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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 09:22
Carte postale illustrée des années 1960 démontrant la volonté touristique de la commune de Saint-Germain-de-Pasquier autour de son église paroissiale et, surtout, de sa mairie, la plus petite de France.

Carte postale illustrée des années 1960 démontrant la volonté touristique de la commune de Saint-Germain-de-Pasquier autour de son église paroissiale et, surtout, de sa mairie, la plus petite de France.

"Pâquier" dans la carte de Cassini datant de la fin du XVIIIe siècle.

"Pâquier" dans la carte de Cassini datant de la fin du XVIIIe siècle.

 

S’il existe bien un centre à Saint-Germain-de-Pasquier autour de sa célèbre “plus petite mairie de France”, l’habitat est ici épars. Les maisons des quelque 124 Saint-Germanois (en 2018) se répartissent au fond de la vallée de l’Oison et des proches vallons dans un décor évoquant le pays d’Auge, ses résidences secondaires et ses pans de bois en trompe-l'œil. Si la commune a des dimensions très modestes, nombreux sont pourtant les noms et les bâtiments du paysage qui méritent un arrêt, un temps d’attention : Villars, Silouvet, Saint-Germain, Pasquier, la chapelle Sainte-Clotilde et l’église. 

 

Extrait d'une vue aérienne des années 1950 (capture d'écran réalisée à partir du site Géoportail).

Extrait d'une vue aérienne des années 1950 (capture d'écran réalisée à partir du site Géoportail).

 

Saint-Germain n’est pas nécessairement Pasquier

Selon Les Mémoires et notes d’Auguste Le Prévost, ouvrage paru en 1869, le nom du hameau autour de l’église se nommait Pasquier. C’était encore l’usage courant en son temps et c’est ce que confirme la carte de Cassini, de la fin du XVIIIe siècle où l’on voit écrit Pâquier. L’accent circonflexe atteste qu’on ne prononçait pas le “s” que l’on est bien tentés de dire encore de nos jours. C’est pourtant sous la forme de Paskier qu’apparait le nom de la paroisse, vers 1192, dans une charte par laquelle l’évêque d’Évreux, Garin, donna des droits aux chanoines établissant le prieuré de Saint-Germain-le-Gaillard. La thèse la plus communément admise affirme que “pasquier” est issu du latin “pascua” qui désigne les pâturages. Il est vrai que la commune possède toujours un “chemin des pâturages” et que les pentes des coteaux sont propices à l’élevage. Mais il est étonnant qu’un nom aussi commun ait pu servir à identifier une paroisse. C’est peut-être la raison pour laquelle le nom de Saint-Germain lui a été adjoint par l’administration de la période contemporaine.  

 

Saint-Germain-le-Gaillard dans le plan cadastral de février 1828 dont la copie est accessible sur le site des Archives de l'Eure.

Saint-Germain-le-Gaillard dans le plan cadastral de février 1828 dont la copie est accessible sur le site des Archives de l'Eure.

Mais alors que désignait-on sous le nom de Saint-Germain ? C’est la même charte signée de l’évêque Garin qui nous l’apprend : c’est le prieuré de Saint-Germain-le-Gaillard. Le plan cadastral de février 1828 montre un lieu-dit, en amont de Pasquier le long de l’Oison, qui porte ce nom. L’évêque dota ce prieuré d’un ermitage avec des terres qu’il tenait de Roger Troussebout, membre d’une grande famille noble de la proche région. Avec cet ermitage, l’évêque donna des droits sur le patronage et les dimes des églises de Mandeville, Saint-Nicolas et Saint-Martin du-Bosc-Asselin et Saint-Jean-de-la-Vitotière. Il en fit de même sur les moulins de la proche région : Garin (sûrement du nom de l’évêque ou d’un de ses proches), nom devenu Worins, Villars, Pasquier (dépendant de Roger de Tournebu), Berfise... Le prieuré Saint-Germain avait pour tutelle l’abbaye Sainte-Barbe de Mézidon-Canon, fondée vers 1128 et dont les chanoines respectaient la règle de Saint-Augustin. Il constituait ainsi une source de revenus à l’abbaye mère et il est très probable que des chanoines aient résidé au prieuré étant donné que, selon Auguste Le Prévost, une chapelle était ouverte au culte. Quoi qu’il en soit, ce prieuré a été “uni à la cure de Mandeville dans la deuxième moitié du XVIe siècle”, nous apprend Auguste Le Prévost, témoignant ainsi de la perte de vitalité de ce lieu pieux. Peu avant 1869, notre auteur écrivit que la “chapelle [est] aujourd’hui convertie en grange”. Quant au nom, il existe deux communes portant exactement le même vocable : l’une dans La Manche et l’autre en Eure-et-Loir. Plusieurs hypothèses sont défendues concernant le sens de gaillard mais il semble que le plus petit dénominateur commun soit l’idée de vivacité et de force, d’après un radical gaulois, galia, lui-même à l’origine du terme gaulois.

Extrait de la carte topographique de l'IGN (capture d'écran réalisée à partir du site Géoportail).

Extrait de la carte topographique de l'IGN (capture d'écran réalisée à partir du site Géoportail).

Pasquier 

Pasquier désigne, semble-t-il, le hameau autour de l’église Saint-Germain. Ce nom a permis de le distinguer de Saint-Germain-le-Gaillard puisque les deux établissements pieux de la paroisse étaient placés sous le même vocable. Il est possible que Pasquier, autrement dit les pâturages, désignât le plus petit établissement avant que Saint-Germain-le-Gaillard, donc le grand Saint-Germain, ne se dépeuple. Selon le tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l’Eure, édité en 1878 et conçu par MM. Charpillon et Caresme, la plus ancienne mention de Pasquier date de 1080. Une charte nous apprend que “Richard, fils d’Hellouin le sénéchal, donna aux moines du Bec les dimes de Saint-Germain-de-Pasquier et de La Harengère.” Des mêmes auteurs, nous apprenons qu’au XIIe siècle, Thomas de Tournebu ‒ dont le nom est à l’origine du toponyme Le Bec-Thomas ‒ donna à l’abbaye du Bec-Hellouin le patronage de l’église de Saint-Germain. La paroisse de Saint-Germain était composée de deux fiefs. L’un d’entre eux dépendait des Troussebout, famille que nous avons traitée dans notre article sur Saint-Cyr-la-Campagne. L’autre fief semble avoir dépendu de nobles de La Harengère et du Bec-Thomas donc, avant qu’il ne revienne, avant 1315, aux mains des Harcourt. En effet, en cette année-là, un certain Guillaume de Harcourt donna des droits sur le moulin de Pesmongue ou Pesquemoque, à Pasquier, pour la collégiale de La Saussaye. Le nom du moulin est étrange. Peut-on rapprocher son radical de “Paskier” et fonder une autre étymologie à ce nom de lieu ? Nous l’ignorons. Quant à la répartition des droits entre les Harcourt et l'abbaye du Bec-Hellouin, il semble qu’elle a perduré jusqu’en 1790. De manière générale, il est possible de penser que Pasquier, comme plusieurs lieux de la vallée de l’Oison, a émergé car à la présence de moulins permettant de traiter le grain des proches et plus importantes paroisses telles que Saint-Martin-la-Corneille et Le Bec-Thomas. 

Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.
Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.

Saint-Germain-de-Pasquier sous la plume d'Auguste Le Prévost, ici dans ses Mémoires et notes publiées en 1869.

Copie de la notice dévolue à Saint-Germain-de-Pasquier dans le tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure, œuvre de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme parue en 1878.
Copie de la notice dévolue à Saint-Germain-de-Pasquier dans le tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure, œuvre de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme parue en 1878.
Copie de la notice dévolue à Saint-Germain-de-Pasquier dans le tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure, œuvre de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme parue en 1878.
Copie de la notice dévolue à Saint-Germain-de-Pasquier dans le tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure, œuvre de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme parue en 1878.
Copie de la notice dévolue à Saint-Germain-de-Pasquier dans le tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure, œuvre de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme parue en 1878.

Copie de la notice dévolue à Saint-Germain-de-Pasquier dans le tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure, œuvre de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme parue en 1878.

L’église Saint-Germain et Saint-Christophe : un bien à restaurer

Selon Auguste Le Prévost, le temple de la paroisse honore saint Germain d’Auxerre. D’après le site Monvillagenormand, très précis en matière de culte catholique et de description architecturale des églises, saint Germain partage le patronage de l’église avec Saint-Christophe. Il est difficile d’expliquer le choix de certains de nos ancêtres pour la dévotion à tel ou tel pieux personnage. Toutefois, selon la fiche consacrée à Saint-Germain dans Wikipédia, ces deux saints ont pour point commun, dans leurs hagiographies, le fait qu’un grand arbre a poussé là où ils plantèrent leur bâton. Peut-on voir ici un lieu particulièrement fertile où Germain serait un jeu de mots avec l’étymon germer ? Y eut-il un if, ou un arbre d’une autre essence, qui poussa avec une vigueur rarement égalée ? A-t-on raison de citer le lien entre sainte Clotilde, honorée ici auprès d’une source, et la reine épouse de Clovis qui fit bâtir un oratoire en l’hommage à saint Germain au nord d’Auxerre ? 

Le site Monvillagenormand nous aide à décrire architecturalement Saint-Germain. Comme l’église de Saint-Cyr-la-campagne, le temple de Pasquier s’allonge vers l’orient et se termine par un chevet semi-circulaire. Le toit est composé de deux pans couverts de tuiles de pays et termine en croupe arrondie au-dessus du chevet. Le mur gouttereau sud est consolidé par des contreforts et ajouré de baies rectangulaires ou en plein cintre datant de la Renaissance. Un clocher de base carrée couronne le toit au-dessus de l’entrée du chœur. Une flèche de charpente couverte d’ardoise achève de camper le paysage caractéristique des églises rurales de la région. 

Photographies d'Antoine Garnier mettant en valeur le patrimoine roman de l'église paroissiale de Saint-Germain-de-Pasquier. Avec nos remerciements à leur auteur. Ces documents servent de support au texte ci-contre.
Photographies d'Antoine Garnier mettant en valeur le patrimoine roman de l'église paroissiale de Saint-Germain-de-Pasquier. Avec nos remerciements à leur auteur. Ces documents servent de support au texte ci-contre.Photographies d'Antoine Garnier mettant en valeur le patrimoine roman de l'église paroissiale de Saint-Germain-de-Pasquier. Avec nos remerciements à leur auteur. Ces documents servent de support au texte ci-contre.
Photographies d'Antoine Garnier mettant en valeur le patrimoine roman de l'église paroissiale de Saint-Germain-de-Pasquier. Avec nos remerciements à leur auteur. Ces documents servent de support au texte ci-contre.Photographies d'Antoine Garnier mettant en valeur le patrimoine roman de l'église paroissiale de Saint-Germain-de-Pasquier. Avec nos remerciements à leur auteur. Ces documents servent de support au texte ci-contre.

Photographies d'Antoine Garnier mettant en valeur le patrimoine roman de l'église paroissiale de Saint-Germain-de-Pasquier. Avec nos remerciements à leur auteur. Ces documents servent de support au texte ci-contre.

Mais Saint-Germain possède une forte singularité par son patrimoine roman. Celui-ci a été mis en valeur sur la Toile par Antoine Garnier, impressionnant recenseur du patrimoine roman qui anime le blog atlas-roman et qui a publié des photographies sur l’église nous intéressant. Dans une démarche de divulgation et vulgarisation des connaissances, il les a aussi publiées sur Wikimedia. Nous nous servons de ces documents, avec son aval et l’en remercions. L’élément le plus précieux se trouve sur la façade principale. Constituée d’un mur pignon, elle est percée par un portail en plein cintre. Les clés qui composent son arc sont merveilleusement travaillées. Trois séries de pierres calcaires forment l’arc. Ces pierres sont sculptées de lignes. Quatre lignes incrustent la pierre alors que la dernière, celle qui couvre le portail, est en saillie. Ces éléments semblent être le plus ancien vestige conservé de l’édifice. Il est estimé au XIe siècle. Sans être spécialiste, nous nous étonnons de cette affirmation tant la façade semble avoir été remaniée au XVIIe siècle avec du matériau de réemploi qui peut tout aussi bien dater du XIIe siècle, c’est-à-dire la fin du roman. Notons une porte murée qui semble aussi dater du XVIIe siècle et qui pourrait avoir succédé à une plus ancienne porte des morts, par laquelle on sortait les dépouilles après l’office funèbre et avant leur enterrement dans l’enclos paroissial. Notons aussi, étant donné le thème abordé, une croix de cimetière en calcaire, aussi photographiée par Antoine Garnier et qui présente un socle hexagonal datant, vraisemblablement, du XVe ou du XVIe siècle, avec une colonne plus récente. À la base de cette colonne se trouve un décor d’épis surmontés de cœurs ; le tout symbolisant le renouveau par l’amour montré et enseigné par le Christ. 

Autres parties intéressantes de Saint-Germain, une baie romane murée dans le mur gouttereau sud ; le mur gouttereau nord et le soutènement à pans de bois de la nef qui semblent témoigner de la pauvreté des dons durant une période de la vie de l’édifice. De plus, la ressemblance est frappante entre le chevet de Saint-Germain et celui de la romane église de Saint-Cyr-la-campagne.

Enfin, le site de la Fondation du patrimoine publie une photographie de l’intérieur de l’édifice. On y voit un mur séparant la nef, constituée d’un vaisseau unique, et le chœur. Il est percé par un arc en plein cintre qui a remplacé un arc roman dont il reste les premières clés, au-dessus des chapiteaux. Le haut de ce nouvel arc montre des restes de polychromie. Le site Monvillagenormand précise qu’on peut y voir une “litre seigneuriale représentant une armoirie de trois étoiles”.

Les élus ont lancé une souscription avec le soutien de la Fondation du patrimoine : il s’agit de “rejointoyer les pierres à la chaux aérienne afin de consolider l’édifice et lui redonner son allure d’antan. La sauvegarde de l’église consiste également à restaurer la toiture de la flèche en ardoises, et à assainir l’édifice par la révision de l’ensemble des gouttières et descentes d’eaux pluviales.” Les dons sont les bienvenus sur cette page

Vue extraite du site de la Fondation du patrimoine permettant d'apprécier une partie de l'intérieur de l'église paroissiale.

Vue extraite du site de la Fondation du patrimoine permettant d'apprécier une partie de l'intérieur de l'église paroissiale.

Vue de l'intérieur de l'église Saint-Germain avec le maire Laurence Laffilé. Photographie de Mathilde Carnet publiée en mai 2021 dans Le Courrier de l'Eure afin de soutenir l'appel aux dons sur le site de la Fondation du patrimoine.

Vue de l'intérieur de l'église Saint-Germain avec le maire Laurence Laffilé. Photographie de Mathilde Carnet publiée en mai 2021 dans Le Courrier de l'Eure afin de soutenir l'appel aux dons sur le site de la Fondation du patrimoine.

Un mobilier partiellement inscrit aux Monuments historiques

Le mobilier de Saint-Germain est connu de la Conservation régionale des monuments historiques. En effet, sur la base POP du ministère de la culture recensant les bâtiments et les œuvres connues, voire protégées, treize œuvres saint-germanoises sont décrites. Inscrites au titre d’objets le même jour, le 21 mars 1977, il s’agit de neuf lithographies et de quatre statues. 

Les neuf lithographies datent du XIXe siècle et furent créées à Paris chez divers imprimeurs. Elles représentent un Évangéliste ; l'Agneau du sacrifice ; la Crucifixion ; le lavement des pieds ; la Pentecôte ; la Présentation au temple ; Saint-Rose de Lima ; Notre-Dame du Mont-Carmel avec son scapulaire et, enfin, l’Adoration des bergers. Le thème de cette dernière œuvre est-il à relier au nom pastoral de Pasquier ? Quoi qu’il en soit, ces lithographies indiquent un renouveau de l’utilisation de l’église, assurément postérieur au témoignage en 1878 de MM. Charpillon et Caresme. 

Quant aux statues, deux d’entre elles sont en bois polychrome et datent du XVIIe siècle : il s’agit de la Vierge à l’Enfant-Jésus et de saint Éloi l’évêque. Deux statues sont en pierre et datent du XVIIIe siècle. Il s’agit de sainte Clotilde et, surtout, de saint Germain bénissant. Nous notons qu’il s’agit de deux saints tardigrades, c’est-à-dire anciens. Ce sont deux personnages issus de Bourgogne et ayant beaucoup compté dans l’évangélisation du nord de la Gaule sous la dynastie mérovingienne. Clotilde a été la femme de Clovis et a contribué à son baptême. Il n’est donc pas étonnant qu’on la retrouve comme protectrice d’une fontaine locale que nous étudions ci-après. En attendant, peut-on voir dans le culte de ces saints très royaux et très francs, comme saint Éloi itou, la preuve d’une structuration de la paroisse Saint-Germain dans les premiers siècles du Moyen Âge, avant l’arrivée des Normands ? C’est très probable, même en l’absence de preuves objectives.  

 

Quelle est la plus petite mairie de France ? Ou la célébrité de Saint-Germain-de-Pasquier et sa chapelle Sainte-Clotilde 

Article à lire sur notre blog en cliquant sur cette phrase ou en copiant ce lien :

http://pontdelarche.over-blog.com/2021/06/quelle-est-la-plus-petite-mairie-de-france-ou-la-celebrite-de-saint-germain-de-pasquier-et-sa-chapelle-sainte-clotilde.html

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 10:14
Carte postale imprimée à l'occasion de l'animation intitulée "Les chemins de la randonnée" qui eut lieu le 26 avril 1997. On y voit l'Oison au premier plan devant la mairie de Saint-Germain-de-Pasquier, avant sa restauration. La carte porte aussi le titre de l'ouvrage "Jadis le Dué, aujourd'hui l'Oison" édité en 1989 par l'Association pour la valorisation du patrimoine normand et dirigé par Annie Leseigneur.

Carte postale imprimée à l'occasion de l'animation intitulée "Les chemins de la randonnée" qui eut lieu le 26 avril 1997. On y voit l'Oison au premier plan devant la mairie de Saint-Germain-de-Pasquier, avant sa restauration. La carte porte aussi le titre de l'ouvrage "Jadis le Dué, aujourd'hui l'Oison" édité en 1989 par l'Association pour la valorisation du patrimoine normand et dirigé par Annie Leseigneur.

 

La vallée de l’Oison est très belle et les visiteurs aiment observer une halte près d’une de ses curiosités : la mairie de Pasquier et ses 8 m², record de France enregistré dans le livre Guiness des records. Mais si plusieurs articles du Net signalent cette singularité, peu proposent une étude de cette mairie, son bâtiment et son histoire catholique. C’est ce que nous proposons ici. 

 

L’église paroissiale désaffectée

Auguste Le Prévost écrivit avant 1859 que l'église paroissiale Saint-Germain, à Pasquier, fut dévastée en 1793, sûrement par des hommes de l’armée révolutionnaire de passage par ces lieux. Vers 1840, Léon-Louis Gadebled, dans son Dictionnaire historique, topographique et statistique du département de l’Eure, écrivit que le culte catholique de Pasquier était réuni au Bec-Thomas, la paroisse voisine. Selon le tome II paru en 1878 du Dictionnaire historique de toutes les communes de l’Eure, de MM. Charpillon et Caresme, l’église paroissiale était “devenue une simple chapelle.” Il semble évident que les paroissiens saint-germanois aient souhaité le retour du culte catholique à Pasquier. Ceci peut expliquer la fondation et l’émergence de la chapelle Sainte-Clotilde qui symbolise, toujours aujourd’hui, l’identité de la commune. En effet, la fondation de cette chapelle en 1851 semble pallier la fermeture de l’église paroissiale.

 

La source Sainte-Clotilde, objet du pèlerinage d'antan, ici sur une photographie de 2017 signée "Clione" et issue du blog "Routard en vadrouille".

La source Sainte-Clotilde, objet du pèlerinage d'antan, ici sur une photographie de 2017 signée "Clione" et issue du blog "Routard en vadrouille".

Le pèlerinage Sainte-Clotilde

Auguste Le Prévost affirma, dans le tome III de ses Mémoires et notes, qu’“Il existait depuis un temps immémorial un pèlerinage très fréquenté [début juin] à une source de Sainte-Clotilde, sur laquelle une chapelle a été érigée par souscription en 1851.” On retrouve-là une pratique courante du catholicisme qui a souvent occupé les lieux où la vie se manifeste, généreuse, opulente, sous la forme d’une source ou d’un arbre remarquable. Ces pratiques ont peut-être succédé à des cultes païens ou, tout du moins, à l’esprit qui animait ces cultes comme au hêtre du Petit-Saint-Ouen à Léry. Les propos d’Auguste Le Prévost semblent corroborés par la présence d’une statue du XVIIe siècle portant les traits de sainte Clotilde dans l’église ; présence qui témoigne donc d’un culte local bien vivace. Une erreur est née à l’endroit de cette chapelle. MM. Charpillon et Caresme indiquèrent sa construction en 1851 à la suite du paragraphe portant sur le prieuré de Saint-Germain-le-Gaillard. Cela a laissé croire, dans l’esprit de certains lecteurs, que ce prieuré était à Pasquier même alors que, comme nous l’avons étudié, il était en amont du chef-lieu de paroisse.

"Saint-Germain-de-Pasquier. La chapelle Sainte-Clotilde" d'après une carte postale illustrée des années 1910 issue des fonds numérisés des Archives de l'Eure (cote : 8 Fi 545-1).

"Saint-Germain-de-Pasquier. La chapelle Sainte-Clotilde" d'après une carte postale illustrée des années 1910 issue des fonds numérisés des Archives de l'Eure (cote : 8 Fi 545-1).

 

1851 : construction de la chapelle Sainte-Clotilde

Comme le montre une carte postale illustrée des années 1910, un édicule fut bâti en brique et mis hors d’eau grâce à deux pans couverts d’ardoise. L’entrée se faisait du côté de la route, par le nord-ouest donc, grâce à une ouverture couronnée d’un arc en plein cintre au-dessus duquel, dans une niche, se trouvait une statuette ‒ très dix-neuvième ‒ de sainte Clotilde. L’ouverture était conditionnée par une porte et, sous l’arc, un élégant assemblage de bois et de verre formant une demi-rose, voire un soleil-levant. On peut aussi y voir une coquille Saint-Jacques et ce aux abords de ce chemin de Compostelle, dit des Anglais, que nous avons étudié dans un article consacré à Saint-Cyr-la-campagne. La source Sainte-Clotilde eût-elle une fonction particulière sur ce chemin de Compostelle ? La question est ouverte.    

 

La mairie dans les années 1960 d'après une photographie de presse retrouvée sur le Net.

La mairie dans les années 1960 d'après une photographie de presse retrouvée sur le Net.

 

1910 : la chapelle fut reconvertie en mairie

Le culte catholique reprit vigueur par la restauration de l’église Saint-Germain, après 1878, et la chapelle Sainte-Clotilde fut abandonnée. En effet, comme nous l’apprend le blog “Routard en vadrouille” animé par Clione : “Elle fut aménagée en 1910 sur décision de Monsieur Marsollet, maire de l’époque qui en avait marre de recevoir ses conseillers dans sa salle à manger, donc il décida d’utiliser comme mairie l’ancienne chapelle Sainte-Clotilde, alors désaffectée de tout exercice de culte et qui avait été érigée au-dessus de la fontaine du même nom.” C’est ce que l’on voit sur une carte postale des années 1910 où l’édifice est maculé d’affiches profanes. C’est depuis lors que cette chapelle constitue la plus petite mairie de France avec ses 8 m². Le bâtiment fut modifié comme le montre une carte postale des années 1960 : la demi-rose au-dessus de la porte fut bouchée, la statuette remisée et les murs extérieurs crépis et couverts de blanc. Mais cette réaffectation, toute symbolique en cette époque de lutte pour ‒ ou contre ‒ la séparation des Églises et de l’État, permit l’entretien et donc la pérennité de l’édicule. 

 

Cette carte postale des années 1960 démontre l'intérêt touristique que représente la mairie de Pasquier à côté, et à plus forte échelle, de son église romane.

Cette carte postale des années 1960 démontre l'intérêt touristique que représente la mairie de Pasquier à côté, et à plus forte échelle, de son église romane.

 

Vers l’an 2000 : la mairie renoue avec Sainte-Clotilde

Devenant une carte postale touristique de la commune et de toute la vallée de l’Oison, la mairie bénéficia d’une restauration de gout entre 1997 et 2004. Sa brique fut redécouverte et mis en valeur par un joint clair, sûrement à la chaux, et la statuette de Sainte-Clotilde fut reposée dans une niche refaite pour elle. Certaines personnes durent pousser des cris d’effroi en imaginant qu’ici on blasphémait la loi de 1905 laïcisant plus fermement l’État, mais cette modeste statue rappelle que l’histoire est une filiation. La République n’efface pas ses assises culturelles et civilisationnelles ; elle valorise une partie de son héritage.

 

La statuette de Sainte-Clotilde a retrouvé place dans sa niche, bien protégée ce coup-ci, grâce à la restauration qui eut lieu entre 1997 et 2004. Photographie de 2017 signée "Clione" et issue du blog "Routard en vadrouille".

La statuette de Sainte-Clotilde a retrouvé place dans sa niche, bien protégée ce coup-ci, grâce à la restauration qui eut lieu entre 1997 et 2004. Photographie de 2017 signée "Clione" et issue du blog "Routard en vadrouille".

Sainte-Clotilde a donc modestement rejoint le Panthéon et sa croix chrétienne au nombre, sûrement réduit, des édifices républicains partiellement rechristianisés. C’est ainsi que la représentation de la République sous les traits de Marianne, buste statuaire de nos mairies, s’inscrit dans la lignée de la statuette de la reine Clotilde, elle-même précédée par les œuvres païennes des Romains et des Grecs. En tout cas, le tourisme comprend ce choix et ne s’en offusque pas, au contraire. Ce qui est rare à Pasquier n’est pas qu’un édifice catholique serve de maison commune, de mairie. En effet, les églises étaient aussi les lieux de réunion des habitants durant l’Ancien Régime et elles ont été républicanisées à la Révolution comme le prouvent toujours les inscriptions sur les églises, par exemple, Notre-Dame de Caudebec-lès-Elbeuf ou Saint-Martin d’Ivry-la-bataille. Ce qui est étonnant, à Pasquier, est la permanence d’une mairie dans un ancien lieu de culte, ce qui a été rendu possible par la désaffection de la chapelle dont l’édicule était, somme toute, peu catholique… d’un point de vue architectural.  

 

A lire sur ce blog, L'histoire de Saint-Germain-de-Pasquier.

La mairie de Saint-Germain-de-Pasquier telle que présentait en 2004. Photographie du poète Lionel Droitecour publiée avec un poème sur le blog : lesvieilleslettres.over-blog.com.

La mairie de Saint-Germain-de-Pasquier telle que présentait en 2004. Photographie du poète Lionel Droitecour publiée avec un poème sur le blog : lesvieilleslettres.over-blog.com.

Armand Launay

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 05:55
La vallée de l'Oison dans la commune de Saint-Cyr-la-campagne par Frédéric Ménissier en mai 2021.

La vallée de l'Oison dans la commune de Saint-Cyr-la-campagne par Frédéric Ménissier en mai 2021.

Avec nos remerciements à Frédéric Ménissier

pour ses photographies qui illustrent et instruisent cet article.

 

Entrez dans l’Eure, entrez dans l’Oison

On pénètre dans la vallée de l’Oison par Saint-Pierre-de-Liéroult, quartier de Saint-Pierre-lès-Elbeuf qui fut une commune de l’Eure avant 1837. Après un tunnel, on entre dans une véritable carte postale : celle de la Normandie joyeuse, verte et vallonnée. Passé le hameau de la Bidaudière, on entre dans la commune de Saint-Cyr-la-campagne comme si on entrait dans le pays d’Auge. En effet, cette commune valléenne de 413 habitants (en 2018) est boisée et constituée d'hameaux épars alors que le plateau du Neubourg étale non loin ses mornes plaines ponctuées de mignons villages. Saint-Cyr et la vallée de l’Oison contrastent avec les plats champs du plateau et la vallée de Seine urbanisée et constellée de sablières. Saint-Cyr est préservé des grands axes routiers et son environnement semble plus naturel, plus varié qu’ailleurs. Sorte de poumon d’Elbeuf, dont la forêt borde les coteaux nord de la commune, Saint-Cyr est le lieu rêvé de vastes propriétés, parfois secondaires, entrecoupées de quelques maisons anciennes, quelques pans de bois ou maisons de brique plus récentes. Si le chef-lieu de commune se voit nettement avec sa mairie et son église Saint-Cyr, les Saint-Cyriens se répartissent dans plusieurs hameaux : Le Mont-Hamel et Le Neuf-Moulin, les plus peuplés, et Le Valanglier, Le Moulin Vorins.

 

Signalisation du chemin de Compostelle sur une photographie de Frédéric Ménissier de mai 2021.

Signalisation du chemin de Compostelle sur une photographie de Frédéric Ménissier de mai 2021.

 

Cette remarquable entrée de vallée a été récemment mise en valeur par la restauration et le balisage d’un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est ce qu’a narré le journaliste Jean-Paul Adam dans une version numérique en date du 16 octobre 2016 d’un article paru dans Le Courrier de l’Eure. L’auteur nous apprend que les départements de l'Eure et de la Seine-Maritime, ainsi que 57 communes ont œuvré pendant trois ans à la mise en valeur de la “voie des Anglais” reliant Dieppe à Tours en direction de Saint-Jacques. Parmi ce cheminement chrétien et spirituel se trouve la belle église romane de Saint-Cyr. 

 

Cartes postales illustrées des années 1910 portant sur l'église Saint-Cyr (archives de l'Eure en ligne).
Cartes postales illustrées des années 1910 portant sur l'église Saint-Cyr (archives de l'Eure en ligne).

Cartes postales illustrées des années 1910 portant sur l'église Saint-Cyr (archives de l'Eure en ligne).

 

Le beau roman de l’église Saint-Cyr et Saint-Julitte

Le point central du chef-lieu de commune est l’église paroissiale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte. Orientée, elle se trouve, bien visible, au tournant d’un des méandres dessinés par l’Oison. Si elle remplace assurément un plus ancien édifice, ses parties les plus antiques remontent au XIIe siècle. On les voit nettement car les remaniements plus récents ne les ont pas toutes éliminées (au niveau du chevet) et les ont même restaurées (au niveau du portail). 

Une photographie d’Antoine Garnier, publiée dans la fiche Wikipédia de la commune et sur le blog atlas-roman.blogspot.com, montre le chevet, c’est-à-dire la partie extérieure située au-delà du chœur. C’est un chevet roman de plein cintre, c’est-à-dire de forme semi-circulaire, couvert par un toit en croupe arrondie. Bien que remanié au XIVe siècle (selon le site monvillagenormand.fr), ce chevet conserve une baie étroite, romane, sur le contrefort central, de petits moellons de silex sombre en remplissage et des modillons, c’est-à-dire de petites consoles carrées sculptées sous la corniche du toit. 

 

Le chevet roman de l'église Saint-Cyr sur une photographie d'Antoine Garnier, que nous remercions, datant de juillet 2015.

Le chevet roman de l'église Saint-Cyr sur une photographie d'Antoine Garnier, que nous remercions, datant de juillet 2015.

Voici deux photographies extraites du tome II de l'ouvrage du chanoine Bonnenfant paru en 1937 et intitulé Églises rurales du département de l'Eure. Il s'agit de la planche CXV dévolue à l'église Saint-Cyr conservée aux Archives de l'Eure et publiée en ligne (cote :  37 Fi 3532).

Voici deux photographies extraites du tome II de l'ouvrage du chanoine Bonnenfant paru en 1937 et intitulé Églises rurales du département de l'Eure. Il s'agit de la planche CXV dévolue à l'église Saint-Cyr conservée aux Archives de l'Eure et publiée en ligne (cote : 37 Fi 3532).

 

Selon les photographies du riche site monvillagenormand.fr, le mur gouttereau nord conserve, en sus de ses contreforts, une porte romane menant au chœur qui était encore en fonction vers 1910 comme le montre une carte postale illustrée de ce temps. Le soubassement de ce mur est constitué d’un réemploi de petits moellons de silex sombre. Une autre voute de porte se voit dans le mur gouttereau sud près du chevet, non loin d’une petite baie romane elle aussi murée. 

Le portail de l'église Saint-Cyr est caractéristique du roman malgré des remaniements du XIXe siècle. Celui-ci est surmonté par trois voussures en plein cintre, formant une archivolte et reposant sur des piédroits sculptés en colonnettes. Les voussures sont enrichies de sculptures à motifs géométriques ou en dents de scie typiques du roman. Un visage, sorte de Dieu le père, couronne l’ensemble et accueille le visiteur. La façade est percée de deux baies étroites à son deuxième niveau. 

Un début de clocher carré, de construction plus récente, rompt l’harmonie du mur pignon en s’adossant au pan sud du toit. Celui-ci est couronné par une flèche de charpente polygonale couverte d'essentes d'ardoise. 

 

Église de Saint-Cyr-la-Campagne (Eure), façade et portail ouest sur une photographie des années 1950 (?) conservée aux Archives de l'Eure et publiée en ligne.

Église de Saint-Cyr-la-Campagne (Eure), façade et portail ouest sur une photographie des années 1950 (?) conservée aux Archives de l'Eure et publiée en ligne.

 

Le mobilier de Saint-Cyr

Une campagne de protection des éléments patrimoniaux de l’église a été entreprise par les élus au nom de la commune, propriétaire des lieux. Ainsi, des œuvres ont été inscrites au titre d’objets sur la liste supplémentaire des Monuments historiques le 21 mars 1977. Il s’agit de :  

- fonts baptismaux du XVe siècle, en pierre taillée et situés dans la nef, côté nord ; 

- une statue de la Vierge à l’Enfant au chardonneret (un petit oiseau). En pierre sculptée, sa datation est estimée dans la base POP du Ministère de la culture entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. Elle se trouve dans le chœur, contre le mur sud ;

- une statue de poutre de gloire en bois polychrome représentant donc le Christ en croix et datée du XVIe siècle ;  

- un aigle-lutrin sculpté sur bois polychrome du XVIIIe siècle situé dans le chœur, côté nord. Son socle est contemporain ;  

- quatre stalles du XVIIIe siècle qui proviendraient de l'ancienne abbaye Notre-Dame-de-Bonport. L’église de cette abbaye cistercienne, à Pont-de-l’Arche, servit de carrière suite à sa vente en tant que bien national à la Révolution. On estime aussi que le maitre-autel de Saint-Pierre-de-Liéroult provient de Bonport.

 

Saint-Augustin rédigeant son œuvre : à gauche le tableau présent dans l'église Saint-Cyr (vue extraite de la base POP), une vue de l'œuvre originale de Philippe de Champaigne (Wikimedia) et le détail des armes de la famille Le Monnier, donatrice des fonds ayant permis de réaliser l'œuvre saint-cyrienne (Base POP itou). Saint-Augustin rédigeant son œuvre : à gauche le tableau présent dans l'église Saint-Cyr (vue extraite de la base POP), une vue de l'œuvre originale de Philippe de Champaigne (Wikimedia) et le détail des armes de la famille Le Monnier, donatrice des fonds ayant permis de réaliser l'œuvre saint-cyrienne (Base POP itou). Saint-Augustin rédigeant son œuvre : à gauche le tableau présent dans l'église Saint-Cyr (vue extraite de la base POP), une vue de l'œuvre originale de Philippe de Champaigne (Wikimedia) et le détail des armes de la famille Le Monnier, donatrice des fonds ayant permis de réaliser l'œuvre saint-cyrienne (Base POP itou).

Saint-Augustin rédigeant son œuvre : à gauche le tableau présent dans l'église Saint-Cyr (vue extraite de la base POP), une vue de l'œuvre originale de Philippe de Champaigne (Wikimedia) et le détail des armes de la famille Le Monnier, donatrice des fonds ayant permis de réaliser l'œuvre saint-cyrienne (Base POP itou).

 

Mais l'objet majeur de l’église est un tableau représentant Saint-Augustin rédigeant son œuvre. Ce docteur de l'Église, qui fut aussi penseur romain et évêque d’Hippone, est figuré touché par la lumière de la vérité divine. Celle-ci lui inspire l’amour de Dieu comme le symbolisent, d'abord, la lumière issue du ciel et qui engendre le cœur enflammé par la foi tenu dans sa main gauche et, ensuite, la plume par laquelle se crée une partie de la doctrine chrétienne, dans sa main droite. Si l’artiste qui réalisa ce tableau du XVIIIe siècle nous est inconnu, il eut le mérite de reproduire une œuvre majeure de Philippe de Champaigne (1602-1674), artiste peintre et sculpteur français classique. Cette peinture à l’huile fut classée par le Conservatoire régional des monuments historiques le 25 juin 1990. On peut voir, dans l'œuvre, le blason des Le Monnier, famille donatrice saint-cyrienne. MM. Charpillon et Caresme citent un dénommé François Le Monnier, sieur de La Hayette, marié en 1643 à Gabrielle Belleau, héritière du fief de “Valengelier”. Les Le Monnier blasonnaient de gueules au lion rampant d’or. 

On peut donc mesurer que le patrimoine liturgique saint-cyrien est plutôt riche, mis en rapport avec la taille de la paroisse. Il est dommage que les parties romanes de son église ne fassent pas l’objet d’une inscription aux Monuments historiques. Mais qui étaient les nobles de la paroisse ?  

 

 

Le roi Philippe II Auguste et sa maison de Saint-Cyr

Les origines romanes du XIIe siècle de l’édifice chrétien précèdent de quelques décennies les premières archives qui éclairent un peu l’histoire saint-cyrienne. On lit dans Scripta, base des actes normands médiévaux publiée sur le site de l’université de Caen sous la direction de Pierre Bauduin, que le roi de France Philippe Auguste dota en 1217 son sergent Tencrius de toutes ses terres et biens saint-cyriens : 

 

“Philippus, Dei gratia, etc. Noverint universi, presentes pariter et futuri, quod nos Tencrio, servienti nostro, propter ejus fidele servitium, et heredi suo masculo de uxore sua desponsata, dedimus in perpetuum illud quod habebamus apud Sanctum Cyricum, videlicet viginti libras turonensium in novo molendino, decem solidos turonensium in quodam jardino, septem capones et septem denarios turonenses, et septuaginta tres gallinas et tres solidos et unum denarium turonensem, et unum anserem, et octinginta et triginta ova, et septem solidos turonensium uno denario minus, et de censibus ville Sancti Cyrici octo libras et quatuor solidos et duos denarios turonenses, et ducentos pinpenellos apud Pontem Arche, que predicta sunt annui redditus, et preterea triginta quatuor acras terre et dimidiam, et septem acras broscie, et unam acram prati, et domum quam habebamus apud Sanctum Cyricum. Hec autem omnia tenebit ad usus et consuetudines Normannie dictus Tencrius et heres suus masculus de uxore sua desponsata, reddendo consuetudines et servicia que terra predicta debere dinoscitur. Quod ut perpetue stabilitatis, etc. Actum Compendii, anno Domini Mº CCº XVIIº, mense aprilis.” Acte 4084. 

 

Copie du plan cadastral de Saint-Cyr, section A dite "du Village". Première vue de 2 feuilles cotées 3PL/1026/2 et conservées aux Archives de l'Eure. Le chef-lieu de paroisse semble avoir particulièrement pris de l'importance aux XIIe et XIIIe siècles parmi les autres hameaux locaux, ce dont témoignent la construction de l'église actuelle et une charte du roi Philippe Auguste.

Copie du plan cadastral de Saint-Cyr, section A dite "du Village". Première vue de 2 feuilles cotées 3PL/1026/2 et conservées aux Archives de l'Eure. Le chef-lieu de paroisse semble avoir particulièrement pris de l'importance aux XIIe et XIIIe siècles parmi les autres hameaux locaux, ce dont témoignent la construction de l'église actuelle et une charte du roi Philippe Auguste.

 

On y apprend principalement que le roi donna sa maison (domum), c’est-à-dire un fief, de Saint-Cyr et les impôts sur les foyers (censibus), ainsi que divers droits en nature, un pré et 20 livres tournois à prendre sur le nouveau moulin, celui qui a dû donner son nom au hameau de Neuf-moulin. 

Le nom du sergent est problématique. Il est dénommé Tencrius dans Scripta, Teneer le Champion selon Le Dictionnaire historique de toutes les communes de l’Eure de MM. Charpillon et Caresme et, enfin, Teucerio selon Les Mémoires et notes d’Auguste Le Prévost. Cependant, selon MM. Charpillon et Caresme, son nom semble s’identifier au fief dénommé Gilles-Tauquiers à Saint-Cyr même. Le nom a-t-il été mal rédigé en 1217 ? A-t-il connu une longue déformation les siècles suivants ? Gilles était-il le prénom de baptême du sergent de Philippe Auguste ? Nous l’ignorons. Nous savons en revanche qu’il s’agissait d’un fief de haubert, c’est-à-dire un domaine réservé aux chevaliers qui, en retour, devaient fournir un chevalier en arme à leur seigneur en cas de nécessité. Il était placé sous la tutelle d’un baron et ne devait revenir, dans l’idéal, qu’au fils ainé. Dans les faits, les fiefs de haubert furent peu à peu divisés entre les sœurs héritières, en l’absence de fils. L’église Saint-Cyr démontre que c’était-là le fief majeur de la paroisse ; les seigneurs ayant sûrement largement contribué aux dons permettant le déploiement puis l’entretien du temple local. 

Le fief dénommé Gilles-Tauquiers faisait partie des trois fiefs de la paroisse avec le Valanglier, déjà cité, et celui de Neuf-moulin. Ce dernier fief possède sa part de mystère et mérite quelques réflexions.

 

Saint-Cyr-la-campagne. Le Neuf-moulin. Carte postale illustrée des années 1910 disponible sur le site des Archives de l'Eure (cote : 8 Fi 529-8).

Saint-Cyr-la-campagne. Le Neuf-moulin. Carte postale illustrée des années 1910 disponible sur le site des Archives de l'Eure (cote : 8 Fi 529-8).

 

Les fortifications du Neuf-moulin

Le Neuf-moulin est le second hameau de la paroisse, après Saint-Cyr. Il semble avoir eu une importance qui a décliné au XIIIe siècle et qui revenait aux seigneurs du lieu : les Troussebout, aussi appelés Troussebot ou Trussebut. Nous sommes tenté de leur attribuer les vestiges de fortifications à contremont de Neuf-moulin. Mais de quelles fortifications s’agit-il ? 

Auguste Le Prévost les avait déjà localisées et décrites dans son ouvrage du milieu du XIXe siècle : “Sur la pointe sud d’une colline, entre deux vallons, sont les ruines à ras de terre d’un ancien château, dont les fondements présentent une extrême solidité. Au sud du château est la butte du castel, butte fort élevée, sous laquelle est taillé un puits profond, taillé dans le roc. La butte et les ruines sont protégées par un fossé, et entourées de fosses beaucoup plus larges.”

La lecture de la carte topographique actuelle fournit aussi de précieuses informations. À l’ouest de Neuf-Moulin existe une singulière formation géologique en forme de cercle (circus, en latin). Elle culmine à 111 mètres d’altitude et forme une colline, entre deux vallées. Il s’agit en fait d’un éperon dont l’attache au plateau a été érodée par deux anciens affluents de l’Oison, celui qui a formé la vallée Barrée et celui de la vallée du bois de Troussebout. La partie sud de l’éperon descend à 84 mètres d’altitude. La colline centrale a une forme arrondie et est appelée, sur la carte topographique, “le cirque - ancien retranchement”. Un panneau la dénomme aussi ainsi à Saint-Cyr. Notons que le puits se trouve au sud. Il devait sûrement rendre possible l’installation d’une garnison dans un châtelet protégeant la partie la plus vulnérable de la colline. Peut-on imaginer en ce lieu des fortifications plus anciennes, comme un oppidum gaulois ? Nous n’avons aucun élément pour affirmer quoi que ce soit.

 

La carte topographique de l'IGN (ici sur une capture d'écran réalisée à partir du site Géoportail) montre une butte prononcée dans l'espace le plus sinueux de la vallée de l'Oison et portant des noms énigmatiques : le Cirque (ancien retranchement) et le Puits Castel.

La carte topographique de l'IGN (ici sur une capture d'écran réalisée à partir du site Géoportail) montre une butte prononcée dans l'espace le plus sinueux de la vallée de l'Oison et portant des noms énigmatiques : le Cirque (ancien retranchement) et le Puits Castel.

Le Cirque, petit retranchement circulaire selon la carte topographique. Ici les photographies de Frédéric Ménissier, prises en mai 2021, laissent apparaitre un talus et un fossé au dénivelé assez modeste (moins de deux mètres).Le Cirque, petit retranchement circulaire selon la carte topographique. Ici les photographies de Frédéric Ménissier, prises en mai 2021, laissent apparaitre un talus et un fossé au dénivelé assez modeste (moins de deux mètres).Le Cirque, petit retranchement circulaire selon la carte topographique. Ici les photographies de Frédéric Ménissier, prises en mai 2021, laissent apparaitre un talus et un fossé au dénivelé assez modeste (moins de deux mètres).

Le Cirque, petit retranchement circulaire selon la carte topographique. Ici les photographies de Frédéric Ménissier, prises en mai 2021, laissent apparaitre un talus et un fossé au dénivelé assez modeste (moins de deux mètres).

Le pied de la butte du Puits Castel, au Neuf-Moulin, d'après une photographie de Frédéric Ménissier datant de mai 2021.

Le pied de la butte du Puits Castel, au Neuf-Moulin, d'après une photographie de Frédéric Ménissier datant de mai 2021.

 

Qui étaient les Troussebout ? 

MM. Charpillon et Caresme nous apprennent qu’en 1257 Renaud Troussebot, seigneur de Saint-Cyr, donna des droits aux moines de Bonport sur son moulin de Vorins. Ce moulin est aussi appelé Varyn (1272), Warin et Garin selon les documents et les périodes. Il porte le nom d’un de ses propriétaires qui a pu être l’évêque d’Évreux, Garin, dont Auguste Le Prévost écrivit qu’il fut propriétaire du proche prieuré de Saint-Germain-le-Gaillard (tome III, page 125 du volume III). Un membre de la famille Troussebot était donc devenu seigneur de Saint-Cyr mais cette famille semble avoir été possessionnée principalement plus au sud et en amont de l’Oison. En effet, outre le moulin Garin, on retrouve un bois de Troussebout sur les cartes actuelles. Auguste Le Prévost nous apprend (à la page 100) que ce bois faisait partie de la paroisse de La Harengère et constituait un fief dénommé la Troussebotière, au sud de Neuf-Moulin. À la page 166, notre auteur nous apprend que le fief de Troussebout relevait d’un fief de la paroisse de Saint-Nicolas du Bosc-Asselin où se trouvait son chef-mois (le manoir principal, ici des Troussebout). 

Comme le mentionne Auguste Le Prévost, cette “famille [était] mêlée à tous les événements de la contrée, alliée à la maison d’Harcourt et souvent mentionnée dans les donations faites aux églises. Dès 1138, Guillaume Troussebout était un personnage.” Page 100, l’auteur nomme Gaudfridus Trossebot, cité dans les Grands rôles des ducs de Normandie. Il était “chargé de la défense du château de Bonavilla”. Nous ne savons de quelle Bonneville il s’agit, mais la fonction militaire des Troussebout est nette. Ainsi certains Troussebout ont accompagné Guillaume le Bâtard dans sa conquête puis son administration de l’Angleterre. Auguste Le Prévost cite (page 167) un Guillaume Trussebut, fils de Geoffroy, fils de Payen et marié à Alberède d’Harcourt. Le Net anglais s’en fait l’écho en quête de ses racines nobiliaires. 

Le passage qui nous intéresse le plus, toujours chez Auguste Le Prévost (page 125), fait état d’un don, en 1193, établi par l’évêque d’Évreux Garin au bénéfice de Sainte-Barbe. Il céda le prieuré de Saint-Germain-le-Gaillard, sur les hauteurs de Pasquier, avec divers biens, dont 15 acres de terre au “monte Crostele” qui lui avaient été donnés par Roger Troussebout. Nous pensons que le Crostele en question est la forme ancienne de Castel. Il nous parait probable d’attribuer aux Troussebout des fortifications sur la colline qui nous intéresse. Cependant, la fonction militaire ayant beaucoup perdu de sa valeur, on voit décliner cette puissance locale au point que le fief de la Troussebotière, tenu par Geoffroy du Framboisier, relevait de celui de Saint-Cyr en 1290. Il est probable que les donations du roi à Gilles Tauquiers aient déplacé le point de gravité de la paroisse. Mais que signifie le nom de la paroisse ? 

 

Vue générale sur Saint-Cyr depuis le chemin de Compostelle par une photographie de Frédéric Ménissier de mai 2021.

Vue générale sur Saint-Cyr depuis le chemin de Compostelle par une photographie de Frédéric Ménissier de mai 2021.

 

Saint-Cyr-la-campagne et son riche nom

Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus Cyricus en 1218. François de Beaurepaire, dans Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, rapporte à la page 172 la mention de Sanctus Cyricus in campania en 1380, soit Saint-Cyr-la campagne. On pourrait croire – et beaucoup s’en contentent – que l’élément “la campagne” accolé à Saint-Cyr est une simple référence aux champs, les camps en normand. Dans quel cas, cette épithète permettrait de différencier notre Saint-Cyr, éventuellement, de Saint-Cyr-du-Vaudreuil, voire Saint-Cyr-de-Salerne, près de Brionne. C’est probable comme le démontrent les noms de communes proches : Amfreville-la-campagne qui se distingue d’Amfreville-sous-les-monts, Amfreville-les-Champs et Amfreville-la-mi-voie : Tourville-la-campagne qui se distingue de Tourville-la-rivière et Criquebeuf-la-campagne qui se distingue de Criquebeuf-sur-Seine. Cette référence à la campagne désigne le nom d’un pays, au sens premier du terme : la campagne du Neubourg, aussi appelé plaine ou, plus récemment, plateau du Neubourg. En ce sens, le nom de Saint-Cyr est révélateur de la mentalité de nos ancêtres qui classaient la vallée de l’Oison dans le pays neubourgeois. 

Quant à Saint-Cyr, l’attache catholique est évidente avec le nom de ce saint martyr tué à trois ans, selon la légende, par l’empereur païen Dioclétien et ce avec sa mère Saint-Julitte (ou Juliette) en raison de sa foi chrétienne. Il est difficile de savoir quelles personnes ont choisi de placer la paroisse sous le patronage de ce saint et pour quelles raisons. Nous nous étonnons cependant des analogies entre la forme latine du nom Sanctum Cyricum (1217) et la présence d’un cirque géologique formé par une boucle encaissée de l’Oison. Il s’agit de la formation géologique en forme de cercle (circus, en latin) que nous avons traitée ci-dessus à la recherche des fortifications des Troussebout. La carte topographique nomme le nord de cette colline “le cirque - ancien retranchement”. Il est vrai que cette partie de la vallée est plus proche du Neuf-Moulin, mais Saint-Cyr et ses hameaux se trouvent à l’endroit où la vallée forment des demi-cercles. Nos ancêtres auraient-ils christianisé un nom préexistant ou joué sur les sonorités circus et Cyricus ? C’est en quête de réponse à cette théorie que nous nous sommes aperçu que Nicolas Hurou avait déjà exploré cette hypothèse, à bien plus vaste échelle, dans son blog intitulé patrimoine-rural qui mêle et démêle les jeux de mots et l’ouverture sur des interprétations nouvelles et probables. 

 

Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.

Captures d'écran des passages du tome III des Mémoires et notes d'Auguste Le Prévost (paru en 1869) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.

Captures d'écran des passages du tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme (paru en 1878) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme (paru en 1878) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme (paru en 1878) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme (paru en 1878) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.
Captures d'écran des passages du tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme (paru en 1878) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.

Captures d'écran des passages du tome II du Dictionnaire historique de toutes les communes de l'Eure de Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme (paru en 1878) se rapportant à Saint-Cyr-la-campagne.

Cartes postales diverses des années 1910 issues des fonds numérisés des Archives de l'Eure. Cartes postales diverses des années 1910 issues des fonds numérisés des Archives de l'Eure.
Cartes postales diverses des années 1910 issues des fonds numérisés des Archives de l'Eure.

Cartes postales diverses des années 1910 issues des fonds numérisés des Archives de l'Eure.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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  • : Pont de l'Arche et sa région histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages) ;

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages) ;

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages) ;

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages) ;

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages) ;

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité avec Frédéric Ménissier, 2019, 64 pages) ; 

- Les Trésors de Terres-de-Bord : promenade à Tostes, ses hameaux, Écrosville, La Vallée et Montaure (édité par la mairie de Terres-de-Bord, à paraitre en 2022).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis enseignant à Mayotte.

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