Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 16:44

Après les lois Jules Ferry rendant la scolarité obligatoire et laïque, les religieux qui enseignaient à Pont-de-l’Arche ont quitté la ville et ce malgré la déception les élus locaux qui recrutèrent alors des enseignants laïcs.

Conscientes qu’elles avaient abandonné l’instruction religieuse des enfants de Pont-de-l’Arche, les autorités catholiques créèrent une école pour filles en 1901. Tenue par les sœurs de la Providence de Rouen, cette école se maintint jusqu’en 1971, avant de servir de dispensaire puis de salle paroissiale. Située au numéro 3 de la rue de Crosne, elle ne comprenait que deux salles de classe. Au numéro 1 se trouvait l’école maternelle (une salle) qui accueillit ensuite les logements des sœurs du dispensaire et, de nos jours, le diacre. Ces biens sont la propriété du diocèse d'Evreux. 

L’école Saint-Charles fut construite en brique entre 1900 et 1901. Bâti de plain-pied et sur un sous-sol, cet édifice rectangulaire est protégé par un toit à deux versants recouvert d’ardoises. Les deux salles de classes étaient accessibles chacune par des portes situées aux extrémités des longues façades. Les deux portes situées côté rue servaient d’entrée le matin. Les deux portes situées côté cour donnaient accès à la cour de recréation et son préau (aujourd’hui disparu).

 

Ecole Saint-Charles

L'école Saint-Charles, côté cour, en 2010.

 

On peut encore apprécier aujourd’hui la décoration soignée de ce bâtiment malgré un crépi en ciment assez récent (côté cour). Sous le toit, des modillons en brique blanche décorent la corniche. Les deux façades longues présentent chacune quatre fenêtres dont les linteaux sont agréablement constitués d’un entremêlement de briques rouges et blanches. Des chaines de refend font une légère saillie vers l’extérieur et quelques encres en acier ponctuent les façades. Des pierres de taille renforcent la décoration. Certaines sont situées aux extrémités des linteaux des fenêtres mais surtout aux linteaux des portes ainsi qu’aux ouvertures qui les couronnent. Ces ouvertures présentent des jambages en pierre qui évoquent les colonnes classiques. Quant aux frontons, ils forment un curieux mélange entre les chapiteaux classiques et les nervures gothiques en forme de pointe. Un relief trilobé renforce l’aspect gothique de la décoration ce qui n’est pas étonnant pour une propriété diocésaine. Le silex, enfin, est lui aussi présent mais uniquement sur le mur-bahut situé au-dessus de l’entrée de la cave (côté cour). 

 

Ecole-Saint-Charles-2.JPGEcole Saint-Charles, détail de la façade côté rue.  

Saint-Charles : ancienne école de filles à Pont-de-l'Arche (privée)

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Repost 0
9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 18:24

Dès le XVIIIe siècle, des lieux d’accueil pour les plus jeunes enfants ont été ouverts en France dont un à Pont-de-l’Arche. Appelés « salles d’asile », ils furent placés sous l’autorité du ministère de l’Instruction publique en 1836. L’ancêtre de l’école maternelle de la commune fut peu à peu organisée dans la salle Beauregard, située dans le même bâtiment que l’école de garçons, mais aussi dans l’école de filles.


Dès 1876, une commission est formée pour étudier la création d’une salle d’asile pour les enfants des deux sexes de 4 à 7 ans. Le docteur Sorel insiste alors sur la nécessité de « notre régénération intellectuelle ». Il s’agissait aussi de décharger les écoles primaires. Mais il n’y eut pas de suite. En 1890, Eugène Ferrand proposa de mettre la maternelle dans l’ancien cercle catholique : il manqua l’argent ! Lorsque le projet de construire un groupe scolaire fut étudié, en 1905, il fut envisagé d’y inclure l’école maternelle. Mais le cout de l’opération freina les élus qui votèrent en 1910 pour son installation dans l’ancienne école de filles. Après l’ouverture du groupe scolaire en 1934, les classes maternelles furent transférées dans l’ancienne école de garçons (salles Ambroise-Croizat et Beauregard). 

 

Il fallut attendre 1957 et l'appui de Pierre Mendès France pour voir émerger une école maternelle neuve, mixte, et en dehors du centre-ville ancien. Durant le mandat d'Alix Duchemin, la rentrée 1958 se fit dans ces nouveaux locaux de la rue Maurice-Delamare qui accueillaient une classe pour les garçons et une autre pour les filles. Cette école était placée sous la direction de l’école primaire avant d’être dotée d’une direction propre en 1961. 

 

L’architecture de ce bâtiment est quelque peu stéréotypée. À l’image du groupe scolaire des Damps (1954) et de la salle des fêtes (1954), le béton constitue le gros œuvre et permet la présence de nombreuses fenêtres. Cet édifice rectangulaire est composé d’un rez-de-chaussée plus un étage de comble qui accueillait les logements de fonction. Le toit à croupe est recouvert de tuiles mécaniques et doté de larges lucarnes dont des lucarnes rentrantes (côté cour). 

 

Cour école maternelle

La cour de l'école vers 1960 (photo municipale).

 

Ce n’est que le 19 juin 1984 que l’école maternelle fut baptisée « Les Lutins » sous la présidence du maire, Roger Leroux. C’était alors l’occasion pour la municipalité de célébrer la fin des travaux d’agrandissement qui comprenaient une 3e classe et une salle de jeux. C’est de cette époque que datent les ardoises sculptées qui décorent une façade. Des classes mobiles occupèrent un temps une partie de la cour avant que des agrandissements en dur ne soient réalisés. 

 

Témoin de l’accroissement de la population archépontaine, la septième classe a été inaugurée dans un ancien logement de fonction en janvier 2010, suite au travail des élus et des parents d’élèves et de l'équipe de Richard Jacquet

 

 

Sources

Registres de délibérations du Conseil municipal

 

A lire aussi... 

Les équipements sportifs de Pont-de-l'Arche

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
Published by Armand Launay - dans Pont-de-l'Arche Ecoles
commenter cet article
27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 16:28

La Vierge à l'Enfant et saint Michel

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Repost 0
6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 09:53

Article paru dans Pont-de-l’Arche magazine n° 4 (automne 2009), page 19, et écrit par nos soins. 

 

L’orgue de l’église Notre-Dame-des-arts est un des joyaux du patrimoine de Pont-de-l'Arche. Il est protégé par le ministère de la Culture en tant que Monument historique.

Construit entre 1608 et 1614 par Jean Oury sous la conduite de Crépin Carlier, organiste né à Laon et alors installé à Rouen, il doit sa survie à l’attention des générations qui se sont succédé. Aujourd’hui, plus d’un orgue sur deux est muet faute d’entretien. Pire, certains orgues sont cassés par négligence. C’est pourquoi la municipalité a souhaité nommer un conservateur officiel de l’orgue afin de veiller sur lui. Le choix s’est tout naturellement porté sur Michel Lepont, aux manettes depuis 1984…

 

DSC03219

 

Avec poésie, Michel Lepont nous dit que « Ce n’est pas l’homme qui a inventé l’orgue mais la nature. Dans l’Antiquité, des bergers ont remarqué que le vent faisait de la musique en passant dans des trous des roseaux. Alors ils ont eu l’idée de souffler dans des roseaux percés par leurs soins. La flute était née et l’orgue n’est qu’un grand assemblage de flutes. » Et ce n’est pas peu dire car l’orgue de Pont-de-l’Arche rassemble pas moins de 1 100 tuyaux de différentes tailles !

L’orgue est alimenté en air grâce à un soufflet contenant 2 m3 d’air. Il l’envoie à faible pression (300 grammes) sous l’instrument (dans le sommier). Celui qui joue de l’orgue (l’organiste), libère des poches d’air grâce au clavier et au pédalier. Celles-ci entrent dans certains tuyaux et c’est alors que naissent des sons les plus variés. Plus le tuyau est court et plus le son est aigu. Michel nous apprend qu’un « tuyau parle faiblement. Le son est amplifié par la caisse en bois qui entoure l’orgue puis c’est l’édifice de l’église qui donne au son toute son ampleur. Le son émis par les tuyaux est calculé afin de ne pas masquer les chants. C’est ce qui explique en partie pourquoi la construction de l’orgue a duré 6 ans après 1608. »

Le rôle de l’organiste est important car l’orgue est conçu pour émouvoir les gens venus assister à la messe. Grâce à une glace située au-dessus du clavier, l’organiste arrive à voir les mouvements du curé qui se trouve dans son dos et de l’autre côté de la nef. Ainsi il s’adapte selon les besoins. Michel utilise un jeu de tuyaux appelé « Voix céleste » pour aider les gens à méditer, à se recueillir. Le son part alors vers la voute avant que sa douceur ne retombe sur les bancs de l’église. En fin de messe, afin de transporter l’assistance, Michel utilise le « Tutti », c’est-à-dire tous les jeux. Les flutes, trompettes, clairons, violes de gambes et clarinettes, cornets et hautbois... tous les sons se rejoignent comme dans un orchestre pour occuper tout le volume de l’église. Frisson assuré !

Mais si notre organiste est au service de la paroisse, il est aussi sensible à tous types de publics. « En dehors du culte, mon souci est de démystifier l’orgue. L’orgue doit être sympathique à tout le monde, quelles que soient les convictions ». La convention proposée par la municipalité est parfaitement taillée pour Michel Lepont qui participe depuis plus de 25 ans aux manifestations proposées par le service culturel de la mairie. La décoration de l’orgue témoigne aussi de ce double religieux et profane : un Christ en gloire domine l’instrument à vocation religieuse mais des harpies du XVIIe siècle enrichissent l’orgue de motifs très profanes. Tout le monde s’y retrouve, en somme !

Notre conservateur a aussi une tâche très importante : l’entretien courant. Ce n’est pas anecdotique car cet orgue, comme plus de la moitié de ses égaux, était en partie muet il y a quelques années. Il fit l’objet de grandes restaurations durant le mandat de Paulette Lecureux (plus de 900 000 francs). On peut depuis réentendre la musique telle qu’elle était il y a 400 ans ! Des travaux réalisés par Stolz à la fin du XIXe siècle permettent à notre instrument de jouer aussi des airs contemporains. Alors Michel assure presque tous les jours le nettoyage et les petites réparations. Le conservateur contrôle l’accès à l’orgue. C’est ainsi qu’il possède un double des clés et qu’il consigne sur un registre toute personne qu’il autorise à jouer de l’orgue. Il consigne aussi toutes les réparations qu’il a faites.

« Pour que l’orgue soit encore en état de fonctionner après 400 ans d’existence, c’est que beaucoup de générations l’ont entretenu. C’est un peu effrayant de voir combien nous sommes éphémères à côté de lui. Cela rend modeste » conclut avec philosophie notre conservateur.

Quelle que soit notre conviction, on ressent toujours un frisson à l’écoute de l’orgue. Ne ratez pas les concerts auxquels vous invite la municipalité très régulièrement.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Repost 0
28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 15:13

A Nicolas Sovereto 

 

Presque en face de l'hôtel de Ville, à l’entrée d’un mini-square, une voute en pierre de taille reste bien mystérieuse aux yeux des Archépontains et, principalement, des collégiens passant en ces lieux. D’où vient-elle ? A quoi a-t-elle servi ? Rien n’a été écrit à ce sujet.  

 

Voute de la rue Maurice-Delamare

 

Nous avons tout d’abord lu le plan cadastral de 1834. Celui-ci montre l’existence d’une demeure – disparue depuis – en bas à droite du détail du plan reproduit ci-dessous. La parcelle de cette demeure était accessible depuis la rue de Paris, actuelle rue Maurice-Delamare. La jonction de cette parcelle et de la rue se faisait précisément à l’endroit où l’on retrouve la voute aujourd’hui. A n’en pas douter, cette voute servait de portail. C’est ce que corrobore l’observation de la voute dont le piédroit* a été taillé pour recevoir une porte.

 

Voute de la rue Maurice-Delamare (plan cadastral)

 

Cette voute est cintrée*. Ses claveaux* sont constitués de pierres de taille massives. Ses impostes* et sa clé de voute sont saillantes. Sans pouvoir dater cet élément architectural, il nous semble antérieur au XIXe siècle. Nous trouvons qu’il ressemble aux poternes de la rue Abbaye-sans-toile et de la Petite-chaussée (voir notre étude sur les remparts : "La poterne de la Grande chaussée"). Comparons la voute qui nous intéresse à celle que l’on retrouve dans une vue de la première moitié du XIXe siècle reproduite ci-dessous.

 

Image (35) 


La ressemblance entre la voute ancienne et la voute qui nous intéresse est frappante. Elles sont cintrées, les dimensions semblent proches, les impostes sont saillantes… Or, en cet endroit le rempart fut démantelé en 1857 afin de construire un quai autour du nouveau pont. Il est fort probable que le propriétaire de la demeure accessible depuis la rue Maurice-Delamare ait fait partie des gens qui ont acheté à la Ville de Pont-de-l’Arche des pierres issues du démantèlement des fortifications. Il aura certainement acheté cette voute afin d’en faire un beau portail. Du mur de clôture, il reste quelques éléments, à droite d'une entrée de garage. Il s'agit d'un élégant damier de silex noirs et de moellons calcaires avec quelques chainages de pierre de taille.  

 

C’est peut-être ce qui donne l’impression aux promeneurs et aux collégiens de traverser les siècles en passant sous cette belle voute… 

  

* Pour le vocabulaire architectural, consultez l’article « voute » de Wikpédia.

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Repost 0
27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:51

Pont d'Arromanches

 

Spéciale dédicace à Guy Murvil

 

Arromanches est une ville normande où les Alliés construisirent un port artificiel en juin 1944 suite au Débarquement de Normandie.

Les Archépontains ont donné ce nom au pont enjambant l’Eure car il est fait avec un ponton issu du démantèlement du port d’Arromanches.

Puisque le pont de la ville avait été bombardé, les Canadiens qui ont pénétré dans le Pont-de-l’Arche libéré de ses ennemis et contrôlé par la Résistance ont dû construire très rapidement, vers aout, un pont pour passer l’Eure et la Seine. La partie franchissant la Seine fut supportée par des barges flottantes.

Cependant le système de barges rendait difficile la navigation fluviale. Les barges du milieu du fleuve furent remplacées en octobre 1944 par un bac motorisé. Ce pont au-dessus de la Seine fut remplacé en 1946 par un ouvrage métallique construit sous la direction des ingénieurs des Ponts & chaussées Jacques Lizée, Albert Long-Depaquit et Roger Tardy. Ils réemployèrent 503 pieux du pont de bois construit à Pont-de-l’Arche durant la guerre, les passerelles centrales furent récupérées sur l’ancien pont de barges canadien[1]et les passerelles latérales furent réalisées avec des voies flottantes du port d’Arromanches, appelée Whales (baleines) à cause de leur forme en fuseau.

Ces pontons métalliques furent conçus par M. Beckett. Ils étaient longs de 24 m et pesaient 28 tonnes. Ils reposaient sur des flotteurs en béton de 19 tonnes. Près de 180 pontons Whales, aussi connus sous le nom de ponts d’Arromanches, furent réemployées après la guerre pour remplacer des ponts détruits. Citons par exemple Saint-Denis-de-Méré (Calvados), Manicamp (Aisne), Horbourg-Wihr (Haut-Rhin), Vacherauville (Meuse), Cattenom (Moselle), Foussemagne (Territoire de Belfort), Vierville-sur-Mer (Calvados)...

Pour revenir à Pont-de-l’Arche, la partie du pont surplombant la Seine fut démontée après 1955 quand l’actuel pont de la ville fut ouvert à la circulation. Le 5 janvier 1955, le Conseil municipal demanda à l’Etat le maintien du « pont provisoire » sur l'Eure pour l’accès aux jardins ouvriers, à la décharge et pour le confort des pêcheurs. Il s’engagea à l’entretenir par la suite, mais la suite ne vint pas... 

Derrière deux chars abandonnés durant la débâcle allemande, le pont d'Arromanches vraisemblablement vers aout 1944 (photo famille Jouvin).

Derrière deux chars abandonnés durant la débâcle allemande, le pont d'Arromanches vraisemblablement vers aout 1944 (photo famille Jouvin).

Source

Brisson, Charles, Hostalier, A., « Le sixième pont de Pont-de-l’Arche – II.– Quatre ponts en cent ans », 11 mars 1952, 1 p., archives d’Elbeuf : Fonds Brisson, dossier 188 C 329.

 

A lire aussi...

Les 14 ponts qui ont fait l'histoire de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 10:19

 

Benoist--Charpentier--La-Normandie-illustree--1852--2-.JPG

 

Cette célèbre vue sur le pont aux moulins de Pont-de-l’Arche est une lithographie de Charpentier réalisée d'après le dessin de Félix Benoist. Elle fut éditée dans un magnifique ouvrage : 

La Normandie illustrée : monuments, sites et costumes.../ dessinés d'après nature par Félix Benoist et lithographiés par les premiers artistes de Paris, les costumes dessinés et lithographiés par François-Hippolyte Lalaisse,... ; texte par M. Raymond Bordeaux et Amélie Bosquet, sous la direction de M. André Pottier,... pour la Haute-Normandie…, Nantes : Charpentier père, fils et Cie, 1852, 2 volumes. 

La portée scientifique de l’ouvrage indique que cette vue est assez fidèle au Pont-de-l’Arche de l’époque. Le pont, avant que les Ponts et chaussées ne le laissent s’effondrer en 1856, soutient trois moulins dont l’un est très nettement visible ici, dont sa roue à aube.

Sur les alluvions laissées par la Seine entre les piles aval du pont, sont représentés des filets et une nasse attestant la vivacité de la pêche. Un marinier en tenue pilote une barque sur la droite.

Sur le rempart, au second plan, la poterne de la Petite chaussée est visible. Elle doit son nom au petit quai chaussé. Par différence, le quai situé en amont du pont était nommé Grande chaussée. A droite du rempart face à l’église, la courtine et la tour du presbytère étaient plus hautes que leurs vestiges actuels. Au loin, la partie haute de la tour de Crosne est déjà rehaussée dans un style néogothique.

Seule fantaisie – modérée – de cette vue : au loin se profilent coup sur coup les lignes de toit du dortoir et du réfectoire de l’ancienne abbaye de Bonport. Situés à deux kilomètres, ces bâtiments n’étaient pas plus visibles à l’œil nu qu’aujourd’hui. Les éditeurs auront dû composer entre la réalité financière et la soif d’exhaustivité scientifique… et rassembler ces deux magnifiques sites.

La marée est haute, comme le montrent les eaux aussi hautes en amont qu’en aval du pont. La beauté de cette vue donne envie de discuter avec ce fumeur de pipe et son acolyte ; d’attendre la marée basse et d’apprécier le bruit de la légère chute d’eau entre les piles…

 

A lire aussi...

Les ponts de Pont-de-l'Arche de 862 à nos jours 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Repost 0
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 16:23

« On a fait une loge aux massons couverte de tuilles. » 

 

1501, début de la construction de l’église Saint-Vigor,

actuelle Notre-Dame-des-arts (registres de fabrique) 

 

 

A Pont-de-l’Arche, Léon de Duranville et Etienne-Alexandre Sorel ont respectivement étudié l’Ancien régime et la Révolution. Conservateurs, ils ont fait le procès de la Révolution. Ils ont ainsi assimilé le mécontentement des Archépontains quant à la fermeture des tribunaux de la ville en 1790 à un rejet global des idées révolutionnaires (1789-1815). Mais la Restauration monarchique en 1815 a-t-elle satisfait tout le monde ? Les partis politiques et les associations n’existant pas, la franc-maçonnerie nous intéresse car elle nous permet d’interroger une partie de l’opinion publique. En effet, cette sociabilité préfigure un peu les associations de loi 1901 dans l’organisation de la vie sociale et démocratique. Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Comment est-elle arrivée à Pont-de-l’Arche ? Que nous apprend-elle sur le Pont-de-l’Arche révolutionnaire ? C’est ce que nous avons cherché grâce au travail d’Hilaire Pierre de Loucelles et, surtout, d’Eric Saunier. Notre article n’est pas exhaustif car nous n’avons pu consulter les archives maçonniques de la Bibliothèque nationale de France[1].

 

 

Avec nos remerciements à Eric Saunier

 

 

 

La Franc-maçonnerie : une sociabilité libérale

La franc-maçonnerie s’est constituée au XVIIIe siècle en Angleterre. Reposant sur des valeurs humanistes, elle propose à des individus cooptés de travailler selon des rituels précis visant l’émancipation de chacun. Pour ce faire, elle utilise de nombreux symboles issus de différentes traditions culturelles comme autant de supports de réflexion commune et de distanciation individuelle. Universaliste, elle laisse ses membres libres de croyance et les encourage à vivre une fraternité d’abord dans la loge puis, au possible, dans la société en vue de son amélioration. Les francs-maçons, appelés frères, sont regroupés en assemblées, les « loges ». Celles-ci font partie de fédérations nationales appelées « obédiences ». En France, les principales obédiences en 2010 étaient le Grand orient de France (50 000 membres[2]), la Grande loge de France (30 000 membres), le Droit humain (16 000 membres) la Grande loge nationale française (15 000 membres), la Grande loge féminine de France (14 000 membres)... En France, la franc-maçonnerie a joué un rôle dans l’émergence des idées libérales, démocrates, et donc dans l’avènement de la République.

 

 

La franc-maçonnerie et la Révolution française

Au XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie s’est imprégnée de la philosophie des Lumières. Lorsque la Révolution éclata en 1789, une majorité de francs-maçons a apprécié la naissance d’une Assemblée nationale protégeant l’individu du pouvoir, conformément à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Puis, le climat de guerre, notamment civile, et les exécutions de 1793 ont retourné l’opinion publique contre les idées républicaines, alors assimilées à l’état de guerre et à la Terreur. Il en a été de même des francs-maçons. Cependant, certains frères se sont retrouvés dans la minorité défendant la nouvelle nature de l’Etat. Afin de renforcer son pouvoir, Napoléon Bonaparte tenta d’enrégimenter la franc-maçonnerie en en faisant une sorte de relai de son administration. Il nomma son frère ainé Joseph à la tête du Grand orient de France en 1804. Lorsque la monarchie royaliste revint au pouvoir en 1815, la franc-maçonnerie fut accusée de collusion avec la Révolution et l’Empire. Le nouveau pouvoir se méfiait du mode de fonctionnement démocratique des maçons et de certaines loges qui professaient des idées avancées. Elle les surveilla et les intimida.

 

 

L’implantation maçonnique dans l’Eure

Avant la Révolution, trois loges étaient implantées dans ce qui devint le département de l’Eure en 1790 : La persévérante (Pont-Audemer, 1765), La parfaite cordialité (Les Andelys, 1767) et Saint-Jean-de-Dieu (Vernon, 1768). La Révolution modifia la donne. Elle renouvela le personnel militaire de la France en enrôlant de nombreux jeunes hommes qui furent ainsi attachés au nouveau régime et, bientôt, à la Première République (septembre 1792). Le premier bataillon d’infanterie de l’Eure, basé à Evreux, se dota d’une loge affiliée au Grand orient de France en 1793[3]. On retrouvait alors le lieutenant de la garnison de Pont-de-l’Arche, Christophe Dubosq. C’est en 1800 que le chef-lieu de l’Eure se dota d’une loge, La constance éprouvée. Celle-ci joua un rôle politique de premier plan en initiant entre 1809 et 1812 des maçons qui se sont illustrés dans le combat libéral : François Hochon (juge d’instruction), Charles Gazzan et Charles Fouché (fonctionnaires des finances) et Jacques Dupont (président du tribunal criminel, le futur député Dupont de l’Eure actif auprès de La Fayette contre la monarchie). Cependant, la loge d’Evreux disparut avec la Restauration de 1815. En 1805, c’est Louviers qui se dota d’une loge, Les arts et l’amitié, qui participa bientôt à la naissance de la première loge d’Elbeuf, l’Union, en 1810.  

 

 

 

Jeton Louviers aversJeton Louviers revers

Jeton frappé à l’occasion de la naissance des Arts et l’amitié, à l’orient de Louviers, en l’année maçonnique 5806 (1806). A l’avers : divers symboles. Au revers : un maçon prêtant serment lors de son initiation.

 

 

1819-1832 : Les Amis réunis

Comme Evreux, l’atelier d’Elbeuf cessa d’avoir des activités officielles en 1813 et resta silencieux jusqu’en 1822. C’est durant cette semi-clandestinité que neuf frères elbeuviens, tous industriels du drap[4], participèrent à la naissance de la loge de Pont-de-l’Arche, environ la 80e loge de Normandie[5], la 6e loge fixe de l’Eure. Ils étaient 11 frères lors de la réunion constitutive du 1er mars 1819 autour du vénérable maitre Pierre-François d’Hostel. Le 7 mars, ils reçurent l’officialisation de leur atelier les Arts réunis[6] par le Grand orient de France. Les constitutions de la loge archépontaine ont été accordées par le Grand orient le 6 juillet 1819 et celle-ci fut installée le 5 septembre 1819. Conformément aux statuts maçonniques, « Les arts réunis » changea son nom pour devenir les Amis réunis[7], nom que nous conservons. Si malheureusement les comptes rendus des travaux sur lesquels les frères ont réfléchi ont disparu, on sait que l’atelier tint régulièrement ses tenues jusqu’en 1829 et se mit officiellement en sommeil en 1832.

 

 

Composition des Amis réunis

Entre 1822 et 1824, les 16 frères actifs en 1820 initièrent de nombreux hommes nés pendant la Révolution. Avec 58 frères[8], la loge de Pont-de-l’Arche fut une des loges éphémères les plus fréquentées de Normandie entre 1815 et 1830. Le recrutement se fit à 20 % dans les fratries. Parmi les professions de ceux-ci, on note que le recrutement des Amis réunis a été élitiste avec une prédominance de serviteurs de l’Etat (16 frères), des industriels (16), des banquiers (16) et enfin des négociants (7). Autre particularité, seuls 19 % des frères étaient nés à Pont-de-l’Arche et 48 % d’entre eux y résidaient. Nettement, l’atelier archépontain rassemblait des frères des communes alentours. Ceci démontre l’aura des instigateurs de cette loge et dénote, peut-être, d’une habitude de l’Ancien régime où Pont-de-l’Arche était, avec ses quatre tribunaux, le centre administratif de la région d’Elbeuf et de Louviers. La ville n’obtint qu’un statut de chef-lieu de canton en 1790. Les opinions politiques ont-elles compté parmi les affinités ayant conduit à l’initiation de nouveaux frères ?

 

 

Compas & équerre

 

 

Un atelier à dominante libérale et révolutionnaire ?

Sans dogme, la franc-maçonnerie a accueilli des conservateurs et des progressistes. On sait que les Amis réunis ont été partagés ce qui a mis à mal leur atelier. Les tenues archépontaines ont cessé en 1829 avant l’officialisation de la fermeture de la loge en 1832. L’Union d’Elbeuf, comme le note Eric Saunier, a pris le même chemin. L’atelier mit fin à ses travaux en précisant que « la révolution a entamé une crise irréversible au sein de l’atelier. » Qui étaient les libéraux et quelle était leur place à Pont-de-l’Arche ? C’est encore Elbeuf qui nous éclaire. L’Union a compté dans ses rangs des frères républicains. En 1830, une délégation des frères s’est rendue le 6 aout à une Grande fête patriotique et maçonnique en l’honneur de La Fayette, chef de file de l’opposition constitutionnelle. Parmi ces frères, se trouvaient Victor Grandin, député de gauche, et Victor Ménage, aussi membres des Amis réunis… Ils faisaient partie des neufs frères elbeuviens venus fonder les Amis réunis en 1819. Parmi les frères déjà implantés à Pont-de-l’Arche avant 1819, on retrouve des personnages politiques (maires, adjoints…) à la manœuvre durant la Révolution ou l’Empire et pour lesquels la Restauration a été synonyme de mise en retrait. On retrouvera leurs biographies dans le tableau ci-dessous. De plus, certains d’entre eux ont acquis des terres appartenant auparavant à des ordres religieux. La Restauration pouvait leur faire craindre de les perdre. A noter, l’absence des édiles de Pont-de-l’Arche autour des maires nommés par le pouvoir après 1815, à savoir Julien Blin (maire de 1815 à 1826) et Jean-Charles Ducôté (maire de 1827 à 1845). Ceux-ci sont toujours restés fidèles au pouvoir en place.

 

 

Eléments biographiques de quelques frères

 

Nom

Activités

Jacques Isaac Alexandre de la Fleurière (1772-1837)

Jacques Isaac Alexandre Delafleurière est le fils d’un des plus grands notables de la ville : Jacques Joseph, ancien maire jacobin de 1792 à 1796 et coacquéreur de Bonport avec Alexandre de la Folie (voir ci-dessous). En 1793, Jacques Isaac était dragon de la Manche puis lieutenant du 16e régiment de chasseurs à cheval. En 1802, il était de retour à Pont-de-l’Arche après un bel état de services : armée du Nord (an II), armée de l'Océan (an III), Sambre et Meuse (ans IV et V), guerre des révoltés belges et l’ile de Walaheren (an VII), armée du Rhin (an VIII) où il reçut un coup de sabre, fut fait prisonnier de guerre à Altenkirschen. Il fut conseiller général en 1830.

Alexandre de la Folie (1757-après 1817)

Propriétaire de l’ancienne abbaye de Bonport. Acquéreur des territoires de l’ancienne abbaye de Bonport adjugés pour la somme de 161 000 livres le 2 avril 1791 (sauf les meubles[9]) avec l’aide d’Alexandre de la Fleurière. Maire de Criquebeuf en 1792.

A la tête de la Société des amis de la constitution (les jacobins) avec Fouet, maire des Damps. Cette société est la première association politique de l’histoire de la ville. Il présenta des piques au Conseil municipal de Pont-de-l’Arche le 19 mars 1792 au nom de cette société pour armer les soldats de la ville et ce en rappel de la prise de la Bastille. Frappé par la réaction thermidorienne. Membre du collège d’arrondissement, électeur.

Victor Pierre Michel Grandin (1797-1849)

Membre de l’Union d'Elbeuf (1828-1830) et des Amis réunis (1824-1828). Député de 1824 à 1828 et de 1839 à 1848, il siégea dans les rangs de l'opposition constitutionnelle.

 

Louis-Casimir Brown

Inspecteur des manufactures. Franc-maçon à Caen (parmi les maçons normands fréquentant les loges parisiennes à la fin du XVIIIe siècle). Témoin du décès de la femme d’Alexandre de la Folie.

Charles Carbonnier

Juge de paix. Collège d’arrondissement, liste des 600 plus imposés du département, électeur, adjoint au maire durant les 100 jours. Remplacé par M. Thierry le 14 juillet 1815 après la chute de Napoléon Bonaparte.

 

Pierre Fouet (1757-18..)

Maire des Damps, membre du collège d’arrondissement. Fut frappé par la réaction thermidorienne en 1795.

 

Jacques Gaudelet

Commissaire du consulat durant l’an XI. Maire de Léry.

 

Jean-Baptiste Milliard 

Maire d’Amfreville-sous-les-Monts

 

Henri Bilcoq

Juge de paix. Membre du collège d’arrondissement

 

Jean Augustin 

Eligible. Membre du collège d’arrondissement

 

Paul Lodieu

Chirurgien / figure sur les listes des Arts réunis de Rouen et de Pont-de-l'Arche. A fréquenté dès 1819 la loge de Darnétal

Antoine-Emmanuel Blanche (1787-18..)

Compte parmi les membres des Sociétés de médecine et de pharmacie de Rouen.

 

Antoine Blanche

Médecin-chef de l’hôpital général de Rouen

Joseph Vornier

Maire de Saint-Paul

Pierre-François Dhostel

(6 octobre 1770-31 décembre 1860)

Vénérable maitre. Ingénieur des Ponts-et-chaussées[10]. Promotion de 1794[11].  

 

 

Un temple introuvable…

Où se trouvait le temple des Amis réunis ? Il serait romantique d’imaginer les tenues dans la salle du chapitre de l’ancienne abbaye de Bonport, propriété du frère Alexandre de la Folie. Cependant, aucun élément ne nous renseigne sur cette localisation. Le frère Jacques Isaac Alexandre de la Fleurière aurait, lui aussi, aisément pu accueillir le temple dans sa demeure de la route du Neubourg, aujourd’hui remplacée par le Château accueillant le Centre de loisirs. Léon de Duranville[12] semble indiquer que, naturellement, les frères se rassemblaient dans Pont-de-l’Arche : « Et pour dire quelque chose de la période de la Restauration, nous rappellerons une loge maçonnique, qui existait au Pont-de-l’Arche, et à laquelle on se rendait d’une certaine distance et même des environs du Neubourg. Elle n’eut que peu d’années de durée ; son mobilier, y compris les figures symboliques, fut vendu à l’encan ; plusieurs de ces emblèmes servirent de jouets aux enfants du Pont-de-l’Arche. Ce petit épisode n’est pas à dédaigner. » Le mystère perdure.

 

 

 Stèle Les Damps (face et Est)Stèle Les Damps (ouest) 

Stèle funéraire de l’ancien cimetière jouxtant la chapelle Saint-Pierre des Damps. Première photo : de front, un cartouche sculpté au contenu effacé ; sur la face Est, un compas couronnant deux ciseaux. Sur la Seconde photo : sur la face ouest, un marteau couronnant une équerre et accompagné d’une pince et d’un dernier outil indéterminé. Cette stèle présente des outils de compagnons qui servent de symboles à la franc-maçonnerie. 

 

 

En guise de conclusion

La loge les Amis réunis fut fondée à Pont-de-l’Arche 4 ans après la fin du Premier empire. La Restauration monarchique se méfiait alors de la franc-maçonnerie, utilisée par Napoléon, où siégeaient des démocrates. En ces temps, certaines loges de grandes villes se mirent en sommeil ou continuèrent leurs activités dans la clandestinité. La loge de Pont-de-l’Arche naquit de l’union entre des frères elbeuviens, acquis aux idées démocratiques, et des notables locaux ayant participé à la Révolution et ayant scellé leurs intérêts à celle-ci. En seulement 10 années de travaux, les Amis réunis initièrent de nombreux jeunes hommes peu avant 1830 et la deuxième révolution. Ils attirèrent des frères du triangle Rouen-Elbeuf-Louviers. Ainsi à Pont-de-l’Arche, ville parfois rangée parmi les cités conservatrices car nostalgiques des privilèges de l’Ancien régime, on voit s’organiser une société rassemblant des libéraux. C’est ce qu’atteste l’existence des Amis réunis qui ont tenu leurs assemblées malgré la méfiance du pouvoir royal. Pont-de-l’Arche, siège de 4 tribunaux d’Ancien régime fermés par la Révolution, n’était donc pas une terre entièrement acquise à la cause de la monarchie. Le maintien des réformes administratives de 1790 par la monarchie n’a pas fait revenir ici le personnel royal. Au contraire, les agents d’Etat installés par les réformes révolutionnaires puis napoléoniennes ont, semble-t-il, apporté des forces au courant démocrate archépontain qui s’est exprimé dans la composition des « Amis réunis ». L’installation d’une loge à aura régionale a d’ailleurs été une sorte de survivance de l’importance passée de Pont-de-l’Arche qui avait autorité, avant 1790, sur la région d’Elbeuf et Louviers.

 

 

 

Sources 

- Becchia Alain, La Draperied’Elbeuf (des origines à 1870), Rouen : Publications de l’Université de Rouen, 2000, 869 p.

- Duranville Léon Levaillant de, Essai archéologique et historique sur la ville du Pont-de-l’Arche et sur l’abbaye Notre-Dame-de-Bonport, auto produit, 1856, 231 p.

- Loucelles Hilaire Pierre de, Histoire générale de la franc-maçonnerie en Normandie (1739 à 1875), Dieppe, Delevoye, 1875, 189 pages.

- Saunier Éric, Révolution et sociabilité en Normandie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles : 6000 francs-maçons normands de 1740 à 1830, Mont-Saint-Aignan : Publications des universités de Rouen et du Havre, 1999, 555 p.

- Saunier Éric, « La franc-maçonnerie et le libéralisme (1810-1827) », p. 399-406, in Le Bozec, C., Wauters, Éric (dir.), Pour la révolution française, Rouen : Publications de l’université de Rouen, 1998, 584 p.

- Saunier Éric, « Une loge maçonnique à Elbeuf », in Bulletin de la Société de l’histoire d’Elbeuf n° 22, décembre 1994, p. 47-52.

 

 

 

[1]Bibliothèque nationale de France : FM1 108, FM2 356 : correspondance et tableau des « amis réunis ».

[2] Selon Wikipédia.

[3]Archives nationales (FM1 108). Membres : Pierre Conard, capitaine, vénérable, Jacques Lacour, capitaine, Verneuil, Jean-Baptiste Moullin, capitaine, Les Andelys, Louis Ancel, capitaine, Louviers, Michel Masse, capitaine, Evreux, Jean-Louis Oury, lieutenant, Verneuil, Charlemagne Buzot, chef de bataillon, Evreux, Pierre Delorme, lieutenant, Condé, Louis Armand, tailleur, Sarrelouis, Dominique Leroux, lieutenant, Les Andelys, Roch Gauclin, sous-lieutenant, Evreux, Esprit Duval, chirurgien, Pont-Audemer, Gervais Dubuisson, sous-lieutenant, Hacqueville, Jean-Christophe Louvel, capitaine, Domfront, Jean-Louis Martigny, sous-lieutenant, Louviers, Christophe Dubosq, lieutenant, Pont-de-l’Arche, Jean Gosse, adjudant, Les Andelys.

[4] Pierre Bourdon, Louis Delaunay, Parfait Delaunay, Pierre Faupoint, Gustave Garoye, Victor Grandin, Charles Houllier, Jules Ménage, Antoine Sallambier, Louis Vidal.  

[5] Notons que c’est durant cette même période que l’on a commencé à fabriquer des chaussons de lisière, c’est-à-dire confectionnés dans des chutes de draps, qui ont donné à Pont-de-l’Arche les bases d’une industrie florissante.

[6] Par ailleurs, nom d’une loge fondée à Rouen en 1807.

[7] Par ailleurs, nom d’une loge fondée à Granville en 1808.

[8] Pierre Achille Petit, Jacques Isaac Alexandre de la Fleurière, Pierre Constant Asse, Benjamin Aube, Charles Marie Belleville, Pierre Jean Baptiste Bernard, Henri François Bilcoq, Antoine Emmanuel Blanche, Louis Casimir Brown, Georges Brown, Charles Carbonnier, Charles Antoine Couture, Alexandre de la Folie, Louis François Delaunai, Parfait Delaunai, Bernard Gustave Desilles, Frédéric Firmin Desrues, Pierre Gaston Dhostel, Victor Dubreuil, Alexandre François Dupias, Pierre Théodore Faupoint, François Marie Favier, Ferdinand Ferey, Pierre Fouet, Gustave Gardye, Jacques Robert Gaudelet, Hippolyte Grillon, Marie Antoine Grulé, Augustin Thomas Jean, Albert Jean, Pierre Adrien Laisné, Hippolyte Adrien Laisné, Jean Baptiste Le Carpentier, ? Lefebvre, Jean Philippe Lefort, Jean Baptiste Milliard, Marie Louis Montlouis, Auguste Bruno Monton, Auguste Mustel Duquesnoy, Frédéric Mustel Duquesnoy, Benjamin Prévost, Pierre Antoine Sallambier, Guillaume Frédéric Seminel, Gabriel Simon, Aimé Alexandre Thinon, Toussaint Tournache, Sébastien Vedre, Michel Augustin Verdières, Louis Vidal, Jean François Bérel, Pierre Mathieu Bourdon, ? Boullier, Louis Camille Cuvelier, Jean Vincent Delaune, Michel Pierre V. Grandin, Charles Louis Houillier, Jules Victor Ménage, Gabriel Vanesbeq.

[9] Les grilles et l’orgue partirent à l’église de Louviers. Le reste fut partagé par les églises des environs dont celle de Pont-de-l’Arche qui récupéra la plupart des stalles et le chapier de la sacristie.

[10]Dossiers individuels des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées ayant cessé leurs fonctions avant 1932, dressé par Marthe Felletin et complété par Martine Illaire en 1993. Archives nationales. Pierre Dhostel : F/14/2213/1.

[11]Fourcy A., Histoire de l'école polytechnique, page 393.

[12] Duranville Léon Levaillant de, Essai archéologique…, page 146.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 12:18

P1060447.JPG

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Repost 0
12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:25

Inscrits : 2998

Votants : 1693

Blancs et nuls : 29

Exprimés : 1664

Participation : 56 %

 

Candidats

Voix

Pourcentages

Anne Terlez (Mouvement démocrate)

32

1,9

Arnaud Levitre (Front de gauche)

251

15

Christophe Solal (Lutte ouvrière)

8

0,4

François-Xavier Priollaud (Nouveau centre-Union pour un mouvement populaire)

429

25,8

Marie-Josée Danelli (Debout la république)

9

0,5

Laëtitia Sanchez (Europe écologie, Les Verts)

51

3

François Loncle (Parti socialiste-Parti radical de gauche)

633

38

Sophie Ozanne (Nouveau parti anticapitaliste)

9

0,5

Julie Barbier (Front national)

242

14,5

Total

1664

100

 

Participation

Sur 2998 inscrits, seuls 1693 votes ont été enregistrés dont 1664 exprimés.Cela porte la participation à 56 % contre 61,7 % au premier tour des législatives de 2007. Pour une fois, Pont-de-l’Arche se trouve en dessous de la moyenne nationale (57,2 %).


Une gauche forte, surtout socialiste

Avec 961 voix, les candidats de gauche totalisent 57,7 % des suffrages exprimés contre 819 en 2007 (47,5 %). Si l’arrivée en tête de François Loncle, député PS sortant, n’est pas une surprise, c’est l’augmentation de son score archépontain qui peut surprendre : 358 voix en 2007 et 633 en 2012 soit 275 voix de plus ! Le candidat bénéficie de la poussée de la gauche, dans la foulée des présidentielles, mais aussi d’un nombre de candidats moins important qu’en 2007 (9 contre 15). Il fait figure de candidat légitime de la gauche avec 38 % des voix. Toutefois, le résultat du candidat socialiste peut paraitre moins fort que dans d’autres villes de la circonscription. Ceci est dû à la présence d’un candidat Front de gauche local.


Loin derrière les 38 % de François Loncle, le deuxième candidat de gauche, Arnaud Levitre, rassemble 251 voix, soit 15 % des exprimés. Malgré l’appui de « Pont-de-l’Arche pour tous » et de l’ancien maire, malgré son nom et malgré le fait qu’il semble avoir séduit les électeurs d’extrême gauche (qui perd 34 voix), Arnaud Levitre fait 36 voix de moins que son père en 2007. Cependant, il perd moins de terrain à Pont-de-l’Arche qu’à Alizay, chez lui, où il perd 89 voix par rapport à son père en 2007. Il réalise néanmoins 7,4 % des voix dans la circonscription où son père en totalisait 4,9 % en 2007. Cette situation n’aura pas échappé à ceux qui attendaient ces élections en vue des municipales de mars 2014.

 

Une droite mal en point

En 2007, la droite avait deux représentants : Françoise Miquel (UMP) et Bernard Leroy. Ils avaient totalisé 724 voix à Pont-de-l’Arche. En 2012, François-Xavier Priollaud rassemble 429 voix soit 295 de moins. Le grand bénéficiaire de cette chute est Julie Barbier : avec 242 voix, elle augmente le score du Front national de 174 voix, rassemblant ainsi 14,5 % des exprimés (3,95 % en 2007). Le vote Front national n’est pas marginal dans notre ville et semble traduire une véritable adhésion.

 

 

A lire aussi...

Le portail des élections à Pont-de-l'Arche

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com/

Bando 13x9 (1)

Repost 0

  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Vos commentaires et messages sont aussi les bienvenus ! Pour utiliser mes travaux, contactez-moi;-)
  • Contact

Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...