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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:40

Pendant plusieurs mois, en 2010, Eric Gibert et Armand Launay ont joué les détectives en visitant plusieurs caves de Pont-de-l’Arche. Pour ces deux Sherlock Holmes il s’agissait d’en savoir un peu plus sur ces légendes racontant qu’au Moyen Âge de nombreux souterrains permettaient de circuler sous la ville...

 

Lampe-torche, appareil photo, stylos… Nos visites souterraines auront été très enrichissantes et nous auront permis de constater que de nombreuses caves sont munies de doubles fermetures quand elles sont reliées à l’extérieur. En effet, grâce à des trappes situées sous les trottoirs actuels, des escaliers reliaient directement les caves à la rue médiévale. Cela permettait de faciliter les livraisons de bois, de grains… En effet, en plus de la trappe donnant sous la rue, une porte verrouillait l’accès à l’escalier depuis la cave [1] (photo 1).

 

Photo-1 

Cette double fermeture atteste que la crainte du vol est ancestrale. Comment penser, par conséquent, que toutes les caves médiévales étaient reliées afin de permettre une libre circulation notamment en cas d’urgence ? Quel intérêt auraient eu les anciens Archépontains de mettre leurs réserves à la disposition des visiteurs souterrains ? Ce que nous avons vérifié, c’est la séparation de caves en plusieurs compartiments suite à des divisions de propriétés qui ont nécessité, au XIXe siècle, la construction de murets et de portes en bois fermées à double tour (photo 2).

 

Photo-2 

 

Ce sont précisément ces passages entre les caves qui ont dû alimenter les légendes faisant du sous-sol de Pont-de-l’Arche un réseau de circulation. Nous avons même souvent entendu que les souterrains de la ville étaient suffisamment vastes pour que circulent deux cavaliers de front. C’est dire la confusion entre cave et passage souterrain car si deux personnes pourraient monter à cheval sans trop de peine, dans certaines caves, cela ne faisait pas de ces espaces de stockage des voies publiques souterraines. En revanche, ces mauvaises interprétations ne tordent pas le cou à l’existence de vrais souterrains remontant à une période plus ancienne. Rien ne nous dit, d’un point de vue technique tout comme utilitaire, que de tels passages n’aient pas existé. Attention tout de même à ne pas confondre non plus les carrières souterraines avec de longs tunnels. La Maison de la Dame Blanche, aux Damps, est réputée avoir son tunnel qui la relie à notre ville puis l’ancienne abbaye de Bonport. Mais les personnes qui répètent ces propos ont-elles visité la carrière qui se trouve juste à coté de la plus ancienne demeure dampsoise située… rue des Carrières ? D’un point de vue architectural, les caves observées sont constituées d’un seul vaisseau en plein cintre. Certaines présentent de belles pierres de taille sans aucune autre espèce de décorations. D’autres, plus soignées, présentent un décor composé d’arcs doubleaux en pierres calcaires chanfreinées de même type que ceux de la Salle d’Armes (mais de moindre dimension, voir photo 3).

 

Photo-3 

 

Ces caves sont constituées de moellons calcaires de petit appareil. Eugène Viollet-le-Duc [2] attache ce type d’arcs, pour les bâtiments civils, aux XIIe et XIIe siècle. A ces arcs doubleaux, on peut rattacher les voutes de portes d’escaliers observés dont une seule des deux arêtes est taillée. Une cave présente même une série de trois voutes d’entrée très bien conservées et très harmonieuses (photo 4).

 

Photo-4 

 

Des soupiraux sont encore présents même s’ils sont trop souvent bouchés, ce qui limite considérablement l’évacuation de l’humidité. Nos visites nous ont aussi amenés à redécouvrir le four d’une ancienne boulangerie de la rue André-Antoine (photo 5).

 

Photo-5 

 

Deux des caves visitées présentent des séries de cellules latérales de part et d’autre du vaisseau principal. Ces cellules offraient de multiples espaces de stockage et ce sans mettre en danger la résistance des caves les plus profondes. Les caves à cellules latérales sont caractéristiques de l’architecture francilienne du XIVe siècle. Les légendes que nous avons entendues font des cellules de ces caves des cachots ou des départs de souterrains (photo 6).

 

Photo-6 

 

Enfin, cette étude nous aura permis de déterminer ce qui alimente la légende, c’est-à-dire une interprétation abusive des éléments qui composent les caves médiévales. Mais l’étude a toujours ses limites : les murs rejointoyés ou à moitié écroulés que nous avons observés dans certaines caves sont-ils des tentatives d’anciens propriétaires pour fermer des passages reliant leur cave à quelque passage, quelque tunnel (photo 7) ?

 

Photo-7 

 

Le témoignage d’une personne présente lors de la démolition de l’usine Nion (Jeambin) est très clair : un long tunnel orienté Nord-sud faisait au moins 4 mètres de profondeur sur 4 de large a été mis au jour avant d’être bétonné deux jours plus tard. Les témoignages concordent aussi sur le passage du fond de la Salle d’Armes. Bouché lorsque cette cave est devenue un lieu culturel municipal, un passage très bas donnait accès à une galerie descendant vers l’église. Des Archépontains alors enfants ont pu s’y aventurer un peu avec des torches improvisées durant la Seconde Guerre mondiale. La rêverie est permise tant que l’étude ne peut être poussée à son terme. En attendant, ces visites nous auront permis de mettre la main sur un trésor : le patrimoine architectural médiéval souterrain et la sympathie des différents propriétaires qui nous ont ouvert leurs portes (et leurs trappes !). Nous les en remercions chaleureusement et précisons que nous sommes toujours disponibles pour visiter d’autres caves:)

 

 

Notes

[1] Nettement identifiable grâce aux arêtes taillés dans la pierre et aux passages des gonds.

 [2] Célèbre architecte du XIXe siècle, auteur du Dictionnaire raisonné d’architecture.

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:37

Venus principalement du Danemark et de Norvège, les Vikings explorent le Nord de l’Europe. Commerçants, ils deviennent pirates selon les circonstances. Les richesses qu’ils ramènent dans leurs contrées améliorent leur position sociale ce qui donne l’idée à leurs petits frères d’en faire autant, quelques années plus tard… C’est leur arrivée dans notre région qui a donné naissance à la ville de Pont-de-l’Arche et à la Normandie, la terre des « hommes du Nord ». Retour en arrière en quelques dates…

790-800 : des Vikings sont repoussés par Charlemagne le long des côtes de la mer du Nord.

820 : première expédition viking dans l’estuaire de la Seine. Elle est repoussée par les gardes du rivage.
841 : seconde expédition viking, Jumièges et Rouen sont incendiés. Les Vikings constatent la faiblesse de l’armée franque qui est divisée entre les successeurs de Charlemagne.

La milice de Guérande face aux Normands (à droite) en 919. Un exemple de défense réussie face aux Normands. Extrait de La Vie de saint Aubin, manuscrit du XIe siècle provenant de l’abbaye d’Angers (BnF).

La milice de Guérande face aux Normands (à droite) en 919. Un exemple de défense réussie face aux Normands. Extrait de La Vie de saint Aubin, manuscrit du XIe siècle provenant de l’abbaye d’Angers (BnF).

845 : première expédition vers Paris (rééditée presque chaque année par la suite). Premier paiement par le roi du Danegeld (argent payé aux Danois pour qu’ils repartent).
851 : première fois qu’une troupe viking passe un hiver entier dans la basse Seine (réédité en 852 et par la suite).
856-862 : installation d’une « grande armée » scandinave dans l’estuaire de la Seine. Raids vers l’intérieur du royaume.
860-861 : réaction de Charles le Chauve qui nomme Robert le Fort à la tête d’un grand commandement en Neustrie contre les Normands et les Bretons.
862-869 : construction d’un
pont fortifié à Pont-de-l’Arche pour barrer la Seine, l’Eure et l’Andelle aux Normands. Ce pont est entouré de deux forts. Celui de la rive gauche deviendra la ville fortifiée de Pont-de-l’Arche.

Le système défensif de Pont-de-l’Arche construit entre 862 et 869 par le roi des Francs, Charles le Chauve, afin de protéger Paris et la majeure partie du royaume. La ville de Pont-de-l’Arche est au bout du pont, à droite, et le fort à gauche est aujourd’hui remplacé par la station-essence et le restaurant du Vieux pressoir. Ce dessin (extrait de l’ouvrage de J. Haywood) montre des Normands montant à l’assaut du fort incendié. Cependant, selon Jacques Le Maho, le fort aurait été bien plus petit et concentré en arc de cercle autour de l'entrée du pont, ce qui parait plus logique.

Le système défensif de Pont-de-l’Arche construit entre 862 et 869 par le roi des Francs, Charles le Chauve, afin de protéger Paris et la majeure partie du royaume. La ville de Pont-de-l’Arche est au bout du pont, à droite, et le fort à gauche est aujourd’hui remplacé par la station-essence et le restaurant du Vieux pressoir. Ce dessin (extrait de l’ouvrage de J. Haywood) montre des Normands montant à l’assaut du fort incendié. Cependant, selon Jacques Le Maho, le fort aurait été bien plus petit et concentré en arc de cercle autour de l'entrée du pont, ce qui parait plus logique.

876 : arrivée du chef viking Rollon dans l’estuaire de la Seine.
885-886 : le pont fortifié de Pont-de-l’Arche permet de retenir les Normands pendant quelques semaines avant le siège de Paris.
886-890 : Rollon s’empare de Bayeux.
898 : Charles le Simple devient roi de France (fin de règne en 923). Une partie de la future Normandie se vide de ses habitants et d’une large partie de son administration civile et religieuse. Les Vikings s’installent le long de la Seine et le long des côtes du pays de Caux, du Bessin et du Cotentin. Ils détiennent des biens et deviennent, de ce fait, soucieux de leur protection. De nombreux lieux prennent des noms scandinaves : Harfleur, Honfleur, Amfreville, Martot, Criquebeuf, Sotteville, Igoville…
911 : après une défaite militaire, Rollon s’installe à la table des discussions. Charles le Simple lui cède l’équivalent de la Haute-Normandie si Rollon accepte de reconnaitre l’autorité royale et de devenir chrétien. C’est ainsi que le traité de Saint-Clair-sur-Epte est signé. Rollon devient le premier duc d’une nouvelle province : la Normandie. Celle-ci n’est plus pillée par d’autres Vikings. La paix est rétablie.

Rollon, statue de bronze faisant partie du groupe monumental représentant Guillaume le Conquérant entouré de l’ensemble des ducs de Normandie à Falaise (Calvados).

Rollon, statue de bronze faisant partie du groupe monumental représentant Guillaume le Conquérant entouré de l’ensemble des ducs de Normandie à Falaise (Calvados).

924 : Rollon agrandit ses possessions en conquérant sur les Bretons le Bessin et le Maine.

933 : Guillaume Longue Epée, 2e duc de Normandie, conquiert le Cotentin et l’Avranchin au détriment des Bretons.
1020 : la paroisse de Pont-de-l’Arche est citée dans une charte par laquelle Richard II, duc de Normandie, confirme à l’abbaye de Jumièges ses droits sur cette paroisse. On y apprend que trois moulins sont bâtis sur le pont.
1066 : Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devient roi d’Angleterre. La lutte entre les rois de France et les ducs de Normandie s’amplifie. Les Normands sont presque indépendants du pouvoir français et deviennent cette année-là les égaux des rois de France.

Flotte normande partie conquérir l’Angleterre, détail de la tapisserie de Bayeux, XIe siècle.

Flotte normande partie conquérir l’Angleterre, détail de la tapisserie de Bayeux, XIe siècle.

1189 : durant une période de paix, Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et Philippe Auguste, roi de France se concertent pour la fondation de l'abbaye Notre-Dame de Bonport à Pont-de-l'Arche.

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion montrant leur amitié au début de la 3e croisade (1190-1191), Livre d’Eracle, Flandres, vers 1300 (BnF).

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion montrant leur amitié au début de la 3e croisade (1190-1191), Livre d’Eracle, Flandres, vers 1300 (BnF).

1195 : de retour de croisade et de captivité, Richard Coeur de Lion renforce ses défenses contre le roi de France, Philippe Auguste. En plus de Château Gaillard, il fait rehausser les fortifications de Pont-de-l'Arche.

1204 : Philippe Auguste, roi de France, bat Jean sans Terre, duc de Normandie et roi d’Angleterre. Les rois de France retrouvent leur autorité sur la Normandie, 293 ans après le traité de Saint-Clair-sur-
Epte. Philippe Auguste fait de Pont-de-l’Arche sa principale résidence normande. Il fait rehausser le fort situé de l’autre côté du pont. Il fait réparer le pont.

 

Sources

- BAUDUIN Pierre, La première Normandie (Xe-XIe siècles). Sur les frontières de la haute Normandie : identité et construction d’une principauté, Caen, Presses universitaires de Caen, 2006, 485 pages ;

- HAYWOOD (John), L’Atlas des Vikings (789-1100), de l’Islande à Byzance : les routes du commerce et de la guerre, Paris, éditions Autrement, collection Atlas / Mémoires, 1995, 144 pages ;

- LAUNAY (Armand), L’Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l’Arche, éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages ;

- NEVEUX (François), L’Aventure des Normands : VIIIe-XIIIe siècle, Paris, éditions Perrin, 2006, 385 pages ;

- NEVEUX (François), La Normandie des origines à nos jours, Rennes, éditions Ouest-France, 2010, 127 pages.

 

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 14:50
Salle-d-Armes.JPG
La Salle d'Armes, une atmosphère propice à l'activité culturelle (photo A. Launay, 2011).
 
 
XIIIe siècle : création de l’hôtel-Dieu de Pont-de-l’Arche, près de l’église. La Salle d’Armes est construite afin de servir de cave aux religieux, peut-être de Bonport. De cette époque, il reste de magnifiques arcs doubleaux chanfreinés en plein cintre qui décorent la voute ; un escalier à vis ; une petite ouverture au rez-de-chaussée ; des soupiraux murés ; des nervures, deux colonnettes et des chapiteaux à fleurs d’eau d’influence cistercienne sculptés dans le calcaire autour d’une porte du rez-de-chaussée. L’hôtel-Dieu passe ensuite sous la gestion des frères pénitents qui utilisent la Salle d’Armes comme entrepôt accueillant le grenier à sel durant quelques années.
 
XVIIe siècle : les frères pénitents installent l’hôtel-Dieu dans la rue Julien-Blin (l’hôpital actuel en est l’héritier). Ils délaissent leur propriété...
 
XVIIIe siècle : l'ancien hôtel-Dieu est réquisitionné par l’Etat, comme toutes les propriétés religieuses. Il est revendu comme bien national à Julien Blin.
 
XIXe siècle : Julien Blin fait raser l'ancien hôtel-Dieu sauf sa cave (l'actuelle Salle d’Armes) et fait construire une maison d'habitation. Dans un don testamentaire daté de 1833, Julien Blin, par ailleurs maire, lègue cette dernière ainsi que de nombreuses propriétés à la Ville de Pont-de-l'Arche. Celle-ci installe la première école publique dans cette maison (la salle Ambroise-Croizat, de nos jours) qui accueille aussi le logement de l'instituteur. 
 
XXe siècle : A partir de 1976, la municipalité de Roland Levillain fait de la Salle d’Armes un lieu d’exposition. L’escalier principal est construit. Dans les années 1990, la salle est réaménagée, climatisée et le souterrain du fond est muré. Le nom de Salle d’Armes apparait sans qu’on sache qui l’a créé et pour quelle raison puisque ce lieu n’avait aucune fonction militaire ou administrative…
 
Culture en 1976 3
En 1976, photographie prise lors du vernissage de la première exposition qui eut lieu à la Salle d'Armes. Elle était consacrée à l'oeuvre de Robert Savary. De nos jours, une des oeuvres de cet artiste est exposée à l'accueil de la mairie. A droite (lunettes), le sculpteur Jean Kerbrat.  
 
DSCF3106.JPG
Inauguration d'exposition en 2008.
 
Sources
- Archives municipales : registres des délibérations du Conseil municipal ;
- Goujon Paul, « L’Hôtel-Dieu et les pénitents du Pont-de-l’Arche », La Normandie, 1897, n° 3 de mars (pages 66-76), n° 4 d’avril (pages 105-115).
 

Armand Launay

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 10:16

Située dans la rue Blin, on ne peut pas visiter cette propriété de l'Agglomération Seine-Eure pour des raisons de sécurité. La mairie travaille actuellement sur un projet de réaménagement de ce magnifique édifice.

 

Voir l'étude complète en cliquant ici

 

P1100387 
La cour intérieure de la prison vue depuis le sommet d'une des tours du rempart.

 

De quand date le bailliage ?

Le bailliage apparaît dans les archives à partir du tout début du XIVe siècle. C'est Philippe Auguste, inspiré de ce qui se faisait en Normandie, qui décida de placer des bailliages ou sénéchaussées pour administrer son royaume. Ce roi a fait  de Pont-de-l'Arche sa principale résidence, il a choisi Pont-de-l'Arche pour faire siéger une administration. L'édifice actuel date pour partie du XVIe ou XVIIe siècle (les pans de bois de l'ancienne salle d'audience et de la maison des eaux et forêts), et pour partie du XVIIIe siècle (les bâtiments en pierre de taille comme la prison). 

 

A quoi servait-il ?

Jusqu’à la Révolution française, Pont-de-l’Arche accueillait un bailliage secondaire dépendant de Rouen. Il correspondait, en quelque sorte, à une sous-préfecture et administrait la région de Louviers, Elbeuf et une bonne partie du plateau du Neubourg. Le bailliage était l’expression de l’autorité royale et était placé sous la responsabilité du bailli, noble nommé par le roi en tant qu'officier. Comme il n'y avait pas de séparation entre le pouvoir exécutif et judiciaire, le bailliage regroupait quatre administrations qui rendaient directement la "justice" au nom du roi. 

On parlait alors de quatre tribunaux : 

- le bailliage, à proprement parler, qui était une sorte de tribunal de première instance,

- l’élection, qui réglait les différends concernant les impôts et principalement la taille,

- la maitrise des eaux et forêts, "ancêtre" de l'ONF,

- le grenier à sel (car la vente du sel était un monopole du roi qui percevait un impôt nommé la gabelle.

Et quand on rend "justice" sous l'Ancien Régime, on emprisonne les gens. Le bailliage comprend donc des prisons. Notez que le mot bailliage désigne à la fois un tribunal présidé par le bailli, le bâtiment qui l'accueille le bailliage et la circonscription dans laquelle il a autorité.

 


Depuis qu'il n'y a plus de représentant du bailli...

En 1790, lors de la refonte des administrations, Pont-de-l’Arche perdit ses tribunaux au profit de Louviers, ville qui était devenue depuis des siècles bien plus importante en raison de ses manufactures de draps. Le bâtiment du bailliage servit de mairie jusqu’en 1968. Il passa ensuite dans le domaine privé avant de redevenir une propriété publique en 1998. Ce bâtiment fut inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 5 février 2003.

 

Pour plus de précision, consultez notre dossier complet

 

  

A lire aussi...

L'historique de la ville

Les ruelles médiévales

Les balades le long de l'Eure ou en forêt de Bord...

 

Armand Launay

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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 15:57

Tarifs d'entrée et visites guidées

4 € l’entrée pour adulte, 2 € pour les mineurs. Pas de tarifs réduits pour les chômeurs ou les étudiants. Payant aussi lors des journées du patrimoine. L'abbaye est ouverte aux visiteurs, contre financement public afin de rénover les bâtiments. Elle accueille les visiteurs d'avril à septembre le week-end (de 14 h 30 à 18 h). En juillet et aout, elle est ouverte tous les jours, sauf le samedi, aux mêmes horaires. La visite peut être commentée par un étudiant en histoire ou patrimoine.

 

 

Vue sur l'abbaye depuis le parc, près de l'entrée du public (photo A. Launay, 2004).


Accès au site, notamment pour les personnes handicapées

 

L’accès au site se fait par la route d'Elbeuf. Le parking est situé avant le grand portail, c'est-à-dire à 500 mètres du site. L’accès aux personnes à mobilité réduite n’est donc pas tout à fait aisé (y compris dans l’abbaye en elle-même où les escaliers sont inévitables). Les seules parties de l’abbaye accessibles aux personnes à mobilité réduite sont le parc, la salle du chapitre, l’ancienne entrée, le scriptorium, quelques pièces mineures, une vue sur l’intérieur du réfectoire. 


Historique 

Classé monument historique en 1942, cette ancienne abbaye cistercienne fut construite pour Richard Cœur de Lion à partir de 1190 et jusque vers 1225.

Le Batelier d’Aviron, chroniqueur de la Renaissance, conte une histoire pour expliquer le nom de Bonport. Il dit que Richard Cœur de Lion manqua de se noyer dans la Seine, qui passe à côté de l’abbaye, lors d’une partie de chasse. En plein milieu du courant, il promit d’ériger en monastère en l’honneur de la Vierge Marie si elle le sauvait en lui faisant toucher la rive. C’est ce bon port là que retiennent en général les gens qui se sont intéressés l’abbaye.

Plus loin des jeux de mots et autres plaisanteries chevaleresques, nous pensons que le bon port est celui du fils du dieu des chrétiens parmi les hommes. C’est ce que semble indiquer une des deux armes de l’abbaye qui représente la Nativité.

 


Architecture 

De l’époque de la construction datent les éléments caractéristiques de l’architecture cistercienne, gothique donc : les croisées d’ogives, les chapiteaux sculptés… Les bâtiments de l’époque qui donnent un intérêt particulier à Bonport sont le réfectoire (avec un passe-plats, un carrelage usé datant de l’époque médiévale), la cuisine (avec une grande cheminée centrale).


P1180961

Le réfectoire du XIIIe siècle avec ses croisées d'ogives et ses faisceaux de colonnettes

 

Palliant les outrages du temps, les hommes ont ensuite procédé à de multiples remaniements. C’est pourquoi la visite de l’abbaye cistercienne se mélange agréablement, d’une salle à l’autre, avec celle d’un véritable château des XVIIe et XVIIIe siècles. L’ancienne entrée de l’abbaye est devenue un salon réchauffé par la présence de riches boiseries qui contrastent fortement avec la sobriété des courbes cisterciennes du proche scriptorium. La sacristie de l’ancienne église fut transformée en cuisine… et une bibliothèque fut aménagée dans un luxueux bureau reposant sur un parquet de marqueterie à la Française. Il n’y a plus aucun livre. Le dortoir des moines, au premier étage, est devenu un vaste couloir couvert par un plafond en berceau lambrissé (mais lui-même caché par un banal plafond de bois et de plâtre).

 

Quant au cloitre, à l’église Notre-Dame, l’hôtellerie, le bâtiment des convers, le cimetière, ils ont servi de carrière de pierre lorsque l’abbaye fut rachetée par des bourgeois locaux après 1790. On retrouve certaines pierres de l’abbaye à Criquebeuf-sur-Seine, Sotteville-sous-le-Val, Pont-de-l’Arche, Alizay… car elles portent l’indicatif de la sculpture cistercienne qu’est le décor de plantes d’eau. Dans le parc, les bases des colonnes et de quelques murs de l’ancienne église nous permettent d’en retrouver les dimensions et les caractéristiques architecturales (les chapelles rayonnant autour du déambulatoire, par exemple).



le-chapitre-vu-du-cloitre.jpg

Vue sur la salle du chapitre depuis l'ancien cloitre


A lire aussi...

Et si vous guidiez vos amis dans l'ancienne abbaye de Bonport ? 

Notre-Dame de Bonport abbey (in English)


Armand Launay

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23 avril 2006 7 23 /04 /avril /2006 00:27

Article développé et remplacé ici

 

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23 avril 2006 7 23 /04 /avril /2006 00:25

La communauté d'agglomération Seine-Eure n’a pas volé son nom. Outre la voie verte qui relie Léry à Louviers (site Internet), il ne faut pas rater les berges de l’Eure de Pont-de-l’Arche et des Damps. Ces rives offrent de magnifiques vues sur les coquettes maisons qui peuple le pied du coteau, ainsi que sur les îles situées entre l’Eure et la Seine. 

 

L'Eure aux Damps

 

Sans encombre, le touriste peut marcher sur cet ancien chemin de halage par lequel nos ancêtres tiraient les bateaux remontant le fleuve. Aujourd’hui ce sont les cygnes (qu’on approche de très près), les poules d’eau et les canards qui peuplent ces lieux. C’est ici le terrain privilégié des pique-niques, des siestes en famille, des balades amoureuses, ou encore des parties de pêche, des kayakistes…

 

 

Le pont d'Arromanches (vestige de la Seconde guerre mondiale)


 

 

Si autrefois le confluent entre l’Eure et la Seine était situé en face des Damps, c’est maintenant à Pont-de-l’Arche que l’Eure partage pour la première fois – et partiellement – ses eaux avec celles du fleuve grâce à un déversoir. Ce sont les grands travaux des années 1930, qui firent de la Seine un canal entre la Manche et Paris, qui reportèrent le confluent à Martot, dix kilomètres en aval. D’amont en aval, le touriste appréciera : 

 

 

- le cœur historique des Damps ;

 

- l'ile Saint-Pierre (accessible par un escalier tournoyant depuis le milieu du pont. Attention car aucun aménagement de sécurité n'est installé dans cette partie privée) ; 

 

- le centre ville de Pont-de-l'Arche ;

 

- le pont d’Arromanches (pont Mulberry qui permet de traverser l’Eure pour gagner l’île d’Harcourt). Il est le reste d’un pont construit à la Libération par les armées alliées afin de franchir non seulement l’Eure mais aussi la Seine (partie qui a, depuis, disparu) ; 

 

- l'ancienne abbaye de Bonport (pour les plus sportifs). Accessible par un chemin accessible l'hiver le printemps à partir du pont d'Arromanches. Quelques barrières ponctuent ce chemin afin de pas disperser les quelques moutons qui paissent ici. Après avoir marché sous le mur d’enceinte de Bonport, le marcheur rejoindra les rives verdoyantes de Criquebeuf et Martot. Prévoir un bâton pour les orties en été ; des bottes pour l’automne !

 

 

A lire aussi...

 

La forêt de Bord-Louviers

L'ancien bailliage

Le nom des habitants de Pont-de-l'Arche

 

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...