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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 13:57

 

La gendarmerie, une institution pérenne, évolue au fil des décennies. Nous avons retracé les différents déménagements de la gendarmerie de Pont-de-l’Arche depuis la Révolution française à nos jours. C’est un clin d’œil à ce représentant local de l’armée, lointaine émanation de l’infanterie française créée à Pont-de-l’Arche en 1481.   

 

A la recherche de la première gendarmerie

C’est grâce à deux témoignages que nous avons pu localiser la première gendarmerie de la ville. Roland Chantepie écrivit, page 319 [1], que « Le local de la gendarmerie se situait rue Montalent (aujourd'hui, rue Jean Prieur) ; désaffecté à la fin du Second Empire, ce vaste bâtiment servit pendant de nombreuses années à loger des familles nécessiteuses de Pont-de-l'Arche ; il fut ensuite démoli entièrement quelques temps avant la Seconde guerre mondiale et ce fut très dommage (1939).  Longtemps, on a pu lire au-dessus du portail principal l'inscription suivante : GENDARMERIE IMPERIALE, dont les lettres, avec le temps, finirent par s'altérer. » 

Puis, c’est la plume de Marcel Ouin, le patron des chaussures Marco, qui nous apporte des compléments d’information. Il les livre par la voix de sa grand-mère, page 164, qui prépara le repas de Napoléon Ier venu voir les travaux de l'écluse de Limaie [2] : « Tu n’oublies pas que je suis une Pasdeloup, que j’habitais rue Ste-Marie et qu’elle débouche juste en face de ce qui était à l’époque « la gendarmerie Impériale » (…) tu pourras encore lire au-dessus d’une porte-cochère, en plein cintre, « gendarmerie Impériale ».

 

C’est ce que l’on voit quand on agrandit une carte postale des années 1910. A droite du café épicerie Trumel, on retrouve la porte en plein cintre et l’on reconnait les contours de l’inscription « gendarmerie impériale ».

 

Jean Prieur (1)

A droite de cette carte postale des années 1910, apparait une porte en plein cintre. Elle constituait l'entrée de la première gendarmerie de Pont-de-l'Arche. 

 

Première gendarmerie

Agrandissement de la vue précédente.

 

Un vestige de cette gendarmerie subsiste aujourd’hui entre les numéros 4 et 6 de la rue Jean-Prieur. Ce sont quelques pierres de taille, certainement des réemplois des anciens remparts.

 

P1110408

Quelques pierres forment l'ultime vestige de la première gendarmerie

dans la rue Jean-Prieur (photo A. Launay, 2013). 

 

 

 

La gendarmerie de la rue Charles-Cacheleux

Roland Chantepie écrivit que la première gendarmerie fut désaffectée à la fin du Second empire, ce qui correspond à l’architecture et au matériau de la gendarmerie du numéro 14 de la rue Charles-Cacheleux. Ses dimensions permettaient de loger une plus grande garnison. Elle porte toujours l’inscription « Gendarmerie nationale » sur le même mode que la précédente gendarmerie.

 

P1120934

La deuxième gendarmerie, au numéro 14 de la rue Charles-Cacheleux (photo A. Launay, 2010).

 

P1120936

Inscription "gendarmerie nationale" sur la même façade

(photo A. Launay, 2010). 

 

 

 

La gendarmerie de la place Aristide-Briand  

Faisant face à la croissance de la population, la caserne de Pont-de-l’Arche a dû devenir trop étroite. Les gendarmes ont changé de locaux, semble-t-il après la Première guerre mondiale, où ils se sont installés dans une maison bourgeoise au numéro 4 de la place Aristide-Briand.

 

Aristide Briand (22)

A gauche, sur la place Aristide-Briand, la troisième gendarmerie de la ville sur une carte postale de la fin des années 1940 ou du début des années 1950.  

 

 

 

La rue Général-de-Gaulle : 1970

Les autorités militaires ont souhaité doter Pont-de-l’Arche et sa région d’une gendarmerie aux locaux fonctionnels. C’est ainsi que la municipalité de Roland Levillain fit construire la caserne au numéro 52 de la rue Général-de-Gaulle, gendarmerie et logements compris, en 1970. La gendarmerie fut agrandie par l’équipe de Paulette Lecureux en 1994 mais cela ne suffit bientôt plus...

 

Gendarmerie rue de Gaulle

Les locaux fraichement livrés de la quatrième gendarmerie, rue Général-de-Gaulle (archives municipales, 1970).

 

 

 

La cinquième gendarmerie, chemin du Becquet : 2008

Cinquième et dernier lieu, la gendarmerie actuelle fut érigée pour les autorités militaires par l’équipe de Dominique Jachimiak et livrée en 2008. Elle est située en bout de ville et constitue un véritable quartier avec ses logements. La précédente gendarmerie fut transformée en guichet des services sociaux et associatifs de la Ville (Le Tremplin) par l'équipe de Richard Jacquet.  

 

Gendarmerie

La façade de l'actuelle gendarmerie du chemin du Becquet (photo A. Launay, 2011).

 

 

Sources

[1] Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944).

[2] Ouin Marcel, Au coin du feu après la chasse, Pontoise : R. Lachèvre, 1948.

 

A lire aussi... 

La poste de Pont-de-l'Arche et ses déménagements !

 

 

Armand Launay

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 13:08

Roland Levillain est né en juin 1912 à Saint-Martin-de-Boscherville et décédé le 21 février 2014. Il est le dernier maire de droite de Pont-de-l’Arche (1959-1977) et partage avec Jean-Charles Ducôté (maire de 1827 à 1845) le record de longévité aux commandes de la commune : 18 ans. Il était exploitant de scierie et de carrière au Bon-air [1] ce qui lui permit d’acheter de nombreux terrains, notamment ceux de La Pommeraie. Sa scierie a contribué à la construction du pont provisoire en bois (1941-1944) et fut, pour ces raisons, bombardée par l’aviation Alliée (3 juin 1944) [2].

 

L’élu municipal et l’adjoint d’Alix Duchemin

La lecture des archives montre l’implication politique de Roland Levillain dès les années 1950 où le PCF avait repoussé la gauche radicale-socialiste archépontaine au côté du centre droit. Ainsi, en 1953, Roland Levillain fut candidat sur une liste rassemblant des radicaux-socialistes et des personnalités de droite. Face à elle, la liste PCF et la liste divers droite de Charles Morel qui remporta le scrutin et fit élire Didier Simon. Le décès brutal de Didier Simon déclencha un nouveau scrutin. En 1954, la liste radicale-socialiste sortit des urnes ex-aequo avec celle de Charles Morel. Les conseillers municipaux firent élire – d’un fil et au bénéfice de l’âge – le radical-socialiste Alix Duchemin. Roland Levillain, marqué à droite, fut désigné adjoint, fonction qu’il assuma de 1954 à 1959.  

 

Roland-Levillain.jpg

Roland Levillain posant dans son bureau de maire pour le premier bulletin municipal : Pont-de-l'Arche : revue cantonale (1965) (photo Lefer). 

 

Le maire trois fois réélu

Roland Levillain bénéficia d’un contexte politique favorable. En 1959, les radicaux-socialistes, sans meneur, perdirent les élections face à la droite et disparurent du devant de la scène politique communale. Roland Levillain devint maire en 1959. Il en fut de même aux élections de 1965 où le PCF, pourtant bien implanté, ne réunit pas assez de voix face à la droite et à une partie de l’électorat de gauche non rassurée par le communisme et l’URSS. Roland Levillain profita de la division de la gauche en 1971 où la gauche socialiste et radicale émergea à côté du PCF, avant de s’écraser faute de meneur compétent. Les victoires de Roland Levillain furent en partie dues à la division de la gauche et à l’effondrement de la gauche républicaine, elles furent aussi le fruit du bilan de ce maire dont on peut lire le maintient de l’électorat, malgré une légère érosion, au fil des scrutins. Roland Levillain fit donc trois mandats, avec des listes constituées autour de commerçants et de personnes – même de gauche – investies dans la vie publique. Proche de son électorat, c’est lui qui instaura la plage horaire du mardi soir pour les permanences du maire. Il fut le dernier maire à avoir été traité solennellement en notable avec, par exemple, le garde champêtre annonçant l’entrée dans la salle de « Monsieur le Maire » au début des séances du Conseil municipal.

 

L’action municipale

Les mandats de Roland Levillain révélèrent l’entrepreneur, pour ne pas dire l’homme d’affaires. Des projets urbains extramuros ont émergé dans notre ville depuis les années 1930 (groupe scolaire) et plus encore depuis les années 1950 (salle des fêtes, pont, HLM de l’Anneau des Rosiers et des Lupins 1…) et la croissance qui a suivi la Libération. Roland Levillain poursuivit cet élan et devint, grâce à ses trois mandats, le maire au plus riche bilan quant à la création d’équipements municipaux et de lotissements privés.

Ainsi, Roland Levillain et son équipe firent agrandir le groupe scolaire de deux classes (1962). Ils furent à l’origine de la piscine communale (1967 – démolie en 1996), du stade Jacques-Havet (1964), des terrains de tennis (1964 et 1971) et du premier local technique (vers 1970) à côté des services de la Direction départementale de l’équipement (actuellement Le Mutant). Ce local sert aujourd’hui au Comité des fêtes. Vaste opération, c’est sous un mandat de Roland Levillain que la Ville de Pont-de-l’Arche construisit les locaux du collège de Pont-de-l’Arche (1967). Il fit aussi construire la gendarmerie (1970) où l’équipe de Richard Jacquet fit installer le Tremplin (2009). C’est Roland Levillain qui fit transférer la mairie du bailliage à l’hôtel Alexandre-Delafleurière (1968) où elle se trouve de nos jours. Il privatisa le bailliage avant que ce joyau du patrimoine historique ne fût racheté par l’équipe de Paulette Lecureux (1998). Il fit aménager la cave de l’ancienne école de garçons (1976) afin d’y tenir des manifestations culturelles. Un nom fut alors forgé : la Salle d’Armes. Il fit restaurer deux vitraux (1972) et entretint l’église Notre-Dame-des-arts. Il fit aménager la place Aristide-Briand (1959) et lança la création des deux blocs sanitaires au groupe scolaire (1977) et programma la dalle devant accueillir le Mil-club attribué à la Ville par la Direction départementale de la jeunesse, des sports et des loisirs (1977). La place jouxtant la salle des fêtes fut baptisée place du Huit-mai 1945. Roland Levillain fit aussi publier le premier bulletin d’information municipale (1965) : « Pont-de-l’Arche : revue cantonale ». C'est durant un mandat de Roland Levillain que l'hôpital local lança une première tranche de réhabilitation (1976).

 

Réalisations privées

Du côté des réalisations privées, on compte le lotissement de la Forêt (1962), l’impasse du Soleil-rouge (1963), le clos de Bonport (vers 1966), la rue Jean-de-la-Varende (1971), l’impasse de la Vallée (1972), le lotissement l’Orée-du-bois (1972), l’impasse du Bon-air (1975). C’est durant le premier mandat de Roland Levillain que l’union commerciale créa le camping Eure et Seine (1960) et que le Temple protestant évangélique fut érigé (1964). Durant un autre mandat, l’Association archipontaine des équipes féminines créa la maison de retraite Les Pins avec l’aide de la Ville (vers 1970).  

 

Le social en berne

Le social et la création de services publics sont un point faible des mandats de Roland Levillain. De nouveaux équipements furent créés, de nouvelles sociétés se constituèrent comme l’Association jeunesse et loisirs, des cours de danse furent instigués par Louise Bornstein dans une classe préfabriquée précédant le gymnase du collège… Cependant, il semble que Roland Levillain n’ait pas suffisamment accompagné l’évolution des modes de vie en matière de sports, mais surtout de loisirs et d’éducation. C’est ce que démontre l’élection de Roger Leroux et son équipe, en 1977, et surtout leurs réalisations et leur réélection en 1983.  

Une seule résidence HLM a été inaugurée (1963) : Les Lupins 2 (l’immeuble jouxtant la rue du Bon-air). Il se peut qu’elle ait été lancée par l’équipe d’Alix Duchemin en même temps que Les Lupins 1 (1958). Après 1972, les constructions privées se raréfièrent ce qui fit baisser la population. Entre les recensements de 1975 et 1982 la villa passa de 2 883 à 2 456 habitants. Après une augmentation, cette baisse de la population semble traduire un essoufflement de la politique de Roland Levillain.

 

La brèche de l'immobilier

Roland Levillain, propriétaire de nombreuses terres, devint promoteur immobilier. Des projets émergèrent à La Pommeraie qui choquèrent une partie de la population et l’opposition de gauche, non élue : en tant que maire, il autorisa des permis de construire qui le concernaient [3]. Ceci n’était pas nouveau, le premier bulletin municipal (1965) mit en évidence une publicité (deuxième page de couverture) pour la Société civile immobilière « Bon air » qui prévoyait des logements accessibles à la propriété en lieu et place de la scierie Levillain. Ces projets choquèrent doublement en l’absence de projets de logements HLM.  

 

Finances

Côté finances, Roland Levillain laissa un budget sain qui permit à la nouvelle équipe élue en 1977 de réaliser de nombreux équipements et de créer de nouveaux services publics dès le début du mandat.

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Pont-de-l’Arche : revue cantonale

Le Trait d’union

 

A lire aussi…

Les maires de Pont-de-l’Arche

 

Notes

[1] peut-être à la suite de Robert Stref.

[2] archives de l’Eure : fonds FFI 97.

[3] Le Trait d'union n° 11, juillet 1979.

 

Armand Launay

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 15:29

Né vers 1857, Armand Louis Eugène Ferrand fut notaire à Pont-de-l’Arche. Il fut une figure incontournable du Pont-de-l’Arche de la toute fin du XIXe siècle. Il mit sa rigueur professionnelle au service de ses idéaux républicains ce qui lui valut d’être élu maire, malgré lui, de 1894 à 1900.

 

En tant que notaire sur la place Aristide-Briand, Eugène Ferrand a laissé au paysage archépontain une de ses demeures les plus notables : la flèche néogothique de la rue Charles-Cacheleux. Côté cour, une pierre portant le millésime de 1898 nous apprend qu’elle a été posée par la femme d’Eugène Ferrand. Cette élévation fait partie du mouvement de construction de demeures bourgeoises caractéristique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Précédant de quelque 35 ans la construction en vieux normand de l’étude notariale de la place Aristide-Briand, cet édifice se veut un vieux manoir normand avec ses pans de bois et ses tuileaux en remplissage.

 

Eugene-Ferrand-1-copie-1.JPG

Cette flèche néogothique fait partie des demeures

les plus notables du paysage archépontain depuis 1898

où Eugène Ferrand, notaire, décida de la faire ériger (photo A. Launay, 2013). 

 

Eugene-Ferrand-2.JPG

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

On retrouve Eugène Ferrand parmi les conseillers municipaux élus en 1888. Il œuvra cette même année pour la création d’une école maternelle. En vain, semble-t-il. La valeur éducation n’était pas un vain mot pour Eugène Ferrand qui, le 18 septembre 1896, déposa en préfecture les statuts de la Société des amis de l’école laïque, une association cardinale dans la sociabilité archépontaine jusqu’à la Seconde guerre mondiale ; une association dans laquelle figurèrent beaucoup de militants de la gauche radicale et même socialiste.

Le 30 aout 1894, au renouvèlement du Conseil municipal, Eugène Ferrand fut élu maire par 10 voix sur 14, trois élus ayant voté blanc et un autre pour Ernest Divay. Les élections d’avril 1896 reconduisirent une majorité d’élus républicains de gauche au Conseil municipal, parmi lesquels Armand Léopold Ouin, patron des chaussures Marco, Henry de Lafleurière, Anthime Ferrandier, Henry Prieur… Eugène Ferrand fut réélu avec 13 voix et son adjoint, Anthime Ferrandier en obtint 11.

Jusqu’à plus ample informé, Eugène Ferrand est le premier maire qui laissa un bilan officiel de son mandat : Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche. Son mandat est caractérisé par une gestion financière rigoureuse et une volonté de rendre équitable l’accès aux services. Il y parvint tout en annulant la dette communale. Il fit aussi procéder à un récolement des archives municipales, une première depuis 1857. Il fit rétablir les commissions administratives gérant l’hôpital local et le bureau de bienfaisance.

Tout en diminuant les dépenses de l’hôpital, il augmenta le nombre d’hospitalisés. Il fit aussi rénover les locaux. L’Elbeuvien du 30 décembre 1900 retrace l’inauguration de l’hôpital « sous la présidence de M. Eugène Ferrand, assisté de membres de la commission administrative de l’hospice. L’auteur des plans est M. Marie, ancien agent-voyer, qui en a conçu les aménagements d’après les derniers perfectionnements préconisés par la science moderne. L’hôpital est tenu par les sœurs de la Providence d’Évreux ». De 12 lits, l’hôpital accueillit 18 lits. Une vaste salle éclairée fut aménagée.

Eugène Ferrand fit aussi des travaux à la mairie (le bailliage) et la justice de paix (même lieu) pour rendre plus accessibles les différents services. Une partie de ces travaux doit être visible dans le cour du four à pain de nos jours. Il s'agit de l'agrandissement du bâtiment de la prison des hommes qui présente les mêmes caractéristiques que l'extension de l'école de garçons (voir ci-dessous) : brique en chainage, damier de silex et de brique blanche en remplissage. 

Il fit aussi agrandir et aménager l’école de garçons (salles Ambroise-Croizat et Beauregard) ce qui repoussa de quelques années la nécessité de construire un groupe scolaire. De ces travaux, une extension côté cour est nettement visible, de nos jours, qui porte le nom d’Eugène Ferrand et de Hubert Marie, agent-voyer, auteur des plans.

 

Extension Beauregard 1

Extension de l'ancienne école élémentaire (salles Ambroise-Croizat et de Beauregard)

bâtie en 1897 lorsqu'Eugène Ferrand était maire (photo A. Launay, 2010). 

 

Extension Beauregard 2 

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

Des restaurations à l’église Notre-Dame-des-arts ont aussi eu lieu notamment grâce au denier public et ce avant 1905 et la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Eugène Ferrand fit aussi renouveler l’équipement électrique de la ville en partenariat avec la Société normande d’électricité, basée de l’autre côté de la Seine, sur la zone du Fort. L’éclairage des rues passa de 3 mois à 9 mois par an. Un circuit téléphonique fut livré au public le 1er mai 1898.

 

Sources

L’Elbeuvien

Registres des délibérations du Conseil municipal

Ferrand Eugène, Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche, [1900], 15 pages. Bibliothèque administrative de la Ville de Paris : Br. 14781.

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:48

 

La rue des Soupirs est située le long du parc de la mairie. Nous avons noté déjà dans cette rue deux éléments de patrimoine : un mur en bauge et des stigmates de bombardements de 1944Ce nom intrigue, de quels soupirs est-il question ?

 

P1110178.JPG

 

Le plus ancien document, que nous ayons retrouvé, qui note le nom de rue des Soupirs date de 1917. Il questionnne une rue des Soupirs du camp aux Anglais.

Nous nous plaisons à relier ces soupirs aux noms de lieux, près des villes, qui font joliment référence aux herbes folles où folâtraient les amoureux : le Bel ébat à Evreux, la Côte des amoureux à Louviers et la Côte d’amour à Pont-de-l’Arche... Pour ne citer qu'elles.  

Lucien Barbe, auteur du Dictionnaire du patois normand en usage à Louviers et environ, nous apprend que la Côte des amoureux, à Louviers donc, était nommée la "Côte à mamours" en dialecte normand. Faire des mamours signifie faire des bisous, des papouilles, des câlins… Ces pratiques expliquent le besoin de se retrancher non loin de la ville mais déjà dans une certaine intimité...

Quant aux soupirs, au figuré, ils désignaient l’amour. L’expression soupirant nous est restée aujourd’hui qui désigne celui qui se languit d’amour.

Enfin, la rue des Soupirs est située non loin de la Côte d’amour, nom inusité de nos jours et que l’on retrouve dans les cartes postales des années 1910. Cet endroit, situé près de l’ancienne poste, a été recouvert par l’avenue De-Lattre-de-Tassigny afin de permettre l’accès au nouveau pont de la ville (1955). On retrouve le nom de Côte d'amour depuis au moins 1782 comme en témoigne un dessin que nous reproduisons ci-dessous. 

Quand les noms officiels rejoignent la poésie… et la remplace quelque peu !

La Côte d'amour, un joli nom de lieu archépontain encore usité dans les années 1910 comme en témoigne cette illustration de carte postale.

La Côte d'amour, un joli nom de lieu archépontain encore usité dans les années 1910 comme en témoigne cette illustration de carte postale.

Sur cette autre carte postale, quelques jeunes prennent du bon temps dans les herbes, ce qui illustre notre thèse selon laquelle la Côte d'amour et la rue des Soupirs tiennent leurs noms de ces moments insouciants parmi les pâquerettes des beaux jours...

Sur cette autre carte postale, quelques jeunes prennent du bon temps dans les herbes, ce qui illustre notre thèse selon laquelle la Côte d'amour et la rue des Soupirs tiennent leurs noms de ces moments insouciants parmi les pâquerettes des beaux jours...

La coste d'amour nommé dans un dessin de 1782 représentant le fort de Limaie, c'est-à-dire le fort situé de l'autre côté du pont de Pont-de-l'Arche. Le pont actuel touche la berge d'Igoville à l'endroit de la tour d'angle figurant sur ce dessin reproduit dans un article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

La coste d'amour nommé dans un dessin de 1782 représentant le fort de Limaie, c'est-à-dire le fort situé de l'autre côté du pont de Pont-de-l'Arche. Le pont actuel touche la berge d'Igoville à l'endroit de la tour d'angle figurant sur ce dessin reproduit dans un article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

Armand Launay

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:06


La guerre de Cent ans fut une longue succession de batailles entrecoupées de pauses qui opposèrent divers clans français et la monarchie anglaise. L’enjeu de ces conflits fut le trône de France et la maitrise de vastes territoires qui ont, par la suite, formé notre pays. Les premiers combats commencèrent en 1339 suite aux velléités d’Edouard III, roi d’Angleterre, sur le trône de France. En 1346, celui-ci se lança dans une chevauchée armée du Cotentin à Paris, puis de Paris à Calais. Ce fut un échec, notamment devant Pont-de-l'Arche qu’il voulait prendre de surprise. Néanmoins, les terres continentales étaient déchirées entre diverses luttes d’influences et d’alliances plus ou moins trahies. Pour compliquer le tout, la famille royale se déchira : le roi Charles VI étant sujet à des crises de démence, il régnait une certaine vacance du pouvoir français. Son fils Charles VII, encore très jeune, n’était que le Dauphin du roi. Une vendetta opposa les Armagnacs, proches de Charles VII, aux Bourguignons, c'est-à-dire les proches du duc de Bourgogne autour de Jean sans Peur, oncle du Dauphin. Profitant de cette division, Henri V d’Angleterre débarqua en aout 1417 dans l’estuaire de la Touques. Il conquit toute la Normandie, dont l’actuel département de l’Eure, d’avril 1418 à décembre 1419.

 

Comment le pont de l'arche fut prins"Comment le pont de l’arche fut prins", peinture, fol. 138v, in Martial d'Auvergne, Vigiles de Charles VII, France, 1484, manuscrit, parchemin, II-266 feuillets. Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits (division occidentale), Français 5054. cf. aussi  http://gallica.bnf.fr. Jusqu'à plus ample informé, c'est la plus ancienne évocation de pont à Pont-de-l'Arche, l'évènement datant de 1449. 

 

Prise de possession en 1418 par Henri V

Après s’être rendu maitre de Louviers, Henri V, roi d’Angleterre, arriva à Pont-de-l’Arche le 29 juin 1418 avec 10 000 hommes. Tenant déjà Harfleur, il voulait maitriser la Seine en aval de Rouen, avant de s’attaquer à cette ville. Il fit camper ses troupes entre la forêt et Pont-de-l’Arche et établit ses quartiers dans l’abbaye de Bonport. Jean Malet, seigneur de Graville et capitaine de la garnison de Pont-de-l'Arche, resta fidèle au Dauphin Charles VII en refusant de donner les clés de la ville. Henri V devait encore encercler la ville et faire battre en retraite plus de 2 000 combattants français, venus en renfort, qui attendaient les Anglais de l’autre côté du fleuve (fournissant ainsi un ravitaillement à la ville). Le 4 juillet, le duc de Cornouailles franchit alors la Seine avec huit bateaux, soit une soixantaine de combattants et quelques canons, et gagna une petite ile d’où il put tirer sur les Français. Impressionnés, ceux-ci se dispersèrent. Mil anglais traversèrent le fleuve, suivis le lendemain (5 juillet) par le duc de Clarence et 4 000 soldats ; la ville et le château de Pont-de-l’Arche étaient alors assiégés des deux côtés de la Seine.

Jean Malet tint ses positions et envoya plusieurs messages à ses soutiens. Les Rouennais, malgré une alliance signée le 5 juin 1418, n’intervinrent pas [1]... Jean sans Peur, tenant Pontoise et Chartres, interdit tout envoi de secours en Normandie et ce, de la part du gouvernement – armagnac – de Paris… Quelques escarmouches se produisirent encore devant le château de la rive droite. Isolé, Jean de Graville dut se résigner et signa un acte de reddition le 19 juillet, précisant que lui, Pierre de Rouville (son second) et mille de leurs hommes pouvaient partir libres sous la protection du roi d’Angleterre (jusqu’au 25 de ce mois). Les Anglais s’emparèrent alors de Pont-de-l’Arche, perçant ainsi les défenses bourguignonnes, et se rabattirent sur Rouen.

Jean de Graville eut le mérite de rester fidèle à Charles VII : isolé, il s’opposa à la fois aux Anglais et à Jean sans Peur, qui s’appuyait sur la bourgeoisie commerçante de Paris et qui vivait du trafic de la Seine et de ses affluents. On peut d’ailleurs pressentir une collusion financière entre celui-ci et le roi d’Angleterre. Quoi qu’il en soit, Charles VII remercia Jean de Graville en lui assignant 200 livres par mois (pour lui-même et pour 150 hommes) et en le nommant grand maitre des arbalétriers. Charles VII pouvait d’autant plus gratifier le capitaine de Pont-de-l'Arche que, si tous les sujets étaient restés aussi fidèles que Jean de Graville, Henri V d’Angleterre n’aurait pu se proclamer roi de France, suite au traité de Troyes (1420) [2].

 

Quel rôle pour le Pont-de-l’Arche anglais ?

Quel était le rôle stratégique de Pont-de-l'Arche ? Le contrôle des vivres nous semble intéressant car si les Anglais comptaient assiéger Rouen, mieux valait pour eux contrôler les vivres qui pouvaient être acheminées par notre cité, soit par voie de Seine, soit par la rive droite de ce fleuve. Or Pont-de-l’Arche contrôlait à la fois le passage sur la Seine (par le montage des bateaux sous son pont) et au dessus de celle-ci. D’ailleurs, une fois Pont-de-l’Arche tombé, Rouen ne tarda pas. Les taxes perçues ne devaient pas non plus être dédaignées. Mais, plus généralement, la maitrise de la Seine était essentielle aux déplacements d’une armée, de son matériel et de son approvisionnement [3]. En 1420, Thomas Holgill devint pourvoyeur des provisions de plusieurs places fluviales en Normandie [4]et notamment de Pont-de-l’Arche. Il assura aussi le ravitaillement des troupes anglaises de Paris. C’est ainsi que le 20 février 1420 le nouveau capitaine de Pont-de-l’Arche, Jean Falstof, fut chargé d’acheminer de Rouen à la Bastille de Paris un convoi fluvial de froment et d’orge. Il avait aussi pour mission de surveiller les navires suspectés de transporter des provisions pour les Français et, au besoin, de les réquisitionner ou les détruire. Car le danger était toujours présent, les Français de Charles VII contre attaquèrent, notamment à Verneuil en 1424.

Mais qui dit contrôle fluvial, dit présence et contrôle de troupes armées : Jean Beauchamp, autre capitaine, et ses troupes furent passés en revue en 1425 par les commissaires du roi d’Angleterre. Cette même année, le 8 octobre, une ordonnance contre les soldats qui avaient déserté leurs corps fut adressée au chevalier Jean Kigley, bailli de Rouen, et à Guillaume Crafford, lieutenant du même bailli et capitaine de Pont-de-l’Arche. Quelle était l’ampleur de la garnison ? Elle allait de 20 à 110 hommes (surtout vers les dernières années) durant la période anglaise. L’année 1429 est représentative : 10 hommes d’armes et 30 archers à cheval, 10 hommes d’armes et 30 archers à pied. Les troupes à cheval parcouraient la région dans un petit périmètre, les autres étaient en permanence dans le fort et pouvaient aussi s’atteler à des réparations comme celles du pont en 1435.

 

Les capitaines de la garnison anglaise de Pont-de-l’Arche de 1419 à 1447 [5]

1419 : Amauri le Coq, " capitaine du pont " ;

1421 : Maurice Bron [= Brown ?], " capitaine de la ville et du château pour le roi d’Angleterre " ;

1429-1432 : Robert de Willoughby, " capitaine du Pont-de-l’Arche" ;

1422 : Thomas Maitreson, " capitaine de la ville et du château " ;

1422-1429 : Jean de Beauchamp, " capitaine de Pont-de-l’Arche " ;

1433 : Jehan Talbot ;

1434 : le comte d’Arundell, " capitaine de la ville et du château " ;

1435-1437 : Robert de Willoughby, " capitaine du Pont-de-l’Arche" ;

1440-1443 : le cardinal de Luxembourg, " capitaine de Pont-de-l’Arche " ;

1443 […] : Adam Hilton, " capitaine de Pont-de-l’Arche " ;

1446-1447 […] : le duc d’York, " gouverneur de France et de Normandie, capitaine de Pont-de-l’Arche " et Thomas Mulso, lieutenant ;

1448 : Fauquemberg.

 

 

La Libération de Pont-de-l’Arche en 1449 par Charles VII

L’importance stratégique de Pont-de-l'Arche se sentit aussi en matière diplomatique. Outre les Etats de Normandie qui s’y tinrent en 1432, 1437, 1438 et 1439, la ville accueillit des conférences entre Anglais et Français. Cependant le vent tourna, les Français s’étaient ressaisis, notamment en 1435où les Armagnacs firent la paix avec les Bourguignons. En 1441, Evreux fut libéré. La garnison anglaise de Pont-de-l'Arche fut renforcée et confiée parfois à des personnalités de premier plan comme le duc d’York, par exemple. Le 30 novembre 1440, Henri V réunit à Pont-de-l’Arche une assemblée des notables de la ville et des environs pour faire cesser les actes de résistance et l’avancée des troupes françaises qui s’étaient momentanément emparées de Louviers. En 1444, les places de Verneuil, Vernon, Château Gaillard et Pont-Audemer furent à leur tour libérées.

Le roi de France, Charles VII, eut l’intention de reprendre Rouen en 1449 : il concentra ses forces sur Louviers et Pont-de-l'Arche en vue, très certainement, de faciliter le passage des troupes, du matériel et des futures vivres. Et, contrairement à l’arrivée des Anglais à Pont-de-l'Arche, les Français voulurent reconquérir la ville non par la force mais par la ruse, d’après les chroniqueurs du Moyen Age. Un marchand de Louviers, qui passait habituellement par Pont-de-l'Arche pour aller vendre ses denrées à Rouen, prit une place cardinale dans une stratégie un peu spéciale. Alors que le marchand devrait obtenir des gardes l’ouverture de la porte, quelques Français à pied resteraient cachés près de l’entrée du château de Limaie, sur la rive droite en face du pont, et attendraient la première occasion pour s’engouffrer dans les fortifications. Pendant ce temps, quelque 4 à 500 cavaliers patientaient à l’orée de la forêt, rive gauche. Alors, le 13 mai 1449, selon les propos de Léon de Duranville ;

Le marchand, traversant le Pont-de-l'Arche, suivant son habitude, réclame du portier l’ouverture de la porte pour le lendemain de très bonne heure, et ce, sous promesse de récompense. […] au point du jour, il frappe pour éveiller le portier. Celui-ci conçoit d’abord quelques inquiétudes, en voyant deux hommes sortir de l’hôtellerie ; mais il se sécurise sur l’assurance à lui donnée que ce sont deux habitants de Louviers. Toute prime mérite son salaire ; le marchand laisse tomber à terre quelques pièces de monnaie, et, profitant de la posture du portier… il le tue. Le bruit alarme ceux qui sont dans le château, et l’un d’eux, descendant en chemise, s’efforce de lever le pont-levis. Il y avait deux ponts-levis, l’un par lequel on accédait au boulevard, et qui se trouvait au pouvoir des assaillants, et l’autre, dont le soulèvement pouvait encore sauver la place. Le marchand s’élance, et met à mort ce second adversaire. […] Il restait encore une seconde entreprise ; ce fut l’affaire d’un clin d’œil que de passer le pont et d’arriver à la porte de la ville. Le sommeil régnait encore, un seul anglais défendit longtemps et courageusement cette porte. Les autres soldats de l’Angleterre furent tous prisonniers, et notamment le seigneur de Fauquemberg [qui] venait d’arriver durant la nuit. […] La place étant au pouvoir des Français de Brézé [6], ils ouvrirent une des portes qui donnaient vers la forêt ; alors, le bailli d’Evreux et le seigneur de Magny… entrèrent dans la place… Cet événement coûta la vie à huit ou dix anglais.

La chute de Pont-de-l'Arche éveilla la fureur du duc de Sommerset, gouverneur de Rouen, car la route de sa ville était ouverte au roi de France. Elle tomba peu de temps après, en 1450 (ainsi que la Normandie continentale) aux mains du roi de France. En 1475, cessaient les attaques anglaises et donc la guerre de Cent ans. Mais, cependant, les monarques anglais ont depuis lors conservé le titre de… roi de France…

 

 

A lire aussi...

Les ponts de Pont-de-l'Arche de 862 à nos jours

Les remparts de Pont-de-l'Arche

 

 

Notes

[1] A moins qu’ils eussent envoyé les soldats dont nous parlions ci-dessus qui, très rapidement, se sont enfuis, comme si la défense de Pont-de-l'Arche leur importait peu…

[2] Ce qui fut approuvé par le Parlement et l’Université de Paris…

[3] Henri V protégea en priorité la Normandie et Paris et rendit sûr l’axe de la Seine en s’emparant de Sens, Montereau, Melun, Dreux (en 1421).

[4] dont Rouen, Château Gaillard, Vernon et les Goulets.

[5] Delabos Christian, annexe IV. 

[6] Pierre de Brézé (sénéchal d’Anjou, de Poitou et de Normandie, capitaine de Louviers), Robert de Flocques (bailli d’Evreux, maréchal de Normandie, propriétaire de la seigneurie d’Orcher, près d’Harfleur), Jacques de Clermont, Guillaume de Bigars…

 

 

Sources 

Bodinier Bernard (dir.), L’Eure de la préhistoire à nos jours, Saint-Jean-d’Angély : éd. J.-M. Bordessoules, 2001, 495 pages ;

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : éd. Delcroix, 1868, 960 pages ;

Delabos Christian, La Seine et les opérations militaires à la fin du Moyen Age, mémoire de maitrise soutenu à Rouen sous la direction d’Alain Sadourny en 1991, 248 pages ;

Demurger Alain, Temps de crises, temps d’espoirs : XIVe-XVe  siècle, Paris : Le Seuil, collection points histoire,1990, 380 pages ;

Duranville Léon de, Essai archéologique et historique sur la ville du Pont-de-l’Arche et sur l’abbaye Notre-Dame-de-Bonport, auto produit, 1856, 231 pages.

 

 

 

Armand Launay

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 17:49

Le nom de Charles Michels fut donné à la cité d’urgence inaugurée à Pont-de-l’Arche en septembre 1947 par le maire communiste André Benet et le député radical-socialiste Pierre Mendès France. Son nom est aussi immortalisé à Romans, Limoges, Issoudun, Saint-Denis, Paris (XVe arrondissement)… Mais qui était-il ?

 

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La cité Charles-Michels fut bâtie en urgence en 1947 pour reloger des sinistrés de la Seconde guerre mondiale. Son architecture stéréotypée, constituée de panneaux de béton, devait durer peu de temps. Existant toujours aujourd'hui, elle témoigne des années qui ont suivi la Libération (photo A. Launay, 2011). 

 

Charles Michels, né le 6 mars 1903 à Paris et mort le 22 octobre 1941, était un ouvrier en chaussures qui devint secrétaire au syndicat CGTU, puis CGT de la fédération des cuirs et peaux. Il fut ensuite député communiste de Paris (XVe arrondissement).

Dès 13 ans, cet orphelin de père travailla dans la chaussure, chez Dressoir, une des plus importantes entreprises de chaussures de la région parisienne. A 17 ans, il devint délégué du personnel de son usine ce qui lui valut un licenciement. Adhérent au Parti communiste français à partir de 1926, il acquit des responsabilités syndicales à partir de 1929 dans l’union syndicale des cuirs et peaux au niveau local et national. C’est à titre qu’il accompagna les ouvriers de Pont-de-l’Arche durant la grande grève de 1932 où il fut identifié avec son camarade André Tollé dans un rapport de police. En 1935, les organisations syndicales des cuirs et peaux, CGT et CGTU fusionnèrent et Charles Michels avait la réputation d’organisateur de tous les mouvements de grève nationaux. 

En 1936, il fut élu député du Front populaire dans le XVe arrondissement de Paris. En 1937, il fut élu secrétaire général des la CGT des cuirs et peaux où il milita contre le fascisme. En septembre 1939, il fut incorporé au 22e GOA à Vernon. Il fut déchu de ses fonctions législatives le 21 janvier 1940 en raison de son appartenance au Parti communiste français. Démobilisé, il regagna Paris où il prit contact avec Jean Catelas, meneur de la résistance communiste locale. Charles Michels réutilisa ses réseaux syndicaux des cuirs et peaux pour organiser la résistance. Il fut arrêté avant de pouvoir gagner la clandestinité en octobre 1940. Après plusieurs centres de détention, il aida des camarades à s’évader de la prison du Camp Choisel, à Châteaubriand, (Ille-et-Vilaine).

Suite à un attentat perpétré contre la Kommandantur de Nantes, Charles Michels fut le premier otage à être désigné puis fusillé, le 22 octobre 1941, avec 26 autres détenus dont le célèbre Guy Môquet qui cita Charles Michels dans l'avant dernière qu'il écrivit à sa famille, avant d'être fusillé à son tour. 

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Vue sur une autre maison de la rue Charles-Michels (photo A. Launay, 2011).

Plaque commémorative placée chez le marbrier à l'entrée de la rue Charles-Michels. Il semble que ce soit elle qui ait été inaugurée quand la rue fut baptisée du nom de Charles Michels (cliché Armand Launay, juillet 2016).

Plaque commémorative placée chez le marbrier à l'entrée de la rue Charles-Michels. Il semble que ce soit elle qui ait été inaugurée quand la rue fut baptisée du nom de Charles Michels (cliché Armand Launay, juillet 2016).

Sources

Maitron Jean, Pennetier Claude (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome XXXVI, quatrième partie, 1914-1939 : De la Première à la Seconde guerre mondiale, Paris : les Editions ouvrières, 483 pages. Charles Michels : page 354.

Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944).

 

Armand Launay

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 15:36

Pierre-Octave Philippe est un homme d’Eglise né le 18 octobre 1835 à Nassandres (Eure) et décédé à Pont-de-l’Arche le 1er mai 1907.

 

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Il entra au petit séminaire d'Evreux en 1850 où il brilla. Son premier sermon porta sur la Vierge-Marie. Pierre-Octave Philippe fut nommé vicaire à Pont-de-l'Arche de juillet 1860 à 1867. Comme l’écrivit son biographe Maurice Thinon de la Troche (voir les sources), il se fit une réputation de « théologien de mérite et [de] prédicateur de haut vol. » Il donnait une première messe à 6 heures du matin, étudiait durant la matinée et passait ses après-midi auprès de ses paroissiens, surtout les malades, les faibles. Durant une épidémie de choléra, il soigna lui-même des malades. Son biographe dit de lui qu’il était un grand catéchiste, une personne secourable : « l'homme de Dieu et l'homme de tous ».

Le 10 juillet 1867, le diocèse le nomma curé de Caumont. Sous le feu de l'ennemi, il apporta ses soins aux soldats français durant les combats de la guerre de 1870. A la fin de l’année 1887, il fut de retour à Pont-de-l'Arche comme curé-doyen. Maurice Thinon de la Troche ne manque d’admiration pour ce prédicateur : « Tout entier à ses paroissiens, il le fut toujours aux heures de joie comme aux heures de tristesse et de colère. Les habitants de Pont-de-l'Arche n'ont pas grand effort de mémoire à faire pour évoquer la silhouette de leur vieux pasteur se dressant devant eux, pour leur ouvrir tout grands ses bras et leur jeter, en appel de paix, le cri de son cœur : « Je vous aime ! » »

 

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Le presbytère vu depuis la tour-clocher de Notre-Dame-des-arts. Sur cette carte postale, on aperçoit la silhouette de Pierre-Octave Philippe, quelques années avant sa disparition.  

 

La piété de Pierre-Octave Philippe pour la Vierge-Marie se confirma en 1896 où il fonda l'œuvre de Notre-Dame-des-arts. Outre le renouveau du culte catholique, le curé-doyen voulait attirer autour des arts la contribution de grandes familles françaises afin de restaurer l’église. Maurice Thinon de la Troche le dit en d’autres termes : « Sans autres moyens que sa prière et sa foi, il réussit à promouvoir un afflux de ressources qui lui permirent, sinon de réaliser l'idéal qu'en son rêve pieux il avait entrevu, du moins de redonner à son église un vêtement de gloire. »

Il prolongea en cela le travail d’un de ses récents prédécesseurs, Jacques Evariste Lemariez (1828-1885), curé doyen de Pont-de-l’Arche, chanoine honoraire de Nancy et Evreux, dont la tombe porte encore aujourd’hui l’inscription « Regrets de sa famille, de ses nombreux amis et de tous ses paroissiens. Reconnaissance au restaurateur zélé et actif de leur église ».

Pierre Octave Philippe fut entouré de deux amis : l'abbé Emile Chevallier, son vicaire depuis 1895, « son alter ego » et, depuis 1903, l'abbé de Lanterie. A son décès furent ouverts quatre jours de recueillement très suivis. La cérémonie funèbre fut présidée par Monseigneur Meunier en présence d’Etienne-Alexandre Sorel, président de l'ancien Conseil de fabrique, et du maire Jules Fromont, qui déclama que « Le nom de l'abbé Philippe fait partie de l'histoire de notre petite ville, il est inscrit dans nos cœurs et passera à la postérité."

Il fut enterré au cimetière communal. Sa tombe a depuis été retirée.

 

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La mémoire populaire dit que le visage de la statue du Sacré-coeur, au tambour de Notre-Dame-des-arts, a été taillé d'après les traits de Pierre-Octave Philippe (photo A. Launay, 2012).  

 

Sources

Registres d’état civil

Thinon de la Troche Maurice, Un prêtre : M. l'Abbé Pierre-Octave Philippe, chanoine honoraire, curé-doyen de Pont-de-l'Arche, directeur de l'œuvre de Notre-Dame-des-arts, Pont-de-l'Arche : imprimerie Claude frères, 1907, 23 pages. 

 

A lire aussi... 

L'église Notre-Dame-des-arts

 

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Ci-dessous : carte postale annotée par Pierre-Octave Philippe qui justifie son envie d'instaurer le culte de Notre-Dame-des-arts. 

Pierre-Octave Philippe, curé de Pont-de-l’Arche, fondateur de l’œuvre Notre-Dame-des-arts (1896)
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 13:43

 

Henry Placide Prieur est né à Pont-de-l’Arche le 30 septembre 1840 et décédé au même lieu le 29 décembre 1914. Il fut l’un des principaux industriels du chausson puis de la chaussure et maire de la Ville. Il est aujourd’hui commémoré par un nom de rue officialisé le 4 mars 1937 par le Conseil municipal présidé par Raoul Sergent. Auparavant, cette rue s’appelait « rue des Carrières » et, encore avant, le boulevard de Crosne.

 

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La rue Henry-Prieur et ses logements ouvriers bâtis par le même personnage témoignent de l'épopée de la chaussure à Pont-de-l'Arche (photo A. Launay, 2013).

 

L’industriel du chausson puis de la chaussure

Neveu d’Antoine Ouin, premier industriel du chausson à Pont-de-l’Arche, Henry Prieur se lança dans la fabrication de chausson à partir de 1872. Son entreprise fut florissante, il dut agrandir ses locaux de la route de Tostes en 1892. En 1898, il fut le premier industriel archépontain à mécaniser sa production. Il put ainsi travailler plus fortement le cuir et créer les premières chaussures de Pont-de-l’Arche, ville du chausson. C’est dans son usine qu’éclata la première grande grève de la chaussure à Pont-de-l’Arche (1900). Paternaliste, il fit construire des logements ouvriers, ceux que l’on connait dans la rue Henry-Prieur. Dans cette rue, il fit aussi construire en 1903 sa demeure personnelle, Les Lauriers, que nous avions attribué à son fils, Henry, dans notre ouvrage Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure (page 42). Cette demeure porte la signature de Rabier, architecte. Le portail en fer forgé porte les initiales « HP ». Ce n’est pas donc pas un hasard si la rue des Carrières a pris le nom d’Henry Prieur. Quelques années plus tard, Henry Prieur laissa la gestion de son entreprise à ses fils Henry (1882-1937) et Albert (1890-1965) qui firent fleurir l’entreprise familiale qui employa jusqu’à 350 personnes en 1923. Albert Prieur fut propriétaire du « Château » du Centre de loisirs. Il semble qu’Henry Prieur habita la villa Les Lauriers. Toutefois, l’entreprise Prieur ferma définitivement ses portes en 1964.

 

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Les locaux de l'entreprise de chaussons puis de chaussures d'Henry Pieur, dans la rue Roger-Bonnet (photo A. Launay, 2013). 

 

L’homme politique local

C’est le 19 avril 1878 que Henry Prieur commença sa longue carrière publique en devenant conseiller municipal. Quelle que soit la tendance politique, il se fit élire sur les listes des élections du 23 janvier 1881, du 18 mai 1884 et du 23 avril 1888. Recueillant moins de voix que ses colistiers, il était toujours élu en fin de liste. Il était avait cependant la confiance des autres élus. En effet, le 21 décembre 1890, alors qu’Achille Fumierre fut élu maire, Henry Prieur fut élu adjoint par neuf voix contre quatre. Dans le même ordre d’idées, le 26 juillet 1891, notre homme fut élu maire sans difficulté par neuf voix sur quinze. Le 15 mars 1892, les élections municipales furent avantageuses pour Henry Prieur où il termina troisième de la liste des élus. Il fut élu maire par 11 voix sur 16 mais démissionna peu après pour des raisons que nous ignorons et peut-être relatives à son entreprise. Ce durent être de bonnes raisons car les élections du 18 avril 1896 le placèrent encore dans une bonne position (quatrième de la liste). Le 6 juillet 1902, au deuxième tour il se désista en faveur de Jules Fromont qui devint maire. Les élections du 17 mai 1908 furent mauvaises pour la gauche où Maurice Delamare, leader des républicains de gauche, se retrouva dernier élu de la liste et Henry Prieur, situé cinq places avant Maurice Delamare. Le vote des conseillers pour choisir un maire est intéressant. Il fallut trois votes pour départager MM. Fromont et Prieur. Ce dernier dut son élection à Maurice Delamare et Armand Ouin. Ceux-ci reçurent chacun une voix au premier tour, Henry Prieur six. Au deuxième tour Henry Prieur en eut huit alors que MM. Ouin et Delamare n’en reçurent plus aucune. Maurice Delamare devint adjoint. Quant aux fils, Albert Prieur faillit être maire en 1919, où il refusa la charge. Henry Prieur fils fut adjoint de Maurice Delamare en 1925.

 

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La villa Les Lauriers (1903) fut construite pour Henry Prieur (photo A. Launay, 2013). 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Registres d'état civil 

 

A lire aussi... 

Le Monument aux morts

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

Armand Launay

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 17:16

 

L'armée de l'air britannique et la première salle des fêtes

C’est la présence de l’armée de l’air britannique, le Royal flying corps, qui dota Pont-de-l’Arche d’une première salle des fêtes. En effet, durant la Première guerre mondiale l’armée de sa Majesté occupa tout l’espace compris entre la rue des Peupliers, aux Damps, et la rue des Soupirs à Pont-de-l’Arche. Les soldats achevèrent la construction de l’usine de chaussures des Fils de Georges Prieur (avenue de la Forêt de Bord), le gouvernement britannique loua le Vieux manoir, actuel Manoir de Manon, afin d’établir le quartier général des officiers. L’armée construisit de nombreux baraquements provisoires au Camp dont il reste le bar Les Dardanelles. Elle fit aussi bâtir une salle des fêtes, aujourd’hui disparue, au bout de la rue de Montalent, actuelle rue Jean-Prieur. Cette salle était constituée de deux baraquements en bois, longs et accolés. Quelques décorations peintes égayaient ses façades.

Le 7 décembre 1921, la Ville de Pont-de-l’Arche acheta ce baraquement 10 000 francs aux établissements Ponda, dirigés par M. Fabre. Ce bâtiment devait servir de salle des fêtes.  Les élus décidèrent de mette en location cette salle à des particuliers souhaitant y réaliser des animations. L’Industriel de Louviers du 14 octobre 1922 narre l’inauguration du cinéma d’Édmond Béquet et de R. L’Hernaut dans la salle des fêtes. Le 17 mars 1923, le journal annonçait des spectacles : « The great mystery », et « Robertson et sa mystérieuse Compagnie ». Le 30 décembre 1935, les élus confièrent le bail à Maurice Lavoisey, par ailleurs animateur d’une troupe lovérienne de théâtre : « la Revue locale ». Une anagramme lui servait de nom de réalisateur « Maurice de Yésioval ». Le 22 aout 1928, les élus signèrent un bail avec Emile Chary qui réalisa plusieurs spectacles avec Maurice Lavoisey.

 

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La première salle des fêtes de Pont-de-l'Arche se trouvait dans un baraquement provisoire bâti par l'armée de l'air britannique durant la Première guerre mondiale (photo archives municipales). 

 

Le nouveau pont oblige la création d'une nouvelle salle 

A la Libération, il fut décidé de construire le nouveau pont en amont de la ville, devenue trop étroite pour les moyens de transports. Ainsi, les Ponts et chaussées décidèrent de créer une déviation depuis la limite des Damps jusqu’à l’entrée du pont prévue au bout de la rue Jean-Prieur. Cette nouvelle voie, la future avenue De-Lattre-de-Tassigny, condamna plusieurs espaces et bâtiments dont la salle des fêtes. Le 30 mars 1950, sous la présidence de Charles Morel, le Conseil municipal décida la construction d’une salle des fêtes « en remplacement de celle expropriée pour le passage d’un tronçon de la RN 182 selon l’état descriptif et estimatif sommaire établi par M. Rivier, architecte à Louviers, qui se monte à environ 8 305 000 F ». Le projet suivit son cours et c’est Alix Duchemin qui mena à bien la construction de la salle des fêtes (1954). Elle fut inaugurée en présence de Pierre Mendès France en face du groupe scolaire Maxime-Marchand et près de ce qui sera l'école maternelle et le stade Jacques-Havet. Pour la première fois, la ville avait une salle des fêtes construite pour durer. Elle témoigne des années 1950 par son plan en carré long et son toit à quatre pans recouverts de tuiles mécaniques. 

Salle des fêtes non terminée (oct. 1954)

L'inauguration de la salle des fêtes en 1954 en présence (de gauche à droite) du Préfet, d'Alix Duchemin, maire, de Pierre Mendès France, député, conseiller général de Pont-de-l'Arche et président du Conseil général, et de la veuve Georges Bluet, présidente du cercle radical Edouard-Herriot de la ville. 

 

La salle des fêtes bénéficia d’une restauration achevée en 1987 pendant le mandat de Roger Leroux. C’est depuis lors que l’entrée de cet espace est enrichie d’œuvres du sculpteur Jean Kerbrat qui habita Pont-de-l’Arche quelques années.

Ce bâtiment fut restauré en 2006 pendant le mandat de Dominique Jachimiak. Celui-ci décida de lancer un concours afin de nommer ce lieu. Le nom d’Espace des Arts’chépontains fut retenu suivant le jeu de mots d’Odile Maës. Il repose sur l’identification du mot « Arts » dans la sonorité du nom des habitants : les Archépontains. 

 

Maurice Delamare (9)

Vue sur la salle des fêtes peu après sa construction (carte postale). 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Archives municipales

 

Armand Launay

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 13:59

Maurice Delamare (8)

L'entrée du stade, carte postale des années 1960.

 

Le stade Jacques-Havet (1964)

Dans la rue Président-Kennedy, le stade Jacques-Havet est le premier équipement sportif permanent de la Ville de Pont-de-l’Arche. Les précédents terrains ne nécessitaient pas, ou peu, d’équipements et c’est ainsi que, au gré des constructions immobilières, on retrouve dans les archives des terrains provisoires du côté de la rue Maurice-Hervey, près de la rue Charles-Michels, sur la route de Louviers (en forêt) ou encore sur la route de Tostes comme les fêtes de la jeunesse en 1937. Avant 1934, les entrainements de gymnastique des écoles se faisaient sur la place de l’église avant d’être installés, durant la Seconde guerre mondiale, sur la future place du Huit-mai-1945, en face du groupe scolaire Maxime-Marchand et à côté de la future salle des fêtes.

Suite aux demandes exprimées par les écoles, dont la récente école maternelle, et les associations, le Conseil municipal présidé par Roland Levillain souhaita doter la ville d’un stade digne d’un chef-lieu de canton. Ainsi une délibération du Conseil municipal du 28 février 1958 fait état d’une réponse des Ponts et chaussées chiffrant la réalisation de cet équipement à 24 millions de francs. Les élus décidèrent de demander une subvention au service départemental des sports.

Une délibération du 27 mai 1960 nous apprend le transfert de l’ancien stade au nouveau et donc l’acquisition récente des terrains par la Ville le long de la route nationale 13. Le 21 février 1962, le maire notifie aux élus l’octroi d’une subvention par le Haut commissaire de la jeunesse et des sports pour réaliser le stade scolaire. Les élus finirent le dossier de financement et lancèrent les adjudications des travaux.

C’est ainsi que le 21 juin 1964 eut lieu l’inauguration du stade municipal et scolaire en présence de Roland Levillain, maire, de Maurice Herzog, Sous-secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports, et de monsieur le Préfet. Outre le terrain de football, les tribunes et les vestiaires, le stade permettait la pratique du handball, près de l’école maternelle, et de plusieurs disciplines d’athlétisme notamment grâce à une piste en terre battue.

Ce stade a ainsi pu accompagner l’émergence de l’enseignement secondaire dans la ville avant la création du collège en 1967.

En 2001, cet espace fut baptisé du nom de Jacques Havet, ancien adjoint au maire et président de l’USPAI.

 

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Le stade Jacques-Havet en 2012 durant les Olympiades 276 (photo A. Launay)

 

Les terrains de tennis (1964-1980)

En juillet 1964, quelques semaines après l’inauguration du stade Jacques-Havet, le premier terrain de tennis fut livré, près des tribunes du stade. Toujours durant un mandat de Roland Levillain, le 12 mai 1971 les élus décidèrent la création de deux courts supplémentaires, le long de l’impasse des Chanterelles (lotissement de la Forêt). Ceci démontre la popularité de ce sport dans la ville. Des vestiaires furent créés en 1980 durant le mandat de Roger Leroux qui fit aussi couvrir le premier court de tennis, près des tribunes.

 

Tennis en 1965

Inauguration du premier terrain de tennis en présence de Roland Levillain, maire (photo Archives municipales)

 

La salle de tennis de table (1977)

La salle de tennis de table, située entre la rue Président-Kennedy et la place du Huit-mai-1945, date de 1977, le premier mandat de Roger Leroux.

 

Le Mil-club (1979)

D'abord envisagée dans la Salle d’Armes par Roland Levillain et son équipe, la salle de judo fut installée dans le Mil-club construit en 1979. Comme l’indique son nom, cet espace était polyvalent. Il accueillit aussi les premiers cours de l’école de danse. Le Mil-club de Pont-de-l’Arche est très tardif. Il fut attribué à la Ville par la Direction départementale de la jeunesse, des sports et des loisirs en 1977 et l'équipe de Roland Levillain vota les crédits nécessaires à la dalle de béton. Entre 1966 et 1978, 2 500 Mil-clubs ont été construits en France selon la volonté du ministère de la Jeunesse et des sports de multiplier les équipements socioéducatifs (l’opération « Mille clubs de jeunes »). Les Mil-clubs regroupent cinq modèles de préfabriqués légers, livrés en kit et montés sur place par les jeunes des communes concernées. Ils expriment la volonté de l’Etat d’assurer des missions de cohésion sociale principalement dans les zones récemment urbanisées dans le cadre de la reconstruction d’après-guerre. Les Mil-clubs devaient compléter le réseau des Maisons des jeunes et de la culture (MJC) d’un point de vue géographique mais aussi et surtout dans l’accueil des 15-25 ans sur des projets immédiats et sans spécialité particulière. Ces lieux de rencontre devaient faciliter les initiatives et la vie associative. A Pont-de-l’Arche, c’est un modèle CL 480 de 2e génération de Mil-clubs qui fut créé. C’est une structure modulaire poteau-poutre qui combine deux pièces carrées décalées de 45°. On mesure la recherche de hauteur sous le plafond. La forme particulière de ces équipements créés en série a largement participé à leur popularité.

 

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Le Mil-club et son environnement en 2010 (photo A. Launay)

 

Le gymnase du collège (1986)

Ce gymnase, répondant à des impératifs pédagogiques, fut construit par le Syndicat intercommunal du secteur scolaire du CES de Pont-de-l’Arche en 1986. Bâti durant le mandat de Roger Leroux, il fut réalisé grâce à Paulette Lecureux, adjointe au maire et présidente du syndicat intercommunal. Il bénéficia d’importantes rénovations en 2010 suite au travail de Zahir Mechkour, président du syndicat, et de l’équipe de Richard Jacquet.

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Le gymnase du collège en 2012 durant les Olympiades 276 (photo A. Launay)

 

Le gymnase du Bon-air (2003)

L’équipe de Paulette Lecureux souhaita construire un équipement répondant aux attentes des clubs sportifs parmi lesquels le judo. Les élus envisagèrent de bâtir un gymnase au cœur de La Pommeraie mais les riverains souhaitèrent que ce lieu garde sa vocation première de poumon vert. Il fut ainsi décidé que le gymnase serait construit le long de la rue Nungesser-et-Coli. Les travaux furent conduits par l’équipe de Dominique Jachimiak et l’inauguration eut lieu en 2003.

 

Le stade Max-Fournier (1987/ 2005)

La construction du lotissement Jules-Massenet, en 1987, a nécessité le transfert de terrains de football et de rugby à l’espace Sainte-Anne, près du chemin de la Procession. A la fin du second mandat de Roger Leroux, la Maison des associations a été créée en 1987 dans un local de la rue Roger-Bonnet, acquis par la Ville en 1988. Puis, afin de réaliser le contournement sud de Pont-de-l’Arche, les terrains ont été déplacés au sud du Chêne-Jaunet en 2005. Ils ont été baptisés « Max-Fournier » en 2007 en hommage au premier président du Rugby club archépontain (RCA). Max Fournier fut muté au collège de Pont-de-l’Arche en 1969. Originaire de la Dordogne, il joua aux clubs d’Évreux et de Bernay. En 1977, avec de nouveaux collègues, il fonda le RCA avec l’aide du maire Roger Leroux.  

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Le Trait d’union : bulletin d’informations municipales

Verniers Hélène, « Les Mille clubs où la cabane industrialisée », dans Monnier Gérard, Klein Richard, Les années zup : architectures de la croissance 1960-1973, Paris : A et J Picard, 2002, 301 pages.

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...