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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 15:10
Quelques jeunes et moins jeunes rassemblés dans le Mille club autour de Paulette Lecureux, adjointe, Aurélie Philippe, Mickaël Dumais et Romain Niaudeau (agents municipaux). (cliché Armand Launay, octobre 2012)

Quelques jeunes et moins jeunes rassemblés dans le Mille club autour de Paulette Lecureux, adjointe, Aurélie Philippe, Mickaël Dumais et Romain Niaudeau (agents municipaux). (cliché Armand Launay, octobre 2012)

 

À Aurélie PHILIPPE,

comme quoi les promesses n’engagent pas seulement ceux qui y croient,

mais aussi ceux, et celles, qui savent attendre...  


 

Lors du conseil municipal du 26 juin 2017, les édiles de la cité archépontaine ont voté la démolition du célèbre Mille club situé à l’entrée de la résidence Pierre-Mendès-France. Est-ce la fin de la politique destinée à la jeunesse à l’échelle de la commune ? Plus encore, quelle est la politique communale en matière de jeunesse ? De quand date-elle ? Comment évolue-t-elle ? Que nous apprend-elle de l’évolution de la société ?  

Vues diverses sur le Mille club et la résidence Pierre-Mendès-France (clichés Armand Launay, avril 2010).
Vues diverses sur le Mille club et la résidence Pierre-Mendès-France (clichés Armand Launay, avril 2010).Vues diverses sur le Mille club et la résidence Pierre-Mendès-France (clichés Armand Launay, avril 2010).
Vues diverses sur le Mille club et la résidence Pierre-Mendès-France (clichés Armand Launay, avril 2010).

Vues diverses sur le Mille club et la résidence Pierre-Mendès-France (clichés Armand Launay, avril 2010).

Les prémices d’une politique pour la jeunesse

La jeunesse, c’est-à-dire l’enfance, l’adolescence et les premières années de l’âge adulte, est une notion complexe. Il est impossible de la restreindre à un âge précis. Il est cependant possible de tracer son évolution depuis un siècle et de distinguer les principales classes d’âge concernées.  

La question de la jeunesse ne se posait guère avant le XXe siècle. Auparavant, l’enfant grandissait sous le regard de la société, participait aux tâches domestiques et professionnelles dès que ses forces le lui permettaient et devenait adulte grâce à l’apparition de qualités physiques et par un rituel de passage tel que le mariage auquel nul, ou presque, n’échappait.

Or, au XIXe siècle la législation française commença à distinguer les enfants des adultes. C’est ce que montre la la loi du 22 mars 1841 qui encadre le travail des enfants engrenés dans la révolution industrielle. Cette loi stipula, par exemples, que le travail avant 8 ans était interdit dans les entreprises de plus de 20 employés et que, avant 12 ans, un enfant ne pouvait travailler plus de 8 heures par jour. Les mentalités et la législation évoluèrent peu à peu. Dans les années 1930, on trouvait toujours des enfants travailleurs, comme, par exemple pour nous, dans les usines de chaussures de Pont-de-l’Arche. Ils étaient désormais employés avec un certificat d’aptitude délivré par un médecin, conformément à la législation. Le travail des mineurs commençait à être perçu comme illégitime à moins que la médecine ne s’y oppose pas. C’est ce dont témoignent toujours les anciens qui étaient entrés dans la vie professionnelle qui à 13 ans qui à 14 ans. Dans ces conditions, le passage de l’enfance à l’âge adulte était rapide.

En moins d’un siècle, la société française devint plus prospère et fut acquise aux idées des Lumières portant sur l’éducation. Il fut, d’une part, globalement possible de scolariser les enfants de plus en plus tard et, d’autre part, l’instruction devint obligatoire à partir de 13 ans en 1882 (lois Jules Ferry), 14 ans en 1936 et 16 ans en 1959. Par conséquent, peu à peu émergea une classe d’âge située entre l’enfance et l’âge adulte marqué du sceau des responsabilités conjugales, parentales, professionnelles et, désormais, politiques.

Parallèlement, l’idée de loisirs prit beaucoup d’importance grâce à une aisance plus large, une réduction progressive du temps hebdomadaire de travail, l’acquis de congés payés (1936) et d’une protection médicale et sociale (1947).

 

C’est ainsi qu’à Pont-de-l’Arche, des années 1930 aux années 1960, les activités destinées à la jeunesse se répartissaient en trois catégories :

- les animations proposées par les enseignants ‒ républicains ‒ du groupe scolaire : les fêtes de la jeunesse, les spectacles et kermesses de fin d’année, fête de Noël (si si), la bibliothèque scolaire... ;

- les animations proposées par la paroisse ;

- les animations participant de la sociabilité communale : la fête patronale Sainte-Anne, la fête nationale, la fête du printemps, la fanfare, les associations sportives dont le football, le théâtre au cinéma L’Éden, les séances de cinéma, des conférences, les fêtes de saison…

Il y avait donc des animations pour les enfants de l’école et des activités concernant l’entière population de la commune. Il n’y avait pas d’activités propres à une classe d’âge intermédiaire entre l’enfance et l’âge adulte.   


Le frémissement d’une politique nationale comprenant la jeunesse, et ayant des répercussions locales, se lit dans le journal L’Industriel de Louviers du 13 mars 1937. Un article explique le travail d’une association, “Les Amis de l’école laïque”, qui vient de créer le « Comité des loisirs ». Affilié au comité national, lui-même issu du Front populaire, il affiche ses objectifs : voyages collectifs, sports, fêtes, bibliothèques... Il précise sa finalité : faire « un appel à la jeunesse, qui pourra bénéficier de grandes facilités pour l’organisation de ses congés. » La question des loisirs et du bienêtre de la jeunesse se trouve dans le milieu associatif républicain et socialiste. Mais pas encore dans les actions et prérogatives de la commune donc de l’administration.

Le maire Roland Levillain au bord du premier cour de tennis construit en 1964. Photographie destinée au bulletin municipal de 1965.

Le maire Roland Levillain au bord du premier cour de tennis construit en 1964. Photographie destinée au bulletin municipal de 1965.

 

Roland Levillain (1959-1977) : la mairie met en place des actions destinées à la jeunesse

Comme nous l’avons vu plus haut, une classe d’âge émerge dans les années 1960 qui sort de l’enfance sans toutefois être adulte de fait et de droit. En clair, il s’agit de collégiens.

Il a été reproché à Roland Levillain, maire de Pont-de-l’Arche de 1959 à 1977, de n’avoir pas agi en faveur de la jeunesse. C’est faux. L’action du premier magistrat se lit à travers deux axes :

- la scolarité avec l’agrandissement et la rénovation des locaux du groupe scolaire et, de même, la réalisation, pour le Conseil départemental, du collège (1967) avec, en préliminaires, l’accueil de classes de 6e, de 5e dans des préfabriqués et, encore, de formations professionnalisantes dans divers bâtiments de la ville (l’école ménagère dans la salle Croizat) ;

- le sport avec l’accompagnement des associations par la construction de structures telles que la piscine, le stade de football et d’athlétisme Jacques-Havet, les terrain de tennis.

On lit ici la vision d’un maire né en 1912. Avec son équipe, il se faisait une représentation classique de la jeunesse qui va à l’école et a besoin de sport et d’activités culturelles. En ce sens, les trois mandats de Roland Levillain ont été bien remplis. Il a joué la carte du promoteur immobilier qu’il était en construisant des infrastructures publiques.

Mais, il n’a pas vu venir l’évolution. Il a laissé vieillir la population du centre ville, comme un chef-lieu de canton d’une zone rurale en perte d’activité, notamment à cause des fermetures d’usines surtout de chaussures. Il n’a lancé aucune construction d’Habitations à loyer modéré (HLM). Il a lancé quelques projets immobiliers privés, l’intéressant parfois personnellement, mais pas après 1972. La population archépontaine a baissé, la désindustrialisation aggravant cette évolution. Elle s’est renouvelée par l’arrivée de jeunes familles extérieures à la commune, motorisées, souhaitant ou étant contraintes de travailler à deux et donc nécessitant une plus grande prise en charge de ses enfants en dehors des liens traditionnels de la famille.

Qui plus est, la jeunesse commença à connaitre le lycée, les études universitaires, le chômage. L’adolescence se prolongea et laissa place à une classe d’âge plus large entre la fin de l’enfance et l’âge adulte où l’individu est autonome et indépendant. C’est durant cette décennie, les années 1970, qu’émergèrent les concepts d’adolescence et de “culture jeune”. Roland Levillain n’a pas adapté la gestion de la commune aux attentes de nouveaux citoyens désireux de plus d’accompagnement de leurs enfants par les services municipaux et le réseau associatif.

C’est ce que montra un projet, tout droit descendu de la politique d’État : le Mille club. Le Mille club était une salle polyvalente accordée à la commune par le ministère de la Jeunesse et des sports afin de promouvoir la cohésion sociale. Les élus archépontains ont, tout d'abord, envisagé de mettre le Mille club dans la Salle d’Armes. Ceci parce qu’on y pratiquait déjà le judo. Cela démontre l’incompréhension des élus qui ne voyaient pas l’intérêt de bâtir un nouveau bâtiment, pour quelle population et avec un nouveau budget alourdissant l’impôt.

Pourtant, Roland Levillain et son conseil acceptèrent officiellement la proposition du ministère lors du conseil municipal du 2 février 1977. Les élus votèrent un budget pour créer une dalle en béton devant supporter le Mille club.

 

Cette même année, 1977, les urnes portèrent la gauche ‒ enfin unie à Pont-de-l’Arche ‒ qui hissa le communiste Roger Leroux au siège de premier magistrat.  

Roger Leroux, en haut, regardant vers sa droite, sur le degré de l'hôtel de ville en compagnie des récipiendaires de la cérémonie de la fête des mères de 1979 (photographie des archives municipales).

Roger Leroux, en haut, regardant vers sa droite, sur le degré de l'hôtel de ville en compagnie des récipiendaires de la cérémonie de la fête des mères de 1979 (photographie des archives municipales).

 

Roger Leroux (1977-1989) : la mairie accompagne les associations et soutient activement les actions en faveur des loisirs des enfants

Roger Leroux était entouré d’une équipe jeune, dynamique, habituée au tissu associatif et désireuse de participation citoyenne. L’offre faite par le ministère de bâtir un Mille club arrivait au bon moment. Cette nouvelle équipe souhaitait rajeunir la population archépontaine et animer la cité médiévale, quitte à alourdir l’impôt considérablement, notamment à cause des emprunts permettant les acquisitions et constructions immobilières et à cause de l’augmentation du nombre d’employés communaux.

Entre tissu associatif et moyens municipaux, les nouveaux élus créèrent des sociabilités officielles telles que :

- l'Association pour les loisirs éducatifs de Pont-de-l'Arche (ALEPA) gérant l’Accueil de loisirs ;

- l'Office municipal des sports (OMS) ;

- le Groupe municipal d'actions culturelles (GMAC).

Les élus menèrent une réflexion sur l’accroissement de la population, son rajeunissement, les services publics nécessaires à son épanouissement. Cette réflexion fut menée, notamment, au sein de la Commission “jeunesse et loisirs”. Elle se traduisit rapidement par la création d’un Accueil de loisirs, d’abord dans les locaux des écoles (1978), une école communale de musique (1978) puis, aussi, de danse (1979), la construction d’équipements sportifs (tennis de table, terrain de rugby…), l’accompagnement des nouvelles associations notamment par des subventions…

Deux lieux symbolisent cette nouvelle politique :

- le plus important est le château de l’Accueil de loisirs acquis en 1980. Il s’agit de l’emplacement actuel. Les élus avaient hésité. Ils avaient tout d’abord envisagé de le créer de toutes pièces dans le quartier du Bon-air, à l’actuelle résidence Pierre-Mendès-France, mais le cout total était insupportable pour la commune. Le château est le pivot des actions destinées aux jeunes depuis lors ;   

- le Mille club, que nous traitons ci-après.

 

Les activités de l'Accueil de loisirs promues dans le bulletin municipal de l'équipe de Roger Leroux, Le Trait d'union n° 29, de novembre 1983.

Les activités de l'Accueil de loisirs promues dans le bulletin municipal de l'équipe de Roger Leroux, Le Trait d'union n° 29, de novembre 1983.

 

Le Mille club (1978) où le symbole d’une politique nationale destinée à la jeunesse

L’équipe de Roger Leroux avait souhaité créer de nouvelles résidences HLM. Prévoyant un rajeunissement de la population, les élus imaginèrent tout d’abord de bâtir l’Accueil de loisirs au Bon-air, près des quartiers à venir. Ils abandonnèrent ce projet, comme nous venons de le voir, mais gardèrent l’idée d’y laisser un espace de sociabilité. C’est ainsi que le Mille club fut bâti à l’endroit indiqué.

Il fut utilisé de suite pour accueillir principalement le judo et la toute nouvelle école de musique et de danse. Il arriva à point nommé pour la jeunesse des nouveaux quartiers de Pont-de-l’Arche, des quartiers à l’architecture nouvelle, pour une population issue notamment de l’extérieur de la ville, moins socialisée.

Néanmoins, la sociabilité de Pont-de-l’Arche se trouvait toujours vers le centre ville. Le Mille club servit surtout de salle associative, pas de lieu de vie spontané de la jeunesse du Bon-air.   

 

La place du Mille club dans les objectifs du ministère  

L’opération “Mille clubs de jeunes” a été impulsée par le ministère de la Jeunesse et des sports (MJS) entre 1966 et 1978. Depuis les années 1950, l’État gaullien était le promoteur de la “reconstruction nationale” de la France. Il construisit, notamment, les barres d’HLM dans les Zones à urbaniser d’urgence (les ZUP), ainsi qu’un réseau de Maisons des jeunes et des citoyens (MJC).

Cependant, au début des années 1960, l’État laissa le soin à des promoteurs privés de poursuivre la reconstruction selon un schéma déterminé. Il lança une vaste opération de construction de 1000 salles polyvalentes pour assurer la cohésion sociale principalement dans les quartiers nouveaux. La cohésion était primordiale dans ces nouvelles quartiers à l’architecture contemporaine, moins propice aux liens que les anciens centres bourgs ou les quartiers ouvriers, et où les gens arrivaient de tout le pays, sans bien se connaitre. Il s’agissait de recomposer une sociabilité, surtout à destination des 15-25 ans, notamment en leur faisant monter eux-mêmes leur local au cœur du quartier. Ce n’était pas une création, mais une action visant à compléter les MJC, dans l’esprit de déconcentration cher à Charles de Gaulle.  

Les Mille clubs étaient des subventions en nature attribuées par le ministère. À charge pour les communes de préparer le terrain, de faire les branchements et de bâtir les fondations. Aucun personnel n’était mis à disposition par l’État. Les jeunes des quartiers concernés devaient assembler les pièces préfabriquées, faire cause commune, faire corps et poursuivre l’aventure par d’autres projets socio-éducatifs de leurs choix (culture pour tous, creuset d’initiatives citoyennes, sports...).

Le cahier des charges requérait des constructions modulables, avec quatre locaux, un coin feu, un coin bar, des constructions standardisées, non laides et de qualité bien que provisoires. Quant à la beauté, on comprend qu’elle se mesurait, alors, depuis les habitudes sévissant durant les Trente glorieuses.  

Le nombre de Mille clubs fut attribué par région. Puis, des commissions départementales choisissaient et accordaient des subventions aux communes les moins riches. La priorité était donnée aux communes jeunes et dynamiques. On comprend alors que Pont-de-l’Arche, gérée par l’équipe de Roland Levillain, fût parmi les dernières communes récipiendaires.

En 1972, 1130 Mille clubs étaient bâtis dépassant les ambitions d’origine et démontrant un besoin parmi les communes et, aussi surement, parmi les entreprises attributaires des marchés. Dans le Plan de construction national adopté en 1971, une deuxième série de Mille clubs fut lancée. En 1978, le total de construction des deux séries fut de 2500 préfabriqués.

Quant à Pont-de-l’Arche, il y fut construit un Mille club d’un modèle poétiquement appelé “CL 480”, de “type Warens”. Ce modèle était construit par l’entreprise “SEAL-A. Béchu architecte”. Il était fonctionnel, sans appui intérieur limitant les mouvements. Avec sa trame de 1,2 m, il permettait une combinaison de panneaux de cloisonnement, sur deux carrés se recoupant en partie. Il faisait 150 m² et coutait 178 000 € TTC à l’État. Après cette expérience, l’interventionnisme de l’État par la commande cessa. Depuis, le soutien de l’État à la cohésion sociale passa par la suggestion et l’orientation de politiques communales par des subventions pour des constructions à la carte.

Mais, revenons à la politique en faveur de la jeunesse archépontaine. Qu’est-elle devenue depuis le virage de Roger Leroux et son équipe ?

Plan d'architecte des projets de Mille clubs (extrait du site mpt-blamont.com).

Plan d'architecte des projets de Mille clubs (extrait du site mpt-blamont.com).

Paulette Lecureux (1989-2001) : la mairie structure ses services et coordonne les actions en faveur de la jeunesse.  

Les successeurs de Roger Leroux n’ont pas remis en cause sa politique. Ils l’ont développée et étendue notamment aux adolescents et aux jeunes adultes. C’est à partir de Paulette Lecureux que l’on peut pleinement parler de politique, c’est-à-dire un débat, une réflexion sur les manières de vivre en société et, surtout, de bien vivre en société. La réflexion a, alors, porté sur l’inclusion des jeunes dans la cité (éducation, loisirs, travail, santé…). Il y a donc lieu de parler de politique pour la jeunesse au niveau communal.   

Dans les années 1970, l’insertion des jeunes est devenue une difficulté à traiter politiquement. En effet, il y eut désormais plus de jeunes arrivant sur le marché du travail que d’anciens le quittant. Le peuple français commença à connaitre le chômage. Qui plus est, la durée d’étude devint plus longue, le lycée ouvrit ses portes ainsi que l’université après Mai-1968. La France commença à connaitre des délocalisations et le paysannat se réduisit à peau de chagrin. Beaucoup de jeunes furent obligés, pour ne pas dire contraints, de se spécialiser dans l’utilisation de machines plus élaborées, dans des métiers plus spécialisés. Cela signifie que la classe d’âge située après l’enfance mais avant l’autonomie et, surtout, l’indépendance s’allongea et s’agrandit. Cette classe eut besoin de plus d’attention. Elle devint connue pour son attirance pour les loisirs, pour la mode. La notion de “culture jeune” apparut. Apparut aussi ce qu’on appelle un malaise social, fait de chômage, de drogue et de violence parfois ; d’où l’implication des pouvoirs publics dans l’insertion des jeunes.

 

Élue maire, Paulette Lecureux n’a pas découvert la situation de Pont-de-l’Arche. Elle était professeure des écoles et avait été l’adjointe aux affaires sociales de l’équipe de Roger Leroux. Elle n’effaça pas le tableau. Elle fit bâtir de nouvelles résidences HLM (Le Becquet, 1991, Espace Lartigue, 1997) mais avec pondération afin de maintenir un équilibre (une “mixité sociale”) avec les résidences accessibles à la propriété. Pont-de-l’Arche ne connut pas de quartiers à problèmes ou “sensibles” si on préfère l’euphémisme. Il n’y eut pas de marginalisation de bandes de jeunes, désœuvrés voire violents, trainant dans les rues. Certaines banlieues et villes nouvelles, à l’image de Val-de-Reuil, ont été des contre-exemples démontrant l’intérêt de prévenir ces risques impliquant une faible partie des jeunes. Tout en faisant baisser les taux d’imposition, Paulette Lecureux consolida et développa les services destinés à la jeunesse et établit précisément les tranches d’âge des publics cibles.

 

La petite enfance

La petite enfance bénéficia de structures d’accueil. Ainsi, en 1994 la crèche halte garderie “Bidibul” ouvrit ses portes avant de s’installer en 1998 dans un bâtiment proposé et aménagé par la municipalité : Le Manoir de Manon. Qui plus est, le Relai des assistantes maternelles fut ouvert en 1999 dans les locaux du Manoir de Manon. Ces actions ciblaient, en fait, les adultes et surtout les femmes désireuses ou contraintes de travailler mais n’ayant pas de famille pouvant garder leurs enfants. On peut se demander si l’évolution de fond de la société, consistant à faire garder les enfants pendant que les parents travaillent, a renforcé un certain mal être des enfants ; un mal être que l’on retrouve plus tard, à l’adolescence. En effet, la sociabilité s’appauvrit durant les heures où les adultes travaillent à l’extérieur. Il n’est pas question de perte mais de délitement des liens entre adultes et enfants à la maison comme dans la rue. C’est peut-être ce qui explique la montée en puissance des actions destinées aux adolescents et aux jeunes adultes dans cette même période.  

 

L’enfance

Les élus soutinrent le tissu associatif et les écoles dans leurs animations habituelles. En 1991, l’école élémentaire fut pourvue d’une bibliothèque baptisée “Gisèle Lepont” en l’hommage à cette employée de la commune décédée en cette période. En 1993, cette école fut rénovée et complétée par une salle d’activité. En cette même année, un terrain multisports, “l’agorespace”, fut créé par la naissante intercommunalité, appelée Pact urbain, entre la résidence HLM Louis-Aragon et l’espace de l’Accueil de loisirs. Mais, le changement s’observa surtout dans l’importance donnée à une association créée en 1979 et dénommée l’ALEPA, (l’Association pour les loisirs éducatifs de Pont-de-l’Arche). Celle-ci avait pour fonction de gérer l’Accueil de loisirs. Cette association recruta un employé permanent non seulement pour diriger l’Accueil de loisirs et, aussi, pour coordonner les actions des 16 associations de la ville. Il devait être la cheville ouvrière de la politique destinée à l’enfance et à la jeunesse. Ce fut Pierre Querniard, personnage qui marque la professionnalisation de ce secteur municipal, qui fut recruté. Cette nouvelle action se traduisit, entre autres, par la mise en place en 1996 d’ateliers périscolaires par le CAEJ et ce en lien avec La caisse d’allocations familiales (voir plus bas). Ces ateliers proposaient des activités autour du cirque, de la gymnastique, du théâtre, des arts plastiques, de la cuisine… Par ailleurs, une bibliothèque-ludothèque est inaugurée en 1995 à l’Accueil de loisirs.

Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.
Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.
Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.
Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.

Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.

 

L’adolescence et les jeunes adultes

La nouveauté de l’action municipale résida, surtout, dans le développement de services au profit des adolescents. Deux forces se rejoignirent :

- la première venait des jeunes eux-mêmes avec, en fer de lance, Richard Jacquet, futur maire de la commune. C’est en 1989, lors du bicentenaire, que des adolescents s’établirent dans la “Caverne des jeunes”. Il s’agissait d’une des salles annexes du parc de l’Accueil de loisirs, alors dirigé par Agnès Vandalle où, avec accord de la municipalité, les adolescents trouvaient un lieu de sociabilité. Ce lieu dut être mis aux normes de sécurité et fut restauré entre 1989 et 1992. Une association fut créée et les jeunes se proposaient, entre autres, de faire les courses des personnes âgées et de s’occuper de leurs animaux (Pont-de-l’Arche ma ville n° 3) ;

- la deuxième force vint, nous l’avons écrit, du recrutement en 1990, de Pierre Querniard (Pont-de-l’Arche ma ville 5). C’est à partir de là que la littérature municipale aborde la notion de politique ayant pour fin la jeunesse, comme en témoigne cet éditorial du bulletin municipal signé du maire, Paulette Lecureux : « Je crois qu’il est temps d’avoir des projets pour les adolescents qui revendiquent, à juste titre, une place dans notre commune. Ils se sont structurés : ils souhaitent être utiles et ils demandent que des activités leur soient proposées. La première tâche à laquelle sera confrontée l’ALEPA, dès le renouvellement du Conseil d’administration, sera ce dossier sous toutes ses formes : locaux, encadrement, activités, responsabilités. Nous faisons confiance à Pierre Querniard, notre permanent au Centre de loisirs, qui a fait ses preuves lors des sessions d’été, pour solutionner le problème de nos jeunes… » Quelques pages plus loin, l’employé plussoie et met en exergue que le « besoin doit dépasser la notion de simple garderie pour une conception de réels loisirs éducatifs »

 

Depuis ce temps, apparait et se structure dans la ville un service destiné aux adolescents et aux jeunes adultes. La Caverne des jeunes comprend un point “info jeunes” créé en 1993 pour répondre aux questions portant sur l’enseignement, la formation professionnelle, l’emploi, la vie pratique, les loisirs, les problèmes sociaux... Cela répond notamment à un souci des élus qui, à l’occasion d’une table ronde pour l’emploi tenue en 1991, déploraient que « Trop de jeunes sortent du système scolaire sans aucune formation. » (Pont-de-l'Arche ma ville n° 10, 1991). Avec 125 demandeurs d’emplois dans la ville, cela signifiait surtout que le degré d’exigence des entreprises et des administrations avait cru. Désormais, la majeure partie des jeunes et moins jeunes était contrainte d’avoir des qualifications professionnelles, que ce soit par une formation initiale plus poussée, plus pratique mais aussi par des expériences concrètes. Le monde du travail exigeait de plus en plus la compétitivité des individus.

 

En 1994, un atelier de théâtre fut cofondé par Pierre Querniard et Richard Jacquet (Pont-de-l’Arche ma ville n° 23). Réunissant 9 acteurs, la compagnie “l’Arche en scène” produisit ses premiers spectacles en 1996, spectacles écrits par Pierre Querniard (PA ma ville n° 4, juillet 1996). En 1997, il proposa un premier festival invitant des troupes étrangères : “Continents comédiens”.

Ces activités témoignent d’une sociabilité entre des jeunes et du personnel délégataire de service public. Ce lien se traduisit par le recrutement de Richard Jacquet en tant qu’animateur chargé du “secteur jeunes”. En effet, en 1996 le CAEJ distinguait désormais nettement deux publics : le secteur jeunes autour de Richard Jacquet, et le “secteur enfance” autour de Cathy Poissonnet (PA ma ville n° 7 octobre 1996). En 1998, le secteur des jeunes alla plus loin. Il proposa des animations d’été pour deux publics :

- les 12-15 ans étaient invités à la Caverne des jeunes pour des activités telles que le billard, le babyfoot, le tennis de table, un coin télé, des sorties sportives et culturelles et des minicamps à l’extérieur de la ville ;

- les 16-20 ans étaient conviés au Mille club autour d’une salle de jeux, d’un coin café, d’une salle avec télévision. Ils étaient invités à “mettre en place [leurs] activités et projets de vacances.” Quelques sommes étaient prévues par la mairie à cet effet.

C’est donc 20 ans après sa construction que le Mille club respecta sa vocation première de carrefour entre pouvoirs publics, initiatives citoyennes et construction d’une sociabilité locale.

Dans cette même veine, c’est en 1997 que la municipalité incita les jeunes à s’organiser et à s’exprimer plus encore. Un Conseil consultatif des jeunes fut proposé (PA ma ville n° 13, juin 1997). Des élections eurent lieu qui concernèrent 89 jeunes de 12 à 20 ans, inscrits de leur propre chef. Ils désignèrent Marc Perdereau comme président ainsi que 14 élus siégeants. Pour le maire, il s’agissait de créer un « espace d’apprentissage de la citoyenneté », c’est-à-dire une force de débat et de proposition. Certains dossiers furent sensibles, comme celui de définir l’utilisation d’un terrain ‒ non destiné à la construction ‒ au milieu du nouveau quartier de la Pommeraie (le “lot 160”). En 1998, c’est le Conseil consultatif des jeunes qui proposa un questionnaire pour savoir comment les riverains souhaitaient utiliser ce terrain de loisirs publics, devenu “l’espace ludique”.

 

Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.
Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.

Quelques premières pages de couverture de Pont-de-l'Arche ma ville, bulletin municipal de l'équipe de Paulette Lecureux où la jeunesse est souvent mise en avant.

 

Une politique en lien avec les partenaires publics.

Durant les deux mandats de Paulette Lecureux, la politique de la jeunesse se lit aussi à travers les partenariats entre la ville de Pont-de-l’Arche et d’autres structures publiques. Ainsi, le 22 décembre 1996 un contrat “enfance-jeunesse” fut signé entre la Ville et la Caisse d’allocations familiales, dépendant de la Sécurité sociale, afin d’allouer des crédits conditionnés par une amélioration des services. C’est ce qui permit la création de la crèche, la mise en place d’activités nouvelles au CAEJ, la mise en place de l’accueil périscolaire. Ce contrat fut reconduit en 1998 afin d’étendre le nombre de places en crèche, de créer le Relai des assistantes maternelles (RAM) et de développer l’Accueil de loisirs notamment en recrutant une bibliothécaire en vue d’activités destinées aux enfants de moins de 6 ans.

Enfin, un “contrat de ville”, dispositif prévu par la loi du 10 juillet 1989, est signé avec la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) le 22 décembre 2000. Comme toute structure intercommunale, la CASE avait pour compétence obligatoire la politique de la ville, c’est-à-dire l’action publique en faveur de la cohésion sociale dans certains quartiers prioritaires et ce sans cibler expressément le public jeune. Les élus de la CASE ventilaient donc ‒ sous conditions ‒ les crédits du ministère de la ville (créé en 1990) et ce afin de favoriser, dans le quartier du Bon-air, les loisirs, la médiation et la prévention auprès des jeunes. À Pont-de-l’Arche, on voit donc réapparaitre l’État d’une autre façon que celle de la politique des Mille clubs. Il semble que la Ville n’aurait pas bénéficié du contrat de ville sans la création de l’intercommunalité étant donné son caractère résidentiel.   

Néanmoins, les élections de 2001 ne permettront pas à Paulette Lecureux d’utiliser les moyens du contrat de ville au bénéfice des Archépontains.

 

Dominique Jachimiak, entre rupture d’une dynamique associative et tentative de maintien des services.

Le maire nouvellement élu, Dominique Jachimiak, agent comptable du collège, n’a pas remis en cause la politique de Paulette Lecureux et le lien avec les partenaires extérieurs.

Son élection a cependant redistribué les cartes. Le CAEJ, association gérant l’Accueil de loisirs, était très proche de l’ancien maire Paulette Lecureux et de Richard Jacquet, devenu meneur de l’opposition non élue. Le nouveau maire et son équipe étaient dans l’incapacité de travailler avec cette association. Ils lui retirèrent la gestion de l’Accueil de loisirs en 2003. La municipalisation de cette structure renforça, de fait et de droit, le poids de la mairie dans la politique de jeunesse mais laissa l’adolescence sur le carreau.

Pour pallier cela, l’inscription du quartier du Bon-air au contrat de ville de la CASE, en décembre 2000, permit au maire de recruter un professionnel chargé de médiation et de prévention. Dans la pratique, ce médiateur, aidé de personnes en contrats aidés, se chargeait d’animations et de chantiers pour adolescents et jeunes adultes. L’opposition a pu s’étonner du manque de concertation entre ce nouveau service et le personnel des autres services.

Par ailleurs, l’hôtel social ouvert en 1998, a été transformé en foyer de jeunes travailleurs de concert entre l’association Jeunesse et vie et la municipalité (pour une réalisation effective en 2009).

Au terme de ce mandat, on constate une montée en puissance de la mairie dans la politique de jeunesse et, paradoxalement, un manque de cohésion entre services municipaux et un manque de projet global pour ce public. Dominique Jachimiak ne fit, d’ailleurs, qu’un mandat ; contrairement à ses 3 prédécesseurs.

Le Mille club, rebaptisé "Espace jeunesse", fut rénové en 2011 pour devenir le siège du "service jeunesse" de la commune (cliché Armand Launay, 2011).
Le Mille club, rebaptisé "Espace jeunesse", fut rénové en 2011 pour devenir le siège du "service jeunesse" de la commune (cliché Armand Launay, 2011).

Le Mille club, rebaptisé "Espace jeunesse", fut rénové en 2011 pour devenir le siège du "service jeunesse" de la commune (cliché Armand Launay, 2011).

Le Mille club est devenu un lieu de sociabilité en 2012. Ici un après-midi sans activité particulière (cliché Armand Launay, 2012).

Le Mille club est devenu un lieu de sociabilité en 2012. Ici un après-midi sans activité particulière (cliché Armand Launay, 2012).

Richard Jacquet (depuis 2008) : la politique destinée à la jeunesse au cœur du projet municipal

Richard Jacquet fut élu maire en 2008. Il revint fort de son expérience d’animateur à Pont-de-l’Arche avant l’élection de Dominique Jachimiak. Entre temps, il était devenu coordinateur des actions pour la jeunesse à la mairie de Sotteville-lès-Rouen. Sa première adjointe, Angélique Chassy, était elle aussi coordinatrice de projets pour la jeunesse à la mairie de Val-de-Reuil. Dans cette équipe, figurait aussi Paulette Lecureux, ancien maire, qui fut désignée adjointe à l’intercommunalité puis adjointe à la jeunesse et à la vie sociale. C’est dire si ce secteur allait attirer l’attention de la nouvelle équipe.

Le travail a principalement reposé sur la modification de l’organigramme des services municipaux. Ceci a été possible financièrement grâce à la poursuite du contrat de ville entre la CASE et la Ville pour le quartier du Bon-air. Le personnel a bénéficié de nouveaux locaux, dans le Tremplin (2009). C’est au printemps 2011 que l’Espace jeunesse fut installé au Mille club pour une ouverture annuelle. Ce service a été restructuré au début de l’année 2012 au sein du service “enfance-jeunesse” qui comprend, itou, les activités de l’Accueil de loisirs. Le service jeunesse était alors placé sous la direction d’Aurélie Philippe avec le renfort de Romain Niaudeau (PA magazine n° 16, juin 2012). Il a proposé des animations variées avec, en sus, des stages de prévention sur les risques sociaux, des formations vers l’emploi, des forums de l’emploi et des chantiers jeunes (16-25 ans), c’est-à-dire des expériences professionnelles rémunérées et encadrées par des agents de la collectivité et en vue d’un service public. Cela a été le cas, notamment, pour la restauration d’un four à pain au bailliage et pour la tenue des Olympiades 276 qui furent des rencontres sportives, à partir de 2012, entre plusieurs centaines de jeunes issus d’Accueils de loisirs de la région rouennaise.

Par ailleurs, à la fois pour les adultes et les jeunes adultes, les élus proposent des forums de l’emploi et une session annuelle d’accompagnement de certains chômeurs intitulée “Les ponts de l’emploi”. Sous la houlette de la dynamique adjointe aux finances, Angélique Chassy, ce dispositif d'accompagnement, de conseil et de formation connait des résultats encourageants.

Cette période est aussi marquée par la restauration profonde des locaux de l’Accueil de loisirs (principal chantier du premier mandat). Afin que les parents retrouvent un espace d’expression officiel, Richard Jacquet associe ATLEA (l’Association des temps libres des enfants archépontains) à la réflexion des élus concernant l’accompagnement des enfants de la commune et, notamment, de l’Accueil de loisirs municipalisé en 2003 par son prédécesseur.

Une politique de lecture publique est initiée. Elle consiste à aller plus loin que l’existant : c’est-à-dire quelques réalisations comme le CDI des écoles primaires et de l’Accueil de loisirs, la tenue d’un festival “Livres en ville” (à partir de 2012), d’animations culturelles régulières et, enfin, la présence de la bibliothèque associative Bibliothèque pour tous. En effet, depuis 1944 la ville de Pont-de-l’Arche est restée en marge de la politique nationale de lecture publique. Or, un des publics prioritaires de cette politique est la jeunesse. C’est pourquoi, après étude qualitative et financière, les élus firent entrer dans le domaine municipal (2011) des locaux de la place Aristide-Briand afin d’y construire, après destruction des bâtiments, une médiathèque. La démolition des anciens locaux est annoncée pour la fin de l’année 2017.

Autre effort réalisé, le travail entre les différents services publics présents dans la ville. Prenons pour exemple l’organisation de concerts par le service culturel, concerts restituant le travail réalisé par des professeurs de l’école de musique Érik-Satie avec des collégiens. Autre exemple, la réforme des Rythmes scolaires, voulue par l’État, qui a été l’occasion, à l’échelle communale, de concerter les parents d’élèves, les enseignants, les services municipaux autour de la finalité et du fonctionnement des services offerts à la jeunesse.

 

Différentes activités de l'Espace jeunesse (cliché Armand Launay, de 2010 à 2013).
Différentes activités de l'Espace jeunesse (cliché Armand Launay, de 2010 à 2013).
Différentes activités de l'Espace jeunesse (cliché Armand Launay, de 2010 à 2013).
Différentes activités de l'Espace jeunesse (cliché Armand Launay, de 2010 à 2013).
Différentes activités de l'Espace jeunesse (cliché Armand Launay, de 2010 à 2013).

Différentes activités de l'Espace jeunesse (cliché Armand Launay, de 2010 à 2013).

Vers la démolition du Mille club, une fin symbolique ?

Il existe des communes, comme en Bourgogne, qui veulent faire labelliser leur Mille club par le ministère de la Culture. D’autres communes souhaitent s’en débarrasser. C’est le cas des édiles de Pont-de-l’Arche.  

Pour quelle raison ? C’est un article publié dans “Pont-de-l’Arche magazine n° 43” (septembre 2017) qui offre la réponse. Il s’agit de répondre aux besoins des habitants souhaitant devenir propriétaires. Or, les espaces constructibles sont devenus rares dans la commune. De plus, les élus voulaient améliorer l’entrée du quartier Pierre-Mendès-France et démolir le Mille club, grand consommateur d’énergie. C’est ainsi que, après l’inauguration le 23 juin 2017 de 4 logements bâtis par la société Amex dans la rue Émile-Lenoble, la ville autorise la construction de 6 logements T4 par cette même société. En contrepartie, certainement de la gratuité du terrain, la société Amex doit bâtir une maison de quartier. La sociabilité n’est pas abandonnée et les activités du service jeunesse se trouvent désormais au premier étage de la salle Ambroise-Croizat pour les 11 à 17 ans. C’est là que Roland Levillain y voyait, il fut un temps, le Mille club… La bâtiment du Mille club a été abattu fin 2019.

Article de Pont-de-l'Arche magazine qui informe la population de la destruction du Mille club (septembre 2017).

Article de Pont-de-l'Arche magazine qui informe la population de la destruction du Mille club (septembre 2017).

 

Conclusion

Au terme de cet article fleuve, on mesure qu’en quelques décennies la collectivité a développé une politique pour la jeunesse. C’est vers 1977 qu’elle a pris un essor, c’est-à-dire au moment où le Mille club était attribué à la commune. Un temps dépendante des politiques nationales, cette politique est désormais pleinement assurée par les élus et les services municipaux. Elle nécessite toujours la participation de l’État et, mieux, la concertation avec les services d’État comme l’Éducation nationale.

La disparition du Mille club ‒ 39 bougies ‒ est un paradoxe : c’est lorsqu’il était enfin utilisé conformément à la politique nationale de 1966 que sa destruction fut programmée, elle qui intervint fin 2019. Une logique opère, cependant. La municipalité prend en main sa politique de jeunesse. Elle l’inscrit dans la durée d’un projet réfléchi et non dans une perspective de reconstruction du pays, dans des constructions provisoires. Le constat est là, l’État est trop lointain pour s’adapter à toutes les réalités. Mais l’État est nécessaire pour impulser une politique, notamment à travers son soutien financier. Les initiatives citoyennes sont nécessaires mais ne suffisent pas. Il doit il y avoir une conjonction entre elles et des élus, des agents, garantissant le service public. Cette conjonction est le résultat d’une demande des citoyens qui doivent faire face à une évolution rapide de la société, des exigences du marché du travail et du délitement relatif des rapports humains. Il semble que la municipalité doive travailler dur pour maintenir une présence adulte autour des jeunes tout en les préparant à la mise en concurrence sévère qui les attend, et ce par une obsession de l’éveil et de l’éducation.

On mesure aussi que, ces dernières décennies, la place des initiatives citoyennes a eu tendance à diminuer. Ce ne sont plus principalement les associations qui portent les projets. C’est désormais surtout l’institution municipale qui s’en charge. Il n’est donc pas étonnant que les actions autour de la jeunesse aient, quelque part, porté aux rênes de la commune certaines personnes professionnellement responsables du bienêtre des jeunes.   

Enfin, il parait qu’il est bon de savoir finir un article.  


 

Bibliographie

- Hélène Verniers, “Les Mille clubs ou la cabane industrialisée”, pages 71 à 89. In Monnier Gérard, Klein Richard, Les années ZUP : architectures de la croissance (1960-1973), éditions A. et J. Picard, 2002, 301 pages  ;  

- L’Industriel de Louviers ;

- Les Délibérations du Conseil municipal ;

- Le Trait d’union : bulletin municipal des mandats de Roger Leroux ;

- Pont-de-l’Arche ma ville : bulletin municipal des mandats de Paulette Lecureux ;

- Pont-de-l’Arche magazine : bulletin municipal des mandats de Richard Jacquet.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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