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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 14:50
Salle-d-Armes.JPG
La Salle d'Armes, une atmosphère propice à l'activité culturelle (photo A. Launay, 2011).
 
 
XIIIe siècle : création de l’hôtel-Dieu de Pont-de-l’Arche, près de l’église. La Salle d’Armes est construite afin de servir de cave aux religieux, peut-être de Bonport. De cette époque, il reste de magnifiques arcs doubleaux chanfreinés en plein cintre qui décorent la voute ; un escalier à vis ; une petite ouverture au rez-de-chaussée ; des soupiraux murés ; des nervures, deux colonnettes et des chapiteaux à fleurs d’eau d’influence cistercienne sculptés dans le calcaire autour d’une porte du rez-de-chaussée. L’hôtel-Dieu passe ensuite sous la gestion des frères pénitents qui utilisent la Salle d’Armes comme entrepôt accueillant le grenier à sel durant quelques années.
 
XVIIe siècle : les frères pénitents installent l’hôtel-Dieu dans la rue Julien-Blin (l’hôpital actuel en est l’héritier). Ils délaissent leur propriété... et créent leur couvent, prédécesseur indirect de l'actuel EHPAD.
 
XVIIIe siècle : l'ancien hôtel-Dieu est réquisitionné par l’Etat, comme toutes les propriétés religieuses. Il est revendu comme bien national à Julien Blin.
 
XIXe siècle : Julien Blin fait raser l'ancien hôtel-Dieu sauf sa cave (l'actuelle Salle d’Armes) et fait construire une maison d'habitation. Dans un don testamentaire daté de 1833, Julien Blin, par ailleurs maire, lègue cette dernière ainsi que de nombreuses propriétés à la Ville de Pont-de-l'Arche. Celle-ci installe la première école publique dans cette maison (la salle Ambroise-Croizat, de nos jours) qui accueille aussi le logement de l'instituteur. 
 
XXe siècle : A partir de 1976, la municipalité de Roland Levillain fait de la Salle d’Armes un lieu d’exposition. L’escalier principal est construit. Dans les années 1990, la salle est réaménagée, climatisée et le souterrain du fond est muré. Le nom de Salle d’Armes apparait sans qu’on sache qui l’a créé et pour quelle raison puisque ce lieu n’avait aucune fonction militaire ou administrative…
 
Culture en 1976 3
En 1976, photographie prise lors du vernissage de la première exposition qui eut lieu à la Salle d'Armes. Elle était consacrée à l'oeuvre de Robert Savary. De nos jours, une des oeuvres de cet artiste est exposée à l'accueil de la mairie. A droite (lunettes), le sculpteur Jean Kerbrat.  
 
DSCF3106.JPG
Inauguration d'exposition en 2008.
 
Sources
- Archives municipales : registres des délibérations du Conseil municipal ;
- Goujon Paul, « L’Hôtel-Dieu et les pénitents du Pont-de-l’Arche », La Normandie, 1897, n° 3 de mars (pages 66-76), n° 4 d’avril (pages 105-115).
 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 10:16

Située dans la rue Blin, on ne peut pas visiter cette propriété de l'Agglomération Seine-Eure pour des raisons de sécurité. La mairie travaille actuellement sur un projet de réaménagement de ce magnifique édifice.

 

Voir l'étude complète en cliquant ici

 

P1100387 
La cour intérieure de la prison vue depuis le sommet d'une des tours du rempart.

 

De quand date le bailliage ?

Le bailliage apparaît dans les archives à partir du tout début du XIVe siècle. C'est Philippe Auguste, inspiré de ce qui se faisait en Normandie, qui décida de placer des bailliages ou sénéchaussées pour administrer son royaume. Ce roi a fait  de Pont-de-l'Arche sa principale résidence, il a choisi Pont-de-l'Arche pour faire siéger une administration. L'édifice actuel date pour partie du XVIe ou XVIIe siècle (les pans de bois de l'ancienne salle d'audience et de la maison des eaux et forêts), et pour partie du XVIIIe siècle (les bâtiments en pierre de taille comme la prison). 

 

A quoi servait-il ?

Jusqu’à la Révolution française, Pont-de-l’Arche accueillait un bailliage secondaire dépendant de Rouen. Il correspondait, en quelque sorte, à une sous-préfecture et administrait la région de Louviers, Elbeuf et une bonne partie du plateau du Neubourg. Le bailliage était l’expression de l’autorité royale et était placé sous la responsabilité du bailli, noble nommé par le roi en tant qu'officier. Comme il n'y avait pas de séparation entre le pouvoir exécutif et judiciaire, le bailliage regroupait quatre administrations qui rendaient directement la "justice" au nom du roi. 

On parlait alors de quatre tribunaux : 

- le bailliage, à proprement parler, qui était une sorte de tribunal de première instance,

- l’élection, qui réglait les différends concernant les impôts et principalement la taille,

- la maitrise des eaux et forêts, "ancêtre" de l'ONF,

- le grenier à sel (car la vente du sel était un monopole du roi qui percevait un impôt nommé la gabelle.

Et quand on rend "justice" sous l'Ancien Régime, on emprisonne les gens. Le bailliage comprend donc des prisons. Notez que le mot bailliage désigne à la fois un tribunal présidé par le bailli, le bâtiment qui l'accueille le bailliage et la circonscription dans laquelle il a autorité.

 


Depuis qu'il n'y a plus de représentant du bailli...

En 1790, lors de la refonte des administrations, Pont-de-l’Arche perdit ses tribunaux au profit de Louviers, ville qui était devenue depuis des siècles bien plus importante en raison de ses manufactures de draps. Le bâtiment du bailliage servit de mairie jusqu’en 1968. Il passa ensuite dans le domaine privé avant de redevenir une propriété publique en 1998. Ce bâtiment fut inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 5 février 2003.

 

Pour plus de précision, consultez notre dossier complet

 

  

A lire aussi...

L'historique de la ville

Les ruelles médiévales

Les balades le long de l'Eure ou en forêt de Bord...

 

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Contactez-moi afin d'étudier ensemble, plus avant, l'histoire et donc de progresser vers la connaissance. Bonne lecture ! armand.launay@gmail.com
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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