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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 22:59

Pont-de-l’Arche à l’occasion des fêtes de noël et du nouvel an

Une promenade à travers les rues. Un coup d’œil aux étalages* 

 

 

Noel-et-ses-decos.JPG

Les décorations de Noël dans la rue Président-Roosevelt en décembre 2012.

 

Nous voici revenus à la période de l’année qui nous ramène les fêtes de Noël et du Premier Janvier.

Aussi, dans les vitrines des marchands existe-t-il des choses merveilleuses, que contemplent, extasiés, des bambins de tout âge, de tout sexe et de toute condition. Il faut avoir eu l’âge de ces bambin-là ; il faut avoir, comme eux, connu ces joies puériles de l’enfance, cet abandon touchant des tout petits, dont le moindre jouet, fait naître sans les grands yeux étonnés, tout un océan d’extases, sèche une larme, et fait naître un sourire, pour comprendre ce que ces étalages de fin d’année, recèlent pour eux d'espérances et de charmes ; de désirs aussi, jamais inassouvis... ? 

Que ne voyons-nous pas, au hasard de nos promenades, le long des magasins, au milieu d’une troupe bambins qui les dévorent des yeux depuis les mignonnes poupées aux yeux de rêves :

Tous jolis, tous aimés, tous beaux,

Des yeux sans nombre ont vu l’aurore...

Dans la vitrine qui les recèle, attendant la mignonne aimée, qui les dorlotera, à la lueur des ampoules électriques qui leur font comme une auréole, elles regardent de leurs grands yeux étonnés, les mignonnes poupées blondes, ou brunes...

Puis, c’est toute la gamme des jouets : toute une ménagerie d’animaux en miniature ; des automobiles minuscules, attendant que leur heureux possesseur des lance sur quelque circuit de rêve... ; des petits ménages microscopiques, pour de petites poupées lilliputiennes... très peu de panoplies : on en a assez de la guerre !... et les canons, et les fusils d’antan, sont relégués pour le moment au magasin des accessoires...

Voilà ce que vous verrez si le hasard de vos promenades vous conduit, rue de Paris, au magasin de Mme Vve Blot.

Dans la même rue, chez M. Chantepie, bijoutier, c’est tout autre chose ; dans un éblouissement, dans un scintillement, dans un ruissellement de mille facettes, des bijoux sans nombre étincellent...! Des feux multiples de pierreries et des cascades de perles rivalisent de luxe et d’élégance. Il y en pour toutes les bourses et pour tous les âges, et leurs charmes tentateurs, vont bien des regards et bien des sourires ?...

Si nous nous acheminons ensuite, vers la place Hyacinthe Langlois, dont le buste regarde placide et débonnaire, défiler la file interminable des autos, allant vers... l’inconnu !... nous distinguons chez M. Briard et chez Mlle Porte, une avalanche de choses neigeuses, qui rivalisent de blancheur, avec la neige fraîchement tombée des espaces célestes. Parfois, un ruban minuscule, met sa note rose ou bleu d’azur, sur toute cette gamme de couleurs, sur toute cette débauche de blancheurs, sur lesquelles de fines broderies, mettent leur fin réseau...

Là, encore, vont les regards de bien des filles d’Ève ! plus d’une s’extasie devant ces beautés, et se voit... en rêve, parée d’un de ces riens charmants qui sont grâce de la  femme...

Une mention, en passant, à la pâtisserie et chocolaterie Dartois, dont les bonbonnières, les coupes, et les boîtes ciselées avec art et qui contiendront les chocolats, les fondants et les pralines, sans oublier, les marrons glacés, de succulente mémoire, satisferont les plus difficiles...

Une mention aussi, au magasin si coquet, tenu par Mme Énault, dont la maroquinerie, la bimbeloterie, et la mièvrerie des bibelots rivalisent de fraîcheur et d'élégance.

 

 

* Texte de J. Leroy publié dans L’Industriel de Louviers du 24 décembre 1932.

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 22:18

Comme dans tous les terroirs, les habitants de Pont-de-l’Arche et sa région se donnaient des sobriquets, des surnoms. Aujourd’hui inusités, ils sont encore dans les mémoires et prêtent à sourire tant ils sont imagés, croquants voire loufoques. Quels sont-ils ? A quoi servaient-ils ? Que nous apprennent-ils ?

 

Fete-a-Jules2.jpgLa "fête à Jules" dans les années 1950 ; une festivité - organisée par l'association de pêche La Carpe - qui démontre la richesse de la sociabilité à l'échelle communale : ici la rue Président-Roosevelt pleine de monde pour le défilé. Au-delà des festivités, la sociabilité était quotidienne. Elle était le creuset d'une culture populaire qui s'exprimait notamment par le Pontdelarchiais, patois local, et les sobriquets. Merci à Gérard Desmaret pour cette photographie. 

 

Méthode

Depuis le début de nos travaux d’histoire sur Les Damps et Pont-de-l’Arche, en 2002, nous entendions parler de sobriquets, principalement lors d’une trentaine d’entretiens réalisés avec des personnes âgées natives des Damps ou de Pont-de-l’Arche. Certaines nous ont parlé de listes de sobriquets chez telle ou telle grand-mère, sans que quiconque ne les retrouve. Rapidement est née l’envie de lister les quelques sobriquets dont se souvenait chaque personne. Nous avons ainsi rassemblé près de 145 sobriquets reproduits en fin d’article. Les anciens nous ont précisé que chacun portait un sobriquet. Notre liste est donc un faible échantillon. Elle nous a néanmoins permis d’étudier cette pratique que nous apparentons au parler local, le Pontdelarchiais (voir sources) sur lequel nous reviendrons. Nous n’avons pas souhaité divulguer l’identité des personnes qui portaient ces sobriquets car ceux-ci sont le plus souvent moqueurs et pas tout à fait révolus en 2012... Nous nous sommes plutôt intéressés aux anecdotes qui ont forgé ces surnoms et aux raisons qui les ont fait perdurer.

 

Définition

Le dictionnaire de Wikipédia donne ce rapide historique de l’emploi du mot sobriquet : « L’étymologie de ce mot est inconnue. Son sens évolua de « petit coup sous le menton » (attesté en 1355 et 1398 sous la forme « soubriquet ») puis « raillerie », « moquerie » (sens fréquent au XVIe siècle) pour donner le sens de « surnom » attesté en 1531. Article consulté le 14 décembre 2012.

 

Les sobriquets : un phénomène social

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les sobriquets impliquaient tous les Archépontains. Si des surnoms éphémères étaient forgés, les sobriquets étaient donnés à vie. Certains désignaient même des familles à partir du surnom d’un aïeul réputé. Les sobriquets étaient même le principal nom sous lesquels des gens, y compris très proches, étaient connus. Un cinquantenaire des Damps n’apprit le réel prénom de son grand-père qu’à l’enterrement de celui-ci, son sobriquet étant un simple prénom de baptême. Les sobriquets exprimaient donc un besoin de personnaliser les noms, ce qui illustre la proximité entre les habitants, voire la permanence des contacts entretenus en ce temps où l’on travaillait le plus souvent dans sa commune de résidence et où l’on ne partait ni en vacances ni en weekends.

 

Mais pourquoi remplacer les noms de famille ?

 

Ancien Régime : le sobriquet à l’origine des noms

Nous avons écrit que les sobriquets étaient plus utilisés que les noms réels qui, parfois, étaient parfaitement inconnus. Ce phénomène a été une constante de l’histoire. Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle que le nom de famille devint héréditaire en France. La croissance urbaine et l’émergence des documents de contrôle tels que les rôles de fouage (un impôt ancêtre de la taille) expliquent ce besoin des autorités d’identifier les sujets. Les surnoms donnés aux familles devinrent officiels et donc héréditaires. Cependant, cette officialisation ne mit jamais fin à la création et à l’utilisation des surnoms. C’est ce que démontrent les registres paroissiaux de Tostes au XVIIIe siècle étudiés par Max Masson (voir sources). Mouchard était un nom très courant dans ce village, et donc insuffisant pour identifier chaque l’individu. Ainsi l’officier d’état-civil accola le sobriquet d’un membre de cette famille en le nommant « Mouchard-dit-Greffier ». Puis ce nom fut résumé en Mouchard-Greffier et subsista sous cette forme durant quatre générations. Il s’inversa même en « Greffier-Mouchard ». Nous voyons que l’officialisation des surnoms a créé les noms de familles que cela ne s’est pas fait en un jour. De même, à Tostes, on désigna un Martin grâce à son lieu d’habitation ce qui permit d’écrire dans les registres de l’état-civil Martin-dit-Dupray. Ce nom se simplifia en Martin-Dupray, s’inversa en Dupray-Martin selon le procédé vu ci-dessus et, enfin, devint Dupray tout court... Ceci est l’un des derniers exemples de transformation de sobriquet en nom.

 

Mais à la Révolution les registres paroissiaux furent remplacés par un état civil officiel assuré par les mairies… Changea-t-il la donne ?

 

Le sobriquet résiste à l’état civil républicain

On aurait pu penser que la mise en place d’un état civil strict à la Révolution aurait sonné le glas des surnoms officieux. Il n’en a rien été. Les noms officiels restèrent encore secondaires dans le langage courant comme le montre Lucien Barbe vers 1875 dans la région de Louviers (voir sources). Dans son ouvrage Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et alentours, l’auteur définit « une grade », un synonyme local de sobriquet : « Deschamps c’est pas not’ nom, c’est une grade, mais je mangeons pus de pain à Deschamps qu’à Galle qu’est not’ nom ». De même à l’article « manger » Lucien Barbe explique que l’expression manger du pain à un nom signifie être appelé par ce nom : « Il mange plus de pain à Talmouse qu’à Durant signifie qu’il est plus souvent appelé Talmouse que Durand ». Autre preuve que le langage administratif n’avait pas éteint le langage courant, ici appelé patois normand, les noms de famille étaient alors encore considérés comme des adjectifs, c’est-à-dire, comme des mots faisant sens en eux-mêmes. Ainsi, dans le foyer de chez monsieur Le Fort vivait la famille La Forte. La femme de monsieur Le Grand était madame La Grande.

 

Quel était l’intérêt de maintenir des sobriquets alors que les noms et prénoms étaient clairement établis par l’état civil ?

 

Pourquoi employer des sobriquets à vie ?

Pour nous qui ne donnons plus de sobriquets, on peut se questionner sur les motivations de nos ancêtres. Notre liste de sobriquets démontre leur envie de s’amuser en attribuant des surnoms fleuris et moqueurs rappelant des anecdotes amusantes, un trait de caractère ou un aspect physique… Une référence amusante, donc, sauf peut-être pour la personne ainsi désignée. Un autre intérêt des sobriquets est illustré par une délibération du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche du 24 décembre 1803 qui désigne le maitre de pont et ses aides : « Germain Riberpré aîné, Louis Lambert, François Riberpré, Nicolas Gonnord, Riberpré dit Dombresque, Pierre Gonnord dit la Violette, Michel Vallet, Guillaume Grenier, Jacques Morel, Antoine Gonnord, Jacques Prévost dit Matelot, Antoine Langlois, Boniface Riberpré, Tanvin (?) Riberpré ». Il suffit de voir revenir aussi souvent les noms de Riberpré et Gonnord pour comprendre l’intérêt des sobriquets et ce d’autant plus que les prénoms de baptême variaient alors assez peu. Plus précisément, les sobriquets rappellent un trait de caractère, un aspect physique, des déboires très personnels qui font rigoler les autres. Leur simplicité, leur caractère très personnel permettent d’identifier de très nombreuses personnes dans le quartier, dans la ville. Ils témoignent d’une sociabilité où les rapports humains sont denses, qu’ils soient agréables ou pas. Comme nous l’avons écrit plus haut, le sobriquet permettait parfois d’identifier des familles à partir du surnom d’un aïeul bien connu.  

 

Mais qu’est-ce qui a pu mettre fin à l’usage des sobriquets, alors profondément ancrés dans les usages ?

 

La fin des sobriquets ou le changement profond de la sociabilité

Les sobriquets ont survécu une génération au Pontdelarchiais, le patois local (voir sources). Leur usage dans toute la ville s’est néanmoins perdu après la Seconde guerre mondiale. Les gens du cru ne les ont pas oubliés pour autant. Ils ont été encore été utilisés dans les cercles familiaux et, parfois, pour taquiner ou dénigrer quelqu’un dans la ville, quand ce n’était pas un lapsus. Ils ont disparu avec les anciens, ceux de la génération que nous avons interrogée. Leurs enfants se souviennent encore de quelques sobriquets, souvent les mêmes. Certes des surnoms continuent d’exister dans les sphères familiales et amicales, mais ils n’ont pas cours dans toute la ville et n’ont donc pas la même fonction que les sobriquets qui nous intéressent. La fin des sobriquets et du Pontdelarchiais illustre la transformation profonde de la sociabilité communale. Désormais, les contacts sont plus rares et, surtout, moins continus : la majeure partie des habitants vit dans des quartiers pavillonnaires et non dans le centre-ville et la promiscuité que vivaient nos ancêtres. Avec la fermeture de nombreuses usines (principalement de chaussures), rares sont devenus les voisins qui travaillent dans la même entreprise et qui se côtoient donc le plus clair de la journée. Les loisirs sont devenus individuels, très souvent tournés vers l’intérieur du foyer ou vers les séjours à l’extérieur de la ville, voire du pays. La rue archépontaine est ainsi moins remplie, tout comme ses cafés, ses fanfares, sa paroisse, ses fêtes traditionnelles… Les habitants quittent la ville pour aller dans des grandes surfaces, parmi des inconnus, alors que leurs ainés allaient quotidiennement dans les petites boutiques du centre-ville. En somme, rares sont devenus les habitants ayant – ou se donnant – les moyens de vivre une riche sociabilité à l’échelle communale malgré les nombreuses animations proposées par la mairie, les associations et la présence de boutiques… Les sobriquets parlent donc d’une époque où rares étaient les anonymes dans la ville : même sans connaitre le nom de la personne, elle était repérée, identifiée.

 

 

    A lire aussi :

    Sobriquets des habitants de la région de Pont-de-l’Arche

 

 

Sources documentaires

 - Barbe Lucien, Le dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et alentours, 1877, réédité en 1998 par Page de garde, Saint-Aubin-lès-Elbeuf, 127 pages ;

 - Launay Armand, Le Pontdelarchiais, parler de Pont-de-l’Arche ;

- Masson Max, L’histoire de Tostes par Tostes pour Tostes, [ca 1985] ;

 - Ville de Pont-de-l’Arche, délibérations du Conseil municipal.

Lexique de sobriquets d’habitants de Pont-de-l’Arche

 

Adjudant (l’) : une femme qui refusait même qu’on parle le Pontdelarchiais.

Adoré (l’) : sobriquet d’un sergent de Gendarmerie qui devait apprécier cet hommage ironique à ses vertus militaires.

Beau gland :

Bérot : …

Bête-à-puces : certainement quelqu’un qui faisait des économies de savon.

Beubeur : écrit Bobor sur une publicité de 1926. Nom peut-être dû à proximité de la forêt de Bord vu que celui qui le portait vivait à la ferme du Bon-Air.

Bisteuquette : c’est moins le sens du surnom que ce qui l’a inspiré qui intrigue ici...

Bite eud’ fer : …

Blanc-d’Espagne : une spécialité d’un pilier de bar ?

Bois-sans-soif :

Bousique : comme une ode à la bouse…

Brouette-à-boyaux (la) : cet homme avait un ventre généreux au point de pouvoir reposer sur une brouette, outils que l’homme en question poussait souvent.

Café-au-lait : encore une habitude bistrot (voir à Cafés-noirs, aux Damps).

Caloupette (la) : un alcoolique notoire qui s’est roulé au moins une fois sur la place Aristide-Briand.

Canasuc : homme qui partit en voilier aux « Isles » où l’on cultive la canne à sucre.

Capitaine-tralala (le) : cet homme était un capitaine de remorqueur qui aimait être élégant. On disait alors de lui qu’il était sur son trente-et-un ou, autrement dit, sur « son tralala ».

Caporal : surnom d’un couple. On disait de leur fille « C’est la fille à Caporal ».

Caramel : un gourmand ?

Carnera : référence au nom d’un célèbre boxeur.

Casque d’or : surnom donné à un rouquin.

Catte en chaleur (la) : …

Cayenne (la) : …

Chatouillante (la) : femme qui devait se vexer plutôt facilement.

Ch’fal-en-viande : homme plutôt bien en chair.

Chiasse (la) : surnom explicite encore donné aujourd'hui, à d’autres…

Cinoquet : ?

Cirage : …

Copain-vert : homme qui a eu plusieurs fois la goutte au nez. C’est imagé.

Coucou-du-bord-de-l’eau (le) : une femme connue pour sa pratique assidue du commérage.

Coucouille : quelqu’un de peu malin ?

Couillou (les frères) :

Croute-de-pain : …

Cul-d’ beurre : y en eût-il un pour s’en assurer ?

Cul-d’ brique : un arrière train solide ou aux muscles saillants ?

Cul-d’ brouette : surnom d’un maraicher.

Cul-d’ lapin : homme aux hanches fines.

Cul-pointu : …

Cul-rouge : …

Dare-dare : un homme qui était r’morqueur de péniches sur la Seine.

Diable (le) :

Dix-heures-dix : patron d’usine de chaussures qui marchait en canard, les pieds étant illustrés par la position des aiguilles dans le cadran.

Domino : une activité caractéristique de la période.

Emile Quin qu’à l’eau : …

Espion (l') : un Archépontain propriétaire d'un jardin au Val des Damps surveillait son bien alors qu'il fut surpris par des soldats allemands pendant être eux-mêmes surveillés.

Feu-rouge : un homme au teint rougeaud…

Fiquette : …

Fleur (la) : surnom d’un fleuriste...

Froufrou : une dame élégante.

Gadoue (la) : femme qui fouillait les poubelles, alors parfois pleines de suie.

Grain-d’sel : « Tu vas pas y mettre ton grain de sel ! » Un homme se mêlant de toutes les affaires.

Grande-porette (la) : de poireau ?

Grenadiers : un président d'honneur de la fanfare. Il demandait souvent en braillant : « Jouez-moi les Grenadiers ! Jouez-moi les Grenadiers ! », le nom d'une chanson.

Gros-fifi : un patron d’une petite usine de chaussures demanda à un jeune de lui chercher du Gros-filet, qui était le nom d’un tabac à priser. Or, le jeune revint effectivement avec du gros filet... mais à pêche, sous le regard évidemment compréhensif de ses collègues.

Gros-quinquin : peut-être donné à un homme qui avait l’habitude de caresser un gros chien en l’appelant ainsi.

Guigneul : surnom d’un enfant qui bougeait tout le temps. Il changea de nom plus tard en même temps qu’il changea de loisirs : Nez rouge, plus bas dans le lexique.

Hareng-saur : une habitude alimentaire ici… croquée.

Henri de l'hôtel : un tenancier du disparu Hôtel de Normandie.

Ingénieur (l’) : un Archépontain désigné ainsi par ses collègues du parc à bois de la SICA (Alizay) où il disait tout savoir et avoir tout vu.

Japon :

Jaunes (les) : un sobriquet qui annonce la couleur...

Julia-mille-gueule : vendeuse sur le marché.

Libellule (la) : …

Limace (la) : une flèche, certainement...

Ma-canette :

Madam’-Hareng : femme qui allait souvent chercher du poisson. Or, un jour, alors qu’elle était à l’usine, sa machine commença à faire des étincelles. Elle prit peur et s’enfuit en courant sans oublier ses deux sacs qui, sous les secousses, déversaient dans l’atelier les poissons fraichement acquis...

Maquâ (les) : nom d’un homme qui s’était fait mordre le nez par un petit cochon qu’il avait gagné à la fête du village (elle se trouvait alors sur la place du Souvenir). De maquer : manger, mordre, en normand.

Marat :

Marcel-gros-nez : un sobriquet qui parait sortir tout droit de la cour de récréation.

Maria-la-fleur : dame portant une cicatrice sur la joue.

Marie-Valentin : …

Mazaro : un homme drôle, parait-il.

Menton-d’galoche : un physique avantageux... pour les moqueurs !

Misaères (les) : famille de commerçants aisés qui se plaignaient tout le temps.

Moiniau-rouge :

Moiniau-vert :

Mon-p’tit-bésot : employé dans le cadre familial. Un jour, une femme attendait la visite d’un de ses neveux, le p’tit bésot en question. Or, un autre membre de la famille, bien adulte celui-là, frappa à la porte. Alors la bonne femme ouvrit la porte en disant « entre mon p’tit bésot ! ». Et depuis, cette expression est restée dans la famille.

Napoléon : un tout petit homme.

Nez-rouge : un homme de grande réputation…

Odette-pénin :

P’tit-quinquin : avait-il des liens de parenté avec Gros-quinquin ? 

Pacro (les) : surnom donné à toute la famille du Père pacro.

Pénette-de-pie : une réputation peu virile.

Pénette-de-v’lour : ce sobriquet appelle sérieusement à s'interroger sur les circonstances qui l’ont inspiré... 

Perdrix : un chasseur ?

Père-Bâton (le) : c’était le surnom d’un garde-champêtre. On a tout simplement conservé son nom de famille en accolant l’expression normande : l’ père

Père-carabi (le) :

Père-la-Saint-Anne (le) : sobriquet forgé à partir de déboires sentimentaux ayant eu lieu durant la fête Sainte-Anne. 

Pétard-au-cul : aurait été donné suite à son affolement lorsque des pétards ont explosé dans sa boite aux lettres.

Petite-ponette (la) : désignait une personne frêle.

Pétrusses (Les) : ...

Pinot : venait-il des Charentes ? ou, tout simplement, appréciait-il certaines productions liquides de cette région ?

Poil-de-careute : un rouquin ?

Poil-de-brique : cette expression isolait la nuance de couleur capillaire située entre le roux et le châtain clair.

Pop’line : nom d’un tissu. Ce nom est certainement lié au fait que l’homme qu’on désignait ainsi était chauffeur de taxi, soucieux de l’aménagement intérieur de son outil de travail.

Pouchin : poussin, en normand.

Poule-de-soie : une femme qui aimait les vêtements délicats ?

Poulou : de « loup », une référence aux yeux rouges ?

P’tit-bon-Dieu (l’) : un homme si avenant qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession ?

Qua-qui-brule (l’) : anecdote relative au Qua-qui-miaule (voir ci-dessous) qui prit feu un jour de fête. Alors, évidemment, les croquants s’exclamèrent : « Tiens ! Y a le qua qui brule ! »

Qua-qui-miaule (l’) : une mère demanda à son enfant d’aller chercher un fromage nommé « Vache qui rit » à l’épicier du coin. Le petit retint mal et le nom et demanda à l’épicière  un « qua qui miaule ! » C’est une des versions de l’origine de ce sobriquet très connu. Autrement, il s'agit peut-être d'une référence locale à une chanson interprétée par Fréhel, chanteuse française d'avant la Seconde guerre mondiale : Un chat qui miaule.

Quinquin : de quin, un chien.

Querbettes (les) : ou, selon une autre prononciation, les garbettes. A rapprocher du mot normand gambettes (les jambes) ou lesguerbettes (les petites gerbes) ?

Roi-du-bout-dur (le) : expression typique des ouvriers de la chaussure. Le bout dur est la partie bombée qui forme l’avant de la chaussure, composée d’un cuir fortement durci. Néanmoins, il est très probable que les auteurs de ce surnom aient joué sur une équivoque moins dicible.

Roucoule : un homme faible devant la gent féminine ?

Six-douzaines : nom du patron d’un café qui eut le malheur de réitérer en public à sa femme qui lui demandait combien d’huitres elle devait prendre pour le soir : « Six douzaines ! »

Sœurs-fléchettes (les) : sobriquets des infirmières.

Souris (la) : …

Sous-marin-vert (le) : une bande de copains jeta un des siens à la rivière.  L’infortuné ne remonta pas de suite à la surface, d’où le Sous marin, et lorsqu’il sortit de l’eau il était couvert d’algues.

Sucre-bien : encore un qui devait fréquenter les bistrots.

Tailleur : homme qui eut le malheur de se faire surprendre par un proche en train de recoudre un bouton.

Tête tremblante (la) : un Archépontain dont la tête balançait de droite à gauche...

Ticra (les) : Les petits crabes. La famille qui portait ce nom l’a « pêché » en allant à la rocaille sur la côte. Elle en ramena des petits crabes, notamment, dont elle eut le malheur de parler... T’as t’y vu mes ti cras ?

Titif-’ti-couillon : désignait un coiffeur.

Tutur : de voiture ?

Zoute (la) : serait une déformation de « la goutte ».

Lexique de sobriquets d’habitants des Damps

 

Bambino : référence à la chanson de Dalida ?

Bouquéton : est-ce que cela à voir avec le bouc ? Ou son odeur ?

Brigadier : surnom d’un homme qui voulait faire la loi dans sa rue…

Cafés-noirs (les) : nom de bistrot certainement individuel à l’origine. Ce sobriquet s’est transformé en Café au lait. Est-ce une adaptation au quotidien ?

Chapeau-d’tôle : un homme têtu ?

Chatons (les) : l’origine est obscure. Ce sobriquet désigne les membres d’une famille nombreuse des Damps et de Léry. Aux Damps, il a surtout désigné les deux tenancières de l’épicerie de la rue des Carrières. Les enfants qui allaient chercher des bonbons disaient alors : « On va aux Chatons ! »

Chat-qui-pond : c’est un surnom d’enfance donné à un élève qui demanda tout simplement si les chats pondaient pour mettre des petits au monde. Les camarades ne furent pas très compréhensifs…

Coucou : sobriquet d’un homme qui sifflait beaucoup et qui aurait, ainsi, laissé son nom à une rue des Damps.

Golden : nom donné dans les années 1970 à un homme qui prit une pomme dans une cour. Or le propriétaire voulut le planter de sa faux. Ses amis vinrent à sa rescousse... mais seulement pour le rebaptiser.

Groboir : sobriquet qui figure sur l’acte d’inhumation d’un Dampsois du XVIIIe siècle dont la réputation était faite.

Mère-soulier (la) : …

Mimi-Pinson : pour une femme qui chantait bien. Elle était gaie comme un pinson, en somme.

Père-chevreuil (l’) : l’homme que l’on nommait ainsi chargeait le bois en forêt de Bord et le transportait grâce à des chevaux afin de le débarder sur les berges de la Seine. Le chevreuil est gracieux, mais surtout agile comme l’est le débardeur qui saute entre les futs et qui passe une bonne partie de sa journée dans les bois.

Père-pacro (l’) ou père-caluhaut : le premier terme est peut-être une déformation de maquereau et le second est une référence à un des grands plaisirs de ce pêcheur de caluhaut, un poisson remontant, de nuit, le courant de la Seine jusqu’à Poses.

Radis (les) : … 

Roselyne-tabac : membre d’une famille où deux femmes s’appelaient Roselyne et tenaient un bar… tabac !

Sheriff (le) : sobriquet donné par les enfants qui essayaient de jouer dans une rue sans trop se faire gendarmer par leur voisin.

Torpille (la) : ce sobriquet trouve son origine sur le terrain de foot où l’homme en question était très rapide.

 

 

 

Lexique de sobriquets d’habitants de Criquebeuf-sur-Seine

 

Bout-de-mine : …

Bruleurs-d’âne (les) : sobriquet des Criquebeuviens. Il date de la fin du XVIIIe siècle et prend sa source dans d’obscures explications. La légende narre que les habitants de Criquebeuf, grands amateurs de fête, voient arriver  d’un mauvais œil l’austérité du maigre Carême. C’est pourquoi, ils font un joyeux carnaval le jour du Mardi-gras. Mais, cependant, ils trouvent quand même trop triste la fin du Mardi-gras et le prolongent le Mercredi des Cendres par de folles libations. Mais, un jour, rien n’y fit, envoutés dans la folie du carnaval des habitants se livrèrent à de véritables bacchanales et remplacèrent le traditionnel pantin par un âne qu’ils offrirent en sacrifice à la fête... 

Cageot : nom de maraicher qui, comme tous les autres, vit au milieu des cageots.

Careute : nom donné à un maraicher, encore un.

Catouillette : …

Colinette :

Cul-béni : …

Cul-bleu : l’homme à qui on attribuait ce sobriquet était un maraicher portant des salopettes rapiécées avec des bouts de tissus bleus.

Mâqueux-d’careutes (les) : c’est un sobriquet archépontain qui désignait les habitants de Criquebeuf, eux qui étaient si nombreux à travailler dans les maraichages… En Français, il signifie les mangeurs de carottes…

Paillasse : …

Patinette : quelqu’un qui faisait de petits pas.

Petit-prince : …

Place-ton-pied :

Queue-d’nœuds :

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 22:12

A lire aussi : 

Les sobriquets à Pont-de-l'Arche et sa région : étude sur les surnoms que se donnaient les anciens habitants

 

 

« Mais prête aussi l’oreille à l’argot des commères

Bourdonnant à tes pieds aux étaux du dimanche,

A leur langue salée, à l’invective amère

Lancée en bon patois, les deux poings sur les hanches,

Et tu reconnaîtras par ce verbe gaulois,

Le sang fier de la race aux illustres exploits

Dans les veines d’enfants des « machons » d’autrefois. »

 

 

Edmond Spalikowski, Pont-de-l’Arche d’hier et d’aujourd’hui, 1930.

 

           Edmond Spalikowski adressait ces mots poétiques à Hyacinthe Langlois, dont le buste trônait au milieu de la place qui porte aujourd’hui son nom, à Pont-de-l’Arche. Et quel témoignage nous laisse ici Edmond Spalikowski ? Nos ancêtres de Pont-de-l’Arche ne s’exprimaient pas en français, mais en patois… C’est que montra aussi Octave Mirbeau, qui vécut de 1889 à 1893 aux Damps, dans certaines de ces nouvelles et principalement celle qu’il intitula « Le rebouteux » où Jacques-Éloi Latorne, le rebouteux en question, ne parle pas un français très académique. Mais, en quoi consistait ce moyen de communication qui était parfois appelé « Pontdelarchiais » et dont nous conservons le nom ?

 

Le Pontdelarchiais fut le langage des ouvriers de Pont-de-l’Arche mais aussi des commerçants et des notables. Ceux-ci l’utilisaient moins spontanément en société, voire pas du tout mais le comprenaient. Ce parler était le langage vernaculaire, c’est-à-dire de tous les jours, d’une majorité d’Archépontains avant la Première Guerre mondiale. Seule une minorité décroissante de la population continua à le pratiquer jusqu’à la Libération. Puis il cessa d’être utilisé en public.

À la différence d’une langue, un parler n’a ni grammaire ni écriture. Le dialecte non plus mais il est pratiqué dans une plus vaste région que le parler. C’est pourquoi nous appelons parler le langage autrefois usité à Pont-de-l’Arche.

Mais, comment avons nous trouvé trace de ce parler ? Aucun texte ne se rapporte directement au parler de Pont-de-l’Arche. Seule l’étude de Lucien Barbe, Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et dans les environs, publiée dans les bulletins de la Société d’études diverses de Louviers, au début du siècle dernier, et rééditée plus récemment par les éditions Page de garde, nous informe de ce que fut le parler normand de la région de Louviers. Ensuite, quelques mots écrits par Octave Mirbeau et Edmond Spalikowski, comme nous l’avons vu, nous renseignent un peu sur ce sujet.

 

Principalement, ce sont les témoignages oraux qui nous ont permis de dresser un petit lexique de termes et d’accents archépontains. Nous avons ensuite comparé les témoignages oraux aux éléments de l’étude de Lucien Barbe afin de définir s'il y a concordance entre les lexiques. 

Alors, en quoi consistait le Pontdelarchiais ? Quelle place occupa-t-il dans le temps et, surtout, dans la sociabilité de la ville ?

 

Maurice-Delamare--13-.JPGDes habitants posant pour la photographie dans la rue Maurice-Delamare, vers 1910. Au fond, on aperçoit les ouvriers de chez Marco. Les ouvriers de la chausure, comme toutes les classes populaires, étaient des locuteurs du Pontdelarchiais.   

 

           En quoi consistait le Pondelarchiais ? 

En 2005, date de réalisation de cette étude, plusieurs dizaines de personnes se rappellaient avoir entendu le Pondelarchiais. Certaines l’avaient parlé ou en avaient hérité quelques mots. Cependant, le vocabulaire ne leur revenait pas spontanément en mémoire car il y a longtemps qu’il ne servait plus à communiquer, même en famille, hormis quelques mots utilisés comme un clin d’œil complice et amical adressé aux amis de longue date.

En effet, le Pontdelarchiais était le ferment d’une identité populaire locale. Il n’y a pas eu de ségrégation à proprement parler entre horsains et Pontdelarchiens, terme populaire par lequel se désignaient certains locuteurs du Pontdelarchiais, mais simplement des relations plus complices et la reconnaissance d’être un « vrai » Pontdelarchien... Ceci rejoint un aspect de la sociabilité propre aux villages, aux petites villes et aux quartiers : la restriction de l’appartenance à une communauté selon la naissance et selon un contact quasi quotidien. Les vieux Archépontains définissaient comme étant de Pont-de-l’Arche les personnes nées d’Archépontains (seul un parent des Damps ou de Criquebeuf n’était pas vu comme étranger à la ville). Les personnes venues d’ailleurs inspiraient souvent une réticence au contact qui pouvait perdurer à vie.

Nous distinguons donc ici deux types d’habitants :

- les Pontdelarchiens, membres des familles implantées de longue date dans la ville ;

- les Archépontains, nouveaux habitants issus de l’extérieur. Ce terme s’est échappé d’un livre comme le montre sa construction toute artificielle. Cette dimension n’est pas anodine : autant Pontdelarchien est un terme oral, officieux et sans orthographe, autant Archépontain montre la volonté de désigner de manière officielle, neutre, les habitants de la localité.

            Quant au terme de Pontdelarchiais (prononcez pond’larchié), il exprime volontairement une vulgarité, appréciée et revendiquée, comme le laisse entendre la dernière syllabe. Les anciens locuteurs du Pontdelarchiais, ou les témoins avertis, en sourient et partagent cette connivence quand ils évoquent ce qu’ils appellent un argot, voire un accent. C’est un langage châtié que l’on peut comparer au « purin » des ports (au Havre, notamment), du même registre, exprimant lui aussi la vulgarité d’un langage un peu râpeux qui ne plaisait pas à tous. Nous avons aussi ressenti cette vulgarité affichée dans le dégout de certaines personnes lors d'entretiens. Le rejet est net et exprime une non-appartenance à cet usage. 

Les habitants des Damps, de la vallée de l’Andelle et les Rouennais reconnaissaient ce qu’ils appelaient l’ « accent de Pont-de-l’Arche » et qu’ils distinguaient aisément du Cauchois ou de l’argot. 

 

 

Quels étaient le vocabulaire, l’accent et les origines du Pondelarchiais ?

          Lorsque l’on regarde les mots qui forment le lexique du Pontdelarchais (annexe I), la première chose qui frappe est l’accent et le vocabulaire normands. Il suffit de les comparer avec les mots précieusement sauvegardés par Lucien Barbe (annexe II) pour se rendre compte de nombreuses similitudes.

           Dans les deux cas, les cauchons désignent les chaussons ; le sérugien désigne le chirurgien et l'on retrouve la présence - étonnante - de mots d’origine allemande : choumaquer et choumacre désignant respectivement la réparation des chaussures et le cordonnier. Le lien entre le Pontdelarchiais et le dialecte normand local est net et n’étonnera personne. Le Pontdelarchiais apparait comme une survivance urbaine d’un parler local. 

Mais les mots argotiques sont nombreux, comparativement au nombre de termes répertoriés. Ils semblent traduire deux choses. Premièrement, étant encore employés de nos jours, ils sont revenus plus spontanément à l’esprit des personnes interrogées. Deuxièmement, car les gens n’ont pas pu se tromper, ces termes argotiques faisaient partie du Pontdelarchiais. Il semblerait que le Pontdelarchiais ait été un mélange entre le dialecte local et l’argot des ouvriers dont les éléments ont survécu à l’extinction du dialecte.

Relativisons quand nous parlons d’extinction du dialecte car, encore de nos jours, nombreuses sont nos expressions qui relèvent plus du dialecte que du français académique.  

Néanmoins, si un vocabulaire et un accent local demeurent, la communauté des locuteurs du Pontdelarchiais a bel et bien disparu. Abordons ici quels ont été les moteurs de cette disparition.

 

            Expliquer la disparition du Pondelarchiais 

L’instauration de l’Éducation nationale, à partir de 1880, a accentué la disparition des dialectes en permettant aux nouvelles générations d’employer un nouvel outil d’expression : une langue. Cette langue, le français, devait être un outil d’insertion pour celui qui – comme de plus en plus de personnes – était amené à déménager. Cette politique d’éducation fut louable mais pécha par son libéralisme : elle laissa l’initiative aux parents de transmettre leurs savoirs, y compris linguistiques. Comme le préconisait Condorcet pour l’héritage religieux dans son Premier mémoire sur l’instruction publique, en 1792 : l’État se doit de fournir une éducation commune aux enfants de la Nation tout en laissant aux parents de choix d’instruire leurs filles et fils dans la foi ou l’idéologie qu’ils trouvent judicieuse. Les dialectes, plus que les religions, furent souvent négligés par les parents.

En effet, les dialectes ont été dévalorisés car ils n’étaient pas l’apanage des élites. Expressions des gens du peuple, ils passèrent pour un handicap frappant les exclus de l’ascension sociale. Or, la communication, et donc la maitrise de la langue des élites, compte parmi les outils de promotion individuelle. Nombreux furent les parents qui jugèrent inutile d'apprendre le dialecte, jugement renforcé par des instituteurs considérant que celui-ci était un frein aux études.

Qui plus est, le normand parlé dans l’Eure disparut assez rapidement car il était en contact direct avec Paris et il présentait de nombreux points communs. Le normand influença – et fut influencé – par le français depuis le Moyen Age ; d’où le fait que l’apprentissage du français se passa sans autre difficulté que la perte d’une habitude et l’utilisation d’un vocabulaire différent.

L’émergence de la culture écrite a largement contribué à la perte des dialectes qui vivent dans l’oralité. C’est que démontre, encore de nos jours, la difficulté de les utiliser à l’écrit. Mais, modérons maintenant le propos. Les dialectes n’ont pas tous disparu. Certains d’entre eux ont réussi à se maintenir suffisamment longtemps, généralement loin de Paris et dans un tissu social populaire, pour être remis à l’honneur en tant que patrimoine justement repérable du fait de sa rareté. De dialectes, ils sont le plus souvent devenus des langues possédant leur grammaire, leurs formes écrites et leurs écoles.

Mais nous avons abordé un facteur géographique qui mérite plus d’attention : le développement des transports apporte de nouvelles personnes et, de là, de nouveaux modes d’expression. À l’inverse, les moyens de locomotion permettent à des autochtones de s’expatrier. Les communautés locales se retrouvent donc renouvelées par des communautés pratiquant une autre langue, voire plus. Or, dans ce domaine, Pont-de-l’Arche est un véritable carrefour. 

 

 

           Conclusion  

Pont-de-l’Arche conserva longtemps son parler comparativement au reste de la région : celui-ci ne s’éteignit qu’aux alentours de la Seconde Guerre mondiale. Cette longévité doit trouver son origine dans le très important tissu ouvrier de la ville, l'industrie de la chaussure employant jusqu'à 2 000 personnes dans les années 1930, dont une grande partie d'Archépontains. Le parler local était le ferment d’une culture ouvrière tout comme le fut et l'est encore le ch’ti, par exemple. Cependant, la crise qui a frappé l’industrie de la chaussure fit passer le nombre d’usines implantées à Pont-de-l’Arche et aux Damps de plus de seize à une seule en quelques décennies. Ceci eut pour effet de désolidariser les ouvriers qui durent travailler hors de la ville (Renault à Cléon, la SICA à Alizay). De ce fait, le lien social s’est distendu : les Archépontains ne travaillèrent désormais plus dans la même usine que le voisin, le frère, et durent utiliser le français avec les nouveaux collègues de travail. Puis, des Archépontains ont émigré. Inversement, de nouveaux habitants se sont installés ou ont travaillé  dans la ville. C'était la fin d'un terroir. 

 

Annexe I

 

Petit lexique de mots et de prononciations du Pondelarchiais

 

Nous avons consigné ici les termes communiqués par une trentaine d’Archépontains dans le cadre d’entretiens réalisés principalement entre 2003 et 2005.

 

A’ : Elle. Par exemple : comment a’ va ?

Aller à la cochure : Aller à la chaussure, au travail.

Arpions : Doigts de pied.

Barouette : Brouette.

Ben : Bien.

Baisant(e) : Sympathique, par exemple a’ l’est pas baisante c’te bonne femme.

Besson, béchon : Boisson.

Bézot / bézotte : Le bézot c’est le p’tit dernier de la famille et, par extension, un p’tit gamin qui a une bonne bouille.

Bisteuquette : Bistouquette.

Bolbai : Bolbec.

Boujou : Bonjour, salut, au revoir.

Caloupette : Galipette.

Careute : Carotte.

Carnages (les) : Sobriquet des Pondelarchiens. Un carnage d’éfant : Un enfant qui bouge beaucoup tout en étant très bruyant.

Carnasse (la) : un cartable.

Catouille : Selon les cas ; chatouilleux ; vite irrité ; trop minutieux ; maniéré. T’es catouille ?

Cauchon : Chausson.

Ch’ais t’y moi : Qu’est-ce que j’en sais moi.

Chinq : Cinq.

Choumaquer : Réparer les chaussures.

Chucre : Sucre.

Cochure : Chaussure.

Core : encore.

Cra (des) : Des crabes.

Criqu’beu : Criquebeuf.

Cressant : Croissant.

Din : Dans.

Croquer : Tirer les branches sèches. Crocher. I’ croquaient.

C’mitière : cimetière.

C’te : Cette, cet.

Éfant : Enfant.

Erquer : Travailler. Va t-en erquer.

: Feu.

Faire une bourée : Remplir une brouette.

Faniâ : êt’ faniâ c’est écorcher, parler patois. C’est l’équivalent de fainéant.

Fô : Fou.

Gardin : Jardin.

Gôdasses : Chaussures.

Grand monde (le) : Notables, industriels, élus...

I’ : Remplace le tu / vous par exemple comment i’ va?

Guitare : Jambe.

Iau : Eau.

Joua : Cheval ou encore dada.

Qu’ri’, querquer : Quérir, chercher.

L’ : Le.

Lusquation : Luxation.

Mâquer : Manger.

Misaère : Misère.

Moiniau : Moineau.

Moutaure : Montaure.

Pâs : Pas.

Patate : Pomme de terre.

Pèye : Paye, paie.

Pénette : Petite pine.

Pêque : Pêche.

Pêquer : Pêcher.

Pêqueux : Pêcheur.

Pesson : Poisson.

Pi : Puits.

Pondelarchiais : Nom du langage.

Pondelarchien(ne) : Archépontain(e).

Poriau : Poireau.

Quâ : Chat.

Qué : Quel.

Quin : Chien.

Quèv’ : Chèvre.

Quins (des) : Des dettes de bistrot.

Quiqu’ : Qu'est-ce que.

Rien : Beaucoup. Il est rien grand tan fiston : il est très grand.

Sacouilla : C’est du sacouilla, tout ça ! C’est un bazar ; rien qui vaille. 

Séquer : Sécher.

Sérugien : Chirurgien.

Soubriquet : Sobriquet.

Souffler la lumiè’ : Éteindre la lumière. Survivance des temps tout comme l’expression : Qu’est-ce qu’on joue ce soir à la télévision.

Siau : Seau.

Suc : Sucre.

Su : Sur.

Ti : Petit.

Vaque :  Vache, ou encore meumeu.

V’lour : Velours.

 

 

Annexe II

 

Petit lexique du patois normand autrefois usité dans la région de Louviers

 

Mots sélectionnés à partir du Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et dans les environs de Lucien Barbe. 

 

Bad’lagueule : Bavard et,  parfois, gourmand.

Bar : Bac.

Barre du jour (la) : Les premières lueurs.

Bavette (une) : Une femme bavarde.

Blesser (se) : Expression des mariniers. " Le porteur n° 5 s’est blessé hier à l’écluse de Poses " (il s’est fait des avaries).

Blin : Bélier.

Bocheron, boqueron : Bûcheron.

Boise (une) : Une poutre.

Bontiveté : Une bonté un peu naïve.

Bos, bosc : Bois.

Bouilleux : Un bouilleur de cru.

Boujou, boujou ! : C’est le salut que s’envoient les mariniers quand ils se croisent sur la Seine.

Bout : Bâton, morceau. Un bout d’réglisse, un bout de sucre d’orge.

Brach’ : Abréviation de bracherie (brasserie).

Brevacheux : Pilier de comptoir, un homme qui parle pour ne rien dire.

Cache (la) : La chasse. " Qui va à la cache perd sa plache ".

Cailloutin : Petit vin de pays. Couillotin (Vernon).

Cariolée : Contenue d’une charrette.

Carnage : Mot injurieux. Se dit en parlant des habitants de Pont-de-l’Arche.

Cauches (les) : Les chausses, bas, chaussons.

Cauchons (les) : Les chaussons.

Causement : Jugement.

Cémitière, chmitière : Cimetière.

Cercutier : Charcutier.

Cérugien : Chirurgien.

Chaircutier : Charcutier.

Chaland : Grand bateau.

Choumacre : Cordonnier. De l’Allemand schumacher.

Clinquaille : Quincailler.

Cœur : Mon cœur vous salue. Formule polie pour trinquer.

Comprenouère (la) : La compréhension.

Conduiseux (un) : Un conducteur.

Consolation (une) : C’est le petit verre d’eau de vie que l’on met dans le café.

Consolé (l’) : C’est le café dans lequel on a versé un petit verre d’eau de vie.

Créiatures (les) : Les femmes (terme non péjoratif).

Da : Je reviens da Rouen.

Diguer : Piquer, enfoncer.

Doulent : Souffrant.

Espirituel : Spirituel.

Estudieux : Studieux.

Fagoté (être) : Être mal mis, mal habillé.

Faignanter : Ne rien faire (de l’Italien far niente).

Farcer : Faire des farces.

Farme : Ferme.

Gens (mes) : Mes proches.

Gosier bien chaussé (avoir le) : Être insensible au tord boyaux.

Goussepin (un) : Un gamin.

Gueulard (un) : Un gourmand.

Haricoter : Marchander pour de petites sommes.

Haricotier : Chicaneur, marchandeur.

Havet : Crampon, crochet (clou à crochet).

Houle : Trou, caverne dans l’eau ou dans les berges.

Houste : Aller ouste et houste (être toujours pressé, en mouvement).

Iau : L’eau. Pour les riverains de la Seine c’est le fleuve (l’eau signifiait la rivière au Moyen Age).

Lésant : Malfaisant.

Lippe (faire la) : Faire la moue.

Lippe (la) : Lèvre inférieure grosse et pendante.

Loquence (la) : Voix, organe de la parole.

M’nouille (la) : La monnaie.

Menterie (une) : Un mensonge.

Micaments (des) : Des médicaments.

Mouler : Faire la moue.

Mouleux : Quelqu’un qui fait souvent la moue.

Moutaure : Montaure.

Mouvettes (les) : Désigne les enfants remuants.

Opignions (les) : La politique.

Passager (le) : Passeur. C’est l’homme qui faisait passer les rivières en bateau. On disait auparavant le passageur.

Péchon : Poisson.

Philomie (la) : La physionomie.

Phreumacien (le) : Le pharmacien.

Pianne pianne (aller) : Aller doucement (de l’italien piano).

Pontiaudemer ou Potodmer : Pontaudemer.

Popiétaire : Propriétaire.

Popiété : Propriété.

Por : Pauvre.

Potiner : Faire du potin.

Poupée : Femme de mauvaise vie.

Pouquette : Une petite poche, un petit sac.

Pouvé : Pouvoir.

Purer : Essorer un linge.

Quart moins (le) : Moins le quart.

Quiaulée (une) : Une bande.

Rabelais : Cochon, débauché.

Rarriver : Revenir.

Rognoner : Ronchonner.

Rue as Mamours : La côte des Amoureux, à Louviers.

Sauce à l’oeil : Désigne ce qui n’a que de l’apparence.

Socier : Entretenir des rapports de société. " Sociez-vous avec untel ? "

Soleil (un) : Ivrogne et paresseux (soulei).

Surcouper : Interrompre la parole.

Tertous : Tous.

Ure (l’) : L’Eure, la Dure aussi (Athura au Moyen Âge…).

Urope (l’) : L’Europe.

Vaie : Voie.

Vainture : Voiture.

Veillatif : Vigilant.

Vent d’amont : Vent d’Est car il vient de l’amont de la Seine.

Vexinier (un) : Un habitant du Vexin.

Viage (un) : Un voyage.

 

[1] On a dit Archipontain de manière officielle jusque dans le début des années soixante-dix. L'usage oral lui a ensuite préféré Archépontain, ce qui a été officialisé même par l'administration. 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:46

Canel A., Blason populaire de Normandie comprenant les proverbes, sobriquets et dictons relatifs à cette ancienne province et à ses habitants, tome 1, Evreux : éd. Canu, 1859, 265 p.

 

 Criquebeuf (6)

 

Criquebeuf-sur-Seine, arrondissement de Louviers. 

 

Les brûleurs d’âne de Criquebeuf

 

Les habitants de Criquebeuf ont toujours eu un goût très-prononcé (sic) pour les réjouissances du carnaval et c’est avec peine qu’ils voient, chaque année, le rigide carême mettre fin à ces jours de joyeuse folie. Aussi se sont-ils bien gardés de négliger l’usage de carnavaliser quelque peu le Mercredi des Cendres, en le consacrant à l’enterrement de Mardi-Gras. Grande et bruyante cérémonie ! vous pouvez m’en croire…

 

Un jour, et il y a de cela plus que la longueur d’une vie d’homme – un jour, disons-nous, le mannequin traditionnel ne suffit plus à ces zélés suppôts du carnaval. Ils s’imaginèrent de lui substituer un âne, qui, pour la plus grande gloire de la divinité saturnalesque et pour le plus grand plaisir de ses adorateurs, fut bien et dûment ars et brûlé, puis méthodiquement enterré suivant les rites pratiqués en pareille occurrence. Delà le sobriquet de brûleurs d’âne.

 

Et notez que les titulaires de ce sobriquet ne s’en offensent pas le moins du monde ; c’est pour eux presqu’un titre de gloire. Il y a quelques années, dans le double but de prouver qu’ils ne dégénéraient pas et d’assurer la continuité de leur appellation, ils délibérèrent, dit-on, de renouveler, à la première occasion favorable, le sacrifice d’un infortuné baudet.

Armand Launay

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:05

=> Après notre article sur sainte Anne, patronne de la ville de Pont-de-l'Arche, voici une chronologie sur la fête communale... 

 

Naguère, on disait que les Archépontains « vendaient jusqu’à leurs draps » pour fêter la Sainte-Anne ». C’est dire la réputation de cette fête dans la région ! Nous retraçons retrace 200 ans de cette fête au cœur de l’identité archépontaine et, vous le verrez, rien ne change : ce rendez-vous demande toujours un grand investissement humain pour attirer les foules et faire rêver les petits comme les grands ! 

 

1808 : premier texte connu sur « l’assemblée Sainte-Anne ». Cette fête traditionnelle avait lieu sur un terrain public situé près de la forêt sur la route de Tostes (l’ancien terrain de rugby). Les danses et musiques populaires attiraient déjà « les gens des autres villages ». La Garde nationale interdisait les jeux de hasard ainsi que la vente de « boissons » après minuit. Dans la journée une messe devait avoir lieu suivie d’une procession dans la ville en hommage à la patronne de Pont-de-l’Arche c’est-à-dire sainte Anne. La procession devait terminer par le « chemin de la Procession » qui aboutit, justement, au champ de la Sainte-Anne... 

1826 : le Conseil municipal décide que la Sainte-Anne se tiendra sur la place « du champ de Mars » (actuelle place Aristide-Briand). Elle est rétablie près de la forêt en 1834.

1861 : témoin de l’évolution des mentalités en matière de loisirs et d’argent, le Conseil municipal décide de « promouvoir les retombées… sur le commerce local » en déplaçant la Sainte-Anne de la route de Tostes à la place des Champs (place Aristide-Briand). La municipalité organisa les premières régates sur la Seine avec le cercle nautique d’Elbeuf. Parmi les festivités : course en sac, feu d’artifice sur la Seine, mât de cocagne, joute sur l’eau. Dans son rapport au Conseil municipal, Prosper Morel, futur maire, fit état de « résultats les plus heureux » pour les festivités de 1861. Il demanda aux élus d’accorder une subvention chaque année à la Sainte-Anne ce qui fut accordé.  

Cette réussite fut rapportée dans le journal national « L’Illustration » sous la plume d’Ernest Bouchet : « Le succès fut si complet qu’il dépassa toutes les espérances. » Il mit en valeur le travail de coordination et d’animation d’Aimé Delaporte. 

1862 : le comité organisateur de la Sainte-Anne était présidé par Amédée Lallemant, maire. La fête était bel et bien « municipalisée »…  

1868 : présence attestée d’un « cirque de chevaux de bois ».  

1900-1910 : c’est la grande période des concours de gymnastique pour enfants animés par les fanfares de la région et notées par des jurys. Celles-ci étaient précédées de défilés dans la ville. 

1926 : la retraite aux flambeaux et le corso-fleuri existent déjà. On élit aussi une « reine de la chaussure ».

 

 Sainte-Anne--vers-1910-

Vers 1910, les défilés de fanfares et d’enfants faisant de la gymnastique attire les foules (ici sur la place Hyacinthe-Langlois et la rue Alphonse-Samain). 

 

Affiche-Sainte-Anne-en-1910--archives-municipales-

Affiche Sainte Anne en 1910 (archives municipales).

 

 

Sources 

- Boucher (Ernest), « Fête de Pont-de-l’Arche », in L’Illustration, journal universel, n° 1019 du samedi 6 septembre 1862, article page 167, illustrations page 169 (lithographie (37,2 x 26,5 cm) réalisée par L. Dumont d’après un dessin de J. Gaillardeau, lui-même réalisé d’après un croquis de E. Lanon). Archives départementales de l’Eure (cote 1 Fi 833) ;

- Launay (Armand), « La fête Sainte-Anne : fête patronale de Pont-de-l’Arche », in La Fouine magazine n° 19, septembre 2007, 24 pages ;

 -

 L’Industriel de Louviers

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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