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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:57
Vue depuis Les Damps du haut sur le lieu de l'ancien débarcadère du bac où se trouvait la Maison rouge. L'orientation du chemin qui la suit montre clairement qu'il existait une voie reliant Alizay et Les Damps.

Vue depuis Les Damps du haut sur le lieu de l'ancien débarcadère du bac où se trouvait la Maison rouge. L'orientation du chemin qui la suit montre clairement qu'il existait une voie reliant Alizay et Les Damps.

La "Maison rouge" est le nom d'une parcelle de la commune d'Alizay où se trouvent des industries comme Ashland et Double A. Quelle était cette maison rouge ?  

Des parchemins conservés aux archives de la mairie des Damps nous apprennent l’existence d’un bac entre le village des Damps et la rive droite de la Seine, au nord. Mais où se trouvait le débarcadère de ce bac ? La réponse est assez simple : la place du village des Damps était située en face du confluent entre l'Eure et la Seine. De l'autre côté de la Seine se trouve le château de Rouville. Plus précisément, une route conduit de la berge nord de la Seine au village d'Alizay. Elle aboutit, de nos jours, au niveau du rondpoint de la déviation d'Alizay, en face de l'entrée du château de Rouville.

Or, ce bac ne reliait pas Les Damps à une rive droite inhabitée. D’anciennes chartes[1] nous apprennent que ce bac menait à une "hôtellerie", appelée La Maison rouge. Elle devait tirer son nom de la couleur de ses tuiles. Cette hôtellerie appartenait au seigneur de Rouville.

Sur cette carte d'état major datant de la moitié du XIXe siècle se voit un enclos avec plusieurs bâtiments au nord de la Seine, entre Les Damps et Alizay. Cet enclos représente l'ancienne hôtellerie fluviale de la Maison rouge ou le chanvre était aussi cultivé et chargé sur la Seine.

Sur cette carte d'état major datant de la moitié du XIXe siècle se voit un enclos avec plusieurs bâtiments au nord de la Seine, entre Les Damps et Alizay. Cet enclos représente l'ancienne hôtellerie fluviale de la Maison rouge ou le chanvre était aussi cultivé et chargé sur la Seine.

Cette hôtellerie devait principalement accueillir des mariniers, des haleurs et des voyageurs qui empruntaient le cours de la Seine. Pourquoi stationner ici ? La Maison rouge était entre deux obstacles pour la navigation fluviale :

- le pertuis[2] de Poses nécessitait une journée de travail pour faire passer une embarcation chargée. C’est pourquoi les haltes nocturnes étaient souvent nécessaires aux voyageurs avant et après le franchissement de cette difficulté naturelle ;

- le pont de Pont-de-l'Arche prenait lui aussi beaucoup de temps. Nous le relatons dans un article sur le montage des bateaux sous le pont.

Il n'est pas étonnant que des voyageurs fussent bloqués par la nuit entre Pont-de-l'Arche et Poses de ce côté-ci de la berge. Pourquoi de ce côté-ci ? Parce que l'autre rive était plus entrecoupée par des iles et donc par des berges mouvantes et impropres au halage. Elles nécessitaient plus souvent de faire franchir aux chevaux des bras de Seine sur des bacs précaires et payants.     

La Maison rouge dût assurément être aussi une ferme dévolue à la culture et peut-être à l'élevage. La parcelle la plus proche de la Maison rouge se nomme "Le port au chanvre". Cette plante servait à la confection de tissus rudimentaires. Elle était cultivée dans la plaine alluviale d'Alizay et a peut-être occupé des travailleurs de la Maison rouge.  

Carte postale des années 1910 située du côté du port au Chanvre, voire de la Maison rouge. L'espace a, semble-t-il, été déserté par les hommes, hormis quelques paisibles passages comme ici un pâtre, son chien (en bas à droite) et son troupeau.

Carte postale des années 1910 située du côté du port au Chanvre, voire de la Maison rouge. L'espace a, semble-t-il, été déserté par les hommes, hormis quelques paisibles passages comme ici un pâtre, son chien (en bas à droite) et son troupeau.

[1] Dictionnaire Historique de toutes les Communes de l’Eure, Charpillon L.E., Caresme A.   

[2] C’est à dire une perte d’altitude de la Seine à cet endroit qui accroit le courant et qui fait tourbillonner les eaux, rendant ainsi hasardeuse la navigation.

 

Armand Launay

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:30

                        Le camp britannique, allemand et américain d’Alizay de 1939 à 1948.   

 

           camp-d-alizay1

 

Parmi les répercussions de la Seconde Guerre mondiale sur notre région, on peut compter la présence d’un camp militaire à Alizay de 1939 à 1948. Ce camp était située entre la Briquèterie (à la sortie d’Alizay, sur la route de Romilly) et les rives de la Seine (et donc en partie sur les terrains de m real). Il accueillit trois armées différentes… 

Dès septembre 1939, l’armée britannique occupa le site afin d’entreposer du matériel et quelques troupes. Les baraquements étaient bâtis en bois et prenaient encore peu d’espace.

Par la suite, les armées française et anglaise ayant été battues, le camp devint allemand et continua à servir d’entrepôt, principalement pour le bois des forêts locales. Suite à la Libération, ce sont les Américains qui prirent possession du site et qui l’aménagèrent dans des dimensions encore inconnues. C’était un entrepôt pour les matériels et matériaux les plus divers destinés à ravitailler les armées au front. Les baraquements des soldats étant en tôle (cliché ci-contre. M. Darius, tout comme les suivants), ou encore en bois.      

De plus, ce camp servit aussi de prison à près de 4000 soldats allemands (entre la ligne de chemin de fer et la Seine). Ces prisonniers étaient employés pour des tâches les plus diverses à la différence d’une centaine d’ouvriers français qui travaillaient eux dans des domaines qualifiés (et rémunérés !).

 

         camp-d-alizay4

 

De tous temps, le château de Rouville fut investi par ceux qui pensent être l’élite, chez les militaires de tous pays. Ainsi, lorsque le camp était américain, ce sont les soldats " blancs " qui l’occupèrent et qui en exclurent les " Noirs ". Ces derniers habitèrent alors sous des tentes dressés dans les terrains alentours. Même dans le domaine de la fête, la ségrégation persistait : les " Blancs " avaient bâti de grands bâtiments dans l’enceinte du château de Rouville et prenaient parfois, pour l’anecdote, des musiciens parmi les prisonniers allemands.

Quant aux Noirs, exclus, ils organisaient leur propre bal, où le Jazz faisait swinguer les filles et… parfois plus près du plafond que du sol ! Ces festivités, terminant à l'aurore, étaient le point de ralliement de nombreux jeunes de la région qui trouvaient de la nourriture nouvelle, pour des Français (chocolat). La fête dépassant le reste, les jeunes allaient dans les deux bals et les salles étaient toutes pleines de filles que les soldats, évidemment, allaient chercher en camion à Pont-de-l'Arche, Pont-Saint-Pierre…

Enfin, après le départ des Américains, en 1948, certains baraquements furent occupés un temps par des pompiers de Saint-Aubin-lès-Elbeuf afin d’assurer la sécurité de bâtiments contenant des explosifs.

Il ne reste rien aujourd’hui de toutes ces activités, si ce n’est des photographies et des souvenirs bien gravés dans les mémoires de certains habitants de la région.

 

camp-d-alizay2

Les troupes américaines ont fait partie de la vie locale pendant près de quatre années, de 1944 à 1948, comme l’illustre le cliché ci-contre pris à Alizay par un enfant lors d’une cérémonie officielle.  

 


      [1] Article qui servit de base à l’auteur de l’ouvrage du cinquantenaire de m real. 

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:31

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. I, p. 96-97.

 

      Alizay (5)

Les piliers de ce portail de la rue de l'Andelle sont d'anciennes colonnes de Notre-Dame de Bonport, démantelée au début du XIXe siècle (cliché Armand Launay, 2011). A noter aussi le très beau manoir à pans de bois situé derrière. 

 

 

ALISAY

 

Ancienne paroisse du dioc., du baill., de la génér. de Rouen. – Du doy. de Perriers. – De la vic. et de l’élec. de Pont-de-l’Arche.

Lieu planté d’alisiers, suivant T. Duplessis, propriété d’Alisius ou d’Aliciacus, suivant d’autres, telle serait l’origine de ce nom.

Une partie d’Alisay était comprise au IXe siècle dans le territoire de Pîtres, un des endroits les plus fameux de notre histoire locale.

Lorsque Rollon voulut remonter la Seine, dans l’intention de piller Paris, sa flotte fut arrêtée à Pont-de-l’Arche par les fortifications que Charles-le-Chauve y avait élevées ; les pirates quittèrent alors leurs vaisseaux et s’établirent sur les bords de la Seine, dans un camp entouré de fossés et de levées de terre, situé à cheval sur les paroisses d’Alisay et d’Igoville, où ils attendirent les Français. Ceux-ci ne tardèrent pas à les attaquer et à pénétrer dans le camp, mais à peine y furent-ils entrés, que les Normands se précipitèrent sur eux et les massacrèrent. Le reste de l’armée française prit la fuite, laissant le cours de la Seine entièrement libre.

La paroisse d’Alisay se trouva comprise dans les domaines que le roi de France abandonna aux Normands par le traité de 911. Elle appartenait vers 1050 à Guillaume, fils d’Osbern de Crépon, comte de Breteuil, et elle passa successivement à Guillaume II, comte de Breteuil ; à son fils naturel, Eustache de Breteuil, gendre de Henri Ier d’Angleterre, qui la lui enleva pour la donner à Guillaume de Guader, en 1119. Amicie de Guader, fille de Guillaume, apporta cette même terre en dot à Robert de Meulan, comte de Leicester ; Amicie de Leicester, leur fille, la fit passer en 1181 dans la famille de Dammartin, par son mariage avec Albéric, comte de ce nom.

Les seigneurs de Dammartin, Albéric II du nom de Renard, possédèrent la seigneurie d’Alisay de 1199 à 1214. Leurs armes étaient : fasce d’azur et d’argent de six pièces.

Après la bataille de Bouvines, Philippe-Auguste confisqua la terre d’Alisay, mais Louis VIII la rendit à Mathilde de Dammartin, fille de Renaud, qui avait épousé Philippe-Hurepel, fils naturel de Philippe-Auguste.

Robert de Dreux, qui portait : échiqueté d’or et d’azur à la bordure de gueules, posséda la seigneurie d’Alisay de 1231 à 1236. À sa mort, elle revint à Mathilde de Dammartin, en 1241. Cette dame se retira dans son château d’Alisay ou de Rouville, où, Eudes Rigaud vint la visiter le 9 mars 1252 ; pour donner à l’archevêque un témoignage de sa bienveillance, elle lui abandonna pour lui et ses successeurs, le 12 novembre 1258, le patronage de l’église d’Alisay, et mourut en 1259, laissant son plein héritage à des collatéraux.

 

En 1324, Jean Gougeul possédait le fief de Rouville, auquel celui d’Alisay avait été réuni ; il le laissa en 1350 à son fils Jean, qui épousa Jeanne de Villaines, fille de Pierre, sénéchal de Toulouse ; il fut fait prisonnier à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364. Il eut pour successeur à Rouville, Pierre Gougeul, chevalier, conseiller, chambellan et maître d’hôtel du roi, qui rendit aveu de Rouville, sans faire mention de celui d’Alisay, le 7 novembre 1374.

Pierre Gougeul acheta en 1398 le fief de la Boche, situé sur Alisay, que l’on appelait aussi " le fief du roi ", parce qu’il était situé près du château royal de Pont-de-l’Arche. Ce seigneur combla de ses bienfaits l’abbaye de Bonport, donna une rente de 25 sous tournois au prieuré des Deux-Amants, fonda deux chapelles en l’honneur de saint Pierre et de saint Antoine, dans la paroisse d’Alisay, et après avoir été capitaine de Pont-de-l’Arche, lieutenant des maréchaux de France en Normandie, commis pour recevoir la monstre de 300 lances destinées à la défense de Cherbourg. En 1380, il fut tué à la bataille d’Azincourt, laissant pour héritiers, Regnier et Pierre de Rouville, ses enfants.

L’aîné, Regnier, survécut peu de temps à son père, son frère lui succéda en 1416 ; la même année il rendit hommage au roi du fief de Rouville (Alisay), du fief du roi et de divers autres.

Pierre de Rouville défendit en 1418 Pont-de-l’Arche contre Henri V, roi d’Angleterre, et lorsque la ville fut forcée de se rendre, il obtint un sauf-conduit, mais ses biens furent confisqués et donnés à un chevalier anglais, nommé Jean Sulton, à la charge de la redevance d’un fer de lance à la saint Jean de chaque année ? Quelques temps après, Pierre de Rouville, rentra en grâce auprès du monarque anglais, qui lui rendit ses biens, en s’en réservant la haute justice. Ce seigneur servit loyalement son nouveau maître, ce qui ne l’empêcha pas de conserver ses fief après la réduction de la Normandie par Charles VII. Il avait épousé Aldonce de Braquemont, fille de Robert, amiral de France, dont il eut trois fils.

L’aîné Jacques Gougeul de Rouville, qui devint chanoine de Rouen, lui succéda en 1459 ; il mourut en 1491, laissant les terres de Rouville et de la Boche à son neveu, Louis de Rouville, qui les conserva jusqu’à sa mort, arrivée en 1527.

Les différents seigneurs de ce nom qui ont été ensuite propriétaires des terres d’Alisay et de la Boche, depuis 1491 à 1684, sont : François de Rouville, de 1527 à 1549 ; Jean de Rouville, de 1549 à 1589 ; Jacques de Rouville, de 1589 à 1628, et François de Rouville, de 1628 à 1684. Ce dernier rendit aveu au roi, en 1633, des fiefs de Rouville, de la Bosse (Boche) et de Grainville-la-Teinturière.

La seigneurie de Rouville fut pendant quelques temps érigée en comté en faveur de François de Rouville, le 21 février 1664 ; mais cette érection n’eut pas de suite, les créanciers du nouveau comte firent vendre ses biens, et les terres de Rouville et de la Bosse furent adjugées à Gilles Hallé, président à mortier au parlement de Rouen, le 11 septembre 1684.

Les armes de Rouville étaient : d’azur semé de billettes d’or à deux goujeons adossés de même.

Les seigneurs du nom de Hallé qui ont possédé les fiefs de Rouville et de la Bosse, sont :

De 1684 à 1692, Gilles Hallé dont nous avons parlé.

De 1682 à 1758, Jehan-Gilles Hallé, fils du précédent, qui fut aussi président à mortier. Ce seigneur payait une rente de 150 l. à une sœur de la Providence, chargée de tenir l’école des filles ; l’école de garçons était dirigée par le vicaire de la paroisse, c’est lui qui fit construire le portail de l’église.

De 1758 à 1775, Gilles-Louis Hallé, comte de Rouville, fils du précédent. Il fut comme son père, président à mortier. Il eut de nombreuses difficultés avec le curé de la paroisse ; l’archevêque y mit fin par une lettre du 19 décembre 1767. Louis XV voulant récompenser le président Gilles-Louis Hallé des services rendus à la royauté par ses ancêtres et par lui, érigea en sa faveur les terres de Rouville en comté.

De 1779 à 1780, Gilles-Charles-Marie Hallé, fils du précédent, qui ne survécut à son père que dix-huit mois.

De 1780 à 1790, Louis-Guillaume Hallé, frère du précédent, qui vendit à madame Marie-Madeleine Frault, veuve de messire de Berroyer, les fiefs de Rouville et de la Bosse, avec leurs dépendances, moyennant 527,000 livres.

Les armes de cette famille étaient : d’azur à fasce d’argent, chargée de 2 étoiles de sable et accompagnée de 3 étoiles, 2 en chef et 1 en pointe.

Les héritiers de la dame de Berroyer vendirent le château et les terres de Rouville à M. Philippe Bizet, le 1er messidor, an VIII ; ils passèrent ensuite, par succession, à Mme de la Poterie. Les autres propriétés achetées par madame de Berroyer furent vendues à M. Legris, dont les héritiers les possèdent encore.

Rouville était un plein fief de haubert auquel celui d’Alisay avait été réuni dès le XIVe siècle, avec droit de haute, moyenne et basse justice. L’ancien château est aujourd’hui en ruine.

L’église, dédiée à Saint-Germain, remonte avant 856. Les chefs français y reçurent la communion le matin de leur rencontre avec les Normands. L’archevêque de Rouen en avait la présentation. Le seigneur du lieu présentait aux chapelles de Saint-Antoine et de Saint-Pierre, qui se trouvaient sur le territoire d’Alisay.

 

ALISAY, canton de Pont-de-l’Arche, sur la Seine, à 66 m. d’alt. – Surf. terr., 862 hect. – Sol d’alluvions contemporaines. – R. dép. n° 12. – Chem. d’int. com., n° 58. – 550 hab. – 4 contrib., 6,980 fr. en ppal. – Rec. ord. du budg., 2,689 fr. – Rev. com., 48 fr. – 5 perm. de chasse. – Paroiss. succ. – * et Percep. et Rec. des cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – 9 débit. de boiss. – École mix. dirigée par une sœur. – Maison d’école. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. , 34 ; d’arr., 14 ; de cant., 3. – 75 hect. de terrains incultes.

 

Dépendances : Rouville, La Maison-Rouge, Le Solitaire.

Agriculture : céréales, légumes, 1,200 arbres à cidre.

Patentés : 20. 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:47

photo-2

Cette photographie présente deux fusains d’Edmond Spalikowski extraits de Documents et paysages, exemplaire unique non daté de 46 pages. Il semble dater de l’après-guerre. Le dessin d’en-bas représente le clocher d’Alizay. Documents et paysages est consultable à la bibliothèque municipale du Havre (cote MS 735).

 

Je termine par cette pensée que l’auteur étaie dans sa préface… tant elle est juste :

« On ne recueille jamais trop de documents et l’on se repent toujours d’avoir négligé ceux qui paraissent de moindre importance. De même qu’en bibliographie, il n’y a point trop de papiers inutiles, il n’y a point de plus modeste croquis qui ne puisse servir un jour.

 

 

A lire aussi...

Pont-de-l'Arche d'autrefois et d'aujourd'hui, d'Edmond Spalikowski

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:43

Doinel A., Notice historique sur Alizay, Paris : Le livre d’histoire-Lorisse, 2004, 72 p.

 

Cet ouvrage date de 1880. M. Doinel était l’instituteur laïque de la commune. Il a mentionné les sobriquets attribués aux habitants de certains villages sans préciser, toutefois, si ces surnoms étaient utilisés systématiquement et par qui ? N’étaient-ils connus que des gens d’Alizay ? Que signifient-ils tous ? 

 

Les carnages de Pont-de-l'Arche

Les sorciers d’Alizay

Les carcasses d’Igoville

Les Manants du Manoir

Les capons souffleurs de Pîtres

Les cornus de Montaure

Les Brûleurs d’ânes de Criquebeuf

Les sacrés de Poses

Les pédants de Notre-Dame

Les Roussiers de Saint-Cyr

Les Mâchoires des Damps

Les marras de Martot

Les Fioux de Léry

Les malins de Connelles

Les carottiers de Porte-Joie

Les hiboux de Tostes

Les brouettiers d’Herqueville

Les mangeurs de soupe de Louviers

Les danseurs des Andelys

Les Culs terreux du Neubourg

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:36

 

Alizay (IGN, fouilles)

 

Les constructions immobilières étant très nombreuses, le BTP a besoin de sable. Ainsi la vallée de la Seine est un terrain propice aux carrières. L’une d’elles, située à Alizay et Igoville, ouvrira pour le compte de la Compagnie des sablières de la Seine (Lafarge-Cemex). Avant cela, conformément à la loi du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive, ce sont 22 hectares de terrains qui ont bénéficié d’un diagnostic réalisé par l’INRAP entre 2007 et 2009.  

 

Celui-ci a révélé un fort potentiel et notamment

 

- de nombreux silex taillés de la fin de la dernière glaciation ; 

- un vase de la Hoguette à 1,80 m de profondeur, (5370-5222 avant notre ère) ; 

- un pic en bois de cerf et divers restes animaux à 2,6 m de profondeur (mésolithique, 7606-7578 avant notre ère) ;

- des structures d’habitat et un foyer du néolithique ; 

- des traces de l’âge du bronze ; 

- une tombe médiévale… 


L’enjeu est donc de taille. Les archéologues ont devant eux un très vaste espace qui recèle des objets bien conservés dans les anciens sédiments de Seine. Depuis février, ils peuvent étudier exhaustivement les modes d’occupation des sols depuis la fin du paléolithique (11 000 avant notre ère).

 

Le chantier d’Alizay-Igoville doit devenir une référence régionale en matière de caractérisation des différents types d'habitats qui se sont succédé au fil des siècles et de l’adaptation des hommes aux changements climatiques. Il offre aussi une belle opportunité aux spécialistes d’étudier l’évolution du mobilier et donc le processus de néolithisation, c’est-à-dire le passage progressif des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs du paléolithique et du mésolithique à l’élevage et la culture qui caractérisent le néolithique et la sédentarisation.

Archeologie-Alizay

Pour mener à bien ces recherches, pas moins d’une trentaine de spécialistes vont travailler pendant près de 14 mois. L’étude du site est placée sous la responsabilité de Cyril Marcigny et Bruno Aubry. L’analyse chronologique nécessite l’intervention de spécialistes des différentes périodes (paléolithique supérieur, moyen, inférieur, mésolithique et processus de néolithisation, néolithique ancien, moyen et final, bronze ancien, final, 1er âge du fer, périodes historiques.


Pour analyser le site le plus précisément possible, d’autres spécialistes interviendront tels que palynologue (pollen), géomorphologue (reliefs et leur évolution), entomologiste (insectes), archéozoologue (relations hommes-animaux), malacologue (mollusques), carpologue (graines), anthracologue (hommes et forêt). 


Toutes ces travaux sont intimement liées à un important travail de topographie. Un Système d’information géographique (SIG) est nécessaire pour restituer les couches stratigraphiques et modéliser les différents sols, reconstituer leur évolution (chronométrie) et établir des référentiels typochronologiques (des documents montrant des modèles d’occupation de l’espace par l’Homme selon les époques).


Avec plusieurs milliers d'objets déjà récoltés, l’étude est prometteuse. Le public intéressé a hâte de voir les premiers résultats de ces fouilles. Les archéologues ont pensé aux amateurs d’archéologie et aux habitants de la région et vont présenter les plus belles découvertes dans quelques semaines. L’information sera donnée en temps et en heure. 


Sources

- Résultats des diagnostics et protocole de fouille, Bruno Aubry et Cyril Marcigny, février 2011 ; 

- Site de la commune d’Alizay.

 

 

Salut Ghislaine;-)

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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