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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:40

 

    lancettes-du-refectoire.jpg

 

Cistercian order. Pont-de-l’Arche – Eure.


          The Abbey Notre-Dame de Bonport was founded in 1190 by Richard the Lion Heart, King of England, Duke of Normandy.

         According to legend, the King was in peril on the river Seine and made a vow that if he arrived safely (in French " Bon port ") on the bank of the river, he would found a monastery on that side.

         This royal foundation took place before Richard the Lion Heart and Philip Augustus, King of France, who were friends at the time, left for their crusade. Its strategic position on the Seine fulfils Richard’s wish of a political and economic opening of Normandy towards France.

          The Abbey was built shortly afterwards and quickly with the help of local lords and was completed and in full use by the first half of the 13th Century. 

          From Philip Augustus (1204) to Henry IV (1608), the kings confirmed the possessions of the Abbey and gave the monks many privileges. One of the famous archbishops of Rouen, Eudes Rigaut, went to stay there about twenty times between 1260 and 1267. 

          The Abbey suffered during the Hundred Years War and the League (" du bien public ", i.e. a revolt of the landlords against Louis XI). It was restored thanks to royal donations of Charles VI and Louis XI during the 15th Century. 

          From 1536 onwards the Abbey was held in commendams, which meant that the abbots were no longer chosen by the monks but named through royal favours and were often unconcerned by monastic life. 

          The best-known commendatory abbots were the poet Philippe Desportes, the Cardinal of Polignac and King Casimir of Poland. 

          François 1st called upon Rouen Parlement from Bonport to register the order of Villers-Cotterêts (1539) according to which he substituted Latin by French in judgements, notary deeds and register of births, marriages and death. In 1540, on the territory of Abbey, he tested his culverins (type of cannon) which he had just made. 

          During the 12th and 13th Centuries, the Abbey was repaired and improved, the dormitory and the library were improved and a big staircase was built. 

          It was sold by a public possession during the Revolution and the Cloister and Church were destroyed. 

          Notre-Dame de Bonport Abbey is one of the few remaining Cistercian Abbeys in Normandy with cloistral buildings of the Middle Ages including a chapter-house, a monk’s room, the former library, a dormitory, kitchens and above all a magnificent 13th Century vaulted refectory. 

 (extract from a document given in this Abbey)

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:53

Charpillon, Louis-E., Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes

du département de l’EureLes Andelys : Delcroix, 1868, 960 p. Tome II, p. 669 à 672.  

 

 Abbaye de Bonport

 

P1180961

 

          La légende rapporte que Richard Cœur-de-Lion, emporté par l’ardeur de la chasse, se jeta à la nage dans la Seine à la poursuite d’un cerf, et qu’étant sur le point de se noyer il fit vœu de fonder une abbaye sur les bords du fleuve.  

         Richard parvint à terre dans un endroit appelé Maresdans, auquel il donna le nom de Bonport, où il fit construire une abbaye dédiée à Notre-Dame.  

         Le roi y appela des religieux de l’ordre de Cîteaux et les dota généreusement.  

         1er abbé. CLEMENT fut choisi comme abbé de Bonport, en 1190, lors de la fondation de la maison. 

         Par la charte de fondation rédigée, cette même année, Richard, roi d’Angleterre, donna aux religieux dix charruées de terre dans la forêt de Bord, et il les affranchit de tout droits de coutume. Anselle de l’Isle et Gachon de Poissy leur accordèrent le passage libre pour toute chose à leur usage sur leurs terres ; Mathieu de Montmorency fit remise de tous droits de coutume pour les achats qui seraient faits par les religieux sur les terres de Marly et de Meulan ; le comte de Beaumont, Guy et Pierre Mauvoisin, Robert et Galeran de Meulan se montrèrent également généreux envers l’abbaye naissante.  

         En 1197, Robert, comte de Meulan, donna aux moines de Bonport quatre arpents de vigne, entre Vaux et la Seine.  

         Au commencement du XIIIe siècle, Jean sans Terre affranchit l’abbaye de tous droits de coutumes et la prend sous sa sauvegarde ; Philippe-Auguste, à son tour, confirma, en 1204, tous les biens des religieux.  

         Luc, évêque d’Evreux, reconnut en 1206, que Bonport avait droit de sèche moute sur les hommes de Poses ; la même année, le pape Innocent III met sous la protection du St-Siège le monastère de Bonport, dont il confirma toutes les libertés, immunités et privilèges, de plus, il enjoignit aux prélats de Normandie d’excommunier les violateurs des privilèges de Bonport.  

         En 1209, Philippe-Auguste permit aux religieux de moudre au moulin de Pont-de-l’Arche le mercredi de chaque semaine, puis il échangea ce droit contre le septième du revenu de ce moulin ; enfin il les affranchit de tous droits de coutume à Pont-de-l’Arche. 

      Parmi les bienfaiteurs de Bonport à cette époque, nous citerons encore Tatin, seigneur de Pinterville et Robert de Courtenay.  

         2e abbé. GERARD remplaça Clément, vers 1218, il vivait encore en 1226 ; de son temps, Nicolas de Montaigne, Jean de St.-Cande, Richard Bourdon, Robert de Longueville, Simon Sorel, chevaliers, Guillaume de Mauquenchy et Guillaume Saillant se signalèrent par leurs libéralités.  

         Le roi Louis VIII permit aux moines de faire venir jusqu’à cent tonneaux de vin pour leur usage, francs de tous péages et droits.  

         3 abbé. PIERRE 1er dut succéder à Gérard vers 1227 ; mais il occupa peu de temps le siège abbatial.  

         4e abbé. PIERRE II fut élu vers 1228 ; Guilbert de l’Abbaye lui vendit 30 s. de rente à la St-Michel ; l’année suivante, Emma, femme du seigneur de Criquebeuf, donna aux religieux trois vergées de terre à Caudebec, Guillaume Graverend confirma la donation de trois setiers de vin faite par son père, qu’il convertit en une rente de 4 s. En 1232, Jean 1er de Tournebu donna une rente de huit boisseaux de froment et une autre de 5 s.  

       5e abbé. GERMOND était, vers 1235, abbé de Bonport ; cette même année, Guillaume de Léry, Simon Bonard, Nicolas du Mesnil Mauger, le Coq, Rabel de Muids, Eustache de Dreux firent différentes donations à l’abbaye de Bonport.  

         En 1244, eut lieu la dédicace de l’église l’abbaye de Bonport ; à cette occasion, le pape Innocent IV accorda vingt jours d’indulgence aux personnes qui visiteraient l’église de N.-D. de Bonport.  

          6e abbé. ROBERT Ier avait remplacé Germond, en 1247. De son temps, St Louis prit sous sa sauvegarde royale l’abbaye et les religieux, et il leur confirma, en 1246, l’endroit où il était construit, avec ses dépendances, les dîmes de Criquebeuf, de Maresdans, etc. le moulin de Poses, les maisons de Rouen, les vignes de Dol, une rente de 100 marcs d’argent à Dieppe, 20 charruées de terre, le droit dans l’eau de Seine depuis Pont-de-l’Arche jusqu’à Muids, avec les pêcheries, etc., les pré du Vaudreuil, de Louviers, du Havre, etc., le moulin de Landemare, etc.  

         Le 16 février de l’année suivante, S. Louis donna aux religieux de Bonport, pour les indemniser des défrichements opérés dans la forêt de Bord, 100 acres de terre à côté de la propriété  qu’ils tenaient de Richard Cœur-de-Lion, plus 7 muids, 16 setiers et une mine de blé.  

         8e abbé. BLAISE aurait succédé à Robert Ier[1], c’est tout ce que nous savons de lui.  

      9e abbé. ROBERT II remplaça Blaise. Sous son administration, Samson du Grouchet, Guillaume Le Duc, François de Mont-Berger, Nicolas Toustain du Hamel, Raoul Sandbreuil, Nicolas Chefdeville, Guillaume du Bec, Henri d’Oissel, Guillaume Legras, Jean Leblanc.       

        En 1259, S. Louis donna à ferme aux moines de Bonport, pour 25 l. 10 s. de rente, 19 charretées de foin, qu’il prenait chaque année dans la prairie du Vaudreuil. 

         10e abbé. NICOLAS 1er fut consacré par l’archevêque Eudes Rigaud, le 3 décembre 1262.  

         Les religieux avaient, en 1272, à Pont-Audemer, un manoir, dont les habitants étaient exempts de taille. La même année, le comte de Meulan confirma tous leurs privilèges.  

         11e abbé. RICHARD est cité comme abbé de Bonport, à la date de 1276 ; jusqu’à la fin du XIIIe siècle, de nombreuses donations furent encore faites à cette maison.  

         Par une charte du 23 juin 1296, Jeanne de Fontenay, dame de Vaux et de Maubuisson, épouse de Robert de la Roche-Guyon, donna à l’abbaye de Bonport, 100 s. parisis de rente, à prendre sur le fief de Groslay.  

            12e abbé. JEAN 1er succéda à Richard, au commencement du XIVe siècle.  

13e abbé. GUILLAUME 1er avait remplacé Jean, en 1314 ; il plaidait, en 1321, avec l’archevêque de Rouen, au sujet du droit d’usage, qu’il réclamait dans la forêt de Louviers.  

14e année. SIMON DE LOUVIERS succéda à Guillaume, en 1327. Charles le Bel donna au couvent, cette même année, 6 s. de rente, à prendre sur un gord, sis à Port-joie ; il avait donné, en 1324, le tiers et danger de 21 acres, à Boisguillaume-lès-Rouen.  

Les religieux plaidaient à l’Echiquier de 1328, avec l’archevêque, au sujet de leurs droits dans la forêt de Louviers.  

15e abbé. NICOLAS II, successeur de Simon, nous est peu connu ; c’est de son temps, en 1352, que le roi Jean, et Charles le Mauvais, se réunirent à Bonport, pour chercher à traiter de la paix entre eux.  

16e abbé. JEAN II DE ST-MELAINE était à la tête de l’abbaye, en 1361, époque à laquelle l’archevêque-cardinal de Luxembourg lui intenta un procès à l’Echiquier, pour usurpation de ses fonctions.  

17e abbé. GUICHARD, nommé en 1383, reçut du roi Charles VI, en 1387, une somme de 500 l. d’or, pour reconstruire le cloître, détruit pendant le guerre[2].  

L’église dut également reconstruite à cette époque ; on lui donna la forme d’une croix latine.  

Pierre de la Heuse, seigneur d’Ardouval, d’Eavy, etc., donna en 1388, 10 s. de rente à Bonport[3].  

Le 26 janvier 1400, dom Michel, abbé du Val-de-N.-Dame et visiteur de l’abbaye de Bonport, approuva une charte de Guichard, abbé de ce monastère. 

Renier de Rouville, et Jeanne de Poissy, sa femme, firent différentes donations à Bonport, au commencement du XVe siècle.  

L’obituaire de l’abbaye, commencé en 1409, constate la fondation d’une chapelle la même année.  

18e abbé. PIERRE III BARBITI avait remplacé Guichard en 1412 ; Henri V, roi d’Angleterre, étant à Bonport, non-seulement rendit à l’abbaye ses domaines, mais encore lui accorda un sauf-conduit pour les religieux du couvent, pour leurs serviteurs et leurs hommes.  

19e abbé. JEA N III HAMON. Vers 1429, Nicolas Pointel, receveur pour les archevêques, Louis d’Harcourt et de la Roche-Taillée, certifie avoir payé chaque année par leur ordre aux religieux de Bonport, 226 l. 13 s. 4 d. pour cause de 100 marcs d’argent que ces religieux prétendaient avoir droit de recevoir tous les ans sur le revenu de Dieppe.  

20e abbé. GUILLAUME II L’ENFANT, évêque de Chrysopole, dut succéder à Jean III, vers 1449 ; cette même année, les envoyés des rois de France et d’Angleterre se réunirent à Bonport, pour traiter de la paix, mais sans résultat.  

En 1466, l’abbé Guillaume donna quittance  de 100 l. sur le comte de Boulogne ; il assistait à l’Echiquier de 1474 ; il mourut vers 1480 et fut inhumé devant le Christ.  

21e abbé. JEAN-BAPTISTE DE CRIQUETOT, docteur en théologie, vicaire général de l’abbé de Cîteaux, fut le successeur de Guillaume II.  

En, 1506, Jean, abbé de Bonport, fut nommé par Georges d’Amboise, avec Guillaume Fédeau, pour terminer le procès entre les religieux de St-Wandrille, qui avaient nommé pour abbé, Jacques Hommet et François, cardinal de St-Adrien, archevêque de Clermont, nommé abbé par le pape Jules II.  

22e abbé. JEAN IV SANGUIN, moine de Bonport, devint abbé de Mortemer, en 1516, puis il occupa la même dignité à Bonport, à partir de 1520.  

23e abbé. NOEL MAUDUIT fut porté au siège abbatial de Bonport, en 1536 ; l’année suivante, il donna 50 l. à la confrérie de N.-D. de mi-août de Gisors ; il blasonnait : parti de France, au 2 de gueules à 3 léopards d’or.  

Le 12 avril 1539, avis de la mort de l’abbé Noël, fut porté en poste à Vigny.  

24e abbé. JACQUES D’ANNEBAUT, évêque de Lisieux, eut en commande, en 1543, les abbayes de Bonport et de St-Taurin ; il accompagna, en 1550, François 1er dans un voyage à Etrépagny, et il mourut en 1559.  

25e abbé. HENRI DE CLERMONT succéda, en 1558, à Jacques d’Annebaut. De son temps, dom Jean Dupuis était prieur claustral, Louis Tissot, sous-prieur, Jean Leclerc, portier, Guillaume Hamelin, sacristain, Antoine Parmer, chantre ; on comptait en outre, 12 religieux dans le monastère de Bonport.  

26e abbé. FRANçOIS DE BOULLIERS, abbé de Bonport, présentait à la cure de Crestot, en 1575 ; trois ans après, Henri III confirma les titres de fondation de Bonport, en reproduisant les chartes de Philippe-Auguste et S. louis.  

L’abbé présenta un aveu au roi, du temporel de l’abbaye, le 23 octobre 1581 ; il avait, en 1587, le titre d’évêque de Fréjus.  

Boulliers : d’argent au chef de gueules à la bordure componée de Naples et de Jérusalem.  

27e abbé. PHILIPPE DESPORTES remplaça François de Boulliers en 1587. Cette même année, le roi lui fit remise des levées extraordinaires, imposées sur les abbayes de Tiron, Josaphat, Bonport et Vaux-de-Cernay. 

En 1595, Philippe Desportes avait les deux abbayes de Bonport et de Tiron.  

Henri III et Henri IV lui témoignèrent tous deux beaucoup d’affection ; c’était un poète latin d’un grand mérite ; ses œuvres furent imprimées en 1579 et en 1583 ; il mourut à Bonport le 5 octobre 1606.  

28e abbé. LEBLANC DU ROLLET est compté au nombre des abbés de Bonport, pour voir joui quelques temps, à partir de 1590, des revenus de l’abbaye, au détriment de Philippe Desportes.  

29e abbé. HENRI DE BOURBON, évêque de Metz, était pourvu, en 1613, de l’abbaye de Bonport ; il fut nommé duc de Verneuil, en 1652, ambassadeur en Angleterre ; il finit par se marier, et il se démit de tous ses bénéfices.  

En 1666, les religieux de Bonport furent déchus de tous les droits qu’ils réclamaient dans la forêt de Bord, et furent de plus, condamnés à 500 l. d’amende et à la restitution des arbres coupés par eux.  

Un sieur Boulard, qui s’était retiré à Bonport pour prendre l’habit religieux, étant tombé malade, envoya chercher Denis, tabellion à Rouen, pour recevoir son testament. A la mort du testateur, ce contrat fut cassé, parce que le notaire n’avait pas qualité pour le recevoir[4].  

30e abbé. JEAN CASIMIR, roi de Pologne, comte de Clermont, âgé de trois ans, avait en 1673, la commende de l’abbaye de Bonport.  

31e abbé. LOUIS-HENRI DE BOURBON, comte de la Marche, âgé de deux ans, fut pourvu de Bonport en même temps que son frère.  

Ces deux enfants, morts en bas-âge, ont marqué leur passage par des travaux importants, faits en leur nom à l’abbaye.  

32e abbé. EMMANUEL-THEODOSE DE LA TOUR D’AUVERGNE, âgé de neuf ans, eut l’abbaye de Bonport en 1677 ; à la mort de son frère aîné, en 1692, il fut sécularisé et se maria.  

33e abbé. LOUIS COLBERT, pourvu de la commende de Bonport en 1692, quitta l’habit religieux en 1693, et devint capitaine-lieutenant des gendarmes Bourguignons. Pendant son administration, l’abbaye fut dépouillée de 80 manuscrits précieux au profit de la bibliothèque du grand Colbert.  

34 abbé. MELCHIOR, qui devint plus tard cardinal de Polignac, obtint la commende de Bonport en 1693 ; après avoir rempli plusieurs fonctions éminentes, il fut exilé dans son abbaye, où il composa son poème latin si estimé : L’Anti Lucrèce[5].  

35e abbé. GILBERT DE CHABANNES obtint l’abbaye de Bonport en 1745 ; il était alors vicaire général de Langres ; il fut député à l’Assemblée générale du clergé. Il vendit, en 1748, au président Portail, le fief de Bonport à Léry. Il mourut à l’âge de 77 ans, le 9 juin 1779.  

Cette dernière année, l’abbaye fut mise en économat.  

36e abbé. FRANCOIS DE BONNAL, évêque de Clermont, obtint, en 1780, l’abbaye de Bonport, qui lui produisait 18,000 l. de rente, et qu’il conserva jusqu’à la révolution de 1789.  

Une partie des bâtiments de l’abbaye est encore debout, et mérite, à juste titre l’attention de tous les archéologues[6]

 


[1] Neustria Pia

[2] Notes Le Prévost

[3] Hist. D’Harcourt

[4] Commentaire sur la coutume de Normandie

[5] Notes Le Prévost, t. 2, p. 591

[6] M. J. Andrieux a publié, en 1872, le Cartulaire de l’abbaye de N.D. de Bon-Port, précédé d’une savante introduction historique.

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:31

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. I, p. 96-97.

 

      Alizay (5)

Les piliers de ce portail de la rue de l'Andelle sont d'anciennes colonnes de Notre-Dame de Bonport, démantelée au début du XIXe siècle (cliché Armand Launay, 2011). A noter aussi le très beau manoir à pans de bois situé derrière. 

 

 

ALISAY

 

Ancienne paroisse du dioc., du baill., de la génér. de Rouen. – Du doy. de Perriers. – De la vic. et de l’élec. de Pont-de-l’Arche.

Lieu planté d’alisiers, suivant T. Duplessis, propriété d’Alisius ou d’Aliciacus, suivant d’autres, telle serait l’origine de ce nom.

Une partie d’Alisay était comprise au IXe siècle dans le territoire de Pîtres, un des endroits les plus fameux de notre histoire locale.

Lorsque Rollon voulut remonter la Seine, dans l’intention de piller Paris, sa flotte fut arrêtée à Pont-de-l’Arche par les fortifications que Charles-le-Chauve y avait élevées ; les pirates quittèrent alors leurs vaisseaux et s’établirent sur les bords de la Seine, dans un camp entouré de fossés et de levées de terre, situé à cheval sur les paroisses d’Alisay et d’Igoville, où ils attendirent les Français. Ceux-ci ne tardèrent pas à les attaquer et à pénétrer dans le camp, mais à peine y furent-ils entrés, que les Normands se précipitèrent sur eux et les massacrèrent. Le reste de l’armée française prit la fuite, laissant le cours de la Seine entièrement libre.

La paroisse d’Alisay se trouva comprise dans les domaines que le roi de France abandonna aux Normands par le traité de 911. Elle appartenait vers 1050 à Guillaume, fils d’Osbern de Crépon, comte de Breteuil, et elle passa successivement à Guillaume II, comte de Breteuil ; à son fils naturel, Eustache de Breteuil, gendre de Henri Ier d’Angleterre, qui la lui enleva pour la donner à Guillaume de Guader, en 1119. Amicie de Guader, fille de Guillaume, apporta cette même terre en dot à Robert de Meulan, comte de Leicester ; Amicie de Leicester, leur fille, la fit passer en 1181 dans la famille de Dammartin, par son mariage avec Albéric, comte de ce nom.

Les seigneurs de Dammartin, Albéric II du nom de Renard, possédèrent la seigneurie d’Alisay de 1199 à 1214. Leurs armes étaient : fasce d’azur et d’argent de six pièces.

Après la bataille de Bouvines, Philippe-Auguste confisqua la terre d’Alisay, mais Louis VIII la rendit à Mathilde de Dammartin, fille de Renaud, qui avait épousé Philippe-Hurepel, fils naturel de Philippe-Auguste.

Robert de Dreux, qui portait : échiqueté d’or et d’azur à la bordure de gueules, posséda la seigneurie d’Alisay de 1231 à 1236. À sa mort, elle revint à Mathilde de Dammartin, en 1241. Cette dame se retira dans son château d’Alisay ou de Rouville, où, Eudes Rigaud vint la visiter le 9 mars 1252 ; pour donner à l’archevêque un témoignage de sa bienveillance, elle lui abandonna pour lui et ses successeurs, le 12 novembre 1258, le patronage de l’église d’Alisay, et mourut en 1259, laissant son plein héritage à des collatéraux.

 

En 1324, Jean Gougeul possédait le fief de Rouville, auquel celui d’Alisay avait été réuni ; il le laissa en 1350 à son fils Jean, qui épousa Jeanne de Villaines, fille de Pierre, sénéchal de Toulouse ; il fut fait prisonnier à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364. Il eut pour successeur à Rouville, Pierre Gougeul, chevalier, conseiller, chambellan et maître d’hôtel du roi, qui rendit aveu de Rouville, sans faire mention de celui d’Alisay, le 7 novembre 1374.

Pierre Gougeul acheta en 1398 le fief de la Boche, situé sur Alisay, que l’on appelait aussi " le fief du roi ", parce qu’il était situé près du château royal de Pont-de-l’Arche. Ce seigneur combla de ses bienfaits l’abbaye de Bonport, donna une rente de 25 sous tournois au prieuré des Deux-Amants, fonda deux chapelles en l’honneur de saint Pierre et de saint Antoine, dans la paroisse d’Alisay, et après avoir été capitaine de Pont-de-l’Arche, lieutenant des maréchaux de France en Normandie, commis pour recevoir la monstre de 300 lances destinées à la défense de Cherbourg. En 1380, il fut tué à la bataille d’Azincourt, laissant pour héritiers, Regnier et Pierre de Rouville, ses enfants.

L’aîné, Regnier, survécut peu de temps à son père, son frère lui succéda en 1416 ; la même année il rendit hommage au roi du fief de Rouville (Alisay), du fief du roi et de divers autres.

Pierre de Rouville défendit en 1418 Pont-de-l’Arche contre Henri V, roi d’Angleterre, et lorsque la ville fut forcée de se rendre, il obtint un sauf-conduit, mais ses biens furent confisqués et donnés à un chevalier anglais, nommé Jean Sulton, à la charge de la redevance d’un fer de lance à la saint Jean de chaque année ? Quelques temps après, Pierre de Rouville, rentra en grâce auprès du monarque anglais, qui lui rendit ses biens, en s’en réservant la haute justice. Ce seigneur servit loyalement son nouveau maître, ce qui ne l’empêcha pas de conserver ses fief après la réduction de la Normandie par Charles VII. Il avait épousé Aldonce de Braquemont, fille de Robert, amiral de France, dont il eut trois fils.

L’aîné Jacques Gougeul de Rouville, qui devint chanoine de Rouen, lui succéda en 1459 ; il mourut en 1491, laissant les terres de Rouville et de la Boche à son neveu, Louis de Rouville, qui les conserva jusqu’à sa mort, arrivée en 1527.

Les différents seigneurs de ce nom qui ont été ensuite propriétaires des terres d’Alisay et de la Boche, depuis 1491 à 1684, sont : François de Rouville, de 1527 à 1549 ; Jean de Rouville, de 1549 à 1589 ; Jacques de Rouville, de 1589 à 1628, et François de Rouville, de 1628 à 1684. Ce dernier rendit aveu au roi, en 1633, des fiefs de Rouville, de la Bosse (Boche) et de Grainville-la-Teinturière.

La seigneurie de Rouville fut pendant quelques temps érigée en comté en faveur de François de Rouville, le 21 février 1664 ; mais cette érection n’eut pas de suite, les créanciers du nouveau comte firent vendre ses biens, et les terres de Rouville et de la Bosse furent adjugées à Gilles Hallé, président à mortier au parlement de Rouen, le 11 septembre 1684.

Les armes de Rouville étaient : d’azur semé de billettes d’or à deux goujeons adossés de même.

Les seigneurs du nom de Hallé qui ont possédé les fiefs de Rouville et de la Bosse, sont :

De 1684 à 1692, Gilles Hallé dont nous avons parlé.

De 1682 à 1758, Jehan-Gilles Hallé, fils du précédent, qui fut aussi président à mortier. Ce seigneur payait une rente de 150 l. à une sœur de la Providence, chargée de tenir l’école des filles ; l’école de garçons était dirigée par le vicaire de la paroisse, c’est lui qui fit construire le portail de l’église.

De 1758 à 1775, Gilles-Louis Hallé, comte de Rouville, fils du précédent. Il fut comme son père, président à mortier. Il eut de nombreuses difficultés avec le curé de la paroisse ; l’archevêque y mit fin par une lettre du 19 décembre 1767. Louis XV voulant récompenser le président Gilles-Louis Hallé des services rendus à la royauté par ses ancêtres et par lui, érigea en sa faveur les terres de Rouville en comté.

De 1779 à 1780, Gilles-Charles-Marie Hallé, fils du précédent, qui ne survécut à son père que dix-huit mois.

De 1780 à 1790, Louis-Guillaume Hallé, frère du précédent, qui vendit à madame Marie-Madeleine Frault, veuve de messire de Berroyer, les fiefs de Rouville et de la Bosse, avec leurs dépendances, moyennant 527,000 livres.

Les armes de cette famille étaient : d’azur à fasce d’argent, chargée de 2 étoiles de sable et accompagnée de 3 étoiles, 2 en chef et 1 en pointe.

Les héritiers de la dame de Berroyer vendirent le château et les terres de Rouville à M. Philippe Bizet, le 1er messidor, an VIII ; ils passèrent ensuite, par succession, à Mme de la Poterie. Les autres propriétés achetées par madame de Berroyer furent vendues à M. Legris, dont les héritiers les possèdent encore.

Rouville était un plein fief de haubert auquel celui d’Alisay avait été réuni dès le XIVe siècle, avec droit de haute, moyenne et basse justice. L’ancien château est aujourd’hui en ruine.

L’église, dédiée à Saint-Germain, remonte avant 856. Les chefs français y reçurent la communion le matin de leur rencontre avec les Normands. L’archevêque de Rouen en avait la présentation. Le seigneur du lieu présentait aux chapelles de Saint-Antoine et de Saint-Pierre, qui se trouvaient sur le territoire d’Alisay.

 

ALISAY, canton de Pont-de-l’Arche, sur la Seine, à 66 m. d’alt. – Surf. terr., 862 hect. – Sol d’alluvions contemporaines. – R. dép. n° 12. – Chem. d’int. com., n° 58. – 550 hab. – 4 contrib., 6,980 fr. en ppal. – Rec. ord. du budg., 2,689 fr. – Rev. com., 48 fr. – 5 perm. de chasse. – Paroiss. succ. – * et Percep. et Rec. des cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – 9 débit. de boiss. – École mix. dirigée par une sœur. – Maison d’école. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. , 34 ; d’arr., 14 ; de cant., 3. – 75 hect. de terrains incultes.

 

Dépendances : Rouville, La Maison-Rouge, Le Solitaire.

Agriculture : céréales, légumes, 1,200 arbres à cidre.

Patentés : 20. 

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:57

Oui, et si c’était vous qui faisiez découvrir l’abbaye de Bonport ? Après une balade dans le centre ville de Pont-de-l’Arche, vous pourriez emprunter le sentier qui longe l’Eure depuis le pont d’Arromanches vers l’entrée de l’ancienne abbaye. Le site de l’abbaye est privé mais les berges sont publiques.

Les parties les plus anciennes de Bonport sont très sobres. Bâties et sculptées avec de la pierre calcaire de Vernon, les salles vous présentent l’architecture typique des abbayes de l’odre de Cîteaux (du nom de l’abbaye qui définit les règles de vie des moines cisterciens). Elles sentent bon le XIIIe siècle avec des croisées d’ogives régulières, des ouvertures fines et hautes (les « lancettes »), de petites colonnes aux décorations très sobres. C’est ce que vous retrouverez dans le réfectoire, la cave, la cuisine.

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Au XVIe siècle, les rois de France s’autorisèrent à désigner les abbés. Ils placèrent à la tête des abbayes les fils de grandes familles aristocrates. Les abbés, furent de moins en moins des religieux mais des propriétaires qui s’enrichissaient des gains agricoles réalisés par les moines. Ces nouveaux propriétaires apportèrent avec eux le confort. C’est pourquoi une partie de Bonport ressemble à un château et non à une abbaye de moines vivant dans le dénuement. Ainsi vous verrez des boiseries finement sculptées, des parquets luxueux et des cheminées nombreuses (apportant donc un chauffage presque inconnu des moines du Moyen Âge). Même les grandes fenêtres de la Renaissance tranchent par leur grandeur et la luminosité qu’elles apportent. Il est loin le Moyen Âge et ses toutes petites fenêtres !

Cependant, les abbayes ont décliné. Six moines travaillaient encore en 1789 lorsque les députés révolutionnaires décidèrent que les biens possédés par le Vatican (l’église catholique) deviendraient désormais des biens du peuple de France. Les moines de Bonport furent chassés ce qui ne fit qu’accélérer la fin de l’abbaye. Les députés vendirent les anciennes propriétés religieuses pour financer les frais courants de l’Etat (il n’y avait plus d’impôts depuis 1789). C’est Alexandre de la Folie, maire de Criquebeuf, qui racheta Bonport et qui vendit une partie des pierres de l’abbaye. Il fit démonter l’église, l’hospice et le cloître afin d’en vendre les pierres. L’ancien noble concentra ses efforts sur les parties les mieux conservées. C’est ainsi que, visiteurs, vous trouverez à l’état de ruine l’ancienne église et le cloître…

Dernière anecdote pour épater vos amis : pourquoi le nom de Bonport ? Depuis Le Batelier d’Aviron, chroniqueur de la Renaissance, la tradition veut que le « bon port » désigne le sauvetage par la Vierge-Marie du fondateur de l’abbaye, Richard Cœur de Lion. En effet Richard, duc de Normandie et roi d’Angleterre, plongea dans les eaux de Seine afin de chasser un cerf. Alors qu’il failli se noyer, il pria la Vierge-Marie de l’amener sur la berge. Il revint sur la rive et fit bâtir l’abbaye du bon port afin de remercier l’aide du ciel… Cette histoire, peu flatteuse pour Richard Cœur de Lion, ressemble plus à un jeu de mots qu’à une explication. En effet, les armes de l’abbaye montrent la naissance du Christ ce qui nous fait dire que le bon port désigne, dans l’esprit des moines, la venue du Christ parmi les hommes…  

 

P1180961

Horaires : 
Ouvert samedi et dimanche du 1er avril au 30 juin et du 1er septembre au 31 septembre.
Ouvert tous les jours entre le 1er juillet et le 31 août. Entrée payante.
Renseignements au 02 35 23 27 62.

Publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 3 (printemps 2009)

Armand Launay

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:51

On le répète à l’envi, l’abbaye de Bonport doit son nom à Richard Cœur de Lion, son fondateur.

 

richard0

 

La présence divine a sauvé le duc de Normandie et roi d’Angleterre alors qu’il faillit se noyer dans la Seine durant une partie de chasse. Emporté par le courant, il fit vœu à son dieu de fonder une abbaye à l’endroit où celui-ci lui ferait toucher la berge. Son vœu fut exaucé et Richard Cœur de Lion donna les moyens à des moines cisterciens de créer l’abbaye de bon port. « Arriver à bon port » désigne, en Français courant, arriver en bonne santé au lieu désiré. A notre connaissance, le premier à avoir couché par écrit cette légende est Jacques Le Batelier d'Aviron, avocat, conseiller au bailliage et présidial d'Evreux en 1638. Dans son ouvrage intitulé Le Mémorial historique des évêques, ville et comté d'Évreux... (et publié par Pierre-François Lebeurier en 1866) il écrivit ces quelques lignes, page 64 :


"Les prelats, barons et seigneurs de Normandie luy jurerent aussi fidelité et obeissance a son abord a Calais ; et son adrivée a Roüen ce ne fut que bals, festins et tournois ; la chasse fut le dernier divertissement de sa cour ; mais comme en l'air le plus serain est un presage de tempête, Richard seul courant un cerf fut emporté, soit par la vigueur de son cheval altéré, soit par quelqu'autre accident, si avant dans la Seine, que ce roy courut au hazard de sa vie. Ce Coeur de Lion, emporté au milieu du cours rapide de cette grosse rivière, ne perdit point le jugement ; mais considerant le peril ou il estoit fit voeu a Dieu de faire bastir une abbaye au lieu ou son cheval prendroit pied sur terre ferme : ce lieu fut depuis appelé Bonport, a cause de l'heureux abord du roy Richard.
An 1190. - Et comme il est mal séant de faire des voeux et ne s'en pas acquitter, le duc roy fit bastir l'abbaye Notre Dame de Bonport, et y establit des moines de l'ordre de Cysteaux, au meme lieu ou son cheval avoit pris terre. Il dotta cette riche abbaye de grands biens, revenus en fiefs nobles et baronnies.
Le pape Clement troisieme rendit cette fondation royalle canonique, et institua la dedicasse de son eglise, fondée de Nostre Dame, au quatrieme de mars. »

 

Cette légende est chevaleresque, très chevaleresque… un peu trop même ! La chute du roi dans la Seine n’est pas un moment glorieux de son règne et l’explication du nom de Bonport nous parait un peu légère pour en faire une vérité d’évangile.


Une des armes de l’abbaye montre Jésus Christ dans son étable de naissance (voir ci-dessous). C’est pourquoi nous avançons l’hypothèse que le bon port désigne l’arrivée du Christ parmi les hommes. Ce nom tient plus sûrement son origine dans les sources religieuses que dans les mésaventures supposées de Richard Cœur de Lion… 


Armes-Bonport.JPG

Extrait de "Gisors : Matrologe de la confrérie de l’Assomption (XVe-XVIIIe siècle)".

Ces armes précèdent le nom de Noël Maulduit, abbé de Bonport en 1537.

Archives départementales de l'Eure (G2120)

 

Armand Launay

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:06

 

 Boudan 1696

Profil de l'Abbaye N. Dame DE BONPORT de l'ordre de Cisteaux dans le diocese de Rouen Evreux à un quart de lieüe du pont de larche…, 1696, [Louis Boudan ?], dessin à la plume et encre de Chine, aquarelle, 29,5 x 26,4 cm. Collection de François-Roger de Gaignières (1642-1715).

 

Représentation de l’ancienne abbaye Notre-Dame-de-Bonport (Pont-de-l’Arche) vue du Nord depuis une ile de Seine. Les proportions des bâtiments et leurs positions les uns les autres sont assez fantaisistes. Ce dessin constitue une des rares représentations de l’église abbatiale et des dépendances. Présence d’une besogne remontant le courant de la Seine grâce à deux chevaux sur le chemin de halage.

Outre le titre où le mot de Rouen est barré pour être remplacé par Evreux, on se rend compte que le nom du roi fondateur de l'abbaye est "Henry X" et non Richard Coeur de Lion. D'autres versions de ce dessin ont corrigé cette erreur. 

Armoiries de l’abbaye en haut à gauche (fleurs de lys sur fond azur de la couronne de France et trois léopards de Richard Cœur de Lion, symboles de la couronne d’Angleterre). L’abbaye fut fondée par Richard Cœur de Lion en concertation avec Philippe Auguste. 

Armoiries en haut en haut à droite de la famille des Polignacs (fascé d’argent et de gueules). Melchior de Polignac (1661-1741) fut abbé de Bonport.

 

Armand Launay

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:06

Bonjour !

 

Je lance un appel concernant une famille qui a vécu à Pont-de-l'Arche (Bonport) il y a deux siècles et sur laquelle il me manque quelques éléments de généalogie : les Delafolie.

 

le-chapitre-vu-du-cloitre.jpg

Bonport, le chapitre et quelques restes du cloitre.

 

Ce que j'ai trouvé :

 
Mariage entre Louis Guillaume et Marie Madeleine Devaux, parents de :

-    Adélaïde Henriette Delafollie (née vers 1761 (Rouen)-décédée le 2 octobre 1817 (Pont-de-l’Arche (Bonport)) .
-    Louise Elisabeth (née en 1748 à Rouen (?), mariée à Nicolas Marie Pantin. Elle meurt à Bonport en 1842 au domicile de son fils Pantin Wilder qui a récupéré l’abbaye à son oncle Alexandre Delafolie (ci-dessous).
-    Alexandre Amable Delafolie (né à Rouen (?) vers 1757-décédé après 1817) marié à Criquebeuf-sur-Seine le 26 octobre 1793 à 36 ans avec Agathe Pantin. Parents de  Decius, déclaré à la mairie de Criquebeuf le 9 floréal an 2 (28 avril 1794), et Virginie en 1797. Ces deux derniers seraient morts jeunes (20 et 32 ans, non mariés) et furent enterrés à Bonport à la demande leur père.

Alexandre Delafolie :

A racheté l'abbaye de Bonport avec Delafleurière mais semble avoir conservé seul ce bien. Delafleurière a aussi acheté les deux fermes de la Cramponnière (64 et 25 ha), appartenant autrefois à l’abbaye, pour le compte de Pantin Wilder en avril 1791.

Sous la Révolution Delafleurière est électeur en 1791, Delafolie en 1792 et tous deux en l’an VI. Ils sont commissaires cantonaux, nommé par le pouvoir, Delafleurière à Pont-de-l’Arche du 18 frimaire IV au 28 ventôse VII, Delafolie de Pont-Saint-Pierre du 18 frimaire IV au 12 floréal IV. Mais on les retrouve pas ensuite parmi les notables du Consulat et de l’Empire, Delafleurière étant électeur en 1824, sous la Restauration, avec une contribution déclarée de 2 010 f, dont 1 924 f de foncier, ce qui indique qu’il est un gros propriétaire.
En 1809, ils sont tous les deux parmi les plus riches familles du département, Delafleurière avec 9 000 f de revenu, Delafolie avec 1 500 f.

On connait aussi un Louis-Guillaume de Lafolie né à Rouen le 11 mars 1739 et mort à Rouen le 2 février 1780. Ce physicien et chimiste possède sa notice dans Wikipédia.

 

Ce que je cherche :

- vérifier ces informations.

- faire une petite biographie d'Alexandre Delafolie et ses proches.

- faire le lien éventuellement avec Louis-Guillaume de Lafolie.

 

En un mot : help !

Armand Launay

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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 15:57

Tarifs d'entrée et visites guidées

4 € l’entrée pour adulte, 2 € pour les mineurs. Pas de tarifs réduits pour les chômeurs ou les étudiants. Payant aussi lors des journées du patrimoine. L'abbaye est ouverte aux visiteurs, contre financement public afin de rénover les bâtiments. Elle accueille les visiteurs d'avril à septembre le week-end (de 14 h 30 à 18 h). En juillet et aout, elle est ouverte tous les jours, sauf le samedi, aux mêmes horaires. La visite peut être commentée par un étudiant en histoire ou patrimoine.

 

 

Vue sur l'abbaye depuis le parc, près de l'entrée du public (photo A. Launay, 2004).


Accès au site, notamment pour les personnes handicapées

 

L’accès au site se fait par la route d'Elbeuf. Le parking est situé avant le grand portail, c'est-à-dire à 500 mètres du site. L’accès aux personnes à mobilité réduite n’est donc pas tout à fait aisé (y compris dans l’abbaye en elle-même où les escaliers sont inévitables). Les seules parties de l’abbaye accessibles aux personnes à mobilité réduite sont le parc, la salle du chapitre, l’ancienne entrée, le scriptorium, quelques pièces mineures, une vue sur l’intérieur du réfectoire. 


Historique 

Classé monument historique en 1942, cette ancienne abbaye cistercienne fut construite pour Richard Cœur de Lion à partir de 1190 et jusque vers 1225.

Le Batelier d’Aviron, chroniqueur de la Renaissance, conte une histoire pour expliquer le nom de Bonport. Il dit que Richard Cœur de Lion manqua de se noyer dans la Seine, qui passe à côté de l’abbaye, lors d’une partie de chasse. En plein milieu du courant, il promit d’ériger en monastère en l’honneur de la Vierge Marie si elle le sauvait en lui faisant toucher la rive. C’est ce bon port là que retiennent en général les gens qui se sont intéressés l’abbaye.

Plus loin des jeux de mots et autres plaisanteries chevaleresques, nous pensons que le bon port est celui du fils du dieu des chrétiens parmi les hommes. C’est ce que semble indiquer une des deux armes de l’abbaye qui représente la Nativité.

 


Architecture 

De l’époque de la construction datent les éléments caractéristiques de l’architecture cistercienne, gothique donc : les croisées d’ogives, les chapiteaux sculptés… Les bâtiments de l’époque qui donnent un intérêt particulier à Bonport sont le réfectoire (avec un passe-plats, un carrelage usé datant de l’époque médiévale), la cuisine (avec une grande cheminée centrale).


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Le réfectoire du XIIIe siècle avec ses croisées d'ogives et ses faisceaux de colonnettes

 

Palliant les outrages du temps, les hommes ont ensuite procédé à de multiples remaniements. C’est pourquoi la visite de l’abbaye cistercienne se mélange agréablement, d’une salle à l’autre, avec celle d’un véritable château des XVIIe et XVIIIe siècles. L’ancienne entrée de l’abbaye est devenue un salon réchauffé par la présence de riches boiseries qui contrastent fortement avec la sobriété des courbes cisterciennes du proche scriptorium. La sacristie de l’ancienne église fut transformée en cuisine… et une bibliothèque fut aménagée dans un luxueux bureau reposant sur un parquet de marqueterie à la Française. Il n’y a plus aucun livre. Le dortoir des moines, au premier étage, est devenu un vaste couloir couvert par un plafond en berceau lambrissé (mais lui-même caché par un banal plafond de bois et de plâtre).

 

Quant au cloitre, à l’église Notre-Dame, l’hôtellerie, le bâtiment des convers, le cimetière, ils ont servi de carrière de pierre lorsque l’abbaye fut rachetée par des bourgeois locaux après 1790. On retrouve certaines pierres de l’abbaye à Criquebeuf-sur-Seine, Sotteville-sous-le-Val, Pont-de-l’Arche, Alizay… car elles portent l’indicatif de la sculpture cistercienne qu’est le décor de plantes d’eau. Dans le parc, les bases des colonnes et de quelques murs de l’ancienne église nous permettent d’en retrouver les dimensions et les caractéristiques architecturales (les chapelles rayonnant autour du déambulatoire, par exemple).



le-chapitre-vu-du-cloitre.jpg

Vue sur la salle du chapitre depuis l'ancien cloitre


A lire aussi...

Et si vous guidiez vos amis dans l'ancienne abbaye de Bonport ? 

Notre-Dame de Bonport abbey (in English)


Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Contactez-moi afin d'étudier ensemble, plus avant, l'histoire et donc de progresser vers la connaissance. Bonne lecture ! armand.launay@gmail.com
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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