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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 15:29

Antoine Frédéric Narcisse Férandier, dit Anthime Ferrandier, est né à Pont-de-l'Arche le 12 septembre 1845 et décédé, même lieu en mai 1926. 

Catholique militant, notre homme fut conseiller paroissial et président d’une association nommée la « Défense catholique ». Professionnellement, il était directeur de la succursale de Louviers de la Caisse d’épargne. Il fut médaillé d’or de la Prévoyance sociale.

 

Républicain de droite, il fut conseiller municipal depuis les élections de 1881 et adjoint au maire à partir de 1891. Sa popularité monta progressivement au fil des scrutins municipaux bien que privé de son poste d’adjoint lors des victoires de la gauche.

Il fut élu maire par défaut le 10 décembre 1919 car le maire sortant, Maurice Delamare, ne se représenta pas puis Albert Prieur, désigné maire par 13 conseillers municipaux sur 16, refusa cette charge. Anthime Ferrandier fut élu maire par 11 voix et assuma cette fonction jusqu’en 1923. Il honora des personnalités ayant participé à la réalisation des premiers HLM de la ville en baptisant les rues Emile-Lenoble et Docteur Sorel en 1921. 

Il mourut le mai 1926 à l’âge de 81 ans. Patrice Girard, un de ses amis qui fut son adjoint, et Maurice Delamare, maire en fonction, prirent la parole durant l’enterrement au cimetière et soulignèrent le dévouement de cet homme au bien public.

C’est sous la présidence de Raoul Sergent, républicain modéré, que le Conseil municipal décida de rebaptiser de son nom le « vieux chemin de Louviers ». Le « nouveau » chemin de Louviers étant appelé depuis rue Charles-Cacheleux.

 

Anthime-Ferrandier.JPG

 

 

Sources

L'Industriel de Louviers

Délibérations du Conseil municipal

Registres d'état civil

 

A lire aussi...

Les maires de Pont-de-l'Arche

Armand Launay

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:51

Dominique Jachimiak est né le 30 octobre 1957 à Bordeaux. Comptable, il travaille au Ministère de la culture puis à la Direction départementale de l’équipement de Seine-Saint-Denis. En 1991, il obtient le diplôme d’attaché d’administration scolaire et universitaire. A la rentrée 1992, il est nommé gestionnaire du collège de Pont-de-l’Arche. Il rejoint l’association « L’Arche expression » rassemblant l’opposition, non élue, au maire Paulette Lecureux (PS). Aux municipales de 2001, il est en deuxième position sur la liste « Pont-de-l’Arche pour tous » emmenée par Claude Blot. En tête des candidats au premier tour (715 voix), il devient tête de liste dans l'entre deux tours et est élu avec 52,5 % des suffrages exprimés.  

 

Dominique-Jachimiak.jpg

 

Réalisations

Son mandat de 7 ans se caractérise par de nombreuses réalisations municipales dans le domaine immobilier. Tout d’abord, grâce à une importante réserve financière laissée par l'équipe de Paulette Lecureux, il y a la mise en œuvre de projets lancés par la précédente équipe municipale : construction du gymnase du Bon-air (2003), aménagement de l’espace ludique de la Pommeraie (2004). Puis viennent les projets propres à ce mandat : agrandissement du restaurant scolaire (2002), agrandissement et restauration de la crèche Bidibul (2005), nouveaux locaux pour le Relai des assistantes maternelles (RAM) rue Julien-Blin (2005), aménagement de la rue Jean-Prieur et réalisation de sanitaires (2004), rénovation de la salle des fêtes (2006), pose d’un columbarium au cimetière (2006), halle et parking au bord de l’Eure (2006), achat des locaux de la Bibliothèque pour tous (2006) et de l’ancienne poste (2007).

 

Aménagements privés et HLM

Des aménagements privés voient le jour : implantation d’un supermarché Le Mutant (2006), création des résidences Le Chêne-Jaunet (2004-2007), le Clos des Cerisiers (2007) et Le Clos de La Borde (2007). Côté HLM, ce mandat est pauvre. Deux réalisations ont eu lieu : la réhabilitation de l’Anneau des Rosiers (2005) lancée sous le précédent mandat (2000) et la 3e tranche de la résidence Pierre-Mendès-France lancée sous le premier mandat de Roger Leroux. La résidence du Hêtre, créée par le bailleur public Dialoge (2006), ne pratique pas de tarifs HLM (750 € / mois). Il faut remonter au mandat de Rolland Levillain (DVD), exploitant de scierie et promoteur immobilier, pour voir émerger dans la ville autant de projets immobiliers privés et si peu d’offres publiques. D'ailleurs, Dominique Jachimiak fut agent du promoteur immobilier Extraco de 2008 à 2009 et cogérant d'une société civile immobilière (2013).

 

Contournement

C’est durant le mandat de Dominique Jachimiak que débutent les travaux du contournement de la ville (printemps 2006) demandés par l'équipe de Roger Leroux dès 1983 et dont les premières étapes concrètes ont été obtenues par l'équipe de Paulette Lecureux. Au préalable, les terrains de football et de rugby ont été déplacés, donnant naissance au stade Max-Fournier, créé avec le Conseil général (2005). De la même manière, le nouveau puits est créé (2005). Les locaux de la nouvelle gendarmerie sortent de terre (2008), la déchèterie portée par la CASE est ouverte (2007).

 

Démocratie locale

Du côté de la démocratie locale, ce mandat est caractérisé par des conflits avec le CAEJ, association gérant le Centre de loisirs. Dominique Jachimiak municipalise ce service (2003) mettant fin à la vie associative qu’a connue le Centre de loisirs depuis Roger Leroux (1979). Il en est de même pour la restauration scolaire, municipalisée aux dépens d’un service privé. Le projet de construction du supermarché Le Mutant est très contesté. Le passage en force du maire, qui dit en faire « une affaire personnelle », provoque une manifestation dans la ville (9 novembre 2003). Elle rassemble plus de 100 commerçants, riverains et citoyens. Une pétition récolte 1 200 signatures contre la forme ou le fond du projet.

 

Finances

D’un point de vue fiscal, le mandat est caractérisé par une hausse des impôts (2 % en 2003, 1,5 % en 2004, 1 % en 2005). Ce n’était pas arrivé depuis Roger Leroux. La dette passe de 1 millions d’euros à 1,8 millions d’euros durant la même période. Les dépenses de fonctionnement explosent : + 800 000 € entre 2001 à 2006 et ce sans création de service supplémentaire (500 000 € sont imputables à la masse salariale surtout à cause de la municipalisation du Centre de loisirs et de la restauration scolaire).

 

Un positionnement partisan fluctuant

Soutenu par le PCF avant 2007

Issu d’une association regroupant d’anciens élus communistes et de nouveaux citoyens de toutes tendances, Dominique Jachimiak est longtemps resté sans étiquette partisane. Allié du PCF en 2001 face à la socialiste Paulette Lecureux et le futur maire Richard Jacquet, ses rapports avec le PCF local changent.

Un maire très modéré

Dans Le Mot pour dire n° 4 de novembre 2007, le PCF local écrit : « Le Maire de Pont-de-l’Arche est vice-président de la Communauté d’agglomération Seine Eure et a depuis fait son chemin politique, proche de Franck Martin [PRG, président de la CASE] qui lui, prônait le rapprochement de Ségolène Royal avec le Modem [centre droit] pour le deuxième tour des présidentielles 2007 ». En effet, à la cérémonie des vœux de 2007, Dominique Jachimiak appelle à voter Ségolène Royal (PS) face à Nicolas Sarkozy (UMP), modérant toutefois son propos envers « deux démocrates, deux républicains, deux choix de société respectables ». Elu sur la promesse de sortir Pont-de-l’Arche de la CASE en 2001, Dominique Jachimiak devient effectivement vice-président de la CASE en charge du logement le 27 janvier 2005. Il semble alors proche du PRG et de Franck Martin, son adjointe Marie-Claude Lauret (PRG) étant la suppléante de de ce dernier aux élections législatives de 2007. Dans le même temps, il accueille offciellement en maire le ministre Xavier Bertrand, venu en tant que soutien à la candidate UMP Françoise Miquel. 

Aux élections municipales de 2008, il se positionne comme apolitique face à la liste d'union de la gauche PS, DVG, PCF, MRC, PRG de Richard Jacquet.

Retour vers le Front de gauche ?

Aux cantonales de 2011, il fait campagne pour le candidat PCF Gaëtan Levitre face au socialiste Richard Jacquet. En vue des élections municipales de 2014, il réalise l'alliance entre « Pont-de-l’Arche pour tous », l'association qu'il dirige, et le PCF local face à Richard Jacquet. Mais en septembre 2013, suite à un désaccord avec le PCF, il n'est pas en mesure de constituer une liste, abandonne le projet de se présenter aux élections municipales de 2014 et dit se retirer de la vie publique pour raisons familiales et professionnelles.

2014 : campagne avec Hervé Lour (UDI-droite)

En Janvier 2014, Dominique Jachimiak s'allie avec Hervé Lour (UDI-droite) dans l'équipe "Pont-de-l'Arche ensemble" et perd tout poids électoral, cette liste n'obtenant que 28,08 % des suffrages exprimés.

 

Sources

Pont-de-l’Arche ma ville n° 15 (1992)

L’arche en ciel (2001-2008)

Document de campagne Pont-de-l’Arche pour tous (2008)

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 17:31

Jacques Havet est né à Pont-de-l’Arche le 21 décembre 1931 et décédé, même lieu, le 12 septembre 2000. Il fut un personnage clé de la vie publique archépontaine.

Pendant 50 années, il fut président de l’USPA, le club de football de l’Union sportive de Pont-de-l’Arche et d’Alizay, l'actuelle USPAC.

Jacques Havet fut aussi président du comité des fêtes de 1977 à 1989 et conseiller municipal de 1977 à 1989, quand Roger Leroux était maire, et de 1995 à 2000 avec le maire Paulette Lecureux.

Celle-ci dit de Jacques Havet, lors de la messe funèbre lui rendant hommage, que « Le bénévolat était pour lui quelque chose de sacré. Qui ne se souvient de sa gentillesse innée, de son souci constant d’arrondir les angles, de ses révoltes parfois. Il ne comprenait pas les conflits, convaincu qu’il fallait se parler pour se comprendre et que les habitants d’une même ville devaient forcément s’entendre. […] Jacques Havet fut une figure emblématique, qui n’a jamais recherché les honneurs. Ce qu’il a accompli durant 50 ans il l’a fait avec son cœur et pour Pont-de-l’Arche parce que, aimait-il à dire : Pont de l’Arche, c’est ma ville. »

Le stade de football prit le nom de ce personnage le 5 septembre 2001 lors d’une inauguration présidée par Dominique Jachimiak, nouveau maire, et ce conformément au choix de la précédente municipalité présidée par Paulette Lecureux. 

 

Jacques-Havet.JPG

Jacques Havet vers la fin des années 1970 dans la salle du conseil municipal. 

 

 

Armand Launay

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 14:48

C’est le 13 avril 1921 que le Conseil municipal, sous la présidence d’Anthime Ferrandier, donna le nom d’Émile Lenoble à une voie de Pont-de-l’Arche. Cependant, il faut remonter au 31 mai 1904 pour comprendre l’action de cet homme...

Par un contrat signé avec la mairie, Emile Lenoble autorisa le forage d’un puits artésien sur une de ses propriétés. Celui-ci était propriétaire du « château de Bon Port », comme le rapporte la délibération. Il s’agissait de couvrir les besoins quotidiens en eau, évalués à 30 000 litres par jour, que le puits Olivier-des-Bordeaux (1883) ne parvenait déjà plus à couvrir. Cette eau devait aussi alimenter les nouveaux quartiers et notamment ceux de la SAHBM. Un puits fut ainsi percé entre 1904 et 1905 par la société du Puits artésien de Vincennes de MM. Dumont et Gondin. Le puits donna d’abord satisfaction puis fut rapidement dépassé par la croissance de la population (délibération du 2 aout 1925). Il fut restauré en 1931 puis en 1937. Une délibération du Conseil municipal du 29 avril 1937 mentionne une autorisation préfectorale de percer un nouveau puits, visiblement au Chêne-Jaunet. Une délibération du 9 mai 1972 décide la destruction du château d’eau de la rue Général-de-Gaulle. Aujourd’hui, sur les berges de l’Eure se trouve toujours le bélier du bassin d’aération.   

 

Route-Elbeuf--8-.jpg

Le château d'eau du puits artésien était situé à l'angle du chemin du Becquet de la rue Général-de-Gaulle (en face de l'actuelle gendarmerie). Il fut bâti par la Ville sur un terrain d'Emile Lenoble.  

 

Route Elbeuf (2)

Le bélier du bassin d'aération du puits artésien se trouve toujours sur les berges de l'Eure, sous le coude du chemin du Becquet, en conrebas de l'actuelle Gendarmerie. 

 

 

Sources

Dolfuss (G.), « Les puits artésiens de la Basse-Seine et de Paris », p. 306-311, in La Nature : revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l’industrie. 1905, 33e année, 2e semestre, collation des n° 1671 à 1696. Voir les pages 308 et 309.

 La Nature 1 La Nature 2

Délibérations du Conseil municipal

Armand Launay

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:30

Autrefois appelée « rue Nouvelle », cette voie fut rebaptisée lors du Conseil municipal du 21 mars 1934, sous la présidence de Charles Morel, où les élus argumentèrent que M. l’abbé de Lanterie était un « bienfaiteur [qui] a offert un puits à tout le quartier des HBM ».

Henri Désiré de Subtil de Lanterie est né à Pont-de-l’Arche le 1er décembre 1840 et décédé à Pont-de-l’Arche le 16 novembre 1925. Il est le fils de Marie-Auguste de Subtil de Lanterie, propriétaire de la Tour de Crosne. Il fut ordonné sous-diacre en 1869 et diacre en 1870. En 1872, il devint prêtre de Saint-Sulpice. 

Avec le vicaire Emile Chevallier, Henri Désiré de Subtil de Lanterie était le plus proche collaborateur de Pierre-Octave Philippe, curé-doyen de Pont-de-l’Arche, depuis 1903. Henri Désiré est nommé chanoine honoraire de la paroisse de Pont-de-l’Arche le 14 octobre 1911.

En offrant 2 000 francs, il permit d’approfondir un puits de 20 mètres supplémentaires. C’est ainsi qu’il devint l’un des principaux contributeurs d’une société philanthropique qui apporta 30 000 francs nécessaires à la construction de maisons afin que « l’ouvrier honnête et laborieux » puisse devenir propriétaire : la SAHBM.

Cette action généreuse lui valut l’honneur du Conseil municipal de Charles Morel, près de 9 ans après sa mort, sur une opération urbaine sans rapport avec la SAHBM puisque les maisons de cette rue datent de 1927 à 1930. 


Henri Désiré de Subtil de Lanterie (été 1913)

Henri Désiré de Subtil de Lanterie, dans la cour de la Tour de Crosne (la propriété qu'il acquit de son père) durant l'été 1913. Cet homme fut un des bienfaiteurs de la Société anonyme des habitations bon marché.  

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal


Avec nos remerciements à Jean-Pierre Decraene


Armand Launay

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:21

Sous la présidence d’Anthime Ferrandier, le Conseil municipal du 13 avril 1921 a honoré un certain Docteur Sorel en donnant son nom à une rue. Mais qui était-il ?

P1090752.JPG

Étienne-Alexandre Sorel (1839-vers 1920) est né et décédé à Pont-de-l’Arche. Médecin officiant à l’hôpital local, Il fut conseiller municipal depuis le 29 aout 1870 jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Elu actif, on retrouve ses nombreuses interventions dans les délibérations du Conseil municipal. Royaliste et catholique, il conserva sa cote de popularité bien que l’échiquier politique local devînt de plus en plus républicain et laïc. Sa profession de médecin eut une incidence positive sur l’estime que lui portait une partie de la population.

Étienne-Alexandre Sorel fut particulièrement actif au sein des commissions travaillant à l’instruction publique. Le 16 février 1876 il fut nommé au sein de la commission visant à la création d’une « salle d’asile » pour les jeunes filles et garçons de 4 à 7 ans. Le but était « l’édification morale » et les activités physiques. Étienne-Alexandre Sorel œuvrait en ce sens pour « notre régénération intellectuelle » et morale, lui qui jugeait immoral le comportement des Archépontains où les naissances d’enfants naturels étaient de 20 % en 1879 quand la moyenne nationale était de 7 à 8 %.

Il mit l’accent sur la vétusté, l’insalubrité et l’exigüité des locaux servant d’école. Étienne-Alexandre Sorel fut nommé à la commission scolaire le 25 mars 1882. Il militait pour un enseignement religieux.

Royaliste, il monta parfois au créneau, notamment le 16 février 1889 où la préfecture demanda au Conseil municipal de fêter le centenaire de 1789. Étienne-Alexandre Sorel se prononça pour mais « seulement pour la convocation des états généraux »… ce qui revient à nier toute la révolution puisque celle-ci commença quelques semaines après ladite convocation… À défaut de la nier, il caricatura la révolution en la réduisant à la violence dans un ouvrage publié en 1919 : intitulé Pont-de-l’Arche pendant la Révolution d’après les registres municipaux 1789-1804. L’auteur voit la Révolution française comme une boite de Pandore d’où tous les maux seraient nés et explique que celle-ci, à l’image de la récente révolution soviétique, serait une lutte de classes entre les ouvriers et les bourgeois…

C’est le 13 avril 1921, sous la présidence d’Anthime Ferrandier, que les élus donnèrent son nom à une voie et pas n’importe laquelle. Il s’agissait d’une des voies bâties par la Société anonyme des habitations bon marché où notre homme fut administrateur délégué.


 

Armand Launay

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:39

Maurice Hervey est né à Paris le 12 novembre 1855 et décédé à Notre-Dame-du-Vaudreuil le 14 novembre 1936). Il était le gendre d’Alexandre Raoul-Duval.

 

Maurice-Hervey.JPG


Il créa en 1900 une section départementale de la ligue de la Patrie française, mouvement d’extrême droite.

Il devint conseiller municipal de Notre-Dame du Vaudreuil en 1891 et conseiller général de Pont-de-l’Arche en 1901 sous l’étiquette républicaine modérée. Il perdit ce poste en 1913 face au républicain de gauche, le radical Maurice Delamare. En 1912, il fut élu sénateur et réélu à ce poste en 1921 et en 1929.

Il fut affecté en 1915 à l’état-major du 6e corps d’armée en Champagne car, malgré ses fonctions et son âge, Maurice Hervey s’était porté volontaire pour défendre le drapeau. Il acquit la croix de guerre avant de reprendre sa place au Parlement en 1917.

Sénateur, il siégea dans le groupe de la gauche démocratique, qui était en fait à droite. En 1914, il combattit l’impôt sur le revenu proposé par les radicaux. Il œuvra pour le vote et l’éligibilité des femmes et pour la lutte antialcoolique.

Très actif et influent, il fut élu vice-président du Sénat de 1925 à 1928.

Les élus conservateurs de Pont-de-l’Arche voulurent honorer Maurice Hervey en tant que fondateur et président de la « Société anonyme des habitations à bon marché » qui construisit des maisons ouvrières. Ils donnèrent ainsi son nom à la « rue Neuve du sud » par une délibération du 4 mars 1931.

Cet homme avait aussi été salué par la précédente équipe municipale, celle du radical Maurice Delamare, qui reconnurent « le zèle et le dévouement dont [M. Maurice Hervey] a toujours fait preuve pour le développement de son œuvre au grand profit de la classe laborieuse… ».

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal

Site Internet du Sénat

 

Armand Launay

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 19:09

Né le 22 juillet 1878 et décédé le 3 septembre 1964, Alix Duchemin était lieutenant des sapeurs-pompiers de Pont-de-l’Arche. Très investi dans la vie publique, il fut adhérent de la Ligue des droits de l'Homme, président honoraire de l'association des sapeurs-pompiers et président de l'Association des anciens combattants de Pont-de-l'Arche-Les Damps (UNC). En 1956, il reçut la Croix du mérite du combattant.

 

Alix-Duchemin.JPG

Pierre Mendès France au côté d'Alix Duchemin sortant du bailliage (ancienne mairie). 


Militant puis élu radical-socialiste

Alix Duchemin était adhérent au cercle Edouard-Herriot rassemblant les radicaux-socialistes de Pont-de-l’Arche. Au décès du maire radical Maurice Delamare, il fut élu au conseil municipal en aout 1930 avec une partie de la liste radicale. Cependant, le Conseil municipal était très fragile, le maire de droite, Patrice Girard, n’étant élu qu’avec 7 voix sur 16 conseillers municipaux... Les élus de gauche démissionnèrent, quelques temps avant que le maire ne le fasse aussi. Mais les radicaux perdirent les nouvelles élections, en novembre, qui réussirent à Raoul Sergent, bras droit de Charles Morel.

Alix Duchemin participa à la victoire de Pierre Mendès France aux législatives de 1932. Il compta même parmi les amis de ce leader radical local et bientôt national.

 

Maire de Pont-de-l’Arche (1954-1959)

Ce sont les élections de 1954 qui firent d’Alix Duchemin le premier magistrat de la ville. Les résultats furent très serrés aux deux tours entre la liste de droite de Charles Morel et la liste radicale-socialiste (350 et 346 voix). La liste PCF s’était maintenue (267 voix). La droite eut 7 conseillers. Les radicaux en eurent 7. Le PCF en eut 3. Lors de la désignation du maire par les conseillers, Alix Duchemin et Charles Morel obtinrent chacun 7 voix à trois reprises et c’est Alix Duchemin qui fut déclaré maire au bénéfice de l’âge. Les élus PCF auraient pu voter en sa faveur mais ne le firent pas.

Son mandat est caractérisé par des travaux sur la toiture de l'église ainsi qu’une restauration de l’orgue. Il mena à bien la construction de la salle des fêtes (1954) nécessaire en raison de la démolition de l’ancienne salle des fêtes gênant l’accès au nouveau pont, inauguré durant son mandat (1955). Il fit construire l’école maternelle (1957) et bâtir deux salles de classe au groupe scolaire Maxime-Marchand (1957). En matière de logements publics, il fit ériger les logements d'urgence de l'Anneau des Rosiers (1955) et les HLM des Lupins 1, c'est-à-dire l'immeuble jouxtant la rue Général-de-Gaulle (1958).

C'est Roland Levillain, son adjoint, qui lui succéda aux élections de 1959 où il ne se représenta pas. 

 

Sources

L’Industriel de Louviers

La Dépêche de Louviers

Délibérations du Conseil municipal

Avec nos remerciements à François Fermanel 

 

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 22:03

Article publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 10 (hiver 2010) avec nos remerciements à Jean-Jacques Morel. 

 

Charles Morel est né à Pont-de-l'Arche le 15 mai 1882 et décédé à son domicile de la Vènerie (rue Charles-Cacheleux) le 15 novembre 1967 à 85 ans. Il repose aux côtés de son épouse et de ses fils dans le caveau familial au cimetière communal.

Fils d'Edouard Désiré Gustave Morel (1848-1896) et de Marie Désirée Lefebvre, il devint orphelin à 14 ans. Il quitta alors Pont-de-l’Arche pour faire un tour de France au cours duquel il apprit le travail de la chaussure de A à Z : ouvrier, contremaitre puis chef de fabrication à Bordeaux puis Paris. Il revint au pays et épousa Léontine Orélie Julienne le 5 novembre 1906 à Saint-Pierre-lès-Elbeuf. De cette union, il eut deux fils : Jacques (1909-1970) et Raymond (1915-2003). 

 

Charles-Morel.JPG

 

L'industriel

Le 15 mai 1911, Charles Morel créa sa première usine (41, rue de Caudebec) à Elbeuf. Il fut activement secondé par son épouse et l’entreprise sut se positionner sur le marché. En 1922, il monta l'usine d'Igoville, (rue de l'Andelle, près de Super U) puis, en 1929, l'usine de Pont-de-l'Arche (rue Charles-Cacheleux, remplacée par la résidence Les Marquises). Il devint l'un des principaux employeurs de la région.

Son fils Jacques dirigea l'usine d'Igoville spécialisée dans la fabrication de chaussures pour homme et son fils, Raymond, dirigea l'usine de Pont-de-l'Arche spécialisée dans la fabrication de chaussures pour dames. En 1964, ces deux usines réunirent leurs activités sur le site de Pont-de-l'Arche qui fut alors agrandi. Cependant, cette usine fut confrontée à la hausse de ses couts de production en 1968. Elle ferma ses portes à la fin de l’année.

A lire : Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure. 

 

Le maire

Charles Morel était un homme de contact. Fort de son relationnel et de son expérience, il s'investit pleinement dans la vie de la commune. Il exerça plusieurs mandats de maire : de 1930 à 1935 et de 1935 à juillet 1936 où il démissionna, laissant le siège à son bras droit Raoul Sergent, par ailleurs Conseiller général. Charles Morel fut aussi maire du 30 octobre 1947 au 8 mai 1953. Puis il fut conseiller municipal du 14 mai 1953 au 20 mars 1959. Durant son premier mandat, il porta l’étiquette de l’Union républicaine démocratique (URD), formation de droite qui le mettait en lien direct avec Maurice Hervey, vice-président du Sénat et élu local. Son premier mandat fut marqué par le déblocage du projet de construction d’un groupe scolaire. Le groupe scolaire (actuellement Maxime-Marchand) fut inauguré le 25 novembre 1934 en présence du ministre de l'Education nationale, André Mallarmé qui remercia Charles Morel de son investissement personnel. En 1950, il ouvrit le dossier de création d'une nouvelle salle des fêtes en raison du percement de la déviation menant au nouveau pont

 

Un homme investi

Charles Morel fut fondateur de l'Union sportive d'Igoville et de la société des Trompes de chasse de Pont-de-l'Arche. Il présida aussi la fanfare municipale. Il entretint de bonnes relations avec Pierre Mendès France.

Il fut l'ami d'Olympe Hériot avec qui il pratiqua longtemps la chasse à courre. Grand bourgeois, Olympe Hériot avait fait bâtir en 1905 un ensemble d'édifices baptisé la Vènerie. Sur la route de Louviers, à l'orée du bois, il vint ainsi souvent à Pont-de-l’Arche pour pratiquer la chasse à courre. Lorsqu'il quitta la ville, il souhaita que la Vènerie soit reprise par son ami Charles Morel, qui accepta. Ce dernier y entretint une écurie de chevaux de courses ; des trotteurs qu'il emmenait lui-même et qu'il faisait courir sur les hippodromes normands. Il existait en forêt de Bord une piste spécialement aménagée où il entrainait ses chevaux. Cette ligne parallèle à la route de Cobourg s'appelle aujourd'hui l'allée des Cavaliers.

 

Charles-Morel-et-Olympe-Heriot.JPG

Charles Morel et Olympe Hériot devant l'église Sainte-Anne de Tostes.

 

Charles et Léontine Morel fêtèrent leurs noces d'or en l'église Notre-Dame-des-arts le 5 novembre 1956. Cette église bénéficia de l’attention de Léontine Morel qui demeure la marraine de la 3e cloche, baptisée Léontine, et fondue dans l’atelier Peeters à Villedieu-les-Poêles. Elle fut apportée à Pont-de-l’Arche par un camion de l'usine Morel et fut inaugurée le 4 avril 1943 en présence du maréchal Philippe Pétain.

Charles Morel fut nommé Chevalier de la Légion d'honneur et Officier de palmes académiques. 

 

Sources

Archives de la famille Morel

Registre des délibérations du Conseil municipal

 

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 22:50

Donner un nom de personne à une rue démontre l’envie de disputer à l’oubli les mérites d’un individu estimé. Mais la mémoire doit s’entretenir car le nom de « rue Blin », par exemple, n’évoque plus dans les esprits qui fut Julien Blin, ancien maire et bienfaiteur de Pont-de-l’Arche.

 

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La rue Julien-Blin en 2012 (photo Armand Launay)

 

Julien Robert Alexandre Blin naquit le 1er octobre 1738 et mourut le 29 novembre 1826. Nous n’avons pas trouvé de lien généalogique avec la famille Blin d’Elbeuf. Il était ingénieur des ponts et chaussées, Pont-de-l’Arche étant un point stratégique sur la Seine.

 

Nommé maire en période de crise

Avec le retour de la monarchie, l’Etat, par le biais de la Préfecture de l’Eure, nomma Julien Blin à la fonction de premier magistrat de Pont-de-l’Arche, ce qu’il assuma jusqu’à sa mort. Son mandat est caractérisé par un assainissement des comptes de la ville. Déficitaires en 1815, les comptes étaient excédentaires en 1826 notamment grâce aux réclamations systématiques de sommes indument payées par la Ville à la Préfecture ou, tout simplement, dues par la Préfecture.

 

Un bienfaiteur durant son mandat

Julien Blin fit don de nombreux biens immobiliers (et les rentes sur ces biens) qui donnèrent à la ville quelques moyens d’action dans une période noire. En effet, après les guerres, la perte des tribunaux royaux en 1790, la fin du montage des bateaux en 1813… et avant l’arrivée de l’industrie du chausson, Pont-de-l’Arche était très pauvre. Il semble que Julien Blin ait acquis ses biens en les achetant à des particuliers s’étant enrichis durant la Révolution. En effet, ses propriétés sont souvent d’anciens biens religieux réquisitionnées par l’Etat à la Révolution avant d’être revendus comme biens nationaux.

Lorsqu’il fit démolir partiellement les remparts de sa propriété (très certainement l’actuel presbytère), il finança aussi l’abaissement des remparts derrière l’église, une bonne chose en ce temps. Le Conseil municipal lui fit part de ses remerciements.

Le 2 mai 1816. Julien Blin donna les bases de la première école de la ville. En 1818, il fit construire de nouveaux locaux au-dessus de la salle d’Armes afin de servir de logements pour l’instituteur et les deux sœurs enseignant aux filles.

Lors du conseil municipal du 5 février 1822, il fit don à la commune de trois maisons, dont l’actuel presbytère, contre la promesse du Conseil de payer le logement du vicaire, en plus de son traitement annuel, mais aussi de célébrer une messe basse mensuelle en son honneur. Le curé devait aussi être logé dans cette demeure.

 

Bienfaiteur à l’origine de l’hôpital local

Le 25 aout 1827, le Conseil municipal rapporta les termes du don testamentaire de Julien Blin. Sans descendance, il donna à la commune des biens immobiliers estimés à 236 450 francs (les recettes de la ville étant de 6 000 francs cette année-là). Ces biens comprenaient l’ancien couvent des pénitents à condition qu’il serve d’hôpital destiné à l’accueil des « indigents malades et inférieurs », de la ville et de bonne moralité.

Julien Blin offrit aussi quatre maisons rue de la Municipalité, où il mourut, et qui porte aujourd’hui son nom ; trois petites maisons rue de Crosne et place de l’église ; diverses terres cultivables aux Damps, Léry, la Haye-Malherbe. Ces dernières terres devant fournir de quoi financer en partie le Bureau de bienfaisance de la commune, en charge du fonctionnement de l’hôpital.

Les élus écrivirent que ce « legs fait honneur aux sentiments généreux de M. Blin pour la ville où il a voulu finir ses jours [et] sera un très grand secours pour cette même ville, à raison de la quantité d’indigents malades et infirmes qui s’y trouvent, et du peu de ressources qu’elle possède pour y subvenir. »

 

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Une des parties anciennes de l'EHPAD (ex-hôpital local)

fondé grâce aux dons de Julien Blin (photo Armand Launay, 2010). 

 

L’hommage de la Ville

En 1830, les élus votèrent l’érection d’une « pierre tumulaire » sur la tombe de Julien Blin, dans le cimetière communal. En 1865, sous la présidence de Jean-Baptiste Delaporte, les élus décidèrent de donner le nom de « Blin » à la rue de la Municipalité, ancienne rue de la Geôle, ancienne rue Royale). Il entérina en fait l’usage populaire qui nommait la rue du nom du notable qu’était Julien Blin. Dans sa délibération, ce même Conseil ne retint de cet homme que son legs testamentaire, passant sous silence – ou ignorant – l’ensemble des ses actes et surtout son attention pour la Ville. La mémoire doit s’entretenir.

 

Monument Blin 1

La stèle érigée par la Ville dans le cimetière communal en 1830

en hommage à Julien Blin (photo Armand Launay, 2012)

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal

 

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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