de-l’Arche et sa région d’une gendarmerie aux locaux fonctionnels. C’est ainsi que la municipalité de Roland Levillain fit construire la caserne au numéro 52 de la rue Général-de-Gaulle, gendarmerie et logements compris, en 1970. La gendarmerie fut agrandie par l’équipe de Paulette Lecureux en 1994 mais cela ne suffit bientôt plus...

 

Gendarmerie rue de Gaulle

Les locaux fraichement livrés de la quatrième gendarmerie, rue Général-de-Gaulle (archives municipales, 1970).

 

 

 

La cinquième gendarmerie, chemin du Becquet : 2008

Cinquième et dernier lieu, la gendarmerie actuelle fut érigée pour les autorités militaires par l’équipe de Dominique Jachimiak et livrée en 2008. Elle est située en bout de ville et constitue un véritable quartier avec ses logements. La précédente gendarmerie fut transformée en guichet des services sociaux et associatifs de la Ville (Le Tremplin) par l'équipe de Richard Jacquet.  

 

Gendarmerie

La façade de l'actuelle gendarmerie du chemin du Becquet (photo A. Launay, 2011).

 

 

Sources

[1] Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944).

[2] Ouin Marcel, Au coin du feu après la chasse, Pontoise : R. Lachèvre, 1948.

 

A lire aussi... 

La poste de Pont-de-l'Arche et ses déménagements !

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 13:08

Roland Levillain est né en juin 1912 à Saint-Martin-de-Boscherville et décédé le 21 février 2014. Il est le dernier maire de droite de Pont-de-l’Arche (1959-1977) et partage avec Jean-Charles Ducôté (maire de 1827 à 1845) le record de longévité aux commandes de la commune : 18 ans. Il était exploitant de scierie et de carrière au Bon-air [1] ce qui lui permit d’acheter de nombreux terrains, notamment ceux de La Pommeraie. Sa scierie a contribué à la construction du pont provisoire en bois (1941-1944) et fut, pour ces raisons, bombardée par l’aviation Alliée (3 juin 1944) [2].

 

L’élu municipal et l’adjoint d’Alix Duchemin

La lecture des archives montre l’implication politique de Roland Levillain dès les années 1950 où le PCF avait repoussé la gauche radicale-socialiste archépontaine au côté du centre droit. Ainsi, en 1953, Roland Levillain fut candidat sur une liste rassemblant des radicaux-socialistes et des personnalités de droite. Face à elle, la liste PCF et la liste divers droite de Charles Morel qui remporta le scrutin et fit élire Didier Simon. Le décès brutal de Didier Simon déclencha un nouveau scrutin. En 1954, la liste radicale-socialiste sortit des urnes ex-aequo avec celle de Charles Morel. Les conseillers municipaux firent élire – d’un fil et au bénéfice de l’âge – le radical-socialiste Alix Duchemin. Roland Levillain, marqué à droite, fut désigné adjoint, fonction qu’il assuma de 1954 à 1959.  

 

Roland-Levillain.jpg

Roland Levillain posant dans son bureau de maire pour le premier bulletin municipal : Pont-de-l'Arche : revue cantonale (1965) (photo Lefer). 

 

Le maire trois fois réélu

Roland Levillain bénéficia d’un contexte politique favorable. En 1959, les radicaux-socialistes, sans meneur, perdirent les élections face à la droite et disparurent du devant de la scène politique communale. Roland Levillain devint maire en 1959. Il en fut de même aux élections de 1965 où le PCF, pourtant bien implanté, ne réunit pas assez de voix face à la droite et à une partie de l’électorat de gauche non rassurée par le communisme et l’URSS. Roland Levillain profita de la division de la gauche en 1971 où la gauche socialiste et radicale émergea à côté du PCF, avant de s’écraser faute de meneur compétent. Les victoires de Roland Levillain furent en partie dues à la division de la gauche et à l’effondrement de la gauche républicaine, elles furent aussi le fruit du bilan de ce maire dont on peut lire le maintient de l’électorat, malgré une légère érosion, au fil des scrutins. Roland Levillain fit donc trois mandats, avec des listes constituées autour de commerçants et de personnes – même de gauche – investies dans la vie publique. Proche de son électorat, c’est lui qui instaura la plage horaire du mardi soir pour les permanences du maire. Il fut le dernier maire à avoir été traité solennellement en notable avec, par exemple, le garde champêtre annonçant l’entrée dans la salle de « Monsieur le Maire » au début des séances du Conseil municipal.

 

L’action municipale

Les mandats de Roland Levillain révélèrent l’entrepreneur, pour ne pas dire l’homme d’affaires. Des projets urbains extramuros ont émergé dans notre ville depuis les années 1930 (groupe scolaire) et plus encore depuis les années 1950 (salle des fêtes, pont, HLM de l’Anneau des Rosiers et des Lupins 1…) et la croissance qui a suivi la Libération. Roland Levillain poursuivit cet élan et devint, grâce à ses trois mandats, le maire au plus riche bilan quant à la création d’équipements municipaux et de lotissements privés.

Ainsi, Roland Levillain et son équipe firent agrandir le groupe scolaire de deux classes (1962). Ils furent à l’origine de la piscine communale (1967 – démolie en 1996), du stade Jacques-Havet (1964), des terrains de tennis (1964 et 1971) et du premier local technique (vers 1970) à côté des services de la Direction départementale de l’équipement (actuellement Le Mutant). Ce local sert aujourd’hui au Comité des fêtes. Vaste opération, c’est sous un mandat de Roland Levillain que la Ville de Pont-de-l’Arche construisit les locaux du collège de Pont-de-l’Arche (1967). Il fit aussi construire la gendarmerie (1970) où l’équipe de Richard Jacquet fit installer le Tremplin (2009). C’est Roland Levillain qui fit transférer la mairie du bailliage à l’hôtel Alexandre-Delafleurière (1968) où elle se trouve de nos jours. Il privatisa le bailliage avant que ce joyau du patrimoine historique ne fût racheté par l’équipe de Paulette Lecureux (1998). Il fit aménager la cave de l’ancienne école de garçons (1976) afin d’y tenir des manifestations culturelles. Un nom fut alors forgé : la Salle d’Armes. Il fit restaurer deux vitraux (1972) et entretint l’église Notre-Dame-des-arts. Il fit aménager la place Aristide-Briand (1959) et lança la création des deux blocs sanitaires au groupe scolaire (1977) et programma la dalle devant accueillir le Mil-club attribué à la Ville par la Direction départementale de la jeunesse, des sports et des loisirs (1977). La place jouxtant la salle des fêtes fut baptisée place du Huit-mai 1945. Roland Levillain fit aussi publier le premier bulletin d’information municipale (1965) : « Pont-de-l’Arche : revue cantonale ». C'est durant un mandat de Roland Levillain que l'hôpital local lança une première tranche de réhabilitation (1976).

 

Réalisations privées

Du côté des réalisations privées, on compte le lotissement de la Forêt (1962), l’impasse du Soleil-rouge (1963), le clos de Bonport (vers 1966), la rue Jean-de-la-Varende (1971), l’impasse de la Vallée (1972), le lotissement l’Orée-du-bois (1972), l’impasse du Bon-air (1975). C’est durant le premier mandat de Roland Levillain que l’union commerciale créa le camping Eure et Seine (1960) et que le Temple protestant évangélique fut érigé (1964). Durant un autre mandat, l’Association archipontaine des équipes féminines créa la maison de retraite Les Pins avec l’aide de la Ville (vers 1970).  

 

Le social en berne

Le social et la création de services publics sont un point faible des mandats de Roland Levillain. De nouveaux équipements furent créés, de nouvelles sociétés se constituèrent comme l’Association jeunesse et loisirs, des cours de danse furent instigués par Louise Bornstein dans une classe préfabriquée précédant le gymnase du collège… Cependant, il semble que Roland Levillain n’ait pas suffisamment accompagné l’évolution des modes de vie en matière de sports, mais surtout de loisirs et d’éducation. C’est ce que démontre l’élection de Roger Leroux et son équipe, en 1977, et surtout leurs réalisations et leur réélection en 1983.  

Une seule résidence HLM a été inaugurée (1963) : Les Lupins 2 (l’immeuble jouxtant la rue du Bon-air). Il se peut qu’elle ait été lancée par l’équipe d’Alix Duchemin en même temps que Les Lupins 1 (1958). Après 1972, les constructions privées se raréfièrent ce qui fit baisser la population. Entre les recensements de 1975 et 1982 la villa passa de 2 883 à 2 456 habitants. Après une augmentation, cette baisse de la population semble traduire un essoufflement de la politique de Roland Levillain.

 

La brèche de l'immobilier

Roland Levillain, propriétaire de nombreuses terres, devint promoteur immobilier. Des projets émergèrent à La Pommeraie qui choquèrent une partie de la population et l’opposition de gauche, non élue : en tant que maire, il autorisa des permis de construire qui le concernaient [3]. Ceci n’était pas nouveau, le premier bulletin municipal (1965) mit en évidence une publicité (deuxième page de couverture) pour la Société civile immobilière « Bon air » qui prévoyait des logements accessibles à la propriété en lieu et place de la scierie Levillain. Ces projets choquèrent doublement en l’absence de projets de logements HLM.  

 

Finances

Côté finances, Roland Levillain laissa un budget sain qui permit à la nouvelle équipe élue en 1977 de réaliser de nombreux équipements et de créer de nouveaux services publics dès le début du mandat.

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Pont-de-l’Arche : revue cantonale

Le Trait d’union

 

A lire aussi…

Les maires de Pont-de-l’Arche

 

Notes

[1] peut-être à la suite de Robert Stref.

[2] archives de l’Eure : fonds FFI 97.

[3] Le Trait d'union n° 11, juillet 1979.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 15:29

Né vers 1857, Armand Louis Eugène Ferrand fut notaire à Pont-de-l’Arche. Il fut une figure incontournable du Pont-de-l’Arche de la toute fin du XIXe siècle. Il mit sa rigueur professionnelle au service de ses idéaux républicains ce qui lui valut d’être élu maire, malgré lui, de 1894 à 1900.

 

En tant que notaire sur la place Aristide-Briand, Eugène Ferrand a laissé au paysage archépontain une de ses demeures les plus notables : la flèche néogothique de la rue Charles-Cacheleux. Côté cour, une pierre portant le millésime de 1898 nous apprend qu’elle a été posée par la femme d’Eugène Ferrand. Cette élévation fait partie du mouvement de construction de demeures bourgeoises caractéristique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Précédant de quelque 35 ans la construction en vieux normand de l’étude notariale de la place Aristide-Briand, cet édifice se veut un vieux manoir normand avec ses pans de bois et ses tuileaux en remplissage.

 

Eugene-Ferrand-1-copie-1.JPG

Cette flèche néogothique fait partie des demeures

les plus notables du paysage archépontain depuis 1898

où Eugène Ferrand, notaire, décida de la faire ériger (photo A. Launay, 2013). 

 

Eugene-Ferrand-2.JPG

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

On retrouve Eugène Ferrand parmi les conseillers municipaux élus en 1888. Il œuvra cette même année pour la création d’une école maternelle. En vain, semble-t-il. La valeur éducation n’était pas un vain mot pour Eugène Ferrand qui, le 18 septembre 1896, déposa en préfecture les statuts de la Société des amis de l’école laïque, une association cardinale dans la sociabilité archépontaine jusqu’à la Seconde guerre mondiale ; une association dans laquelle figurèrent beaucoup de militants de la gauche radicale et même socialiste.

Le 30 aout 1894, au renouvèlement du Conseil municipal, Eugène Ferrand fut élu maire par 10 voix sur 14, trois élus ayant voté blanc et un autre pour Ernest Divay. Les élections d’avril 1896 reconduisirent une majorité d’élus républicains de gauche au Conseil municipal, parmi lesquels Armand Léopold Ouin, patron des chaussures Marco, Henry de Lafleurière, Anthime Ferrandier, Henry Prieur… Eugène Ferrand fut réélu avec 13 voix et son adjoint, Anthime Ferrandier en obtint 11.

Jusqu’à plus ample informé, Eugène Ferrand est le premier maire qui laissa un bilan officiel de son mandat : Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche. Son mandat est caractérisé par une gestion financière rigoureuse et une volonté de rendre équitable l’accès aux services. Il y parvint tout en annulant la dette communale. Il fit aussi procéder à un récolement des archives municipales, une première depuis 1857. Il fit rétablir les commissions administratives gérant l’hôpital local et le bureau de bienfaisance.

Tout en diminuant les dépenses de l’hôpital, il augmenta le nombre d’hospitalisés. Il fit aussi rénover les locaux. L’Elbeuvien du 30 décembre 1900 retrace l’inauguration de l’hôpital « sous la présidence de M. Eugène Ferrand, assisté de membres de la commission administrative de l’hospice. L’auteur des plans est M. Marie, ancien agent-voyer, qui en a conçu les aménagements d’après les derniers perfectionnements préconisés par la science moderne. L’hôpital est tenu par les sœurs de la Providence d’Évreux ». De 12 lits, l’hôpital accueillit 18 lits. Une vaste salle éclairée fut aménagée.

Eugène Ferrand fit aussi des travaux à la mairie (le bailliage) et la justice de paix (même lieu) pour rendre plus accessibles les différents services. Une partie de ces travaux doit être visible dans le cour du four à pain de nos jours. Il s'agit de l'agrandissement du bâtiment de la prison des hommes qui présente les mêmes caractéristiques que l'extension de l'école de garçons (voir ci-dessous) : brique en chainage, damier de silex et de brique blanche en remplissage. 

Il fit aussi agrandir et aménager l’école de garçons (salles Ambroise-Croizat et Beauregard) ce qui repoussa de quelques années la nécessité de construire un groupe scolaire. De ces travaux, une extension côté cour est nettement visible, de nos jours, qui porte le nom d’Eugène Ferrand et de Hubert Marie, agent-voyer, auteur des plans.

 

Extension Beauregard 1

Extension de l'ancienne école élémentaire (salles Ambroise-Croizat et de Beauregard)

bâtie en 1897 lorsqu'Eugène Ferrand était maire (photo A. Launay, 2010). 

 

Extension Beauregard 2 

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

Des restaurations à l’église Notre-Dame-des-arts ont aussi eu lieu notamment grâce au denier public et ce avant 1905 et la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Eugène Ferrand fit aussi renouveler l’équipement électrique de la ville en partenariat avec la Société normande d’électricité, basée de l’autre côté de la Seine, sur la zone du Fort. L’éclairage des rues passa de 3 mois à 9 mois par an. Un circuit téléphonique fut livré au public le 1er mai 1898.

 

Sources

L’Elbeuvien

Registres des délibérations du Conseil municipal

Ferrand Eugène, Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche, [1900], 15 pages. Bibliothèque administrative de la Ville de Paris : Br. 14781.

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 12:32

Quelques salariés de chez Marco vers 1910. Avec tous mes remerciements à Bruno Daniel.

Marco-vers-1910--Bruno-Daniel-.jpg

 

Les salariés de chez Marco en 2011 (photo A. Launay).

Marco 1 

A lire aussi... 

La rubrique "Marco et l'industrie de la chaussure" de ce blog

Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 10:45

               

En 1964, Paul Lambert a commencé à créer de la faïence « Vieux Rouen », un savoir-faire disparu dans notre région depuis 1850 (voir ci-dessous). Depuis 1994, son fils Luc a brillamment pris le relai de l’entreprise familiale classée entreprise du patrimoine vivant par le ministère de l’artisanat en 2007. Suivez-le guide !

 

Faïence 12

Luc Lambert réalisant le décor d'un plat, en l'occurrence un dessin de Félix Benoist lithographié par Charpentier dans La Normandie illustrée : monuments, sites et costumes... dessinés d'après nature par Félix Benoist et lithographiés par les premiers artistes de Paris, les costumes dessinés et lithographiés par François-Hippolyte Lalaisse,... ; texte par M. Raymond Bordeaux et Amélie Bosquet, sous la direction de M. André Pottier,... pour la Haute-Normandie…, Nantes : Charpentier père, fils et Cie, 1852, 2 volumes.

 

 

Le retour de la faïence rouennaise

Paul Lambert nous vient de Nevers, le bastion français où a survécu la tradition de la faïence. Il a acquis la technique de la faïence dans la « manufacture du bout du monde », la plus ancienne entreprise de faïence d’Europe. En 1960, il s’installe à Louviers avec son épouse Mireille avant de créer son atelier en 1964 à Igoville.

Quand il est arrivé en Normandie, Paul était « persuadé que la faïence Vieux Rouen s’y produisait toujours ». Surprise, elle était éteindre depuis plus de 100 ans. « J’ai donc travaillé plusieurs mois pour retrouver les émaux, les décorations propres au style normand. C’était très stimulant. » Et c’est ainsi que Paul Lambert redonna vie à la faïence rouennaise qui était alors reproduite sans éclat par des céramistes du Nord et de la Sarthe. Son initiative a séduit un public connaisseur et curieux et a fait des émules dans la capitale haut-normande (quartier Saint-Romain)…

Face à l’émergence des importations massives d’objets utilitaires, les faïenciers comme Luc privilégient les objets rares, précieux et personnalisés. Il s’agit de coller au plus près des gouts des clients. Chaque œuvre sortant de l’atelier Lambert est unique et demande beaucoup d’heures de travail : « le plus souvent, les gens viennent avec leur propre idée. Ils me montrent une photo de pièce de musée, une documentation sur l’objet de leurs rêves. » Et l’expérience de Luc fait le reste. « C’est comme cela que récemment j’ai réalisé un manège en faïence ». Les mairies sont aussi intéressées par le travail personnalisé de Luc : « je réalise souvent des plats décorés du blason communal et les cadeaux offerts aux mariés. Nous recevons aussi dans notre boutique des cars de touristes venus à la rencontre d’un savoir-faire typiquement normand. Vases, plats, pendules, blasons, luminaires, assiettes, articles pour la table, tasses, pavés… et une gamme très variée d’objets demandés par la clientèle ». Dans la lignée des faïenciers de Rouen, capables de produire tous types d’objets, les Lambert ont même réalisé un luminaire à partir d’éléments de la fusée Ariane ! Luc Lambert travaille aussi quelques porcelaines, grés et verres.


Visites et contact

Boutique ouverte du lundi de 14h à 19h et du mardi au samedi de 10h à 19h. 3, route de Paris (zone du Fort, près du pont de Pont-de-l’Arche) / 27 460 IGOVILLE / 02 35 23 02 83 / faience-lambert@voila.fr

 

 

Faïence 6

Paul, Mireille et Luc Lambert, famille de faïenciers qui ont réintroduit le « Vieux Rouen » en Normandie à partir de 1964. Ici dans la boutique d’Igoville. Photo Armand Launay.

 

Le style Vieux-Rouen ? 

Au XVIe siècle, Masséot Abaquesne (vers 1500-1564) est le premier faïencier normand de renom. Natif de Cherbourg, iI reçut une solide formation notamment auprès de maitres italiens de Faenza, ville qui a donné son nom à la faïence. Il réalisa de nombreux carreaux de faïence historiés, portant des arabesques et des blasons dans le style dominant de l’époque : le style italien. Son chef-d’œuvre est la série de carreaux réalisée entre 1540 et 1548 pour décorer le château d’Écouen, propriété du connétable de France Anne de Montmorency. Ce château abrite aujourd’hui le Musée national de la Renaissance et présente de nombreuses œuvres de Masséot Abaquesne. Cependant, les descendants de cet artiste normand ne parvinrent pas à reprendre son flambeau.  

 

Faïence 2

Le Déluge, embarquement sur l'Arche, Masséot Abaquesne, 1550. Exposé au musée national de la Renaissance d'Ecouen.

 

En 1644, la Régente Anne d’Autriche accorda le monopole de la fabrication de faïence à Nicolas Poirel qui engagea Edme Poterat. Celui-ci relança la production de faïence à Rouen et créa peu à peu son fameux décor bleu à lambrequins ou broderies. En privilégiant un décor, devenu omniprésent sur les objets, le style rouennais émergea et acquit une réputation nationale. Les Poterat innovèrent aussi dans la forme des objets [2] et dans leur composition puisqu’ils inventèrent la porcelaine tendre.

 

Faïence 3

Broc, Edme Poterat, atelier Luc Lambert (Igoville), facsimilé d’un original de 1700-1720 conservé au musée de la céramique de Rouen.

 

L’année 1720 marqua la fin des Poterat et de leur monopole royal. Leur entreprise fut reprise par Nicolas Fouquay, le créateur des célèbres bustes des « Quatre saisons ». Rouen connut alors l’ouverture de nombreuses fabriques (jusqu’à 22) dans le quartier Saint-Sever qui influencèrent tous les ateliers de France [2]. La production rouennaise fut cependant concurrencée par l’ouverture du marché aux importations anglaises, l’émergence de la porcelaine et la volonté royale de limiter la consommation du bois de chauffe. La production s’appauvrit avant de s’éteindre vers 1855. Les décors de Rouen furent alors reproduits sans grand éclat hors de la Normandie. Ce n’est que dans les années 1960 que la production de faïence rouennaise reprit en Normandie dans l’atelier Lambert auquel nous consacrons un article plus loin…

 

A lire aussi...

L'ancienne usine électrique de Pont-de-l'Arche

Les ponts de Pont-de-l'Arche de 862 à nos jours



[1] Aiguières, bannettes, bénitiers, bidets, boites à épices, boules à éponge ou à savon bouquetières, bourdalous, bouteilles, consoles murales, crachoirs, crucifix, hanaps, huiliers, jardinières, jattes, légumiers, moutardiers, pichets, plateaux de commodes ou de cheminées, plats à barbe, rafraichissoirs, saucières, saupoudreuses, soupières, suspensoirs d’église, terrines, théières…

[2] Paris, Saint-Cloud, Moulins, Lille, Saint-Amand, Strasbourg, Marseille, Rennes, Quimper, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Saintes et La Rochelle

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 10:20

 

Sur la route de Rouen, après le pont, les plus observateurs auront remarqué une cheminée en brique. Située au n° 12 de la rue du Canal, à Igoville, cette propriété privée témoigne de l’existence de l’usine électrique de Pont-de-l’Arche…

 

Fondée par Adrien Gascon en 1894, la Société normande d’électricité alimenta Pont-de-l’Arche et sa proche région en électricité depuis ses locaux de la rive droite de la Seine. Il semble qu’Adrien Gascon fut aidé par le marquis de Cairon, maire d’Alizay qui habitait le manoir de la Motte (actuelle mairie). L’expansion de la première usine électrique locale nécessita la création d’un second local plus vaste et lumineux (voir notre photo) et le premier bâtiment en brique fut transformé depuis en style « vieux normand ».

C’est Marcel Gaubert qui reprit cette usine en 1909. Il commanda aussitôt un nouveau moteur à gaz suisse qui arriva durant les inondations de février 1910 où 20 cm d’eaux étaient entrés dans le local (voir plaque). Mobilisé durant la Grande guerre, M. Gaubert fut remplacé par son contremaitre, M. Hémard. Marcel Gaubert rentra du front et se maria en 1919, quelques mois avant la naissance de son fils Jacques Lachner-Gaubert. En ce temps, la Société normande d’électricité s’arrêtait de produire durant la nuit. Elle achetait donc du courant à la Société andelysienne d’électricité (SAE) et le transformait en courant alternatif.

La centrale de Pont-de-l’Arche compta jusqu’à sept moteurs dont deux de marque Caterpillar. Elle fournissait la ville de Pont-de-l'Arche et notamment l'industrie de la chaussure hormis les établissements de  Paul Nion et ses fils de Georges Prieur, faisant leur propre courant, et MARCO, se fournissant à la SAE. Les habitants de Pont-de-l’Arche n’avaient presque pas d’électricité quand les usines tournaient. Certains se souviennent d’avoir « à peine un lumignon » qui éclairait la cuisine le soir. Il fallait attendre la fermeture des usines pour y voir clair ! Jacques, le fils de Marcel, apprit son métier à l’école professionnelle de Rouen (Blaise-Pascal). Il travailla à l’usine de son père à partir de 1938.

Quatre personnes travaillaient alors pour Marcel Gaubert en 1939 quand éclata la guerre. Ce dernier fut mobilisé et emprisonné 5 ans en Autriche. La centrale fut affectée par la guerre et dut racheter le courant à la SAE. A la Libération, l’énergie électrique fut nationalisée. L’usine de Pont-de-l’Arche ferma ses portes. Jacques Lachner-Gaubert intégra le personnel d’EDF en 1948. Il travailla à Louviers jusqu’en 1975.

Aujourd’hui, dans ses locaux au charme d’antan, Jacques témoigne de la course folle qu’a connue notre société plus d’un siècle, de révolution technique en révolution technique. Il nous a permis de lever le mystère sur ce bâtiment qui a compté dans l’histoire locale en nous l’en remercions vivement !

 

Publié initialement dans Pont-de-l’Arche magazine n° 13 (automne 2011)

 

Usine-electrique.JPG 

Jacques Lachner-Gaubert, témoin fidèle de la vie de l’ancienne usine électrique de Pont-de-l’Arche.

 

Sources

Registre des délibérations du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche

Divers courriers d’époque

 

 

A lire aussi... 

L'écluse de Limaie

Les faïenciers Lambert 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:48

 

La rue des Soupirs est située le long du parc de la mairie. Nous avons noté déjà dans cette rue deux éléments de patrimoine : un mur en bauge et des stigmates de bombardements de 1944Ce nom intrigue, de quels soupirs est-il question ?

 

P1110178.JPG

 

Le plus ancien document, que nous ayons retrouvé, qui note le nom de rue des Soupirs date de 1917. Il questionnne une rue des Soupirs du camp aux Anglais.

Nous nous plaisons à relier ces soupirs aux noms de lieux, près des villes, qui font joliment référence aux herbes folles où folâtraient les amoureux : le Bel ébat à Evreux, la Côte des amoureux à Louviers et la Côte d’amour à Pont-de-l’Arche... Pour ne citer qu'elles.  

Lucien Barbe, auteur du Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et environ, nous apprend que la Côte des amoureux, à Louviers donc, était nommée la "Côte à mamours" en dialecte normand. Faire des mamours signifie faire des bisous, des papouilles, des câlins… Ces pratiques expliquent le besoin de se retrancher non loin de la ville mais déjà dans une certaine intimité...

Quant aux soupirs, au figuré, ils désignaient l’amour. L’expression soupirant nous est restée aujourd’hui qui désigne celui qui se languit d’amour.

Enfin, la rue des Soupirs est située non loin de la Côte d’amour, nom inusité de nos jours et que l’on retrouve dans les cartes postales des années 1910. Cet endroit, situé près de l’ancienne poste, a été recouvert par l’avenue De-Lattre-de-Tassigny afin de permettre l’accès au nouveau pont de la ville (1955). On retrouve le nom de Côte d'amour depuis au moins 1782 comme en témoigne un dessin que nous reproduisons ci-dessous. 

Quand les noms officiels rejoignent la poésie… et la remplace quelque peu !

La Côte d'amour, un joli nom de lieu archépontain encore usité dans les années 1910 comme en témoigne cette illustration de carte postale.

La Côte d'amour, un joli nom de lieu archépontain encore usité dans les années 1910 comme en témoigne cette illustration de carte postale.

Sur cette autre carte postale, quelques jeunes prennent du bon temps dans les herbes, ce qui illustre notre thèse selon laquelle la Côte d'amour et la rue des Soupirs tiennent leurs noms de ces moments insouciants parmi les pâquerettes des beaux jours...

Sur cette autre carte postale, quelques jeunes prennent du bon temps dans les herbes, ce qui illustre notre thèse selon laquelle la Côte d'amour et la rue des Soupirs tiennent leurs noms de ces moments insouciants parmi les pâquerettes des beaux jours...

La coste d'amour nommé dans un dessin de 1782 représentant le fort de Limaie, c'est-à-dire le fort situé de l'autre côté du pont de Pont-de-l'Arche. Le pont actuel touche la berge d'Igoville à l'endroit de la tour d'angle figurant sur ce dessin reproduit dans un article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

La coste d'amour nommé dans un dessin de 1782 représentant le fort de Limaie, c'est-à-dire le fort situé de l'autre côté du pont de Pont-de-l'Arche. Le pont actuel touche la berge d'Igoville à l'endroit de la tour d'angle figurant sur ce dessin reproduit dans un article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:06


La guerre de Cent ans fut une longue succession de batailles entrecoupées de pauses qui opposèrent divers clans français et la monarchie anglaise. L’enjeu de ces conflits fut le trône de France et la maitrise de vastes territoires qui ont, par la suite, formé notre pays. Les premiers combats commencèrent en 1339 suite aux velléités d’Edouard III, roi d’Angleterre, sur le trône de France. En 1346, celui-ci se lança dans une chevauchée armée du Cotentin à Paris, puis de Paris à Calais. Ce fut un échec, notamment devant Pont-de-l'Arche qu’il voulait prendre de surprise. Néanmoins, les terres continentales étaient déchirées entre diverses luttes d’influences et d’alliances plus ou moins trahies. Pour compliquer le tout, la famille royale se déchira : le roi Charles VI étant sujet à des crises de démence, il régnait une certaine vacance du pouvoir français. Son fils Charles VII, encore très jeune, n’était que le Dauphin du roi. Une vendetta opposa les Armagnacs, proches de Charles VII, aux Bourguignons, c'est-à-dire les proches du duc de Bourgogne autour de Jean sans Peur, oncle du Dauphin. Profitant de cette division, Henri V d’Angleterre débarqua en aout 1417 dans l’estuaire de la Touques. Il conquit toute la Normandie, dont l’actuel département de l’Eure, d’avril 1418 à décembre 1419.

 

Comment le pont de l'arche fut prins"Comment le pont de l’arche fut prins", peinture, fol. 138v, in Martial d'Auvergne, Vigiles de Charles VII, France, 1484, manuscrit, parchemin, II-266 feuillets. Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits (division occidentale), Français 5054. cf. aussi  http://gallica.bnf.fr. Jusqu'à plus ample informé, c'est la plus ancienne évocation de pont à Pont-de-l'Arche, l'évènement datant de 1449. 

 

Prise de possession en 1418 par Henri V

Après s’être rendu maitre de Louviers, Henri V, roi d’Angleterre, arriva à Pont-de-l’Arche le 29 juin 1418 avec 10 000 hommes. Tenant déjà Harfleur, il voulait maitriser la Seine en aval de Rouen, avant de s’attaquer à cette ville. Il fit camper ses troupes entre la forêt et Pont-de-l’Arche et établit ses quartiers dans l’abbaye de Bonport. Jean Malet, seigneur de Graville et capitaine de la garnison de Pont-de-l'Arche, resta fidèle au Dauphin Charles VII en refusant de donner les clés de la ville. Henri V devait encore encercler la ville et faire battre en retraite plus de 2 000 combattants français, venus en renfort, qui attendaient les Anglais de l’autre côté du fleuve (fournissant ainsi un ravitaillement à la ville). Le 4 juillet, le duc de Cornouailles franchit alors la Seine avec huit bateaux, soit une soixantaine de combattants et quelques canons, et gagna une petite ile d’où il put tirer sur les Français. Impressionnés, ceux-ci se dispersèrent. Mil anglais traversèrent le fleuve, suivis le lendemain (5 juillet) par le duc de Clarence et 4 000 soldats ; la ville et le château de Pont-de-l’Arche étaient alors assiégés des deux côtés de la Seine.

Jean Malet tint ses positions et envoya plusieurs messages à ses soutiens. Les Rouennais, malgré une alliance signée le 5 juin 1418, n’intervinrent pas [1]... Jean sans Peur, tenant Pontoise et Chartres, interdit tout envoi de secours en Normandie et ce, de la part du gouvernement – armagnac – de Paris… Quelques escarmouches se produisirent encore devant le château de la rive droite. Isolé, Jean de Graville dut se résigner et signa un acte de reddition le 19 juillet, précisant que lui, Pierre de Rouville (son second) et mille de leurs hommes pouvaient partir libres sous la protection du roi d’Angleterre (jusqu’au 25 de ce mois). Les Anglais s’emparèrent alors de Pont-de-l’Arche, perçant ainsi les défenses bourguignonnes, et se rabattirent sur Rouen.

Jean de Graville eut le mérite de rester fidèle à Charles VII : isolé, il s’opposa à la fois aux Anglais et à Jean sans Peur, qui s’appuyait sur la bourgeoisie commerçante de Paris et qui vivait du trafic de la Seine et de ses affluents. On peut d’ailleurs pressentir une collusion financière entre celui-ci et le roi d’Angleterre. Quoi qu’il en soit, Charles VII remercia Jean de Graville en lui assignant 200 livres par mois (pour lui-même et pour 150 hommes) et en le nommant grand maitre des arbalétriers. Charles VII pouvait d’autant plus gratifier le capitaine de Pont-de-l'Arche que, si tous les sujets étaient restés aussi fidèles que Jean de Graville, Henri V d’Angleterre n’aurait pu se proclamer roi de France, suite au traité de Troyes (1420) [2].

 

Quel rôle pour le Pont-de-l’Arche anglais ?

Quel était le rôle stratégique de Pont-de-l'Arche ? Le contrôle des vivres nous semble intéressant car si les Anglais comptaient assiéger Rouen, mieux valait pour eux contrôler les vivres qui pouvaient être acheminées par notre cité, soit par voie de Seine, soit par la rive droite de ce fleuve. Or Pont-de-l’Arche contrôlait à la fois le passage sur la Seine (par le montage des bateaux sous son pont) et au dessus de celle-ci. D’ailleurs, une fois Pont-de-l’Arche tombé, Rouen ne tarda pas. Les taxes perçues ne devaient pas non plus être dédaignées. Mais, plus généralement, la maitrise de la Seine était essentielle aux déplacements d’une armée, de son matériel et de son approvisionnement [3]. En 1420, Thomas Holgill devint pourvoyeur des provisions de plusieurs places fluviales en Normandie [4]et notamment de Pont-de-l’Arche. Il assura aussi le ravitaillement des troupes anglaises de Paris. C’est ainsi que le 20 février 1420 le nouveau capitaine de Pont-de-l’Arche, Jean Falstof, fut chargé d’acheminer de Rouen à la Bastille de Paris un convoi fluvial de froment et d’orge. Il avait aussi pour mission de surveiller les navires suspectés de transporter des provisions pour les Français et, au besoin, de les réquisitionner ou les détruire. Car le danger était toujours présent, les Français de Charles VII contre attaquèrent, notamment à Verneuil en 1424.

Mais qui dit contrôle fluvial, dit présence et contrôle de troupes armées : Jean Beauchamp, autre capitaine, et ses troupes furent passés en revue en 1425 par les commissaires du roi d’Angleterre. Cette même année, le 8 octobre, une ordonnance contre les soldats qui avaient déserté leurs corps fut adressée au chevalier Jean Kigley, bailli de Rouen, et à Guillaume Crafford, lieutenant du même bailli et capitaine de Pont-de-l’Arche. Quelle était l’ampleur de la garnison ? Elle allait de 20 à 110 hommes (surtout vers les dernières années) durant la période anglaise. L’année 1429 est représentative : 10 hommes d’armes et 30 archers à cheval, 10 hommes d’armes et 30 archers à pied. Les troupes à cheval parcouraient la région dans un petit périmètre, les autres étaient en permanence dans le fort et pouvaient aussi s’atteler à des réparations comme celles du pont en 1435.

 

Les capitaines de la garnison anglaise de Pont-de-l’Arche de 1419 à 1447 [5]

1419 : Amauri le Coq, " capitaine du pont " ;

1421 : Maurice Bron [= Brown ?], " capitaine de la ville et du château pour le roi d’Angleterre " ;

1429-1432 : Robert de Willoughby, " capitaine du Pont-de-l’Arche" ;

1422 : Thomas Maitreson, " capitaine de la ville et du château " ;

1422-1429 : Jean de Beauchamp, " capitaine de Pont-de-l’Arche " ;

1433 : Jehan Talbot ;

1434 : le comte d’Arundell, " capitaine de la ville et du château " ;

1435-1437 : Robert de Willoughby, " capitaine du Pont-de-l’Arche" ;

1440-1443 : le cardinal de Luxembourg, " capitaine de Pont-de-l’Arche " ;

1443 […] : Adam Hilton, " capitaine de Pont-de-l’Arche " ;

1446-1447 […] : le duc d’York, " gouverneur de France et de Normandie, capitaine de Pont-de-l’Arche " et Thomas Mulso, lieutenant ;

1448 : Fauquemberg.

 

 

La Libération de Pont-de-l’Arche en 1449 par Charles VII

L’importance stratégique de Pont-de-l'Arche se sentit aussi en matière diplomatique. Outre les Etats de Normandie qui s’y tinrent en 1432, 1437, 1438 et 1439, la ville accueillit des conférences entre Anglais et Français. Cependant le vent tourna, les Français s’étaient ressaisis, notamment en 1435où les Armagnacs firent la paix avec les Bourguignons. En 1441, Evreux fut libéré. La garnison anglaise de Pont-de-l'Arche fut renforcée et confiée parfois à des personnalités de premier plan comme le duc d’York, par exemple. Le 30 novembre 1440, Henri V réunit à Pont-de-l’Arche une assemblée des notables de la ville et des environs pour faire cesser les actes de résistance et l’avancée des troupes françaises qui s’étaient momentanément emparées de Louviers. En 1444, les places de Verneuil, Vernon, Château Gaillard et Pont-Audemer furent à leur tour libérées.

Le roi de France, Charles VII, eut l’intention de reprendre Rouen en 1449 : il concentra ses forces sur Louviers et Pont-de-l'Arche en vue, très certainement, de faciliter le passage des troupes, du matériel et des futures vivres. Et, contrairement à l’arrivée des Anglais à Pont-de-l'Arche, les Français voulurent reconquérir la ville non par la force mais par la ruse, d’après les chroniqueurs du Moyen Age. Un marchand de Louviers, qui passait habituellement par Pont-de-l'Arche pour aller vendre ses denrées à Rouen, prit une place cardinale dans une stratégie un peu spéciale. Alors que le marchand devrait obtenir des gardes l’ouverture de la porte, quelques Français à pied resteraient cachés près de l’entrée du château de Limaie, sur la rive droite en face du pont, et attendraient la première occasion pour s’engouffrer dans les fortifications. Pendant ce temps, quelque 4 à 500 cavaliers patientaient à l’orée de la forêt, rive gauche. Alors, le 13 mai 1449, selon les propos de Léon de Duranville ;

Le marchand, traversant le Pont-de-l'Arche, suivant son habitude, réclame du portier l’ouverture de la porte pour le lendemain de très bonne heure, et ce, sous promesse de récompense. […] au point du jour, il frappe pour éveiller le portier. Celui-ci conçoit d’abord quelques inquiétudes, en voyant deux hommes sortir de l’hôtellerie ; mais il se sécurise sur l’assurance à lui donnée que ce sont deux habitants de Louviers. Toute prime mérite son salaire ; le marchand laisse tomber à terre quelques pièces de monnaie, et, profitant de la posture du portier… il le tue. Le bruit alarme ceux qui sont dans le château, et l’un d’eux, descendant en chemise, s’efforce de lever le pont-levis. Il y avait deux ponts-levis, l’un par lequel on accédait au boulevard, et qui se trouvait au pouvoir des assaillants, et l’autre, dont le soulèvement pouvait encore sauver la place. Le marchand s’élance, et met à mort ce second adversaire. […] Il restait encore une seconde entreprise ; ce fut l’affaire d’un clin d’œil que de passer le pont et d’arriver à la porte de la ville. Le sommeil régnait encore, un seul anglais défendit longtemps et courageusement cette porte. Les autres soldats de l’Angleterre furent tous prisonniers, et notamment le seigneur de Fauquemberg [qui] venait d’arriver durant la nuit. […] La place étant au pouvoir des Français de Brézé [6], ils ouvrirent une des portes qui donnaient vers la forêt ; alors, le bailli d’Evreux et le seigneur de Magny… entrèrent dans la place… Cet événement coûta la vie à huit ou dix anglais.

La chute de Pont-de-l'Arche éveilla la fureur du duc de Sommerset, gouverneur de Rouen, car la route de sa ville était ouverte au roi de France. Elle tomba peu de temps après, en 1450 (ainsi que la Normandie continentale) aux mains du roi de France. En 1475, cessaient les attaques anglaises et donc la guerre de Cent ans. Mais, cependant, les monarques anglais ont depuis lors conservé le titre de… roi de France…

 

 

A lire aussi...

Les ponts de Pont-de-l'Arche de 862 à nos jours

Les remparts de Pont-de-l'Arche

 

 

Notes

[1] A moins qu’ils eussent envoyé les soldats dont nous parlions ci-dessus qui, très rapidement, se sont enfuis, comme si la défense de Pont-de-l'Arche leur importait peu…

[2] Ce qui fut approuvé par le Parlement et l’Université de Paris…

[3] Henri V protégea en priorité la Normandie et Paris et rendit sûr l’axe de la Seine en s’emparant de Sens, Montereau, Melun, Dreux (en 1421).

[4] dont Rouen, Château Gaillard, Vernon et les Goulets.

[5] Delabos Christian, annexe IV. 

[6] Pierre de Brézé (sénéchal d’Anjou, de Poitou et de Normandie, capitaine de Louviers), Robert de Flocques (bailli d’Evreux, maréchal de Normandie, propriétaire de la seigneurie d’Orcher, près d’Harfleur), Jacques de Clermont, Guillaume de Bigars…

 

 

Sources 

Bodinier Bernard (dir.), L’Eure de la préhistoire à nos jours, Saint-Jean-d’Angély : éd. J.-M. Bordessoules, 2001, 495 pages ;

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : éd. Delcroix, 1868, 960 pages ;

Delabos Christian, La Seine et les opérations militaires à la fin du Moyen Age, mémoire de maitrise soutenu à Rouen sous la direction d’Alain Sadourny en 1991, 248 pages ;

Demurger Alain, Temps de crises, temps d’espoirs : XIVe-XVe  siècle, Paris : Le Seuil, collection points histoire,1990, 380 pages ;

Duranville Léon de, Essai archéologique et historique sur la ville du Pont-de-l’Arche et sur l’abbaye Notre-Dame-de-Bonport, auto produit, 1856, 231 pages.

 

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0

  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Vos commentaires et messages sont aussi les bienvenus ! Pour utiliser mes travaux, contactez-moi;-)
  • Contact

Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...