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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 19:41

200 000 pages de ce blog ont été vues depuis sa création en octobre 2006 !

Etant donné le sujet très précis de mes articles, cette statistique fournie par l'hébergeur Overblog me va droit au coeur !

La barre des 200 000 pages a été franchie à l'occasion des élections municipales où beaucoup de personnes se sont intéressées, en amont, aux différents acteurs en présence et, le jour du scrutin, aux résultats.

 

200 000 pages vues !

Parmi les 10 articles les plus lus ces temps-ci, outre les élections et Richard Jacquet, il y a les deux usines de Pont-de-l'Arche : les chaussures Marco et son magasin d'usine de ce weekend (ne vous fiez pas au lien de l'article qui date de 2011) et Luneau technology operations. Autre article, Biotropica... La forêt de Bord attire beaucoup ainsi que le récent article sur la Folie-Vallée.

En un mot, le présent fournit des mots-clés aux internautes qui, je l'espèrent, découvrent d'autres aspects de la ville grâce aux renvois vers d'autres pages.

Autres articles fréquemment dans les 10 premiers consultés, l'église Notre-Dame-des-arts, renaissance au Havre, Montaure...

 

200 000 pages vues !

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Pont-de-l'Arche
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 17:54
L'écharpe du maire sur le dos d'une des chaises des mariés (salle du Conseil municipal) (cliché Armand Launay, 2013).

L'écharpe du maire sur le dos d'une des chaises des mariés (salle du Conseil municipal) (cliché Armand Launay, 2013).

Un vote d’adhésion aux bilan et programme du maire sortant Richard Jacquet

 

23 mars – tour unique

Participation

Inscrits : 3070

Votants : 2106 (68,6 %)

Nuls ou blancs : 108

Exprimés : 1998

 

Répartition des suffrages exprimés par bureaux

 

 

Bureau de vote 1

(centre-ville)

Bureau de vote 2

(Kennedy-Jaunet)

Bureau de vote 3

(Bon-air)

Totaux

Questions d’avenir

392

(67,58 %)

492

(71,61 %)

553

(75,64 %)

1437

(71,92 %)

Pont-de-l’Arche ensemble

188

(34,41 %)

195

(28,38 %)

178

(24,35 %)

561

(28,08 %)

Totaux

 

580

(100 %)

687

(100 %)

731

(100 %)

1998

(100 %)

 

 

Les élus

24 colistiers de Questions d’avenir (dont les 4 conseillers communautaires de Pont-de-l’Arche)

Richard Jacquet, Chassy Angélique, Albert Naniyoula, Marie-Christine Calmon, Daniel Breiner, Carole Hervagault, Nicolas Bouillon, Chantal Moulin, Cédric Viguerard, Marie-Claude Lauret, Pascal Marie, Véronique Bertrand, Hervé Castel, Myriam Rasse, Nicolas Le Carff, Caroline Videment, Corentin Lecomte, Marie-Paule Forêt, Patrick Bellamy, Florence Coudoux, Cédric Niaudeau, Michelle Langlois, Christophe Otero, Maryvonne Davot.

3 colistiers de Pont-de-l’Arche ensemble

Hervé Lour, Anita Hervieux, Dominique Jachimiak.

 

Un électorat mobilisé

Le taux de participation archépontain, 68,6 %, est supérieur à la moyenne nationale (61,4 %). Il est très légèrement supérieur au taux de participation de Pont-de-l’Arche au premier tour de 2008 : 68,58 %, (66,54 % au niveau national). Le scrutin de 2008 fut très disputé avec quatre listes en présence. Ceci démontre que le scrutin de 2014 n’a pas moins intéressé l’électorat. La participation archépontaine est contraire à la tendance nationale. Les deux listes archépontaines ont su sensibiliser les électeurs et les élus n’en ont que plus de légitimité.  

 

Richard Jacquet : un bilan reconnu

L’équipe de Richard Jacquet rassembla 815 voix en 2008. Avec 66 suffrages exprimés de plus en 2014, son équipe en rassemble 1437 six ans plus tard. Ces 622 voix supplémentaires montrent que le bilan de Richard Jacquet est accepté et que son équipe est reconnue à sa place et fondée à poursuivre ses projets selon le même mode d’action.

 

Une opposition faible

« Pont-de-l’Arche ensemble » a rassemblé des personnes plutôt marquées à droite, à commencer par sa tête de liste Hervé Lour, et réalise son meilleur résultat (34,41 %) dans le bureau traditionnellement plus conservateur de la ville : le bureau 1. Toutefois, en 2014 ce bureau ne donne que 188 voix à « Pont-de-l’Arche ensemble » quand il en donnait 174 aux deux listes de droite présentes au premier tour de 2008 et 226 à la liste « Pont-de-l’Arche pour tous » de Dominique Jachimiak. Ceci démontre que la stratégie d’union entre l’ancien maire et Hervé Lour n’a pas fonctionné. Elle a dû dissuader une partie de l’électorat de droite de se reporter sur ce curieux attelage entre une tête de liste UDI et un ancien maire qui souhaitait présenter une liste amie du Front de gauche jusqu’en septembre 2013 et qui a écrit qu’il se retirait de la vie publique. Cette stratégie a dû fédérer quelques électeurs restés fidèles à l’ancien maire mais pas en nombre suffisant pour garantir le résultat habituel de la droite aux municipales archépontaines. Dominique Jachimiak a perdu tout poids électoral, du moins positif.

Qui plus est, la liste d’Hervé Lour est arrivée très tard dans la mandature et même dans la campagne. Elle a repris les grandes lignes du programme de Questions d’avenir en modifiant, toutefois, la localisation des grands projets structurants et en engendrant, de ce fait, des dépenses irréalistes. Un programme qui traduit le manque de temps de réflexion et une trop récente implication dans la vie locale. Notons aussi que la démobilisation de l’électorat socialiste au niveau national ne s’est pas faite sentir à Pont-de-l’Arche où le scrutin semble avoir gardé sa portée locale en focalisant sur les individus et les projets.

 

Une opposition essentielle

« Pont-de-l’Arche ensemble » a vivifié le débat démocratique de ces élections et accru la participation. Cette liste a fait réélire en beauté Richard Jacquet à un score jamais égalé. Il lui est donné, comme 3 de ses 4 prédécesseurs directs, de faire au moins un second mandat. Il ne rejoint donc pas Dominique Jachimiak au banc des désavoués. L’intérêt de la Ville, qui a su trouver son équipe, est désormais d’avoir une opposition constructive, rappelant l’équipe majoritaire à la meilleure vigilance qui soit et offrant à la population un autre axe de lecture de l’action publique locale. 

Au matin du 24 mars 2014, rue Maurice-Delamare (cliché Armand Launay).

Au matin du 24 mars 2014, rue Maurice-Delamare (cliché Armand Launay).

Commentaire rédigé avant les élections :

Une opposition hétéroclite contre le maire sortant Richard Jacquet.

 

=> scrutin de liste respectant la parité et offrant à élire, pour la première fois, les conseillers intercommunaux, fixés à 4 pour Pont-de-l’Arche. Un seul tour possible, le 23 mars, en raison de la candidature de deux seules listes.

 

Avant janvier 2014, une liste unique...

Si les élections municipales de 2008 ont vu quatre listes s’opposer, celles de 2014 semblaient bien moins disputées avant la mi-janvier 2014. En effet, seule la liste de Richard Jacquet, issue de l’association Questions d’avenir, était entrée en campagne. Cette situation traduisait l’affaiblissement de l’opposition « Pont-de-l’Arche pour tous », menée par l’ancien maire Dominique Jachimiak. Cette perte de vitesse est due au départ de certains des membres – et élus – de l’opposition ayant rejoint Richard Jacquet à l’automne 2013 notamment à cause de divergences sur les stratégies d’alliance de leur mentor.

Le résultat connu d’avance semblait propre à démobiliser l’électorat, en plus de l’abstention prévisible des personnes désirant sanctionner l’équipe sortante. Cette abstention, prévue à la hausse par rapport aux précédentes élections municipales, aurait pu laisser à la future équipe et à ses contempteurs l’impression d’être « mal élue ».

 

L'arrivée de "Pont-de-l'Arche ensemble"

L’annonce dans La Dépêche de Louviers du 17 janvier 2014 de la candidature de la liste « Pont-de-l’Arche ensemble » modifie la donne. Hervé Lour, épaulé par Dominique Jachimiak, rend le résultat de ces élections sinon incertain du moins plus intéressant. Ceci dans la mesure, entre autres, où un débat contradictoire aura lieu et des candidats d’opposition pourront être élus (mais combien ? Avec deux listes, un seul tour suffira à désigner les élus. Lire le mode de calcul sur elunet.org). Qui plus est, un duel entre une tête de liste de gauche et une tête de liste de droite clarifiera le débat dans la ville, chose nouvelle depuis l'effacement de la droite archépontaine au Conseil municipal après le départ de Roland Levillain.

Les précédentes élections analysées sur ce blog ont montré deux facteurs expliquant l’élection d’une liste : sa capacité à rassembler et la qualité de l’opposition.

 

La popularité de "Questions d'avenir" en question

En six ans, l’équipe de Questions d’avenir (dans laquelle nous avons été élu) n’a pas soulevé de protestation groupée et organisée sur un de ses projets, sur sa manière de consulter les citoyens ou sur un évènement extérieur (intercommunalité, projet routier ou industriel…). Ceci la différencie du mandat de Dominique Jachimiak contesté sur plusieurs points (dont Le Mutant) et du dernier mandat de Paulette Lecureux perturbé par la question de l’intercommunalité. L’équipe de Richard Jacquet n’a pas connu de scission, de perte d’élus en nombre. Elle en a même gagné deux en fin de mandat. Avec la neutralité du Front de gauche cantonal, Questions d'avenir représente bel et bien l'union de la gauche sans toutefois arborer d'étiquette partisane. Elle compte néanmoins quelques citoyens qui ne se revendiquent pas de gauche. Cette liste laisse l’image, que les gens soient ses partisans ou non, d’une équipe impliquée. Ce travail s’est traduit par une amélioration des services publics (création du Tremplin, constitution d’une police municipale, organisation de l’Espace jeunes…), des réalisations immobilières et urbaines et ce sans augmentation d’impôts. Pour autant, cette liste n’a pas suscité l’adhésion unanime des citoyens comme en témoigne la constitution d’une autre liste.

 

Quid de la pertinence de "Pont-de-l'Arche ensemble" ?

La qualité de l’opposition détermine elle aussi l’issue d’un scrutin. « Pont-de-l’Arche ensemble » est une organisation qui apparait dans le sprint final des élections. Des citoyens peineront à parier sur un coureur demeuré inconnu durant six années de mandat où les candidats doivent alimenter la vie publique pour être connus, reconnus et prétendre être (ré)élus. Un des meneurs de cette liste, Dominique Jachimiak, s’est fait connaitre dans l’opposition au sein du Conseil municipal mais plutôt comme soutien ponctuel du Front de gauche (aux cantonales de 2011 et lors d’une tentative avortée de constitution de liste en septembre 2013 en vue des élections municipales). Celui-ci, dont l’association a perdu du souffle en fin de mandat, se retrouve donc au côté d’Hervé Lour qui a déjà affiché dans La Dépêche de Louviers déjà citée son appartenance à l’Union des démocrates et indépendants (UDI), une formation politique classée à droite. Il fut conseiller municipal dans l'équipe de Dominique Jachimiak de 2001 à 2008 avant de marquer une divergence en 2008 où il fut candidat sur la liste « Demain, Pont-de-l’Arche » conduite par Eric Réboli et majoritairement composée de citoyens marqués à droite.

 

L'électorat potentiel et disparate de l'opposition

Les parcours des deux instigateurs de la liste « Pont-de-l’Arche ensemble » étonneront donc certains électeurs qui pourront être tentés de penser qu’il y a là plus une alliance contre Richard Jacquet qu’un réel partage de vues politiques. C'est ce que confirme la venue de Ludovic Aumont, adjoint de Richard Jacquet, dans cette liste (La Dépêche de Louviers du 30 janvier 2014). Cette nouvelle liste s’agrègera néanmoins les voix des électeurs restés fidèles à Dominique Jachimiak et ceux opinant à droite car c'est bien ici que se trouvent rassemblés le plus de citoyens archépontains de cette tendance. Ceci peut-être pondéré par le fait qu’aux élections municipales les électeurs ne votent pas nécessairement pour leur couleur politique mais bien plus pour la pertinence d’une équipe. Ainsi on retrouve difficilement aux municipales les voix allant à droite aux présidentielles. Au premier tour des municipales de 2008, la droite réunissait 23 % des voix alors qu’elle totalisait 63 % des voix au premier tour des présidentielles de 2007 et encore 53 % en 2012. La dernière catégorie d’électeurs potentiels de « Pont-de-l’Arche ensemble » rassemblera les personnes désirant sanctionner l’équipe de Richard Jacquet. Le résultat de la liste d’Hervé Lour ne permettra pas de distinguer les motivations des électeurs de l’opposition mais le nombre de voix sera un indicatif de la popularité du premier magistrat actuel, de son bilan, et de sa nouvelle équipe.

 

 

Annexes

Composition de la liste "Pont-de-l'Arche ensemble"

Ludovic Aumont (directeur d'école primaire), Virginia Bellenger (ATSEM), Olivier Bonhomme (cadre commercial), Odile Bréant (assistante qualité), Johann Bréant (sollier moquettiste), Rodolphe Cariou (responsable déploiement), Sébastien Danel (ingénieur travaux neufs), Hervé Dehame (infirmier), Sigrid Demon (technicienne qualité), Nicolas Deshayes (commercial indépendant), Sophie Elisalt (assistante commerciale), Valérie Forfait (enseignante), Roland Garreau (retraité artisan carrossier), Sandra Henrio (assistante de direction), Anita Hervieux (retraitée des assurances), Dominique Jachimiak (cadre de l'éducation nationale), Hervé Lour (chef de centre de sapeurs-pompiers), Vincent Loyauté (responsable régional), Jonathan Macé (ouvrier), Ida Molinaro (graphiste), Doris Perreaux (gérante de société), Joël Pétrel (responsable achat approvisionnement), Alicia Tedbirth (intérimaire), Dominique Tinel (retraitée de l'administration territoriale), Magdalena Van Duffel (assistante de vie scolaire), Liliane Vigie (retraitée), Mike Vlerick (technicien en bureau d'études).

 

Composition de la liste "Questions d'avenir" :

Richard Jacquet (chargé de mission en développement durable), Chassy Angélique (attachée de l'enseignement et de la recherche), Albert Naniyoula (directeur d'établissement médicosocial), Marie-Christine Calmon (conseillère en ingénierie sociale), Daniel Breiner (retraité EDF), Carole Hervagault (rédactrice d'assurances), Nicolas Bouillon (directeur d'établissement social), Chantal Moulin (employée de La Poste), Cédric Viguerard (chef d'équipe en transport express régional), Marie-Claude Lauret (retraitée de l'INSEE), Pascal Marie (technicien de photocopieurs), Véronique Bertrand (technicienne en gestion de production), Hervé Castel (greffier des services judiciaires), Myriam Rasse (retraitée de l'éducation nationale), Nicolas Le Carff (agent de maintenance SNCF), Caroline Videment (ingénieure), Corentin Lecomte (étudiant), Marie-Paule Forêt (technicienne de gestion), Patrick Bellamy (technicien en téléphonie), Florence Coudoux (agent de recouvrement), Cédric Niaudeau (coordinateur enfance-jeunesse), Michelle Langlois (retraitée), Christophe Otero (informaticien), Maryvonne Davot (demandeuse d'emploi), Mickaël Polard (responsable adjoint de préparation), Yveline Barbette (secrétaire), Xavier Charlet (technicien de maintenance).

 

A lire aussi...

Le portail des élections à Pont-de-l'Arche

 

 

Détail de façade et végétation de printemps (cliché Armand Launay, mars 2014).

Détail de façade et végétation de printemps (cliché Armand Launay, mars 2014).

Armand Launay

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 19:17

La Folie-Vallée est un nom désignant une belle maison bourgeoise du XVIIIe siècle aussi connue, un temps, sous le nom de Villa Sainte-Anne. Elle est située dans un parc le long de l’avenue De-Lattre-de-Tassigny, près du rondpoint des écoles. La Folie-Vallet (sic) désigne aussi un espace du plan cadastral de la commune.

 

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

Bien peu le savent, mais en 1954 le parc de cette demeure privée a été coupé en deux à cause de la création de la route raccordant le nouveau pont de Pont-de-l’Arche à l’avenue de la Forêt-de-Bord, aux Damps. Auparavant, son parc allait jusqu’à la rue Maurice-Delamare, ancienne route du Vaudreuil. Ainsi, les espaces verts jouxtant le groupe scolaire Maxime-Marchand sont des vestiges de ce parc. Le beau mur en moellon calcaire qui clôt partiellement la cour de récréation est un vestige de l’ancienne emprise foncière de la Folie-Vallée.

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Avant d’être urbanisée à la fin des années 1960, la rue Président-Kennedy portait le nom de sente de la Folie-Vallet et conduisait les promeneurs venus de la ville en contrebas de la ferme de La Borde, à l’entrée de la forêt. C’est ce que nous montre le plan cadastral dessiné en 1834.

 

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Un détail plus précis du même plan cadastral montre la demeure de la Folie-Vallée telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est-à-dire avec un avant-corps aux murs gouttereaux. On y voit la rue Marie-Morel-Billet, désignée sobrement « Chemin des Hayes » comme il s'appelle encore dans sa partie dampsoise. Les bâtiments sur sa gauche sont ceux de la propriété récemment rasée à l’encoignure de la rue des Soupirs et de la rue Marie-Morel-Billet (laissant place à la résidence Lucie-et-Raymond-Aubrac).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Que signifie Folie-Vallée ?

Nous pourrions penser que le tout proche Val des Damps aurait accueilli des personnes un peu fatiguées du chef. Mais le mot « folie » désigne des maisons de villégiature aristocratiques ou bourgeoises situées en dehors des villes.   

Quant à l’élément « Vallée », il est orthographié « Vallet » sur le plan cadastral. Ceci nous fait penser au nom d’une des grandes familles d’officiers du roi exerçant au bailliage de Pont-de-l’Arche. Comme on le lit sous la plume de Bernadette Boutelet (page 254) en 1634 Jean Vallet, greffier ordinaire à la vicomté, était présent à un procès. Quant à Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme, ils citent en 1688 un Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant particulier, antien civil et criminel du bailli de Rouen ; en 1671 Jean-Baptiste du Parc, lieutenant général en la vicomté et en 1675 Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant général du bailliage. Les Archives nationales ont conservé, parmi les provisions d’offices royaux (1270-1790) le nom de Jacques Vallet, frère de Pierre Vallet, procureur, greffier à la maitrise des eaux et forêts. Sa lettre de provision date du 19 juillet 1731 (cote de la lettre : V/1/284 pièce 421). De là à penser qu’un membre de cette riche famille des Vallet s’est fait construire une folie aux abords de Pont-de-l’Arche, il n’y a qu’un pas que nous franchissons. Nous ne savons cependant pas si le nom de Folie-Vallet a été donné par les propriétaires du lieu ou s'il s'agit-là d'une appellation populaire. En revanche, si l'on adhère à la thèse selon laquelle Vallée désigne la famille Vallet, la graphie Folie-Vallée est fautive.

 

Quoiqu’il en soit, la Folie-Vallet fait partie des demeures aristocratiques bâties autour de Pont-de-l’Arche parmi lesquelles nous avons étudié le Château du Centre de loisirs et l’hôtel Alexandre-Delafleurière. Elle annonce les maisons bourgeoises des faubourgs de Pont-de-l’Arche et des Damps qui ont abrité des riches familles locales et attiré des Rouennais et des Parisiens dans notre contrée.   

 

Sources

Boutelet Bernadette, Etude par sondage de la criminalité dans le bailliage du Pont-de-l’Arche (XVIIe-XVIIIe siècles) : de la violence au vol : en marche vers l’escroquerie, Annales de Normandie, 12e année, n° 4, 1962, pages 235 à 262.

Charpillon Louis-Étienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, pages 662 à 674.     

 

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

Armand Launay

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A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 17:09

Roger Bonnet est né le 17 septembre 1917 au Petit-Quevilly et mort fusillé le 14 avril 1942 à la prison d'Evreux. Il fut tout d’abord comptable chez Jupiter, à Rouen. Installé à Pont-de-l’Arche avec sa jeune épouse, Augusta Demare, il était gérant d’un magasin des Coopérateurs de Normandie. Cet établissement était situé au n° 8 de la rue Président-Roosevelt. Il fit son service militaire chez les Spahis en Syrie.

Au début de la Seconde guerre mondiale, il distribua des tracts de la Résistance communiste en lien avec André Benet, syndicaliste de la chaussure et futur maire de Pont-de-l’Arche. Cependant, Roger Bonnet fut identifié par la gendarmerie à cause d'un délateur. Un matin de novembre 1941, il partit en vélo muni d’une remorque à la place du Vieux marché (Rouen) et ce afin de ravitailler son magasin en fruits et légumes. Il y rencontra sa nièce Mireille, avertie par son épouse, enceinte, qu’il était recherché par la gendarmerie.

Arrêté, il fut condamné par la Cour spéciale de Rouen à deux ans de prison pour distribution de tracts. A la demande de l’occupant, il fut condamné à mort et déporté à Auschwitz. Il ne rentra en Normandie pour que pour être fusillé à la prison d’Evreux et ce certainement en représailles d’actions de la Résistance. Il fit le chemin assis sur son cercueil. Sa fille Mauricette naquit la semaine où il fut assassiné. Le 7 mars 1942, dans cette même prison d’Evreux, c’est Pierre Semard qui fut fusillé pour son implication dans le PCF et dans la Résistance. Son corps fut sorti de la fosse commune à la Libération.

Le 6 juillet 1945, sous la présidence d’André Benet, maire, l’ancien chemin du Neubourg, aussi appelé route de Tostes, fut baptisé Roger Bonnet par le Conseil municipal.

Photographie montrant Roger Bonnet, au milieu, portant un gilet, parmi ses amis de jeunesse (cliché de la famille Bonnet).

Photographie montrant Roger Bonnet, au milieu, portant un gilet, parmi ses amis de jeunesse (cliché de la famille Bonnet).

Plaque commémorative posée le 8 mai 2015 dans la rue Président-Roosevelt en remplacement d'une plaque depuis longtemps disparue. Initiative d'Alain Picard et sa femme Mauricette Lavauquet, fille de Roger Bonnet, réalisée par la municipalité représentée par Richard Jacquet (cliché Armand Launay, juillet 2015).

Plaque commémorative posée le 8 mai 2015 dans la rue Président-Roosevelt en remplacement d'une plaque depuis longtemps disparue. Initiative d'Alain Picard et sa femme Mauricette Lavauquet, fille de Roger Bonnet, réalisée par la municipalité représentée par Richard Jacquet (cliché Armand Launay, juillet 2015).

Sources

Avec l’aide d’Alain Picard et d'après les souvenirs de Mireille Demare, épouse Picard.

Sources FFI des Archives départementales de l’Eure.

Délibérations du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche.

Armand Launay

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Plaque de rue sur le mur de l'ancienne usine d'Henry Prieur (cliché Armand Launay, mars 2014).

Plaque de rue sur le mur de l'ancienne usine d'Henry Prieur (cliché Armand Launay, mars 2014).

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:12

Un diaporama pour le plaisir des yeux...

Les aviez-vous déjà observées une à une ? 

Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.

Clichés Armand Launay, février 2014.

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 19:30

A l’heure où la Communauté d’agglomération Seine Eure ouvre sa première piscine à Louviers, et avant de travailler sur une deuxième localisée à Pont-de-l’Arche, nous retraçons brièvement l’historique de la première piscine de la ville.

 

Si quelques enfants se risquaient dans l’eau de la Seine puis de l’Eure, la ville de Pont-de-l’Arche était peu concernée par la baignade avant 1967. Le 29 juin 1967, une délibération du Conseil municipal présidé par Roland Levillain expliqua la raison de la construction d’une piscine sur les berges de l’Eure, en bas de la rue Alphonse-Samain, et précisa quelques modalités d’ouverture. L’inauguration était prévue le 14 juillet 1967 : « procurer des plaisirs supplémentaires à la population de Pont-de-l'Arche et de la région, pendant les vacances un maître-nageur sauveteur sera recruté, ainsi que deux caissières qui s'occuperont également du vestiaire. Le prix des entrées est fixé à 2.00 frs pour les adultes et 1.00 frs pour les jeunes gens de moins de 14 ans. Elle sera ouverte chaque jour de 9 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 19 h ou même un peu plus tard en cas d’affluence et de grande chaleur. Le service des douches débutera le 1er octobre 1967, prix d'entrée 2... frs. »

De la part de Roland Levillain, la construction de cet équipement n’est pas étonnante étant données les différentes réalisations de terrains sportifs de ses mandats mais aussi de son attention pour le commerce du centre-ville dont certains entrepreneurs constituaient une partie de son conseil municipal. Les commerçants eux-mêmes contribuaient largement à la vitalité du centre-ville notamment en créant et gérant le camping Seine et Eure.

La piscine fonctionna l’été pour le plus grand bonheur des jeunes. En 1984, la municipalité de Roger Leroux créa le parking de la piscine.

En couleurs : carte postale. En noir et blanc : photos municipales des travaux.
En couleurs : carte postale. En noir et blanc : photos municipales des travaux.
En couleurs : carte postale. En noir et blanc : photos municipales des travaux.
En couleurs : carte postale. En noir et blanc : photos municipales des travaux.
En couleurs : carte postale. En noir et blanc : photos municipales des travaux.
En couleurs : carte postale. En noir et blanc : photos municipales des travaux.

En couleurs : carte postale. En noir et blanc : photos municipales des travaux.

Cependant, cet équipement ne présentait pas que des avantages. Le 17 janvier 1973, le communiste Robert Redon chargea Roland Levillain en plein Conseil municipal sur le fait que la ville n’était pas dotée « de gymnase, de salle omnisports » et qu’il n’y avait pas de « réflexion globale sur les sports et loisirs (…), pas de salles de réunion » et que la « piscine coute cher et ne sert que quelques semaines par an. »  

Autre défaut de taille, cet équipement n’a pas été construit selon les normes de sécurité ce qui est devenu intolérable avec le durcissement de la législation et des contrôles sanitaires. Paulette Lecureux décida de la fermeture de la piscine et la fit détruire en 1996. Elle projetait, dans le cadre de l’intercommunalité qui n’était encore qu’un projet, de faire construire plus tard un équipement intercommunal.  

En attendant, les berges de l’Eure furent aménagées. Une partie devint le chemin Claude-Boubet et l’autre devint un parking doté d’une demi-halle.

La piscine survit encore quelques années dans l’enseigne du « Bar de la piscine » et, de nos jours encore un peu dans les discussions archépontaines. Quelques parties du bâtiment sont encore debout qui soutiennent quelques places de parking et qui proposent des toilettes en contrebas, glorieux vestige de la première piscine archépontaine.

 

Sources

Bulletin municipal

Délibérations du Conseil municipal

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Published by Armand Launay - dans Loisirs Pont-de-l'Arche
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 20:39

Difficile, quand on est jeune, de ne pas connaitre le Centre de loisirs de Pont-de-l'Arche tant ce service communal est central dans la sociabilité archépontaine. Cependant, bien qu’à deux pas du centre-ville, le beau « château » du Centre de loisirs reste bien énigmatique un peu caché dans sa bulle verte. Nous avons voulu faire le point sur l'historique et la valeur patrimoniale de ce bien du XVIIIe siècle, largement remanié au XIXe siècle.

 

La façade Est du Château du Centre de loisirs fraichement rénovée (cliché Armand Launay, juin 2013).

La façade Est du Château du Centre de loisirs fraichement rénovée (cliché Armand Launay, juin 2013).

Description architecturale du Château (2010)

Dans le langage courant, le « château » sert à désigner le bâtiment principal du Centre de loisirs. C’est dans le cadre d’une réhabilitation complète que l’équipe municipale, réunie autour de Richard Jacquet, a officialisé ce nom le 25 juin 2012 en même que « parc des loisirs » pour le domaine alentour.

Le Château est une maison bourgeoise constituée d’un corps de bâtiment unique rectangulaire à un étage plus un étage de comble. Reposant sur un sous-sol, cet édifice en brique partiellement enduite est parfaitement symétrique. Avec son programme décoratif, ceci le rattache à l’architecture néoclassique du XVIIIe siècle. Le toit mansardé, recouvert d’ardoises, est ajouré par deux séries de cinq lucarnes le long des murs gouttereaux et deux séries de trois lucarnes le long des murs pignons (largeur du bâtiment). Ce nombre d’ouvertures est le même au rez-de-jardin et au premier étage (trois ouvertures étant des portes). Des frontons triangulaires couronnent le dessus des fenêtres du premier étage et des lucarnes. Un léger avant-corps sur la façade dégage les portes principales. Des moulurations de plâtre décorent avec des motifs végétaux l’encadrement des portes d’entrée de certaines portes intérieures mais aussi des plafonds du rez-de-jardin. Ceux-ci sont notamment décorés de médaillons représentant des angelots mais aussi des profils de femmes comme dans des camées. Quelques boiseries, un parquet, un peu de faïence aux murs laissent entrevoir quelle fut la richesse de la décoration intérieure de ce bâtiment vraisemblablement construit au milieu du XVIIIe siècle mais largement remanié au XIXe siècle. La maison du concierge est contemporaine de ces remaniements, elle qui n'existait pas encore en 1834 sur le plan cadastral (voir plus bas), et qui présente une façade ressemblant à celle du Château.

Le pot-à-feu couronnant le chien-assis de la façade Est (cliché Bertrand Gascoin, 2011).

Le pot-à-feu couronnant le chien-assis de la façade Est (cliché Bertrand Gascoin, 2011).

Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).
Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).
Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).
Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).

Détails de décorations du Château et notamment les médaillons du rez-de-chaussée présentant des enfants montant des dauphins, frappant une enclume et cultivant un champ cliché Armand Launay, décembre 2010).

Un bien communal depuis 1980

C’est le 11 aout 1980 que la Ville de Pont-de-l’Arche, représentée par son maire Roger Leroux, acquit la propriété « Meunier ». Située au n° 5 de la rue Roger-Bonnet, cette propriété des faubourgs était vaste (plus de 2 hectares notamment boisés) ce qui explique pourquoi la Ville souhaita y créer un Centre de loisirs, après l’avoir imaginé un temps à l’endroit où fut construite la résidence Pierre-Mendès-France. Une partie des terrains de la propriété Meunier permit la construction de la résidence Louis-Aragon. Une autre fut utilisée pour des constructions privées en bas de la rue Olivier-des-Bordeaux. Le Centre de loisirs fut géré par deux associations (l’ALEPA puis le CAEJ) entre 1982 et le 1er janvier 2004 où il fut municipalisé par l’équipe de Dominique Jachimiak. Le Château accueille aussi l’école de musique et de danse Erik-Satie. Celle-ci fut créée en 1979 sous le mandat de Roger Leroux et son adjointe Paulette Lecureux. Elle intégra le Château du Centre de loisirs et devint intercommunale en 1983 avec le concours d’Alizay puis d’autres communes locales. C’est en 1996 qu’elle prit le nom du compositeur normand Erik Satie. De 2001 à 2013, la Communauté de communes Seine Bord se substitua aux communes qui constituaient avec la Ville de Pont-de-l’Arche la tutelle de l’école.

 

Les précédents propriétaires

En 1980, Georges Armand Meunier et Marie-Thérèse Gaudard vendirent leur bien à la ville. Ils en étaient propriétaires depuis le 22 septembre 1965. A cette date, ils achetèrent deux parcelles à la Société cellophane et la Société civile immobilière du Manoir (SOCIM, dépendant de la SICA, papèterie d’Alizay). Ces deux sociétés avaient acheté ces parcelles à Jules Albert Prieur et sa femme Louise Marie Mallet le 24 avril 1953, pour la première, et le 8 mai 1962 pour la seconde. Jules Albert Prieur (1890-1965) est un personnage qui a compté dans l’histoire de Pont-de-l’Arche car il faisait partie des plus grands industriels de la chaussure. Albert, comme il se faisait appeler, reprit avec son frère Henry l’entreprise créée par leur père, Henry Prieur. Bâtie sur la route de Tostes (l’entreprise Luneau de nos jours), ils employèrent jusqu’à 350 personnes en 1923. Fortement mécanisée, cette entreprise se tailla des parts de marché au niveau national avant de décliner et de fermer ses portes en 1964. Pour revenir au « Château », Albert Prieur l’avait acheté le 11 mars 1919 à Jean Maurice Georges Ferrière, habitant la rue de la Seille, à Rouen. Ce dernier était maitre des lieux en 1908. En 1891, le Château et son domaine étaient le bien de la veuve Jean Gustave Tisset. Enfin, André Constant Delalande, fabricant de draps à Elbeuf, était propriétaire en 1877. Il mourut en 1884. Etant données les caractéristiques architecturales du Château, décrit ci-dessus, nous avons affaire à un bâtiment reconstruit vers le milieu du XIXe siècle. Mais la propriété de ce Château existait déjà auparavant…

 

 

Une propriété aristocratique

Plusieurs éléments nous permettent de resituer le Château dans son ambiance du XVIIIe siècle. Le plus clair est le plan cadastral de 1834 sur lequel est représenté le Château. Il est situé dans une vaste propriété enrichie, à l’ouest, d’un jardin à la française et de pièces d’eau qui campent un décor aristocratique. Il semble que des écuries soient situées le long de la route de Tostes. Une allée part vers le sud, vers la forêt. Ce domaine est représenté entouré de haies dans l'atlas de Daniel-Charles Trudaine, intendant des finances et directeur des Ponts et chaussées. On le voit sur la carte de Pont-de-l'Arche établie par Jean-Prosper Mariaval (fils) vers 1759. Elle fait partie des grandes propriétés bordant les faubourgs de la ville. Sans avoir retrouvé de preuve formelle, sous soupçonnons que cette propriété appartint à la riche famille Alexandre-Delafleurière, déjà étudiée par nos soins.

Le cadastre de 1834 montre nettement le Château du Centre de loisirs. La maison du concierge n'était pas encore bâtie et doit être contemporaines des remaniements du Château au XIXe siècle (Archives départementales de l'Eure).

Le cadastre de 1834 montre nettement le Château du Centre de loisirs. La maison du concierge n'était pas encore bâtie et doit être contemporaines des remaniements du Château au XIXe siècle (Archives départementales de l'Eure).

Dans l'atlas de Trudaine, la partie montrant Pont-de-l'Arche (1759) montre la propriété du futur Centre de loisirs entourée d'une haie.

Dans l'atlas de Trudaine, la partie montrant Pont-de-l'Arche (1759) montre la propriété du futur Centre de loisirs entourée d'une haie.

Un domaine de la famille Alexandre-Delafleurière ?

Jacques Isaac Alexandre Delafleurière (1770-1837) s’engagea dans l’armée révolutionnaire comme écrit sur l’acte de naissance de Jacques Isaac Poupardin datée du 12 mai 1793. Il est signé par les parents, Nicolas Poupardin et Madelaine Baron, et par Jacques Isaac Alexandre décrit comme dragon de la Manche et domicilié sur la route du Neubourg. Or aucune autre habitation n’existait sur cette route que la propriété qui nous intéresse. La solde d’un jeune militaire n’expliquerait pas qu’il fût propriétaire d’un des plus vastes domaines archépontains. Son père, Jacques Joseph Alexandre Delafleurière (1747-1825) était conseiller du roi en la maitrise des eaux et forêts de Pont-de-l’Arche et, plus précisément, garde-marteau. Il joua un rôle de premier rang à la Révolution en devenant maire jacobin puis commissaire du canton et, ensuite, conseiller général. Il était un des plus riches notables de la ville avant 1789 et acquit des terres lors de ventes de biens nationaux au premier rang desquels Bonport. Il acquit aussi des terres le long de la route du Vaudreuil, au triège du Val, le long de la route du Neubourg, dans le faubourg de Limaie, à la Cavée, la Maladrerie, la ferme du Bon-air, au Chêne Jaunet, dans la forêt de Bord, dans l’ile de Bonport, à la Sente à Cagnon... Cet homme semble bien placé pour avoir laissé un bel héritage à son fils Jacques Isaac.

 

D’autres vestiges du bâtiment ayant précédé le Château ont été mis au jour en 2012 par les vastes travaux de réhabilitation de l’ensemble du Centre de loisirs lancés par l’équipe de Richard Jacquet. Les entreprises ont fait ressortir un mur à pans de bois séparant l’ancienne cuisine du couloir d’entrée du Château. Qui plus est, est apparu un parquet posé à bâtons rompus (en chevrons décalés) à même les solives reposant chacune sur deux rangées de briques. On peut ajouter à ces vestiges des parties de la cave réalisées en moellons calcaire.

Quelques vestiges du bâtiment antérieur au Château ont été mises au jour lors de la réhabilitation du Centre de loisirs (cliché Bertrand Gascoin, 2012).

Quelques vestiges du bâtiment antérieur au Château ont été mises au jour lors de la réhabilitation du Centre de loisirs (cliché Bertrand Gascoin, 2012).

Dernier élément qui atteste la préexistence d’une propriété en ce lieu, les bâtiments annexes du Centre de loisirs. Epars, ils sont constitués en moellon calcaire et trahissent une fonction agricole. Les plus anciens semblent dater de la fin du XVIIe siècle. Le long de la rue Roger-Bonnet, un mur en moellon calcaire, ses beaux piliers de portail et un muret (le long de la résidence Louis-Aragon) rappellent l’existence des murs d’enceinte de cette propriété ancienne et vaste propriété.

 

En guise de conclusion

Si les preuves formelles nous manquent, si les lieux ont largement été rebâtis au XIXe siècle, les quelques nouveaux éléments que nous avons mis en valeur confirment l’ancrage du Château du Centre de loisirs dans une atmosphère bourgeoise, voire aristocratique du XVIIIe siècle. Il semble que cet édifice et son domaine soient les héritiers d’une des vastes propriétés ayant appartenu aux notables du Pont-de-l’Arche de l’Ancien Régime.

 

Sources...

  ... citées dans l'article et archives municipales (matrices cadastrales). 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 19:12

Le Manoir de Manon désigne un édifice du centre-ville de Pont-de-l’Arche dont les parties les plus anciennes datent du XVIe siècle. Hôtel particulier des Jeucourt, il fut habité ensuite par Jules Massenet et Jacques-Henri Lartigue.  

Le Manoir de Manon est une des plus grandes propriétés intra-muros de Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2012).

Le Manoir de Manon est une des plus grandes propriétés intra-muros de Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2012).

Description

Le manoir de Manon comprend les numéros 6, 8 et 10 de la rue Jean-Prieur. Le premier numéro est une propriété privée. Les autres numéros désignent des propriétés municipalisées en 1996. Le manoir fut inscrit sur la liste complémentaire des Monuments historiques le 4 mars 2003 (référence : PA27000057) : « Le bâtiment […] en totalité ; les façades et toitures du bâtiment central et du bâtiment ouest, à l'exclusion des constructions adventices au nord, avec les murs de terrasse au nord » ce qui ne désigne pas les vestiges de remparts au-dessus du quai de Verdun.

 

Photographie prise durant les travaux de l'espace Jacques-Henri-Lartigue en 1995 (cliché Ville de Pont-de-l'Arche).

Photographie prise durant les travaux de l'espace Jacques-Henri-Lartigue en 1995 (cliché Ville de Pont-de-l'Arche).

Architecture et datation

Prise de la rue Jean-Prieur, la photographie du Manoir permet de distinguer un bâtiment central, daté du XVIe siècle ou du XVIIe siècle par la conservation régionale des Monuments historiques, auquel ont été adjointes deux ailes datées de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle. Le plan cadastral confirme cette configuration des bâtiments et montre, de plus, des ailes s’engageant plus avant dans l’arrière-cour. Il s’agit de bâtiments à pans de bois reposant sur un sous-sol et comprenant un étage carré et étage de comble. Des parties sont réalisées en moellon calcaire, en bois et en brique. Malheureusement, les murs sont largement enduits de crépit du XIXe siècle masquant la beauté et la variété des matériaux. La couverture est composée de toits à deux croupes. Les pans de la partie privée du Manoir sont brisés (mansardes).

Le plan cadastral de 1834 montre l'emprise foncière du Manoir de Manon et de sa terrasse côté Seine (Archives départementales de l'Eure).

Le plan cadastral de 1834 montre l'emprise foncière du Manoir de Manon et de sa terrasse côté Seine (Archives départementales de l'Eure).

Le même Manoir vers 2011 (vue satellitaire Google).

Le même Manoir vers 2011 (vue satellitaire Google).

L'aile Est du Manoir vue depuis le pont de Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2011).

L'aile Est du Manoir vue depuis le pont de Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2011).

Une partie du Manoir vue depuis le pont de Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2013).

Une partie du Manoir vue depuis le pont de Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2013).

Détail de la partie Est du Manoir vu depuis la rue Jean-Prieur (cliché Armand Launay, 2013).

Détail de la partie Est du Manoir vu depuis la rue Jean-Prieur (cliché Armand Launay, 2013).

Historique

Le nom «  Manoir de Manon »

Ce nom fut donné le 7 novembre 1998 par le maire, Paulette Lecureux, lors de l’inauguration de la crèche associative Bidibul dans les locaux acquis par la Ville de Pont-de-l’Arche en 1996. Cet ancien maire a souhaité honorer la mémoire de Jules Massenet, auteur en 1893 de l’opéra « Le portrait de Manon ». Ce compositeur habita en ce lieu (voir plus bas). Ces mots sont gravés sur le linteau de la porte principale.  

 

Le Vieux manoir et la Royal air force

Avant de d’appeler le Manoir de Manon, l’édifice qui nous intéresse était connu sous le nom de Vieux manoir. C’est sous ce nom que l’armée de l’air britannique le loua durant la Première guerre mondiale afin d’y établir les quartiers généraux du camp de Pont-de-l’Arche – Les Damps. A lire à ce sujet notre étude sur ce même blog en cliquant ici.

 

Le Vieux manoir, propriété de Jules Massenet

Jules Massenet est un compositeur né le 12 mai 1842 à Saint-Étienne et mort le 13 aout 1912 à Paris. De 1891 à 1895, il habitait au Vieux manoir où il trouvait un cadre calme et agréable notamment grâce à la vue sur la vallée de la Seine et de l’Andelle. Inspiré par la localité, il composa ici certains de ses plus célèbres opéras : Werther (1892), Le portrait de Manon (1893) et Cendrillon (1895). Jules Massenet se montrait assez peu dans les rues de la ville. Il fut néanmoins président d’honneur d’un concours « d’harmonie et de fanfares » donné dans la ville en 1892 (Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure, page 27). Il aida aussi Mlle Touzard, enfant du pays, qui tenait l’orgue de l’église alors qu’elle n’avait que 7 ans en 1891. Jules Massenet l’invita à se perfectionner à Paris. Il l’aida et la guida dans les débuts d’une intéressante carrière avant qu’elle ne devienne Mme Blanchard de Chatillon. En 1998, le maire Paulette Lecureux honora la mémoire de l’artiste en appelant « Manoir de Manon » ce bâtiment qui abrite depuis la crèche Bidibul.

 

Le Vieux manoir, maison d’enfance de Jacques-Henri Lartigue

Le photographe Jacques-Henri Lartigue passa quelques-unes de ses premières années au Vieux manoir, propriété acquise par ses parents de 1897 à 1909. Il prit ainsi ses premiers clichés à Pont-de-l’Arche. A lire à ce sujet notre article sur ce même blog en cliquant ici.

 

Le Manoir de Jeucourt : le plus ancien nom connu

Le Manoir de Manon porta le nom de Jeucourt, ainsi que la rue Jean-Prieur. Si Jeucourt est le nom d’une famille d’Incarville influente à Pont-de-l’Arche aux XIVe et XVe siècles, il semble que le Manoir ait dû ce nom à Nicolas Langlois, sieur de Jeucourt. Celui-ci était lieutenant général du bailliage de la ville, au moins en 1692 où il est cité dans une délibération du Conseil municipal en date du 26 novembre (archives municipales, BB1). Un document conservé aux archives de Seine-Maritime (1 B 5625) nous fournit d’autres éléments. Datant de février 1706, il traite d’un procès entre Mlle de Lacroix (de Tourville-la-Rivière) et M. Mauduit. Il cite Nicolas Langlois, seigneur et patron de Criquebeuf-la-Campagne, Auteuil et Jeucourt, conseiller du roi et « lieutenant général et particulier civil et criminel du bailli de Rouen au siège du pondelarche ». Il s’agit donc du même homme et sa fonction, la plus importante de la ville, doit expliquer pourquoi il était propriétaire d’une des plus grandes demeures de Pont-de-l’Arche. Puis, la notice Mérimée nous apprend que cet hôtel devint une propriété de la famille Le Cordier de Boisenval qui transforma « une nouvelle fois la demeure vers 1760, notamment pour la partie orientale : les façades en pierre de taille calcaire, baies plus larges, pièces à décors lambrissées et cheminées de marbre visibles aujourd'hui. » Jean Nicolas Le Cordier de Boisenval, receveur des tailles de l'élection de Pont-de-l'Arche, l'un des premiers maires connus de la ville (1735-1736 puis 1743-1771). On compte aussi un Anne-Henry Le Cordier de Boisenval, également receveur des tailles (au moins en 1757).

 

La duchesse de Longueville

Membre de la famille royale, Anne-Geneviève de Bourbon-Condé (1619-1679), sœur de Louis II de Bourbon-Condé et d’Armand de Bourbon-Conti, résida au Manoir de Manon. Elle épousa en 1642 Henri II d’Orléans (1595-1663), duc de Longueville et gouverneur de Normandie et passa à la prospérité notamment pour son rôle dans la Fronde. Elle tenta de fédérer la noblesse (1649) puis de soulever la Normandie (1650) contre le pouvoir exercé par Jules Mazarin durant la minorité de Louis XIV. A défaut de parvenir à ses fins, elle réussit à se glisser dans les écrits de Simone de Beauvoir qui la cita à la page 180 du tome 1 de Le Deuxième sexe en tant que témoin de l’ « arrivée des femmes à une influence sur les affaires d’État ». Dans la littérature, la duchesse de Longueville se retrouve citée dans Vingt ans après (chapitre 93), suite donnée à partir de 1845 par Alexandre Dumas aux Trois mousquetaires : « Mais lorsque Aramis lui eut présenté cette paix sous son véritable jour, c'est-à-dire avec tous ses avantages, lorsqu'il lui eut montré, en échange de sa royauté précaire et contestée de Paris, la vice-royauté de Pont-de-l'Arche, c'est-à-dire de la Normandie tout entière, lorsqu'il eut fait sonner à ses oreilles les cinq cent mille livres promises par le cardinal, lorsqu'il eut fait briller à ses yeux l'honneur que lui ferait le roi en tenant son enfant sur les fonts de baptême, madame de Longueville ne contesta plus que par l'habitude qu'ont les jolies femmes de contester, et ne se défendit plus que pour se rendre. »

La conservation régionale des Monuments historiques possède quelques photographies commentées par un ancien propriétaire de la partie privée du Manoir de Manon. Celles-ci témoignent de la présence de la duchesse de Longueville en ce lieu. De nombreuses boiseries ornent les appartements ainsi que des peintures au-dessus de portes (XVIIe siècle). Le plancher en chêne est réalisé en point de Hongrie. De nombreux décors floraux agrémentent les pièces et la cheminée en marbre de la « chambre d’hôtes » porte une sculpture à double fleurs de lys en miroir d’eau, emblème de la famille royale. Celle de la « chambre de la duchesse » présente une « plaque alchimique ».

 

En guise de conclusion

La ville blottie dans ses remparts médiévaux a engendré beaucoup de petites maisons individuelles habitées par la partie humble de la population. Quelques riches demeurent contrastent avec cet habitat, tel le Manoir de Manon qui fut occupé par des personnages de premier plan tels qu’un gouverneur de Normandie, le duc de Longueville et sa célèbre femme, et du personnel de premier ordre rattaché au bailliage de Pont-de-l’Arche.

Plaque "alchimique" de la cheminée de la chambre dite de la duchesse de Longueville. Extrait du dossier de la Conservation régionale des Monuments historiques comportant plusieurs de ces photographies annotées par un ancien propriétaire - très renseigné - du Manoir de Manon.

Plaque "alchimique" de la cheminée de la chambre dite de la duchesse de Longueville. Extrait du dossier de la Conservation régionale des Monuments historiques comportant plusieurs de ces photographies annotées par un ancien propriétaire - très renseigné - du Manoir de Manon.

Rose des vents du Manoir de Manon, un enfant au-dessus d'une crèche... (cliché Armand Launay, 2013).

Rose des vents du Manoir de Manon, un enfant au-dessus d'une crèche... (cliché Armand Launay, 2013).

Sources

Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944) ;

Ministère de la culture, base Mérimée : référence : PA27000057 ;

Pont-de-l’Arche ma ville : bulletin d’information municipal.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:30

Expliquer le blason de Pont-de-l’Arche, c’est remonter aux éléments historiques qui ont pu l’inspirer. C’est pourquoi nous proposons ce bref historique des représentations de ce visuel. Au-delà, c’est le thème de la représentation d’une ville par un dessin qui nous a motivé. Nous nous sommes demandé si les logotypes ayant émergé depuis la fin du XXe siècle sont en rupture ou en continuité avec les blasons ?

 

Le blason de Pont-de-l'Arche sur un vitrail de Notre-Dame-des-arts (au-dessus du portail) cliché Armand Launay, 2012).

Le blason de Pont-de-l'Arche sur un vitrail de Notre-Dame-des-arts (au-dessus du portail) cliché Armand Launay, 2012).

Des emblèmes du XIVe siècle

Jusqu’à plus ample informé, c’est Alfred Canel qui a le plus poussé la réflexion sur le blason archépontain, lui qui écrivit en 1863 un Armorial des villes et corporations de Normandie.

Celui-ci explique que la plus ancienne représentation de la ville de Pont-de-l'Arche date du XIVe siècle où un écu de la vicomté montre « au milieu, un écu parti de France et de Navarre, et, en arrière de l'écu, un pont sur lequel s'élève un fort, dont on n'aperçoit que le sommet. A chaque côté de l'écu, une petite croix pose sur le parapet du pont. »

Alfred Canel en publie un dessin (page 208) avec un pont reposant sur neuf arches, Alfred Canel trouvant plus convenable de donner à la ville plus de trois ou quatre arches, chiffres habituellement attribués aux ponts jetés sur de plus petites rivières comme à Pont-Audemer et Pontorson (page 210). 

 

1669 : la plus ancienne représentation retrouvée

La plus ancienne représentation subsistante du blason de Pont-de-l’Arche, citée par Alfred Canel (page 209), date de 1669. On peut la retrouver dans le premier volume de La description des provinces et villes de France par Pierre de La Planche, prêtre et bibliothécaire de l'Oratoire de Paris. Illustré de 560 blasons, l’ouvrage est conservé à la Bibliothèque du Musée Condé de Chantilly et diffusé sur son site Internet (voir nos Sources). Pont-de-l’Arche y est donc décrit par sa géographie et ses fonctions administratives et militaires.

Le blason est ainsi décrit :

« De gueulles & au pont de 4 arches d’argent chargé d’une tige de croix sur le milieu et de 2 tours couvertes aux 2 bouts, au chef d’azur a 3 fleurs de lis d’or » 

La première représentation retrouvée du blason de Pont-de-l'Arche date de 1669 et se trouve dans l'ouvrage "La description des provinces et villes de France" de Pierre de La Planche (Bibliothèque du musée Condé).

La première représentation retrouvée du blason de Pont-de-l'Arche date de 1669 et se trouve dans l'ouvrage "La description des provinces et villes de France" de Pierre de La Planche (Bibliothèque du musée Condé).

Des variantes considérables

Puis Alfred Canel parcours les représentations successives du blason archépontain. Nous prenons par exemple le travail de Charles-René d'Hozier qui décrit le blason en ces termes (page 37) : « de sable, à un pont de trois arches d’argent, massonné de sable ; et un chef cousu d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or. » Il semble que les travaux de messieurs Saint-Allais et d'Avannes concordent avec Charles-René d'Hozier en écartant les emblèmes militaires.

Alfred Canel cite enfin les travaux de messieurs Traversier et Vaïsse pour lesquels le blason de Pont-de-l'Arche se compose : « De gueules, à un pont de trois arches, d'argent, mouvant d'une rivière de sinople ; au chef cousu de France. »

Version de la fin du XXe siècle du blason de la ville, signée Grégory Patin, et régulièrement utilisée par la collectivité territoriale.

Version de la fin du XXe siècle du blason de la ville, signée Grégory Patin, et régulièrement utilisée par la collectivité territoriale.

Que retenir ?

Alfred Canel rappelle à juste titre qu'il n'y a pas de vérité en matière de blason, ce dernier devant seulement être « en rapport avec ce qu'il doit exprimer » (page 210). C'est donc l'analyse historique qui doit permettre de dessiner un emblème représentatif.

 

La ville du roi

Depuis l'écu de la vicomté (XIVe siècle), toutes les représentations mettent en avant les lys royaux car Pont-de-l'Arche était une ville royale, siège de quatre tribunaux du monarque. Quid donc de la thèse avançant que les fleurs de lys sont un don d'Henri IV daté de 1589 ; thèse reprise sur Wikipédia (au 7 janvier 2014).

 

Le pont fondateur

S'il y a un emblème que l'on peut difficilement retirer à la ville, c'est bien son pont autour duquel est née la ville fortifiée à partir du IXe siècle. La question réside plutôt dans le nombre d'arches. Quatre, trois, neuf... La seule symbolique qui semble crédible est celle de la multiplicité des arches et non la représentation fidèle de la réalité.

 

Les fortifications

Les tours symbolisent les fortifications de part et d'autre du pont : le fort de Limaie et la ville fortifiée. Quid de la tour unique sur l'écu de la vicomté ? Est-elle l'emblème de la place forte que constituait Pont-de-l'Arche, toponyme désignant à la fois la ville du pont et son fort ?

 

Les croix

De deux croix sur l'écu de la vicomté à la croix unique de tous les blasons, cet élément illustre sans équivoque la fidélité au catholicisme. La croix unique au milieu du pont est une réalité historique attestée sur tous les dessins représentant le pont tombé en 1856.

 

Les logotypes de la Ville de Pont-de-l'Arche

Certains nostalgiques regrettent que les collectivités territoriales ne se contentent pas des blasons pour marquer leur présence, leur action. C'est le fruit d'une habitude qui fut donnée – et qui se maintient par endroits – par certaines collectivités elles-mêmes. Les archives municipales démontrent, çà-et-là, que la Ville de Pont-de-l'Arche utilisa le blason au moins à partir de 1871 (sans tours) quand Prosper Morel-Dubosc était maire. Elle a continué à utiliser le blason juste très récemment, même après avoir adopté un logotype.

 

Le logotype est-il de trop ?

Blason et logo n'ont pas la même histoire, ils ne revêtent pas non plus le même sens. Une collectivité peut à bon droit utiliser un blason mais n'en a pas l'exclusivité. Chacun est libre de l'utiliser car il appartient au domaine public. Qui plus est, le blason est suranné. La royauté a disparu, exit les fleurs de lys dans un document communal, et la République ne reconnait aucun culte, exit la croix catholique dans un document communal représentant la population quelle que soit sa spiritualité de chacun de ses membres.

 

Un premier logo éphémère : 1993

Le premier maire à avoir ressenti le besoin de créer un logo est Paulette Lecureux. Elle, son adjoint à l'information-communication Alain Petitprez, et son équipe lancèrent un concours auprès des enfants. Grégory Patin signa le premier logo de Pont-de-l'Arche, publié en une du n° 18 de « Pont-de-l'Arche », bulletin municipal édité en juin 1993.

Un premier logo de la Ville apparait en 1993, de Grégory Patin, et reprend le pont à quatre arches du blason de Pont-de-l'Arche (extrait du bulletin municipal).

Un premier logo de la Ville apparait en 1993, de Grégory Patin, et reprend le pont à quatre arches du blason de Pont-de-l'Arche (extrait du bulletin municipal).

Un deuxième logo : 1994-2008

Vraisemblablement insatisfaits des retours de la population, les élus décidèrent d'adopter un nouveau logo, réalisé par une entreprise. Celui-ci fut présenté dans l'éditorial du bulletin municipal « Pont-de-l'Arche » n° 21 de mars 1994. Réalisé par LGC concepts, d'Evreux, celui-ci comprend un trait vert pour la forêt de Bord, deux traits bleus pour l'Eure et la Seine et un trait jaune pour le pont ; le tout barré par le nom de la ville. Ce logo tint bon pendant 26 ans sans toutefois être systématiquement reproduit sur tous les documents et propriétés de la commune.

Le deuxième logo de la Ville a été adopté en 1994 durant le premier mandat de Paulette Lecureux.

Le deuxième logo de la Ville a été adopté en 1994 durant le premier mandat de Paulette Lecureux.

Un troisième logo : 2008

Le troisième logo a été conçu dans le cadre de l'adoption de la première ligne graphique de la Ville, c'est-à-dire l'édition de supports visuels cohérents rappelant sans équivoque l'appartenance ou l'action de la Ville. Ceci par souci de lisibilité de l'action publique mais aussi par souci professionnel. Le logo fut donc travaillé par Richard Jacquet, maire, Armand Launay, conseiller délégué à la communication, les élus et conçu par Yvon Ronnel, artisan-graphiste (Libre équerre). Le résultat témoigne de la volonté de concilier patrimoine et vie contemporaine. Ainsi sont représentés le pont disparu, pour l'histoire, mais aussi la tour de Crosne et l'église Notre-Dame-des-arts, éléments clés du patrimoine de la ville. Devant cela, deux personnages de taille inégale se tiennent la main. Ils représentent le principe de solidarité et d'éducation, à la fois compétences officielles de la Ville en matière de petite enfance et d'action sociale, mais aussi projet, Richard Jacquet ayant adopté « Pont-de-l'Arche, une ville à vivre ensemble » comme slogan de son action.

Adopté en 2008, le nouveau logo de Pont-de-l'Arche reprend des éléments d'histoire (pont disparu), de patrimoine (église Notre-Dame et tour de Crosne) avec la mise en avant des notions d'éducation et de solidarité.

Adopté en 2008, le nouveau logo de Pont-de-l'Arche reprend des éléments d'histoire (pont disparu), de patrimoine (église Notre-Dame et tour de Crosne) avec la mise en avant des notions d'éducation et de solidarité.

Sources

- Bibliothèque numérique du musée Condé (consultée le 7 janvier 2014) : http://www.bibliotheque-conde.fr/pdf/laplanche/1_300.pdf ;

- Canel Alfred, Armorial des villes et corporations de Normandie, Paris, Auguste Audry, 1863, 446 pages, voir pages 208 à 2011

- D'Hozier Charles-René, Armorial général de France : recueil officiel dressé en vertu de l'édit royal du 20 novembre 1696, volume 4, Paris, librairie des "Archives de la noblesse", 1903-1904, Gallica (consulté le 7 janvier 2014) : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30621509j

- Pont-de-l'Arche, bulletin municipal.

Le blason archépontain sur une en-tête d'un courrier officiel de la mairie en 1912 (archives municipales).

Le blason archépontain sur une en-tête d'un courrier officiel de la mairie en 1912 (archives municipales).

Blason sur verre offert à la Ville en 2006 par Paul Grizel, habitant de Pîtres. Il orne depuis la salle du Conseil municipal (cliché Ville de Pont-de-l'Arche).

Blason sur verre offert à la Ville en 2006 par Paul Grizel, habitant de Pîtres. Il orne depuis la salle du Conseil municipal (cliché Ville de Pont-de-l'Arche).

Blason sur pierre adossé au mur pignon de la salle Ambroise-Croizat et de la salle d'Armes (cliché Armand Launay, 2012).

Blason sur pierre adossé au mur pignon de la salle Ambroise-Croizat et de la salle d'Armes (cliché Armand Launay, 2012).

Blason sur portail chez un particulier du n° 38 de la rue Coste-et-Bellonte (cliché Armand Launay, 2013).

Blason sur portail chez un particulier du n° 38 de la rue Coste-et-Bellonte (cliché Armand Launay, 2013).

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:07

Quels sont les bâtiments et monuments possédés par la Ville de Pont-de-l'Arche ? C'est à cette question que nous avons voulu répondre par un article publié par nos soins dans Pont-de-l'Arche magazine n° 20. Ils sont classés par ordre chronologique de leur construction. Une date entre parenthèse précise leur entrée dans le patrimoine public communal. 

 

Salle d’Armes (XIIIe siècle), salles Beauregard et Ambroise-Croizat (XIXe siècle, municipalisées en 1838)

Eglise Notre-Dame-des-arts (XVIe siècle, municipalisée en 1905)

Presbytère (1760, municipalisé en 1905)

Cimetière (1782, municipalisé en 1905) : sanitaire (1980)

Calvaire de la Procession (1875, municipalisé en 1905)

Monument aux Morts (1922)

Groupe scolaire Maxime-Marchand (1934)

Logements de fonction : 23 et 25, rue Maurice-Delamare (1934)

Espace des Arts’chépontains (salle des fêtes) (1954)

Ecole maternelle Les Lutins (1957)

Logement de fonction : 1, impasse des Avettes (1962)

Bords de l’Eure : sanitaires et local technique (1962)

Stade Jacques-Havet : vestiaires et tribunes (1964)

Terrain de tennis (1964)

Hôtel de Ville (XIXe siècle, municipalisé en 1968)

Le Tremplin (1968)

Local du comité des fêtes (vers 1970)

Tennis de table (1977)

Espace jeunes (le Mil-clubs) (1979)

Centre de loisirs (municipalisé en 1980) : le Château et l’administration (XIXe siècle), la piscine, le chalet, l’espace des 3-5 ans et deux espaces dévolus aux 6-12 ans.

Tennis : court couvert et le clubhouse (1980)

Restaurant scolaire (1982)

Caserne des pompiers (1984)

Gymnase du collège (1986) : géré par le Syndicat intercommunal avec intervention des agents municipaux

Maison des associations + un logement de fonction (1970, municipalisée en 1988)

Centre médicosocial (?, municipalisé en 1989)

Camping municipal (1960, municipalisé en 1990) : accueil et sanitaires (2000), deux mobile-homes (2010)

Manoir de Manon (XVIIe et XVIIIe siècle, municipalisé en 1996)

Relai des assistantes maternelles (XIXe siècle, municipalisé en 1996)

Services techniques municipaux (1956, municipalisés en 1997)

Fontaine de la place Hyacinthe-Langlois (1997)

Logement de fonction : 22, rue Abbé-de-Lanterie (1956, municipalisé en 1998)

Four à pain (XVIe siècle, municipalisé en 1998 avec le bailliage qui fut intercommunalisé en 2007)

Gymnase du Bon-air (2003)

Parc de la Pommeraie (2004)

Rue Jean-Prieur : sanitaires (2004)

Stade Maxime-Fournier (2005)

Bords de l’Eure : halle (2006)

Ancienne bibliothèque pour tous (XVIe siècle, municipalisée en 2006)

Gendarmerie (2008)

Garage Renault – futur centre culturel (place Aristide-Briand) (XIXe siècle, municipalisé en 2011)

Perception (1840, municipalisée à une date encore inconnue)

Le groupe scolaire Maxime-Marchand est un des biens communaux les plus notables de Pont-de-l'Arche cliché Armand Launay, 2011).

Le groupe scolaire Maxime-Marchand est un des biens communaux les plus notables de Pont-de-l'Arche cliché Armand Launay, 2011).

L'hôtel de Ville (cliché Armand Launay, 2013).

L'hôtel de Ville (cliché Armand Launay, 2013).

L'Espace des Arts'chépontains (cliché Armand Launay, 2013).

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...