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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:30

Expliquer le blason de Pont-de-l’Arche, c’est remonter aux éléments historiques qui ont pu l’inspirer. C’est pourquoi nous proposons ce bref historique des représentations de ce visuel. Au-delà, c’est le thème de la représentation d’une ville par un dessin qui nous a motivé. Nous nous sommes demandé si les logotypes ayant émergé depuis la fin du XXe siècle sont en rupture ou en continuité avec les blasons ?

 

Le blason de Pont-de-l'Arche sur un vitrail de Notre-Dame-des-arts (au-dessus du portail) cliché Armand Launay, 2012).

Le blason de Pont-de-l'Arche sur un vitrail de Notre-Dame-des-arts (au-dessus du portail) cliché Armand Launay, 2012).

Des emblèmes du XIVe siècle

Jusqu’à plus ample informé, c’est Alfred Canel qui a le plus poussé la réflexion sur le blason archépontain, lui qui écrivit en 1863 un Armorial des villes et corporations de Normandie.

Celui-ci explique que la plus ancienne représentation de la ville de Pont-de-l'Arche date du XIVe siècle où un écu de la vicomté montre « au milieu, un écu parti de France et de Navarre, et, en arrière de l'écu, un pont sur lequel s'élève un fort, dont on n'aperçoit que le sommet. A chaque côté de l'écu, une petite croix pose sur le parapet du pont. »

Alfred Canel en publie un dessin (page 208) avec un pont reposant sur neuf arches, Alfred Canel trouvant plus convenable de donner à la ville plus de trois ou quatre arches, chiffres habituellement attribués aux ponts jetés sur de plus petites rivières comme à Pont-Audemer et Pontorson (page 210). 

 

1669 : la plus ancienne représentation retrouvée

La plus ancienne représentation subsistante du blason de Pont-de-l’Arche, citée par Alfred Canel (page 209), date de 1669. On peut la retrouver dans le premier volume de La description des provinces et villes de France par Pierre de La Planche, prêtre et bibliothécaire de l'Oratoire de Paris. Illustré de 560 blasons, l’ouvrage est conservé à la Bibliothèque du Musée Condé de Chantilly et diffusé sur son site Internet (voir nos Sources). Pont-de-l’Arche y est donc décrit par sa géographie et ses fonctions administratives et militaires.

Le blason est ainsi décrit :

« De gueulles & au pont de 4 arches d’argent chargé d’une tige de croix sur le milieu et de 2 tours couvertes aux 2 bouts, au chef d’azur a 3 fleurs de lis d’or » 

La première représentation retrouvée du blason de Pont-de-l'Arche date de 1669 et se trouve dans l'ouvrage "La description des provinces et villes de France" de Pierre de La Planche (Bibliothèque du musée Condé).

La première représentation retrouvée du blason de Pont-de-l'Arche date de 1669 et se trouve dans l'ouvrage "La description des provinces et villes de France" de Pierre de La Planche (Bibliothèque du musée Condé).

Des variantes considérables

Puis Alfred Canel parcours les représentations successives du blason archépontain. Nous prenons par exemple le travail de Charles-René d'Hozier qui décrit le blason en ces termes (page 37) : « de sable, à un pont de trois arches d’argent, massonné de sable ; et un chef cousu d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or. » Il semble que les travaux de messieurs Saint-Allais et d'Avannes concordent avec Charles-René d'Hozier en écartant les emblèmes militaires.

Alfred Canel cite enfin les travaux de messieurs Traversier et Vaïsse pour lesquels le blason de Pont-de-l'Arche se compose : « De gueules, à un pont de trois arches, d'argent, mouvant d'une rivière de sinople ; au chef cousu de France. »

Version de la fin du XXe siècle du blason de la ville, signée Grégory Patin, et régulièrement utilisée par la collectivité territoriale.

Version de la fin du XXe siècle du blason de la ville, signée Grégory Patin, et régulièrement utilisée par la collectivité territoriale.

Que retenir ?

Alfred Canel rappelle à juste titre qu'il n'y a pas de vérité en matière de blason, ce dernier devant seulement être « en rapport avec ce qu'il doit exprimer » (page 210). C'est donc l'analyse historique qui doit permettre de dessiner un emblème représentatif.

 

La ville du roi

Depuis l'écu de la vicomté (XIVe siècle), toutes les représentations mettent en avant les lys royaux car Pont-de-l'Arche était une ville royale, siège de quatre tribunaux du monarque. Quid donc de la thèse avançant que les fleurs de lys sont un don d'Henri IV daté de 1589 ; thèse reprise sur Wikipédia (au 7 janvier 2014).

 

Le pont fondateur

S'il y a un emblème que l'on peut difficilement retirer à la ville, c'est bien son pont autour duquel est née la ville fortifiée à partir du IXe siècle. La question réside plutôt dans le nombre d'arches. Quatre, trois, neuf... La seule symbolique qui semble crédible est celle de la multiplicité des arches et non la représentation fidèle de la réalité.

 

Les fortifications

Les tours symbolisent les fortifications de part et d'autre du pont : le fort de Limaie et la ville fortifiée. Quid de la tour unique sur l'écu de la vicomté ? Est-elle l'emblème de la place forte que constituait Pont-de-l'Arche, toponyme désignant à la fois la ville du pont et son fort ?

 

Les croix

De deux croix sur l'écu de la vicomté à la croix unique de tous les blasons, cet élément illustre sans équivoque la fidélité au catholicisme. La croix unique au milieu du pont est une réalité historique attestée sur tous les dessins représentant le pont tombé en 1856.

 

Les logotypes de la Ville de Pont-de-l'Arche

Certains nostalgiques regrettent que les collectivités territoriales ne se contentent pas des blasons pour marquer leur présence, leur action. C'est le fruit d'une habitude qui fut donnée – et qui se maintient par endroits – par certaines collectivités elles-mêmes. Les archives municipales démontrent, çà-et-là, que la Ville de Pont-de-l'Arche utilisa le blason au moins à partir de 1871 (sans tours) quand Prosper Morel-Dubosc était maire. Elle a continué à utiliser le blason juste très récemment, même après avoir adopté un logotype.

 

Le logotype est-il de trop ?

Blason et logo n'ont pas la même histoire, ils ne revêtent pas non plus le même sens. Une collectivité peut à bon droit utiliser un blason mais n'en a pas l'exclusivité. Chacun est libre de l'utiliser car il appartient au domaine public. Qui plus est, le blason est suranné. La royauté a disparu, exit les fleurs de lys dans un document communal, et la République ne reconnait aucun culte, exit la croix catholique dans un document communal représentant la population quelle que soit sa spiritualité de chacun de ses membres.

 

Un premier logo éphémère : 1993

Le premier maire à avoir ressenti le besoin de créer un logo est Paulette Lecureux. Elle, son adjoint à l'information-communication Alain Petitprez, et son équipe lancèrent un concours auprès des enfants. Grégory Patin signa le premier logo de Pont-de-l'Arche, publié en une du n° 18 de « Pont-de-l'Arche », bulletin municipal édité en juin 1993.

Un premier logo de la Ville apparait en 1993, de Grégory Patin, et reprend le pont à quatre arches du blason de Pont-de-l'Arche (extrait du bulletin municipal).

Un premier logo de la Ville apparait en 1993, de Grégory Patin, et reprend le pont à quatre arches du blason de Pont-de-l'Arche (extrait du bulletin municipal).

Un deuxième logo : 1994-2008

Vraisemblablement insatisfaits des retours de la population, les élus décidèrent d'adopter un nouveau logo, réalisé par une entreprise. Celui-ci fut présenté dans l'éditorial du bulletin municipal « Pont-de-l'Arche » n° 21 de mars 1994. Réalisé par LGC concepts, d'Evreux, celui-ci comprend un trait vert pour la forêt de Bord, deux traits bleus pour l'Eure et la Seine et un trait jaune pour le pont ; le tout barré par le nom de la ville. Ce logo tint bon pendant 26 ans sans toutefois être systématiquement reproduit sur tous les documents et propriétés de la commune.

Le deuxième logo de la Ville a été adopté en 1994 durant le premier mandat de Paulette Lecureux.

Le deuxième logo de la Ville a été adopté en 1994 durant le premier mandat de Paulette Lecureux.

Un troisième logo : 2008

Le troisième logo a été conçu dans le cadre de l'adoption de la première ligne graphique de la Ville, c'est-à-dire l'édition de supports visuels cohérents rappelant sans équivoque l'appartenance ou l'action de la Ville. Ceci par souci de lisibilité de l'action publique mais aussi par souci professionnel. Le logo fut donc travaillé par Richard Jacquet, maire, Armand Launay, conseiller délégué à la communication, les élus et conçu par Yvon Ronnel, artisan-graphiste (Libre équerre). Le résultat témoigne de la volonté de concilier patrimoine et vie contemporaine. Ainsi sont représentés le pont disparu, pour l'histoire, mais aussi la tour de Crosne et l'église Notre-Dame-des-arts, éléments clés du patrimoine de la ville. Devant cela, deux personnages de taille inégale se tiennent la main. Ils représentent le principe de solidarité et d'éducation, à la fois compétences officielles de la Ville en matière de petite enfance et d'action sociale, mais aussi projet, Richard Jacquet ayant adopté « Pont-de-l'Arche, une ville à vivre ensemble » comme slogan de son action.

Adopté en 2008, le nouveau logo de Pont-de-l'Arche reprend des éléments d'histoire (pont disparu), de patrimoine (église Notre-Dame et tour de Crosne) avec la mise en avant des notions d'éducation et de solidarité.

Adopté en 2008, le nouveau logo de Pont-de-l'Arche reprend des éléments d'histoire (pont disparu), de patrimoine (église Notre-Dame et tour de Crosne) avec la mise en avant des notions d'éducation et de solidarité.

Sources

- Bibliothèque numérique du musée Condé (consultée le 7 janvier 2014) : http://www.bibliotheque-conde.fr/pdf/laplanche/1_300.pdf ;

- Canel Alfred, Armorial des villes et corporations de Normandie, Paris, Auguste Audry, 1863, 446 pages, voir pages 208 à 2011

- D'Hozier Charles-René, Armorial général de France : recueil officiel dressé en vertu de l'édit royal du 20 novembre 1696, volume 4, Paris, librairie des "Archives de la noblesse", 1903-1904, Gallica (consulté le 7 janvier 2014) : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30621509j

- Pont-de-l'Arche, bulletin municipal.

Le blason archépontain sur une en-tête d'un courrier officiel de la mairie en 1912 (archives municipales).

Le blason archépontain sur une en-tête d'un courrier officiel de la mairie en 1912 (archives municipales).

Blason sur verre offert à la Ville en 2006 par Paul Grizel, habitant de Pîtres. Il orne depuis la salle du Conseil municipal (cliché Ville de Pont-de-l'Arche).

Blason sur verre offert à la Ville en 2006 par Paul Grizel, habitant de Pîtres. Il orne depuis la salle du Conseil municipal (cliché Ville de Pont-de-l'Arche).

Blason sur pierre adossé au mur pignon de la salle Ambroise-Croizat et de la salle d'Armes (cliché Armand Launay, 2012).

Blason sur pierre adossé au mur pignon de la salle Ambroise-Croizat et de la salle d'Armes (cliché Armand Launay, 2012).

Blason sur portail chez un particulier du n° 38 de la rue Coste-et-Bellonte (cliché Armand Launay, 2013).

Blason sur portail chez un particulier du n° 38 de la rue Coste-et-Bellonte (cliché Armand Launay, 2013).

Armand Launay

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:07

Quels sont les bâtiments et monuments possédés par la Ville de Pont-de-l'Arche ? C'est à cette question que nous avons voulu répondre par un article publié par nos soins dans Pont-de-l'Arche magazine n° 20. Ils sont classés par ordre chronologique de leur construction. Une date entre parenthèse précise leur entrée dans le patrimoine public communal. 

 

Salle d’Armes (XIIIe siècle), salles Beauregard et Ambroise-Croizat (XIXe siècle, municipalisées en 1838)

Eglise Notre-Dame-des-arts (XVIe siècle, municipalisée en 1905)

Presbytère (1760, municipalisé en 1905)

Cimetière (1782, municipalisé en 1905) : sanitaire (1980)

Calvaire de la Procession (1875, municipalisé en 1905)

Monument aux Morts (1922)

Groupe scolaire Maxime-Marchand (1934)

Logements de fonction : 23 et 25, rue Maurice-Delamare (1934)

Espace des Arts’chépontains (salle des fêtes) (1954)

Ecole maternelle Les Lutins (1957)

Logement de fonction : 1, impasse des Avettes (1962)

Bords de l’Eure : sanitaires et local technique (1962)

Stade Jacques-Havet : vestiaires et tribunes (1964)

Terrain de tennis (1964)

Hôtel de Ville (XIXe siècle, municipalisé en 1968)

Le Tremplin (1968)

Local du comité des fêtes (vers 1970)

Tennis de table (1977)

Espace jeunes (le Mil-clubs) (1979)

Centre de loisirs (municipalisé en 1980) : le Château et l’administration (XIXe siècle), la piscine, le chalet, l’espace des 3-5 ans et deux espaces dévolus aux 6-12 ans.

Tennis : court couvert et le clubhouse (1980)

Restaurant scolaire (1982)

Caserne des pompiers (1984)

Gymnase du collège (1986) : géré par le Syndicat intercommunal avec intervention des agents municipaux

Maison des associations + un logement de fonction (1970, municipalisée en 1988)

Centre médicosocial (?, municipalisé en 1989)

Camping municipal (1960, municipalisé en 1990) : accueil et sanitaires (2000), deux mobile-homes (2010)

Manoir de Manon (XVIIe et XVIIIe siècle, municipalisé en 1996)

Relai des assistantes maternelles (XIXe siècle, municipalisé en 1996)

Services techniques municipaux (1956, municipalisés en 1997)

Fontaine de la place Hyacinthe-Langlois (1997)

Logement de fonction : 22, rue Abbé-de-Lanterie (1956, municipalisé en 1998)

Four à pain (XVIe siècle, municipalisé en 1998 avec le bailliage qui fut intercommunalisé en 2007)

Gymnase du Bon-air (2003)

Parc de la Pommeraie (2004)

Rue Jean-Prieur : sanitaires (2004)

Stade Maxime-Fournier (2005)

Bords de l’Eure : halle (2006)

Ancienne bibliothèque pour tous (XVIe siècle, municipalisée en 2006)

Gendarmerie (2008)

Garage Renault – futur centre culturel (place Aristide-Briand) (XIXe siècle, municipalisé en 2011)

Perception (1840, municipalisée à une date encore inconnue)

Le groupe scolaire Maxime-Marchand est un des biens communaux les plus notables de Pont-de-l'Arche cliché Armand Launay, 2011).

Le groupe scolaire Maxime-Marchand est un des biens communaux les plus notables de Pont-de-l'Arche cliché Armand Launay, 2011).

L'hôtel de Ville (cliché Armand Launay, 2013).

L'hôtel de Ville (cliché Armand Launay, 2013).

L'Espace des Arts'chépontains (cliché Armand Launay, 2013).

L'Espace des Arts'chépontains (cliché Armand Launay, 2013).

Armand Launay

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 11:45

« … la forêt de Bord n’est rien d’autre que celle du Pont-de-l’Arche. »

 

Eustache-Hyacinthe Langlois, La Croix-Sablier, page 308

 

 

La forêt de Bord-Louviers est un beau massif de 45 km² situé dans la vallée de la Seine, dans l’Eure. Elle se prête aux loisirs, aux rêveries et aux questions historiques. Cet article dresse un petit panorama de richesses offertes aux curieux…

Le hêtre Tabouel, une des figures tutélaires de la forêt de Bord (cliché Armand Launay, 2011).

Le hêtre Tabouel, une des figures tutélaires de la forêt de Bord (cliché Armand Launay, 2011).

Des origines au Moyen Âge…

Un coup d’œil sur une carte ou une vue satellitaire de la vallée de la Seine montre que la dénivellation a joué un rôle non négligeable dans la préservation de surfaces boisées, lointaines héritières de la grande forêt couvrant l’Europe au néolithique. Si la forêt de Bord n’est plus un espace naturel sauvage, elle constitue néanmoins le poumon vert de la boucle de Louviers où l’Eure et la Seine se rapprochent peu à peu avant leurs fiançailles à Pont-de-l’Arche et leur union à Martot. Elle se trouve à l’extrémité nord-Est du plateau du Neubourg.

 

L’arrivée de l’Homme…

Comme nous l’avons écrit dans un article consacré à Tostes, les traces de l’Homme en forêt de Bord remontent au néolithique. C’est ce que l’on peut lire dans l’ouvrage dirigé par Bernard Bodinier, L’Eure de la préhistoire à nos jours, qui fait état (pages 33 et 40) de poignards du Grand-Pressigny retrouvés en « forêt de Pont-de-l'Arche » et conservés au Musée des Antiquités de Rouen. Il localise aussi à Pont-de-l’Arche (page 41) une épée à lame pistilliforme du bronze final II (page 42) et des pointes de lance d'influence britannique du bronze final III (page 43). On peut cependant penser que l’Homme a commencé à exploiter la forêt auparavant car Léry et la boucle de Seine qui l’entoure était déjà habités dès 5 000 ans avant notre ère.

Léon Coutil écrivit dans « Ateliers et stations humaines néolithiques du département de l’Eure » que « Le Musée d'Elbeuf possède plusieurs belles haches trouvées à la Vallée, près Tôtes, au triage des Routis. Au triage des Treize-Livres, hache plate en silex rosé, trouvée en 1859 (Musée de Louviers) » (page 177).

Dans un autre article de 1893, « Résumé des recherches préhistoriques en Normandie (époque paléolithique) », Léon Coutil a fait état d’une autre découverte : « Dans les champs, à la surface, M. Noury a recueilli une large hache plate taillée à grands éclats des deux côtés ; cette pièce, un peu triangulaire et à patine ocreuse, mesure environ 0m15. On peut la voir au musée d'Elbeuf, ainsi que des lames moustériennes trouvées dans les mêmes conditions, au même endroit » (page 66).

Dans un article intitulé « Inventaire des menhirs et dolmens de France (département de l’Eure) » le même Léon Coutil expose que « sur la limite de la forêt, entre Tostes et Saint-Pierre-lès-Elbeuf, au triage de la Cramponnière, se trouve un grès d'environ un mètre de hauteur, que l'on désigne sous le nom de : Pierre du Gain » (pages 108-109). Ce monument désormais disparu doit vraisemblablement être un mégalithe préceltique attestant la présence de l’Homme, voire sa sédentarisation.

 

Des traces gallo-romaines

La Carte archéologique de la Gaule, éditée par Dominique Cliquet, fait état (page 227) de fouilles réalisées entre 1894 et 1904 par Léon de Vesly et Victor Quesné. Celles-ci eurent lieu à la Butte des Buis, en forêt, près de La Vallée. Elles ont restitué les bases d’un fanum (13 m de côté) à cella carrée (un sanctuaire) de 4,35 m de côté entourée d’une galerie. Les murs de cette dernière étaient recouverts d’une couche de gypse rose et surmontés d’un portique. Plus de 60 monnaies ont été retrouvées sur les lieux allant du début du Ier siècle avant notre ère au IVe siècle : Tibère, Claude, Néron, Marc-Aurèle, Lucille, Dèce, Gallien, Salonine, Postume, Claude II, Tétricus I et II, Probus, Constance Chlore, Maximien Hercule et Daia, Constantin, Licinius, Crispus, Constantin II.

D’autres vestiges sont signalés par la carte d’état-major de l’IGN en forêt de Bord, près du carrefour des Quatre-bancs, entre La Couture et Louviers. La carte IGN les considère comme des restes de villa avec son puits. Nous n’avons pas trouvé de rapport de fouille sur ces vestiges situées aujourd’hui dans le périmètre administratif de Louviers.

 

Les défrichements entre l’Antiquité et le Moyen Âge

Les éléments archéologiques laissent entrevoir un habitat gallo-romain dispersé dans des friches au sein d’une forêt de Bord aux contours différents de ceux que nous lui connaissons depuis le Moyen Âge. Au Moyen Âge, certaines clairières étaient refermées alors que d’autres avaient donné naissance à La Haye-Malherbe, Montaure et Tostes.

 

Bord : un nom mystérieux

C’est Edouard Jore, auteur de « La chasse en forêt de Bord », qui nous fournit (page 14) la plus ancienne référence du nom « Bord » : « il s’agit d’une charte du 11e jour des calendes d’octobre de l’an 1014, par laquelle Richard II, dit « le Bon Duc de Normandie » pour réparer les dommages que son armée avait causés aux possessions de la Cathédrale de Chartres, fait don à cette Basilique notamment de Vraiville entre Louviers et Elbeuf avec la dîme de la chasse dans la forêt appelée Bord ». Wikipédia, sans citer ses sources, donne le mot « Bortis » désignant en latin médiéval la forêt de Bord. Cette même encyclopédie avance que ce mot dériverait du celtique borto « ayant un sens forestier ».

En 1130, le grand rôle de l’Echiquier de Normandie cite notre forêt « … et de 4 lib. 14 sol. de pasnagio foreste de Bort ». » (Léopold Delisle, Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, page 29, membrane 8).

Par ailleurs, Léopold Delisle cite des chartes royales présentes dans le cartulaire de Bonport sous Louis IX. En aout 1256, la forêt qui nous intéresse est nommée « in foresta nostra Bortis » (page 105, charte n° 567). En mars 1256 ou 1257, elle devient « foresta Bordi » (page 107, charte n° 574). En avril 1257, elle est nommée « in foresta silicet de Borz » (page 107, charte n° 578). Notons que les moines de Bonport, habitant à l’orée de la forêt et y étant bien possessionnés, étaient parmi les mieux placés pour connaitre ce massif.

Que ce soit Bort ou Bord, il semble que la dernière lettre reste muette. Nous conservons la forme « Bor » comme nom de la forêt. Si le terme de Bort a été identifié, il est difficile de lui donner un sens précis. Nous avons voulu connaitre l’origine des toponymes lui ressemblant. Ainsi, selon Stéphane Gendron, auteur de L’origine des noms de lieux en France, le toponyme germanique « borde » désignait une cabane, une maisonnette, une métairie. Il serait issu du francique « bort », désignant une planche, qui a donné le latin tardif « borda », cabane (page 146). Cependant, à la page 188, le même auteur avance que Bort-les-Orgues (Corrèze) est construit sur le mot prélatin « borna » signifiant « source », « trou ».

Quant à Ernest Nègre, auteur de Toponymie générale de la France, il cite deux formes anciennes de Bort-les-Orgues : « boort » datée de 944 et « bort » datée de 1315. Selon lui, ce toponyme est à rapprocher des mots gaulois « borduo » qui désigne la corneille et « ritum », le gué. Le « Gué de la corneille » est l’étymologie que l’auteur donne aussi à Bourth, dans l’Eure, écrit « boort » en 1131.

Nous n’avons pas d’éléments probants pour expliquer le sens du nom de la forêt de Bord.

 

Une forêt du pouvoir central

 

Propriété du pouvoir depuis le haut Moyen Âge

Si la forêt de Bord n’est pas explicitement mentionnée dans les archives antérieures au XIe siècle, trois sites qui l’entourent ont fait partie du domaine royal, appelé le fisc. C’est ce que note Lucien Musset (page 23) : « Parmi les fiscs, certains paraissent avoir fait, de toute antiquité, partie du patrimoine du souverain ; ce sont les grands axes de la vallée de la Seine, groupés autour des résidences royales : Arelaunum, en forêt de Brotonne ; Gemmeticum, Jumièges ; Pistae, Pitres ; Veteres Domus qui est sans doute Louviers ; Rotoialum, Le Vaudreuil, ce dernier même remonte peut-être à l’époque gallo-romaine... » L’historien se fonde (page 25) sur la lecture de Grégoire de Tours qui cite la villa royale de Rotoialum en 584. Lucien Musset détaille (page 24) les fiscs et y insère les communes actuelles de Pont-de-l’Arche, Léry, Pinterville et, pour le fisc du Vaudreuil, « un secteur de la forêt de Bord (dans laquelle le fisc de Veteres Domus devait aussi comporter des dépendances). » Enfin, Lucien Musset écrit aussi (page 50) que « Les ducs Normands ont hérité des domaines Carolingiens [avec] régularité ».

 

Une « forêt de Louviers » ?

Autre preuve que la forêt de Bord était une propriété du pouvoir, l’échange réalisé par Richard Cœur de Lion le 16 octobre 1197. Celui-ci donna à l’archevêché de Rouen la forêt de Bord proche de Louviers contre la ville des Andelys où le monarque construisait le Château-Gaillard. Ainsi naquit une « forêt de Louviers ». Le 2 novembre 1789, la forêt de Bord fut incorporée au domaine de l’Etat. La forêt de Louviers fut nationalisée en tant que bien religieux. Ce n’est qu’en 1983 que ces deux domaines furent réunis en une seule entité administrative : la forêt de Bord-Louviers. Preuve ultime que la forêt de Bord était un fief direct du roi, l’installation d’une administration contrôlant ce bien au nom du roi… à Pont-de-l’Arche.

Le siège de la Maitrise des eaux et forêt de Pont-de-l'Arche vu depuis le premier étage du bailliage (cliché Armand Launay, 2013).

Le siège de la Maitrise des eaux et forêt de Pont-de-l'Arche vu depuis le premier étage du bailliage (cliché Armand Launay, 2013).

La maitrise des eaux et forêts

Les forêts comptent parmi les ressources nécessaires au maintien d’un pouvoir. Cependant, les posséder ne suffit pas ; il faut contrôler l’usage qui en est fait. C’est pourquoi, dès que les archives le permettent, on voit apparaitre des gardes en charge de la forêt. Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme citent une charte de 1327 mentionnant « Jean de Commeny, Jean de Vilaines, Jean de Guinemaut et Gaufroy Le Grieu » comme « gardes en la forêt de Bord ».

Puis nous utilisons les travaux de Pascal Le Berre, auteur de Délinquants et forestiers dans les bois du Roi, qui a retracé la mise en place et la vie d’une administration régissant les eaux et forêts. Police et tribunal, le corps des Eaux et forêts fut mis en place par Philippe IV Le Bel (1291) et surtout par l’ordonnance de Brunoy signée par Philippe VI de Valois en 1346. Ce corps hérita de la compétence judiciaire détenue jusqu’alors par le bailli. Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme nous apprennent que « Le roi d’Angleterre étant à Pont-de-l’Arche, en 1418, donna l’office de verdier de la forêt de Bord, à Etienne Louvel, et nomma sergents de cette même forêt, Robin Le Tailleur, Jean Aubrée, Thomas Foucault et Simon de Daubeuf. » Le roi d’Angleterre a maintenu l’organisation hiérarchique autour du verdier et de ses adjoints, les sergents, en charge de secteurs particuliers de la forêt.

L’administration se précisa encore. A partir de 1555, les maitrises des eaux et forêts furent créées dans le royaume afin de contrôler, surveiller et juger en première instance des délits liés à l’exploitation des bois, de la chasse et de la pêche. Une maitrise fut créée à Pont-de-l'Arche. Sa juridiction, différente de celle du bailliage, comprenait les forêts de Bord, de Longboël et de Louviers. Elle incluait aussi les bois seigneuriaux et ecclésiastiques, ces propriétaires assurant eux-mêmes le contrôle de leurs propriétés. La maitrise de Pont-de-l’Arche dépendait de la Grande maitrise de Rouen (seconde instance), elle-même dépendante de la Table de marbre du Parlement de Normandie. Au XVIIIe siècle, les forêts de la Grande maitrise de Rouen étaient les plus rémunératrices du royaume. Cependant, Pont-de-l’Arche faisait partie des petites maitrises de la généralité de Rouen. En 1573, les offices forestiers furent institués et on lit qu'en 1613 « Jean Le Tellier, sieur des Hauguettes, était maître particulier aux Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Louis de la Faye était lieutenant » (Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme).

Pascal Le Berre détaille la profession d’officier des eaux et forêts : « Lors du décès de l’officier, il n’y a que quelques semaines de vacances le temps que la famille lui trouve un successeur et que celui-ci règle les formalités administratives. Les acquéreurs des charges ont quasiment tous moins de trente ans. Cette activité est, le plus souvent, la principale et la seule activité professionnelle de ces hommes. C’est une profession qui détermine non seulement l’individu mais aussi sa famille. L’hérédité est très fréquente. Presque tous sont des avocats, à la base. Leur métier est moins celui de forestier que de juriste. Ils font partie d’une élite locale bien enracinée ».

Les greffiers sont nos secrétaires actuels (tenue des archives et traitement des courriers) mais de luxe. C’est une bonne charge. Un commis accompagne souvent le greffier. Tout en apprenant le travail il accumule un pécule qui lui permettra d’acheter la charge à la mort du titulaire, assurant ainsi la pérennité de l’emploi et de sa qualité.

Les huissiers-audienciers sont censés transmettre les documents issus du greffe. Ils étaient trois à Pont-de-l'Arche avant 1690 et deux après. Ils pallient souvent le manque de gardes. Ce sont des personnages secondaires qui évoluent dans le même univers socioculturel.

Pascal Le Berre détaille un autre personnage : « A la fin du règne de Louis XIV encore, les gardes généraux-collecteurs des amendes de la maîtrise (…), de simples gardes, font plutôt figure d’aventuriers peu scrupuleux. La perception des amendes est leur principal gagne-pain et il leur faut parfois arracher les deniers de haute lutte ». Puis, vers 1750, son profil change. Il est un bourgeois rouennais ou archépontain respecté. La collecte gagne en importance. Les gardes forestiers de la maitrise devinrent plus nombreux : de 7 en 1685 à 17 en 1785. Cela fit suite à une longue période de stagnation des effectifs. Précaires car nommés par le Grand Maitre, les gardes ont souvent comme activité le travail de la terre ou l’élevage et passent pour être parmi les premiers à enfreindre les lois quant aux nombre d’animaux emmenés dans les bois. C’est une fonction très peu populaire qui attire, en conséquence, des personnes très pauvres. Ce travail peu rémunérateur en soi a favorisé la débrouille en défendant un peu moins la cause du roi. Leurs conditions de vie vont de l’aisance à la pauvreté.

Pascal Le Berre a constaté que 4 à 500 amendes étaient données chaque année, en moyenne, dans le ressort de la maitrise. Le montant variait de 4 à 6 livres en moyenne.

 

Répartition des délits dans la forêt de Bord en 1716 et en 1786 (Pascal le Berre)

 

 

 

 

1716

1786

Vol de bois

97 %

92,8 %

Pâturage illégal

3 %

7,2 %

 

Les animaux concernés en 1716 : 562 ; en 1786 : 386.

 

Les gardiens de bétail en 1786 sont de jeunes garçons (50,5 %), de jeunes filles (10,6 %), des domestiques (23 %) et des femmes (3,5 %). Pour l’essentiel, les animaux concernés sont des bovins. La rareté des porcs peut s’expliquer par la règlementation de la glandée. Les propriétaires déclarent leurs bêtes à la Maitrise qui, à l’automne, orchestre la paisson.

 

Répartition des essences faisant l’objet de délit dans la forêt de Bord en 1716 et 1786 (Pascal Le Berre)

 

Essences

1716

1786

Chêne

 

46,7 %

13,6 %

Hêtre

29

38

Bouleau

14,2

36,8

Tremble

6,9

10,4

Autres

3,2

1,2

 

 

 

L’auteur précise que ces délits reflètent moins un changement de gout qu’une évolution des essences. La délinquance est souvent le fait d’une personne, voire deux. C’est une délinquance familiale. En 1716, elle impliquait 75,6 % d’hommes et 2,7 % de valets et de servantes En 1786, elle concernait 84,1 % d’hommes et 3,9 % de valets et de servantes.

 

 

Paroisses d’origine des auteurs de délits en forêt de Bord en 1716 (Pascal le Berre, page 135)

Paroisses

Nombre de feux en 1716

 

Foyers délinquants

 

Romilly

 

75

 

48 (64 %)

 

Pont-de-l’Arche

 

273

 

151 (55,3)

 

Les Damps

 

66

 

31 (47)

 

La Neuville

 

274

 

112 (41,1)

 

Saint-Cyr-du-Vaudreuil

 

124

 

48 (38,7)

 

Notre-Dame-du-Vaudreuil

 

116

 

44 (37,9)

 

Pont-Saint-Pierre

 

83

 

30 (36,1)

 

Léry

 

201

 

67 (33,3)

 

Incarville

 

45

 

12 (26,6)

 

Criquebeuf

 

146

 

35 (24,5)

 

Martot

 

39

 

8 (20,5)

 

Montaure

 

160

 

26 (16,3)

 

Pîtres

 

148

 

23 (15,5)

 

La Haye-Malherbe

 

156

 

20 (12,8)

 

Caudebec

 

400

 

48 (12)

 

Tostes

 

53

 

4 (7,5)

 

Saint-Etienne-du-Vauvray

 

60

 

4 (6,6)

 

Louviers

 

957

 

18 (1,9)

 

 

En 1790, dans un contexte de pillage généralisé, l’Assemblée constituante confia les attributions judiciaires des maitrises des Eaux et forêts aux tribunaux de district.

 

 

La cartographie : un outil du pouvoir

Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme ont noté que « Vers 1508, le procureur du roi de Pont-de-l’Arche fit dresser une nouvelle carte de la forêt de Bord ». Ce document a, semble-t-il, disparu. Il témoigne de la volonté du pouvoir d’organiser le contrôle et l’exploitation forestière. La Bibliothèque nationale de France a numérisé une partie de ses collections (base Gallica) où figurent à ce jour trois cartes de la forêt de Bord. Nous les reproduisons ci-dessous. Les deux premiers documents semblent dater du XVIIe siècle et sont peu ou prou intitulés « Forêt de Bord de la maîtrise du Pont-de-l'Arche ». Mesurant 39 cm sur 26 cm, ils sont calqués l’un sur l’autre. Le premier constitue une présentation générale des propriétés royales et le second détaille leurs limites et leurs surfaces réparties en six gardes différentes. Il semble assez évident que ces cartes furent dessinées après l’ordonnance de Colbert, datant de 1669, qui constitue un point de départ dans le renouveau de la législation ainsi que dans l’organisation des eaux et forêts.

« Forest de bord de la Maistrise du Pont-de-l'Arche », fin XVIIe siècle (Bibliothèque nationale de France, GED-4526 : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40722977n).

« Forest de bord de la Maistrise du Pont-de-l'Arche », fin XVIIe siècle (Bibliothèque nationale de France, GED-4526 : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40722977n).

« Forest de bord de la Maistrise du Pontdelarche », fin XVIIe siècle (Bibliothèque nationale de France, GED-4529 : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb407229780).

« Forest de bord de la Maistrise du Pontdelarche », fin XVIIe siècle (Bibliothèque nationale de France, GED-4529 : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb407229780).

La troisième carte porte le titre de « Plan de la forest du Pont de l'Arche, autrement de Bord... faict à Paris de l'ordonnance de Monsr Le Feron, par Jean Fleury, arpenteur ». Ce document au 1/26 000e est daté de 1674. Il mesure 48 cm sur 67 cm.

« Plan de la forest du Pont de l'Arche, autrement de Bord... faict à Paris de l'ordonnance de Monsr Le Feron, par Jean Fleury, arpenteur » (Bibliothèque nationale de France, GECC-4945(12RES) : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb407682728).

« Plan de la forest du Pont de l'Arche, autrement de Bord... faict à Paris de l'ordonnance de Monsr Le Feron, par Jean Fleury, arpenteur » (Bibliothèque nationale de France, GECC-4945(12RES) : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb407682728).

Nous insérons aussi une reproduction de faible qualité de la carte dressée par Hyacinthe Langlois le 25 juillet 1796 pour son père Gérard. Celui-ci était garde-marteau en la maitrise des eaux et forêts du bailliage de Pont-de-l’Arche. Officier du roi, sa fonction consistait à contrôler les essences à vendre et à s’assurer de la légalité de leur vente. C'est lui qui détenait le marteau avec lequel on marquait les arbres à abattre. On y voit clairement les gardes publiques de Bord et Longboël et les bois privés de Bord : Martot, Bonport et Louviers. Cette carte a été reproduite en noir et blanc dans L’Eure de la préhistoire à nos jours (page 223).

La forêt de Bord par Eustache Hyacinthe Langlois (1796).

La forêt de Bord par Eustache Hyacinthe Langlois (1796).

En conclusion de cette partie, la forêt de Bord est donc pleinement une forêt, c’est-à-dire un domaine relevant de la cour de justice du roi, bois ou non, si l’on reprend le sens du mot bas latin forestis.

 

Les derniers défrichements du Moyen Âge

Le fait que la forêt de Bord ait été une propriété royale a largement protégé ses frontières. Cependant, les monarques n’ont pas possédé l’ensemble des bois et ont conféré des droits à des vassaux ayant défriché. Ainsi dans L’Eure de la préhistoire à nos jours on peut lire (page 122) : « Au début du règne de Saint-Louis (1226-1270), beaucoup [d’hôtes, de colons] furent lotis par le châtelain du Vaudreuil d'une parcelle de la forêt de Bord à défricher. Les défrichements dans cette forêt prirent d'ailleurs une telle extension que le roi dut, en 1246, dédommager les moines cisterciens de Bonport, qui y possédaient des droits ». Ces parcelles sont impossibles à localiser même s’il serait vraisemblable qu’elles désignent l’espace entre Le Vaudreuil et la forêt actuelle. Ce même ouvrage avance (page 130) que « quelques bourgs seulement eurent avoir avec les défrichements, et tardivement, au XIIIe siècle, comme La Haye-Malherbe, en forêt de Bord... » Les moines de Bonport ont aussi, semble-t-il, défriché sans que nous puissions localiser les terres concernées. Il semble donc qu'à partir du XIIIe siècle le massif de Bord ait stabilisé ses frontières. 

 

 

Activités anciennes

 

La coupe du bois

La proximité de la Seine a certainement favorisé le flottage des bois. Ce dernier compte peut-être parmi les raisons de la sauvegarde d’un massif forestier royal en ce lieu en plus d'une dénivellation moins propice à la culture. Naguère, la forêt était au cœur de toute industrie. Son bois fournissait le matériau nécessaire aux outils des artisans, aux maisons, aux véhicules, au chauffage...

Sans être en mesure de présenter ici une étude complète sur la coupe du bois en forêt de Bord, il nous plait de citer des passages d’une étude de Jean Boissière mettant en lumière l’importance de ce massif dans l’approvisionnement de Rouen et surtout de Paris : « Les forêts de la vallée de la Seine entre Paris et Rouen d’après l’enquête de 1714 ». Cette étude se fonde sur le procès verbal d’Hector Bonnet chargé par l’hôtel de Ville de Paris de comprendre pourquoi le bois ne parvenait pas suffisamment dans une période de disette de combustible. Cet homme voyagea de Paris à Rouen du 27 septembre au 18 octobre 1714. Il résida à Pont-de-l'Arche du 10 au 15 octobre. Il nous apprend que la forêt seigneuriale était composée en moyenne et uniquement d'un tiers de futaie, le reste n'étant que des taillis. L'état des forêts était donc médiocre du fait de son intense exploitation. 25 ports fluviaux existaient sur la Seine et ses affluents immédiats dont Les Damps, Pont-de-l'Arche et Bonport. Certains massifs avaient jusqu'à trois débouchés fluviaux ce qui laisse apparaitre l'émiettement du commerce du bois. Le flottage du bois existait sur l'Andellle et sur le cours supérieur de la Seine et de ses affluents. Hector Bonnet nota scrupuleusement les obstacles humains à la livraison du bois : les travailleurs de la voie d'eau qui tentaient d'améliorer leur revenu. L'auteur fait référence à un projet présenté au roi afin de rendre flottable l'Eure jusqu'aux Damps (tome 6, page 23). Voici la reproduction du procès verbal d'Hector Bonnet qui concerne Les Damps et Pont-de-l'Arche et qui cite des ventes encore connues sous les mêmes noms :

« ... nous nous sommes rendus au port appellé Les damps qui est l'embouchure de la rivière d'Eure sur lequel nous avons trouvé quinze milliers de cotterets appartenant a la dame Veuve Bouret provenant de la Vente de Cocaigne forest de Bord appellée communement de pont de l'arche, exploitation de mil sept cent treize, plus trente cinq milliers appartenant au Sr Lemire provenant du Recepage desd. Bois de Cocaigne exploitation de mil sept cent quatorze Et ensuite nous nous sommes rendus au port du pont de l'arche sur lequel nous aurions trouvé le nommé garde dud. port qui nous auroit dit y avoir sur iceluy quatre carterons de Bois de compte appartenant au Sr Carcillier provenant de la Vente Glajoleuse forest de Bord exploitation de 1713 quatre autres carterons de Bois d'andelle provenant de la Vente aud. Sieur, plus trois carterons de Bois d'andelle au Sr Roblasre provenant de l'exploitation de 1713 treize cartrerons de pareille Bois appartenant à lad. Veuve Bouret provenant des Ventes de Mollier et Glajoleuse plus a elle appartenant deux cent vingt milliers de cotterets compris quatre vingt dix mil restent dans celle de Glazoleuse, soixante huit milliers de cotterets appartenant au Sr le Cerf demeurant pres d'Elbeuf provenant de la Vente de Cocagne exploitation de 1714 trente huit autres milliers appartenant aux Srs marie freres provenant de la Vente Maigremont exploitation de 1713 et encore vingt huit milliers de cotterets appartenant au Sr Carcillier provenant de la Vente de la Glajoleuse exploitation de mil sept cent treize..."" (page 9, tome 7).

Enfin, nous aimons à rappeler que les pins sylvestres du rez-de-jardin de la Bibliothèque nationale de France ont été déracinés de la forêt de Bord. Sur 200 arbres prélevés, la moitié ne survit pas au transfert comme l'écrit Marie-Hélène Devillepoix suivant les propos du technicien forestier de Pont-de-l'Arche, Didier Lebogne.

 

Le droit de ramage

Dans « Promenez-vous en forêt » l’Archépontain Jean Mallet retrace, assurément avec des souvenirs d’enfance, une pratique ancestrale consistant à ramasser du menu bois en forêt (page 40) : « L'ouvrier allait souvent se fournir sur place et moyennant un droit dit de « soumission » acquitté au garde, il pouvait aller ramasser du bois mort et faire des fagots pendant un certain temps et dans des parcelles bien désignées. Pendant ce temps là, les « gamins » se battaient à coup de « sapinettes » pour finir par les ramasser dans des gros sacs appelés « pouches » heureux à la pensée de faire « péter » un peu plus tard, dans le poêle en fonte, émaillée ou non. On utilisait la brouette en bois avec parfois deux petites roues en fer sur le devant ou encore, soulevée à l'aide de sangles, afin de pouvoir prendre un plus grand chargement, ce n'était pas une mince affaire de la retenir dans les descentes, le dispositif ne comportant aucun système de freinage. Ce bois avait le privilège de chauffer trois fois, comme me l'avait rapporté naguère un Ancien, avec une pointe d'ironie : en allant le chercher, en le sciant et pour finir en le brûlant bien sûr ! Aujourd'hui, on ne se chauffe plus au bois que pour le plaisir et à la cheminée. »

Cette pratique rappelle le médiéval droit de ramage qui consistait à ramasser le bois mort pour se chauffer ou pour offrir un tuteur à certaines cultures comme celles de la vigne et du lin (André Plaisse, pages 24 et 25).

Un parquet nommé "Vestiges d'enceinte" sur la carte IGN au 1/25 000e.

Un parquet nommé "Vestiges d'enceinte" sur la carte IGN au 1/25 000e.

L’élevage et les parquets

La forêt a longtemps servi à faire paitre le troupeau. Cette pratique ne coutait rien et permettait de réserver de plus larges terres à la culture. Ainsi les prospecteurs de métaux anciens ont retrouvé d'importantes quantités de grelots qui permettaient de retrouver les animaux au son. Ils ont aussi retrouvé nombre de dés à coudre qui occupaient les longues heures des personnes chargées de la surveillance des bêtes. Dans le droit coutumier, le panage autorisait certaines personnes, moyennant une redevance le plus souvent, à faire manger les porcs dans la forêt (André Plaisse, page 20), surtout les glands et les faines. Plus largement, la forêt médiévale a servi de pâturage aux vaches et aux chevaux grâce à ses herbages, ses jeunes pousses, ses landes et bruyères et ses buissons (André Plaisse, page 21).

La carte IGN désigne des retranchements de la forêt de Bord sous le nom de « Vestiges d’enceinte » et même de « Vestiges d’enceinte antique ». Cependant, en 1903 Henri Guibert rédigea un bel article intitulé « Note au sujet de retranchements aux environs de Louviers » qui nous éclaire sur ces aménagements entourés de fossés et de talus. Tout d’abord, il en distingue quatre : celui de la Mare-au-coq dans une enclave du Vaudreuil (67 m sur 60 m avec un fossé de 1,5 m de largeur sur 0,8 de profondeur), celui du Testelet (Tostes), celui du Fort-aux-Anglais (Mesnil-Jourdain) et celui de la Mare-courante (Louviers, près de Montaure). Henri Guibert nous apprend que le retranchement de la Mare-au-coq est appelé « Le parquet » par les professionnels exerçant en forêt. Il rejette la thèse de camps militaires puisque ces retranchements sont situés parfois à mi-pente et donc exposés aux éventuels assaillants.

Plus précisément, Henri Guibert rappelle un ancien droit dont bénéficiaient au Moyen Âge les habitants des communes voisines de la forêt : le droit de pâturage. Des parties de la forêt étaient exclues de ces zones de pâturages (les « deffens ») et nécessitaient la présence de verdiers et de sergents, agents de la maitrise particulière des Eaux et forêt (bailliage de Pont-de-l’Arche) qui pouvaient saisir les animaux et les parquer dans des enclos réalisés à cette intention. On nommait ces agents des « parquiers ». C’est ce qui explique la présence régulière de parquets dans la forêt. Henri Guibert cite le très intéressant Léopold Delisle : « Le parc était plus ordinairement placé aux environs du château. Il paraît qu’on le fermait surtout avec des palissades de pieux. Le parc servait à la chasse, à la pâture et à la garde des bestiaux saisis pour dettes ou pour délits forestiers. S’il n’avait qu’une contenance assez bornée, on employait pour le désigner le diminutif Parquet » (Etudes sur la condition de la classe agricole et l’état de l’agriculture en Normandie au Moyen-Âge, page 347). Nous sommes tentés d’ajouter à la liste des parquets de la forêt de Bord un ancien enclos de la commune des Damps (au pied de la Crute, sur un monticule). Qui plus est, étant donnée la taille des parquets, nous nous demandons s'ils n'ont servi qu'à parquer les animaux paissant dans les défens. Ils auraient bien pu parquer les bêtes durant les nuits par trop incertaines. Vue la répartition des parquets, nous serions tentés d’écrire qu’il en existait un par garde forestière.

Cependant, le Fort-aux-Anglais sort de notre terrain d'étude. Nous sommes plus réservé quant à son origine et son emploi malgré les écrits d'enri Guibert.  

Les carrières

Les promeneurs en forêt de Bord pourront s’étonner des reliefs parfois torturés des sols de la forêt de Bord. Ceux-ci s’expliquent par les nombreuses carrières de craie, de sable, de silex et d’argile qui servaient à nos ancêtres, à la fin du XIXe siècle encore, pour l’agriculture ou la construction. Comme s’en font l’écho les archives départementales (7 M 297), l’administration accordait au nom de l’Etat des concessions à divers particuliers pour un espace et un temps donnés. Ces carrières se présentent à ciel ouvert (par exemple près de la maison forestière de Léry ou, à Pont-de-l’Arche, le chemin de la Borde et le long du chemin des Epinières) mais aussi sous forme de puits comme « le puits du roi » au Testelet (Jean Mallet, « Etude de la forêt », page 31).

 

 

Peurs et légendes et croyances

 

L'agonie du loup

Un nom comme « Le val à loups », vers Louviers en sortant de Pont-de-l’Arche, nous rappelle l’existence pas si lointaine de cet animal qui fit peur et qui alimente encore les imaginaires. Max Masson rapporte (folio 33) les battues organisées par la sous-préfecture de Louviers afin d’éradiquer le loup. Il y en eut en 1816, 1820 et surtout en 1835 où 2 000 hommes furent réquisitionnés en tant que tireurs et rabatteurs. Ils couvrirent 34 communes « sur un arc de cercle passant à Pont de l'Arche, Tostes, La Haye Malherbe, Hondouville, La Chapelle du Bois des Faulx, Ailly, Heudebouville, Venables et aboutissant à la Seine en face de Muids ». Dirigés par des gardes forestiers et des gendarmes, ils fondirent vers la Seine où d’autres chasseurs attendaient les animaux susceptibles de traverser.

Il y eut cependant des rescapés. Ainsi Max Masson note que le 5 septembre 1836 le garde Morlet fils abattit un loup à Tostes. Mais la question n’était pas réglée. Paul Petit témoigne de la survie de l’animal honni dans un ouvrage intitulé Sangliers dans l'arrondissement de Louviers et les vautraits… : « M. le marquis de Montalembert avait eu, en 1861, l'occasion de diriger une battue aux loups dans la forêt de Bord. Une louve, accompagnée d'un grand loup, était venue établir son liteau dans les parages de Criquebeuf ; leur présence se manifesta d'une façon soudaine. Pendant la nuit du 4 au 5 juillet, plusieurs loups attaquèrent le troupeau de M. Micaux, fermier à Blacquetuit, commune de Montaure. Les moutons étaient parqués sur le chemin de Montaure aux Fosses ; vingt-et-un furent étranglés, et le reste du troupeau se trouva disséminé dans la campagne. A cette nouvelle, M. de Montalembert envoya immédiatement ses hommes en forêt pour reconnaitre la demeure des loups ; le mauvais temps, presque continuel, et l'état de la plaine couverte de récoltes rendaient cette opération très difficile ; mais tout portait à croire qu'ils faisaient leur fort dans les sapins de Criquebeuf, près du Rond-de-Bord. Une battue fut ordonnée pour le 25 juillet : rendez-vous au carrefour Sainte-Anne, route de Tostes, à neuf heures du matin. M. le sous-préfet avait prié les maires des communes limitrophes de la forêt de réunir le plus de monde qu'ils pourraient. « Malgré les travaux urgents de la campagne, lisons-nous dans le Publicateur de Louviers du 31 juillet, les populations ont eu à cœur de répondre à cet appel, et les chasseurs se trouvaient en assez grand nombre pour qu'il devint impossible à aucun loup de sortir de l'enceinte sans être vu. « M. Lemaire, sous-inspecteur des forêts, et M. le marquis de Montalembert, lieutenant de louvèterie, avaient pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer le silence sur la ligne des tireurs postés par leur soin. « Le héros de la chasse a été M. Béranger, de Saint-Pierre-lès-Elbeuf. Il a tué le premier loup (louveteau). Une demi-heure après, un second est mis en joue par deux tireurs ; l'animal, déviant de sa route, passe à M. Béranger qui le tire : blessé grièvement, il est achevé par le garde forestier Aubry, " M. Boulenger, de Louviers, a atteint un troisième loup qui a disparu, mais a été trouvé mort le lendemain. Un quatrième, que sa forte taille a fait supposer être le père ou la mère, a été tiré et blessé. Enfin, M. Gustave Dufossé, de Saint-Cyr-du-Vaudreuil, en avait tiré un autre en arrivant au rendez-vous ; le croyant mort, il se disposait à aller le relever, mais l'animal, qui s'était rasé probablement, s'est enfui rapidement à son approche. » La question du loup n’était donc toujours pas résolue en 1861 et nous n'avons pas trouvé la date de son extinction dans le domaine de Bord.

 

La Croix-Sablier

La Croix-Sablier est une nouvelle écrite par Eustache-Hyacinthe Langlois et qui explique la présence d’un calvaire en pierre « à égale distance », « près de l’ancienne route du Pont-de-l’Arche à Louviers ». Jean Mallet situe cet emplacement au rond Royal, ce qui est très probable puisque l'ancienne et la nouvelle route de Louviers étaient proches à cet endroit comme le montre une version de la carte de Cassini. Ce calvaire portait le nom de Croix-Sablier, « riche négociant du XVIIe siècle » qui fut assassiné au début du siècle par « un jeune homme dont il avait protégé l’enfance » et qui l’aidait dans ses tâches quotidiennes. Lors d’un énième déplacement, « par une journée de juillet », le négociant souhaita se reposer dans la fraicheur d’un sous-bois. Cet isolement fit naitre « de diaboliques pensées » dans l’esprit du jeune homme dit à son maitre : « … l’un de nous deux qui tuerait ici l’autre, ‘aurait pas de témoin à redouter. » Monsieur Sablier répondit : « ne vois-tu pas que nous sommes entourés de témoins vivants. Ces témoins, tu les vois dans ces moucherons qui nous importunent, et que le ciel exciterai à appeler sur ta tête la vengeance des lois. » L’argument ne fit pas mouche chez le jeune homme qui profita de l’isolement du sous-bois pour l’abattre son maitre d’un « coup de pistolet » et partir avec une « valise qui regorgeait d’or. » « Pendant qu’une croix expiatoire s’élevait sur le lieu du crime », le jeune homme changea de nom et fit commerce « dans une de nos villes frontières les plus éloignées ». Il se maria avec « une jeune personne bien née, dont les excellentes qualités eussent dû faire son bonheur, s’il était du bonheur pour une âme bourrelée de remords. » En effet, chaque été les moucherons rappelaient au jeune homme son crime, telles des « Euménides », de petites divinités persécutrices de la mythologie grecque. Le jeune homme révéla à sa femme la raison de son angoisse. Puis, il eut des revers commerciaux, s’appauvrit, sombra dans l’alcool, frappa sa femme… Victime de violence féroce, celle-ci révéla le crime de son mari aux voisins : « Misérable, assassine-moi plutôt comme tu assassinas ton maitre ! » Le meurtrier de la forêt de Bord fut « arrêté le lendemain, et bientôt le bourreau vont écrire, en caractères de sang, la péripétie de cet épouvantable drame. »

 

Le Val Richard

Près de La Plaine de Bonport un espace boisé est nommé Le Val Richard, surtout connu de nos jours pour la zone d’activités qui a repris ce nom. D’aucuns se plaisent à lire ici une trace du passage de Richard Cœur de Lion, parmi lesquels Eustache-Hyacinthe Langlois (La Croix-Sablier, page 309 : « le Vau-Ricard », en normand). Cependant, les noms de lieux ont des origines bien plus pragmatiques. Ainsi Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme citent une charte datée vers 1230 qui nous apprend que « Raoul de Criquebeuf et Richard du Val, tenaient dans la forêt de Bord, 3 vergées et ¾ de vergée pour 12 s. 9 d. de rente. » Il y a de fortes chances que ce Richard du Val ait marqué de son nom un espace criquebeuvien, bien plus que Richard Cœur de Lion même s’il fut cofondateur de l’abbaye de Bonport en 1190. Le Val Richard ne désignerait donc pas – non plus – Richard Jacquet.

 

Les galeries souterraines

Nous avons consacré un article sur les légendes avançant que le sous-sol de Pont-de-l’Arche était troué de voies de circulation. Ces légendes veulent que des tunnels souterrains aient relié Bonport à Pont-de-l’Arche ; Pont-de-l’Arche à la maison de la Dame-blanche, aux Damps ; Les Damps à l’ancien château du Vaudreuil en passant sous la forêt ; Bonport à Argeronne en passant sous la forêt de Bord… Dans notre étude, nous avons remarqué que des éléments normaux du patrimoine, tels que les caves, suffisaient à alimenter les légendes. Nous avons cependant observé nos limites d’investigation, bloqués par notre incapacité à visiter de prétendues galeries situées derrière des parties murées bien existantes, elles. En forêt, les trous que l’on trouve de-ci de-là pourraient être interprétés comme des effondrements ou des sorties de galeries (près de la mare Planco, du chemin du Renard…). Nous penchons plus vers une explication faisant de ces trous des vestiges de marnières comme celle nommée le « puits du roi » à Tostes.

 

Petit Saint-Ouen de Léry

Voir notre article consacré à ce pèlerinage ancestral lié au bourg de Léry.

Sainte Anne faisant lire la Bible à sa fille, la Vierge Marie. Détail d'une statue en pierre peinte de la fin du XVIe siècle, église Notre-Dame-des-arts, Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2011).

Sainte Anne faisant lire la Bible à sa fille, la Vierge Marie. Détail d'une statue en pierre peinte de la fin du XVIe siècle, église Notre-Dame-des-arts, Pont-de-l'Arche (cliché Armand Launay, 2011).

Sainte Anne

Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie, occupe une place importante dans la région de Bord. Elle est la patronne de Tostes et de Pont-de-l’Arche. Dans un article intitulé « Pont-de-l’Arche », Jean Mallet écrit que le nom de la fête communale Sainte-Anne « viendrait d'Anne le Blanc du Rollet, gouverneur de la ville, proche d'Henri IV » (page 65). Nous serions étonnés que cette fête, à l’origine pieuse, ait pris le prénom d’un personnage, fût-il célèbre. Nous nous sommes plutôt intéressés au fait que sainte Anne est la patronne des menuisiers et des ébénistes. Le lien avec la forêt serait confirmé par le lieu où la Sainte-Anne était célébrée avant 1861, c’est-à-dire à l’orée de la forêt, sur un terrain appelé Sainte-Anne (aujourd’hui la déchèterie et le Village des artisans de la lisière). Une procession se faisait dans la ville avec une statue en bois de la mère de la Vierge, malheureusement volée dans les années 1970. Son parcours prenait fin au chemin de la Procession, nom toujours usité, qui aboutit sur le terrain Sainte-Anne. Dans un article consacré au paganisme dans la région, nous nous sommes même demandé si cette célébration religieuse avait une origine préchrétienne étant donné qu'un fanum y a été pressenti…

À l’issue de cette présentation, nous pensons que l’exploitation forestière a eu une répercussion sur le culte catholique local.

 

Guerre

La Seconde guerre mondiale a laissé des traces dans notre forêt. Des bombardements ou, plus vraisemblablement, des bombardiers se délestant pour faciliter leur retour, ont déformé certains terrains. La forêt compte aussi au moins un avion américain abattu, celui du chemin du Renard aux Damps.

Vue sur la forêt (cliché Armand Launay, 2011).

Vue sur la forêt (cliché Armand Launay, 2011).

Essences et arbres remarquables

La forêt apparait de nos jours sous forme de futaie dressée par la main de l’Homme de sorte que les arbres produisent de grands troncs. La forêt naturelle était bien différente et toutes ses parties ne se ressemblaient pas. C’est ce que nous avons vu plus haut avec Jean Boissière qui rapporte qu’en 1714 seul un tiers de la forêt était en futaie. La toponymie se fait aussi l’écho de ce changement. Ainsi, une des entrées de la Garde-Châtel est encore appelée « porte de la lande ». Entre la Couture de Tostes et Louviers, une route forestière s’appelle les « longues raies », signifiant les haies en normand. Un bois de Tostes allant vers Louviers s’appelle le « bois des Vignes », une essence bien connue à Léry et aussi un peu à Pont-de-l’Arche en 1340 avec la vigne dite de « l’Estourmy » (Cartulaire de Bonport, page 393). Il semble que les épineux soient arrivés d'Alsace à la fin du XVIIIe siècle comme le note Marie-Hélène Devillepoix d'après le témoignage du technicien forestier Didier Leborgne (Pont-de-l'Arche). Ainsi s’expliquent quelques noms comme l’Epine Enguerrand ou les Epinières (sur le plateau de Pont-de-l’Arche) qui désignaient les parties repérables grâce aux essences nouvelles.

Marie-Hélène Devillepoix a aussi noté les principales essences locales que sont les pins, les hêtres, les merisiers et les chênes. Elle a distingué la variété des essences qui fait de la forêt de Bord un massif original à côté des nombreuses hêtraies normandes. Les 16 km² de pins sont situés sur les terrasses alluviales dont la pauvreté des sols, sableux et caillouteux, convient aux conifères. La hêtraie s'épanouit, elle, sur les plateaux limoneux. Cette essence est privilégiée car, si elle « vit moins longtemps que le chêne », elle « croît plus vite » ce qui est bon pour le rendement.

Comme tout massif, la forêt de Bord comprend des arbres remarquables épargnés par l’Office national des forêts. Le chêne Leguay se trouve dans la commune de Montaure, aux Fosses. Il est réputé avoir 350 ans, fait 510 cm de circonférence à 1,3 m du sol. Il est haut de 30 m. Selon Jean Mallet dans « Promenez-vous en forêt », cet arbre porte le nom d'un « ancien inspecteur des Eaux et Forêts de Louviers » de la fin du XIXe siècle (page 26). Il semble qu’il ait raison car les archives départementales conservent un rapport, daté de septembre 1892, signé par M. Leguay, inspecteur des forêts (7 M 297). Autres arbres remarquables localisés sur les cartes IGN, le chêne des Régales (près du chêne Leguay) et le chêne Nicolas (à La Vallée).

 

La chasse à courre en forêt de Bord représentée sur une carte postale.

La chasse à courre en forêt de Bord représentée sur une carte postale.

Tourisme et loisirs

 

La chasse à courre

À la fois emblème et héritage des privilèges nobiliaires, la chasse à courre a continué à être pratiquée en forêt. Jean Mallet, dans « Promenez-vous en forêt », nous apprend qu’elle était mise en « en adjudication tous les 9 ans par les Eaux et Forêts ». Le même auteur, dans « Etude de la forêt », avance que « Les chenils d'où partaient les chasses à courre étaient au nombre de deux : la Vénerie à Pont-de-l’Arche et à Louviers, rue Saint-Hildevert » (page 35). Celle de Pont-de-l’Arche, en haut de la rue Charles-Cacheleux, est particulièrement impressionnante. Ses immenses locaux furent rachetés vers 1908 par Olympe Hériot (1887-1953), un des fils du Commandant Olympe Hériot et neveu d’Auguste Hériot, fondateur des Grands magasins du Louvre. L’Internet nous apprend que ce bourgeois, très en vue dans le Paris des années folles, était passionné de chasse à courre, comme ses parents. Il réunit à Pont-de-l’Arche une meute de 90 chiens et un équipage de 11 chevaux qui chassa le sanglier puis le cerf jusqu’en 1937 dans les forêts normandes. Les chasses qu’il donna étaient très réputées dans le milieu de la vènerie. Une sonnerie de cor de chasse a même reçu pour nom « la Olympe Hériot ». Il reçut le 26 avril 1951 les insignes de Commandeur de la Légion d'Honneur. Par ailleurs, il se lia d’amitié avec Charles Morel, industriel et maire de Pont-de-l’Arche, et c’est assurément pourquoi il fut conseiller municipal en 1930 sur la liste de Charles Morel. C’est à celui-ci qu’il a souhaité vendre La Vènerie, son immense propriété, en 1938. De la chasse à courre, il reste des noms tels que le Chemin des Cavaliers, le rond de France ou le peu républicain – et anachronique – Rond royal. Il reste itou une stèle en hommage à Paul Vigrare, piqueur décédé le 23 décembre 1950 durant une chasse (au début de la route forestière du ravin de la vallée d'Incarville, à Pont-de-l'Arche).

"Royal car", un véhicule à vocation touristique venu déposer des promeneurs en forêt de Bord (1936).

"Royal car", un véhicule à vocation touristique venu déposer des promeneurs en forêt de Bord (1936).

Le développement des loisirs

Si la forêt de Bord a été le terrain des balades familiales et amoureuses depuis longtemps, les années 1930 nous ont laissé les premiers témoignages touristiques telle cette photographie, ci-dessus, d’un autocar en 1936.

La forêt de Bord est aussi le domaine des randonnées pédestres, des sorties en VTT. Ainsi, à côté du GR 222 et 222A, nous proposons à titre d’exemple la « Balade du hêtre Tabouel ».

Les nombreuses mares qui ponctuent le massif de Bord pour l’équilibre de la faune offrent aussi de bons prétextes à la balade. Autre endroit attrayant, le parcours sportif des Damps qui propose aussi des tables de piquenique à proximité.

De très nombreuses voies de circulation coupent le massif de Bord. Ici la route de Tostes (cliché Armand Launay, 2012).

De très nombreuses voies de circulation coupent le massif de Bord. Ici la route de Tostes (cliché Armand Launay, 2012).

Des routes omniprésentes

Napoléon Bonaparte a laissé sa marque dans notre forêt entre Les Damps et Léry où passe la Voie impériale. En fait, ce chemin est tout simplement un tronçon déclassé d’une des voies qu’on appelle depuis les routes nationales. Jean Mallet avance que la route nationale entre Incarville et Pont-de-l’Arche, celle du Val-à-loup, « fut arrêtée par le Conseil du roi en 1780 » (« Promenez-vous en forêt », page 40). C’est tout à fait probable car une version de la carte de Cassini monte cette voie rectiligne à côté d’un chemin menant au Cavé et qui doit être l’ancien chemin de Louviers.

Le massif de Bord est imposant et, de ce fait, largement percé par des voies de communication. Les routes nationales coupent le massif entre Louviers et Elbeuf et Incarville et Pont-de-l’Arche. Depuis 1967, l’autoroute de Normandie sépare le massif hormis deux passages pour animaux, quelques ponts et tunnels. Enfin, le contournement de Pont-de-l’Arche inauguré en 2010 a encore coupé un peu plus cette belle forêt, limitant ainsi les espaces de refuge des espèces animales et les lieux où l’on peut se reposer du bruit des moteurs. Le projet de contournement Est de Rouen et son raccordement à l’autoroute A13 au niveau d’Incarville n’écarte pas totalement le risque de gâcher un peu plus encore le domaine de Bord.

 

 

A lire aussi…

Le désert de la Garde-Châtel

Un texte de Victor Hugo en forêt de Bord

Aux origines de Tostes

Aux origines de Montaure

 

 

 

Sources

- Bodinier Bernard, L'Eure de la préhistoire à nos jours, Saint-Jean-d'Angély, édition Jean-Michel Bordessoules, 2001, 495 pages ;

- Boissière Jean, « Les forêts de la vallée de la Seine entre Paris et Rouen d’après l’enquête de 1714 », Annales historiques du Mantois, Mantes, Centre régional d’études historiques, 1979, tome 6 (pages 3 à 31) et tome 7 (pages 3 à 20) ;

- Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, « Pont-de-l’Arche, pages 662 à 674, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, éd. Delcroix, 1868, 960 pages, voir à la fin de l’article sur Pont-de-l’Arche : « Forêt de Bord » ;

- Cliquet Dominique, Carte archéologique de la Gaule : l’Eure 27, Paris, ministère de la culture, 1993, 285 pages ;

- Coutil Léon, « Résumé des recherches préhistoriques en Normandie (époque paléolithique) », pages 34 à 142, Collectif, Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, Société normande d'études préhistoriques et historiques, Louviers, imprimerie Eugène Izambert, tome I, année 1893, 1894, 151 pages ;

- Coutil Léon, « Inventaire des menhirs et dolmens de France (département de l’Eure) », pages 36 à 122, Collectif, Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, Société normande d'études préhistoriques et historiques, Louviers, imprimerie Eugène Izambert, tome IV, année 1896, 1897, 222 pages ;

- Coutil Léon, « Ateliers et stations humaines néolithiques du département de l’Eure », pages 123 à 211, Collectif, Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, Société normande d'études préhistoriques et historiques, Louviers, imprimerie Eugène Izambert, tome IV, année 1896, 1897, 222 pages ;

- Delisle Léopold (publié par), « Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, Saint-Louis et Philippe le Hardi », Mémoire de la Société des antiquaires de Normandie, 6e volume, XVIe volume de la collection, Caen, 1852, 390 pages ;

- Devillepoix Marie-Hélène, La forêt de Bord, massif du bord de Seine, pages 36 à 37, Pays de Normandie, hors série « Balades et découvertes », 1999 ;

- Gendron Stéphane, L’origine des noms de lieux en France : essai de toponymie, Paris, éditions Errance, 2008, 340 pages ;

- Guibert Henri, « Note au sujet de retranchements aux environs de Louviers », pages 57 à 62, Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome VIII, 1903, 120 pages ;

- Jore Edouard, « La chasse en forêt de Bord avant 1789 », pages 14 à 18, Bulletin de la Société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers, tome XVII, années 1923-1924, 134 pages ;

- Langlois Eustache-Hyacinthe, « La Croix-Sablier », pages 306 à 312, Revue de Rouen et de la Normandie, tome 6, Rouen, Nicétas Périaux, 1835. Aussi accessible sur le site de la Bibliothèque numérique de Lisieux : http://www.bmlisieux.com/normandie/croix01.htm (consulté le 28 novembre 2013) ;

- Le Berre Pascal, Délinquants et Forestiers dans les bois du Roi, les archives de la maîtrise des eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche, de Colbert à la Révolution, mémoire de DEA préparé sous la direction de Serge Chassagne, Rouen, 1992, 199 pages ;

- Mallet Jean, « Promenez-vous en forêt », pages 25 à 31, Collectif, Louviers et sa Région : Gaillon, Le Vaudreuil, Pont-de-l'Arche, guide touristique, Syndicat d'Initiatives de Louviers, 1974, 87 pages ;

- Mallet Jean, « Etude de la forêt », pages 31 à 41, Collectif, Louviers et sa Région : Gaillon, Le Vaudreuil, Pont-de-l'Arche, guide touristique, Syndicat d'Initiatives de Louviers, 1974, 87 pages ;

- Mallet Jean, « Pont-de-l’Arche », pages 65 à 83, Collectif, Louviers et sa Région : Gaillon, Le Vaudreuil, Pont-de-l'Arche, guide touristique, Syndicat d'Initiatives de Louviers, 1974, 87 pages ;

- Musset Lucien, « Note pour servir d’introduction à l’histoire foncière de Normandie : les domaines de l’époque franque et les destinées du régime domanial du IXe au XIe siècle, pages 7 à 97, Collectif, Bulletin de la société des antiquaires de Normandie, tome XLIX, années 1942 à 1945, Caen, L. Jouan et R. Bigot, 1946, 622 pages ;

- Nègre Ernest, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, volume I, Formations préceltiques, celtiques, romanes, Genève, Librairie Droz, 1990, 704 pages ;

- Plaisse André, « La forêt normande à la fin du Moyen Âge », pages 17 à 28, Nouvelles de l'Eure n° 47, Evreux, 1993, 72 pages ;

- Office national des forêts, Département de l’Eure, Randonnées en forêt domaniale de Bprd-Louviers, 2 planches ;

- Petit Paul, Sangliers dans l'arrondissement de Louviers et les vautraits. Forêts, louveterie, équipages chasse, Evreux, C. Hérissey 1881, 126 pages.

Armand Launay

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 13:57
Le four à pain de Pont-de-l'Arche en septembre 2013 (cliché Armand Launay).

Le four à pain de Pont-de-l'Arche en septembre 2013 (cliché Armand Launay).

Au fond d’une cour intérieure située au numéro 21 de la rue Julien-Blin, se trouve un petit four à pain qui a été récemment sauvé de la ruine par une campagne de restauration impulsée par son propriétaire : la Ville de Pont-de-l’Arche. De quand date-il ? Quel est son intérêt architectural ?

 

Une propriété communale ?

La Ville de Pont-de-l’Arche a possédé le bailliage jusqu’en 1968 où le maire Roland Levillain le vendit au privé. En 1998, le maire Paulette Lecureux le fit racheter par l’Etablissement public foncier de Normandie (EPFN) considérant qu’il faisait partie des joyaux patrimoniaux de Pont-de-l’Arche et qu’il avait vocation à être un lieu public. La Ville avait 5 ans pour le racheter à l’EPFN. Du théâtre et des expositions l’animèrent pendant quelques temps. Cependant, une nouvelle municipalité présidée par Dominique Jachimiak craignit pour le budget communal et fit racheter le bailliage à l’EPFN par l’agglomération Seine Eure en 2007. Cette vente exclut une cour contigüe au bailliage qui servait de parking au nouveau Relai des assistantes maternelles (RAM). Le four à pain délabré situé au fond de cette cour se restait donc dans le domaine communal.

 

Le four à pain du bailliage ?

De prime abord, il est étonnant de trouver ce four à pain au fond d’une cour intérieure et blotti contre les remparts sud de la ville médiévale. Une venelle longeait ces remparts depuis le bailliage jusqu’aux environs de la cour du Cerf, près de la rue Président-Roosevelt de nos jours, et plus précisément le bar Le Balto. Comme nous l’apprend une délibération du Conseil municipal de l’Ancien régime, en date du 30 novembre 1699 : l’assemblée des habitants a protesté auprès du roi à l’encontre des pénitents qui souhaitent allonger leurs jardins jusqu’aux remparts ce qui amènerait la suppression de la ruelle qui va de la porte des Champs à la porte de la Geôle qui conduit au Prétoire (archives municipales : BB1). Cette aliénation eut tout de même lieu à une date indéterminée.

La forte pente de son toit, ses pans de bois – même avec des pièces de réemploi – font songer à un édicule de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle. Ces datent rapprochent le four des bâtiments à pans de bois du bailliage. Le cul du four avait entièrement disparu et les quelques éléments de la gueule du four montraient un outil de faibles dimensions. Ceci laissait entendre qu’il ne s’agissait pas d’un four de boulangerie mais d’un outil destiné à une petite communauté, une famille peut-être. Cependant, la localisation du four, adossé aux remparts tout comme le bailliage, donne peut-être des indices quant à son emploi. Peut-être était-il utilisé par le personnel du bailliage pour les besoins quotidiens de ce lieu, son personnel, ses prisonniers.

 

La restauration : 2009-2013

La restauration n’a pas visé la simple préservation du patrimoine. A l’initiative de Nicolas Bouillon, adjoint à l’éducation, la municipalité présidée par Richard Jacquet a travaillé sur l’insertion de jeunes. De 2009 à 2010, le chantier a été confié à l’association Chantier histoire et architecture médiévales (CHAM), présidée par Christian Piffet. Avec du personnel du service Médiation-prévention et des encadrants techniques du CHAM, de jeunes bénévoles issus d’horizons et continents divers ont travaillé deux ans de suite avec des jeunes Archépontains. Ils ont démonté une bonne partie du four, les tuiles, des pans de bois, réalisé des sondages au sol pour retrouver les bases du four et réalisé un diagnostic sur l’état originel du four. Ils ont aussi remonté des murs en pierre et quelques pans de bois autour d’un ancien puits contigu au four. Ils ont aussi assaini le mur bahut sud du bâtiment qui prenait l’eau.

En 2012, la Ville de Pont-de-l’Arche a fait restaurer la charpente par un professionnel : Gougeon frères.

En 2013, la dernière campagne de restauration a repris. Encadrés par le CHAM et le Service jeunesse, 6 jeunes employés par la Ville en contrat civique ont nettoyé les abords du bâtiment et restauré la maçonnerie du muret de soutènement. Ils ont posé les tuiles sur la charpente et posé le torchis entre les pans de bois. Les moellons des maçonneries ont été rejointoyés à la chaux. Le sol a été proprement dallé à la place d’une terre battue. Quant au four en lui-même, les jeunes l’ont reconstitué d’après les quelques éléments dont disposait le CHAM. Réalisé en tuileaux, il a été agrandi par rapport au petit four qui préexistait. Le four a été renforcé de manière à résister à un usage ponctuel, faisant varier brusquement la température. Cette dernière campagne a été soutenue par la Ville, la Fondation du patrimoine et le mécénat.

Le four à pain a été largement mis en valeur lors des Journées européennes du patrimoine où les premiers petits pains sont sortis du four grâce aux bénévoles du four à pain de La Haye-de-Routot.

 

A lire aussi... 

L'ancien bailliage de Pont-de-l'Arche

 

 

La renaissance du four à pain en photos... 

Le four à pain en 2009 en état de délabrement avancé (cliché Armand Launay).

Le four à pain en 2009 en état de délabrement avancé (cliché Armand Launay).

Durant la première campagne de restauration, le CHAM et les jeunes bénévoles en pleine action (cliché Armand Launay, 2009).

Durant la première campagne de restauration, le CHAM et les jeunes bénévoles en pleine action (cliché Armand Launay, 2009).

Quelques tuileaux comme derniers vestiges du four à pain (cliché Armand Launay, 2009).

Quelques tuileaux comme derniers vestiges du four à pain (cliché Armand Launay, 2009).

Photo-étape de la restauration par le CHAM (cliché Armand Launay, 2010).

Photo-étape de la restauration par le CHAM (cliché Armand Launay, 2010).

Souvenir de la dernière étape de restauration (cliché Armand Launay, 2013).

Souvenir de la dernière étape de restauration (cliché Armand Launay, 2013).

Discours du maire entouré des représentants des organismes partenaires à l'occasion de la fin des travaux (cliché Armand Launay, 2013).

Discours du maire entouré des représentants des organismes partenaires à l'occasion de la fin des travaux (cliché Armand Launay, 2013).

Les premiers petits pains sortent du four à l'occasion des Journées européennes du patrimoine et sous le blason de la corporation des boulangers de Pont-de-l'Arche, blason ressuscité par Jacqueline Nalet et Sylviane Bouquet (cliché Armand Launay, 2013).

Les premiers petits pains sortent du four à l'occasion des Journées européennes du patrimoine et sous le blason de la corporation des boulangers de Pont-de-l'Arche, blason ressuscité par Jacqueline Nalet et Sylviane Bouquet (cliché Armand Launay, 2013).

Armand Launay

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 18:05

Pont-de-l'Arche accueille l'un des trois leaders mondiaux de l'optique médicale : Luneau technology operation. Ceci est dû au rachat en 2010 de la société Briot qui s'installa à Pont-de-l'Arche en 1983 après un passage à Elbeuf et, surtout, une création à Louviers. C'est ce que nous retraçons dans cet article en plus d'une présentation des activités contemporaines de Luneau.

A Pont-de-l'Arche, le groupe Luneau conçoit, fabrique et distribue des machines optiques médicales, notamment de la marque Briot (crédit photographique : Luneau technology operation).

A Pont-de-l'Arche, le groupe Luneau conçoit, fabrique et distribue des machines optiques médicales, notamment de la marque Briot (crédit photographique : Luneau technology operation).

De Joseph Briot à Luneau technology operation

En 1936, le lovérien d’adoption Joseph Briot monta une meuleuse semi-automatique qu’il appela « L’universelle ». Elle permettait de dégrossir les verres de lunettes à partir de gabarits et ce avant une finition manuelle. C’est la première machine – connue – capable de ce genre de travail.

Comme sa femme Jeanne Hasquenoph, Joseph Briot était originaire d’une région réputé pour son horlogerie : la Franche-Comté. Lui naquit le 3 février 1888 à Auxelles-Haut (Territoire de Belfort). Elle naquit le 28 aout 1888 à Auxelles-bas. Ils eurent d’abord un fils, Maxime, né en 1910, qui fut horloger puis mécanicien. Puis, il semble que la famille Briot se soit installée dans l’Eure car en 1913 leur deuxième enfant, Suzanne, naquit à « la Guéroult » ce qui doit être La Guéroulde. Leur troisième enfant, Madeleine, naquit à Acquigny en 1919 avant que la famille Briot ne s’établisse à Louviers en 1921 ou 1922.

Les Briot ouvrirent une boutique d’horlogerie au n° 58 de la rue Grande (rue Foch). Puis ils s'installèrent dans la rue du Matrey au n° 15 ou 21. A partir de 1942 au moins, Joseph Briot était « opticien » ou « marchand lunetier ». Le 25 avril 1944, il fut autorisé à joindre à ses fabrications de machines celle de lunetterie.

Après son décès à Louviers le 26 aout 1960, sa boutique fut reprise par un magasin d'optique peut-être en lieu et place d'Optic 2000 de nos jours. On lit ici le glissement de Joseph Briot de l’horlogerie vers l’optique. Cependant, on ne perçoit pas bien l’émergence du concepteur de machines à tailler des verres. Maxime Briot, le fils ainé, nous fournit un élément lui qui était réputé horloger et qui devint mécanicien. C’est peut-être lui qui dirigea un atelier de fabrication de machines dans un autre lieu et sous la houlette paternelle.

Quoi qu’il en soit, Joseph Briot mit au point "L’universelle" ce qui lui permit de fonder une entreprise qui prospéra et qui misa sur l’innovation technique. En 1946, elle comptait 20 salariés. Après le décès de son fondateur l’entreprise passa en 1961 entre les mains de Robert Asselin. Cet ingénieur électromécanicien délocalisa Briot à Elbeuf. Briot-Asselin continua à innover et s’internationalisa. En 1971, Briot créa une meuleuse automatique (la B2000). En 1976, la R2000 était en mesure de reproduire automatiquement une paire de lunettes. En 1980, la société fut reprise par le Belge Jacky Buchmann, fabricant de verres optiques.

En 1983, à la recherche de locaux industriels plus grands, Briot-Buchmann s’installa à Pont-de-l’Arche à la place de Cheesborough pond’s. Les nouveaux locaux, bâtis au XIXe siècle pour l’usine de chaussures d’Henry Prieur, permettent depuis le développement de l’entreprise dans la rue Roger-Bonnet. En 1987, le palpage des lunettes fut aussi automatisé. En 1996, la Accura rassembla dans une machine toutes les opérations nécessaires à la prise de forme d’une monture, le centrage, le blocage et le meulage de son verre. En 2002, Briot acheta Weco optik, entreprise allemande fondée en 1914. En 2010, Briot fut acquise par le groupe Luneau technology operations qui conserve depuis cette marque.

 

Sources

- Archives municipales de Louviers, avec nos remerciements à Mme Lamy et MM. Bodinier et Lombard ;

- Devaux Simone, Rachline Michel, Le meulage du verre, une technique au service de la vision, Paris, Vilo, 2003, 95 pages.  

"L'universelle", première meuleuse semi-automatique de l'histoire. Elle fut conçu par Joseph Briot en 1936 à Louviers.

"L'universelle", première meuleuse semi-automatique de l'histoire. Elle fut conçu par Joseph Briot en 1936 à Louviers.

Briot et Luneau technology operations aujourd'hui

Qui sait que les vastes locaux en brique de la rue Roger-Bonnet sont occupés par un des trois leaders mondiaux de l’optique médicale : Luneau technology operations ?

Cette société conçoit, fabrique et distribue des machines usinant les verres optiques et des appareils capables de réaliser un diagnostic visuel. En clair, elle destine ses produits aux opticiens et aux ophtalmologues. Quand nous commandons nos lunettes, l’opticien doit tailler les verres afin qu’ils se montent parfaitement dans la monture. Luneau crée la machine qui reconnait les dimensions de la monture, mesure les lentilles et, enfin, taille les verres. Chez l’ophtalmologue, quand vous posez le menton sur l’appareil déterminant les caractéristiques des verres correcteurs que vous devez porter, il y a des chances que ce soit un appareil de chez Luneau et, plus précisément, de la société israélienne Visionix qui a acheté Luneau en 2003.

Auparavant, Luneau était une société française fondée en 1928. Elle renforça sa stature mondiale en 2010 en achetant au Belge Buchmann optical holding (BOH) la société Briot international basée à Pont-de-l’Arche (voir notre historique). Aujourd’hui, le site de Pont-de-l’Arche regroupe 105 des 395 salariés de Luneau et produit les marques Briot et Weco, une entreprise allemande datant de 1914 et achetée par Briot.

Le site de Pont-de-l’Arche accueille un bureau d’étude de 20 personnes qui fait de Luneau un groupe très innovant représentant aujourd’hui près de 30 % du marché mondial des opticiens. A titre d’exemple, en 2012 la gamme de machines « Alta – Briot » a été élue produit de l’année par les opticiens français participant au concours du magazine Inform’optique. Le gros du site archépontain est composé de la chaine de montage où les professionnels assemblent entre 800 à 900 pièces par machine. Ces pièces étant fournies par près de 150 fournisseurs, principalement Français. Car c’est une fierté, chez Luneau, de pouvoir estampiller ses produits du label « Origine France garantie » décernée par l’association ProFrance.

A Pont-de-l’Arche aussi se trouvent les responsables des ventes aux filiales du groupe Luneau et aux 70 distributeurs répartis sur le globe. Le groupe Luneau a une forte activité internationale : près de 80 % de la production est exportée vers les filiales de Luneau en Europe et en Amérique du nord. Face à ses deux principaux concurrents – le Français Essilor et le japonais Nidek – Luneau cherche à accélérer son développement dans les zones de forte croissance économique. A ce titre, Luneau vient d’acheter une société de distribution aux Etats-Unis et de signer un partenariat avec une société leader sur le marché de l’optique chinois, où la lunette se démocratise.

 

Merci à Jean-Jacques Videcoq, directeur général adjoint, et à Patricia Peley, responsable de communication.

 

Luneau technology operations

2, rue Roger-Bonnet / 02 32 98 91 32 / www.luneau.fr

Des meuleuses de marque Briot (crédit photographique : Luneau technology operation).

Des meuleuses de marque Briot (crédit photographique : Luneau technology operation).

Armand Launay

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 16:59

« 76 enfants de Pont-de-l’Arche sont morts pour la France et ont sacrifié leurs vies pour sauver les vôtres. Souvenez-en vous ! »

 

Cette phrase était écrite sur le drapeau au-dessus du bureau de l'instituteur de l'école de garçons située dans la salle Ambroise-Croizat avant 1934. C'est ce que le regretté André Lambert nous confiait lors d'un entretien réalisé le 25 février 2003. Il ajouta que, chaque matin, un élève devait lire tout haut ce texte avant le début des cours. Depuis lors, cette phrase a gardé tout son sens. En 2014, nous commémorerons le début de la Première guerre mondiale, déclenchée le 28 juin 1914 par l’attentat perpétré à Sarajevo contre souverain de l’empire Austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand. Nous commémorerons également les 96 ans de l’armistice du 11 novembre 1918 ; deux raisons de se rappeler les tristes causes économiques et politiques à l’origine de ce conflit. Deux raisons de penser aux victimes de toutes les guerres et d’être heureux d’être au côté de l’Allemagne et d’autres pays dans l’Union européenne.

Dans les brumes d’automne et sous la figure tutélaire de Notre-Dame-des-arts, le poilu du Monument aux morts de Pont-de-l’Arche nous rappelle depuis 1922 les affres de la guerre et le courage de nos ancêtres (cliché Armand Launay, 2012).

Dans les brumes d’automne et sous la figure tutélaire de Notre-Dame-des-arts, le poilu du Monument aux morts de Pont-de-l’Arche nous rappelle depuis 1922 les affres de la guerre et le courage de nos ancêtres (cliché Armand Launay, 2012).

La mobilisation générale

Le 19 septembre 1914, le journal L’Industriel de Louviers rapporta le discours du maire de Pont-de-l’Arche, Maurice Delamare, prononcé le 4 septembre suite à la mobilisation générale : « Appelé en qualité de réserviste territorial (…) je ne veux pas quitter même momentanément la ville de Pont-de-l’Arche sans assurer tous les administrés (…) je reste de cœur avec eux. La direction des affaires municipales change de mains, mais le fonctionnement des services administratifs continuera dans le même esprit de sagesse et de décision que par le passé. La population de Pont-de-l’Arche gardera, de son côté, j’en suis sûr, le calme et le sang-froid dont elle a fait preuve jusqu’à ce jour, en attendant l’heure du succès final. » Des centaines d’Archépontains furent mobilisés en même temps que Maurice Delamare.

L’uniforme bleu de 1914 pour l’honneur de défendre la Patrie, la moustache pour l’élégance, la cigarette pour la détente… cette photographie sur carte postale campe l’ambiance régnant avant les premiers combats : le dévouement est une qualité qui mérite d’être immortalisée par un cliché (collection particulière, soldats réputés de Pont-de-l'Arche).

L’uniforme bleu de 1914 pour l’honneur de défendre la Patrie, la moustache pour l’élégance, la cigarette pour la détente… cette photographie sur carte postale campe l’ambiance régnant avant les premiers combats : le dévouement est une qualité qui mérite d’être immortalisée par un cliché (collection particulière, soldats réputés de Pont-de-l'Arche).

Un front pas si lointain

Si la ville de Pont-de-l'Arche n'a pas subi les combats, elle a été indirectement touchée. Le 16 septembre 1914, juste après la guerre de mouvement, deux véhicules allemands furent interceptés à temps par les gendarmes et soldats français à Sotteville-sous-le-val. Ces véhicules, chargés d'explosifs, avaient pour mission de dynamiter un ouvrage d'art de la voie ferrée Paris-Le Havre près de Pont-de-l'Arche et ce afin de limiter l'approvisionnement des armées française et britannique. La ville est donc passée à côté de grands dommages.

Voir l'article complet sur ce blog en cliquant ici.

 

 

Des réfugiés

Les habitants du nord et de l’Est ont subi les combats. Pont-de-l’Arche a accueilli des réfugiés. Certains y ont refait leur vie après l’Armistice. Parmi eux, se trouvaient des Picards, des Nordistes, des Lorrains, des Alsaciens, des Belges et même des Grecs. Dominique Kalinoglou et Pilidès Crestomamacopoulos en étaient qui devinrent entrepreneurs en chaussures dans les années 1930. A ce propos, durant la Grande guerre les usines de chaussures de la ville fabriquèrent des godillots pour l’armée. Quant aux professions des réfugiés, des familles de forains se sont installées à Pont-de-l’Arche. Leurs familles ont continué à se faire enterrer au cimetière communal pendant quelques générations.

 

 

L’aviation britannique s’installa à Pont-de-l’Arche

A partir de 1915, l’armée britannique décida d’installer son aviation naissante entre Pont-de-l’Arche et Les Damps. Elle installa son quartier général dans Le Manoir de Manon, qu’elle loua, et finit la construction de l’usine de chaussure des Fils de Georges Prieur, aux Damps ; ceci afin d’y installer une usine de réparation de moteurs d’avions sous l’égide du Royal flying corps, l’ancêtre de la Royal air force. Toute une zone des Damps fut couverte de plaques de béton et de baraquements en bois : le Camp. A Pont-de-l’Arche, au bout de la rue Jean-Prieur, les Britanniques bâtirent une vaste salle en bois qui fut la première salle des fêtes de la commune après la Grande guerre. Elle fut rasée pour laisser place au pont actuel (inauguré en janvier 1955). Les liens des Britanniques avec la population furent très bons : sports (football, patinage, rugby), loisirs (concerts, fanfare, cafés), amitiés, quelques mariages, de petites têtes blondes… Les Archépontains se firent soigner par les médecins militaires. Toute la ville vécut au côté de centaines de soldats et quelques soldates de sa Majesté.

Voir l'article complet sur ce blog en cliquant ici.

 

 

L'armistice !

L’érudit archépontain Roland Chantepie écrivit ses souvenirs de l’Armistice du 11-Novembre 1918 dans un manuscrit intitulé Pont-de-l’Arche à travers les âges (f. 444) : « Un beau matin, il était 11h30 environ, les grandes personnes sortirent subitement dans la rue, s'interrogeant : « est-ce vrai ?... Non ! Ce n'est pas possible ! » M. Pinard, l'instituteur, donna congé à ses élèves et ferma son école ; les Anglais du Camp descendirent dans les rues et les cafés ; ils chantaient et riaient de toutes leurs dents blanches ; les fabriques de chaussures, elles aussi, se vidèrent ; les ouvrières dans les rues « crochaient » les Tommies ; on s'embrassait ; la musique militaire anglaise se mit de la partie. C'était l'Armistice !! » Des drapeaux furent placés aux fenêtres et les cloches de Notre-Dame-des arts tintèrent à toute volée.

 

 

 

Des traces toujours debout

Si les souvenirs sont morts avec les contemporains de la Grande guerre, les traces que nous ont laissées nos ancêtres sont toujours là. Une stèle fut érigée par la Ville de Pont-de-l’Arche dans le cimetière communal. Une plaque en marbre fut scellée par la paroisse sous la tribune de l’orgue de Notre-Dame-des-arts. Autres traces, de nos jours, les noms de voies telles que le Quai Maréchal-Foch, le quai de Verdun, le boulevard de la Marne, la place du Souvenir où se trouve le Monument aux morts de la ville. Ce monument fut inauguré en 1922 grâce à une souscription conduite par un Comité présidé par Maurice Delamare, ancien maire. Ce monument est l'œuvre de Robert Delandre, sculpteur elbeuvien de réputation régionale. Sa famille était liée à Marcel Ouin, industriel de la chaussure, qui était vice-président du Comité. Marcel Ouin était aussi le beau-père de Maurice Delamare. Le jour de l’inauguration du Monument, Marcel Deparrois, un enfant du pays alors en service, lança de son monoplan une grande gerbe de fleurs qui tomba quasiment à côté du nouveau monument. Ce monument subit l’occupation de 1940-1944. Les Allemands cassèrent le casque et le bout du fusil. Ils rayèrent l’inscription « On ne passe pas ». A la Libération, le casque fut restauré et l’inscription fut de nouveau gravée en profondeur.

Voir l'article complet sur sur le Monument aux morts, sur ce blog, en cliquant ici.

Le cimetière communal conserve en son sein une stèle offerte par la Ville et rendant hommage aux soldats morts pour la France sur les différents fronts (cliché Armand Launay, 2010).

Le cimetière communal conserve en son sein une stèle offerte par la Ville et rendant hommage aux soldats morts pour la France sur les différents fronts (cliché Armand Launay, 2010).

La paroisse de Pont-de-l’Arche a fait graver les noms des soldats décédés sur une plaque de marbre située sous la tribune de l’orgue (cliché Armand Launay, novembre 2013).

La paroisse de Pont-de-l’Arche a fait graver les noms des soldats décédés sur une plaque de marbre située sous la tribune de l’orgue (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le Monument aux morts a été sculpté par Robert Delandre et inauguré en 1922 grâce à une souscription publique présidée par Maurice Delamare. Comme le Christ sur les croix hosannières, le poilu oriente son regard vers le sud-est, là où nait la lumière (cliché Armand Launay, mars 2013).

Le Monument aux morts a été sculpté par Robert Delandre et inauguré en 1922 grâce à une souscription publique présidée par Maurice Delamare. Comme le Christ sur les croix hosannières, le poilu oriente son regard vers le sud-est, là où nait la lumière (cliché Armand Launay, mars 2013).

76 morts pour la France

Si les heureux soldats archépontains ayant survécu nous échappent, les noms des morts pour la France nous ont offert des pistes de recherches. Ce sont 76 noms qui sont gravés sur le Monument aux morts de la ville ; des hommes natifs du pays ou domiciliés ici lors de leur enrôlement. Pour en savoir un peu plus sur ces hommes tombés au combat pour la souveraineté nationale, nous avons consulté les retranscriptions de leurs décès dans les actes d’état civil. Nous avons aussi consulté la base des soldats morts pour la France sur le site du Ministère de la défense www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr. 

Nous avons ainsi retrouvé 70 noms que nous avons réunis dans un tableau ci-dessous. Onze autres noms nous échappent qui doivent correspondre à des hommes domicliés dans notre ville au moment de leur décès. Un regard d’ensemble montre que les Archépontains ont été principalement incorporés dans l’infanterie et surtout dans les 24e, 74e et 224e régiments d’infanterie. Ils ont servi sur tous les fronts : Belgique, Yser, Pas-de-Calais, Somme, Champagne, Marne, Meuse… On retrouve des Archépontains dans les tristement célèbres forts de Vaux et de Douaumont, dans la forêt de Verdun.

Une quinzaine de soldats attend le train en gare de Pont-de-l’Arche afin de partir au front (collection particulière).

Une quinzaine de soldats attend le train en gare de Pont-de-l’Arche afin de partir au front (collection particulière).

Prénom, nom

Naissance

Décès

Régiment

René Buquet

 

7 septembre 1889

Pont-de-l’Arche

22 aout 1914

Anderlues (Belgique)

24e régiment d’infanterie

Robert Bâton

24 décembre 1899

Pont-de-l’Arche

22 aout 1914

Anderlues (Belgique)

24e régiment d’infanterie

Fernand Canterel

3 mars 1887

Caudebec-en-Caux

8 septembre 1914

Morsains (Marne)

74e régiment d’infanterie 

Albert Buquet

26 avril 1880

Pont-de-l’Arche

9 septembre 1914

Esternay (Marne)

274e régiment d’infanterie

Alexandre Désiré Carré

12 juillet 1892

Rouen

9 septembre 1914

Le Breuil (Marne)

36e régiment d’infanterie 

Antoine Louis Ouin

12 septembre 1888

Pont-de-l’Arche

14 septembre 1914

Loivre (Marne)

28e régiment d’infanterie

Marcel Morel

10 mars 1891

Pont-de-l’Arche

17 septembre 1914

Loivre (Marne)

24e régiment d’infanterie

Albert Eugène Niaux

4 septembre 1881

Pont-de-l’Arche

23 septembre 1914

Loivre (Marne)

224e régiment d’infanterie

Louis Tassel

8 novembre 1882

Pont-de-l’Arche 

29 septembre 1914

Esternay (Marne)

228e régiment d’infanterie 

Henri Forfait

25 février 1884

Pont-de-l’Arche

13 octobre 1914

Bray-sur-Somme (Somme)

319e régiment d’infanterie

Auguste Delettre

24 juin 1873

Lisieux

22 octobre 1914

La ferme du Luxembourg

119e régiment d’infanterie

Gaston Sauvé

6 avril 1891

Pont-de-l’Arche 

28 octobre 1914

La ferme du Luxembourg

5e régiment d’infanterie

caporal

Georges Bréham

19 octobre 1893

Pont-de-l’Arche

9 novembre 1914

Saint-Eloi (Belgique)

160e régiment d’infanterie

Alfred Dumont

24 septembre 1882

Pont-de-l’Arche

7 décembre 1914 Roclincourt (Pas-de-Calais)

1er régiment de marche de zouaves

Michel Joseph Letourneur

4 octobre 1885

Pont-de-l’Arche

15 septembre 1914

La Neuville (Aisne)

228e régiment d’infanterie

Irénée Bisson

31 décembre 1894

Rouen

31 janvier 1915

Rosendaël (Dunkerque)

2e régiment de marins

Amand Morel

19 février 1894

Les Damps

18 février 1915

bois de la Grurie à Moiremont (Marne)

150e régiment d’infanterie

Philogène Raoul Delaporte

8 février 1873

Criquebeuf-sur-Seine

2 mai 1915

Amiens

22e régiment d’infanterie

Albert Lavoisey

1er novembre 1877

Les Damps

25 mai 1915

Authieule (Somme)

22e régiment d’infanterie

Léon Prieur

7 septembre 1894

Pont-de-l’Arche

26 mai 1915

La Noulette (Pas-de-Calais)

28e régiment d’infanterie

Robert Faucampré

20 février 1889

Pont-de-l’Arche

5 juin 1915

La Targette, La Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

Anthime Lelièvre

30 décembre 1893

Sotteville-lès-Rouen

30 juin 1915

bois de la Grurie à Moiremont (Marne)

 

Albert Jouvin

17 septembre 1889

Pont-de-l’Arche

11 juin 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

François Santens

10 juillet 1890

Pont-à-Vendin

(Pas-de-Calais)

17 juillet 1915

Calonne (Meuse)

87e régiment d’infanterie

André Depitre

20 janvier 1860

Le Manoir-sur-Seine

24 septembre 1915

Mesnil-les-Hurlus (Marne)

22e régiment d’infanterie territoriale

Marcel Lefrançois

3 mai 1889

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

Emile Tassel

4 mars 1889

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1915

La Targette, La Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)

24e régiment d’infanterie

Pascal Sauvé

3 mars 1889

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1915

Tahure (Marne)

224e régiment d’infanterie

Césaire Ambroise

1 aout 1894

Pont-de-l’Arche

26 septembre 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

119e régiment d’infanterie

Eugène Delamare

12 septembre 1885

Criquebeuf-sur-Seine

27 septembre 1915

Beauséjour (Marne)

9e régiment de marche de zouaves

Joseph Guerre

27 mai 1888

Pont-de-l’Arche

27 septembre 1915

La Targette, La Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)

74e régiment d’infanterie

Jules Henri Ambroise

17 mars 1889

Pont-de-l’Arche

27 septembre 1915

Noulette (Pas-de-Calais)

10e bataillon de chasseurs à pied

Ferdinand Milliard

19 janvier 1885

Les Damps

29 septembre 1915

La Croix-en-Champagne (Marne)

228e régiment d’infanterie

Valentin Dubray

24 juin 1888

Les Andelys

3 octobre 1915

La Neuville-Saint-Vaast

(Pas-de-Calais)

39e régiment d’infanterie

René Prieur

7 février 1890

Pont-de-l’Arche

5 octobre 1915

Massiges (Marne)

21e régiment d’infanterie coloniale

Emile Tassel

4 mars 1889

Pont-de-l’Arche

17 octobre 1915

Tahure (Marne)

24e régiment d’infanterie

Charles Saint-Pierre

7 septembre 1893

Pont-de-l’Arche

11 novembre 1915

Frise (Somme)

119e régiment d’infanterie

Albert Morel

1er mars 1895,

Pont-de-l’Arche

11 octobre 1915

La Croix-en-Champagne (Marne)

329e régiment d’infanterie

Célestin Herbreteau

12 mars 1880

Les Essarts

16 novembre 1915

Mesnil-les-Hurlus (Marne)

93e régiment d’infanterie 

Robert Bréham

16 mars 1891

Pont-de-l’Arche

3 avril 1916

Verdun (Meuse)

74e régiment d’infanterie

Georges Lambert

31 aout 1883

Pont-de-l’Arche

6 avril 1916

Chaumont-sur-Aisne (Meuse)

74e régiment d’infanterie

André Niaux

20 septembre 1883

Pont-de-l’Arche

11 avril 1916

Landrecourt-Lempire (Meuse)

274e régiment d’infanterie Sergent

Adolphe Godard

14 aout 1883

Ellecourt

11 avril 1916

24e régiment d’infanterie

Charles Bohu

18 mai 1888

Oissel

21 avril 1916

Revigny (Meuse)

3e régiment du génie

Narcisse Gaston Chenu

31 octobre 1884

Beaumont-le-Roger

19 mai 1916

Fort de Vaux, Verdun (Meuse)

 

274e régiment d’infanterie.

Sergent

Rodolphe Drouin

13 février 1889

Les Damps

23 mai 1916

Douaumont, Verdun (Meuse)

74e régiment d’infanterie Caporal

Louis Riberprey

19 novembre 1889

Pont-de-l’Arche

21 mai 1916

Douaumont, Verdun (Meuse)

74e régiment d’infanterie Caporal

Paul Peyronnet

1er septembre 1888

Pont-de-l’Arche

19 juin 1916

Esnes (Meuse)

6e régiment d’infanterie

Alfred Poupardin

27 novembre 1894

Pont-de-l’Arche

25 aout 1916

Oissel

150e régiment d’infanterie

Paul Alexandre Duprai

20 juin 1894

Pont-de-l’Arche

21 septembre 1916

Rancourt (Somme)

94e régiment d’infanterie

Sergent

Jules Lavoisey

18 février 1872

Les Damps

31 octobre 1916

Moreuil, Lespinay (Somme)

18e régiment d’infanterie territoriale

Amand Hacot-Sigurd

10 décembre 1896

Pont-de-l’Arche

16 décembre 1916

Fontaine-Routon (Meuse)

173e régiment d’infanterie 

Désiré Delamare

7 septembre 1883

Pont-de-l’Arche

9 janvier 1917

Douaumont, Verdun (Meuse)

414e régiment d’infanterie

Alphonse Pessy

26 octobre 1880

Les Authieux

28 mars 1917

Moulin-Vendresse (Aisne)

156e régiment d’infanterie

Emile Lavoisey

 

22 juin 1895

Pont-de-l’Arche

16 avril 1917

tranchée des Friches, Oulches (Aisne)

127e régiment d’infanterie

Emile Mouchard

 

2 avril 1891

Pont-de-l’Arche

22 avril 1917

Courlandon (Marne)

22e régiment d’artillerie

Léon Confait

 

28 juin 1896

Fauville-en-Caux

 

3 juin 1917,

L’épine de Chèvregny,

Braine (Aisne)

 

Paul Partie 

23 novembre 1897

Pont-de-l’Arche

7 juillet 1917

Longueval (Aisne)

206e régiment d’infanterie

Alfred Mouchard

3 mars 1869

Pont-de-l’Arche

2 aout 1917               

Rouen

74e régiment d’infanterie territoriale

Florent Havet

31 janvier 1895

Pont-de-l’Arche

10 aout 1917 Gricourt (Aisne)

118e régiment d’infanterie

Edouard Auber

3 juillet 1890

Pont-de-l’Arche

8 septembre 1917

Douaumont, Verdun (Meuse)

51e régiment d’infanterie. sergent

Robert Auber

18 mars 1897

Notre-Dame-du-Vaudreuil

10 février 1918

Nancy

7e régiment du génie

Camille Salette

24 mars 1897 Le Mans

10 avril 1918

Jonchery-sur-Vesle (Marne)

 

71e bataillon de chasseurs à pied.  décoré de la médaille militaire et de la Croix de guerre

Louis Michel

20 décembre 1884

Cliponville

12 mai 1918

hôpital militaire Hôtel de l’hermitage au Touquet

15e régiment d’infanterie

Ernest Morel

9 février 1897

Pont-de-l’Arche

20 juillet 1918

Boursonne (Oise)

224e régiment d’infanterie

Lucien Trumel

7 octobre 1897

Pont-de-l’Arche

24 aout 1918

Orval (Oise)

11e régiment de marche de tirailleurs algériens

Victor Colombel

5 décembre 1874

Pont-de-l’Arche

25 septembre 1918

Cuperly, Montfrenet (Marne)

12e escadron du train TM 225

Jules Letourneur

1er juillet 1887

Pont-de-l’Arche

20 septembre 1918

Pont-de-l’Arche

43e régiment d’infanterie

Gaston Morel

20 mai 1896

Pont-de-l’Arche

12 octobre 1918

Saint-Gobain (Aisne)

283e régiment d’infanterie

Eugène Guerre

3 juillet 1889

Pont-de-l’Arche

15 octobre 1918

hôpital         

96e régiment d’infanterie territoriale

Charles Ambroise

18 février 1872

Pont-de-l’Arche

3 avril 1919

Pont-de-l’Arche

20e régiment d’infanterie territoriale

Marcel Vallois

 

 

 

Albert Grenier

 

 

 

Raymond Liberprey

 

 

 

Albert Lepage

 

 

 

Alfred Levasseur

 

 

 

Maurice Piédevant

 

 

 

Léon Fournier

 

 

 

Louis Michel

 

 

 

Georges Prieur

 

 

 

Auguste Riberprey

 

 

 

Lucien Fernand Trumel

 

 

 

A lire…

L’excellent blog de Stephan Agosto consacré au 74e régiment d’infanterie et dédié aux 3 500 soldats de ce régiment qui perdirent la vie : http://74eri.canalblog.com

 

 

Sources

- Archives municipales – état civil ;

- Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944) ;

- Collignon Maurice, « Une tentative des Allemands dans l’Eure et la Seine-Inférieure pendant la guerre de 1914 », Evreux, C. Hérissey, 1917, 50 pages ;

- Launay Armand, Pont-de-l’Arche ma ville (http://pontdelarche.over-blog.com) :

- « Percée allemande à Sotteville-sous-le-Val et Oissel en 1914 » ;

- « Un camp britannique de la Première Guerre mondiale : le Royal Flying Corps aux Damps et à Pont-de-l'Arche » ;

- « Le Monument aux morts de Pont-de-l’Arche et ses stigmates de la Seconde guerre mondiale » ;

- Launay Armand, Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure, mairie de Pont-de-l’Arche, 2009, 52 pages.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 12:41

Les dernières cartes postales de Pont-de-l'Arche dataient du début des années 1990... une lacune désormais comblée grâce à Dominique Leliard, gérant de la Presse de l'arche, qui a fait éditer 7 cartes postales de notre belle ville !

Elles sont arrivées ce mois-ci dans la boutique de presse archépontaine avec leurs couleurs ensoleillées qui raviront les touristes et les habitants de la région attachés à cet objet de partage.  

J'en suis d'autant plus heureux que les six clichés ayant servi à cette édition sont issus de ma collection ! 

Ces cartes sont disponibles à la presse de l'arche contre 0.8 € l'unité. 

Nouvelles cartes postales de Pont-de-l'Arche !

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 12:05

Traduction en portugais par Patricia Ridolfi, avec mes plus vifs remerciements.

O forte de Limaie detalhe do vitral de sirgagem

O forte de Limaie detalhe do vitral de sirgagem

Nascimento da cidade : motivos militares

A cidade de Pont-de-l’Arche nasceu após a construção de fortes militares constridos no terrotório de aldeia de Damps. Uma ponte de madeira foi posta sobre o Sena, à partir de 862, e protegida por dois fortes, un de cada lado do rio.

O cateiro dessas defesas, que marca o reion de Charles II ( Carlos II), denominado o Calvo, foi decidido e oficialisado durante os julgamentos de Pîtres. Por volta de 869, a ponte et dois fortes parecem terem sido acabados. Eles serviram sobretudo em 885 durante a ofenciva geral das forificações, fortalezas.do Norte, tendo por objetivo a ocupação de Paris. A ponte “ de l’Arche” (quer dizer da fortaleza) serviu à atrasar o avanço dos Noramandos. Estes tiveram quatro meses à ganhar Paris desde o embarcadour do Sena. No entanto, os reis dos Francos custaram à mobilisar plenamente as tropas dos vassalos. Desta forma o forte de Pont-de-l’Arche careceu provavelmente de homens de guarnição. Gullaume (Guilherme) Caillou, monge que tingiu as cronicas de Jumièges, foi relembrada un século e meio mais tarde, e apesar de varias imprecisões, foi que reforços francos vieram aos Damps para refoçar a guarnição da ponte de l’Arche. En vão, pois.

Foi perdido o fio da hitoria durante um lapso de tempo onde se articulam a queda do poder dos reis francos en favor aos duques da Normandia. O que aconteceu com a ponte depois de 911, data do nascimento da Noramndia?

En todos caso sabe-se a parqóuia de Pont-de-Arches aparece numa carta de Ricardo II, en 1020, qui concede à abadia de Jumière vários direitos esirituais sobretudo financeiros (especialmente sobre o trafico fluvial).

A cidade parece ter sido desenvolvida em torno da ponte, obra que necessitou a sirgagem dos barcos e oferecia a possibilidade de receber direitos de passagem.

Nascimento da cidade : motivos militares

 

O forte de Limaie detalhe do vitral de sirgagem

 

A cidade de Pont-de-l’Arche nasceu após a construção de fortes militares constridos no terrotório de aldeia de Damps. Uma ponte de madeira foi posta sobre o Sena, à partir de 862, e protegida por dois fortes, un de cada lado do rio.

O cateiro dessas defesas, que marca o reion de Charles II ( Carlos II), denominado o Calvo, foi decidido e oficialisado durante os julgamentos de Pîtres. Por volta de 869, a ponte et dois fortes parecem terem sido acabados. Eles serviram sobretudo em 885 durante a ofenciva geral das forificações, fortalezas.do Norte, tendo por objetivo a ocupação de Paris. A ponte “ de l’Arche” (quer dizer da fortaleza) serviu à atrasar o avanço dos Noramandos. Estes tiveram quatro meses à ganhar Paris desde o embarcadour do Sena. No entanto, os reis dos Francos custaram à mobilisar plenamente as tropas dos vassalos. Desta forma o forte de Pont-de-l’Arche careceu provavelmente de homens de guarnição. Gullaume (Guilherme) Caillou, monge que tingiu as cronicas de Jumièges, foi relembrada un século e meio mais tarde, e apesar de varias imprecisões, foi que reforços francos vieram aos Damps para refoçar a guarnição da ponte de l’Arche. En vão, pois.

 

Foi perdido o fio da hitoria durante um lapso de tempo onde se articulam a queda do poder dos reis francos en favor aos duques da Normandia. O que aconteceu com a ponte depois de 911, data do nascimento da Noramndia?

En todos caso sabe-se a parqóuia de Pont-de-Arches aparece numa carta de Ricardo II, en 1020, qui concede à abadia de Jumière vários direitos esirituais sobretudo financeiros (especialmente sobre o trafico fluvial).

A cidade parece ter sido desenvolvida em torno da ponte, obra que necessitou a sirgagem dos barcos e oferecia a possibilidade de receber direitos de passagem.

 

Desinvolvimento de um praça forte : competição na luta entre os dois reis da Ingaterra e da França

 

Pont-de-l'Arche aparece em seguida mais claramente nos arquivos das lutas entre Ricardo II Coração de Leão, duque de Noramndia e rei da Inglaterra, e Philippe II Auguste, rei de França. Ricardo Coração de Leão fez renovar a ponte da cidade e deu meios necessários à fundação da abadia de Bonport (dois kilometros de Pont-de-l’Arche). Nas lutas entre os dois monarcas, o castelo de Vaudreuil foi destruido o que, assm que o rei da França tomou posse da Normandia, facilitou a escolha de Pnot-de-l’Arche como sede militar local. Na verdade, Philippe Auguste fez de Pnot-de-l’Arche seu principal lugar de residencia na Normandia. Ele fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada de Vemon ainda visiveis hoje en dia. Ele fez o mesmo pelo forte de Limae, situado do outro lado da ponte, margem direita, onde ele bloqueava o acesso, tal como um bureiro. Este forte era dotado de uma torre philipienne que era um oservatorio ideal sobre a circulaàéao fluvial e o sirgagem dos barcos. Os atributos geográficos, aliados aos atributos militares, fizeram que a cidade se torne a sede de um magistrado de Rouen. A data deste estabelessimento nos escapa.

 

 

O papel de Pont-de-l’Arche no dominio terriotorial e da policia interior

A base militar apresentava várias vantajens, tanto pelo dominio territoral perante à enventuais envasores que pela policia interior do reinado. Pont-de-l’Arche permetia o dominio da circulação fluvial e, então o abstecimento de Rouen, cidade que poderia cair nas mãos inimigas.

Isto foi a rasão pela qual nossa cidade foi desafio durante os combates que opuseram os reis de Inglaterra e da França durante a guerra dos cem anos.

Assim Henri V, Henrique V rei de Inglaterra, tornou-se mestre de Pont-de-l’Arche em 148. A cidade conheceu então uma ocupação inglesa até 1449. Em 1346, Eduardo III néao pode tomar Pont-de-l’Arche e prosegui a calvagada para Nantes.

Sobretudo, a cidade oferecia uma base de retraguada ideal no caso de um ataque da capital de alta Normandia :

- no contexo de uma luta contra a Liga do bem publico, em 1466, Luis XI estabeleceu um campo no vale situado entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre e isto após ter reconquistado o forte de Limae que tinha sido caido entre mãos de nobres de Louviers, coligados.

- em 1589, as tropas de Henrique IV, que segiaram Rouen, foram abastecidas a partir de Pont-de-l’Arche. Prevcisões que o governardor da cidada, Leblanc du Rollet tinha, entre os promeiros, aberto as portas da cidade à Henrique IV, rei contestado. Esse monarca tinha, em agradecimento, gratificado as armas da cicade de tres flores de lys reais. A cidade descreve o brasão desde então: de areia à ponte de prata construida de areia, ao chefe consturado de azur (azul) carregado por tres flores de ouro.

 

Bastilha descentrada de Rouen, Pont-de-l’Arche, era uma base de retirada em caso de revolta do povo normando. Era um lugar de segurança na medida onde não havia muitos habitantes aqui para provocar uma revolta ultrapassando as forças de policias locais. No mais, dominar a cidade nõ era suficiante:era necessario tomar de assalto o forte de Limae, do outro lado do Sena. Pont-de-l’Arche era então, por motivos de policias interior, de dominar o territorio em caso de guerra, um lugar estrategico:

- foi assim que os protestantes de roeuneses dominaram a cidade, em 1562, com 6 peças de artilharias na esperança de fazer um ganho. Eles se emararam diretamente do poder real, mais en vão pois a cidade ficou fielmente catolica.

- em 1650, a Fronde perturbou a utilidade das fortificações da cidade: o duque de Longueville utilisou a guarnição militar e o castelo contra o poder real. O conte d’Harcourt, que prtegia a viajem do monarca na Normandia, recebeu uma ordem de investir a praça. Ele foi acampar perto do muro com a ajuda dos habitantes que havaim apontado tres canões contra o castelo, do outro lado do Sena. O duque de Longueville se serviu deste lugar forte como um arguemento suplementar par negociar a paz com o rei. As muralhas de Pont-de-l’Arche, ainda visiveis hoje en dia, tornaram-se uma arma diante eventuais rebeldes.

O parlamento da Normandia e o povo de Rouen pediram várias vezes o encerramento destes aqui citados. Noentanto, os nobres que recebiam direitos sobre a cidade negociaram o manteve das foritficações.

 

Pont-de-l’Arche e a cobiça dos privilégios reais sob o Antigo Régime

As ambições não eram raras que olhavam Pont-de-l’Arche com interesse. A cidade contava com varias taxas que atiravam a avidez.

- a taxa do governador da cidade (policia militar local) : os mais nobres que obtiveram do rei os direitos de governar a cidade foam : Concini, marechal d’Ancre e aliado de Maria de Médicis, Albert de Luynes, Jean-Baptiste d’Ornano, Richelieu.

- 4 tribunais : o tribunal de primeira instancia (o magistrado), o recohlimento do imposto da talha (o trabalho do tabelião), o celeiro de sal ( sua venda era um monopolio de Estado) e a administração da águas e das florestas. Esses tribunais atiravam muitos oficais reais na cidade;

- os direitos menores (direitos de passagem sobre a ponte, direito de venda, direito de outorga....) Restaram um desquilibrio destas taxas: entre outros, a fabrica de lençois durou um certo tempo, a cidade de Pont-de-l”Arche não conhcecia nenhuma industria que alimentasse 1700 habitantes que a cidade contave nas vésperar de Revolução franscesa. Ela era que nada menos que a sede da administração local.

 

 

 

 

 

A Revolução franscesa e o Império ou o fin dos privilégios

A Revolução franscesa pois os ponteiro em ordem quendo fez de Louviers a sede da administração local : o papel militar e Pont-de-l”Arche tinha cedido desde muito tempo os beneficios em prol dos ganhos vindos da industria de manufaturas de Louvies, cidade bem mais populada. Em 1790, Elbeuf nõ foi incluida no novo departamento do Eure divido ao recuso de Louvier de coabiatar com seu concorrente fabricante de lençois. Essas dua cidades puderam então se torrnarem as sede da circunscrição.

Fora um juiz de paz e da municipalidade, Ponr-de-lArche perdeu toda função administrativa. Durante a Revolução, as novas municipalidade archéoontaines, archéopontenas, conheceram as mesmas disputas que aquelas que disputaram os nobres de antes a revolução. Todavia, essas eram publicas.

Após 1792, os republicanos avançados tomaram a politicas local. Alexandre de la Fleurière foi administrador de Criquebeuf. Esses dois hommes foram cassados por reação de terminador de 1795. Os pricipais problemas que a cidade conheceu durente esse periodo contituem as disputas entre os regimes do exércio revolucionario e os habitante os mais ligados ao culto católico. Eles conssistiam,sobretudo a famina. Esta era tão atroz que em variios lugares e que os habitants da cidade, desde longos séculos, ajudavam os barcos a passar a ponte que barrava o Sena. Eles puxaram os barco de trigo destinados à população de Paris mais de ventre vasio! Sem mesmo de poder comer de que refazesse as suas forças. Foi assim que els pararam de trabalhar e que eles pegaram o trigo que estavam estocados nos barcos... antes que o exercito não os reprimam.

Napoleão Bonaparte, que passou duas vezes por Pont-de-l’Arche, compreendeu o perigo par a policia interior e fez construir uma represa , inaugurada em 1813. Esta permitia de se dispensar de mão de obra local e continuando a encaminhar o pão que tranquilizava o povo e evitava assim eventuais movimentos de revoltados parisienses. Relembremos que o povo armado fez mudar o curso de Revolução por várias vezes ( a decadesncia do rei, a repressão dso girondinos...) O inicio de XIXe século foi um periodo de miseria para a cidade. Não tinha algum aconteceimento a não ser a ocupaçãp prussiana em 1815, a presença de uma loga maçonica e a criação de uma estação de Alizay-Pont-de-l’Arche em 1843.

 

A revolução industrial : a indusria de chinelos e sapatos

 

 

A revolução industrial atingiu o pais : a industria de chinelos se desenvolveu e trouxe um trabalho muito fracamente remunerado aos habitantes da regiõ poxima. Os chinelos, inicalemente era realizados nas casas dos operários, foram en saguida fabricados nas usinas construidas nas ruazinhas medievais da cidade à partir da metade do XIXe século. Esta industria se propagou e, entre as duas guerras, existiam umas de vinte usinas que empregavam milhares de pessoas. A fabrica de chinelos, e depois de sapatos após a Primeira Guerra mondial, contribui à enriquecer somente à seus proprietários, e notamente são visiveis ainda hoje em dia as belas manções nas avenidas da cidade.

Com a tomada de consnciencia da entreajuda, os operários da cidade fizeram greve em 1900, 1932, 1936 e 1954.... com a finalidade de mater, ou melhorar seus salários.

 

Guerra e destruições

A cidade conheceu a ocupação prussiana em 1870 por causa da ponta, que quase foi dinamitada. Ela acolheu um campo de exército inglês entre 1915 e 1920. Ela conheceu um combate entre os panzers de Rommel e os exércitos frances e inglês em 1940. Essas pontes foram um dos pricipais alvos locais de bombardeamentos aérios da Segunda Guerra mondial. Todavia os bombardeiosnão fez disaparecer o patrimonio da arquitetura da cidade : igreja gótica do XVIe, as casas de faixada de madeira do fin da Idade Média e do Antigo Regime, o tribunal,( ou a juridição ) do XVIIIe século principalmente, a casa do governardor (Xve século?), as muralhas (XIIIe século), o solar de Manon...

 

 

 

 

 

 

Personalidades

A ultima ponte da cidade foi inaugurada em 1955 pelo Senhor Mendès France que era então presidente do Coselho e também conselheiro do cantão de Pont-de-l’Arche. Pont-de-l’Arche ainda acolheu as personalidades letradas : Octave Mirabeau, escritor, Jules Massenet, compositor, Jacques-Henri Lartigues, fotografo. Porém a maior gloria da cidade é Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), criança do pais, que era arqueólogo,artista desenhista, novelista...Este homem participou ao lançamento do estudo do patrimonio medieval normando. Ele foi o primeiro investigador do museu das antiguidades de Rouen e foi tambem professor na escola de belas artes. Varias amisades culturais se mobilisaram para homenagear sua memória e fianaciaram seu busto (desaparecido) e um medalhão à Pont-de-l’Arche. Os eleitos de Pont-de-l’Arche doaram seu nome à praça principal da cidade.

 

 

Crescimento demográfico e desenvolvimento dos serviços publicos depois de 1945

 

 

Desde a Segunda Guerra mundial, a cidade conheceu um grande crescimento demográfico consequente à varios projetos imobiliários que acolheram uma população desejosa de viver num quadro de vida agradável. Situada entre o Eure, o Sena e a floresta de Bord, a cidade de Pont-de-l’Arche, é muito proxima dos polos de empregos que são Rouen, Val-de-Reuil e Paris, facilmente ascessivel à partir da construção da autoestrada A 13 em 1967. Os municipios, geralmente situados à esquerda do jogo de xadres politico, companharam então o desenvolvimento dos servoços publicos definidos pelo Governo e enfreitando e assumindo ao crescimento demográfico proprio à cidade ( escolas, creches, infrastuturas esportivas,conservação das ruas e monumentos). Pont-de-l’Arche, comta hoje em dia mais de 4200 habitantes. A cidade faz parte, desde 2001, da comunidade das municipalidade Seine-Eure, que reune os municipios da região de Louviers et de Val-de-Reuil.

 Philippe Auguste fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada ainda visiveis hoje en dia.

Philippe Auguste fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada ainda visiveis hoje en dia.

Desinvolvimento de um praça forte : competição na luta entre os dois reis da Inglaterra e da França

Pont-de-l'Arche aparece em seguida mais claramente nos arquivos das lutas entre Ricardo II Coração de Leão, duque de Noramndia e rei da Inglaterra, e Philippe II Auguste, rei de França. Ricardo Coração de Leão fez renovar a ponte da cidade e deu meios necessários à fundação da abadia de Bonport (dois kilometros de Pont-de-l’Arche). Nas lutas entre os dois monarcas, o castelo de Vaudreuil foi destruido o que, assm que o rei da França tomou posse da Normandia, facilitou a escolha de Pont-de-l’Arche como sede militar local. Na verdade, Philippe Auguste fez de Pont-de-l’Arche seu principal lugar de residencia na Normandia. Ele fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada ainda visiveis hoje en dia. Ele fez o mesmo pelo forte de Limae, situado do outro lado da ponte, margem direita, onde ele bloqueava o acesso, tal como um bureiro. Este forte era dotado de uma torre philipienne que era um oservatorio ideal sobre a circulaàéao fluvial e o sirgagem dos barcos. Os atributos geográficos, aliados aos atributos militares, fizeram que a cidade se torne a sede de um magistrado de Rouen. A data deste estabelessimento nos escapa.

 

 

O papel de Pont-de-l’Arche no dominio terriotorial e da policia interior

A base militar apresentava várias vantajens, tanto pelo dominio territoral perante à enventuais envasores que pela policia interior do reinado. Pont-de-l’Arche permetia o dominio da circulação fluvial e, então o abstecimento de Rouen, cidade que poderia cair nas mãos inimigas.

Isto foi a rasão pela qual nossa cidade foi desafio durante os combates que opuseram os reis de Inglaterra e da França durante a guerra dos cem anos.

Assim Henri V, Henrique V rei de Inglaterra, tornou-se mestre de Pont-de-l’Arche em 148. A cidade conheceu então uma ocupação inglesa até 1449. Em 1346, Eduardo III néao pode tomar Pont-de-l’Arche e prosegui a calvagada para Nantes.

Sobretudo, a cidade oferecia uma base de retraguada ideal no caso de um ataque da capital de alta Normandia :

- no contexo de uma luta contra a Liga do bem publico, em 1466, Luis XI estabeleceu um campo no vale situado entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre e isto após ter reconquistado o forte de Limae que tinha sido caido entre mãos de nobres de Louviers, coligados.

- em 1589, as tropas de Henrique IV, que segiaram Rouen, foram abastecidas a partir de Pont-de-l’Arche. Prevcisões que o governardor da cidada, Leblanc du Rollet tinha, entre os promeiros, aberto as portas da cidade à Henrique IV, rei contestado. Esse monarca tinha, em agradecimento, gratificado as armas da cicade de tres flores de lys reais. A cidade descreve o brasão desde então: de areia à ponte de prata construida de areia, ao chefe consturado de azur (azul) carregado por tres flores de ouro.

 

Bastilha descentrada de Rouen, Pont-de-l’Arche, era uma base de retirada em caso de revolta do povo normando. Era um lugar de segurança na medida onde não havia muitos habitantes aqui para provocar uma revolta ultrapassando as forças de policias locais. No mais, dominar a cidade nõ era suficiante:era necessario tomar de assalto o forte de Limae, do outro lado do Sena. Pont-de-l’Arche era então, por motivos de policias interior, de dominar o territorio em caso de guerra, um lugar estrategico:

- foi assim que os protestantes de roeuneses dominaram a cidade, em 1562, com 6 peças de artilharias na esperança de fazer um ganho. Eles se emararam diretamente do poder real, mais en vão pois a cidade ficou fielmente catolica.

- em 1650, a Fronde perturbou a utilidade das fortificações da cidade: o duque de Longueville utilisou a guarnição militar e o castelo contra o poder real. O conte d’Harcourt, que prtegia a viajem do monarca na Normandia, recebeu uma ordem de investir a praça. Ele foi acampar perto do muro com a ajuda dos habitantes que havaim apontado tres canões contra o castelo, do outro lado do Sena. O duque de Longueville se serviu deste lugar forte como um arguemento suplementar par negociar a paz com o rei. As muralhas de Pont-de-l’Arche, ainda visiveis hoje en dia, tornaram-se uma arma diante eventuais rebeldes.

O parlamento da Normandia e o povo de Rouen pediram várias vezes o encerramento destes aqui citados. Noentanto, os nobres que recebiam direitos sobre a cidade negociaram o manteve das foritficações.

Bailiado de Pont-de-l'Arche

Bailiado de Pont-de-l'Arche

Pont-de-l’Arche e a cobiça dos privilégios reais sob o Antigo Régime

As ambições não eram raras que olhavam Pont-de-l’Arche com interesse. A cidade contava com varias taxas que atiravam a avidez.

- a taxa do governador da cidade (policia militar local) : os mais nobres que obtiveram do rei os direitos de governar a cidade foam : Concini, marechal d’Ancre e aliado de Maria de Médicis, Albert de Luynes, Jean-Baptiste d’Ornano, Richelieu.

- 4 tribunais : o tribunal de primeira instancia (o magistrado), o recohlimento do imposto da talha (o trabalho do tabelião), o celeiro de sal (sua venda era um monopolio de Estado) e a administração da águas e das florestas. Esses tribunais atiravam muitos oficais reais na cidade;

- os direitos menores (direitos de passagem sobre a ponte, direito de venda, direito de outorga....) Restaram um desquilibrio destas taxas: entre outros, a fabrica de lençois durou um certo tempo, a cidade de Pont-de-l”Arche não conhcecia nenhuma industria que alimentasse 1700 habitantes que a cidade contave nas vésperar de Revolução franscesa. Ela era que nada menos que a sede da administração local.

 

 

A Revolução franscesa e o Império ou o fin dos privilégios

A Revolução franscesa pois os ponteiro em ordem quendo fez de Louviers a sede da administração local : o papel militar e Pont-de-l”Arche tinha cedido desde muito tempo os beneficios em prol dos ganhos vindos da industria de manufaturas de Louvies, cidade bem mais populada. Em 1790, Elbeuf nõ foi incluida no novo departamento do Eure divido ao recuso de Louvier de coabiatar com seu concorrente fabricante de lençois. Essas dua cidades puderam então se torrnarem as sede da circunscrição.

Fora um juiz de paz e da municipalidade, Pont-de-l'Arche perdeu toda função administrativa. Durante a Revolução, as novas municipalidade archéopontenas, conheceram as mesmas disputas que aquelas que disputaram os nobres de antes a revolução. Todavia, essas eram publicas.

Após 1792, os republicanos avançados tomaram a politicas local. Alexandre de la Fleurière foi administrador de Criquebeuf. Esses dois hommes foram cassados por reação de terminador de 1795. Os pricipais problemas que a cidade conheceu durente esse periodo contituem as disputas entre os regimes do exércio revolucionario e os habitante os mais ligados ao culto católico. Eles conssistiam,sobretudo a famina. Esta era tão atroz que em variios lugares e que os habitants da cidade, desde longos séculos, ajudavam os barcos a passar a ponte que barrava o Sena. Eles puxaram os barco de trigo destinados à população de Paris mais de ventre vasio! Sem mesmo de poder comer de que refazesse as suas forças. Foi assim que els pararam de trabalhar e que eles pegaram o trigo que estavam estocados nos barcos... antes que o exercito não os reprimam.

Napoleão Bonaparte, que passou duas vezes por Pont-de-l’Arche, compreendeu o perigo par a policia interior e fez construir uma represa , inaugurada em 1813. Esta permitia de se dispensar de mão de obra local e continuando a encaminhar o pão que tranquilizava o povo e evitava assim eventuais movimentos de revoltados parisienses. Relembremos que o povo armado fez mudar o curso de Revolução por várias vezes ( a decadesncia do rei, a repressão dso girondinos...). O inicio de XIXe século foi um periodo de miseria para a cidade. Não tinha algum aconteceimento a não ser a ocupaçãp prussiana em 1815, a presença de uma loga maçonica e a criação de uma estação de Alizay-Pont-de-l’Arche em 1843.

 

A revolução industrial : a indusria de chinelos e sapatos

A revolução industrial atingiu o pais : a industria de chinelos se desenvolveu e trouxe um trabalho muito fracamente remunerado aos habitantes da regiõ poxima. Os chinelos, inicalemente era realizados nas casas dos operários, foram en saguida fabricados nas usinas construidas nas ruazinhas medievais da cidade à partir da metade do XIXe século. Esta industria se propagou e, entre as duas guerras, existiam umas de vinte usinas que empregavam milhares de pessoas. A fabrica de chinelos, e depois de sapatos após a Primeira Guerra mondial, contribui à enriquecer somente à seus proprietários, e notamente são visiveis ainda hoje em dia as belas manções nas avenidas da cidade.

Com a tomada de consnciencia da entreajuda, os operários da cidade fizeram greve em 1900, 1932, 1936 e 1954.... com a finalidade de mater, ou melhorar seus salários.

A indusria de chinelos e sapatos

A indusria de chinelos e sapatos

Guerra e destruições

A cidade conheceu a ocupação prussiana em 1870 por causa da ponta, que quase foi dinamitada. Ela acolheu um campo de exército inglês entre 1915 e 1920. Ela conheceu um combate entre os panzers de Rommel e os exércitos frances e inglês em 1940. Essas pontes foram um dos pricipais alvos locais de bombardeamentos aérios da Segunda Guerra mondial. Todavia os bombardeiosnão fez disaparecer o patrimonio da arquitetura da cidade : igreja gótica do XVIe, as casas de faixada de madeira do fin da Idade Média e do Antigo Regime, o tribunal,( ou a juridição ) do XVIIIe século principalmente, a casa do governardor (Xve século?), as muralhas (XIIIe século), o solar de Manon...

 

Personalidades

A ultima ponte da cidade foi inaugurada em 1955 pelo Senhor Mendès France que era então presidente do Coselho e também conselheiro do cantão de Pont-de-l’Arche. Pont-de-l’Arche ainda acolheu as personalidades letradas : Octave Mirabeau, escritor, Jules Massenet, compositor, Jacques-Henri Lartigues, fotografo. Porém a maior gloria da cidade é Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), criança do pais, que era arqueólogo, artista desenhista, novelista...Este homem participou ao lançamento do estudo do patrimonio medieval normando. Ele foi o primeiro investigador do museu das antiguidades de Rouen e foi tambem professor na escola de belas artes. Varias amisades culturais se mobilisaram para homenagear sua memória e fianaciaram seu busto (desaparecido) e um medalhão à Pont-de-l’Arche. Os eleitos de Pont-de-l’Arche doaram seu nome à praça principal da cidade.

História de Pont-de-l'Arche (Normandia)

Crescimento demográfico e desenvolvimento dos serviços publicos depois de 1945

Desde a Segunda Guerra mundial, a cidade conheceu um grande crescimento demográfico consequente à varios projetos imobiliários que acolheram uma população desejosa de viver num quadro de vida agradável. Situada entre o Eure, o Sena e a floresta de Bord, a cidade de Pont-de-l’Arche, é muito proxima dos polos de empregos que são Rouen, Val-de-Reuil e Paris, facilmente ascessivel à partir da construção da autoestrada A 13 em 1967. Os municipios, geralmente situados à esquerda do jogo de xadres politico, companharam então o desenvolvimento dos servoços publicos definidos pelo Governo e enfreitando e assumindo ao crescimento demográfico proprio à cidade ( escolas, creches, infrastuturas esportivas,conservação das ruas e monumentos). Pont-de-l’Arche, comta hoje em dia mais de 4200 habitantes. A cidade faz parte, desde 2001, da comunidade das municipalidade Seine-Eure, que reune os municipios da região de Louviers et de Val-de-Reuil.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 18:51

Paulette Lecureux est née en 1941 à Rouen. Elle arrive à Pont-de-l’Arche en 1964 en tant qu’enseignante en maternelle puis en élémentaire. A l’écoute des problèmes subis par certains de ses élèves et leurs familles, elle s’engage en 1977 dans l’équipe de Roger Leroux où se côtoient communistes, socialistes et divers gauche comme elle. Elle devient adjointe aux Affaires sociales, adhère au PCF et s’en éloigne au bout de deux ans. Elle rejoint le parti socialiste au cours de son deuxième mandat (1983-1989). En 1989, elle est élue maire face à Roger Leroux et sa liste à majorité communiste.

Après avoir été 12 années adjointe au maire, elle devient maire pendant 12 ans avant de redevenir adjointe pendant 6 ans au côté de Richard Jacquet (2008-2014). Elle totalise 30 ans de mandat et d’investissement salués déjà le 23 octobre 1998 par Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand, qui lui a remis les insignes de l’Ordre national du mérite. Dans son discours, il a souligné que « l’école a été pour toi un grand pas vers l’engagement public. En 1977, tu franchis le pas. Ce besoin d’aider les autres et de t’investir restera présent. En 1989, tu deviens maire : te voilà en première ligne, au front en quelque sorte. Durant toutes ces années, ton ambition s’exprime par ton souci de valoriser ta ville, de développer le tourisme, de confirmer son identité de cité historique. Tu ne changes pas, tu restes chaleureuse, volontaire, passionnée, entière, tenace, éprise de justice et profondément intègre. » 

 

Adjointe de 1977 à 1989

Elue adjointe aux Affaires sociales, Paulette Lecureux définit en 1978 les missions du Centre municipal d'action sociale (CMAS) qu’elle préside. Si elle a redéfini les priorités d’actions depuis, notamment en faveur de l’emploi, les missions actuelles (2013) du CCAS se fondent toujours sur ce travail. Paulette Lecureux est une élue très investie et ce malgré 6 années d’aller-retour professionnels vers Paris. En 1986, elle obtient notamment la construction du gymnase du collège en tant que présidente du syndicat intercommunal. Forte de sa notoriété et de son relationnel, Paulette Lecureux présente une liste en 1989 face à Roger Leroux et l’emporte. Son groupe compte 13 élus face à 10 élus d’opposition. Malgré sa virulence, cette opposition a été balayée aux municipales de 1995 et ce n’est qu’en 2001, face à une alliance hétéroclite allant du PCF à la droite, qu’elle est battue par Dominique Jachimiak.

 

Paulette-Lecureux-1989.JPG

Paulette Lecureux posant dans le bureau du maire pour l'éditorial de Pont-de-l'Arche ma ville (1989).

 

Maire de 1989 à 2001

Les deux mandats de Paulette Lecureux sont riches en réalisations qui visent à améliorer le cadre de vie des habitants et à garantir la mixité sociale et ce en baissant l’imposition.

 

Services publics municipaux

De nouveaux services sont créés et les biens communaux sont entretenus et améliorés. Les activités du Centre de loisirs (géré par le CAEJ) passent de 15 000 journées enfants en 1995 à 24 000 en 2000. L'accueil est étendu à toute l’année. Le terrain de camping est acheté (1990) et entièrement rénové (2000). La police municipale est créée à la place du garde champêtre (1994) et établie dans des locaux acquis pour elle (1995) au n° 4 de la place Aristide-Briand (revendus en 2010 par l'équipe de Richard Jacquet). Paulette Lecureux fait acheter (1997) et aménager (2000) des ateliers techniques municipaux, ceux du chemin de la Vallée étant devenus inadaptés. Elle fait agrandir la gendarmerie (1994). Elle et son équipe ouvrent aussi la Caverne des jeunes, un espace destiné aux 13-17 ans. Ce local est aménagé (1991) dans le Centre de loisirs.

 

Petite enfance

La petite enfance est nettement accompagnée et développée durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Outre l'éveil des enfants, c'est l'égalité homme-femme devant le travail qui est visée. Une maison située au n° 12 de la place du Souvenir est achetée (1994). Y sont installés provisoirement la crèche associative Bidibul (créée en mai 1994) et le Relai des assistantes maternelles (RAM). Paulette Lecureux fait acquérir (1996) et aménager le « Manoir de Manon » afin d’y accueillir (1998) ces deux précédents services. Une maison sise au n° 21 de la rue Julien-Blin est acheté (1996) dans l’objectif d’ouvrir le bailliage sur la ville et d’aménager un jardin. Ce lieu accueille aujourd'hui le Relai des assistantes maternelles. 

 

Ecoles

L'équipe de Paulette Lecureux fait évoluer les infrastructures et les services scolaires afin de faire face à l'évolution démographique. Un service de transports scolaires est mis en place (1989). Une salle d’activité est créée au groupe scolaire Maxime-Marchand (1994). La restauration scolaire est privatisée (1998) et la 6e classe de l'école maternelle Les Lutins est inaugurée (1997). Des travaux d’agrandissement du groupe scolaire Maxime-Marchand sont lancés.  

 

Social

Si cette compétence est dévolue au département, la municipalité de Paulette Lecureux a entrepris d'importants projets qui ont nécessité des équipements nouveaux. Les locaux de l’actuel centre médicosocial (géré par le Conseil général) sont achetés (1989) afin d'accueillir le public dans de meilleures conditions (le centre étant auparavant dans un appartement des Lupins). L’hôtel de Normandie est acheté (1996) pour en faire une résidence d’urgence (1999), l’actuel Foyer de jeunes travailleurs. Le contrat de ville est signé avec la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) le 22 décembre 2000 afin de favoriser les loisirs et la médiation auprès des jeunes.

 

Urbanisme

L'idée de redonner une identité à la ville et d'améliorer le cadre de vie de ses habitants se mesure aux nombreux projets urbains lancés et réalisés durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Le parking de la salle des fêtes est aménagé (1993). La rue Abbé-de-Lanterie est élargie (2000). Le premier columbarium du cimetière est posé (1996). Une rénovation lourde du centre-ville est entreprise (place Maréchal-Leclerc, place Hyacinthe-Langlois, rue Président-Roosevelt, Julien-Blin, Alphonse-Samain). Elle est conduite par le cabinet Arc en terre (Denis Comont) (1996- 1997). Cette rénovation a pour objectif de valoriser le caractère historique du centre-ville et de le restituer aux piétons. L’Espace Jacques-Henri-Lartigue est créé. Il a commencé par le rachat de l’usine Jeanbin (1989), rasée et remplacée par un parking (1991) en attendant le début des travaux (1995). Ceux-ci ont démarré par les logements HLM, suivis par la création de cases commerciales et de services (médecins, la poste) le long de la rue Jean-Prieur. Cette résidence a été pensée par l’architecte Thomas Noviczky et a été inaugurée en 2002. Les berges de l’Eure sont aménagées en deux temps (1990 et 1993) et aboutissent sur la création du chemin Claude-Boubet (1993). La piscine communale, créée en 1967 par Roland Levillain, est rasée car elle ne répond plus aux normes de sécurité (1996). Il est projeté de faire construire une nouvelle piscine dans le cadre de l’intercommunalité. La rénovation de la place du Souvenir (2000), du rempart au Monument aux morts, est rendue possible par le rachat (1992) du local Meubles-Jacques. Le Chemin du Becquet est aménagé (1990) jusqu’au Clos de Bonport pour desservir les nouveaux quartiers.

  

HLM

Le mandat de Paulette Lecureux est caractérisé par la création de logements HLM dans la mesure des espaces disponibles et dans un souci de préserver la mixité sociale. Ainsi ont été créés l’Espace Jacques-Henri-Lartigue (1997) (voir ci-dessus), la résidence du Becquet (1991) et projetée la réhabilitation complète de l’Anneau des Rosiers (2000) réalisée en 2004.

 

Accession à la propriété

Des projets privés ont vu le jour notamment grâce à l’ouverture de l’échangeur de Criquebeuf (1996) : l’Oiseau blanc (1998) et les dernières tranches de La Pommeraie dont les rues Louise-Michel, Joseph-de-Gay-Lussac et Antoine-Laurent-de-Lavoisier.

 

Patrimoine historique

Paulette Lecureux a souhaité agir en faveur de l’identité de la ville. Le patrimoine historique n’a pas été oublié que ce soit son entretien ou sa promotion : première plaquette touristique (1989), restauration de l’orgue qui retrouve sa voix (1995) et de diverses parties de l’église Notre-Dame-des-arts, achat du bailliage (1998), rénovation du calvaire de la Procession (1992), rénovation du mur du cimetière et de son calvaire (1998).

 

Animations et sports

La période 1989-2001 connait une vie culturelle, associative et commerciale active. La mairie prend cependant une part de plus en plus importante et organise, notamment, une exposition sur Jacques-Henri Lartigue avec publication d’un livret (1994), une exposition sur Octave Mirbeau. Le Foyer du Beauregard, salle associative, est inauguré (1993) et l’Office municipal des sports organise son premier forum (1997). L’Agorespace de la résidence Louis-Aragon est créé (1993). Les terrains du futur parc ludique sont achetés (1993). Il est un temps prévu d’y construire un gymnase avant de le prévoir (2000) le long de la rue Nungesser-et-Coli. Il sera réalisé par l’équipe suivante (2003).

 

Fiscalité

Les mandats de Paulette Lecureux, dont l’adjoint aux finances est Gérard Molle, sont caractérisés par une baisse régulière de la taxe d’habitation (de 15,92 % à 11,4 %) et du foncier bâti (de 34,5 % à 21,9 %). L’endettement a légèrement baissé durant ses deux mandats. En 1997, l’abattement général à la base (15 %) concernant la taxe d’habitation est supprimé et remplacé par un abattement (15 %) pour les familles ne payant pas d’impôt sur le revenu et dont le logement a une valeur locative brute en deçà de la moyenne communale. En 1994, les emprunts contractés entre 1977 et 1983 arrivent à échéance et offrent à la Ville une marge de manœuvre appréciable expliquant les nombreuses réalisations.

 

Durant ce mandat

Le Conseil général remplace le carrefour des Damps par un rondpoint et aménage l’avenue De-Lattre-de-Tassigny (2001). Sous l’impulsion de Paulette Lecureux, l’extension et la rénovation de l’hôpital local reprennent (1994-1996) avec la mobilisation d’Archépontains auprès du Ministère de la Culture afin de sauvegarder la chapelle et un ancien bâtiment. Les travaux sont conduits par Bruno Foulkes (Louviers). L’extension et la rénovation du collège Hyacinthe-Langlois par le Conseil général est lancée (1995-1996). Elle est conduite par l’architecte Nicolas Rougeulle de l’atelier Bellefontaine (Le Havre). L’administration de la poste veut fermer le bureau de Pont-de-l’Arche. Suite au refus de la population (référendum de 1993) de faire financer par la Ville la construction d’un nouveau bureau, l’équipe de Paulette Lecureux parvient à inclure en 1995 le guichet de la poste dans le nouvel Espace Jacques-Henri-Lartigue (voir ci-dessus), les facteurs partant trier le courrier à Val-de-Reuil.

 

Le contournement Est-ouest

Le contournement de Criquebeuf – Pont-de-l’Arche – Les Damps fut initialement demandé en 1983 par l’équipe de Roger Leroux, désireuse d’éloigner une circulation augmentant toujours plus. Le 16 décembre 1996, le Conseil municipal présidé par Paulette Lecureux relance ce dossier auprès du Conseil général. Lasses des délais, deux associations se créent : Gardez le bon air et Agissons ensemble pour le contournement de Pont-de-l’Arche.

Les édiles archépontains débloquent la question du tracé en abandonnant l’idée de faire passer le contournement par la route forestière de Cobourg (idée rejetée par l’Office national des forêts), il abandonne le projet de supprimer le péage Incarville (idée – irréalisable – de la Direction départementale de l’équipement). La Ville accepte l’empiètement sur ses terrains de sports. Ainsi une étude d’impact peut se dérouler. Paulette Lecureux a longtemps été accusée d’inaction sur ce dossier par L'Arche expression, son opposition non élue. Cependant, cette dernière souligne, dans Point de vue n° 7 (octobre 1997) que « Ce 15 septembre 1997, les élus municipaux ont voté le début du processus de la réalisation du contournement de notre cité ». L’étude prend fin en 1998 et débouche sur l’adoption d’un tracé satisfaisant toutes les parties et tous les organismes de contrôle de l’Etat.

Le tracé de contournement est adopté lors du Conseil municipal du 10 décembre 1998. La question du financement de celui-ci, par le Conseil général et la Région Haute-Normandie, revient au successeur de Paulette Lecureux. Notons que le retard du dossier du contournement est partiellement dû au fait que les autorités préfectorales ont lié cette question au projet de contournement Est de Rouen, dossier encore en cours en 2013.

 

L’intercommunalité

C’est la question de l’intercommunalité qui, semble-t-il, a fait chuter Paulette Lecureux. La loi n° 92-125 du 6 février 1992, dite loi Joxe, incite les collectivités locales à se regrouper en Communautés de communes. La Préfecture de l’Eure réunit un Comité interministériel du territoire le 10 février 1993 et retient le principe d’un Projet d’aménagement concerté du territoire (PACT) sur le site « Val de Seine ». Il s’agit d’impulser l’intercommunalité au niveau des 4 cantons de la région de Louviers (dont celui de Pont-de-l’Arche).

Les objectifs de cette structure syndicale sont le développement économique, l’aménagement du territoire, le social et la politique de la ville. Pour attribuer la présidence du PACT urbain, les plus grands élus locaux, Odile Proust (maire RPR de Louviers) et Bernard Amsalem (maire PS de Val-de-Reuil) trouvent un terrain d’entente et élisent Paulette Lecureux, maire de la troisième commune du Pact urbain. Le 2e vice-président est Franck Martin, nouveau maire de Louviers (1995) et futur président de la Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE). Karine Inion est recrutée cheffe de projet. Avec Paulette Lecureux et les élus, elle a 5 ans pour jeter les bases de l’intercommunalité : élaboration du premier Plan local de l’habitat, définition de la politique de la ville (équipements multisports comme l’Agorespace de Pont-de-l’Arche), projets culturels comme « Forêt de Bord : le lien » (1999).

Le PACT urbain initie peu à peu les élus à la pensée intercommunale, à l’élaboration de projets communs autour du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la collecte et du traitement de l’eau, des déchets, les transports… Cependant cette initiation a été difficile chez les élus, par incompréhension ou par choix stratégique, et plus encore dans la population. Certains maires du canton de Pont-de-l’Arche ont souhaité créer une intercommunalité à l’échelle cantonale. En 1996, ils créent la Communauté de communes Seine Bord. Paulette Lecureux, très investie dans le PACT urbain, refuse de faire entrer Pont-de-l’Arche (Conseil municipal du 12 juin 1996) et veut faire adhérer la Ville à la Communauté de communes de Louviers et Val-de-Reuil (Conseil municipal du 30 septembre 1999), la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) constituée le 1er janvier 2001 autour de 22 communes. Cette naissance fut difficile, la Préfecture mettant séparément Pont-de-l’Arche, Les Damps et Léry tantôt dans la CASE tantôt dans Seine Bord ! Notre ville fut définitivement incluse dans la CASE le 25 septembre 2000.

Si l’histoire a donné raison à Paulette Lecureux le 1er janvier 2013 où Seine Eure et Seine Bord ont fusionné, cette dernière a peiné à expliquer le bienfondé de sa démarche, elle qui a tôt compris l’intérêt de l’intercommunalité. L’Arche expression s’est engouffrée dans l’opposition à la CASE et a dépeint Paulette Lecureux comme un personnage autoritaire livrant – grâce à ses relations – la ville à Louviers et Val-de-Reuil. Arcboutés sur le canton par incompréhension ou par stratégie, les membres de L’Arche expression entretiennent les craintes des habitants sur un échelon méconnu de la décentralisation : l’intercommunalité. Ceci démontre un trait de caractère de Paulette Lecureux, moins politique que gestionnaire, moins stratège que passionnée. Elle a soutenu jusqu’au bout un projet peu populaire. Idem aux cantonales de 1998 où elle a perdu de nombreuses voix face à Gaétan Levitre (PCF), elle qui se prononçait pour le centre d’enfouissement technique de Pîtres.

 

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Paulette Lecureux posant pour le Forum de la femme en 2009 (photo A. Roques).

 

Adjointe de 2008 à 2014

Paulette Lecureux renoue avec la mairie de Pont-de-l’Arche en 2008 au côté de Richard Jacquet. Adjointe à l’Intercommunalité puis adjointe à la Jeunesse et vie sociale, elle s'investit dans un domaine bien connue d'elle : la prévention et la médiation au Bon-air, quartier qu'elle avait inscrit en 2000 dans le contrat de ville signé avec la CASE. Le service Jeunesse et vie sociale, créé durant ce mandat, a sans cesse évolué depuis son installation au Tremplin, avec d'autres services, jusqu'a son affectation au Mille club. Paulette Lecureux a continué à soutenir le commerce de proximité et les équipes de l'union commerciale et artisanale. Depuis 2008, elle est rapporteuse de la commission Commerce et artisanat de la CASE et membre de la commission Développement économique Paulette. Après 30 années de mandat, Paulette Lecureux a décidé de tourner une grande page de sa vie pour découvrir d'autres horizons, privilégiant maintenant sa vie personnelle. 

 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Le Trait d'union : bulletin d'information municipal (1977-1989)

Pont-de-l'Arche ma villebulletin d'information municipal (1989-2001)

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 19:11

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Les carnages ?

A. Doinel rapporte [1] que les habitants de Pont-de-l’Arche étaient surnommés les « Carnages » à la fin du XIXe siècle. Prononcez Carnâges avec un dernier « a » gras. Derrière ce mot, tout comme celui de Pontdelarchiais, l’on sent la connotation populaire revendiquée par les milieux les plus modestes. Ce sobriquet serait issu de l’expression le « quart nage » [2]. En effet, quand Pont-de-l’Arche avait un pont fortifié, son franchissement était soumis à un impôt. Dans une note (page 59) de Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie [3] Amable Floquet rapporte que « Au mois de mai 1616, ceux qui gardaient le château du Pont-de-l’Arche se permettaient des exactions sur les marchandises dont étaient chargés les navires qui passaient par là. Plus tard, l’abbé de « Bois-Robert, ayant découvert au cardinal que Saint-Georges, gouverneur du Pont-de-l’Arche, prenoit tant sur chaque bateau qui remontoit, et qu’on appeloit ces bateaux des cardinaux, Saint-Georges fut chassé. » Amable Floquet rapporte aussi que les Etats de Normandie, réunis à Rouen le 26 novembre 1643, remontrèrent au roi que « La garnison du Pont-de-l’Arche est un impost sur le vin » et qu’il faudrait faire « défenses aux soldats de rien prendre ausdicts basteaux » et en faire « respondre le capitaine du chasteau » qui était toujours Jean de Lonlay, seigneur de Saint-Georges. Le même Amable Floquet clôt ainsi la note : « Le 11 mars 1649 (pendant les troubles de la Fronde), le Parlement supprima, comme illégal, le droit de cinq sous par courbe de chevaux hallants bateaux entre Elbeuf et le Pont-de-l’Arche. » Selon la tradition orale, le sobriquet des Archépontains – les Carnages – viendrait de cet épisode où Pont-de-l’Arche était un pays où les quarts (de vin) nagent ; les marchands devant lâcher une partie de leur marchandise dans l’eau, à destination des soldats.  

Mais pourquoi désigner toute la population par une sorte d’insulte qui touche les gardes ? Peut-être y a-t-il un rapport avec les dizaines, voire centaines de personnes qui halaient les bateaux sous le pont et qui ont peut-être exigé parfois de quoi étancher leur soif ? Cette ancienne insulte est depuis longtemps devenue un clin d’œil amical au passé des Archépontains.

 

Pontdelarchiais ?  

Spontanément les habitants de la ville se sont appelés les « Pondelarchiais » ce qui, à défaut de bien sonner à l’oreille, est tout à fait logique. Certains d’entre eux ont même donné ce nom de « Pontdelarchiais » au dialecte normand mâtiné d’argot qui était parlé ici jusqu’à la Seconde guerre mondiale. Ce nom n’a jamais été officiellement donné aux habitants de la ville. Jusqu'à plus ample informé, personne n'a osé coucher cette forme par écrit. 

 

Archipontains puis Archépontains

Quand en 1900 Eugène Ferrand adressa un bilan de son mandat aux Achépontains [4], il l'intitula Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche et n'écrivit jamais Archépontains. Au début du XXe siècle apparait dans le langage oral l'expression Archépontine, écrite dans le journal L'Elbeuvien du 12 septembre 1917. On peut lire le féminin de la forme orale "Archépontin". Cependant cette gentilé ne fut pas fixée officiellement. 

On trouve « Archi-pontain » dans le journal L'Industriel de Louviers en 1934 [5] et encore « Archipontain » dans le premier bulletin municipal en 1965 [6]. C'est cette forme qui prédomine alors comme en témoigne le nom de la société créée en 1970 pour gérer la maison de retraite Les Pins : L'Association archipontaine des équipes féminines". C'est sous ce nom qu'elle demeure en 2013. 

Cependant, l'oralité lui a préféré la forme Archépontaine qui est enregistrée dans le marbre de l'administration depuis les années 1980 et de l'Internet depuis peu. 

A l'heure de l'Europe, il ne lui manque plus qu'une forme anglo-saxonne par laquelle certains  - dont je suis - pourraient dire crânement : I'm a native archepontan ! 

 

Notes

[1] Doinel A., Notice historique sur Alizay, 1880, Paris : Le livre d’histoire-Lorisse, 2004, 72 pages.

[2] Patin Jean-Pierre "Au pays des Carnages", Pont-de-l’Arche [bulletin municipal] n° 28, février 1996, Pont-de-l’Arche : mairie de Pont-de-l’Arche, 28 pages, voir la page 24.

[3] Floquet Amable, Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie après la sédition des nu-pieds (1639-1640) et documents relatifs à ce voyage et à la sédition, Rouen, E. Frère, 1842, 448 pages.

[4] Ferrand Eugène, Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche, [1900], 15 pages. Bibliothèque administrative de la Ville de Paris : Br. 14781.

[5] L'Industriel de Louviers, "L'inauguration du groupe scolaire à Pont-de-l'Arche fut une belle manifestation de concorde"1er décembre 1934

[6] Pont-de-l’Arche : revue cantonale, mairie de Pont-de-l'Arche, 1965, 28 pages.

 

 


A lire aussi...

    L'historique de la ville

 

   Le blason de la cité

 

   L'insolite de Pont-de-l'Arche 

 

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...