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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 22:18

Comme dans tous les terroirs, les habitants de Pont-de-l’Arche et sa région se donnaient des sobriquets, des surnoms. Aujourd’hui inusités, ils sont encore dans les mémoires et prêtent à sourire tant ils sont imagés, croquants voire loufoques. Quels sont-ils ? A quoi servaient-ils ? Que nous apprennent-ils ?

 

Fete-a-Jules2.jpgLa "fête à Jules" dans les années 1950 ; une festivité - organisée par l'association de pêche La Carpe - qui démontre la richesse de la sociabilité à l'échelle communale : ici la rue Président-Roosevelt pleine de monde pour le défilé. Au-delà des festivités, la sociabilité était quotidienne. Elle était le creuset d'une culture populaire qui s'exprimait notamment par le Pontdelarchiais, patois local, et les sobriquets. Merci à Gérard Desmaret pour cette photographie. 

 

Méthode

Depuis le début de nos travaux d’histoire sur Les Damps et Pont-de-l’Arche, en 2002, nous entendions parler de sobriquets, principalement lors d’une trentaine d’entretiens réalisés avec des personnes âgées natives des Damps ou de Pont-de-l’Arche. Certaines nous ont parlé de listes de sobriquets chez telle ou telle grand-mère, sans que quiconque ne les retrouve. Rapidement est née l’envie de lister les quelques sobriquets dont se souvenait chaque personne. Nous avons ainsi rassemblé près de 145 sobriquets reproduits en fin d’article. Les anciens nous ont précisé que chacun portait un sobriquet. Notre liste est donc un faible échantillon. Elle nous a néanmoins permis d’étudier cette pratique que nous apparentons au parler local, le Pontdelarchiais (voir sources) sur lequel nous reviendrons. Nous n’avons pas souhaité divulguer l’identité des personnes qui portaient ces sobriquets car ceux-ci sont le plus souvent moqueurs et pas tout à fait révolus en 2012... Nous nous sommes plutôt intéressés aux anecdotes qui ont forgé ces surnoms et aux raisons qui les ont fait perdurer.

 

Définition

Le dictionnaire de Wikipédia donne ce rapide historique de l’emploi du mot sobriquet : « L’étymologie de ce mot est inconnue. Son sens évolua de « petit coup sous le menton » (attesté en 1355 et 1398 sous la forme « soubriquet ») puis « raillerie », « moquerie » (sens fréquent au XVIe siècle) pour donner le sens de « surnom » attesté en 1531. Article consulté le 14 décembre 2012.

 

Les sobriquets : un phénomène social

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les sobriquets impliquaient tous les Archépontains. Si des surnoms éphémères étaient forgés, les sobriquets étaient donnés à vie. Certains désignaient même des familles à partir du surnom d’un aïeul réputé. Les sobriquets étaient même le principal nom sous lesquels des gens, y compris très proches, étaient connus. Un cinquantenaire des Damps n’apprit le réel prénom de son grand-père qu’à l’enterrement de celui-ci, son sobriquet étant un simple prénom de baptême. Les sobriquets exprimaient donc un besoin de personnaliser les noms, ce qui illustre la proximité entre les habitants, voire la permanence des contacts entretenus en ce temps où l’on travaillait le plus souvent dans sa commune de résidence et où l’on ne partait ni en vacances ni en weekends.

 

Mais pourquoi remplacer les noms de famille ?

 

Ancien Régime : le sobriquet à l’origine des noms

Nous avons écrit que les sobriquets étaient plus utilisés que les noms réels qui, parfois, étaient parfaitement inconnus. Ce phénomène a été une constante de l’histoire. Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle que le nom de famille devint héréditaire en France. La croissance urbaine et l’émergence des documents de contrôle tels que les rôles de fouage (un impôt ancêtre de la taille) expliquent ce besoin des autorités d’identifier les sujets. Les surnoms donnés aux familles devinrent officiels et donc héréditaires. Cependant, cette officialisation ne mit jamais fin à la création et à l’utilisation des surnoms. C’est ce que démontrent les registres paroissiaux de Tostes au XVIIIe siècle étudiés par Max Masson (voir sources). Mouchard était un nom très courant dans ce village, et donc insuffisant pour identifier chaque l’individu. Ainsi l’officier d’état-civil accola le sobriquet d’un membre de cette famille en le nommant « Mouchard-dit-Greffier ». Puis ce nom fut résumé en Mouchard-Greffier et subsista sous cette forme durant quatre générations. Il s’inversa même en « Greffier-Mouchard ». Nous voyons que l’officialisation des surnoms a créé les noms de familles que cela ne s’est pas fait en un jour. De même, à Tostes, on désigna un Martin grâce à son lieu d’habitation ce qui permit d’écrire dans les registres de l’état-civil Martin-dit-Dupray. Ce nom se simplifia en Martin-Dupray, s’inversa en Dupray-Martin selon le procédé vu ci-dessus et, enfin, devint Dupray tout court... Ceci est l’un des derniers exemples de transformation de sobriquet en nom.

 

Mais à la Révolution les registres paroissiaux furent remplacés par un état civil officiel assuré par les mairies… Changea-t-il la donne ?

 

Le sobriquet résiste à l’état civil républicain

On aurait pu penser que la mise en place d’un état civil strict à la Révolution aurait sonné le glas des surnoms officieux. Il n’en a rien été. Les noms officiels restèrent encore secondaires dans le langage courant comme le montre Lucien Barbe vers 1875 dans la région de Louviers (voir sources). Dans son ouvrage Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et alentours, l’auteur définit « une grade », un synonyme local de sobriquet : « Deschamps c’est pas not’ nom, c’est une grade, mais je mangeons pus de pain à Deschamps qu’à Galle qu’est not’ nom ». De même à l’article « manger » Lucien Barbe explique que l’expression manger du pain à un nom signifie être appelé par ce nom : « Il mange plus de pain à Talmouse qu’à Durant signifie qu’il est plus souvent appelé Talmouse que Durand ». Autre preuve que le langage administratif n’avait pas éteint le langage courant, ici appelé patois normand, les noms de famille étaient alors encore considérés comme des adjectifs, c’est-à-dire, comme des mots faisant sens en eux-mêmes. Ainsi, dans le foyer de chez monsieur Le Fort vivait la famille La Forte. La femme de monsieur Le Grand était madame La Grande.

 

Quel était l’intérêt de maintenir des sobriquets alors que les noms et prénoms étaient clairement établis par l’état civil ?

 

Pourquoi employer des sobriquets à vie ?

Pour nous qui ne donnons plus de sobriquets, on peut se questionner sur les motivations de nos ancêtres. Notre liste de sobriquets démontre leur envie de s’amuser en attribuant des surnoms fleuris et moqueurs rappelant des anecdotes amusantes, un trait de caractère ou un aspect physique… Une référence amusante, donc, sauf peut-être pour la personne ainsi désignée. Un autre intérêt des sobriquets est illustré par une délibération du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche du 24 décembre 1803 qui désigne le maitre de pont et ses aides : « Germain Riberpré aîné, Louis Lambert, François Riberpré, Nicolas Gonnord, Riberpré dit Dombresque, Pierre Gonnord dit la Violette, Michel Vallet, Guillaume Grenier, Jacques Morel, Antoine Gonnord, Jacques Prévost dit Matelot, Antoine Langlois, Boniface Riberpré, Tanvin (?) Riberpré ». Il suffit de voir revenir aussi souvent les noms de Riberpré et Gonnord pour comprendre l’intérêt des sobriquets et ce d’autant plus que les prénoms de baptême variaient alors assez peu. Plus précisément, les sobriquets rappellent un trait de caractère, un aspect physique, des déboires très personnels qui font rigoler les autres. Leur simplicité, leur caractère très personnel permettent d’identifier de très nombreuses personnes dans le quartier, dans la ville. Ils témoignent d’une sociabilité où les rapports humains sont denses, qu’ils soient agréables ou pas. Comme nous l’avons écrit plus haut, le sobriquet permettait parfois d’identifier des familles à partir du surnom d’un aïeul bien connu.  

 

Mais qu’est-ce qui a pu mettre fin à l’usage des sobriquets, alors profondément ancrés dans les usages ?

 

La fin des sobriquets ou le changement profond de la sociabilité

Les sobriquets ont survécu une génération au Pontdelarchiais, le patois local (voir sources). Leur usage dans toute la ville s’est néanmoins perdu après la Seconde guerre mondiale. Les gens du cru ne les ont pas oubliés pour autant. Ils ont été encore été utilisés dans les cercles familiaux et, parfois, pour taquiner ou dénigrer quelqu’un dans la ville, quand ce n’était pas un lapsus. Ils ont disparu avec les anciens, ceux de la génération que nous avons interrogée. Leurs enfants se souviennent encore de quelques sobriquets, souvent les mêmes. Certes des surnoms continuent d’exister dans les sphères familiales et amicales, mais ils n’ont pas cours dans toute la ville et n’ont donc pas la même fonction que les sobriquets qui nous intéressent. La fin des sobriquets et du Pontdelarchiais illustre la transformation profonde de la sociabilité communale. Désormais, les contacts sont plus rares et, surtout, moins continus : la majeure partie des habitants vit dans des quartiers pavillonnaires et non dans le centre-ville et la promiscuité que vivaient nos ancêtres. Avec la fermeture de nombreuses usines (principalement de chaussures), rares sont devenus les voisins qui travaillent dans la même entreprise et qui se côtoient donc le plus clair de la journée. Les loisirs sont devenus individuels, très souvent tournés vers l’intérieur du foyer ou vers les séjours à l’extérieur de la ville, voire du pays. La rue archépontaine est ainsi moins remplie, tout comme ses cafés, ses fanfares, sa paroisse, ses fêtes traditionnelles… Les habitants quittent la ville pour aller dans des grandes surfaces, parmi des inconnus, alors que leurs ainés allaient quotidiennement dans les petites boutiques du centre-ville. En somme, rares sont devenus les habitants ayant – ou se donnant – les moyens de vivre une riche sociabilité à l’échelle communale malgré les nombreuses animations proposées par la mairie, les associations et la présence de boutiques… Les sobriquets parlent donc d’une époque où rares étaient les anonymes dans la ville : même sans connaitre le nom de la personne, elle était repérée, identifiée.

 

 

    A lire aussi :

    Sobriquets des habitants de la région de Pont-de-l’Arche

 

 

Sources documentaires

 - Barbe Lucien, Le dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et alentours, 1877, réédité en 1998 par Page de garde, Saint-Aubin-lès-Elbeuf, 127 pages ;

 - Launay Armand, Le Pontdelarchiais, parler de Pont-de-l’Arche ;

- Masson Max, L’histoire de Tostes par Tostes pour Tostes, [ca 1985] ;

 - Ville de Pont-de-l’Arche, délibérations du Conseil municipal.

Lexique de sobriquets d’habitants de Pont-de-l’Arche

 

Adjudant (l’) : une femme qui refusait même qu’on parle le Pontdelarchiais.

Adoré (l’) : sobriquet d’un sergent de Gendarmerie qui devait apprécier cet hommage ironique à ses vertus militaires.

Beau gland :

Bérot : …

Bête-à-puces : certainement quelqu’un qui faisait des économies de savon.

Beubeur : écrit Bobor sur une publicité de 1926. Nom peut-être dû à proximité de la forêt de Bord vu que celui qui le portait vivait à la ferme du Bon-Air.

Bisteuquette : c’est moins le sens du surnom que ce qui l’a inspiré qui intrigue ici...

Bite eud’ fer : …

Blanc-d’Espagne : une spécialité d’un pilier de bar ?

Bois-sans-soif :

Bousique : comme une ode à la bouse…

Brouette-à-boyaux (la) : cet homme avait un ventre généreux au point de pouvoir reposer sur une brouette, outils que l’homme en question poussait souvent.

Café-au-lait : encore une habitude bistrot (voir à Cafés-noirs, aux Damps).

Caloupette (la) : un alcoolique notoire qui s’est roulé au moins une fois sur la place Aristide-Briand.

Canasuc : homme qui partit en voilier aux « Isles » où l’on cultive la canne à sucre.

Capitaine-tralala (le) : cet homme était un capitaine de remorqueur qui aimait être élégant. On disait alors de lui qu’il était sur son trente-et-un ou, autrement dit, sur « son tralala ».

Caporal : surnom d’un couple. On disait de leur fille « C’est la fille à Caporal ».

Caramel : un gourmand ?

Carnera : référence au nom d’un célèbre boxeur.

Casque d’or : surnom donné à un rouquin.

Catte en chaleur (la) : …

Cayenne (la) : …

Chatouillante (la) : femme qui devait se vexer plutôt facilement.

Ch’fal-en-viande : homme plutôt bien en chair.

Chiasse (la) : surnom explicite encore donné aujourd'hui, à d’autres…

Cinoquet : ?

Cirage : …

Copain-vert : homme qui a eu plusieurs fois la goutte au nez. C’est imagé.

Coucou-du-bord-de-l’eau (le) : une femme connue pour sa pratique assidue du commérage.

Coucouille : quelqu’un de peu malin ?

Couillou (les frères) :

Croute-de-pain : …

Cul-d’ beurre : y en eût-il un pour s’en assurer ?

Cul-d’ brique : un arrière train solide ou aux muscles saillants ?

Cul-d’ brouette : surnom d’un maraicher.

Cul-d’ lapin : homme aux hanches fines.

Cul-pointu : …

Cul-rouge : …

Dare-dare : un homme qui était r’morqueur de péniches sur la Seine.

Diable (le) :

Dix-heures-dix : patron d’usine de chaussures qui marchait en canard, les pieds étant illustrés par la position des aiguilles dans le cadran.

Domino : une activité caractéristique de la période.

Emile Quin qu’à l’eau : …

Espion (l') : un Archépontain propriétaire d'un jardin au Val des Damps surveillait son bien alors qu'il fut surpris par des soldats allemands pendant être eux-mêmes surveillés.

Feu-rouge : un homme au teint rougeaud…

Fiquette : …

Fleur (la) : surnom d’un fleuriste...

Froufrou : une dame élégante.

Gadoue (la) : femme qui fouillait les poubelles, alors parfois pleines de suie.

Grain-d’sel : « Tu vas pas y mettre ton grain de sel ! » Un homme se mêlant de toutes les affaires.

Grande-porette (la) : de poireau ?

Grenadiers : un président d'honneur de la fanfare. Il demandait souvent en braillant : « Jouez-moi les Grenadiers ! Jouez-moi les Grenadiers ! », le nom d'une chanson.

Gros-fifi : un patron d’une petite usine de chaussures demanda à un jeune de lui chercher du Gros-filet, qui était le nom d’un tabac à priser. Or, le jeune revint effectivement avec du gros filet... mais à pêche, sous le regard évidemment compréhensif de ses collègues.

Gros-quinquin : peut-être donné à un homme qui avait l’habitude de caresser un gros chien en l’appelant ainsi.

Guigneul : surnom d’un enfant qui bougeait tout le temps. Il changea de nom plus tard en même temps qu’il changea de loisirs : Nez rouge, plus bas dans le lexique.

Hareng-saur : une habitude alimentaire ici… croquée.

Henri de l'hôtel : un tenancier du disparu Hôtel de Normandie.

Ingénieur (l’) : un Archépontain désigné ainsi par ses collègues du parc à bois de la SICA (Alizay) où il disait tout savoir et avoir tout vu.

Japon :

Jaunes (les) : un sobriquet qui annonce la couleur...

Julia-mille-gueule : vendeuse sur le marché.

Libellule (la) : …

Limace (la) : une flèche, certainement...

Ma-canette :

Madam’-Hareng : femme qui allait souvent chercher du poisson. Or, un jour, alors qu’elle était à l’usine, sa machine commença à faire des étincelles. Elle prit peur et s’enfuit en courant sans oublier ses deux sacs qui, sous les secousses, déversaient dans l’atelier les poissons fraichement acquis...

Maquâ (les) : nom d’un homme qui s’était fait mordre le nez par un petit cochon qu’il avait gagné à la fête du village (elle se trouvait alors sur la place du Souvenir). De maquer : manger, mordre, en normand.

Marat :

Marcel-gros-nez : un sobriquet qui parait sortir tout droit de la cour de récréation.

Maria-la-fleur : dame portant une cicatrice sur la joue.

Marie-Valentin : …

Mazaro : un homme drôle, parait-il.

Menton-d’galoche : un physique avantageux... pour les moqueurs !

Misaères (les) : famille de commerçants aisés qui se plaignaient tout le temps.

Moiniau-rouge :

Moiniau-vert :

Mon-p’tit-bésot : employé dans le cadre familial. Un jour, une femme attendait la visite d’un de ses neveux, le p’tit bésot en question. Or, un autre membre de la famille, bien adulte celui-là, frappa à la porte. Alors la bonne femme ouvrit la porte en disant « entre mon p’tit bésot ! ». Et depuis, cette expression est restée dans la famille.

Napoléon : un tout petit homme.

Nez-rouge : un homme de grande réputation…

Odette-pénin :

P’tit-quinquin : avait-il des liens de parenté avec Gros-quinquin ? 

Pacro (les) : surnom donné à toute la famille du Père pacro.

Pénette-de-pie : une réputation peu virile.

Pénette-de-v’lour : ce sobriquet appelle sérieusement à s'interroger sur les circonstances qui l’ont inspiré... 

Perdrix : un chasseur ?

Père-Bâton (le) : c’était le surnom d’un garde-champêtre. On a tout simplement conservé son nom de famille en accolant l’expression normande : l’ père

Père-carabi (le) :

Père-la-Saint-Anne (le) : sobriquet forgé à partir de déboires sentimentaux ayant eu lieu durant la fête Sainte-Anne. 

Pétard-au-cul : aurait été donné suite à son affolement lorsque des pétards ont explosé dans sa boite aux lettres.

Petite-ponette (la) : désignait une personne frêle.

Pétrusses (Les) : ...

Pinot : venait-il des Charentes ? ou, tout simplement, appréciait-il certaines productions liquides de cette région ?

Poil-de-careute : un rouquin ?

Poil-de-brique : cette expression isolait la nuance de couleur capillaire située entre le roux et le châtain clair.

Pop’line : nom d’un tissu. Ce nom est certainement lié au fait que l’homme qu’on désignait ainsi était chauffeur de taxi, soucieux de l’aménagement intérieur de son outil de travail.

Pouchin : poussin, en normand.

Poule-de-soie : une femme qui aimait les vêtements délicats ?

Poulou : de « loup », une référence aux yeux rouges ?

P’tit-bon-Dieu (l’) : un homme si avenant qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession ?

Qua-qui-brule (l’) : anecdote relative au Qua-qui-miaule (voir ci-dessous) qui prit feu un jour de fête. Alors, évidemment, les croquants s’exclamèrent : « Tiens ! Y a le qua qui brule ! »

Qua-qui-miaule (l’) : une mère demanda à son enfant d’aller chercher un fromage nommé « Vache qui rit » à l’épicier du coin. Le petit retint mal et le nom et demanda à l’épicière  un « qua qui miaule ! » C’est une des versions de l’origine de ce sobriquet très connu. Autrement, il s'agit peut-être d'une référence locale à une chanson interprétée par Fréhel, chanteuse française d'avant la Seconde guerre mondiale : Un chat qui miaule.

Quinquin : de quin, un chien.

Querbettes (les) : ou, selon une autre prononciation, les garbettes. A rapprocher du mot normand gambettes (les jambes) ou lesguerbettes (les petites gerbes) ?

Roi-du-bout-dur (le) : expression typique des ouvriers de la chaussure. Le bout dur est la partie bombée qui forme l’avant de la chaussure, composée d’un cuir fortement durci. Néanmoins, il est très probable que les auteurs de ce surnom aient joué sur une équivoque moins dicible.

Roucoule : un homme faible devant la gent féminine ?

Six-douzaines : nom du patron d’un café qui eut le malheur de réitérer en public à sa femme qui lui demandait combien d’huitres elle devait prendre pour le soir : « Six douzaines ! »

Sœurs-fléchettes (les) : sobriquets des infirmières.

Souris (la) : …

Sous-marin-vert (le) : une bande de copains jeta un des siens à la rivière.  L’infortuné ne remonta pas de suite à la surface, d’où le Sous marin, et lorsqu’il sortit de l’eau il était couvert d’algues.

Sucre-bien : encore un qui devait fréquenter les bistrots.

Tailleur : homme qui eut le malheur de se faire surprendre par un proche en train de recoudre un bouton.

Tête tremblante (la) : un Archépontain dont la tête balançait de droite à gauche...

Ticra (les) : Les petits crabes. La famille qui portait ce nom l’a « pêché » en allant à la rocaille sur la côte. Elle en ramena des petits crabes, notamment, dont elle eut le malheur de parler... T’as t’y vu mes ti cras ?

Titif-’ti-couillon : désignait un coiffeur.

Tutur : de voiture ?

Zoute (la) : serait une déformation de « la goutte ».

Lexique de sobriquets d’habitants des Damps

 

Bambino : référence à la chanson de Dalida ?

Bouquéton : est-ce que cela à voir avec le bouc ? Ou son odeur ?

Brigadier : surnom d’un homme qui voulait faire la loi dans sa rue…

Cafés-noirs (les) : nom de bistrot certainement individuel à l’origine. Ce sobriquet s’est transformé en Café au lait. Est-ce une adaptation au quotidien ?

Chapeau-d’tôle : un homme têtu ?

Chatons (les) : l’origine est obscure. Ce sobriquet désigne les membres d’une famille nombreuse des Damps et de Léry. Aux Damps, il a surtout désigné les deux tenancières de l’épicerie de la rue des Carrières. Les enfants qui allaient chercher des bonbons disaient alors : « On va aux Chatons ! »

Chat-qui-pond : c’est un surnom d’enfance donné à un élève qui demanda tout simplement si les chats pondaient pour mettre des petits au monde. Les camarades ne furent pas très compréhensifs…

Coucou : sobriquet d’un homme qui sifflait beaucoup et qui aurait, ainsi, laissé son nom à une rue des Damps.

Golden : nom donné dans les années 1970 à un homme qui prit une pomme dans une cour. Or le propriétaire voulut le planter de sa faux. Ses amis vinrent à sa rescousse... mais seulement pour le rebaptiser.

Groboir : sobriquet qui figure sur l’acte d’inhumation d’un Dampsois du XVIIIe siècle dont la réputation était faite.

Mère-soulier (la) : …

Mimi-Pinson : pour une femme qui chantait bien. Elle était gaie comme un pinson, en somme.

Père-chevreuil (l’) : l’homme que l’on nommait ainsi chargeait le bois en forêt de Bord et le transportait grâce à des chevaux afin de le débarder sur les berges de la Seine. Le chevreuil est gracieux, mais surtout agile comme l’est le débardeur qui saute entre les futs et qui passe une bonne partie de sa journée dans les bois.

Père-pacro (l’) ou père-caluhaut : le premier terme est peut-être une déformation de maquereau et le second est une référence à un des grands plaisirs de ce pêcheur de caluhaut, un poisson remontant, de nuit, le courant de la Seine jusqu’à Poses.

Radis (les) : … 

Roselyne-tabac : membre d’une famille où deux femmes s’appelaient Roselyne et tenaient un bar… tabac !

Sheriff (le) : sobriquet donné par les enfants qui essayaient de jouer dans une rue sans trop se faire gendarmer par leur voisin.

Torpille (la) : ce sobriquet trouve son origine sur le terrain de foot où l’homme en question était très rapide.

 

 

 

Lexique de sobriquets d’habitants de Criquebeuf-sur-Seine

 

Bout-de-mine : …

Bruleurs-d’âne (les) : sobriquet des Criquebeuviens. Il date de la fin du XVIIIe siècle et prend sa source dans d’obscures explications. La légende narre que les habitants de Criquebeuf, grands amateurs de fête, voient arriver  d’un mauvais œil l’austérité du maigre Carême. C’est pourquoi, ils font un joyeux carnaval le jour du Mardi-gras. Mais, cependant, ils trouvent quand même trop triste la fin du Mardi-gras et le prolongent le Mercredi des Cendres par de folles libations. Mais, un jour, rien n’y fit, envoutés dans la folie du carnaval des habitants se livrèrent à de véritables bacchanales et remplacèrent le traditionnel pantin par un âne qu’ils offrirent en sacrifice à la fête... 

Cageot : nom de maraicher qui, comme tous les autres, vit au milieu des cageots.

Careute : nom donné à un maraicher, encore un.

Catouillette : …

Colinette :

Cul-béni : …

Cul-bleu : l’homme à qui on attribuait ce sobriquet était un maraicher portant des salopettes rapiécées avec des bouts de tissus bleus.

Mâqueux-d’careutes (les) : c’est un sobriquet archépontain qui désignait les habitants de Criquebeuf, eux qui étaient si nombreux à travailler dans les maraichages… En Français, il signifie les mangeurs de carottes…

Paillasse : …

Patinette : quelqu’un qui faisait de petits pas.

Petit-prince : …

Place-ton-pied :

Queue-d’nœuds :

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 22:12

La visite de l’église de Criquebeuf-sur-Seine est passionnante...

 

Sa tour-clocher est le seul vestige médiéval de la deuxième moitié du XIVe siècle. On le voit à ses imposants contreforts.

Notre-Dame de Criquebeuf

 

 

Le reste de l’église a été inauguré en 1874 après un incendie de cet édifice qui a causé la destruction de la quasi-totalité du mobilier.   

Millésime

 

 

Les vitraux ont, semble-t-il, souffert de la Deuxième Guerre mondiale et ont été remplacés par d’élégantes créations de l’atelier B. Devisme, de Rouen. Seuls deux d’entre eux sont antérieurs. 

Vitraux

 

 

La particularité du culte de Criquebeuf est la dévotion à Notre-Dame de Lourdes. Elle se traduit par un nombre impressionnant d’exvotos sur le bas-côté Nord et par une grotte. 

ExvotosGrotte

 

Ce qui nous a frappé, c’est la présence de 6 des 56 stalles de Notre-Dame de Bonport qui ont été attribuées à la paroisse de Criquebeuf par le district de Louviers durant la Révolution, suite à la nationalisation de l’ancienne abbaye de Bonport.

Stalles de Bonport

 

En faisant des recherches sur les stalles de Bonport, nous avons pu lire que le Conseil municipal de Criquebeuf avait milité auprès du district de Louviers pour les obtenir. En vain, puisque 46 d’entre elles ont été attribuées à la paroisse Saint-Vigor de Pont-de-l’Arche. Parmi les 10 dernières, 4 sont revenues à la paroisse de Tourville-la-campagne. Criquebeuf n’a reçu que 6 stalles de Bonport.

Contre mauvaise fortune bon cœur, la paroisse de Criquebeuf a créé 19 stalles, adossées aux murs du chœur. Elles possèdent les mêmes proportions que les stalles de Bonport sans toutefois essayer d’imiter leur décoration tant celle-ci est poussée. La paroisse a donc fait poser des stalles très sobres qui semblent revendiquer le rôle de simples remplaçants d’un bien qui aurait dû trouver ici sa place.

Outre la revendication des stalles par les édiles criquebeuviens, les moines de Bonport ont eu autorité sur l’église de Criquebeuf depuis la fondation de leur monastère. Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme, dans le Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure (p. 895-897), précisent que « Richard Cœur-de-Lion, en fondant l’abbaye de Bonport, détacha de son domaine l’église de Criquebeuf. « Nous donnons, dit-il, à perpétuité, aux religieux pour leur entretien et besoins, l’église de Criquebeuf intégralement avec toutes ses dépendances, nous voulons à cette occasion qu’on sache que l’avouerie de ladite église nous a été adjugée après la preuve faite dans une enquête »…

Qui plus est, au début de la Révolution, l’abbaye de Bonport se trouvait dans la commune de Criquebeuf avant d’être rapidement incluse dans la commune de Pont-de-l’Arche. Le sentiment de dépossession dut se faire sentir.

 

Ce lien privilégié avec Bonport semble aussi être revendiqué par les chapiteaux des colonnes de la nef qui reprennent les décorations à feuilles d’eau caractéristiques des cisterciens, l’ordre religieux de Bonport. Plus exactement, ils semblent reprendre les dimensions des colonnes de la nef de Bonport dont on retrouve un exemplaire dans la clôture d’un champ criquebeuvien.

Colonnes nef

 

Colonne Bonport

Une colonne issue de l'ancienne église Notre-Dame de Bonport sert de délimitation de parcelle dans une rue criquebeuvienne. Les dimensions des colonnes de Notre-Dame de Criquebeuf, datant de 1874, lui ressemblent étrangement. 

 

 

Nous concluons que Notre-Dame de Criquebeuf, reconstruite en 1874, semble revendiquer son lien privilégié avec l’ancienne abbaye de Bonport ; un lien nostalgique depuis la fermeture de cette abbaye en 1790 et depuis que les vestiges de celle-ci ont été rattachés à la commune de Pont-de-l’Arche.

  

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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Published by Armand Launay - dans Criquebeuf Bonport
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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:51

Anonyme, " Panorama de notre communauté – 2. Criquebeuf, au fil du temps et de l’Eure ", p. 5, in Les échos de Seine-Bord, n° 3, octobre 2003, 8 p.  

 

 Criquebeuf (17)

 

Si l’origine de la commune remonte à la conquête romaine, le village ayant été traversé par une voie romaine reliant Rouen à Evreux, Criquebeuf tiendrait son nom du Scandinave kirke (église) et boe (village).  

 

A l’origine, des populations celtes installées plus au sud, vers le triège du Catelier, la Seine couvrant à cette époque une partie des champs s’étendant entre le bourg actuel et la route départementale.  

 

Un Norvégien duc et prince.  

Au XIe siècle, le territoire de Criquebeuf appartenait pour partie au seigneur Stigaud, compagnon d’armes de Rollon (duc et prince de Normandie), les terres étant toutefois sous le contrôle des ducs de Normandie. A la fondation de l’abbaye de Bonport, Richard-Cœur-de-Lion les donna aux religieux de ce monastère. 

 

Le fief de Criquebeuf connut divers seigneurs : les Feuguerolles au XIIIe siècle, la famille d’Harcourt au XVe siècle puis celle de Lorraine-Elbeuf de la fin du XVe siècle à la Révolution. L’église primitive du village aurait été bâtie sur les ruines d’un temple païen. Détruite par les pirates normands, elle fut reconstruite sous Rollon.  

 

La troisième construction, de style gothique, débuta à la fin du XIIe siècle. La nef, les bas côtés et le chœur furent construits en 1874, tour et clocher offrants seuls désormais un intérêt  historique.  

 

Il existait deux catégories de paysans : les propriétaires, dits laboureurs, et les paysans sans terre, les plus pauvres ; ceux-là furent les premiers à partir travailler dans l’industrie naissante des villes voisines.  

 

Récolte importante, l’osier sert à la confection d’emballage ; l’agriculture vivrière produit fèves et pois au printemps et navets et carottes à l’automne. Nombreux sont les paysans qui vont aux aurores, en voitures attelées, vendre leurs légumes dans les rues de Rouen, puis place du Vieux Marché, lieu du supplice de Jeanne d’Arc.  

 

L’expansion du textile

Cette période connaît une expansion de l’industrie, en particulier la création de manufactures textiles. Une culture de plantes tinctoriales, dont la gaude de couleur jaune, sert à colorer laine et coton pour les draps d’Elbeuf et les cotonnières de Rouen. Après 1870, des usines chimiques sont créées et la fabrication d’engrais permet une amélioration des rendements, provocant un nouvel exode rural.  

 

Criquebeuf, comme d’autres villages, a connu les malheurs de la seconde guerre mondiale et, chaque année, la messe des Otages évoque le souvenir du 24 août 1944 où le village avait échappé de peu au sort d’Oradour-sur-Glane : 63 otages enfermés dans l’église furet menacés d’être fusillés.  

 

Le développement de l’irrigation avec forages et captages en rivière aida à l’extension des productions légumières ; une trentaine d’exploitations se partagent le territoire avec les carrières.  

 

Au carrefour de la Seine et de l’axe Evreux-Rouen, desservie par un échangeur gratuit avec l’autoroute A 13, la commune est reliée à la Seine-Maritime, ce qui a favorisé l’implantation d’industrie modernes et de PME dynamique.  

 

Depuis 1998, un groupe scolaire tout neuf accueille 100 enfants de la commune qui est en outre équipée d’un terrain de sport, un tennis, un centre de loisir, une salle des fêtes, une bibliothèque. 

 

Enfin, les amateurs de nature et de calme se partageront les promenades en forêt de Bord ou les parties de pêche sur les rives de l’Eure. 

 

Tombées du ciel ?

On trouve quantité de pierres sculptées ou gravées sur certaines maisons de la commune, en particulier sur le hameau de Quatre-Age (jadis Catheraige). Elles ne sont le produit d’aucun miracle mais proviennent de l’abbaye de Bonport qui servit, durant de nombreuses années, de véritable "carrière". 

 

Vie associative

Une dizaine d’associations animent la vie communale : Aéromodélisme, Football, Club de Tir, Gymnastique, Karaté, Société de chasse, Amis de l’Orgue, Confrérie de Charité, Club de l’Amitié, Comité des Fêtes, Bibliothèque pour tous, Association Ti’Toine.  

 

Vie économique

En plus des commerces et artisans, c’est une bonne vingtaine d’entreprises que compte la commune. Leurs principales activités concernent le bois, le transport, le routage, les véhicules, la construction, la métallurgie… sans oublier bien sûr les maraîchers et les carrières.  

 

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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Published by Armand Launay - dans Criquebeuf
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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:50

Document communiqué par M. Jean-Pierre Binay et Mme Ghislaine Mathias. Tous mes remerciements !  

 

 

 

 

criquebeuf-sur-seine 

 

Epoque Gauloise

 

Lors des draguages effectués dans la Seine, de 1881 à 1883, entre Martot et Bédanne, près Oissel, on découvrit trois lames d'épée et une bouterolle en fer, du type marnien. Ces armes ont figuré à l'Exposition de Rouen, en 1884, elles appartenaient au service des Ponts et Chaussées; M. de Vesly en a parlé à la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure ([1]). M. A. de Mortillet les a citées également sans de plus amples détails ([2]). 

 

Les fouilles du Catelier de Criquebeuf, en 1896 et 1897, ont donné des fibules à ressort en bronze et en fer du type Marnien et de la Tène, qui indiquent que cet édifice était en usage à l'époque de la Conquête. Mais si on a trouvé des monnaies du ler siècle avec ces fibules gauloises dont l'usage s'est continué même jusqu'au milieu du IIe siècle, nous sommes absolument surpris de les voir aussi accompagnées de monnaies allant jusqu'au règne de Maxime, c'est-à-dire à la fin du IVe siècle ; ce mélange a lieu de surprendre un peu.

 

Epoque Gallo-Romaine

 

Près du hameau de Quatre-Ages, non loin de la forêt de Bord, en extrayant du caillou pour la route, on trouva en 1885, en face de la borne n° 16, plusieurs vases romains dont un à anse, provenant d'une incinération gallo-romaine.

 

Au Congrès des Sociétés Savantes tenu à la Sorbonne, en 1897, MM. V. Quesney et de Vesly communiquèrent le résultat d'une première fouille faite l'hiver précédent sur un mamelon nommé le Catelier, situé en face Martot et Quatre-Ages, à un kilomètre à peine de la forêt de Pont-de-1'Arche et à peu près à la cote 34m de la carte d'Etat-Major.

  

Les fouilles ont été reprises et terminées, en 1897. Nous avons pu les visiter, ainsi que les objets trouvés, lors d'une excursion de la Société d'Etudes diverses de Louviers, le 21 septembre 1897 ([3]).

 

L'Edifice. — Les substructions découvertes se composaient de deux enceintes rectangulaires concentriques ne mesurant plus qu'environ 1 mètre de hauteur ; vers la face sud, à 4m40 de dis­tance se trouvaient deux autres petites dépendances. Le péribole mesurait 16m10, la base des murs était encore recouverte d'en­duits de gypse coloré en brun rouge, vert veronèze, bleu lapis et vert sombre, les murs mesuraient 0m70 d'épaisseur. Sur ce sou­bassement on a supposé qu'une colonnade de bois a pu être dressée pour supporter une toiture; nous n'avons vu, en effet, aucuns vestiges de colonnes, de chapiteau ou d'entablement ; les substructions analogues découvertes en Normandie n'en ont pas donné non plus.

  

Nous trouvons donc un peu risquée l'attribution qui en a été faite, de classer toutes ces modestes constructions à deux enceintes concentriques comme des temples, alors que ce pouvaient être aussi des tours d'observation, ou de simples villas; nous aurons l'occasion de développer plus loin ces hypothèses.

  

L'appartement intérieur (cella?) mesurait 8m50 de côté et l'épaisseur de ses murs était de 0m90; toute la maçonnerie était faite en petits moellons carrés réunis par des joints très soignés en mortier de chaux. Les angles extérieurs étaient formés de pierres plates mesurant 0m90 de longueur; ces assises alternaient avec des petits pavés plats en terre cuite, suivant l'usage géné­ralement adopté à l'époque gallo-romaine.


Cet édifice était orienté normalement, sur sa face Est, à 4m50 de distance et aux angles nord et sud, se trouvaient deux petits édicules, également rectangulaires, mesurant 4m50 de côté et dont l'épaisseur des murs n'était que de 0m45. Ces deux pièces ont-elles servi à abriter quelque divinité, comme on l'a supposé ? Dans l'une, on a recueilli une corne en pierre ornée d'une touffe de poils, ainsi qu'un petit disque en plomb où se voit un cercle rayonnant : ces deux objets ne suffisent vraiment pas à démontrer le culte de Mithra dans ce modeste réduit.

  

Auprès du rectangle sud, ils recueillirent des débris de sta­tuettes de Vénus (3 fragments de face, 5 de dos, y compris une chevelure et les épaules, ainsi que les quatre supports hémisphé­riques des mêmes statuettes. Ces quelques débris suffisent-ils pour prouver que Vénus était adorée en ce lieu ? L'aire en argile cuite par le feu nous paraît bien peu luxueuse pour un temple dédié à Vénus ou à Mithra, comme on l'a supposé : aussi est-il plus vraisemblable de penser que ces deux petites pièces symé­triquement placées devant l'édifice central lui servaient tout simplement de dépendances, sans se torturer l'esprit pour leur assigner un emploi plus ou moins arbitraire.

  

Autour de l'édifice central, on a trouvé dans la terre un peu noirâtre, deux grands bronzes d'Antonin et 230 moyens et petits bronzes; la plus ancienne monnaie est en potain et gauloise, elle rentre dans la série des Aulerci-Eburovices ; il existait une seule en argent de Carausius (250-293), les autres sont de Tibère, Antonia Augusta, Néron, Vespasien, Titus, Domitien, Nerva, Hadrien, Antonin le Pieux, Marc Aurèle, Lucius Verus, Com­mode, Valerien, Gallien, Posthume, Victorinus, Claude II, Aurelien, Tetricus, Probus, Carausius, Hélène, Théodora, Licinius, Valerien Licinius, Constantin, Crispus, Constantin jeune Constans, Magnence, Valentinien, Gratien, Maximen. La série commence donc avec Tibère (14-37) et se termine avec Gratien, (367-383) et Maxime (383-388) ; on remarquera l'absence des monnaies de Commode (192) et de Gordien (238), on trouve aussi plusieurs monnaies de consécration, peu de pièces étaient saucées. La description détaillée de ces monnaies a été donnée par M. Quesné ([4]).

  

La présence de monnaies de Maxime fait croire que ce serait à la fin du IVe siècle, ou plutôt dans la première moitié; du Ve siècle que ce temple aurait été détruit, au milieu de l'anarchie des généraux qui se faisaient nommer empereurs, et après quel­ques années étaient assassinés par leurs soldats ou des collègues qui, à leur tour, avaient su gagner la faveur populaire. La destruction de cet édifice peut être due aussi à la seconde insurrection, des Bagaudes (436-439) suivant Flavien, ou encore aux luttes religieuses entre le paganisme à son déclin et le triomphe du christianisme, si on admet qu'il s'agisse d'un temple ; dans cette hypothèse, la destruction des constructions et des figurines aurait été amenée par les prédications dans nos contrées de Saint-Nicaise au IIe siècle, de Saint-Martial au IIIe ,de Saint-Thaurin au IVe, de Saint-Vitrice, vers 410, et Saint-Ouen, vers le milieu du VIIe siècle. Nous n'insistons pas d'ailleurs sur cette hypothèse, pas plus que sur celles qui précèdent.
Objets découverts. — Bronzes. — 1° Une petite main ; 2° un fragment de pied (orteils) plus grand, appartenant à une autre figurine pouvant mesurer 1 mètre de hauteur ;

  

3° Un petit sanglier en demi-ronde bosse ayant pu servir d'applique, mesurant 0m09 de longueur; bien que des sangliers plus petits aient été recueillis dans des ruines romaines, nous leur trouvons une technique différente de celle-ci ; à ce propos, nous citerons le sanglier-fibule du musée de Rouen et celui dés ruines du Vieil-Evreux, au musée d'Evreux.

  

4" Un ornement ou fleuron formé de quatre feuilles disposées en croix et recouvertes d'un seul côté par une feuille d'or, mesure 0m06 ;

  

5° Trois fibules avec plaque ronde centrale et à plaque d'arrêt ressemblant à celles d'Uggate ([5]) ; trois à ressort, du type de la Tène, à queue évasée ou à disque médian dont la présence au milieu de ces objets a lieu d'étonner, puisqu'on y a trouvé des monnaies datant de la fin du IVe siècle.

  

6° Une boucle et son ardillon accompagnée d'une contre-plaque triangulaire composée d'une feuille de bronze repliée sur elle-même, pour recevoir, entre les deux lames l'extrémité de la ceinture qui y était assujettie à l'aide de petits rivets. La partie courbe de cette boucle est décorée d'arcs accolés, aux angles des­quels se trouvent des cercles avec point central : deux têtes de serpent accostent la charnière. De nombreuses boucles de ce genre ont été trouvées au Vieil-Evreux, en 1860, par M. Bonnin; dans le cimetière gallo-romain de Vermand (Aisne), décrit par M. Pilloy ([6]) ; ainsi que dans le cimetière d'Abbeville, près de Sedan ; à Saint-Abban, près de Mayence, et aussi dans les sépultures belgo-romaines de la province de Namur (musée de Namur).

        

Ces ornements ont appartenu à des légionnaires romains, car jusqu'ici, si l'on admet la théorie de M. Pilloy, c'est toujours dans des sépultures de soldats qu'elles ont été rencontrées, et surtout dans la Belgica.

  

Le musée de Namur possède des boucles de même style recueillies avec des objets romains; ces parures semblent donc plutôt belgo-romaines et contemporaines des objets trouvés dans le voisinage. M. Ed. Fleury les classe parmi les parures caro­lingiennes, sans justifier cette attribution ; il en a recueilli à Misery et à Landifay, canton de Guise (Aisne) ([7]). On en a trouvé aussi à Little-Wilbraham (Cambridgeshire).

  

M. de Baye a signalé des boucles qui offrent beaucoup d'analogie comme forme avec celles-ci, bien que le décor de cette plaque soit un peu différent ; elles ont été trouvées en Crimée (musée de l'Ermitage impérial) ; il attribue ces parures aux Goths ([8]).

  

7° Nous citerons encore parmi les objets en bronze une sorte de triangle pouvant provenir d'une armure formée d'écailles ? et mesurant 0m04.

  

8° Une tige de bronze de 0m16 de longueur avec quatre divi­sions ayant pu servir pour mesurer les matériaux employés par les maçons (tuiles, briques, moellons).

  

9° Quatre cuillers à parfums ou à onguents, creuses, allon­gées et fort étroites, afin de pénétrer dans les cols étroits des vases en verre : souvent les tiges de ces cuillers sont tordues en spirales pour mieux adhérer aux doigts ; une de ces tiges est ainsi terminée, ce qui peut laisser supposer qu'elles ont pu servir aussi à des usages chirurgicaux.

 

10° Un stylet uni.

 

11° Une bague dont le chaton était orné d'une topaze gravée représentant un animal couché, la tête retournée dans l'attitude de la salamandre des armes de François Ier. M. de Vesly dit dans sa notice que la gravure représentait une chèvre, mais comme cette bague a été égarée, il est impossible de contrôler les deux assertions. 

 

12° Une autre bague était tout en bronze et ornée de frettes.

 

13° Nous signalerons encore un couteau à manche de bronze. 

 

Plomb. — Un. disque de plomb de 0m043 de diamètre et 0m002 d'épaisseur porte d'un côté, au centre, deux cercles con­centriques séparés par des raies perpendiculaires en relief : sur le pourtour, se trouve le même motif. Sur l'autre face, au centre., sont placés trois cercles concentriques en relief avec point central, et sur le pourtour une série de lignes obliques cantonnées dans un cercle; sur un point, on remarque deux demi cercles concen­triques avec rayons extérieurs obliques. 

 

On a supposé que le demi cercle radié, et les autres cercles avec raies droites et obliques figuraient le soleil, emblème de Mithra ? C'est aller chercher bien loin un motif décoratif inventé peut-être par un modeste artisan illettré, sans pensées aussi com­pliquées.

 

 

Fer. — Une clef à deux pannetons et des fibules gauloises serpentiformes à ressort, du type de la Tène, des clous à tête plate ou pyramidale, des pointes de flèches ? et une lame de couteau constituent la série des objets en fer.

 

Os. — Un petit disque ou tessère et une petite plaque rhom­boïde portant un cercle à la partie centrale se trouvaient avec des boutoirs de sanglier et des ossements divers.

 

Céramique. — Nous avons dit que les figurines de Vénus étaient brisées parfois en quatre morceaux et que les têtes man­quaient : doit-on y voir une intention d'empêcher de les réparer et de les adorer de nouveau ? Les vases étant brisés, il n'est pas surprenant que les figurines encore plus fragiles aient eu le même sort et que les têtes manquent comme d'autres morceaux. Mais parce que l'on a trouvé 5 figurines incomplètes, il ne s'ensuit pas que l'édifice voisin ait été un temple ; car actuellement, dans presque toutes nos maisons se trouvent aussi diverses statuettes pieuses, parfois même plusieurs Christ, Sainte-Vierge ou autres figurines religieuses.

Vers l'angle sud-ouest extérieur de l'édifice central, on a trouvé de nombreux débris de vases en terre rouge vernie, sans ornements, sauf une écuelle ornée d'une tête de lion avec ouver­ture partant de la gueule et traversant le vase de part en part, ornementation que l'on a retrouvée en Normandie et un peu partout. Sur un fragment de vase en terre rouge, nous avons vu une estampille de potier un peu confuse, ce qui ne nous a pas permis de la déchiffrer ; nous pouvons affirmer ce détail, bien que M. de Vesly ait dit : «Qu'aucune marque de potier n'avait été apposée, sauf une seule fleur étoilée » ([9]). Mais cette fleur étoilée constituait un décor et non une marque de potier. Nous avons vu aussi des fragments d'olla, de grands vases à anses et d'am­phores. 

 

Objets divers. — Notons aussi quelques fragments de fioles en verre et des scories de verre fondu.

Un curieux mortier en pierre tendre à anses, de 0m045 de diamètre, rappelle, en petit, les mortiers des foulonniers gallo-romains de Mediolanum-Aulercorum.

 

Fragments d'architecture. — Nous citerons aussi des moulures en pierre ornées de perles, de feuilles d'eau, de roses et de feuil­lages qui ont pu orner une frise de l'édifice, ainsi que des modillons en pierre tendre. M. de Vesly cite, en outre « des débris de bases et de chapiteaux de colonne en pierre et des frag­ments d'un autel qui auraient été trouvés près de là, dans le champ de M. Adolphe Leloup ». 

On ne nous a pas montré ces fragments, lors de notre visite ; ils auraient eu surtout de l'importance s'ils avaient été trouvés près de l'enceinte extérieure pour spécialiser son emploi. 

Enfin, dans les déblais, on trouva paraît-il, 5 haches en silex, 2 en chloromelanite, de menus éclats et 2 fragments de lames en silex cireux du Grand-Pressigny : cette découverte peut être abso lument fortuite au milieu de la quantité de terre remuée et nous n'osons affirmer que ce soient d'anciens ex-voto, bien que M. de Vesly en ait signalé une certaine quantité dans d'autres édifices analogues qu'il a fouillés.

 

Destination de l'édifice. — Après la découverte, lorsque nous avons publié notre notice sur Les constructions gallo-romaines du Catelier de Criquebeuf-sur-Seine ([10]), nous avions adopté tout d'abord l'hypothèse émise par MM. Quesné et de Vesly que cet édifice était un temple, et nous ajoutions : « Toutefois, ce n'est pas sur  quelques débris de statuettes, de murs démantelés, dont il ne reste que les fondations ou quelques assises de blocages, que l'on peut deviner à quoi il a pu servir jadis ». Dans une notice jointe à cette plaquette et intitulée La ville gallo-romaine d'Uggate (car on avait voulu prétendre tout d'abord que la construction du Catelier dépendait d'Uggate), nous avons indiqué sommai­rement un certain nombre d'endroits de l'Eure et de la Seine-Inférieure nommés Les Cateliers, où des substructions romaines avaient été trouvées, et nous disions à ce propos : « Qu'étaient ces édifices, des postes de défenses, des métairies ou des tem­ples ? ([11]) ». 

 

Depuis cette époque, et malgré les nouvelles découvertes d'édifices analogues faites par M. de Vesly, à Orival et aux Essarts, nous ne sommes pas encore édifié sur leur véritable destination, et cela sans aucun parti pris contre l'opinion de M. de Vesly, qui croit que tous ces édifices étaient des temples ? 

  

Nous pensons bien faire de rappeler tous les édifices analogues trouvés en Normandie et notamment dans l'Eure et la Seine-Inférieure. MM. Quesné et de Vesly en avaient mentionné seulement 9, en comptant ceux des Buis, près de Tôtes, et de Criquebeuf, qu'ils ont explorés ensemble ([12]). 


Mais avant les fouilles de MM. Quesné et de Vesly, il est bon de rappeler que déjà on connaissait 10 édifices semblables offrant aussi deux enceintes rectangulaires concentriques ; et qu'actuel­lement, on peut discuter cette question, non avec le résultat de neuf fouilles, mais avec vingt fouilles d'édifices semblables. 

 

Nous donnons, ci-après, un résumé très sommaire de ces différentes découvertes :

 

1° A la Cité de Limes, (Camp de Bracquemont), près de Dieppe, en 1826, M. Féret en avait découvert un, avec deux enceintes rectangulaires ; au centre de la première se trouvait un petit avant-corps, au lieu d'un perron de deux ou trois marches; mais les fondations se sont écroulées avec la falaise elle-même dont les éboulements sont fréquents sur cette côte. Dans les substructions, on trouva 24 monnaies gauloises, un casque en bronze également gaulois, et cinq passoires de même métal, 72 monnaies romaines depuis Constantin II (317-337), -jusqu'à Valens (364-378).

 

Un pastel de M. Féret, reproduisant l'édifice et les objets existe au musée de Dieppe ([13]).

 

2° Dans les dépendances de la villa romaine de Sainte-Marguerite-sur-Mer, près de Dieppe, l'abbé Cochet aurait exploré, en 1864, un édifice analogue; toutefois, sa description manque un peu de précision et il n'en donne pas les dimen­sions ([14]).

 

3° à 7° L'Atlas des antiquités gallo-romaines des Eburovices, publié par Bonnin, en 1860, reproduit cinq autres édifices carrés : le premier qui s'en rapproche le plus, avec un perron et deux édicules, était dans la nécropole du Vieil-Evreux ; d'autres plus simples ont été trouvés, l'un au Vieil-Evreux  ; l'autre à La Londe, prés Heudreville ; enfin deux autres dans la forêt de Beaumont-le-Roger, dans cette même forêt, il y en avait aussi un circulaire, à deux enceintes concen­triques, rappelant par son plan, mais avec des proportions beau­coup plus restreintes, celui de la tour de Vesone, à Périgueux.

 

8° Un édifice carré a été exploré à la Pointe d'Harfleur, par M. Fallue ([15]), en 1840; puis par M. l'abbé Maze, en 1884 ; et plus récemment par M. Naef, en 1893 ; le côté extérieur mesurait 13 mètres, le côté intérieur, plus petit, 6 mètres : on y a trouvé un trépied en bronze, les fragments d'une Vénus, un bœuf en terre cuite, des poteries, des verreries, une épingle, une spatule en os, 3 monnaies romaines de Trajan à Valentinien ; les murs inférieurs 'étaient ornés d'enduits colorés. La partie centrale et le vestibule extérieur étaient pavés avec le même béton, il est à remarquer que le centre était plus élevé que l'entrée : un petit réduit était accolé sur le côté Est. M. de Vesly mentionne une découverte de hachettes, mais M. Naef n'en parle pas dans sa des­cription ([16]).

 

9° Dans la Forêt de la Londe, entre Orival et La Londe, au lieu dit le Nouveau-Monde, triage de Saint-Nicolas, M. de La Serre a découvert, en juin et octobre 1890, un autre édifice carré dont le plus grand côté mesurait 13m60 et le plus petit 4m90, l'épais­seur des murs était de 0m80 ; l'intérieur des murs était orné d'un enduit coloré ; extérieurement et au centre se trouvait un perron de trois marches ; l'aire située entre les deux enceintes était dallée en pierres plates et dures de 0m04 d'épaisseur, mais l'aire centrale n'offrait pas de dallage. En prolongeant de, 45 degrés vers le sud-est la diagonale du carré, il trouva un autre édifice carré avec des murs ayant également 0m80 d'épaisseur, 5m15 de plus grand côté et 3m55 d'après le plan de M. de La Serre, (et 4m30 sur3mI5 d'après sa notice) ; il recueillit des fragments de verre, de poteries, de fer, des monnaies romaines comprises entre Auguste et Agrippa, jusqu'au règne de Claude II ; auprès de quatre sque­lettes se trouvaient des fragments d'épée et de poignard([17]).

 

10° M. G. Le Breton en a découvert un autre, dans la forêt d'Eawy, près de Saint-Saëns, au triage du Teurtre, en 1892 : le côté extérieur mesure 14 mètres et le petit côté intérieur 7m80. On y a recueilli des fibules en bronze à plaquettes carrées ou rondes et à ressort recouvert, une clef, une petite hache votive, des fragments de poterie romaine, une perle en verre ; une dizaine de Vénus Anadyomène, de deux ateliers différents ; le dos d'une Déesse Mère, une monnaie de Germani Indutilii, des monnaies romaines dont la plus récente est de Constantin II. A côté se trouvait un petit édifice de 6m50 de côté ; et en face, à 30 mètres, une autre construction de 13m50 sur 7m40 ([18]) ;


Nous ne parlerons pas de 10 charmantes petites haches polies et 19 plus grandes en silex qui auraient été trouvées dans ces fouilles, et même 4 haches en diorite, car une main coupable avait placé aussi dans le terrain à fouiller 150 grattoirs ou autres instruments recueillis sur les plateaux des environs de Saint-Saëns, ainsi qu'une cinquantaine de lames, grattoirs et pointes plus ou moins retouchées du type du Moustier, provenant incontesta­blement de la briqueterie voisine, de Critot ; et pour compléter la série, on y avait ajouté des haches fausses en poudingue : il a fallu que nous insistions et que nous réunissions des collègues devant les vitrines du musée de Rouen pour montrer l'infamie d'un pareil procédé, dont on ne peut expliquer le mobile.

 

Aussi sommes-nous très sceptique, maintenant, sur les collec­tions de silex trouvées dans les constructions romaines décou­vertes aux environs de Rouen.              

 

11° En 1894, MM. Quesné et de Vesly, reprenant les fouilles de M. l'abbé Cochet, interrompues en 1870, déblayèrent sur la commune de Tôtes, au sud du vallon suivi par le chemin de fer venant d'Elbeuf, et non loin de la halte de Tôtes-La Vallée, au bord de la forêt, près de la cote 118 de la carte d'Etat-major, un édifice dit Butte des Buis, à deux enceintes mesurant pour le côté extérieur 13 mètres et 4m35 pour le côté intérieur ([19]).

 

12° M. de La Serre découvrait, en 1896, dans la Forêt .de Rouvray, sur la comme d’Oissel, au triage de la Mare du Puits, un autre édifice dont les murs étaient plus soignés ; les deux murs extérieurs mesuraient l4m20 et 13m20, les plus petits 6m90 et 6m30 ([20]). C'est ce même édifice que M. de Vesly a complètement' fouillé, en 1902 ; ses fouilles lui ont donné des débris de poterie rouge et noire, une tige de bronze, 30 monnaies allant d'Antonin le Pieux (86), à Constant (350), du verre irisé et des enduits colorés. 

 

M. de Vesly indiquant cette fouille lui donne la date de 1895 et les dimensions de 13 mètres et 6m50 pour la partie centrale; ces dernières mesures ne figurent pas dans la note de M. de La Serre ([21]). 

 

13° En 1896, MM. Power et G. Prévost, ont exploré à Saint-Ouen-de-Thouberville, près de la ferme des Rocques et de la forêt de La Londe, un édifice avec perron central de 4m32, pré­cédé de deux marches accédant à une porte de 3 mètres; vis-à-vis, dans le mur de la seconde enceinte, existe une autre porte de 2m48.-En avant et de chaque côté, sur l'alignement de la façade, deux petites constructions rappellent celles du Catelier de Criquebeuf-sur-Seine. Une grande mare existe près de là. Le grand côté mesure 12m12, le petit côté central 6m10. Environ 300 monnaies romaines en bronze et une en argent ont été recueillies  avec des débris de poteries, de verre, des ferrures, une clef; une seule hache polie en silex et une autre fragmentée.([22]

 

14° M. Vallée, agent-voyer à Lillebonne, en a reconnu un autre, en 1896, le long de la route neuve de Lillebonne à Harfleur, lorsqu'on l'élargit, dans le Bols de la Bossaye, appartenant à M. Fauquet, sur le territoire de Saint-Jean-de-Folleville ; on trouva d'abord deux tombeaux francs et trois tronçons de colonnes sculptées avec chapiteau corinthien ; un autre tronçon semble faire partie de la même colonne; ces objets sont chez M. Fauquet, au château de Folleville ; il est probable qu'ils proviennent de l'édifice rectangulaire découvert ensuite, et dont le pavage consiste en un béton de mosaïque rustique; on a trouvé aussi des enduits colorés, des dalles, des tuiles et des scories. 

 

Les fouilles commencées, en 1897, n'ont pas été complètement terminées par M. Vallée ([23]). 

 

15° Pendant l'été de 1897, sur les indications de M. de La Serre, M. Sanson, inspecteur-adjoint des forêts, a fouillé dans la Forêt de Roumare, au canton du Hasard, près de Canteleu, un autre petit édifice carré de 5 mètres pour le côté extérieur, mesures correspondant à celles du petit édifice associé à un autre découvert, en 1890, par M. de La Serre, à Orival, au Nouveau-Monde ; les murs avaient aussi 0m80 d'épaisseur ; les monnaies étaient du IIe au IIIe siècles ([24]).

 

16° M. de Vesly a exploré, en 1901, un édifice carré ana­logue aux précédents, dans la Forêt de Rouvray, au Catelier d'Orival, dans une enceinte rectangulaire de 500 mètres de côté et 25 hectares de superficie : les murs extérieurs mesuraient 12m60 et 12m25, ceux du centre 6m50 et 6m15 ; un petit perron se trou­vait sur un côté ; et au centre du rectangle intérieur, un massif de maçonnerie de 3 mètres de long sur 1m10 d'épaisseur, avec un évidement médian : il a recueilli des enduits colorés adhérant aux murs intérieurs et extérieurs, des débris de vases, de verrerie, des tuiles, un crochet en fer qu'il croit avoir servi à maintenir une gouttière ([25]). Nous nous permettrons de faire remarquer que les gouttières sont d'un usage fort récent.

 

17° L'année suivante, en 1902, il trouvait un édifice ana­logue aux Essarts, commune de Grand-Couronne, le mur extérieur mesurait 12 mètres et le plus petit 6m20 ; contre le mur extérieur il recueillit 3 haches paléolithiques, 47 haches en pierre polie et 35 fragments, presque tous ces instruments très émoussés sur leurs bords comme s'ils avaient longtemps roulé ; trois fibules gauloises à ressort, des fragments de miroirs, une perle en bronze, des fragments de perles en verre, 32 monnaies des règnes d'Hadrien (117-138) à Constantin (306-337) ([26]). 

 

Depuis plusieurs années, nous avons projeté d'ajouter deux édifices de plus à cette liste, nous avons reconnu leurs fondations sur les Plateaux des Andelys, l'un d'eux est situé aussi en un lieu dit Les Cateliers, ce qui permet de supposer, comme à Criquebeuf-sur-Seine, qu'il s'agit d'un petit poste d'observation (Castellum).

 

Nous pourrions d'ailleurs citer dans la Gaule bien d'autres édifices antiques, notamment les deux constructions semblables et voisines de Champiguy-lès-Langres (Haute-Marne)([27]), qui avaient le double de grandeur ; le pourtour intérieur recevait le jour grâce aux colonnes dont on a retrouvé des entablements et des fûts, en 1892.

 

Dans le Camp de Chassey (Saône-et-Loire), un autre édifice a été fouillé, en 1866, par le colonel Coynard; il se rapproche des précédents, le grand côté mesure 16m08 et le petit côté 8m40; deux petits édicules sont accolés aux angles. 

 

M. Flouest rejette l'hypothèse de temples émise tout d'abord, puisque cet édifice se trouve dans un camp ; il suppose avec juste raison que c'était un castellum ou un contubernium, et pour lui, l'enceinte intérieure serait l'impluvium et l'atrium, elle correspon­drait au pourtour : par suite, il ne croit pas que la partie exté­rieure ait été munie de colonnes, puisqu'il n'en a pas non plus trouvé ; cette partie était couverte en tuiles. Cet archéologue se demande si les petits édifices placés souvent à l'extérieur n'ont pas servi de laraires, parce qu'on a trouvé à côté une statuette en pierre oolithique (Jupiter Taranis), un petit Mercure en bronze, une Junon, un buste en bronze d'Hercule, un fragment de Risus ou Telesphore en argile, un pied en bronze ex-voto? et un taureau en bronze([28]).

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:45

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 895-897.  

 

 

CRIQUBEUF-SUR-SEINE  

 

 

Paroisse des : Dioc. d’Évreux. Vic et Élect. de Pont-de-l’Arche. Parl. et Gén. de Rouen. 

La voie romaine de Mediolonum à Rothomagus, longe la rive gauche de la Seine et passe aux Damps, Criquebeuf-sur-Seine et Caudebec-lès-Elbeuf. 

L’origine de ce village, qui est saxonne, est peut-être commune avec celle de l’autre Criquebeuf, tout deux ont la sainte Vierge comme patronne. 

En 1063, une partie de Criquebeuf-sur-Seine appartenait à Odon Stigand, dapifer le Guillaume le Bâtard. Ce seigneur ayant perdu son fils à l’âge de 26 ans, en éprouva une grande douleur et le fit inhumer à Saint-Ouen de Rouen, où déjà Stigand l’ancien était inhumé avec sa femme et où lui-même avait choisi sa sépulture. 

En récompense de la sépulture accordée à lui et aux siens, Eudes Stigaut donna aux moines de Saint-Ouen l’église de Montaure pour en faire un prieuré, qu’il dota de tout ce qu’il avait dans le territoire de Criquebeuf, avec l’eau.   

L’église de Criquebeuf avec le fief qui lui servait de dotation étaient restés dans le domaine ducal ; Richard Cœur-de-Lion, en fondant l’abbaye de Bonport, détacha de son domaine l’église de Criquebeuf. « Nous donnons, dit-il, à perpétuité, aux religieux pour leur entretien et besoins, l’église de Criquebeuf intégralement avec toutes ses dépendances, nous voulons à cette occasion qu’on sache que l’avouerie de ladite église nous a été adjugée après la preuve faite dans une enquête[1].  

Cette  donation remonte a 1090, et quatre ans après, Guérin, évêque d’Évreux, donna deux part  de la dîme de Criquebeuf aux moines de Bonport, et la troisième au curé et aux clercs chargés de desservir l’église.

Phllippe-Auguste se trouvant à Fontainebleau en 1204, confirma les biens de N.-D. de Bonport.  

L’année suivante, Gilbert, prieur des Deux-Amants, cède à Pierre, abbé de Bonport, la chapelle Saint-Martin de Maresdans et tout ce que ce couvent avait de droits depuis le Pont-de-l’Arche jusqu’à l’église de Criquebeuf[2].  

Dans une bulle du commencent du XIIIe siècle, le pape Innocent III prend sous sa protection l’abbaye de Bonport et lui confirme les dîmes de Criquebeuf.  

Dès 1160 on trouve des traces d’une famille de Criquebeuf ; Goscelin et Raoul de Criquebeuf, son fils, furent témoins de la donation que le curé de La Londe fit au Bec.  

Geofroy de Criquebeuf est cité dans une charte de 1223. Gautier, châtelain du Pont-de-l’Arche, vendit, vers 1230, 3 vergées ¾ à prendre dans la forêt de Bord, à Raoul de Criquebeuf et Richard du Val, pour 12 s. 9 d. de rente, il mesura lui-même et fit si bonne mesure, que les acquéreurs lui donnèrent 30 s de pot-de-vin[3].  

Le 16 octobre 1245, Innocent IV confirma la possession des dîmes de Criquebeuf à l’abbaye de Bonport, et le 10 mars suivant il consacra le partage fait par Guérin, évêque d’Évreux, de la dîme de Criquebeuf.  

Au mois de septembre 1247, Hamon le Haranguier et Julienne, sa femme, fille de Gautier Mustel du Pont-de-l’Arche, vendent à Robert Coepel 3 boisseaux de blé, un chapon 6 d. et l’obole de rente dus par Marie Tissier et Roger Goujou, sur une masure et terre cultivable en la paroisse de Criquebeuf-sur-Seine[4].  

Nicolas, seigneur de La Londe, donna au Bec, en 1250, tout le pré qu’il avait dans l’île de Criquebeuf-sur-Seine[5].  

Au mois d’août 1254, Jehan, fils de Nicolas de Saint-Amand, vend à Richard, son frère tout son héritage de Criquebeuf et Freneuse, en maisons, terres et aulnaies.  

Robert Le Courtois, de la paroisse de Criquebeuf, vendit à l’abbaye de Bonport, en 1262, une pièce de terre à Criquebeuf, sise entre la terre de Guillaume Baignart et celle de Gillebert Maillard[6].  

L’abbaye de Fontaine-Guérard vendit au couvent de Bonport, en 1264, une première fois deux pièces de pré dans l’île de Criquebeuf, et une seconde deux autres pièces au même lieu ; parmi les témoins de ces chartes, Thomas et Étienne Le Tissier, Jacques-André et Pierre Le Goupil, deux familles importantes de Criquebeuf à cette époque.  

Robert de Feuquerolles, chevalier, seigneur de Criquebeuf, siégeait en 1258 à l’Échiquier de la Saint-Michel à Rouen ; au mois d’août 1266, il approuva la vente de deux pièces de pré dans son fief, faite par les religieuses de Fontaine-Guérard à Bonport[7].  

En 1290, Geofroy de  Feuquerolles, chevalier, tenait le fief de Criquebeuf-sur-Seine ; il le possédait encore en 1309, lorsqu’il fut compris dans l’échange du fief de Tourville-la-Campagne contre celui de Neufmarché[8].  

En septembre 1327, Jean Le Panier avait vendu aux moines de Bonport une pièce de terre sise dans le fief de Mgr de Criquebeuf et estimée 2 s. 6 d. de rente. Charles IV amortit cette acquisition.  

En 1390, les habitants de Criquebeuf-sur-Seine, Martot, le Becquet et S. Pierre Lierrout, unis ensemble, plaidaient à l’Échiquier contre ceux de Pont-de-l’Arche, Léry, le Vaudreuil, Igoville, etc.  

Le fief de Criquebeuf-sur-Seine, en sortant des mains de la famille de Feuquerolles paraît avoir été acquis par la maison d’Harcourt, d’où il passa aux seigneurs de Rieux, héritiers en partie de cette maison.  

Vers 1460, Jean de Rieux rendit foi et hommage au seigneur de La Londe et de Tourville à cause de ses fiefs de Criquebeuf-sur-Seine et Gilles Touques[9].  

En 1496, lors de l’arrêt de partage entre les maisons de Rieux et de Lorraine, Criquebeuf-sur-Seine resta à cette dernière représentée alors par René de Lorraine, marquis d’Elbeuf. Les ducs d’Elbeuf n’ont pas cessé de posséder ce fief jusqu’à la Révolution[10].  

Au XVe siècle, bon nombre de petits propriétaires obérés pour se procurer des ressources, vendaient leurs troupeaux, quitte à reprendre à ferme ou à moitié. À cette époque, un paysan de Criquebeuf vendit 10 bêtes à laine pour 85 s. t., puis il les repris à bail pour trois ans ; la laine devait être partagée tous les ans et les corps à la fin de ce bail[11].  

Criquebeuf fut uni à Elbeuf lors de son érection en duché en 1582.   

Un curé de Criquebeuf fonda en 1648 le couvent des Pénitents du Tiers-ordre à Pont-de-l’Arche.   

Fiefs : 1° Baignard. Ce fief a aussi été nommé Mesnil ou Mesnillet, à cause de sa dépendance du Mesnil-Jourdain. Richard Baignard, tige de cette famille, tenait dès 1210 un fief au Thuit-Signol.   

Raoul Baignard, prêtre, curé au Mesnil-Jourdain, renonce en faveur du prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge, à ses prétentions au patronage de Cesseville.   

Au mois de février 1240, Gautier du Mesnil vendit à Raoul Baignard, son oncle, une pièce de terre au Mesnil-Jourdain.   

Charles-le-Bel, en septembre 1327, amortit en faveur de l’abbaye de Bonport une rente de 40 s. que leur avait vendu Geofroy Baignard, sauf 2 d. que les religieux devaient audit Geofroy sur des héritages sis au Mesnil-Jourdain dans ses fiefs[12].   

Dans son aveu pour le Mesnil-Jourdain, en 1395, Pierre de la Héruppe dit que, est tenu de lui par quart d’hommage de membre de fief noble, le fief Baignard à Criquebeuf, 8e de ce fief[13].   

Guillaume Le Prévost tenant du fief Baignard ou Menillet, ou Criquebeuf, eut main levée le 27 juillet 1596.   

Raoul Labbé, mort avant 1629, fit l’acquisition du fief de Baignard ou Menillet ; il prenait les titres de baron de Bellegarde, conseiller à la cour des aides de Normandie, seigneur d’Incarville, Épreville, La Motte, Vaudreuil, Criquebeuf, Livet, Mesnil Sainte-Marguerite, etc.[14] Il épousa Catherine de Bois-l’Évêque, dont il eut quatre fils et deux filles ; Charles, l’un d’eux, sieur de la Motte, marié à Madeleine Labbé, avait été reçu au Parlement en 1625. Il blasonnait : d’argent au sautoir de sinople.   

On lit dans un aveu pour le Mesnil-Jourdain, du 17 novembre 1665 : Item en relève un huitième de fief assis en la paroisse de Criquebeuf-sur-Seine, jadis nommé le fief Baignard, à présent fief du Mesnil ou de Criquebeuf, qui fut Guillaume Le Prévot et à présent Charles Labbé…   

En 1679, Marguerite Labbé, fille de Jean-Baptiste, héritière sous bénéfice d’inventaire de son oncle Charles Labbé, esc., est conseiller au Parlement, tenait la châtellenie de Martot, composée des fiefs de Martot et Freneuse, Criquebeuf-sur-Seine.   

M. Nicolas-Alexandre Lucas, fils d’Adrien, sieur de Boncout, devint président du bureau des finances en 1707 ; c’est lui qui fit l’acquisition de Criquebeuf, la Motte ou Vaudreuil et Martot.   

Lucas de Boucout : d’or, à l’aigle éployée de sable becqué et onglé de gueules, au chef de gueules, chargé de trois croisettes d’argent.  

Jacques-Alexandre Lucas de Boucout, fils du président, était, en 1780, possesseur du plain-fief du Ménillet à Criquebeuf, dont il avait été ensaisiné le 3 septembre 1764. Sa fille unique et héritière, Adélaide-Geneviève Lucas de Boucout, épousa Michel-Charles-Louis de Biencourt, marquis de Poutrincourt, auquel elle porta la succession paternelle.

 

CRIQUEBEUF-SUR-SEINE, canton de Pont-de-l'Arche, sur la Seine, à. 35 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines, craie blanche. – R.dép. n° 12, de Bourgtheroulde à Gournay. – 4 cont., 1,535 fr. en ppal. – Rec. ord., budg. 1867, 4,838 fr. – Surf. terr., 1,463 hect. – Pop., 1,220 hab. – * Percep. et Rec. cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Écoles spéc. de 90 garçons et de 75 filles. – 1 Maison d’école. – Paroisse. – Presbyt – Comp. de 30 sap.-pompiers. – Soc. de musique. – 15 perm. de chasse. – 13 déb. de boissons. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép., 38 ; d’arr., 16 ; de cant., 4.  

 

Dépendances : Quatre-Âges, Le Champ-d’Asile, Gaubourg.   

Agriculture : Céréales. – Bois. – Légumes.   

Industrie : Néant. – 31 Patentés.   

 

 

 

[1] Cartulaire de Bonport.  

 

[2] Cartulaire de Bonport.  

 

[3] Cartulaire de Bonport.  

 

[4] Cartulaire de Bonport.  

 

[5] Inventaire des titres du Bec. 

 

[6] Cartulaire de Bonport.   

 

[7] Cartulaire de Bonport, 269.   

 

[8] Il s’agissait de la mouvance seulement. 

 

[9] Archives de la Seine-Inf.  

 

[10] Voir Dict. hist. à la suite des ducs d’Elbeuf.  

 

[11] Tabellionage d’Elbeuf.    

 

[12] Cartulaire de Bonport, 383.   

 

[13] M. Goujon, Hist. du Vaudreuil, p. 9. 

 

[14] M. Goujon, Hist. du Vaudreuil, p. 43.

Armand Launay

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 14:50

J’ai reçu ça…


Madame Ghislaine Mathias, passionnée d’histoire, m’a fait parvenir ces renseignements concernant un épisode local de la Seconde Guerre mondiale.

 

En effet, en juin 1940, les panzers de Rommel menaçaient de prendre Rouen et sa région. Les armées française et anglaise opposèrent donc leurs forces face à cette invasion – vainement, comme chacun sait.

 

Comme dans trop de lieux malheureusement, des hommes moururent dans le canton de Pont-de-l’Arche. Malheureusement encore, le souvenir de ces hommes meurt lui aussi.

 

Or nous devons à M. Kim James un travail de mémoire qui se traduit par des années de recherche méticuleuse autour de 8 hommes tombés à Criquebeuf-sur-Seine.

 

Ses travaux connaîtront bientôt une publication.

 

M. James a été aidé par de nombreuses personnes dans ses recherches, dont des amateurs d’histoire comme Mme Mathias, M. Bédouel, M. Bourgeaux… plusieurs mairies, mais aussi des comités d’Anciens Combattants.

 

Parmi eux, Monsieur Coulmiers, l’ancien président du comité du Souvenir Français de Vernon, qui organise depuis 1990 un déplacement bisannuel à l’endroit où sont enterrées les victimes des combattants du front de Seine de juin 1940.

 

C’est ainsi que la photo ci-dessous présente les porte-drapeaux d'une délégation d'une vingtaine de personnes qui s'est rendue cette année à la nécropole de Fleury-lès-Aubrais (Loiret) où reposent la plupart des victimes militaires françaises et sénégalaises du Front de Seine. Avec les porte-drapeaux on trouve deux responsables d’amicales régimentaires soit à partir de la gauche le 13e Dragons puis le 3e RAC (régiment d’artillerie coloniale).

 

Comme me l’écrit Madame Mathias, les hommes qui ont participé à la défense de notre démocratie méritent d’être célébrés à Criquebeuf, ne serait-ce que par la mémoire de ceux d’entre eux qui sont tombés sur le territoire communal. Une plaque commémorative ainsi qu’une conférence animée par M. James seraient d’heureuses initiatives, je pense, qui ne manqueront pas d’intéresser M. Thierry Delamare, maire, dont le goût pour l’histoire trouverait ici une occasion supplémentaire de se manifester.


Les hommes qui sont tombés à Criquebeuf sont :


- le Sénégalais Sékhou Diouf ;


- les Britanniques Harry Polson, Val Thomas et John Speight (l’oncle de M. Kim James) ;


- les Français Pierre Prunier, Robert Lacoche et Roger Breton ;


- et un homme qui demeure inconnu.  


La famille de Roger Breton, qui fut mobilisé au dépôt d'artillerie 303 de Vernon, est vivement recherchée par M. Kim James.


En attendant la publication des travaux de M. James, amis lecteurs, vous pouvez toujours poser vos questions à Madame Mathias (ghislaine.mathias@wanadoo.fr) pour plus de renseignements concernant cet épisode de l’histoire.


Merci à Madame Mathias pour l’envoi de ces renseignements. Je suis, évidemment, honoré de pouvoir aider, comme vous, nos aïeux qui nous exhortent à lire, dans les pages du passé, une mise en garde de tous les jours pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.


J’attends avec impatience la publication des recherches de M. Kim James en espérant que mon aide lui aura été utile.

 

d-l-gation---fleury-les-aubrais

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:46

Canel A., Blason populaire de Normandie comprenant les proverbes, sobriquets et dictons relatifs à cette ancienne province et à ses habitants, tome 1, Evreux : éd. Canu, 1859, 265 p.

 

 Criquebeuf (6)

 

Criquebeuf-sur-Seine, arrondissement de Louviers. 

 

Les brûleurs d’âne de Criquebeuf

 

Les habitants de Criquebeuf ont toujours eu un goût très-prononcé (sic) pour les réjouissances du carnaval et c’est avec peine qu’ils voient, chaque année, le rigide carême mettre fin à ces jours de joyeuse folie. Aussi se sont-ils bien gardés de négliger l’usage de carnavaliser quelque peu le Mercredi des Cendres, en le consacrant à l’enterrement de Mardi-Gras. Grande et bruyante cérémonie ! vous pouvez m’en croire…

 

Un jour, et il y a de cela plus que la longueur d’une vie d’homme – un jour, disons-nous, le mannequin traditionnel ne suffit plus à ces zélés suppôts du carnaval. Ils s’imaginèrent de lui substituer un âne, qui, pour la plus grande gloire de la divinité saturnalesque et pour le plus grand plaisir de ses adorateurs, fut bien et dûment ars et brûlé, puis méthodiquement enterré suivant les rites pratiqués en pareille occurrence. Delà le sobriquet de brûleurs d’âne.

 

Et notez que les titulaires de ce sobriquet ne s’en offensent pas le moins du monde ; c’est pour eux presqu’un titre de gloire. Il y a quelques années, dans le double but de prouver qu’ils ne dégénéraient pas et d’assurer la continuité de leur appellation, ils délibérèrent, dit-on, de renouveler, à la première occasion favorable, le sacrifice d’un infortuné baudet.

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:43

Doinel A., Notice historique sur Alizay, Paris : Le livre d’histoire-Lorisse, 2004, 72 p.

 

Cet ouvrage date de 1880. M. Doinel était l’instituteur laïque de la commune. Il a mentionné les sobriquets attribués aux habitants de certains villages sans préciser, toutefois, si ces surnoms étaient utilisés systématiquement et par qui ? N’étaient-ils connus que des gens d’Alizay ? Que signifient-ils tous ? 

 

Les carnages de Pont-de-l'Arche

Les sorciers d’Alizay

Les carcasses d’Igoville

Les Manants du Manoir

Les capons souffleurs de Pîtres

Les cornus de Montaure

Les Brûleurs d’ânes de Criquebeuf

Les sacrés de Poses

Les pédants de Notre-Dame

Les Roussiers de Saint-Cyr

Les Mâchoires des Damps

Les marras de Martot

Les Fioux de Léry

Les malins de Connelles

Les carottiers de Porte-Joie

Les hiboux de Tostes

Les brouettiers d’Herqueville

Les mangeurs de soupe de Louviers

Les danseurs des Andelys

Les Culs terreux du Neubourg

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:38

 

gue-de-criquebeuf-par-la-carte-postale 1

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...