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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 19:00
Buste de Philippe Desportes (détail) extrait de la colonne funéraire  disparue - de l'église Notre-Dame de Bonport. Il fut réalisé par Matthieu Jacquet (vers 1545-vers 1611) en 1607 (Musée du Louvre / P. Philibert

Buste de Philippe Desportes (détail) extrait de la colonne funéraire disparue - de l'église Notre-Dame de Bonport. Il fut réalisé par Matthieu Jacquet (vers 1545-vers 1611) en 1607 (Musée du Louvre / P. Philibert

Philippe Desportes est un poète et homme de cour français né à Chartres en 1546 et décédé le 5 octobre 1606 à Notre-Dame de Bonport où il fut abbé depuis 1594. Nous devons à Jacques Lavaud des éléments précis sur la relation de cet homme à Bonport : Lavaud, Jacques, Un poète de cour au temps des derniers Valois : Philippe Desportes (1546-1606).

 

Le poète de cour…

Philippe Desportes fut bon poète mais ne passa pas le tamis des générations qui se suivent. Sa poésie, vouée à flatter les nobles qui le protégeaient, se caractérise par une sobriété tranchant avec le style recherché de Pierre de Ronsard (1524-1585) et des poètes de la Pléiade. Bien que placé entre Ronsard et François de Malherbe (1555-1628), il n’est pas classé parmi les grands de la poésie française et ce sont principalement les travaux de Charles-Augustin Sainte-Beuve et d’Emile Faguet qui firent connaitre Philippe Desportes dans le monde littéraire (Jacques Lavaud, page 128). Influencé par les auteurs italiens, les premiers écrits desportiens montrent le cœur d’un homme attendri par les beautés de la nature, de la femme ainsi que du refus de traditions notamment dans ses Stances du mariage (page 63) :

 

Tout homme qui se trouve en ses laqs asservy,

Doit par mille plaisirs alléger son martyre,

Aimer en tous endroits sans esclaver son cueur…

Je hay plus que la mort ta rigoureuse loy,

Aimant mieux espouser un tombeau qu’une femme.

 

En modérant son propos, Philippe Desportes commença à vivre de son art poétique au sein du salon de Claude Catherine de Clermont, maréchale de Retz. Se faisant connaitre dans les salons, il se fit des amitiés utiles à son art et à ses finances. Ami de Nicolas IV de Neufville, dit Villeroy, d’Anne de Joyeuse – gouverneur de Normandie et mignon d’Henri III – Philippe Desportes, concerné par les affaires d'Etat dès l'avènement d'Henri III (1575), toucha un traitement de secrétaire du roi en 1582 (page 322).

 

… qui profita de l’oreille du roi

Grâce à la faveur d’Henri III, Philippe Desportes acquit le revenu des abbayes de Tiron et Josapha, toutes deux proches de Chartres. Le poète préféré du roi (page 358) était alors abbé de ces établissements grâce au système de la commende convenu en 1510 entre François 1er et le Pape qui autorisait le roi de France à nommer les abbés. Ceux-ci étaient donc désignés pour leur fidélité au roi plus qu’aux Évangiles. Dépensier, notre homme était réputé pour sa cordialité, la qualité de sa table et de ses vins et le nom de ses hôtes, attachés aux arts, parmi lesquels il contribua à promouvoir de jeunes talents. Ceux-ci trouvaient une retraite et un soutien auprès de cet homme qui passait pour un véritable abbé épicurien. Cependant, Philippe Desportes connut vers 1583 une période mystique dont témoignent ses écrits. Il semble cependant que ce nouveau sentiment ait été motivé par le roi Henri III qui, lui, eut une révélation mystique. Philippe Desportes resta quelques temps dans son abbaye. Comme le note Jacques Lavaud (page 318) : Il avait su se faire ermite au bon moment, conciliant avec un remarquable esprit d’à-propos le maintien des bonnes grâces de son souverain et le cumul de gros bénéfices. » En 1587, notre homme était conseiller, notaire et secrétaire du roi.

 

Le Ligueur

Philippe Desportes quitta la Cour et rejoignit la Ligue de défense catholique avant même la mort d’Henri III survenue le 1er aout 1589. Il se réfugia au Havre, ville gouvernée par son ami André de Brancas, seigneur de Villars. Les rebelles l’enjoignirent de tenter la conciliation entre les ligueurs de Rouen (Jean de Saulx, seigneur de Tavannes) et du Havre. Il s’agissait d’épargner Rouen de la reconquête royale.

 

Le repenti récompensé par Henri IV

Philippe Desportes se rallia toutefois à Henri IV et fut son principal diplomate dans la négociation du ralliement des derniers ligueurs en 1594. Il parvint à rallier Villars à la bannière royale contre la promesse du roi de maintenir ses bénéfices. Après sa reddition le 27 mars 1594, Villars conserva le gouvernement de Rouen et celui de Caux ainsi que son titre d’Amiral de France. Il obtint, de plus, 715 430 livres (page 375). Quant à Philippe Desportes, il scella ici la fin de sa vie à l'abbaye de Bonport. En ces temps très troublés, l'abbaye de Bonport s'était retrouvée sans abbé depuis le décès de François Boulliers en 1590. Depuis lors, Le Blanc du Rollet, capitaine de Pont-de-l’Arche, avait pris sous sa coupe cette abbaye – et ses revenus – mais sans l’aval du Pape comme en témoigne une archive de février 1592 (page 358). Dans les conditions de sa reddition, Villars demanda l’abbaye pour le compte de Philippe Desportes. La réponse du roi tarda car Le Blanc du Rollet, un des premiers normands ralliés à Henri IV, souhaitait conserver Bonport. Le roi proposa à notre poète-abbé le bénéfice de l’archevêché de Rouen. Celui-ci refusa et maintint son choix pour Bonport. Le Blanc du Rollet abandonna ses prétentions contre un dédommagement financier du roi (page 376). Il devint de plus grand prévôt de Normandie en 1602.

 

 

Bonport, sa résidence préférée

Après 1594, Philippe Desportes devint Conseiller du roi en ses conseils d’États et privés (page 383). Il était abbé de Tiron, de Josaphat, de Vaux-de-Cernay (Yvelines) et de Bonport. Ayant pris de l’âge, Philippe Desportes garda ses distances avec la vie de cour et resta de plus en plus souvent dans ses résidences favorites qu’étaient Vanves et les abbayes de Josaphat et de Bonport. Jacques Lavaud note (page 406) que « De tous ses bénéfices, celui qui eut la préférence de notre poète, celui auquel il réserva ses soins les plus attentifs et ses séjours les plus fréquents et les plus prolongés fut incontestablement Bonport, l’abbaye qu’il avait si longuement convoitée, qu’il avait préférée au pallium archiépiscopal et qu’il avait eu tant de peine à obtenir, Bonport, enfin, la rançon du retour de Rouen en l’obédience royale. » Il était attaché à Bonport pour le pittoresque du lieu, certes, mais aussi car ici résidait son fils naturel, Philippin, qui avait perdu la raison (page 397). Il y était très présent dans les dernières années de sa vie où il pouvait garder contact avec ses amis rouennais, anciens ligueurs, et son ami poète Jacques Davy du Perron, évêque d’Evreux (page 401). A Bonport, il rédigea une colossale traduction des Psaumes, fruit d’un travail de 20 ans. Il y constitua une des plus belles bibliothèques de son temps. Bien qu’un prieur le secondait dans l’administration des biens abbatiaux, Philippe Desportes s’assurait du fonctionnement de cette abbaye qui rapportait, en 1598, 5 000 livres (page 400, note 2). Philippe Desportes mourut au logis abbatial de Bonport le 5 octobre 1606, à 60 ans, et s’y fit enterrer suivant ses dernières volontés consignées dans son testament (page 527).

Philippe Desportes fut enterré au milieu du coeur de Notre-Dame de Bonport sous une dalle en marbre noir. Elle portait l'inscription : "Cy-gist Philippe Desportes, conseiller du Roi en ses conseils d'état et privé, abbé des abbayes de Josaphat, Thiron, Vaux de Cernay et de N. D. de Ron-Port, qui décéda en la dite abbaye de Ron-Port le vie jour d'Octobre m.dcvi. Priez Dieu pour son âme." Son frère Thibault lui fit élever un obélisque à droite du grand autel (Jules Andrieux, introduction, page 37). Ce monument fut démonté par Alexandre de la Folie, acquéreur de l'abbaye le 2 avril 1791. Jules Andrieux relate ce passage : « Ne sont pas compris dans la vente de ladite maison et établissement, les armoires et boiseries de la sacristie, et l’obelisque étant au côte droit du sanctuaire que l'administration aura délai de six mois pour faire déplacer et transporter." Cet obélisque était sans doute le monument de Philippe Desportes, qui fut transporté au musée des Petits-Augustins. Quelques jours après, les commissaires nommés par l'administration du district de Louviers demandaient : « l'obélisque étant au côté droit du sanctuaire. » M. de la Folie leur répond : « qu'il est démoli pour ne recevoir « aucun choc qui puisse le casser, et qui est prêt à être livré « sous la réserve de rembourser les frais de la dite démolition. » Il semble qu'il ne reste aujourd'hui que le médaillon en bronze dont un extrait est reproduit en tête d'article.  

 

Sources

- Croquette Bernard, « Desportes Philippe (1546-1606) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2013. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/philippe-desportes;

- Lavaud Jacques, Un poète de cour au temps des derniers Valois : Philippe Desportes (1546-1606), Paris, Droz, 1936, 572 pages.

 

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Bonport Guerres Biographies
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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 18:51

Paulette Lecureux est née en 1941 à Rouen. Elle arrive à Pont-de-l’Arche en 1964 en tant qu’enseignante en maternelle puis en élémentaire. A l’écoute des problèmes subis par certains de ses élèves et leurs familles, elle s’engage en 1977 dans l’équipe de Roger Leroux où se côtoient communistes, socialistes et divers gauche comme elle. Elle devient adjointe aux Affaires sociales, adhère au PCF et s’en éloigne au bout de deux ans. Elle rejoint le parti socialiste au cours de son deuxième mandat (1983-1989). En 1989, elle est élue maire face à Roger Leroux et sa liste à majorité communiste.

Après avoir été 12 années adjointe au maire, elle devient maire pendant 12 ans avant de redevenir adjointe pendant 6 ans au côté de Richard Jacquet (2008-2014). Elle totalise 30 ans de mandat et d’investissement salués déjà le 23 octobre 1998 par Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand, qui lui a remis les insignes de l’Ordre national du mérite. Dans son discours, il a souligné que « l’école a été pour toi un grand pas vers l’engagement public. En 1977, tu franchis le pas. Ce besoin d’aider les autres et de t’investir restera présent. En 1989, tu deviens maire : te voilà en première ligne, au front en quelque sorte. Durant toutes ces années, ton ambition s’exprime par ton souci de valoriser ta ville, de développer le tourisme, de confirmer son identité de cité historique. Tu ne changes pas, tu restes chaleureuse, volontaire, passionnée, entière, tenace, éprise de justice et profondément intègre. » 

 

Adjointe de 1977 à 1989

Elue adjointe aux Affaires sociales, Paulette Lecureux définit en 1978 les missions du Centre municipal d'action sociale (CMAS) qu’elle préside. Si elle a redéfini les priorités d’actions depuis, notamment en faveur de l’emploi, les missions actuelles (2013) du CCAS se fondent toujours sur ce travail. Paulette Lecureux est une élue très investie et ce malgré 6 années d’aller-retour professionnels vers Paris. En 1986, elle obtient notamment la construction du gymnase du collège en tant que présidente du syndicat intercommunal. Forte de sa notoriété et de son relationnel, Paulette Lecureux présente une liste en 1989 face à Roger Leroux et l’emporte. Son groupe compte 13 élus face à 10 élus d’opposition. Malgré sa virulence, cette opposition a été balayée aux municipales de 1995 et ce n’est qu’en 2001, face à une alliance hétéroclite allant du PCF à la droite, qu’elle est battue par Dominique Jachimiak.

 

Paulette-Lecureux-1989.JPG

Paulette Lecureux posant dans le bureau du maire pour l'éditorial de Pont-de-l'Arche ma ville (1989).

 

Maire de 1989 à 2001

Les deux mandats de Paulette Lecureux sont riches en réalisations qui visent à améliorer le cadre de vie des habitants et à garantir la mixité sociale et ce en baissant l’imposition.

 

Services publics municipaux

De nouveaux services sont créés et les biens communaux sont entretenus et améliorés. Les activités du Centre de loisirs (géré par le CAEJ) passent de 15 000 journées enfants en 1995 à 24 000 en 2000. L'accueil est étendu à toute l’année. Le terrain de camping est acheté (1990) et entièrement rénové (2000). La police municipale est créée à la place du garde champêtre (1994) et établie dans des locaux acquis pour elle (1995) au n° 4 de la place Aristide-Briand (revendus en 2010 par l'équipe de Richard Jacquet). Paulette Lecureux fait acheter (1997) et aménager (2000) des ateliers techniques municipaux, ceux du chemin de la Vallée étant devenus inadaptés. Elle fait agrandir la gendarmerie (1994). Elle et son équipe ouvrent aussi la Caverne des jeunes, un espace destiné aux 13-17 ans. Ce local est aménagé (1991) dans le Centre de loisirs.

 

Petite enfance

La petite enfance est nettement accompagnée et développée durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Outre l'éveil des enfants, c'est l'égalité homme-femme devant le travail qui est visée. Une maison située au n° 12 de la place du Souvenir est achetée (1994). Y sont installés provisoirement la crèche associative Bidibul (créée en mai 1994) et le Relai des assistantes maternelles (RAM). Paulette Lecureux fait acquérir (1996) et aménager le « Manoir de Manon » afin d’y accueillir (1998) ces deux précédents services. Une maison sise au n° 21 de la rue Julien-Blin est acheté (1996) dans l’objectif d’ouvrir le bailliage sur la ville et d’aménager un jardin. Ce lieu accueille aujourd'hui le Relai des assistantes maternelles. 

 

Ecoles

L'équipe de Paulette Lecureux fait évoluer les infrastructures et les services scolaires afin de faire face à l'évolution démographique. Un service de transports scolaires est mis en place (1989). Une salle d’activité est créée au groupe scolaire Maxime-Marchand (1994). La restauration scolaire est privatisée (1998) et la 6e classe de l'école maternelle Les Lutins est inaugurée (1997). Des travaux d’agrandissement du groupe scolaire Maxime-Marchand sont lancés.  

 

Social

Si cette compétence est dévolue au département, la municipalité de Paulette Lecureux a entrepris d'importants projets qui ont nécessité des équipements nouveaux. Les locaux de l’actuel centre médicosocial (géré par le Conseil général) sont achetés (1989) afin d'accueillir le public dans de meilleures conditions (le centre étant auparavant dans un appartement des Lupins). L’hôtel de Normandie est acheté (1996) pour en faire une résidence d’urgence (1999), l’actuel Foyer de jeunes travailleurs. Le contrat de ville est signé avec la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) le 22 décembre 2000 afin de favoriser les loisirs et la médiation auprès des jeunes.

 

Urbanisme

L'idée de redonner une identité à la ville et d'améliorer le cadre de vie de ses habitants se mesure aux nombreux projets urbains lancés et réalisés durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Le parking de la salle des fêtes est aménagé (1993). La rue Abbé-de-Lanterie est élargie (2000). Le premier columbarium du cimetière est posé (1996). Une rénovation lourde du centre-ville est entreprise (place Maréchal-Leclerc, place Hyacinthe-Langlois, rue Président-Roosevelt, Julien-Blin, Alphonse-Samain). Elle est conduite par le cabinet Arc en terre (Denis Comont) (1996- 1997). Cette rénovation a pour objectif de valoriser le caractère historique du centre-ville et de le restituer aux piétons. L’Espace Jacques-Henri-Lartigue est créé. Il a commencé par le rachat de l’usine Jeanbin (1989), rasée et remplacée par un parking (1991) en attendant le début des travaux (1995). Ceux-ci ont démarré par les logements HLM, suivis par la création de cases commerciales et de services (médecins, la poste) le long de la rue Jean-Prieur. Cette résidence a été pensée par l’architecte Thomas Noviczky et a été inaugurée en 2002. Les berges de l’Eure sont aménagées en deux temps (1990 et 1993) et aboutissent sur la création du chemin Claude-Boubet (1993). La piscine communale, créée en 1967 par Roland Levillain, est rasée car elle ne répond plus aux normes de sécurité (1996). Il est projeté de faire construire une nouvelle piscine dans le cadre de l’intercommunalité. La rénovation de la place du Souvenir (2000), du rempart au Monument aux morts, est rendue possible par le rachat (1992) du local Meubles-Jacques. Le Chemin du Becquet est aménagé (1990) jusqu’au Clos de Bonport pour desservir les nouveaux quartiers.

  

HLM

Le mandat de Paulette Lecureux est caractérisé par la création de logements HLM dans la mesure des espaces disponibles et dans un souci de préserver la mixité sociale. Ainsi ont été créés l’Espace Jacques-Henri-Lartigue (1997) (voir ci-dessus), la résidence du Becquet (1991) et projetée la réhabilitation complète de l’Anneau des Rosiers (2000) réalisée en 2004.

 

Accession à la propriété

Des projets privés ont vu le jour notamment grâce à l’ouverture de l’échangeur de Criquebeuf (1996) : l’Oiseau blanc (1998) et les dernières tranches de La Pommeraie dont les rues Louise-Michel, Joseph-de-Gay-Lussac et Antoine-Laurent-de-Lavoisier.

 

Patrimoine historique

Paulette Lecureux a souhaité agir en faveur de l’identité de la ville. Le patrimoine historique n’a pas été oublié que ce soit son entretien ou sa promotion : première plaquette touristique (1989), restauration de l’orgue qui retrouve sa voix (1995) et de diverses parties de l’église Notre-Dame-des-arts, achat du bailliage (1998), rénovation du calvaire de la Procession (1992), rénovation du mur du cimetière et de son calvaire (1998).

 

Animations et sports

La période 1989-2001 connait une vie culturelle, associative et commerciale active. La mairie prend cependant une part de plus en plus importante et organise, notamment, une exposition sur Jacques-Henri Lartigue avec publication d’un livret (1994), une exposition sur Octave Mirbeau. Le Foyer du Beauregard, salle associative, est inauguré (1993) et l’Office municipal des sports organise son premier forum (1997). L’Agorespace de la résidence Louis-Aragon est créé (1993). Les terrains du futur parc ludique sont achetés (1993). Il est un temps prévu d’y construire un gymnase avant de le prévoir (2000) le long de la rue Nungesser-et-Coli. Il sera réalisé par l’équipe suivante (2003).

 

Fiscalité

Les mandats de Paulette Lecureux, dont l’adjoint aux finances est Gérard Molle, sont caractérisés par une baisse régulière de la taxe d’habitation (de 15,92 % à 11,4 %) et du foncier bâti (de 34,5 % à 21,9 %). L’endettement a légèrement baissé durant ses deux mandats. En 1997, l’abattement général à la base (15 %) concernant la taxe d’habitation est supprimé et remplacé par un abattement (15 %) pour les familles ne payant pas d’impôt sur le revenu et dont le logement a une valeur locative brute en deçà de la moyenne communale. En 1994, les emprunts contractés entre 1977 et 1983 arrivent à échéance et offrent à la Ville une marge de manœuvre appréciable expliquant les nombreuses réalisations.

 

Durant ce mandat

Le Conseil général remplace le carrefour des Damps par un rondpoint et aménage l’avenue De-Lattre-de-Tassigny (2001). Sous l’impulsion de Paulette Lecureux, l’extension et la rénovation de l’hôpital local reprennent (1994-1996) avec la mobilisation d’Archépontains auprès du Ministère de la Culture afin de sauvegarder la chapelle et un ancien bâtiment. Les travaux sont conduits par Bruno Foulkes (Louviers). L’extension et la rénovation du collège Hyacinthe-Langlois par le Conseil général est lancée (1995-1996). Elle est conduite par l’architecte Nicolas Rougeulle de l’atelier Bellefontaine (Le Havre). L’administration de la poste veut fermer le bureau de Pont-de-l’Arche. Suite au refus de la population (référendum de 1993) de faire financer par la Ville la construction d’un nouveau bureau, l’équipe de Paulette Lecureux parvient à inclure en 1995 le guichet de la poste dans le nouvel Espace Jacques-Henri-Lartigue (voir ci-dessus), les facteurs partant trier le courrier à Val-de-Reuil.

 

Le contournement Est-ouest

Le contournement de Criquebeuf – Pont-de-l’Arche – Les Damps fut initialement demandé en 1983 par l’équipe de Roger Leroux, désireuse d’éloigner une circulation augmentant toujours plus. Le 16 décembre 1996, le Conseil municipal présidé par Paulette Lecureux relance ce dossier auprès du Conseil général. Lasses des délais, deux associations se créent : Gardez le bon air et Agissons ensemble pour le contournement de Pont-de-l’Arche.

Les édiles archépontains débloquent la question du tracé en abandonnant l’idée de faire passer le contournement par la route forestière de Cobourg (idée rejetée par l’Office national des forêts), il abandonne le projet de supprimer le péage Incarville (idée – irréalisable – de la Direction départementale de l’équipement). La Ville accepte l’empiètement sur ses terrains de sports. Ainsi une étude d’impact peut se dérouler. Paulette Lecureux a longtemps été accusée d’inaction sur ce dossier par L'Arche expression, son opposition non élue. Cependant, cette dernière souligne, dans Point de vue n° 7 (octobre 1997) que « Ce 15 septembre 1997, les élus municipaux ont voté le début du processus de la réalisation du contournement de notre cité ». L’étude prend fin en 1998 et débouche sur l’adoption d’un tracé satisfaisant toutes les parties et tous les organismes de contrôle de l’Etat.

Le tracé de contournement est adopté lors du Conseil municipal du 10 décembre 1998. La question du financement de celui-ci, par le Conseil général et la Région Haute-Normandie, revient au successeur de Paulette Lecureux. Notons que le retard du dossier du contournement est partiellement dû au fait que les autorités préfectorales ont lié cette question au projet de contournement Est de Rouen, dossier encore en cours en 2013.

 

L’intercommunalité

C’est la question de l’intercommunalité qui, semble-t-il, a fait chuter Paulette Lecureux. La loi n° 92-125 du 6 février 1992, dite loi Joxe, incite les collectivités locales à se regrouper en Communautés de communes. La Préfecture de l’Eure réunit un Comité interministériel du territoire le 10 février 1993 et retient le principe d’un Projet d’aménagement concerté du territoire (PACT) sur le site « Val de Seine ». Il s’agit d’impulser l’intercommunalité au niveau des 4 cantons de la région de Louviers (dont celui de Pont-de-l’Arche).

Les objectifs de cette structure syndicale sont le développement économique, l’aménagement du territoire, le social et la politique de la ville. Pour attribuer la présidence du PACT urbain, les plus grands élus locaux, Odile Proust (maire RPR de Louviers) et Bernard Amsalem (maire PS de Val-de-Reuil) trouvent un terrain d’entente et élisent Paulette Lecureux, maire de la troisième commune du Pact urbain. Le 2e vice-président est Franck Martin, nouveau maire de Louviers (1995) et futur président de la Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE). Karine Inion est recrutée cheffe de projet. Avec Paulette Lecureux et les élus, elle a 5 ans pour jeter les bases de l’intercommunalité : élaboration du premier Plan local de l’habitat, définition de la politique de la ville (équipements multisports comme l’Agorespace de Pont-de-l’Arche), projets culturel comme « Forêt de Bord : le lien » (1999).

Le PACT urbain initie peu à peu les élus à la pensée intercommunale, à l’élaboration de projets communs autour du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la collecte et du traitement de l’eau, des déchets, les transports… Cependant cette initiation a été difficile chez les élus, par incompréhension ou par choix stratégique, et plus encore dans la population. Certains maires du canton de Pont-de-l’Arche ont souhaité créer une intercommunalité à l’échelle cantonale. En 1996, ils créent la Communauté de communes Seine Bord. Paulette Lecureux, très investie dans le PACT urbain, refuse de faire entrer Pont-de-l’Arche (Conseil municipal du 12 juin 1996) et veut faire adhérer la Ville à la Communauté de communes de Louviers et Val-de-Reuil (Conseil municipal du 30 septembre 1999), la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) constituée le 1er janvier 2001 autour de 22 communes. Cette naissance fut difficile, la Préfecture mettant séparément Pont-de-l’Arche, Les Damps et Léry tantôt dans la CASE tantôt dans Seine Bord ! Notre ville fut définitivement incluse dans la CASE le 25 septembre 2000.

Si l’histoire a donné raison à Paulette Lecureux le 1er janvier 2013 où Seine Eure et Seine Bord ont fusionné, cette dernière a peiné à expliquer le bienfondé de sa démarche, elle qui a tôt compris l’intérêt de l’intercommunalité. L’Arche expression s’est engouffrée dans l’opposition à la CASE et a dépeint Paulette Lecureux comme un personnage autoritaire livrant – grâce à ses relations – la ville à Louviers et Val-de-Reuil. Arcboutés sur le canton par incompréhension ou par stratégie, les membres de L’Arche expression entretiennent les craintes des habitants sur un échelon méconnu de la décentralisation : l’intercommunalité. Ceci démontre un trait de caractère de Paulette Lecureux, moins politique que gestionnaire, moins stratège que passionnée. Elle a soutenu jusqu’au bout un projet peu populaire. Idem aux cantonales de 1998 où elle a perdu de nombreuses voix face à Gaétan Levitre (PCF), elle qui se prononçait pour le centre d’enfouissement technique de Pîtres.

 

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Paulette Lecureux posant pour le Forum de la femme en 2009 (photo A. Roques).

 

Adjointe de 2008 à 2014

Paulette Lecureux renoue avec la mairie de Pont-de-l’Arche en 2008 au côté de Richard Jacquet. Adjointe à l’Intercommunalité puis adjointe à la Jeunesse et vie sociale, elle s'investit dans un domaine novateur pour elle : la prévention et la médiation dans le quartier du Bon-air qu'elle avait inscrit en 2000 dans le contrat de ville signé avec la CASE. Le service Jeunesse et vie sociale, créé durant ce mandat, a sans cesse évolué depuis son installation au Tremplin, avec d'autres services, jusqu'a son affectation au Mil-club. Paulette Lecureux  a continué à soutenir le commerce de proximité et les équipes de l'union commerciale et artisanale. Depuis 2008, elle est rapporteuse de la commission Commerce et artisanat de la CASE et membre de la commission Développement économique Paulette. Après 30 années de mandat, Paulette Lecureux a décidé de tourner une grande page de sa vie pour découvrir d'autres horizons, privilégiant maintenant sa vie personnelle. 

 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Le Trait d'union : bulletin d'information municipal (1977-1989)

Pont-de-l'Arche ma villebulletin d'information municipal (1989-2001)

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 13:08

Roland Levillain est né en juin 1912 à Saint-Martin-de-Boscherville et décédé le 21 février 2014. Il est le dernier maire de droite de Pont-de-l’Arche (1959-1977) et partage avec Jean-Charles Ducôté (maire de 1827 à 1845) le record de longévité aux commandes de la commune : 18 ans. Il était exploitant de scierie et de carrière au Bon-air [1] ce qui lui permit d’acheter de nombreux terrains, notamment ceux de La Pommeraie. Sa scierie a contribué à la construction du pont provisoire en bois (1941-1944) et fut, pour ces raisons, bombardée par l’aviation Alliée (3 juin 1944) [2].

 

L’élu municipal et l’adjoint d’Alix Duchemin

La lecture des archives montre l’implication politique de Roland Levillain dès les années 1950 où le PCF avait repoussé la gauche radicale-socialiste archépontaine au côté du centre droit. Ainsi, en 1953, Roland Levillain fut candidat sur une liste rassemblant des radicaux-socialistes et des personnalités de droite. Face à elle, la liste PCF et la liste divers droite de Charles Morel qui remporta le scrutin et fit élire Didier Simon. Le décès brutal de Didier Simon déclencha un nouveau scrutin. En 1954, la liste radicale-socialiste sortit des urnes ex-aequo avec celle de Charles Morel. Les conseillers municipaux firent élire – d’un fil et au bénéfice de l’âge – le radical-socialiste Alix Duchemin. Roland Levillain, marqué à droite, fut désigné adjoint, fonction qu’il assuma de 1954 à 1959.  

 

Roland-Levillain.jpg

Roland Levillain posant dans son bureau de maire pour le premier bulletin municipal : Pont-de-l'Arche : revue cantonale (1965) (photo Lefer). 

 

Le maire trois fois réélu

Roland Levillain bénéficia d’un contexte politique favorable. En 1959, les radicaux-socialistes, sans meneur, perdirent les élections face à la droite et disparurent du devant de la scène politique communale. Roland Levillain devint maire en 1959. Il en fut de même aux élections de 1965 où le PCF, pourtant bien implanté, ne réunit pas assez de voix face à la droite et à une partie de l’électorat de gauche non rassurée par le communisme et l’URSS. Roland Levillain profita de la division de la gauche en 1971 où la gauche socialiste et radicale émergea à côté du PCF, avant de s’écraser faute de meneur compétent. Les victoires de Roland Levillain furent en partie dues à la division de la gauche et à l’effondrement de la gauche républicaine, elles furent aussi le fruit du bilan de ce maire dont on peut lire le maintient de l’électorat, malgré une légère érosion, au fil des scrutins. Roland Levillain fit donc trois mandats, avec des listes constituées autour de commerçants et de personnes – même de gauche – investies dans la vie publique. Proche de son électorat, c’est lui qui instaura la plage horaire du mardi soir pour les permanences du maire. Il fut le dernier maire à avoir été traité solennellement en notable avec, par exemple, le garde champêtre annonçant l’entrée dans la salle de « Monsieur le Maire » au début des séances du Conseil municipal.

 

L’action municipale

Les mandats de Roland Levillain révélèrent l’entrepreneur, pour ne pas dire l’homme d’affaires. Des projets urbains extramuros ont émergé dans notre ville depuis les années 1930 (groupe scolaire) et plus encore depuis les années 1950 (salle des fêtes, pont, HLM de l’Anneau des Rosiers et des Lupins 1…) et la croissance qui a suivi la Libération. Roland Levillain poursuivit cet élan et devint, grâce à ses trois mandats, le maire au plus riche bilan quant à la création d’équipements municipaux et de lotissements privés.

Ainsi, Roland Levillain et son équipe firent agrandir le groupe scolaire de deux classes (1962). Ils furent à l’origine de la piscine communale (1967 – démolie en 1996), du stade Jacques-Havet (1964), des terrains de tennis (1964 et 1971) et du premier local technique (vers 1970) à côté des services de la Direction départementale de l’équipement (actuellement Le Mutant). Ce local sert aujourd’hui au Comité des fêtes. Vaste opération, c’est sous un mandat de Roland Levillain que la Ville de Pont-de-l’Arche construisit les locaux du collège de Pont-de-l’Arche (1967). Il fit aussi construire la gendarmerie (1970) où l’équipe de Richard Jacquet fit installer le Tremplin (2009). C’est Roland Levillain qui fit transférer la mairie du bailliage à l’hôtel Alexandre-Delafleurière (1968) où elle se trouve de nos jours. Il privatisa le bailliage avant que ce joyau du patrimoine historique ne fût racheté par l’équipe de Paulette Lecureux (1998). Il fit aménager la cave de l’ancienne école de garçons (1976) afin d’y tenir des manifestations culturelles. Un nom fut alors forgé : la Salle d’Armes. Il fit restaurer deux vitraux (1972) et entretint l’église Notre-Dame-des-arts. Il fit aménager la place Aristide-Briand (1959) et lança la création des deux blocs sanitaires au groupe scolaire (1977) et programma la dalle devant accueillir le Mil-club attribué à la Ville par la Direction départementale de la jeunesse, des sports et des loisirs (1977). La place jouxtant la salle des fêtes fut baptisée place du Huit-mai 1945. Roland Levillain fit aussi publier le premier bulletin d’information municipale (1965) : « Pont-de-l’Arche : revue cantonale ». C'est durant un mandat de Roland Levillain que l'hôpital local lança une première tranche de réhabilitation (1976).

 

Réalisations privées

Du côté des réalisations privées, on compte le lotissement de la Forêt (1962), l’impasse du Soleil-rouge (1963), le clos de Bonport (vers 1966), la rue Jean-de-la-Varende (1971), l’impasse de la Vallée (1972), le lotissement l’Orée-du-bois (1972), l’impasse du Bon-air (1975). C’est durant le premier mandat de Roland Levillain que l’union commerciale créa le camping Eure et Seine (1960) et que le Temple protestant évangélique fut érigé (1964). Durant un autre mandat, l’Association archipontaine des équipes féminines créa la maison de retraite Les Pins avec l’aide de la Ville (vers 1970).  

 

Le social en berne

Le social et la création de services publics sont un point faible des mandats de Roland Levillain. De nouveaux équipements furent créés, de nouvelles sociétés se constituèrent comme l’Association jeunesse et loisirs, des cours de danse furent instigués par Louise Bornstein dans une classe préfabriquée précédant le gymnase du collège… Cependant, il semble que Roland Levillain n’ait pas suffisamment accompagné l’évolution des modes de vie en matière de sports, mais surtout de loisirs et d’éducation. C’est ce que démontre l’élection de Roger Leroux et son équipe, en 1977, et surtout leurs réalisations et leur réélection en 1983.  

Une seule résidence HLM a été inaugurée (1963) : Les Lupins 2 (l’immeuble jouxtant la rue du Bon-air). Il se peut qu’elle ait été lancée par l’équipe d’Alix Duchemin en même temps que Les Lupins 1 (1958). Après 1972, les constructions privées se raréfièrent ce qui fit baisser la population. Entre les recensements de 1975 et 1982 la villa passa de 2 883 à 2 456 habitants. Après une augmentation, cette baisse de la population semble traduire un essoufflement de la politique de Roland Levillain.

 

La brèche de l'immobilier

Roland Levillain, propriétaire de nombreuses terres, devint promoteur immobilier. Des projets émergèrent à La Pommeraie qui choquèrent une partie de la population et l’opposition de gauche, non élue : en tant que maire, il autorisa des permis de construire qui le concernaient [3]. Ceci n’était pas nouveau, le premier bulletin municipal (1965) mit en évidence une publicité (deuxième page de couverture) pour la Société civile immobilière « Bon air » qui prévoyait des logements accessibles à la propriété en lieu et place de la scierie Levillain. Ces projets choquèrent doublement en l’absence de projets de logements HLM.  

 

Finances

Côté finances, Roland Levillain laissa un budget sain qui permit à la nouvelle équipe élue en 1977 de réaliser de nombreux équipements et de créer de nouveaux services publics dès le début du mandat.

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Pont-de-l’Arche : revue cantonale

Le Trait d’union

 

A lire aussi…

Les maires de Pont-de-l’Arche

 

Notes

[1] peut-être à la suite de Robert Stref.

[2] archives de l’Eure : fonds FFI 97.

[3] Le Trait d'union n° 11, juillet 1979.

 

Armand Launay

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 15:29

Né vers 1857, Armand Louis Eugène Ferrand fut notaire à Pont-de-l’Arche. Il fut une figure incontournable du Pont-de-l’Arche de la toute fin du XIXe siècle. Il mit sa rigueur professionnelle au service de ses idéaux républicains ce qui lui valut d’être élu maire, malgré lui, de 1894 à 1900.

 

En tant que notaire sur la place Aristide-Briand, Eugène Ferrand a laissé au paysage archépontain une de ses demeures les plus notables : la flèche néogothique de la rue Charles-Cacheleux. Côté cour, une pierre portant le millésime de 1898 nous apprend qu’elle a été posée par la femme d’Eugène Ferrand. Cette élévation fait partie du mouvement de construction de demeures bourgeoises caractéristique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Précédant de quelque 35 ans la construction en vieux normand de l’étude notariale de la place Aristide-Briand, cet édifice se veut un vieux manoir normand avec ses pans de bois et ses tuileaux en remplissage.

 

Eugene-Ferrand-1-copie-1.JPG

Cette flèche néogothique fait partie des demeures

les plus notables du paysage archépontain depuis 1898

où Eugène Ferrand, notaire, décida de la faire ériger (photo A. Launay, 2013). 

 

Eugene-Ferrand-2.JPG

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

On retrouve Eugène Ferrand parmi les conseillers municipaux élus en 1888. Il œuvra cette même année pour la création d’une école maternelle. En vain, semble-t-il. La valeur éducation n’était pas un vain mot pour Eugène Ferrand qui, le 18 septembre 1896, déposa en préfecture les statuts de la Société des amis de l’école laïque, une association cardinale dans la sociabilité archépontaine jusqu’à la Seconde guerre mondiale ; une association dans laquelle figurèrent beaucoup de militants de la gauche radicale et même socialiste.

Le 30 aout 1894, au renouvèlement du Conseil municipal, Eugène Ferrand fut élu maire par 10 voix sur 14, trois élus ayant voté blanc et un autre pour Ernest Divay. Les élections d’avril 1896 reconduisirent une majorité d’élus républicains de gauche au Conseil municipal, parmi lesquels Armand Léopold Ouin, patron des chaussures Marco, Henry de Lafleurière, Anthime Ferrandier, Henry Prieur… Eugène Ferrand fut réélu avec 13 voix et son adjoint, Anthime Ferrandier en obtint 11.

Jusqu’à plus ample informé, Eugène Ferrand est le premier maire qui laissa un bilan officiel de son mandat : Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche. Son mandat est caractérisé par une gestion financière rigoureuse et une volonté de rendre équitable l’accès aux services. Il y parvint tout en annulant la dette communale. Il fit aussi procéder à un récolement des archives municipales, une première depuis 1857. Il fit rétablir les commissions administratives gérant l’hôpital local et le bureau de bienfaisance.

Tout en diminuant les dépenses de l’hôpital, il augmenta le nombre d’hospitalisés. Il fit aussi rénover les locaux. L’Elbeuvien du 30 décembre 1900 retrace l’inauguration de l’hôpital « sous la présidence de M. Eugène Ferrand, assisté de membres de la commission administrative de l’hospice. L’auteur des plans est M. Marie, ancien agent-voyer, qui en a conçu les aménagements d’après les derniers perfectionnements préconisés par la science moderne. L’hôpital est tenu par les sœurs de la Providence d’Évreux ». De 12 lits, l’hôpital accueillit 18 lits. Une vaste salle éclairée fut aménagée.

Eugène Ferrand fit aussi des travaux à la mairie (le bailliage) et la justice de paix (même lieu) pour rendre plus accessibles les différents services. Une partie de ces travaux doit être visible dans le cour du four à pain de nos jours. Il s'agit de l'agrandissement du bâtiment de la prison des hommes qui présente les mêmes caractéristiques que l'extension de l'école de garçons (voir ci-dessous) : brique en chainage, damier de silex et de brique blanche en remplissage. 

Il fit aussi agrandir et aménager l’école de garçons (salles Ambroise-Croizat et Beauregard) ce qui repoussa de quelques années la nécessité de construire un groupe scolaire. De ces travaux, une extension côté cour est nettement visible, de nos jours, qui porte le nom d’Eugène Ferrand et de Hubert Marie, agent-voyer, auteur des plans.

 

Extension Beauregard 1

Extension de l'ancienne école élémentaire (salles Ambroise-Croizat et de Beauregard)

bâtie en 1897 lorsqu'Eugène Ferrand était maire (photo A. Launay, 2010). 

 

Extension Beauregard 2 

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

Des restaurations à l’église Notre-Dame-des-arts ont aussi eu lieu notamment grâce au denier public et ce avant 1905 et la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Eugène Ferrand fit aussi renouveler l’équipement électrique de la ville en partenariat avec la Société normande d’électricité, basée de l’autre côté de la Seine, sur la zone du Fort. L’éclairage des rues passa de 3 mois à 9 mois par an. Un circuit téléphonique fut livré au public le 1er mai 1898.

 

Sources

L’Elbeuvien

Registres des délibérations du Conseil municipal

Ferrand Eugène, Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche, [1900], 15 pages. Bibliothèque administrative de la Ville de Paris : Br. 14781.

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 17:49

Le nom de Charles Michels fut donné à la cité d’urgence inaugurée à Pont-de-l’Arche en septembre 1947 par le maire communiste André Benet et le député radical-socialiste Pierre Mendès France. Son nom est aussi immortalisé à Romans, Limoges, Issoudun, Saint-Denis, Paris (XVe arrondissement)… Mais qui était-il ?

 

DSCF4026.JPG

La cité Charles-Michels fut bâtie en urgence en 1947 pour reloger des sinistrés de la Seconde guerre mondiale. Son architecture stéréotypée, constituée de panneaux de béton, devait durer peu de temps. Existant toujours aujourd'hui, elle témoigne des années qui ont suivi la Libération (photo A. Launay, 2011). 

 

Charles Michels, né le 6 mars 1903 à Paris et mort le 22 octobre 1941, était un ouvrier en chaussures qui devint secrétaire au syndicat CGTU, puis CGT de la fédération des cuirs et peaux. Il fut ensuite député communiste de Paris (XVe arrondissement).

Dès 13 ans, cet orphelin de père travailla dans la chaussure, chez Dressoir, une des plus importantes entreprises de chaussures de la région parisienne. A 17 ans, il devint délégué du personnel de son usine ce qui lui valut un licenciement. Adhérent au Parti communiste français à partir de 1926, il acquit des responsabilités syndicales à partir de 1929 dans l’union syndicale des cuirs et peaux au niveau local et national. C’est à titre qu’il accompagna les ouvriers de Pont-de-l’Arche durant la grande grève de 1932 où il fut identifié avec son camarade André Tollé dans un rapport de police. En 1935, les organisations syndicales des cuirs et peaux, CGT et CGTU fusionnèrent et Charles Michels avait la réputation d’organisateur de tous les mouvements de grève nationaux. 

En 1936, il fut élu député du Front populaire dans le XVe arrondissement de Paris. En 1937, il fut élu secrétaire général des la CGT des cuirs et peaux où il milita contre le fascisme. En septembre 1939, il fut incorporé au 22e GOA à Vernon. Il fut déchu de ses fonctions législatives le 21 janvier 1940 en raison de son appartenance au Parti communiste français. Démobilisé, il regagna Paris où il prit contact avec Jean Catelas, meneur de la résistance communiste locale. Charles Michels réutilisa ses réseaux syndicaux des cuirs et peaux pour organiser la résistance. Il fut arrêté avant de pouvoir gagner la clandestinité en octobre 1940. Après plusieurs centres de détention, il aida des camarades à s’évader de la prison du Camp Choisel, à Châteaubriand, (Ille-et-Vilaine).

Suite à un attentat perpétré contre la Kommandantur de Nantes, Charles Michels fut le premier otage à être désigné puis fusillé, le 22 octobre 1941, avec 26 autres détenus dont le célèbre Guy Môquet qui cita Charles Michels dans l'avant dernière qu'il écrivit à sa famille, avant d'être fusillé à son tour. 

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Vue sur une autre maison de la rue Charles-Michels (photo A. Launay, 2011).

Plaque commémorative placée chez le marbrier à l'entrée de la rue Charles-Michels. Il semble que ce soit elle qui ait été inaugurée quand la rue fut baptisée du nom de Charles Michels (cliché Armand Launay, juillet 2016).

Plaque commémorative placée chez le marbrier à l'entrée de la rue Charles-Michels. Il semble que ce soit elle qui ait été inaugurée quand la rue fut baptisée du nom de Charles Michels (cliché Armand Launay, juillet 2016).

Sources

Maitron Jean, Pennetier Claude (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome XXXVI, quatrième partie, 1914-1939 : De la Première à la Seconde guerre mondiale, Paris : les Editions ouvrières, 483 pages. Charles Michels : page 354.

Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944).

 

Armand Launay

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 15:36

Pierre-Octave Philippe est un homme d’Eglise né le 18 octobre 1835 à Nassandres (Eure) et décédé à Pont-de-l’Arche le 1er mai 1907.

 

Pierre-Octave-Philippe--portrait-.jpg

 

Il entra au petit séminaire d'Evreux en 1850 où il brilla. Son premier sermon porta sur la Vierge-Marie. Pierre-Octave Philippe fut nommé vicaire à Pont-de-l'Arche de juillet 1860 à 1867. Comme l’écrivit son biographe Maurice Thinon de la Troche (voir les sources), il se fit une réputation de « théologien de mérite et [de] prédicateur de haut vol. » Il donnait une première messe à 6 heures du matin, étudiait durant la matinée et passait ses après-midi auprès de ses paroissiens, surtout les malades, les faibles. Durant une épidémie de choléra, il soigna lui-même des malades. Son biographe dit de lui qu’il était un grand catéchiste, une personne secourable : « l'homme de Dieu et l'homme de tous ».

Le 10 juillet 1867, le diocèse le nomma curé de Caumont. Sous le feu de l'ennemi, il apporta ses soins aux soldats français durant les combats de la guerre de 1870. A la fin de l’année 1887, il fut de retour à Pont-de-l'Arche comme curé-doyen. Maurice Thinon de la Troche ne manque d’admiration pour ce prédicateur : « Tout entier à ses paroissiens, il le fut toujours aux heures de joie comme aux heures de tristesse et de colère. Les habitants de Pont-de-l'Arche n'ont pas grand effort de mémoire à faire pour évoquer la silhouette de leur vieux pasteur se dressant devant eux, pour leur ouvrir tout grands ses bras et leur jeter, en appel de paix, le cri de son cœur : « Je vous aime ! » »

 

Presbytere--6-.JPG

Le presbytère vu depuis la tour-clocher de Notre-Dame-des-arts. Sur cette carte postale, on aperçoit la silhouette de Pierre-Octave Philippe, quelques années avant sa disparition.  

 

La piété de Pierre-Octave Philippe pour la Vierge-Marie se confirma en 1896 où il fonda l'œuvre de Notre-Dame-des-arts. Outre le renouveau du culte catholique, le curé-doyen voulait attirer autour des arts la contribution de grandes familles françaises afin de restaurer l’église. Maurice Thinon de la Troche le dit en d’autres termes : « Sans autres moyens que sa prière et sa foi, il réussit à promouvoir un afflux de ressources qui lui permirent, sinon de réaliser l'idéal qu'en son rêve pieux il avait entrevu, du moins de redonner à son église un vêtement de gloire. »

Il prolongea en cela le travail d’un de ses récents prédécesseurs, Jacques Evariste Lemariez (1828-1885), curé doyen de Pont-de-l’Arche, chanoine honoraire de Nancy et Evreux, dont la tombe porte encore aujourd’hui l’inscription « Regrets de sa famille, de ses nombreux amis et de tous ses paroissiens. Reconnaissance au restaurateur zélé et actif de leur église ».

Pierre Octave Philippe fut entouré de deux amis : l'abbé Emile Chevallier, son vicaire depuis 1895, « son alter ego » et, depuis 1903, l'abbé de Lanterie. A son décès furent ouverts quatre jours de recueillement très suivis. La cérémonie funèbre fut présidée par Monseigneur Meunier en présence d’Etienne-Alexandre Sorel, président de l'ancien Conseil de fabrique, et du maire Jules Fromont, qui déclama que « Le nom de l'abbé Philippe fait partie de l'histoire de notre petite ville, il est inscrit dans nos cœurs et passera à la postérité."

Il fut enterré au cimetière communal. Sa tombe a depuis été retirée.

 

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La mémoire populaire dit que le visage de la statue du Sacré-coeur, au tambour de Notre-Dame-des-arts, a été taillé d'après les traits de Pierre-Octave Philippe (photo A. Launay, 2012).  

 

Sources

Registres d’état civil

Thinon de la Troche Maurice, Un prêtre : M. l'Abbé Pierre-Octave Philippe, chanoine honoraire, curé-doyen de Pont-de-l'Arche, directeur de l'œuvre de Notre-Dame-des-arts, Pont-de-l'Arche : imprimerie Claude frères, 1907, 23 pages. 

 

A lire aussi... 

L'église Notre-Dame-des-arts

 

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Ci-dessous : carte postale annotée par Pierre-Octave Philippe qui justifie son envie d'instaurer le culte de Notre-Dame-des-arts. 

Pierre-Octave Philippe, curé de Pont-de-l’Arche, fondateur de l’œuvre Notre-Dame-des-arts (1896)
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 13:43

 

Henry Placide Prieur est né à Pont-de-l’Arche le 30 septembre 1840 et décédé au même lieu le 29 décembre 1914. Il fut l’un des principaux industriels du chausson puis de la chaussure et maire de la Ville. Il est aujourd’hui commémoré par un nom de rue officialisé le 4 mars 1937 par le Conseil municipal présidé par Raoul Sergent. Auparavant, cette rue s’appelait « rue des Carrières » et, encore avant, le boulevard de Crosne.

 

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La rue Henry-Prieur et ses logements ouvriers bâtis par le même personnage témoignent de l'épopée de la chaussure à Pont-de-l'Arche (photo A. Launay, 2013).

 

L’industriel du chausson puis de la chaussure

Neveu d’Antoine Ouin, premier industriel du chausson à Pont-de-l’Arche, Henry Prieur se lança dans la fabrication de chausson à partir de 1872. Son entreprise fut florissante, il dut agrandir ses locaux de la route de Tostes en 1892. En 1898, il fut le premier industriel archépontain à mécaniser sa production. Il put ainsi travailler plus fortement le cuir et créer les premières chaussures de Pont-de-l’Arche, ville du chausson. C’est dans son usine qu’éclata la première grande grève de la chaussure à Pont-de-l’Arche (1900). Paternaliste, il fit construire des logements ouvriers, ceux que l’on connait dans la rue Henry-Prieur. Dans cette rue, il fit aussi construire en 1903 sa demeure personnelle, Les Lauriers, que nous avions attribué à son fils, Henry, dans notre ouvrage Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure (page 42). Cette demeure porte la signature de Rabier, architecte. Le portail en fer forgé porte les initiales « HP ». Ce n’est pas donc pas un hasard si la rue des Carrières a pris le nom d’Henry Prieur. Quelques années plus tard, Henry Prieur laissa la gestion de son entreprise à ses fils Henry (1882-1937) et Albert (1890-1965) qui firent fleurir l’entreprise familiale qui employa jusqu’à 350 personnes en 1923. Albert Prieur fut propriétaire du « Château » du Centre de loisirs. Il semble qu’Henry Prieur habita la villa Les Lauriers. Toutefois, l’entreprise Prieur ferma définitivement ses portes en 1964.

 

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Les locaux de l'entreprise de chaussons puis de chaussures d'Henry Pieur, dans la rue Roger-Bonnet (photo A. Launay, 2013). 

 

L’homme politique local

C’est le 19 avril 1878 que Henry Prieur commença sa longue carrière publique en devenant conseiller municipal. Quelle que soit la tendance politique, il se fit élire sur les listes des élections du 23 janvier 1881, du 18 mai 1884 et du 23 avril 1888. Recueillant moins de voix que ses colistiers, il était toujours élu en fin de liste. Il était avait cependant la confiance des autres élus. En effet, le 21 décembre 1890, alors qu’Achille Fumierre fut élu maire, Henry Prieur fut élu adjoint par neuf voix contre quatre. Dans le même ordre d’idées, le 26 juillet 1891, notre homme fut élu maire sans difficulté par neuf voix sur quinze. Le 15 mars 1892, les élections municipales furent avantageuses pour Henry Prieur où il termina troisième de la liste des élus. Il fut élu maire par 11 voix sur 16 mais démissionna peu après pour des raisons que nous ignorons et peut-être relatives à son entreprise. Ce durent être de bonnes raisons car les élections du 18 avril 1896 le placèrent encore dans une bonne position (quatrième de la liste). Le 6 juillet 1902, au deuxième tour il se désista en faveur de Jules Fromont qui devint maire. Les élections du 17 mai 1908 furent mauvaises pour la gauche où Maurice Delamare, leader des républicains de gauche, se retrouva dernier élu de la liste et Henry Prieur, situé cinq places avant Maurice Delamare. Le vote des conseillers pour choisir un maire est intéressant. Il fallut trois votes pour départager MM. Fromont et Prieur. Ce dernier dut son élection à Maurice Delamare et Armand Ouin. Ceux-ci reçurent chacun une voix au premier tour, Henry Prieur six. Au deuxième tour Henry Prieur en eut huit alors que MM. Ouin et Delamare n’en reçurent plus aucune. Maurice Delamare devint adjoint. Quant aux fils, Albert Prieur faillit être maire en 1919, où il refusa la charge. Henry Prieur fils fut adjoint de Maurice Delamare en 1925.

 

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La villa Les Lauriers (1903) fut construite pour Henry Prieur (photo A. Launay, 2013). 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Registres d'état civil 

 

A lire aussi... 

Le Monument aux morts

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:26

Curieux nom que Morel-Billet pour cette voie unissant Les Damps et Pont-de-l’Arche ! Et ce ne sont pas ses précédents noms qui renseignent : « chemin des quatre vents » et « chemin des haies » à partir de 1937 et pour la partie dampsoise.

 

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Photo A. Launay (2013)

 

La matrice cadastrale des Damps fournit le nom de Marie Mathilde Morel-Billet. Cette dame, née vers 1847, habita au n° 19 de cette voie jusqu’en 1938 où elle vendit sa propriété. Elle se maria avec Abraham Victor Morel à Rouen, le 5 juillet 1862. Son mari, né à Pont-de-l’Arche le 23 avril 1838 et décédé aux Damps le 24 décembre 1896, fut un bonnetier rouennais.

Le nom de la rue fut officialisé le 4 mars 1937 lors du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche présidé par Raoul Sergent. Il remplaça l’ancienne appellation de « rue des haies ». Cette dame eut cet honneur car elle devait être connue de certains membres du Conseil. Peu après, Monsieur et Madame Marcel Lefebvre (gendre et la fille de la défunte) remercièrent les élus d’avoir donné le nom de « Mme Morel-Billet » à cette rue. Il serait donc plus juste de nommer cette rue « Marie Morel-Billet ».

Cette voie traverse le dernier faubourg bourgeois de Pont-de-l’Arche qui n’ait pas entièrement été traversé et perturbé par une grande voie. On retrouve ainsi dans la partie de la rue épargnée par l’avenue De-Lattre-de-Tassigny plusieurs belles demeures telles que Le Pelouzel construit pour l'industriel de la chaussure Armand Ouin (1905), Les Lauriers habité de 1898 à 1893 par Octave Mirbeau (Les Damps), La Folie-Vallée (fin XVIIIe siècle) et même l’ancienne usine de Jean Coudray qui rappelle l'importance de l’industrie de la chaussure.

Un caveau érigé en l’hommage à la famille Morel-Billet se trouve dans le cimetière de Pont-de-l’Arche. Il doit dater de 1868.

 

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 La rue Marie-Morel-Billet sur Google maps (2013)

 

Sources

Registre d'état civil

Registres des délibérations du Conseil municipal

 

 

Armand Launay

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 20:06

Raoul Sergent naquit le 21 novembre 1894 à Pont-de-l’Arche et décéda au Petit-Quevilly le 31 octobre 1973. D’un père chaussonnier et d’une mère couturière, il dut sa réussite professionnelle à ses brillantes études. Après son certificat d’études, il devint employé à l’étude notariale de Pont-de-l’Arche. Mobilisé en 1914, il fut médaillé de la Croix de guerre. Fait prisonnier, il rentra en France en 1918. En 1923, il obtint une licence de Droit à l’université de Caen grâce à des cours par correspondance. Cela lui valut de devenir clerc de notaire à l’étude Lerebours, de Pont-de-l'Arche. En 1937, il était huissier à Rouen. En 1923, il était président de la section des vétérans de guerre. En 1926, il était directeur de « Au Groupe amical », société de trompettes et clairons.

 

Raoul-Sergent-copie-1.JPGRaoul Sergent fit ses premières armes professionnelles à l'étude notariale de M. Lerebours, étude dont on voit le nouveau bâtiment, à droite de cette carte postale des années 1930, érigé par les frères Laquerrière, d'Elbeuf, dans un style néonormand. Ils sont aussi auteurs du groupe scolaire Maxime-Marchand.      

 

L'élu municipal

Raoul Sergent devint conseiller municipal dans l'équipe républicaine modérée (droite) d'Anthime Ferrandier, maire de 1919 à 1923. Il devint conseiller municipal d’opposition suite au scrutin du 17 mai 1925 qui vit la victoire des radicaux-socialistes autour de Maurice Delamare. Raoul Sergent fut réélu en aout 1930 dans la majorité républicaine modérée autour de Patrice Girard puis en octobre 1930 dans l’équipe de Charles Morel. Ce parcours sans faute se poursuivit aux élections de mai 1935 où Raoul Sergent fit montre d'une grande popularité en rassemblant 279 suffrages qui le classèrent en quatrième position des élus, juste avant Charles Morel. Ce dernier devint maire par 12 voix sur 16 élus. Raoul Sergent devint premier adjoint et bras droit de Charles Morel. En toute logique, c'est lui qui prit la place de maire laissée vacante par Charles Morel en juillet 1936.

 

L'élu local

En 1928, Raoul Sergent fut élu conseiller d’arrondissement (fonction supprimée à l'échelon national en 1940. Le 20 septembre 1930, sous l'étiquette de l'Union des républicains démocrates (URD) Raoul Sergent battit le radical-socialiste Paul Nion, industriel de la chaussure archépontain (1296 voix contre 1022). Le 24 octobre 1931, il fut réélu avec près de 500 voix d’avance. Il fut encore réélu en 1935. Les cantonales de 1937 lui furent fatales face au député radical-socialiste Pierre Mendès France. Raoul Sergent émargeait toujours à l'URD et était soutenu par le Parti social français (PSF). Le 16 octobre, le Conseiller sortant obtint 1175 voix face à Mendès France  qui en eut 1320. Le revers était aussi net à Pont-de-l'Arche : 237 voix face à 266. Le 23 octobre, Raoul Sergent s'inclina avec 1094 voix face à 1485 suffrages pour Pierre Mendès France qui bénéficia du report des voix communistes.

 

Réalisations

En tant que maire, Raoul Sergent s'occupa de la création d'une garderie (1937), de la construction d’égouts (1941-43), de l'agrandissement du cimetière (1939), du classement aux Monuments historiques de parties des remparts (tour et porte de Crosne (1939)), du goudronnage de nombreuses rues (1939) : Henry-Prieur, Maurice-Hervey, Docteur-Sorel, Emile-Lenoble, Olivier-des-Bordeaux, place du Souvenir, place Aristide-Briand, boulevard de la Marne, rue Julien-Blin, rue Fichet, Jean-Prieur. C'est d'ailleurs lui qui fit officiellement baptiser certaines voies de la ville dont le rue Olivier-des-Bordeaux, la rue Henry-Prieur et la rue Marie-Morel-Billet. En tant qu'élu local, il participa aux négociations ayant eu lieu entre les patrons de la chaussures et les ouvriers en grève en 1932. Suite à la rupture du barrage de Martot (1938), il dut faire pression auprès des autorités afin que les habitants de la région puissent s'alimenter en eau, le niveau de la Seine étant désormais à sec. Le 5 aout 1939, il demanda aux autorités la création d'un syndicat intercommunal de défense des intérêts des habitants. C'est durant son mandat que le pont de la ville connut un agrandissement de ses arches au-dessus de la Seine.

 

Aout 1944 : une chute sans appel

L'implication de Raoul Sergent dans la vie publique fut pleine et son ascension rapide. A la lecture des archives, il semblait destiné à être le leader de la droite locale pour plusieurs décennies. Cependant, il se perdit dans le contexte par trop troublé de la Seconde guerre mondiale. En tant que maire, il s'occupa avec son équipe du ravitaillement de la population, de l'entretien des abris antiaériens, destransports et des contactsavec l'occupant. Il alla plus loin. Une délibération du Conseil municipal du 31 octobre 1942 fait état de louanges au maréchal Philippe Pétain, qui semblent avoir valu à la Ville de Pont-de-l'Arche la venuedu chef de l'Etat pour ytenir un conseil des maires normands. Le compte rendu de la séance du Conseil municipal du 2 avril 1943 se présente tout la forme d'une pleine page ornée de mentions « Etat français » dont le contenu retranscrit la bénédiction de la nouvelle cloche de Notre-Dame-des-arts en présence du chef de l'Etat. La dernière délibération signée par Raoul Sergent date du 3 juin 1944. La délibération qui suit, datée du 26 aout, est signée par la Résistance locale, représentée par Maurice Loze et Roger Tardy, qui utilise une tournure habille ne livrant personne en pâture :« Pour remplacer le Conseil Municipal, qui a démontré sa carence, et dont certains membres ont affiché une collusion notoire avec l'ennemi ; à dater de ce jour, un Conseil d'Administration désigné par la Résistance, gèrera, provisoirement, la Ville de Pont-de-l'Arche... »

 

Raoul Sergent

La tombe de Raoul Sergent dans cimetière communal (2012)

 

Sources

L’Industriel de Louviers (notamment le 2 octobre 1937)

Délibérations du Conseil municipal

 

A lire aussi...

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 15:29

Antoine Frédéric Narcisse Férandier, dit Anthime Ferrandier, est né à Pont-de-l'Arche le 12 septembre 1845 et décédé, même lieu en mai 1926. 

Catholique militant, notre homme fut conseiller paroissial et président d’une association nommée la « Défense catholique ». Professionnellement, il était directeur de la succursale de Louviers de la Caisse d’épargne. Il fut médaillé d’or de la Prévoyance sociale.

 

Républicain de droite, il fut conseiller municipal depuis les élections de 1881 et adjoint au maire à partir de 1891. Sa popularité monta progressivement au fil des scrutins municipaux bien que privé de son poste d’adjoint lors des victoires de la gauche.

Il fut élu maire par défaut le 10 décembre 1919 car le maire sortant, Maurice Delamare, ne se représenta pas puis Albert Prieur, désigné maire par 13 conseillers municipaux sur 16, refusa cette charge. Anthime Ferrandier fut élu maire par 11 voix et assuma cette fonction jusqu’en 1923. Il honora des personnalités ayant participé à la réalisation des premiers HLM de la ville en baptisant les rues Emile-Lenoble et Docteur Sorel en 1921. 

Il mourut le mai 1926 à l’âge de 81 ans. Patrice Girard, un de ses amis qui fut son adjoint, et Maurice Delamare, maire en fonction, prirent la parole durant l’enterrement au cimetière et soulignèrent le dévouement de cet homme au bien public.

C’est sous la présidence de Raoul Sergent, républicain modéré, que le Conseil municipal décida de rebaptiser de son nom le « vieux chemin de Louviers ». Le « nouveau » chemin de Louviers étant appelé depuis rue Charles-Cacheleux.

 

Anthime-Ferrandier.JPG

 

 

Sources

L'Industriel de Louviers

Délibérations du Conseil municipal

Registres d'état civil

 

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...