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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:25

bâtiment


 

architecture


 

Complément d’information


 

Maison Carpe diem" (24, route de l’Eure)

 

 

Véritable manoir qui reprend des caractéristiques des grandes demeures normandes. Semble dater du milieu du XIXe siècle.

Pignons ne sont pas plats.

Pans de bois seulement au deuxième niveau. Au premier niveau, deux appareillages se côtoient élégamment : les linteaux des portes et des fenêtres ainsi que des chaînages sont constitués de pierres de taille alors que le reste des murs est composé de briques rouges, y compris la base qui est, dans la tradition, faite en silex afin de limiter la pénétration de l’humidité dans le bâtiment.

Bâtiment de gauche semble être plus ancien, lui, et authentique et certainement plus ancien de quelques dizaines d’années.

 

Maison appelée « Carpe diem » depuis peu.


 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 14:04

bâtiment


 

architecture


 

Complément d’information


 

Prieuré

 

 

Ce bâtiment date du début du XIXe siècle. Les moyens financiers ont permis aux constructeurs de cette maison de concrétiser quelques idéaux de leurs ancêtres : considérant que le bois est un matériau moins noble que la pierre, les poteaux sont tous masqués. La petite pierre calcaire des environs est, elle aussi, quelque peu masquée par des pierres de taille ou, le plus souvent, des imitations de pierres de taille réalisées en ciment.

 

 

Un solin de silex noir est apparent à la base de tous les murs.   

 

 

 


 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 14:03

bâtiment


 

architecture


 

Complément d’information


 

"Maison Chanchevrier"

 

 

Cette maison fut bâtie à partir de 1934 par M. Langlois, entrepreneur. Il fit construire ce bâtiment par les frères Laquerrière, entrepreneurs en construction à Elbeuf. Ils se firent les spécialistes d’un style « néo-normand », c’est-à-dire soucieux de ne pas rompre avec l’apparence des maisons traditionnelles.

 

 

Ainsi apparaissent de nombreuses pièces de bois aux dimensions et aux dispositions aléatoires mais dont l’objectif esthétique n’est pas tout à fait raté.

 

 

La montre de pierres bien délimitées, mais aux apparences brutes, mal taillées, participe de l’attachement à une ruralité normande qui se traduirait par quelques aspects cossus. 

 

 

Cette maison fut bâtie en face d’un champ qui était alors non bâti. Le propriétaire était un passionné d’aviation qui se servait du chemin (entre cette maison et l’avenue de la forêt de Bord) comme d’une piste de décollage et d’atterrissage.


 

La longueur de la demeure aurait été choisie d’après les dimensions du premier propriétaire.  


 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 14:01

bâtiment

 

 

architecture

 

 

Complément d’information

 

 

Usine "Bosch"

 

 

Les ateliers des bâtiments industriels sont couverts par un toit dit de « sheds » d’origine britannique. Ce toit alterne des pentes égales. Celles qui sont tournées vers le sud sont couvertes de tuiles, celles qui regardent vers le nord sont composées de vitres afin de laisser passer largement la lumière qui peinaient à apporter les premiers réseaux électriques de la région.

 

 

 

 

 

Les bâtiments qui accueillis l’usine Bosch jusqu'en 2010 furent montés à partir de 1914 afin de servir d’usine aux « Fils de Georges Prieur » qui étaient entrepreneurs en chaussure. Les bâtiments ont été démolis en 2013.

L’usine de chaussure, la première de la région à utiliser le tapis roulant dans la chaine de montage, employa plusieurs centaines d’ouvriers avant de fermer ses portes dans les années cinquante.      

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:51

 

Octave_Mirbeau.jpg

Octave Mirbeau (1848-1917), journaliste, essayiste, romancier et critique d’art, habita la commune des Damps de 1889 à 1893.

Anarchiste, il ne  se contenta pas de trouver aux Damps un repos dans un cadre qui sut le charmer. Octave Mirbeau prit la défense des ouvriers du chausson de la région. Ceux-ci furent frappés par des épidémies (rougeole, grippe espagnole) ce qui les mit dans l’impossibilité de travailler et donc de subvenir aux besoins les plus élémentaires des adultes comme des enfants. Les décès achevèrent de convaincre Octave Mirbeau d’appuyer le maire de Pont-de-l’Arche, Jules Lequeux, qui demandait au gouvernement une aide extraordinaire pour les ouvriers : les maigres ressources  de la commune ne pouvaient rien après de très longs mois de maladie. Suite au mutisme du gouvernement républicain opportuniste de Sadi-Carnot, Octave Mirbeau rédigea une nouvelle intitulée « Les Abandonnés » qui illustre le sort des plus humbles et l’irresponsabilité de l’État en matière de protection et de justice sociales. La vie de l’écrivain aux Damps, illustra et inspira son anarchisme.

La salle polyvalente, bâtie en 1994, fut baptisée du nom de l'écrivain en 2003.

 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:50

 

Les Damps

 

Le groupe scolaire fut inauguré en 1955 par Pierre Mendès France (conseiller général de Pont-de-l’Arche de 1937 à 1940 et de 1945 à 1958). Il s’agissait alors de doter la commune de bâtiments scolaires répondant à l’explosion démographique. De 285 habitants en 1921 la commune comptait 578 citoyens en 1954. Les salles de classe situées dans la mairie depuis 1879 étaient devenues bien trop exiguës. L’architecture du groupe scolaire est très fonctionnelle, très rectiligne et dotée de beaucoup de fenêtres. Son décor est très dépouillé. Son matériau, le béton, s’inscrit dans les réalisations d’après-guerre.  

 


La mairie des Damps fut inaugurée en 1879. Le calcaire, la briquette rouge et les ardoises du toit marquent bien la fin du XIXe siècle. Le petit frontispice (triangle) qui se trouve en dessous du toit montre que ce bâtiment avait pour destination de servir de mairie. C’est un rappel des temples classiques qui renvoient dans notre culture à la civilisation gréco-romaine, berceau de l’idée républicaine. La mairie accueillit aussi les écoles jusque dans les années cinquante, le parking actuel recouvrant l’ancienne cour de récréation.

 


La maison de la Dame Blanche est la plus ancienne construction des Damps. Sa cave présente des ogives voûtées du XIIIe siècle d’une grande sobriété. Certaines parties basses de la maison dateraient du XIVe siècle alors que l’escalier en vis, hors d’œuvre (face sud), caractérise le XVe siècle. Les décorations des poteaux de la façade sont de style gothique et donc de la période médiévale ce qui, en architecture, peut aller jusqu’à la fin du premier tiers du XVIe siècle. Le nom de Dame Blanche vient, par erreur, de Blanche de Castille. En fait seule Blanche de France, femme de Saint-Louis, eut un lien avec Les Damps en tant que propriétaire de terrains.

 


Le pont sur l’Eure fut construit en 1935 dans le cadre des grands travaux de la Seine lancés par Edouard Daladier en 1932 et qui durèrent jusqu’en 1939. Ces travaux firent de la Seine un canal pour la navigation commerciale entre Paris et La Manche. Des digues furent construites afin de stabiliser les berges du fleuve. Le lit de la Seine fut approfondi afin d’accroître le tirant d’eau des remorqueurs et de limiter les inondations. Il résulta de ces travaux que le niveau de l’Eure, qui se jetait dans la Seine en face des Damps, était trop élevé. Alors, pour éviter que les eaux de l’Eure ne se déversent dans la Seine, desséchant ainsi le lit de la rivière, on boucha le confluent des Damps. L’on fit passer l’Eure dans un ancien bras de Seine qui va jusqu’à Martot.



La chapelle Saint-Pierre des Damps fut construite en 1856 à l’emplacement de l’ancienne église paroissiale. La paroisse des Damps tomba en désuétude avant la Révolution française et son église fut démolie par la paroisse de Pont-de-l’Arche. En 1856 la chapelle fut érigée sur les deniers des fidèles et donc avec les matériaux les moins chers : des moellons calcaires locaux en remplissage ainsi que la brique rouge en chaînage. L’ardoise fut choisie pour sa légèreté afin de recouvrir une charpente – et un bâtiment –  aux capacités de résistance limitées. Un presbytère fut adjoint à la chapelle qui est composé que de brique rouge. La cloche de la chapelle, logée dans un clocher carré aux dimensions minimalistes, fut offerte en 1854, marquant ainsi le début des donations.

 


Les Dardanelles est le nom d’une rue qui doit assurément son origine à la présence de troupes britanniques durant la Première Guerre mondiale. Les Dardanelles est le nom d’un détroit de Turquie où les armées française et anglaise subirent de lourdes pertes. Quant aux Damps, l’aviation anglaise occupa toute une partie des terres communales jusqu’à Pont-de-l’Arche afin de bâtir des baraquements aux troupes. Celles-ci réparaient des moteurs d’avions. L’on trouve encore çà et là des plaques de béton qui témoignent de l’existence du « Camp aux Anglais », nom de cet espace. Ce sont ces troupes qui finirent de bâtir la grande usine des « fils de Georges Prieur », l’une des plus grandes entreprises de chaussures de la région jusqu’en 1954.

  


Les Vauges est le nom d’un quartier à l’architecture tout à fait originale pour Les Damps. Les « maisons à toits plats » ont été dessinées par l’architecte et urbaniste suisse Le Corbusier qui avait réfléchi aux problèmes du relogement d’après-guerre. Devant l’impératif de reloger de nombreuses personnes dans de bonnes conditions, l’architecte a voulu optimiser l’occupation du sol. Ses réalisations permettent de bâtir beaucoup d’unités d’habitation tout en préservant l’intimité des habitants dont les portes, les fenêtres, les entrées, les cours, ne donnent pas directement sur celles des voisins. De même, l’architecte a soigné le bien-être des habitants par des espaces intérieurs très fonctionnels, des coursives évitant la pénétration des rayons solaires, par exemple. Ces attentions ont séduit les organismes publics d’HLM lorsqu’ils ont lancé la construction de la résidence Les Vauges dans le début des années soixante-dix. Une fresque de Jacques Deshaies apportait une autre touche culturelle mais elle a été effacée depuis lors.

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:43

Doinel A., Notice historique sur Alizay, Paris : Le livre d’histoire-Lorisse, 2004, 72 p.

 

Cet ouvrage date de 1880. M. Doinel était l’instituteur laïque de la commune. Il a mentionné les sobriquets attribués aux habitants de certains villages sans préciser, toutefois, si ces surnoms étaient utilisés systématiquement et par qui ? N’étaient-ils connus que des gens d’Alizay ? Que signifient-ils tous ? 

 

Les carnages de Pont-de-l'Arche

Les sorciers d’Alizay

Les carcasses d’Igoville

Les Manants du Manoir

Les capons souffleurs de Pîtres

Les cornus de Montaure

Les Brûleurs d’ânes de Criquebeuf

Les sacrés de Poses

Les pédants de Notre-Dame

Les Roussiers de Saint-Cyr

Les Mâchoires des Damps

Les marras de Martot

Les Fioux de Léry

Les malins de Connelles

Les carottiers de Porte-Joie

Les hiboux de Tostes

Les brouettiers d’Herqueville

Les mangeurs de soupe de Louviers

Les danseurs des Andelys

Les Culs terreux du Neubourg

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 12:02

L’histoire des Damps est tributaire de la forêt à plus d’un titre.

 

28-janvier-2007--Les-Damps---2-.jpg

 

Si notre village jouxte encore la forêt, c’est parce que celle-ci fut une propriété des rois dès l’époque carolingienne. Il était donc hors de question que les sujets du roi détruisent la propriété du suzerain. L’utilisation du bois était donc très réglementée et nos ancêtres n’ont pas pu défricher la forêt pour étendre l’agriculture.

 

L’élevage en revanche a été possible. On emmenéait les porcs pour la glandée en forêt et l’on laissait les vaches y paître dans les zones herbeuses.

 

Cette pratique ne s’est pas arrêtée à la Révolution, la forêt étant devenue propriété de l’Etat. Aujourd’hui les promeneurs sont libres de se promener en forêt car celle-ci est une propriété publique pour le plus grand bonheur de tous.  

 

Les arbres ont été essentiels à la construction des maisons à pans de bois, si caractéristiques de notre Normandie, qui donnent au cœur historique de notre village un cachet proprement régional.

 

Des maisons à pans de bois ont été retrouvées lors des chantiers de fouille archéologique de Poses-Tournedos. Elles datent du néolithique et servaient de maison commune aux groupes humains. Les Damps connaissait, déjà à cette époque, au moins un foyer de peuplement, aux Vauges. Les hommes installés ici utilisaient, à n’en pas douter ce type de construction avec les éléments que la nature mettait à sa disposition. Ainsi les pans de bois de la commune sont l’indicatif et la survivance d’une technique ancestrale.

 

Moment fort de l’histoire locale, l’utilisation du bois a permis la construction du premier pont de Pont-de-l’Arche, de 862 à 869. Construit sur le territoire des Damps afin d’empêcher les Vikings de remonter la Seine jusqu’à Paris, ce premier pont bâti en bois a donné naissance à la ville de Pont-de-l’Arche. 

 

Le bois a aussi été exporté depuis Les Damps. En effet notre village, idéalement situé au pied d’un vallon qui decend de la forêt, permettait de relier à la fois la Seine, l’Eure et les ressources forestières. C’est pourquoi Les Damps fournissait en bois « le Clos aux Galées », chantiers navals de Rouen, durant l’Ancien Régime.

 

Parlant de navigation navale il faut rappeler que des habitants de notre village construisaient eux-mêmes leurs embarcations et ce jusqu’au tout début du XXe siècle. La connaissance et l’exploitation des bois étaient donc primordiales.

 

Enfin le port des Damps chargeait encore du bois de pin dans les années trente afin de fournir, par le biais des canaux de l’Oise, les exploitations minières du Nord. Le bois de pin, craquant fort, permettait aux mineurs de connaître les mouvements des sols qu’ils exploitaient et donc de les avertir des dangers éventuels.

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:01

Extrait du Livre d’or de la commune.

 

"Le 21 octobre 2000 :

            Nous accueillons ce jour le lieutenant Greaves, pilote de la 9e Air Force, qui est venu spécialement de l’Amérique de l’Ouest, province du Montana, pour revoir une région de France qui lui rappelle beaucoup de souvenirs.

            Durant les jours qui précédèrent la Libération de notre région, de nombreux raids aériens furent menés par les alliés pour anéantir les voies de communications et couper la retraite des troupes allemandes, les empêcher de franchir la Seine, dans la mesure du possible.

            Le 23 août 1944, une escadrille américaine de la 9e Air Force s’envola de l’aérodrome de Saint-Lambert, établi en Normandie, pour bombarder le pont de barges établi à Poses, le pont d’Oissel, en cours de réparation, le pont de fer du Manoir, et mitrailler les convois militaires allemands qui cherchaient à emprunter ces ouvrages.

            En fin d’après-midi, les Lockheed P38 (ou célèbres doubles fuselages) attaquèrent des convois allemands qui s’engouffraient sur la route de Léry à Poses. Vers 16 h 30, un avion fut touché par la D.C.A. Son pilote, le lieutenant Greaves, s’éjecta et se posa dans une prairie à flanc de coteau, au dessus d’une route bondée d’Allemands qui s’empressèrent de la capturer. Son avion s’écrasa à la verticale dans la forêt des Damps.

            Prisonnier, il fut emmené de l’autre côté de la Seine mais, reprenant ses esprits, il s’échappa dans la nuit et fut recueilli par de sympathiques bûcherons qui le menèrent vers de bons Français, ici présents.

            56 ans après, M. Greaves est revenu parmi nous, désirant se remémorer ces événements qui furent une étape importante de sa vie." 

 

Lockheed-p-38.jpg

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:01

Carte-postale-des-Damps-6-

 

Qui a fait bâtir la chapelle et quand ?

La chapelle Saint-Pierre des Damps fut inauguré en 1856 grâce aux deniers réunis par les fidèles catholiques de la commune et ce après plusieurs années de souscription. La dernière famille noble ayant résidé aux Damps, les De Lux, joua un rôle moteur en apportant une somme importante qui a financé la fonte de la cloche, en 1854, qui en porte la mémoire. Les De Lux habitaient la ferme de la Côte. Les sommes réunies ont permis la construction de la modeste chapelle que l’on voit aujourd’hui.

Après 1856, le curé de Pont-de-l’Arche et son vicaire venaient régulièrement célébrer la messe dans la chapelle, moyennant une contribution de la commune. Des grillages furent apposés en 1888 pour protéger les vitraux côté nord. La chapelle est devenue une propriété de la commune des Damps en 1905 dans le cadre de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. C’est donc la commune qui assure depuis toutes les réparations et notamment celles causées en aout 1944 lors de la débâcle allemande et, plus récemment, l’entretien de la croix du cimetière et de la cloche.

 

Chapelle Saint-Pierre

 

Quel est son intérêt patrimonial ?

La chapelle Saint-Pierre ne comprend qu’un seul vaisseau couvert d’un toit à longs pans en ardoises et surmonté d’un clocheton carré en forme de flèche. Les murs latéraux sont percés d’ouvertures en plein cintre (3 au nord, côté Eure, et deux au sud). De petits moellons calcaires ont été utilisés en remplissage et des briquettes rouges en chainage. Un presbytère fut accolé à la chapelle dès l’origine puis fut agrandi côté sud avec de la briquette rouge. Le retable de l'ancienne église des Damps fut récupéré par la fabrique de Pont-de-l'Arche et se trouve aujourd'hui dans le bas-côté sud de Notre-Dame-des-arts. Une croix en calcaire taillé et sculpté au XVIe siècle est situé dans la cour. Il est un des rares vestiges des pierres de l’ancien cimetière avec une pierre compagnonnique qui nous sert d'illustration à notre article sur Les amis réunis.

 

P1090712.JPG

 

Une église et une paroisse médiévales disparues…

Le plus ancien document qui atteste l’existence d’une église aux Damps date de 1020. Cette église devait exister auparavant. Ce premier document nous apprend que l’église des Damps était déjà placée sous le patronage de Saint-Pierre et qu’elle constituait une paroisse à part entière. Les revenus et l’entretien de celle-ci avaient été remis à l’abbaye de Jumièges par le duc de Normandie. Quelle était l’architecture de cette église disparue ? Selon toute vraisemblance, c’était une église romane. Quant à ses dimensions, il semble qu’elles n’aient pas dépassé de beaucoup celles de la chapelle actuelle.

La paroisse des Damps, qui existait au moins depuis 1020, a toujours souffert de la proximité de Pont-de-l’Arche, ville née bien après le village des Damps. Elle fut englobée dans la paroisse de Pont-de-l’Arche quelques années avant la Révolution française. C’est ainsi qu’en 1789, les habitants des Damps et de Pont-de-l’Arche ont présenté leurs remontrances au roi dans les mêmes cahiers de doléances. L’ancienne église Saint-Pierre fut démolie à la toute fin du XVIIIe siècle par décision de la paroisse de Pont-de-l’Arche…

 

Litiges avec Pont-de-l’Arche sur le cimetière…

La paroisse des Damps mourut quelques temps avant la Révolution française. L’église, comme le reste des Damps, devint donc une propriété de la paroisse de Pont-de-l’Arche. Cependant la Révolution française créa la commune des Damps en 1790 et celle-ci était, bien évidemment, indépendante de Pont-de-l’Arche. La même année, tous les biens du Vatican devinrent des propriétés de l’Etat. L’église des Damps fut donc gérée par la commune des Damps pour le compte de l’Etat. Mais, en 1801, Napoléon signa le concordat avec le Vatican et l’église des Damps redevint une propriété de la paroisse de Pont-de-l’Arche… Cette paroisse vendit les pierres de l’église Saint-Pierre à la toute fin du XVIIIe siècle afin de financer son nouveau presbytère…Les habitants des Damps y étaient tout à fait opposés, d’autant plus que, désormais, il n’y avait plus de culte possible et donc plus de cérémonie funèbre... Car la paroisse de Pont-de-l’Arche avait aussi des vues sur le cimetière, qu’elle considérait comme sa propriété. Elle ne voulait plus qu’on enterre les morts des Damps (et ce pour pouvoir revendre les pierres des tombes et des murets)… Après un imbroglio administratif, le préfet de l’Eure trancha en la faveur des Dampsois. La commune des Damps retrouva tous ses droits sur le terrain de l’ancienne église en 1848. La construction d’un nouveau lieu de culte était de nouveau possible. Une souscription des Dampsois permit de bâtir une chapelle en 1856 entourée de son cimetière, de nouveau utilisé et ce jusqu’en 1925.

 

Pourquoi « Saint-Pierre » ?

L'église des Damps était placée sous le vocable de saint Pierre l'apôtre fêté le 29 juin. Saint Pierre était le patron des pêcheurs et des agriculteurs. Plus précisément, il était le patron de l’orge car cette céréale monte en épi durant la dernière semaine du mois de juin (entre la Saint-Jean et la Saint-Pierre.). Cette hypothèse correspond plutôt bien à notre village dont la majorité des habitants vivaient de la pêche et de l’agriculture. Qui plus est, l’ancienne église était située entre les eaux et les terres agricoles, en contrebas du plus ancien site d’habitation des Damps, c'est-à-dire Les Vauges. Or, bien souvent, le culte chrétien rendu à saint Pierre a remplacé un lieu de culte païen offert à un dieu de la fertilité.

 

La « confrérie Saint-Pierre »…

Des groupes de chrétiens laïcs se constituèrent durant les épidémies de peste afin d’aider les familles à enterrer les nombreuses victimes. Elles apportaient à la fois une aide physique et morale. Ces groupes portent le nom de « confréries de charité » c’est-à-dire étymologiquement un « groupe de frères qui apportent leur charité ».

La paroisse des Damps a elle aussi eut sa confrérie qui exista jusqu’aux alentours de la Révolution. Celle-ci, pour financer un peu ses activités, percevait une partie des taxes payées par les passagers du bac qui relait Les Damps à Alizay en passant par le confluent de l’Eure et de la Seine.

 

 

Sources

L’Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l’Arche, éditions Charles-Corlet, 2007, Armand Launay

- Fonds Mérimée du ministère de la Culture

- Fonds patrimoniaux du Conseil général de l’Eure

 

A lire aussi... 

Pont-de-l'Arche, Les Damps et le paganisme

L'église de Pont-de-l'Arche

L'église de Tostes

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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