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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 14:05

Rechercher les origines de Montaure revient à analyser aussi le territoire de Tostes car cette paroisse fut créée en 1687 à partir de terres montauroises. Cette autonomie fut maintenue à la Révolution française où Tostes fut constituée en commune.

Le Montaure des origines est une clairière dans l’arc-de-cercle formé par la forêt de Bord depuis Elbeuf à Louviers en passant par Pont-de-l’Arche.

Des traces d’habitat épars ont été retrouvées, comme les vestiges gallo-romains des Quatre-bancs, en forêt de Bord, qui présentent des bases de murs et un puits. On ne retrouve cependant pas d’agglomération.

Vestiges gallo-romains des Quatre-bancs, dans la forêt de Bord (carte d'état major IGN).

Vestiges gallo-romains des Quatre-bancs, dans la forêt de Bord (carte d'état major IGN).

La Carte archéologique de la Gaule (CAG) fait état d’une enceinte quadrilatérale (page 222) dans la commune de Montaure. Elle pourrait bien n’être qu’un enclos d’élevage de la forêt de Bord à l’instar des autres enclos retrouvés au moins à quatre endroits de ce massif forestier. C'est la thèse publiée par Henri Guibert en 1903. Nous les avons localisés à partir de la carte d’état major de l’Institut géographique national (IGN) au 1/25 000e. Un enclos dit « vestige d’enceinte antique » est situé près de la route forestière de Montaure (commune de Louviers). D’autres « vestiges d’enceinte » sont localisés entre le chemin du Coq et la Vallée de la croix, près du bassin des Carènes.

Des vestiges d'enceinte, ici à Louviers, ponctuent la forêt de Bord. Il s'agirait en fait d'enclos pour bétail (carte d'état major IGN).

Des vestiges d'enceinte, ici à Louviers, ponctuent la forêt de Bord. Il s'agirait en fait d'enclos pour bétail (carte d'état major IGN).

La CAG mentionne aussi le passage par Montaure et Tostes d’une voie romaine reliant Le Vieil-Evreux à Pont-de-l’Arche. Elle n’appuie toutefois pas cette thèse sur une découverte archéologique ou une étude consolidée. Le doute quant à l’existence de cette voie romaine officielle est permis puisque Pont-de-l’Arche n’est apparu qu’au IXe siècle avec la création de son pont entre 862 et 873. La voie romaine Evreux-Rouen passait par Caudebec-lès-Elbeuf. Plus vraisemblablement, il devait exister des chemins ruraux serpentant jusqu’à la vallée de la Seine mais ils n’ont pas été mis au jour scientifiquement.

Jusqu’alors, il n’y a quasiment pas eu de matériel archéologique retrouvé à Montaure. Difficile, en l’état, de dire si ce rebord du plateau du Neubourg était défriché avant le Moyen Âge. Françoise Guilluy cite (pages 68 et 71) Joseph Drouet. A l’occasion de fouilles à Caudebec-lès-Elbeuf, cet homme avança en 1883 que certains objets en céramique retrouvés proviendraient de Montaure ou de La Haye-Malherbe. Preuve pour lui que ces localités existaient et exploitaient la terre, un coffret en fer rempli de bijoux en or et de pierres gravées fut retrouvé en 1848 avec des monnaies datées du haut-empire (Antonin le Pieux, Faustine, Domitien, Gordien, Philippe 1er). La découverte est située au Teurtre. D’autres objets furent trouvés aux « Friches Mongras » (au sud d'Ecrosville). Jusqu’à plus ample informé, ceci indiquerait que, du temps de la Gaule romaine, l’exploitation de l’espace par l’Homme s’arrêtait à La Haye-Malherbe, sauf enclaves de-ci de-là.

Avec les Friches-Montgras, Le Teurtre est un endroit où ont été retrouvés quelques vestiges archéologiques, à la limite sud du Montaure (carte d'état major IGN).

Avec les Friches-Montgras, Le Teurtre est un endroit où ont été retrouvés quelques vestiges archéologiques, à la limite sud du Montaure (carte d'état major IGN).

Moyen Âge, un toponyme : Montaure

L’espace montaurois était assurément exploité et défriché avant la colonisation scandinave comme en témoigne le toponyme roman de Montaure.

Selon Louis-Etienne Charpillon, Montaure est formé de Mont et « or » écrit sous la forme latine « mons aureus ». Les Regestrum visitationum d’Eudes Rigaut désignent par deux fois la paroisse de « Montoire » (1255 et 1258). On retrouve cette forme en 1506. Aux XVIIe et XIXe siècles, c’est la forme « Montore » qui est utilisée. Plusieurs théories sont avancées sans toutefois épuiser la question.

« Aureus » dérive du latin or, « qui brille », et par extension ce qui est « magnifique, splendide »… Louis-Etienne Charpillon a écrit que c’était une référence aux champs fertiles. Cependant, cela peut aussi être une référence à l’argile car Montaure a été bâti sur un important filon de cette terre. L’argile est blanchâtre. Dans le vocabulaire désignant les couleurs, l’argile est un gris neutre très pâle tirant sur le blanc. L’étymologie est aussi intéressante : du latin « argilla » : terre luisante, que l’on peut rapprocher de « arguo » signifiant « clarifier la situation ». Ce mot appartient à la même famille que « argentum », argent.

D’après l’abbé Bleunven, ancien de curé de Montaure, ce nom proviendrait du celte « or » signifiant froid (Françoise Guilluy).

Selon Auguste Le Prévost (page 413), Montaure proviendrait du latin « mons », montagne, et « aura », cours d’eau. Cependant, « aura » signifie « vent » en latin ; un vent dont la présence est attestée par les moulins à La Haye-Malherbe (moulin de Beauregard) et de Tostes (moulin de la Couture).

Enfin et plus simplement, en ancien et moyen français, une montoire désigne une montée, une colline, une montagne. Il existe le célèbre Montoire-sur-le-Loir, près de Vendôme, et un hameau Montaure en Haute-Loire.

A priori, appeler « colline » ou « montée » un hameau situé sur le plateau du Neubourg peut paraitre bien surprenant. Cependant, la topographie fait nettement apparaitre la naissance d’une dépression à La Haye-Malherbe qui se prolonge par la ravine de la Glacière, au-dessus de laquelle a été bâtie l’église Notre-Dame, et qui se creuse ensuite en vallon jusqu’à la vallée de l’Eure, à Louviers. Nous tenons-là le passage d’un cours d’eau asséché. En venant d’Ecrosville et de La Haye-Malherbe, cette dépression met en valeur l’église et le centre-bourg de Montaure qui peuvent apparaitre, aux yeux du promeneur, comme perchés sur une colline. Mais pourquoi installer un hameau en ce lieu ? Au-delà de la ravine qui a pu constituer un rempart naturel à des fortifications militaires, c’est peut-être une nappe phréatique aisément exploitable qui a attiré ici quelques familles. Cette nappe est identifiable de nos jours grâce aux deux puits centraux de Montaure et à la fontaine Saint-Eustache située dans la crypte de Notre-Dame. Cette dernière, comme nous l’écrivons dans un article consacré à l’église montauroise, a peut-être investi un lieu de culte païen dédié à une divinité de l’eau. Quoi qu’il en soit, la présence d’habitations groupées en ce lieu rend identifiable une « colline », une « montée », une Montoire par rapport à d’autres reliefs de la proche région.

Vu d'Ecrosville, Montaure apparait perché au-dessus de la ravine de la Glacière. Ce relief expliquerait l'étymologie de Montaure, "Montoire" qui signifiait la colline, la montée, en Ancien français (cliché Armand Launay, juillet 2013).

Vu d'Ecrosville, Montaure apparait perché au-dessus de la ravine de la Glacière. Ce relief expliquerait l'étymologie de Montaure, "Montoire" qui signifiait la colline, la montée, en Ancien français (cliché Armand Launay, juillet 2013).

Mais c’est peut-être le nom de Blacquetuit qui nous fournit un élément de réflexion plus précis sur le peuplement humain de Montaure. Le toponyme Blacquetuit est composé de deux éléments norrois : « Blákka » qui est peut-être un surnom dérivé de « bleu », voire « noir » et « thveitr » qui désigne un essart : l’ « essart de Blakka ». Cela semble prouver qu’il y eut une colonisation scandinave synonyme d’une nouvelle vague de défrichement si on relie les toponymes scandinaves de la proche région du plateau du Neubourg : La Londe, Le Thuit-Signol et Le Thuit-Simer, Daubeuf-la-campagne, Limbeuf... Or ce nom norrois a été donné à une grande ferme montauroise mais n’a pas désigné le bourg en lui-même. C’est peut-être l’indicatif d’une population suffisamment nombreuse autour de Notre-Dame pour conserver le toponyme roman de Montaure.

Ensuite, les textes font état de grandes propriétés seigneuriales de Montaure au XIe siècle. Les écrins de verdure situés au centre de Montaure témoignent toujours de ces grands domaines qui étaient dans la mouvance directe du pouvoir ducal normand. Ceci confirme que Montaure était la principale paroisse de la proche région. Elle devait attirer les convoitises pour ses richesses : culture, terres, forêts...

 

Sources

- Amsellem Emmanuelle, « Les Stigand : des Normands à Constantinople », Revue des études byzantines, tome 57, 1999, pages 283 à 288 ;

- Bonnin Thierry, Regestrum visitationum archiepiscopi rothomagensis : journal des visites pastorales d'Eude Rigaud, archevêque de Rouen, Rouen, Le Brument, 1852, 876 pages ;

- Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, voir les pages 541 à 543 ;

- Cliquet Dominique, Carte archéologique de la Gaule : l’Eure 27, Paris, ministère de la culture, 1993, 285 pages ;

- Delisle Léopold, Passy Louis, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome II, Évreux, Auguste Hérissey, 1864 ;

- Guibert Henri, "Note au sujet de retranchements aux environs de Louviers", Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome VIII, 1903, 120 pages, pages 57 à 62 ;   

- Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

- Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr.

 

A lire aussi... 

Les châteaux de Montaure du XIe siècle à nos jours...

L'ancienne ferme de Blacquetuit (Montaure)

L'histoire de Tostes des origines à l'autonomie communale

Armand Launay

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 14:29

Montaure a particulièrement brillé dans la Résistance. En effet, à l’automne 1943 les résistants montaurois composaient 70 % des 350 résistants de la région de Louviers (Julien Papp, page 59). Si une figure locale émerge largement en la personne d’André Martin, l’action résistante a été partagée par plusieurs familles de fermiers, d’épiciers, de petits fonctionnaires : protection et évasion d’aviateurs, de prisonniers évadés et de réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), impression de journaux, réception de colis parachutés, rédaction de faux papiers… Les actions ont été nombreuses qui ont valu tortures et déportations. Voici quelques brefs portraits illustrant l’implication de résistants.

Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).
Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).

Le Monument aux morts de Montaure vers 1920 et en 2013 (cliché contemporain Armand Launay, aout 2013).

Le Monument aux morts

Le Conseil municipal décidé d’installer le Monument aux morts dans le cimetière, rue Maurice-Emmanuel. Les noms de 25 Montaurois tombés durant la Grande guerre y sont gravés. D’ailleurs, des tombes de soldats se trouvent encore alentour ce qui devient rare en 2013. Le monument est très sobre, sans fioritures, ayant visiblement bénéficié de moyens assez modestes. Des obus forment une protection autour du monument comme le voulait la mode en ce temps. Une plaque rend hommage à deux soldats tombés en 1940 : Maurice Dufossey et Charles Gantier. Elle cite aussi Marie-Louise Azoeuf...

Plaque commémorative apposée sur le Monument aux morts de Montaure (cliché Armand Launay, aout 2013).

Plaque commémorative apposée sur le Monument aux morts de Montaure (cliché Armand Launay, aout 2013).

Marie-Louise Azoeuf et le Patriote de l’Eure

Marie-Louise Azoeuf naquit le 25 novembre 1887 à Dieppe. Elle cacha des aviateurs chez elle, à Ecrosville (Jean Leloup, page 49), et installa une presse qui publia au moins un numéro du « Patriote de l’Eure » avec deux personnes nommées « Hermans et Harel » (Jean Leloup, page 70). Cet organe d’expression fut tout d’abord mis sous presse chez M. Fromentin, un imprimeur lovérien, avant de se réfugier à Montaure. Marie-Louise Azoeuf fut arrêtée par la Gestapo et déportée au camp de Neubrandenburg où elle décéda le 23 novembre 1944.

Extrait d'un numéro du Patriote de l'Eure d'aout 1942 (BNF, Gallica).

Extrait d'un numéro du Patriote de l'Eure d'aout 1942 (BNF, Gallica).

Les époux Désert

Habitant La Vallée, Victor Désert mit en place le mouvement Front national, plutôt d’obédience communiste, dans la région de Louviers avec André Martin (voir plus bas). Les archives des Forces françaises de l’intérieur (FFI) conservées aux archives départementales de l’Eure écrivent en quelques lignes l’implication de Victor Désert et sa femme Berthe Lemonnier avant leur arrestation le 11 novembre 1943 : « Arrestation des époux Désert au domicile de Mme Mondeville où ils étaient réfugiés depuis la veille car ils avaient appris que la police allemande les recherchait. Victor Désert, né le 13 mai 1902 à Petit-Quevilly, est chauffeur. Berthe Lemonnier, épouse Désert, est née le 17 février 1894 à Gravigny. Une perquisition effectuée par la police allemande à leur domicile de La Vallée a permis d’établir qu’ils avaient donné asile à des individus, dont certains avaient laissé des effets et des pièces d’identité avant de se réfugier dans l’illégalité. Les époux Désert ont avoué avoir été recrutés pour le FN en décembre 1942 par un nommé Maurice qui a été identifié comme étant le nommé Legrand. Les époux Désert étaient chargés de recruter les adhérents pour les groupes de résistance, notamment parmi les jeunes gens ne voulant pas partir travailler en Allemagne, de les héberger et de les mettre en liaison avec un prénommé Laurence, alias Pierre, chef de l’organisation chargé de cacher et d’utiliser les réfractaires ».

Les époux Désert survécurent à leur déportation (Jean Leloup, page 46).

 

Jean et Marguerite Viard

Jean et Marguerite Viard formaient un couple d’instituteurs très investi dans la vie publique montauroise. En tant qu’instituteur et secrétaire de mairie, Jean Viard fit des faux papiers et distribua des tickets de rationnement aux maquisards et aux alliés cachés (Jean Leloup, page 69). Il fut arrêté par la Gestapo le 20 janvier 1944 et emprisonné à Rouen avant d’être déporté au camp de Sachsenhausen puis de Falkensee. Il survécut et dut bénéficier de deux années de soins pour reprendre son activité professionnelle (Jean Leloup, page 70). Après guerre, Marguerite Viard devint conseillère municipale en charge des affaires sociales. Le Conseil municipal de Montaure décida d’honorer leur mémoire en donnant leur nom au groupe scolaire lors d’une cérémonie qui eut lieu le 11 novembre 2001.

Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).
Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).

Le groupe scolaire de Montaure porte depuis le 11 novembre 2001 le nom d'instituteurs investis dans la Résistance (clichés Armand Launay, juillet 2013).

André Martin (1901-1987)

Né à Claville, André Martin fut résistant et maire radical-socialiste de Montaure de 1945 à 1965. Il était exploitant agricole à Ecrosville, président de la Caisse d'assurances mutuelles agricoles de Pont-de-l'Arche et président cantonal des syndicats d'exploitants agricoles à partir de 1945 (La Dépêche du 15 juillet 1959). Son père fut aussi maire de Montaure. Il devint résistant sous le nom de « Capitaine Masselin » dès le 22 juin 1941 dans le réseau Front national et ce jusqu’au 31 décembre 1942. Puis, il rejoignit le réseau « Résistance » de mars ou avril 1943 à aout 1944 (Jean Leloup, page 130). Le 22 juin 1941, il prit contact avec Pierre Agnas, alias « Grand Pierre », pour organiser ce réseau dans les cantons de Louviers et de Pont-de-l’Arche. Il devint responsable local et bientôt cantonal. A la fin de 1942, il devint membre du comité départemental. Dès septembre, il organisa l’atterrissage et l’envol de petits avions pour livrer du matériel tel que des postes émetteurs-récepteurs et de pigeons voyageurs (Jean Leloup, pages 43 et 45). Il s’assura de la distribution de tracts aux chefs de groupes pour obtenir des renseignements sur la localisation des troupes allemandes. Il fit aussi déplacer une presse servant au Patriote de l’Eure. Son réseau permit de sauver 17 aviateurs, de nombreux réfractaires au STO et des prisonniers évadés. Lui-même faillit être arrêté quand, le 23 novembre 1943, il fut averti qu’il était recherché par l’occupant ainsi que Georges Barbay, garde-forestier des Fosses (Jean Leloup, page 46). Sa femme et sa fille Rose furent interpelées et internées à Rouen avant d’être relâchées (Jean Leloup, page 68).

 

Témoignage d’André Martin rapporté par Jean Leloup (page 130)

« Le 22 juin 1941, je prends contact avec Pierre Agnas, alias « Grand Pierre », pour le réseau du Front national. Il fallait l’établir dans les cantons de Louviers et de Pont-de-l’Arche. Je suis responsable local puis, rapidement, responsable cantonal. Fin 1942, je deviens membre du comité départemental. En septembre, je suis joins par un officier de la DGER pour trouver des terrains de parachutage capables d’assurer l’atterrissage de l’envol de petits avions. A la pleine lune de septembre 1942, le premier parachute larguant des postes émetteurs-récepteurs tomba entre Surtauville et Quatremare. Le travail de routine consista à distribuer des tracts aux chefs de groupes pour obtenir des renseignements sur l’emplacement des troupes allemandes, sur leurs déplacements. Un soir, un camion venant d’Evreux nous apporta une machine aux dimensions importantes. Elle devait servir à imprimer un journal clandestin. Après quelques jours dans ma ferme, elle rejoignit un agent de liaison dans une voiture attelée à un cheval. Direction Le Neubourg. Ce fut la naissance du « Patriote de l’Eure », journal du Front national. »

Portrait d'André Martin, résistant et maire de Montaure de 1945 à 1965, paru dans La Dépêche du 15 juillet 1959 à l'occasion des élections cantonales qu'il gagna.

Portrait d'André Martin, résistant et maire de Montaure de 1945 à 1965, paru dans La Dépêche du 15 juillet 1959 à l'occasion des élections cantonales qu'il gagna.

Sources

Fonds FFI des Archives départementales de l’Eure ;

Collectif, La Dépêche, n° du 15 juillet 1959, n° 15 novembre 2001 ;

Leloup Jean, La Sanglante bataille de la Seine. Témoignage. Jean Leloup, réfractaire au STO, La Chapelle-Montligeon, éditions Humuβaire, 2003, 153 pages ;

Lycée Marc-Bloch, Des résistants à Louviers, concours national de la résistance et de la déportation, 2010, 5 pages. http://lycee-marc-bloch.spip.ac-rouen.fr/spip.php?article2223 Consulté le 25 septembre 2013.

Armand Launay

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:19

Le désert de la Garde Châtel : un lieu choisi par le roi

Comme l’écrit Victor Quesné, en 1638, le douzième chapitre général des carmes déchaussés, réuni à Rome, décida d'établir en France trois couvents de solitude respectivement à Paris, en Bourgogne et en Aquitaine. En 1656, le roi autorisa les carmes déchaussés à s’établir dans la province de Paris et il leur fit don de la Vicomté de Bayeux et de ses revenus. Quant au lieu, en juillet 1649 Louis XIV avait donné à la directrice de la maison de la Providence du faubourg Saint-Marcel, à Paris, une portion de forêt appelée « le bosquet de la Garde-Chatel », près de Louviers.

 

Plaintes et indemnisations des locaux

Malgré les plaintes des habitants des villages voisins, des Eaux et forêts, du Parlement de Normandie, du seigneur de Montaure (le président d’Amfreville), des moines de Bonport (à cause de Blacquetuit), le roi trancha en aout 1660 et le Désert des carmes déchaussés s’installa à Montaure. Des compensations financières furent accordées par le roi, notamment aux habitants de Montaure (la somme servit à la réfection du clocher de l’église) et une quittance de 300 livres fut remise à Louis Chatel, sergent de la Garde-Châtel, qui se trouvait dépossédé de ses droits sur la Garde-Châtel. Les 18 janvier 1663 et 25 novembre 1668, le curé et le prieur de Montaure reçurent chacun deux cent cinquante livres plus une pièce de terre contre l’abandon de leurs droits sur les dimes et les novales de terrains désormais situés dans la clôture du Désert.

 

Construction et architecture

La première pierre fut posée le 4 octobre 1660. La première messe y fut dite le 21 novembre. Un plan du Désert fut publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident. Il y montre l’enclos, un couvent avec les chambres des résidents – des nobles parfois venus de loin – et des carmes déchaussés, des jardins à la française avec jet d’eau et avenues, une carrière et un four à chaux et, enfin, des ermitages… De ces éléments, il ne reste plus que l’enclos et le pignon d’un bâtiment à usage agricole situé dans l’ancienne bassecour. Avec un chainage en pierre de taille, il rappelle nettement le XVIIe siècle.

Le plan du désert de la Garde-Châtel publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident.

Le plan du désert de la Garde-Châtel publié en 1714 par Jean-François Bourgoing de Villefore dans La Vie des saints solitaires d'occident.

Le pignon d'un bâtiment agricole (XVIIe siècle) comme unique vestige, avec les murs de l'enclos, des bâtiments d'origine (cliché Armand Launay, été 2013).

Le pignon d'un bâtiment agricole (XVIIe siècle) comme unique vestige, avec les murs de l'enclos, des bâtiments d'origine (cliché Armand Launay, été 2013).

Evanouissement

En janvier 1791, les commissaires du district de Louviers se sont présentés au Désert pour prendre possession de la Garde-Châtel au titre de la nationalisation des biens religieux. Un procès-verbal fut dressé ainsi qu’un inventaire général. Il y avait alors neuf cellules occupées sur dix-huit cellules logeables. En 1791, avec l’abbaye de la Neuve-Lyre, le Désert fut sensé, selon la loi, accueillir les religieux de l’Eure préférant continuer la vie commune. En 1793, il accueillait 7 anciens carmes et deux capucins. L’horloge des carmes fut montée dans l’église de Montaure. Un autel et les lambris du chœur furent installés dans l’église de La Haye-Malherbe. La privatisation de l'enclos de la Garde-Châtel n’eut lieu que le 28 février 1815. Ses 140 hectares et 35 centiares avec les bâtiments de l'ancien couvent, dont une partie tombait déjà en ruines, ont été vendus 171 000 francs à M. Hutrel, négociant à Rouen, rue Encrière. Il semble que cet homme devînt maire de 1816 à 1831.

 

Le château actuel

Un château de style classique fut bâti au XIXe siècle sur un plan symétrique. Son chainage est en brique et le remplissage en moellon, peut-être, sous un crépit. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage de comble. Le corps principal est protégé par un toit à deux croupes. Quatre toits en flèches et deux tourelles sur les ailes montrent une envie d’imiter le gothique. Cela annonce ou participe de l’architecture bourgeoise qui a fleuri sur la côte normande et dans les faubourgs aisés. Le tout est couvert de tuiles. Un lanternon a été installé qui couronne le toit du corps principal. Il fut habité par la famille Catoire de La Haye.

Le Figaro accorda un hommage, à la page 2 du numéro du 5 janvier 1942 (page 2), à Madame Max Catoire, décédée le 19 novembre. Elle fut la fondatrice du Comité de Louviers de la Croix-Rouge Française puis présidente d'honneur en tant que bienfaitrice. Une messe funèbre fut célébrée dans l’église de Montaure le 22 novembre en présence de Max Catoire. Le journal cite des travaux en cours d'exécution pour perfectionner le « dispensaire d'hygiène sociale de Louviers qui restera une des fondations de prédilection de Mme Catoire cela est dû, en grande partie, il sa charitable prévoyance qui, tout récemment, a permis de prolonger, jusqu'en 1954, la durée du bail du siège social du Comité de Louviers de la Croix-Rouge Française. Au nom des blessés de la grande guerre, soignés dans les formations sanitaires du Comité de Louviers de la S. S. B. M., des soldats, des prisonniers et des réfugiés de la dernière guerre, assistés par ses soins et par ses dons, des œuvres d'enfance, de jeunesse et d'hygiène sociale, en faveur desquelles s'est exercée, sous différentes formes, l'incessante générosité de Mme Max Catoire, le Comité tient à cœur d'inscrire le nom honoré de cette insigne bienfaitrice à la première page de son livre d'or. »

 

 

Sources

Quesné Victor, « Le Désert des carmes déchaussés de la Garde-Châtel », Bulletin de la Société d'études diverses, n° 6, 1903. Aussi accessible sur le net

Collectif, Le Figaro, lundi 5 janvier 1942.

 

A lire aussi... 

L'ouvroir de l'ange-gardien, bonnèterie, hôpital militaire... 

La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)
La Garde-Châtel, château du XIXe siècle (clichés contemporains Armand Launay, été 2013)

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:54

Bien caché dans une propriété agricole du n° 25 de la rue de la Résistance, se trouve un très beau manoir. De ce que nous pouvons en voir depuis le chemin de la Garde-Châtel, ses murs gouttereaux sont réalisés en pans de bois et ses murs pignons sont maçonnés avec du moellon calcaire.

Nous tenons peut-être ici le manoir de Bigards, du nom d’une des grandes familles nobles de Montaure et, plus particulièrement, d’Ecrosville.

D’après les recherches de Françoise Guilluy, on trouve un Guillaume de Bigards qui rendit un aveu à Charles VII en 1457 pour son fief d’Ecrosville (page 46). En 1582, ces terres appartenaient à Antoine de Bigards, seigneur de La Londe, et étaient élevées en baronnie. Il possédait un moulin à Louviers, certainement à l’emplacement de l’actuel jardin de Bigards. En 1618, le fief de la Londe devint un marquisat. En 1673, François Le Cordier de Bigards, marquis de la Londe, rendit aveu au roi de son fief d’Ecrosville : « manoir seigneurial, bâti d’un grand bâtiment à usage de demeure, couvert de tuiles […] pressoir banal, grange, étable, four. La porte principale du manoir regarde le midi, devant laquelle est ma chapelle sous l’invocation de Saint Jean Baptiste… […] J’ai des fourneaux à faire pot et brique dont me sont payés les droits coutumiers par ceux qui y travaillent et prennent la terre sur mon fief. » (page 47). Il comptait parmi les personnalités les plus influentes de Normandie : conseiller au parlement, maire de Rouen depuis 1701. Les sépultures des Bigards se trouvaient dans Notre-Dame de Montaure où ils avaient une chapelle (la première à droite en entrant) placée sous l’invocation de saint Eloi et de saint Vincent.

 

Source

Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages.

 

A lire aussi sur la toile...

Les Le Cordier de Bigards sur le blog de Suzanne Morillon-Vilatte consacré à Bourgtheroulde (rubrique : "Les Le Roux d'Infreville")

 

A lire aussi sur ce blog... 

Aux origines de Montaure et de son nom

Vues lointaines sur ce qui pourrait bien être le manoir d'Ecrosville (clichés Armand Launay, été 2013)
Vues lointaines sur ce qui pourrait bien être le manoir d'Ecrosville (clichés Armand Launay, été 2013)

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Published by Armand Launay - dans Montaure Bigards Ecrosville
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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:42
Vue sur Montaure depuis Ecrosville (cliché Armand Launay, 2012).

Vue sur Montaure depuis Ecrosville (cliché Armand Launay, 2012).

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 541-543.

 

MONTAURE 

 

Paroisse des : Doy. de Louviers. – Baill. Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Dioc. Parl. et Gén. de Rouen.

Montaure de Mons aureus, montagne d’or à cause de sa situation et de la fertilité du sol.

L’église dédiée à Notre-Dame, fut octroyée au XIe siècle à l’abbaye de Saint-Ouen, par Odon Stigaud, maître d’hôtel de Guillaume, duc de Normandie, mais le patronage honoraire fut conservé par les seigneurs du fief de la paroisse.  

Nous trouvons mentionnés dans l’histoire de 1080 à 1258, les noms de Roger, Raoul,  Thomas, Renaud et Romain de Montaure.  

Jean Le Mire fut mis en prison en 1334, pendant 93 jours, pour avoir navré un homme en péril de mort à la foire de la Toussaint, à Montaure.  

En 1450, Loys de Fontaine, obtint de rentrer dans la seigneurie de Criquetot, il épousa vers cette époque, Jeanne de Jeucourt, dame d’Épreville à Incarville, le 14 novembre 1480, Louis de Fontaine, sieur de Criquetot et Montaure, consentit un contrat de fief à Jean Leclaire[1]. Marie de Fontaine, sa fille, épousa en 1490, Thibaut d’Amfreville, qui devint ainsi seigneur de Criquetot et de Montaure, dont il rendit aveu en 1497.  

 

Jean d’Amfreville, fils aîné de Thibaut ne laissa qu’une fille, Guillemette, mariée à Christophe de Serviac, avant 1527 ; ce seigneur vivait encore en 1537 ; il n’avait pas le titre de seigneur de Montaure mais seulement de Criquetot, Villettes et Ecquetot en partie ; il laissa 3 filles, Diane, Louise et Marie.  

 

Le 30 juillet 1612, le fief de Montaure, quart de haubert surnommé de Criquetot, parce qu’il avait appartenu au sieur de Criquetot, fut décrété sur les héritiers de Jean d’Amfreville, au profit de Pierre Vigor, conseiller du roi au Parlement de Normandie.  

 

Par arrêt du 16 mai 1616, Pierre Vigor fut envoyé en possession du fief de Criquetot à Montaure, au préjudice de Jacques d’Amfreville, qui prétendait le retirer à droit de sang.  

Vers cette même date, décharge de la taille fut accordée aux habitants de Montaure, dont un orage avait détruit les maisons.  

 

Le 31 décembre 1646, Messire Pierre Vigor, esc. seigneur de Montaure, étant en son manoir seigneurial de Montaure etc., achète de Pierre Le Bourg, laboureur à Montaure, un demi acre de terre en présence de Nicolas Papelard, curé de la paroisse.  

 

Vers 1650, St-Vincent-de-Paul présentait à la cure de Montaure. 

 

En 1651 à 1655, le sieur de Vigor, maître particulier des Eaux et Forêts, avait reçu pour son office, 2100  héritiers reçurent 2100 mesures de bûches ; ses héritiers reçurent 2100 l. pour pareille quantité de mesures de bûches.  

 

Vigor : d’argent, à aigle éployé de sable, au chef d’azur, chargé de trois étoiles d’argent.  

Les Familles Poirier d’Amfreville, Belot, Le Camus, et Le Cordier de Bigards, possédèrent ensuite la seigneurie de Montaure.  

 

M. Jean-Baptiste Le Cordier de Bigards, Président au Parlement de Normandie, obtint, en 1782, l’érection des seigneuries de Bourgthéroulde et de Montaure en marquisat de la Londe.  

 

Fief

 

Écroville. Jean d’Écroville fut en 1205, témoin d’une charte pour Bonport.  

De 1551 jusqu’à la Révolution nous signalerons parmi les seigneurs d’Écroville, Loys de Bigards, François de Bigards et Jean Baptiste François Le Cordier de Bigards. 

 

Établissements Religieux

 

Prieuré de Montaure [p. 542-543]  

 

Du temps de Richard II, duc de Normandie, Stigaud dit le Vieux, fonda le Prieuré de Montaure. En

1018, le duc Richard confirma la donation de son sénéchal, et donna lui-même une rente de : 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine. 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois[2]... Odon Stigaud, fils du précédent, maître d’hôtel du duc Guillaume, eut deux fils, Maurice et Robert, ce dernier voyagea en Orient, et revint en Normandie avec des reliques de Ste-Barbe. Maurice frère de Robert, pour recevoir et conserver dignement ce précieux trésor, détruisit le château de ses pères, dans sa terre d’Écajeul, pour y fonder une collégiale connue sous le nom de Ste-Barbe-en-Auge.  

Il eut deux fils, Maurice et Robert , qu’il perdit de son vivant. Après leur mort, il fonda, en 1063, à côté de l’église de Montaure, avec le concours de l'abbaye de St-Ouen, un prieuré  également dédié à Notre-Dame, auquel il donna tout ce qu’il possédait à Criquebeuf-sur-Seine avec l’eau, l’église St-Etienne-des-Tonneliers, à Rouen, 3 maisons dans la même ville, où demeuraient les potiers et enfin la terre de Turquetil de Limesy.

Le duc Richard II, confirma cette donation et donna lui-même au prieuré, une rente de: 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine, 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois, sur le domaine du Vaudreuil, avec 2 charretées de foin dans la prairie de Vaudreuil.

La construction de l’église et de la tour de Montaure suivit de près ; l’église, qui subsiste encore, est bâtie dans le style roman du XIe ou du XIIe siècle.

En 1184, les religieux avaient une rente de 10 l. qu’ils tenaient de la générosité du Roi.

Au milieu du XIIIe siècle, l’archevêque Eudes Rigaud, visita le prieuré de Montaure à différentes fois. La première eut lieu le 15 mai 1250. Le Prélat constata la présence de 4 moines, tous prêtres... Il leur ordonna d’observer les jeûnes. Ils ont 160 l. de revenu... Nous avons prescrit de donner plus largement l'aumône aux pauvres…

Cinq ans plus tard, nouvelle visite. L’archevêque constate qu’il n’y a plus que deux religieux, alors qu’il devrait y en avoir au moins trois. Il défend de laisser les femmes manger dans la maison.

Le 26 août 1258, nous avons, dit le  prélat, été hébergé à Montaure. Le lendemain 27, nous avons procédé à notre visite. Ils étaient trois moines. Il n’existait qu’un seul calice, tant pour les moines que pour le prêtre de la paroisse ; leurs revenus sont de VIIIxx livres. Frère Roger d’Andely était alors prieur du lieu, nous avons trouvé toutes choses en bon état.

Le 7 juillet de la même année, Eudes Rigaud célébra dans le prieuré de Montaure, le mariage de Guillaume de Prémery, son panetier, avec Jeanne, sa femme.

La dernière visite de l’infatigable archevêque au prieuré de Montaure, est du 13 mai 1269. Il n’y avait que deux moines au lieu de trois, Eudes Rigaud leur défendit de laisser les femmes entrer dans leur maison, etc.

Le 7 décembre 1339, Guillaume Saoul, prieur de Montaure, assistait aux derniers moments du célèbre Jean Roussel, dit Marc-d’Argent.

En 1397, Jean d’Oynel esc. et un certain nombre de bourgeois, s’étant rendus coupables d’injures et de voies de fait envers les religieux de Montaure, et ayant commis de grands dégâts dans le Prieuré, furent condamnés par l’Échiquier à faire amende honorable.

" C’était un jour de fête de Notre-Dame, la foire se tenant à Montaure... Ils s’étaient rendus au prieuré, (d’Oynel et ses complices), là, publiquement en présence de nombre de gens, ils s’agenouillèrent devant Dom Naguet, prieur, lui amendèrent les dits excès et maléfices, lui requérant humblement qu’il leur pardonnât ce qu’il fit, se relevant alors, on les vit entrer dans l’église du prieuré, y offrir leurs cierges, payer enfin, au prieur, 200 l. d’amende profitable.

Pendant les guerres de Religion le prieuré de Montaure fut pris par un sieur de la Personne, des mains duquel le retira Dom Alexis Durand, dernier prieur en règle.

Montaure tomba plus tard dans les mains de Baltazard Poidevin, qui porta le titre d’abbé de St.-Ouen, de 1620 à 1638.

Parmi les prieurs de Montaure, nous  citerons encore ;

Dom Jean le Cauf, Dom Laurent Alorge, Pierre de Godefroy, Jean Philippe.

 

Carmes déchaussés.

Au moment où le prieuré de Montaure s’éteignait, une autre fondation pieuse lui succéda.

La 5e garde de la forêt de Bord, appelée du Chastel, fut donnée par Louis XIV, aux Carmes-Déchaussés de Rouen, qui y construisirent une maison de leur ordre sous le nom du Désert de Notre-Dame du Secours.

La première pierre fut posée le 20 juillet 1663, par Messire Guy du Val, seigneur de Bonneval, chevalier, Président à Mortier au Parlement de Rouen.

En 1791, les capucins d’Andely furent envoyés à Montaure.

Le domaine de la Garde Châtel composé de 203 hectares dont un parc de 135 hectares, appartient actuellement à la veuve de M. Le Prou.

 

Léproserie.

On signale à Montaure en 1253, une léproserie qui avait une chapelle dédiée à St-Blaise.

 

MONTAURE. cant. de Pont-de-l’Arche à 140 m. d’alt. – sol : alluvium et craie. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche à la R. dép. n° 13. – Surf. terr. 1016 hect. – Pop. 1203 hab. – 4 cont. 9,235 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 5,347 fr . – * de Louviers. – Percep. et Rec, Cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Paroisse. – Presbyt. – Écoles spéc. de 82 garc. et de 80 filles. – 1 maison d’école. – 5 déb. de boissons. – 14 per. de chasse. – Dist. en kil. au ch.-l. de dép. 29 ; d’arr. 8 ; de cant. 9.

 

Dépendances, Blaquetuit, Écrosville, Les Fosses, La Vallée.

Agriculture, céréales, forêt.

Industrie, 2 fab. de poterie, – 1 tuilerie, tissage de draps chez les particuliers.

31 patentés.

 

 

[1] Arch. Seine-Inf.

[2] Ordéric Vital.

 

 

 

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L'origine de Montaure et de son nom

Montaure, album photos

Les châteaux de Montaure

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...