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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 15:17
Ce dessin de 1782 montre que le châtelet de Limaie était en bel état de conservation. Cette vue fut reproduite dans l'article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

Ce dessin de 1782 montre que le châtelet de Limaie était en bel état de conservation. Cette vue fut reproduite dans l'article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922.

Notre ville doit son nom aux multiples ponts bâtis par les rois depuis 862 sur la Seine. Ces ponts ont eu une fonction militaire (contre les Vikings et les Anglais) et de police intérieure au royaume (navigation sur la Seine, émeutes populaires, Ligues…).

Il fallait donc fortifier ces ponts. Ainsi, la ville royale de Pont-de-l’Arche fut entourée de remparts et un châtelet fut érigé sur la rive droite de la Seine, sur la paroisse d’Igoville : le fort de Limaie. Entièrement disparu mais souvent cité lorsqu’on tourne les pages de l’histoire locale, nous avons résumé l’histoire de cet ouvrage qui a laissé son nom à un hameau d’Igoville : “le Fort”…    

 

Où était ce fort précisément ?

Imaginez-vous du côté de l’ancienne poste de Pont-de-l’Arche, c’est-à-dire au niveau d’Arche immobilier de nos jours. Allez un peu plus vers Les Damps (il n’y avait alors pas autant de maisons en ce lieu). Imaginez-vous à cet endroit en 1782. Vous regardez de l’autre côté de la Seine et vous avez cette vue : le château fort de Pont-de-l’Arche, c’est-à-dire Limaie, vue depuis la coste d'amour. Le pont que vous connaissez de nos jours toucherait sur ce dessin la berge d'Igoville presque à l'endroit de la tour d'angle la plus proche de nous. Ce dessin est une reproduction d’une illustration parue dans un article de Léon Coutil intitulé "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)".

 
Pour localiser plus précisément ce châtelet disparu, nous avons dessiné sur la vue satellitaire de Google earth quelques tours, les remparts et le corps de garde contrôlant l’accès nord du pont.

Pour localiser plus précisément ce châtelet disparu, nous avons dessiné sur la vue satellitaire de Google earth quelques tours, les remparts et le corps de garde contrôlant l’accès nord du pont.

 

Description d’ensemble

 

Le châtelet est protégé par deux fossés en eau. S’il n’est pas sûr que les ingénieurs aient utilisé une ancienne ile alluviale pour bâtir le châtelet, il est évident qu’ils ont profité du fond de la vallée de la Seine pour aménager ces deux protections naturelles.

Le premier fossé n'est pas protégé. Il barre d'accès au premier rempart, une palissade dans le document de 1640 signé P. Petit, ci-dessous, qui est accessible par un pont-levis au bout d'un petit pont de pierre.

Le second fossé protège le rempart principal. Un pont en pierre constitue le principal accès au châtelet. La vue de P. Petit montre un petit pont-levis contrôlé par un corps de garde. Un second pont, en bois celui-ci, offre accès à une poterne, peut-être pour un meilleur déploiement de la garnison durant un assaut, voire pour une contre-attaque.

Le second et principal rempart est flanqué de tours cylindriques. Deux possèdent une terrasse, une autre est couverte d'un toit conique. Un angle est étonnant ; celui du sud-Est, donnant sur la Seine. Il est constitué d'un angle droit dans le rempart et semble ne servir que de poste de guet. C'est la tour maitresse, la tour philipienne, qui devait assurer le gros de la défense de ce côté-ci du châtelet, ainsi que des engins de tir sur une sorte de chemin de ronde plus élargi le long du flanc Est. Dans la cour intérieure, se trouvent des potagers, des jardins, quelques maisons blotties contre les remparts. Une chapelle (placée sous le vocable de Saint-Étienne) est visible côté nord et reconnaissable à une croix surplombant le pignon Est situé près de la poterne. Une longue maison semble tenir lieu de caserne devant la tour maitresse. Selon le plan de 1640, quelques demeures longent le chemin central reliant les deux garde-corps. Selon la vue de Gomboust, c'est bien plutôt un rempart intérieur qui interdit l'accès vers la caserne et la tour maitresse. Les deux ont très bien pu se compléter comme le montre un plan de 1754 plus bas dans cet article.

 

Nous voyons donc ici une suite impressionnante d'obstacles visant à garder le contrôle de l'entrée nord du pont. Avec une faible garnison, le châtelet de Limaie était en mesure de résister à plusieurs semaines d'assaut avant l'arrivée de renforts. Sans compter que, tant que la ville de Pont-de-l'Arche n'était pas prise, elle pouvait ravitailler Limaie.

 

 

 
"Plan du chasteau du ¨Pont de l'Arche" par P. Petit, 1640, cabinet des estampes, Bibliothèque nationale de France.

"Plan du chasteau du ¨Pont de l'Arche" par P. Petit, 1640, cabinet des estampes, Bibliothèque nationale de France.

Illustration du tome I de l’Encyclopédie médiévale, 1873, d’Eugène Viollet-le-Duc (illustration de l’article “châtelet“ de Wikipédia).

Illustration du tome I de l’Encyclopédie médiévale, 1873, d’Eugène Viollet-le-Duc (illustration de l’article “châtelet“ de Wikipédia).

"Chasteau du Pont de l'Arche" par Jacques Gomboust, extrait de l'ouvrage du cartographe Matthäus Merian (vers 1593-1650) intitulé Topographiae Galliae et publié en 1657. Une comparaison entre les vues précédentes montre qu'Eugène Viollet-le-Duc a reposé son travail sur celui de Jacques Gomboust.

"Chasteau du Pont de l'Arche" par Jacques Gomboust, extrait de l'ouvrage du cartographe Matthäus Merian (vers 1593-1650) intitulé Topographiae Galliae et publié en 1657. Une comparaison entre les vues précédentes montre qu'Eugène Viollet-le-Duc a reposé son travail sur celui de Jacques Gomboust.

Qui a bâti Limaie ?

Le choix de l’emplacement du fort ne fait aucun mystère : protéger l’entrée du pont à la place de fortifications antérieures dont les plus anciennes datent de Charles le Chauve. Mais qui a fait bâtir les fortifications que nous voyons dans les vues du XVIIIe siècle ?

Jusqu’à plus ample informé, la plus ancienne mention du nom de Limaie date de 1198, encore sous le règne de Richard Cœur de Lion donc. On la retrouve dans les Grands rôles de l’Échiquier de Normandie : “Limai de Capite Pontis Arche” c’est-à-dire Limai à la tête du pont de Pont-de-l’Arche.

Nous avons consacré un article aux fortifications de Pont-de-l’Arche, la ville et aussi, un peu, de Limaie. Nous avons vu que Richard Cœur de Lion avait consacré presque 1000 livres à des travaux sur le pont et les fortifications de Pont-de-l’Arche, soit le vingtième d’un budget annuel. Pas étonnant que le nom de Limaie ait été associé à ces importants travaux. Dans cet article, nous avons aussi vu que son rival, Philippe Auguste, avait fait de Pont-de-l’Arche sa résidence après qu’il a pris possession de la Normandie. Il fit faire des travaux sur le pont et les remparts. Il installa son administration et signa en ce lieu beaucoup d’actes royaux. Notre analyse fait ressortir que les fortifications archépontaines s’inscrivent nettement dans l’architecture militaire de Philippe Auguste. Une tour philippienne en est l’élément le plus clair dans l’enceinte de Limaie.

Nous concluons que Limaie a été bâti par Philippe Auguste sur les bases édifiées par Richard Cœur de Lion. Le châtelet que nous voyons sur les vues du du XVIIIe siècle est donc un jeune homme de presque 500 ans qui a eu l’air de bénéficier de restaurations régulières.

 

Que signifie le nom de “Limaie” ?  

Belle énigme que ce nom de Limaie ! Jacques Le Maho le rattache au mot latin “limites” désignant la limite, ici entre les deux pays gaulois que sont le Roumois (pays de Rouen) et l’Évrecin (pays d’Évreux). Le châtelet de Limaie aurait donc bien marqué une limite. Nous pouvons penser qu’il a surtout constitué un passage à travers cette limite, un point de contrôle, tant au niveau de la route qu’au niveau de la navigation. La limite en question concernait certainement plus la navigation que la route ou la frontière entre pays. Nous restons cependant sur notre faim car il dût il y avoir d’impressionnantes quantités de lieux-dits “la limite” si ce nom permettait à nos ancêtres d’identifier aisément des lieux.

Nous nous sommes intéressés à l’homophone Limay, près de Mantes (Yvelines) où la thèse de la limite est aussi défendue dans le Lexique toponymique de l’arrondissement de Mantes-la-Jolie de Claude Guizard. L’encyclopédie Wikipédia rapporte aussi que “La localité est attestée sous le nom Limaium en 1249. Le nom de "Limay" parait être abrégé de celui de "Limais" ou plutôt "Li Mais", qui veut dire la maison, la demeure, l'habitation, en latin Mansio.” À se demander ‒ une fois encore ‒ pourquoi il n’y a pas plus de Limaies dans les pays romans ?

L’étonnant point commun entre notre Limaie et le Limay des Yvelines est sa position vis-à-vis de la grande ville : à la sortie du pont sur la rive opposée de la Seine. Le pont de Limay, face à Mantes, date du XIe siècle. Si la thèse de la “limite” était bonne, nous pourrions envisager que ce sont les habitants de Mantes et de Pont-de-l’Arche qui désignaient par limite les habitations ou constructions militaires situées à la limite du pont. Là cette appellation aurait été suffisamment concrète pour ce nom soit significatif.

Nous en sommes donc aux conjectures. La thèse du “limites” latin pourrait aussi nous renvoyer vers le proche mot “limus” qui a donné limon. Le limon est peut-être un point commun entre Limay, Limaie et Limetz (Yvelines)... des lieux habités près du fond de la vallée de la Seine ?

D’autres conjectures sont possibles. Le plan cadastral d’Igoville nomme précisément “Les Limais” la zone autour de la ferme située à l’Est de l’auberge du Pressoir, au bord de l’ancienne route du Manoir. On pourrait rattacher ce nom aux ormaies, les bois formés d’ormes, du latin “ulmus” et qui est lié à la racine, si je puis dire, indo-européenne “al” comme dans alisier (une des étymologies possibles d’Alizay)…

 

Autres représentations visuelles

Le fort de Limaie : un châtelet sur la Seine à Pont-de-l’Arche
Le corps de garde contrôlant l'accès nord du pont de Pont-de-l'Arche. Détail d'un vitrail de l'église Notre-Dame-des-arts (cliché Armand Launay, 2007).

Le corps de garde contrôlant l'accès nord du pont de Pont-de-l'Arche. Détail d'un vitrail de l'église Notre-Dame-des-arts (cliché Armand Launay, 2007).

La représentation la plus étonnante est celle du vitrail du montage des bateaux. Ce vitrail se trouve dans l’église Notre-Dame-des-arts, autrefois Saint-Vigor, et date de 1606. Comme nous l’avons décrit dans un article, ce vitrail a constitué une revendication de la paroisse sur certaines taxes perçues sur les commerçants passant sous le pont. Or, ces taxes furent détournées par la garnison de Limaie.

En attendant la représentation est belle, surtout en ce qui concerne les monteurs de bateaux. Le fort de Limaie est bien mis en valeur, pour ne pas dire montré du doigt, au centre de la perspective qui se trouve dans l'axe de la route reliant les deux garde-corps du châtelet. La représentation n'est toutefois fidèle à la réalité. Ceci particulièrement net dans le nombre de tours, volontairement limité ici, et la grandeur du petit pont donnant accès au châtelet.

« Plan du château du Pont de l'Arche pour servir au projet de l'année 1754 ». Ce plan aquarellé (41 x 54 cm), est conservé à la Bibliothèque nationale de France, département Arsenal, et accessible sur Internet : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb421591410. Il confirme plutôt les vues de P. Petit et Jacques Gomboust.

« Plan du château du Pont de l'Arche pour servir au projet de l'année 1754 ». Ce plan aquarellé (41 x 54 cm), est conservé à la Bibliothèque nationale de France, département Arsenal, et accessible sur Internet : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb421591410. Il confirme plutôt les vues de P. Petit et Jacques Gomboust.

Quelles furent ses activités ?

La fonction du fort de Limaie était avant tout d'assurer la police intérieure : le contrôle de la circulation sur le pont et sous ce pont. Ces passages étaient taxés. Le châtelet constituait de plus une caserne, non loin de Rouen, prête à intervenir en cas de souci.

La suite de ce paragraphe provient des écrits de Léon Coutil. Nous préciserons nos recherches plus tard.

Cependant, Limaie a aussi été utile en matière militaire. C'est ainsi qu'en 1417, le châtelet fut réparé et complété afin de résister aux Anglais. L'effort fut vain car Pont-de-l'Arche, ville et fort compris, tomba sous la domination d'Henry V d'Angleterre. Le fort de Limaie ne fut repris par les Français qu'en 1449 que grâce à la ruse (par abus de confiance d'un soldat du corps de garde).

Sous les guerres de religions, le château et la ville restèrent aux mains des catholiques.

Mais Limaie trouva une autre utilité, contraire aux intérêts du roi ce coup-ci. En effet, après la reddition de Pont-de-l'Arche à Henri IV en 1589, le châtelet resta aux mains des Ligueurs. Qui plus est, pendant la Fronde, le gouverneur était le marquis de Chamboy qui ne rendit le château que le 7 février 1650. Limaie pouvait très bien être une base hostile au roi.

 

Pourquoi et quand fut-il détruit ?

Le châtelet de Limaie avait perdu de son intérêt militaire. De plus, il avait été utilisé à plusieurs reprises contre le pouvoir royal. C'est ainsi que le projet de démolition de Limaie fut approuvée par Louis XIV peu après 1650. Cependant, une vue de 1782 montre que le châtelet avait encore fière allure et que, comme toute base militaire, le pouvoir ne trouvait pas sa destruction urgente. Limaie servait notamment de prison, notamment pour certains protestants.

Le coup de grâce a été donné à LImaie par Louis Thiroux de Crosne (1736-1794), intendant de la généralité de Rouen de 1768 à 1787. Cet homme, une sorte de Préfet de l’époque, fit appliquer certaines ordonnances royales traitant d’urbanisme. Il fit ainsi dresser les plans des boulevards de Rouen avant de combler les fossés médiévaux. Il en fit de même dans d’autres villes haut-normandes (Louviers) et donna son accord à la municipalité de Pont-de-l’Arche d’utiliser le déblai de la corvée pour aplanir la place des Champs (délibération du conseil municipal de Pont-de-l’Arche du 16 septembre 1779). Puis, il autorisa le conte de Pons, gouverneur de Pont-de-l’Arche, à faire démolir le châtelet de Limaie (1782). La somme récupérée de la vente des pierres permit de démolir deux portes de chaque côté de la ville, comme le souhaitent les habitants. En hommage, la municipalité décida de donner le nom de Crosne à la porte Saint-Jean et de Pons à la porte de Léry (rue Jean-Prieur) (délibération du 20 avril 1782).

 
En 1790, Aubin-Louis Millin présenta à l’Assemblée constituante une œuvre recensant le patrimoine national. Dans le chapitre 43 de ses désormais célèbres Antiquités nationales l’auteur accorde quelques belles pages à Pont-de-l’Arche. Il aborde notamment « … le château de Pont-de-l’Arche, actuellement démoli, et que j’ai fait dessiner au moment de la destruction… ».  Il s’agit d’une vue sur le châtelet de Limaie, alors en démantèlement. Reproduite ci-dessus, elle fut dessinée par Garneray et sculptée par Desmaisons.

En 1790, Aubin-Louis Millin présenta à l’Assemblée constituante une œuvre recensant le patrimoine national. Dans le chapitre 43 de ses désormais célèbres Antiquités nationales l’auteur accorde quelques belles pages à Pont-de-l’Arche. Il aborde notamment « … le château de Pont-de-l’Arche, actuellement démoli, et que j’ai fait dessiner au moment de la destruction… ». Il s’agit d’une vue sur le châtelet de Limaie, alors en démantèlement. Reproduite ci-dessus, elle fut dessinée par Garneray et sculptée par Desmaisons.

L’espace autrefois occupé par le fort de Limaie ne resta pas longtemps sans emploi. En effet, en 1813 Napoléon fit réaliser un canal et une écluse auxquels nous avons consacré un article. Pour cela, l’ile fut transformée et un fossé du châtelet servit partiellement au percement du canal. Léon Coutil précisa qu'en 1918, on boucha l'écluse et après la démolition des derniers vestiges des vieux murs on construisit au-dessus des hangars. La photographie ci-dessous montre ces derniers vestiges.

Cette reproduction de carte postale des années 1910 montre le pont enjambant le canal de l'ancienne écluse de Napoléon. Remarquez, à gauche, ce qui semble être (le dernier ?) vestige du châtelet de Limaie.

Cette reproduction de carte postale des années 1910 montre le pont enjambant le canal de l'ancienne écluse de Napoléon. Remarquez, à gauche, ce qui semble être (le dernier ?) vestige du châtelet de Limaie.

Découvertes de vestiges de fondations du fort de Limaie par les équipes travaillant à la construction du pont actuel de Pont-de-l'Arche (de 1951 à 1954). Il semble que l'arc de cercle en bas de cliché (studio Henry, Louviers, page 15 de la référence ci-dessous) montre une partie de la tour maitresse. Le reste est plutôt méconnaissable.

Découvertes de vestiges de fondations du fort de Limaie par les équipes travaillant à la construction du pont actuel de Pont-de-l'Arche (de 1951 à 1954). Il semble que l'arc de cercle en bas de cliché (studio Henry, Louviers, page 15 de la référence ci-dessous) montre une partie de la tour maitresse. Le reste est plutôt méconnaissable.

Sources

- Coutil Léon, "Le vieux château de Limaie et le vieux pont de Pont-de-l'Arche (Eure)" publié dans le Bulletin de la Société d'études diverses de Louviers, tome XVI, 1921-1922 ;

- Le Maho Jacques, « Un grand ouvrage royal du IXe siècle : le pont fortifié dit « de Pîtres » à Pont-de-l’Arche (Eure) », pages 143-158, in Des Châteaux et des sources. Archéologie et histoire dans la Normandie médiévale : mélanges en l’honneur d’Anne-Marie Flambard Héricher, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2008, 622 pages ;

- Ministère des travaux publicsLe nouveau pont-route de Pont-de-l’Arche : 1951-1954, imprimerie Logier et Cie, 32 pages.

Armand Launay

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 09:57

Avec nos remerciements à notre ami Frédéric Ménissier pour les reproductions des gravures.

 

Les représentations anciennes de Pont-de-l’Arche sont nombreuses qui témoignent de l’importance de cette ville fortifiée, lieu de  franchissement de la Seine entre Rouen et Paris, étape fluviale entre les deux plus grandes villes du royaume et siège de l’administration royale pour la région de Louviers et d’Elbeuf.

 

Parmi les artistes qui ont voulu immortaliser la beauté et l’importance de ces lieux, on compte Jacob Philipp Hackert. Né en 1737 et décédé en 1807, Hackert est un peintre allemand, néoclassique, spécialisé dans les paysages.

L’on apprend sur sa fiche Wikipédia qu’il séjourna en France en 1767 dans la résidence de campagne que Louis-André de Grimaldi, évêque du Mans, possédait à La Chaussée-d’Ivry. Cette commune se trouve à côté d’Ivry-la-Bataille, près de Saint-André-de-l’Eure. L’on apprend aussi qu’il voyagea en Normandie en 1768, notamment avec le peintre Nicolas Pérignon, nous apprend le site de ventes aux enchères Arcadja. Nicolas Pérignon a signé une des plus belles toiles sur le Pont-de-l'Arche de l'époque et, plus précisément, sur le bas de la rue Abbaye-sans-toile (voir notre ouvrage cosigné avec Frédéric Ménissier et Patrice Royer (coucou Papa !) Pont-de-l'Arche 1911-2011, page 11).

 

De Pont-de-l’Arche, Hackert laissa deux peintures chacune intitulée “Vue de la ville du Pont-de-l’Arche près de Rouen”. Nous ignorons si les peintures originales existent toujours mais elles furent reproduites par gravure par Pierre Charles Nicolas Dufour (1725-1818). Ainsi, il en existe des copies. Nous en avons reproduisons ici deux sans connaitre les ouvrages dans lesquels elles ont été publiées.

Hackert et Pont-de-l'Arche
Hackert et Pont-de-l'Arche

Des copies des toiles d’Hackert sont souvent citées dans les catalogues des œuvres largement reproduits dans Gallica et Google livres. D’après nos recherches, le plus grand détail donné sur ces copies se trouve dans le Catalogue raisonné de l'œuvre gravé de Jacques Aliamet, d'Abbeville, précédé d'une notice sur sa vie et son œuvre... Dressé par Émile Delignières et édité par Rapilly (Paris) en 1896, ce catalogue est accessible sur Gallica.

Hackert et Pont-de-l'Arche
Hackert et Pont-de-l'Arche
Hackert et Pont-de-l'Arche

Ces représentations étonnent les personnes connaissant Pont-de-l’Arche. Hackert représente une étrange ville, dans la première vue, où l’église Notre-Dame-des-arts est peu reconnaissable et mal orientée, les remparts sont assez bien figurés mais bizarrement ouverts près de ce qui serait la tour de Crosne. Détail bien plus troublant : où est le pont… de l’arche ? Où se trouve la rive droite de la Seine et le fort de Limaie qui devraient être visibles sur la gauche de la gravure ? Quels sont ces clochers plus lointains ? Saint-Pierre des Damps ? Et où se trouve la Côte-des-deux-amants ? Le reste du décor évoque bien plus l’estuaire de la Seine que la vallée de Pont-de-l’Arche. Les roches des rives, les falaises, les navires de mer… on croirait évoluer ici du côté de Quillebeuf-sur-Seine de l'époque ; très maritime...

 

La deuxième vue sur "Pont-de-l’Arche" n’a plus rien à voir avec notre ville. Le beau château du premier plan, la ville en arrière-plan ne renvoient pas du tout au paysage local. L’on retrouve les personnages animés autour d’activités fluviales. Une autre reproduction de cette vue, trouvée sur le site Arcadja cité plus haut, est colorée et horizontalement inversée. Le commentaire qui l'accompagne précise que la boucle de La Bouille serait ici représentée avec le manoir de Marbeuf, à Sahurs, mais sans grande fidélité avec la réalité. La courbe gauche de la Seine serait celle de Grand-Couronne et la falaise du fond celle de Sainte-Catherine. Rouen serait proche... mais que font ces roches, à gauche, et pourquoi la Seine est si peu large ?   

 

HACKERT Jacob Philipp Deux Paysages Fluviaux Animés De Personnages

 

Quid de cette confusion entre les lieux ? Dans son atelier, Hackert aura-t-il confondu des croquis dessinés rapidement dans les différents lieux visités ? Aura-t-il confondu plusieurs villes entre elles sachant qu’il a surtout représenté des cités maritimes ? C'est ce que laisse entendre le commentaire sur Arcadja qui précise que ces tableaux "furent probablement peints à Paris, au retour de ce séjour normand". Quoi qu’il en soit, le peintre allemand nous a laissé-là des vues parmi les plus originales de Pont-de-l’Arche… et c'est peut-être ce qui intéressait la clientèle de l'époque : de belles perpectives, de belles compositions pour décorer un intérieur, pas une reproduction fidèle de la réalité.

 

Armand Launay

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 16:41

Le pont de Saint-Pierre-du-Vauvray est un pont en arc au-dessus de la Seine. Il fut inauguré en 1923 où, né des plans de l’architecte Eugène Freyssinet, il constituait le record mondial des ponts en béton à arche unique, haute de 25 m, avec une portée de 131,8 m.

Il fut dynamité par le génie français lors de la débâcle en juin 1940. Cependant, de 1945 à 1947 il fut reconstruit conformément aux plans d’Eugène Freyssinet. Il fut ouvert à la circulation le 15 novembre 1947 après l’inauguration en présence de M. Chopin, préfet de l’Eure, Pierre Mendès France, président du Conseil général, M. Riquier, maire de Saint-Pierre-du-Vauvray et M. Nicaise, maire d’Andé. Ce pont fut inscrit sur la liste complémentaire des Monuments historiques le 15 janvier 1975.

Nous mettons en ligne la numérisation d’une série de photos industrielles du studio Henry (Louviers) qui fut vraisemblablement missionné par le service des Ponts et chaussées, maitre d’œuvre. L’on suivra avec intérêt les phases de la reconstruction du pont par des clichés datés. La visite de chantier montre Maurice Blosset, ingénieur en chef des Ponts et chaussées. La première photo montre le premier ouvrage après son dynamitage. Une plaque commémorative rappelle la construction d’un pont le 16 juin 1942 par Jacques Boulloche, inspecteur général des Ponts et chaussées, déporté à Buchenwald. Il s’agit du deuxième pont qui relie l’ile du Bac aux berges.   

Pour les précisions techniques : http://fr.structurae.de/structures/data/?ID=s0000492

 

Pour consulter les photos de suivi du chantier, cliquez sur la photo ci-dessous : 

 

Pont de Saint-Pierre-du-Vauvray(35)

 

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Saint-Pierre-du-Vauvray Seine
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 22:58

Le barrage de Poses et les écluses d'Amfreville-sous-les-Monts ont été construits de 1879 à 1885. Le barrage arrête l’eau grâce à des déversoirs mobiles montant ou descendant selon les besoins. Après de longs travaux, ces imposants ouvrages furent inaugurés le 3 juillet 1887 et constituaient la plus forte chute d’eau sur la Seine. Il faut dire que l'ingénieur en chef Caméré devait pallier les problèmes posés à la navigation par le pertuis de Poses qui, de toute histoire, a été un des passages les plus périlleux sur la Seine à cause du courant causé par le dénivelé. Rappelons que la marée cessait ses effets au pertuis de Poses précisément ; celui-ci marque donc la séparation entre la haute et la basse Seine.

Nous publions la numérisation d’une série de photographies industrielles du studio Henry (Louviers) qui fut missionné par la direction des Ponts et chaussées à l’occasion d’importants travaux de restauration de l’écluse d’Amfreville, du barrage de Poses et des aménagements alentours. Si la date ne figure pas, il s’agit des années 1945 à 1947. On aperçoit sur les photographies de visite du chantier, Maurice Blosset, ingénieur en chef des Ponts et chaussées. Ces clichés contenteront les spécialistes et amateurs de la navigation et du génie civil ; les autres lecteurs apprécieront les permanences et les changements qui ont pu affecter les lieux depuis lors. Nous ajoutons aussi deux clichés montrant la Seine gelée, vraisemblablement en 1940.

 

Photos du chantier de construction (1879-1885…)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b1200075v

 

Pour les précisions techniques

http://fr.structurae.de/structures/data/index.cfm?id=s0017907

 

Pour accéder au diaporama, cliquez sur la photo ci-dessous : 

Barrage de Poses

 

Armand Launay

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 16:58

Le barrage de Martot qui nous intéresse n’est évidemment pas le petit ouvrage qui maintient aujourd’hui le niveau de l’Eure. Il s'agit de son ancêtre, plus grand, qui fut détruit en octobre 1938 avec les écluses de la Requête (commune de Saint-Aubin-lès-Elbeuf) à la suite d’importants travaux.Entamés en 1934, ces aménagements avaient pour objectif de faciliter la navigation entre Paris et Le Havre. Mais pour détruire le barrage, il fallait annuler la dénivellation du fleuve, d’où les dragages de la Seine depuis le barrage de Poses. Le lit de la Seine était alors aussi profond en amont qu’en aval du barrage de Martot, le rendant parfaitement inutile.

 

barrage-de-martot

De nos jours, il est intéressant de parcourir les témoignages de nos aïeux sur leurs activités, surtout lorsqu’ils sont à la fois passionnés et soucieux de leur parler quotidien. Or, Armand Billard fut le dernier pêcheur professionnel de la région de Rouen. Jusqu’à la fin des années 1970, il pêchait, comme ses ancêtres, depuis le port de Grand-Couronne. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur la culture et les mœurs populaires, comportant souvent des passages rédigés en normand comme Simples narrées d’un Normand, (éd. Charles Corlet) et Flux et reflux de la Seine normande, dont est extrait le texte suivant :

 

"La pêque à la puchette [1] s’faisait sous le l’grand barrage de Martot (…) avant que cet ouvrage sèye supprimé et que le bief seit reporté à eune vingtaine de km plus haut, à Poses ; y a toujou eun barrage à Martot (…), eun petit ; ch’est l’Eure qui se jette là. (…) la puchette des professionnels qui besognaient là en était eune grande, du genre havenet, avec eune très long manche en bois. Cha s’utilisait surtout pou certains peissons d’montée : saumons, aloses, fintes, caluyots. Fallait aver eun coutumier coup d’main pou fondrer [2] cha dans l’iau, espérer [3] (…) eune minute ou deux, pis sitôt senti douguer (…) l’peisson, r’lever la puchette. J’vos parle de la pêque à la puchette que j’ai ma-même connue sous l’barrage de Martot ; mais on puchait étou parfois au long de certaines berges de par en haut (au d’sus de Rouen), quand les fintes et caluyots, qui montaient généralement des premiers jours de mai à fin juin, v’naient y battre (frapper l’eau de leur queue en surface) à la saison de leurs amours. On pêquait à la puchette étou ailleurs autfeis, avant que la Seine ne sèye tant creusée. Men père, qu’était né en mars 1868, m’avait aussi dit que jadis on puchait aux caluyots au long de Croisset (en aval de Rouen), près du pavillon de Flaubert."

 

      ______

Billard Armand, Flux et reflux de la Seine normande, Condé-sur-Noireau : C. Corlet, 1989, 84 p.

 

[1] Epuisette, en normand.

[2] Enfoncer profondément (note de l’auteur).

[3] Attendre.

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:48

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 512-514.

 

 

 Martot (1)

 

MARTOT

 

Paroisse des Dioc. d’Évreux. – Doy. de Louviers. – Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche – Parl. et Gén. de Rouen.  

La paroisse a été dédiée sous le vocable de St-Aignan, on a découvert à Martot, un cimetière mérovingien, dont M. l’abbé Cochet a parlé.  

Vers 1060, Ascelin, fils de Roger, donna au Bec, avec l’agrément de Hugues du Martot son suzerain, ce qu’il avait sur Martot. Roger, fils d’Helgard, avait donné auparavant à l’abbaye du Bec, une grande quantité de terre autour de Breteuil, avec la forêt qu’Yves Le Clerc, tenait de la donation de Guillaume, fitz Osbern, lorsque son fils avait pris l’habit religieux.  

Henri, roi d’Angleterre, permet aux moines du Bec de prendre dans ses forêts de Rouvray et de Bord, le bois nécessaire à la construction, réparation et chauffage de leur manoir de Martot[1].  

En 1180, Adam de Martot paya 20 s. pour un accord à Guillaume de Malpalu, fermier du Roumois, ce même Adam de Martot attesta en 1184, que le roi Henri avait pris possession des régales après la mort de Rotrou[2].  

Au mois d’août 1197, Robert de Meulan, était à Martot, dans le manoir de l’abbé du Bec, avec l’évêque de Conventry ; deux ans après, Robert de Meulan donna aux religieux du Bec, le passage d’un bateau libre de Pont-de-l’Arche à Martot[3]. Il était en 1209, garde de la paroisse de Rouen, il fut témoin avec son fils du même nom, d’une charte pour St.-Amand de Rouen.  

Adam de Martot, IIe du nom, fit en 1222, une donation aux moines de Jumièges.

En 1258, Raoul de Martot étant à Bonport, céda au Bec ses prétentions sur le patronage de Martot.

Nicolas Tronches, vendit en 1264, au cellérier du Bec à Martot, une maison dans cette paroisse.  

Eudes Rigaud séjournait souvent à Martot ; il y était le 2 novembre 1268, nous pensons qu’il recevait l’hospitalité dans le manoir que les religieux du Bec y possédaient, et qui leur provenait d’une donation de Hugues de Montfort-sur-Risles, au XIe siècle. Les moines avaient aussi à Martot, un  cellier où débarquaient leurs vins, qui venaient de l’Île-de-France par la Seine.

Le Roi avait également à Martot, une chapelle, où Raoul de Chevrier célébra l’ordination en 1268.

En l277, le forestier de la forêt du Rouvray ayant refusé de livrer du bois pour le manoir de Martot, il y eut un procès qui fut jugé en faveur du Bec. 

La même année le Bailli de Rouen jugea que le patronage de Martot appartenait à l’abbaye du Bec, à l’encontre des prétentions de Baudoin de Muids[4]

Pierre de Livarot rendit aveu en 1383, pour le fief de Martot. Il y avait procès en 1389 entre Guillaume de Vienne, archevêque de Rouen, propriétaire de trois moulins à eau sur le Pont de Louviers, et Pierre de Livarot, propriétaire des moulins de Bercelou, situé au même lieu[5]

Pierre de Livarot était en 1400, usufruitier du fief de la Londe à Louviers[6].

En 1408, Guillaume de Livarot était conseiller de ville à Louviers ; le 27 avril 1416, N. H. Guillaume de Livarot donna aveu pour Martot[7] ; il avait droit de prendre une poignée d’argent nommée la hailesse sur le panage de la foret de Bord, sa veuve, Théophanie de Villière, obtint en 1419, ses biens a Vernon.

Guillaume de la Motte esc. fait foi et hommage du fief de Martot en la Vicomté du Pont-de-l'Arche, en 1463 ; ce même Guillaume de la Motte et Marguerite de Besu, sa femme, plaidaient en 1498, avec Pierre de Martot, esc. Demeurant a Louviers.  

Lors de la montre de 1470, Jean Costard, seigneur de Martot et de la Victoire, se présenta et fit agréer Pierre Costard, son fils, sieur de St.-Léger, en habillement d’armes : on lui enjoignit d’avoir 3 chevaux. 

En 1416 Jehan Costard, IIe du nom, était seigneur de Martot, Nicolas Costard, seigneur de Martot, était décédé, laissant pour veuve, Jeanne Agis.  

Le 7 février 1585, Nicolas Costard, dit le capitaine Martot, eut la tête tranchée au Grand-Carrefour d’Évreux, Robert Costard fut pendu. Les biens du capitaine Martot (Nicolas Costard), furent donnés à sa sœur, Barbe Costard, qui rendit aveu, en 1587, pour le fief de Martot.  

En 1605, Barbe de Costard, épouse séparée civilement d’avec Guillaume de Beaumets, poursuivait le décret de Berengeville, sur les enfants de Charles de Biville.  

L’abbaye du Bec avait probablement vendu son fief, car au XVIe siècle, on voit deux familles prenant à la fois le titre de seigneur Martot.  

Après Barbe de Costard, Nicolas de Lux esc. acheta en 1588, le fief de Martot qu’il  vendit la même année, à Jean Le Lieur, notaire et secrétaire du Roi. Antoine Le Lieur, son fils, était, en 1608, seigneur de Ste-Catherine de Bedanes, et du fief terre et seigneurie de Martot, 8e de haubert, lui provenant de son père.  

En 1610, Antoine Le Lieur vendit Martot à Jean Cousin, lieutenant des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche.  

Le Lieur : d’or à la croix dentelée de gueules et d’argent cantonnée de 4 têtes de sauvages d’azur.  

En 1628, Jean Cousin, était sieur de Martot, par avancement de succession de Jean Cousin, qui l’avait acquis d’Antoine le Lieur, esc. sieur de Ste-Catherine.  

Louis Cousin, Louis Pierre et Louis Cousin IIe du nom, furent successivement seigneurs de Martot, jusque vers 1720.  

En 1625, Charles Labbé, fils de Raoul, avait le titre de sieur de la Motte[8], lorsqu’il entra au parlement, on lui confirma en 1659, les droits de chauffage ci-devant accordés aux précédents propriétaires de Martot ; il mourut en 1676. 

Antoine Le Carpentier obtint en 1695, des lettres de provision à l’office de conseiller du roi, maître en la chambre des comptes de Normandie, il épousa en 1714, Marie Anne Pocher des Alleurs, qui était veuve, en 1745, lorsqu’elle plaidait avec le sieur d’Auzouville[9].  

En 1736, le fief de Martot était possédé par le Président au bureau des finances, Nicolas-Alexandre-Lucas de Boucout ; il passa ensuite à son fils Jacques-Alexandre-Lucas de Boucourt, assassiné en 1764. Sa fille unique, Adélaïde Geneviève Émilie, mariée à M. de Poutrincourt, était en 1780, dame de Martot.  

Lucas de Boucourt : d’or, à l’aigle éployé de sable, becqué et onglé de gueules, au chef de gueules, chargé de 3 croisettes d’argent.  

Biencourt-Poutrincourt : de sable, au lion rampant d’argent, armé, lampassé et couronné d’or.  

Le domaine de Martot passa ensuite, par acquisition vers 1835, à la famille Grandin de l’Éprevier, qui possède encore dans cette commune, une propriété importante.  

Martot est renommé pour ses navets.  

Sergenterie. – En 1405, Thomas Poignant rendit aveu pour la sergenterie fieffée de Martot ; lors de l’invasion de 1410, il refusa de se soumettre aux Anglais, qui, confisquèrent ses domaines pour les donner à l’un des leurs.  

En 1549, Adam Langlois rendit aveu pour la sergenterie de Martot.  

 

MARTOT, cant. de Pont-de-l’Arche ; sur la Seine, à 134 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines, craie. – R. dép. n° 12 de Bourgthéroulde à Gournay. – Surf. terr. 848 hect. – Pop. 309 hab. – 4 contr. 1948 fr. – *, Percep. et Rec. Cont. ind de Pont-de-l’Arche. – Réunion pour le culte et l’instruction à Criquebeuf-sur-Seine. 2 déb. de boisson. 3 perm. de chasse – Dist. en kil. au chef.-l. de dép. 27, d’arr. 12, de cant. 7.  

Dépendances, Les Fieffes-Mancelles, Les Quatre-Âges.  

Agriculture : céréales, navets.  

Industrie : Néant. – 4 patentés

 

 

martot

 

[1] Antiquaire de Normandie.  

 

[2] On a imprimé Robert au lieu de Rotrou, dans les Notes de M. Le Prévost. 

 

[3] Cart. de Bonport.  

 

[4] Notes Le Prévost. 

 

[5] M. Passy dans les Notes de Le Prévost l’appelle Lynarot, qui est une faute.  

 

[6] Arch. de Rouen.  

 

[7] Vic. de l’Eau.  

 

[8] Fief du Vaudreuil. 

 

[9] Houard, t. I, p. 525. 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:07

Charpillon Louis-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 982-983. 

 

      poses

 

POSES  

 

Paroisse des : Dioc. d’Évreux. – Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Parl. et Gén. de Rouen.   

Pauses est le nom sous lequel Poses est désigné dans la chronique de Fontenelle, qui nous apprend qu’en l’an 700, un certain Lutbrand donna aux moines de cette abbaye, une certne portion du village de Poses, dans l’Évrecin.  

Charles le Chauve, en 876, donna aux moines de St-Ouen de Rouen le village de Poses, qu’il perdirent probablement lorsque Philippe Auguste, par une charte de 1198, échangea Poses contre Limaye. 

Par une charte du commencement du XIe siècle, le duc Richard donna aux religieux de Fécamp l’église St-Quentin de Poses ; mais, vers 1198, cette église appartenait à l’abbaye de St-Ouen à laquelle Richd-Cœur-de-Lion l’avait donnée.  

Il existait, au commencement du XIIIe siècle, une famille de Poses : nous citerons seulement, en 1216 ; Hugues de Poses ; en 1226, Raoul son fils, et en 1248, Gaultier de Poses, chevalier.  

Guillaume Routier, de Poses, et Geoffroy du Val, de Poses, figurent dans une charte de 1340.  

En 1343, les religieuses de Lonchamps, avaient des biens à Poses ; Henri VI, roi d’Angleterre, prenant le titre de roi de France, confirma leurs propriétés, le 20 février 1434.  

Claude Duval, receveur du prieuré des Deux-Amants, donna à bail pour 5 ans, en 1627, moyennant 30 l. t. à Nicolas Hallé, le droit de nommer à la maîtrise du pertuis de Poses.   

 

Fiefs

1° Fief-de-l’Eau. En 1198, Richard-Cœur-de-Lion donna aux religieux de Bonport un moulin à Poses, avec toutes ses dépendances. Richard Anfrie de Poses vendit aux mêmes religieux tout ce qu’il avait sur le gord dit Angouland. En 1730, le Fief-de-l’Eau, situé à Poses, appartenait à l’abbaye de Bonport ;  

Le Fief de st Ouen. L’abbaye de St-Ouen de Rouen avait reçu, de Charles le Chauve, une partie de Poses que l’on appelait le fief de St-Ouen. Richard de Malpalu fut témoin à la confirmation faite par Gaultier le Magnifique, archevêque de Rouen, de l’échange fait par les religieux de St-Ouen avec Richard-Cœur-de-Lion, pour la terre de Poses et la dîme des moulins[1]. L’état des propriétés et des rentes que l’abbaye de St-Ouen possédait à Poses a été dressé très exactement, en 1291, dans le livre des jurés de St-Ouen[2]Les religieux conservèrent leur fief de St-Ouen, jusqu’à la Révolution.    

Le Mesnil. Nicolas, fils de Honfroy du Mesnil, vend, en 1234, une rente sur un tènement à Léry. En 1681, le Mesnil de Poses appartenait aux héritiers de Georges Le Grand, sieur du Mesnil, lieutenant général au bailliage de Pont-de-l’Arche. Le 9 janvier 1700, Nicolas, Jean et Morin Caresme, frères héritiers de Nicolas Caresme, leur aïeul de Surville, vendent à Jeanne Langlois, veuve de Georges Le Grand, esc., sieur du Mesnil, ½ acre de Surville. 

Le Pavillon, plein fief de haubert, à Poses, appartenait à l’évêque de Lisieux. On a différents aveux, en 1382 et 1659, du fief du Pavillon. En 1650, le Pavillon était affermé 150 l. ; il produisait 200 l. l’année suivante et 450 l. en 1754. L’évêque de Lisieux prenait le titre de seigneur du fief, terre et seigneurie du Pavillon ; en 1766, Henri le Daim, bailli d’Igoville, était sénéchal du fief.  

 

POSES, cant. du Pont-de-l’Arche sur la Seine, à 18 m. d’alt. – Sol ; alluvions contemporaines et craie blanche. – 4 cont. 6,472 fr. – Rec. ord. budg. 4,915 fr. – Surf. terr. 670 hect. – 1206 hab. – * de N.-D.-du-Vaudreuil. – Percep. de St-Cyr-du-Vaudreuil. – Rec. cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Paroisse. – Presbyt. – École spéc. de 95 garçons et de 82 filles. – 2 maisons d’école. – [un blanc] déb. de boissons. – 7 perm. de chasse. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. 34, d’arrond. 12, de cant. 8.  

  

Dépendances : Le Mesnil-de-Poses, Le Moulin-à-Vent, La Vigne.   

Agriculture : Céréales, prairies, légumes.   

Industrie : Marine.  

Patentés : 21. 


 

[1] Dom Pommeraye.   

[2] Notes Le Prévost, p. 616, t. 2. 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:24

Pour des raisons de transport commercial, la Seine fut l’objet de 1934 à 1938, de grands travaux de canalisation. lancés par le Ministère des travaux publics en 1929 et conduits par les Ponts & chaussées. La Seine fut draguée afin de la débarrasser de ses bancs de sable. Des digues furent construites afin de calibrer ses berges. Son cours fut cohéré et son lit approfondi afin de limiter les inondations et d’accroitre le tirant d’eau des remorqueurs. 

Il résulta de ces travaux que le niveau de l’Eure, qui se jetait dans la Seine en face des Damps, était trop élevé. Alors, pour éviter que les eaux de l’Eure ne se déversent dans la Seine, asséchant ainsi le lit de la rivière, on boucha le confluent des Damps. L’on fit passer l’Eure dans un ancien bras de Seine qui allait jusqu’à Martot. L’objectif était de permettre une infiltration des eaux afin d’alimenter les puits de la région toute dévouée aux maraichages.

 

Pour aller plus loin...

 

 Les Damps (10)

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:38

 

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Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:59

Lorsqu'on quitte Pont-de-l'Arche pour aller à Igoville ou Rouen, on emprunte une route (D6015) qui repose sur des arches que l'on découvre au bout de quelques années, quelques mois pour les plus observateurs : ce sont les arches du Diguet.

On se demande pourquoi on a construit des arches au lieu de fondations en terre, tout simplement. Retour en arrière sur l'histoire de ces énigmatiques arches...

 

DSCF3763


Lors de la création des fortifications militaires dont est issue la ville de Pont-de-l'Arche (IXe siècle), la voie principale reliait les antiques voies romaines par les stations que sont Caudebec-lès-Elbeuf et Fleury-sur-Andelle (en passant par Le Manoir, par l'ancienne route). Le premier document qui mentionne une voie allant de Pont-de-l'Arche au port d'Oissel date du XIIIe siècle (Charpillon & Caresme : article "Pont-de-l'Arche). Elle raccourcissait donc le chemin de halage entre Vernon et Rouen. Si une route qui traverse la vallée entre Pont-de-l'Arche et Alizay-Igoville dépasse l'intérêt strictement local, on peut donc imaginer que les arches remontent au moins à cette période.  

Quant au nom, il est attesté en 1596 où des travaux de charpente furent entrepris à "l’arche du Diguet" sur le pont de Pont-de-l’Arche par Geofroy Gigault, maitre charpentier de Rouen (d'après Charpillon & Caresme). Selon toute vraisemblance, ce pont reliait la rive droite de la Seine (côté Igoville) au fort de Limaie (là où se trouvent actuellement la station-essence et l'auberge du Pressoir).

 

Nous retrouvons ensuite une représentation de ces arches dans l'atlas de Daniel-Charles Trudaine , intendant des finances et directeur des Ponts et chaussées. La portion de Pont-de-l'Arche fut établie par  Jean-Prosper Mariaval (fils) vers 1759. Dans la reproduction ci-dessous, on les voit symbolisées par des ruptures sur la voie reliant Pont-de-l'Arche à Igoville.

 

Trudaine--pour-le-Diguet-.JPG


En 1834, une délibération du Conseil municipal de Pont-de-l'Arche se fait l'écho du pont du Diguet. Les élus souhaitent qu'il soit démolli "tant il est vétuste et en ruines". Le gouvernement projette de remplir la chaussée sans arches. Les habitants d’Alizay s’y opposent car ils ont peur que "cela décuple les effets des inondations". En effet, jusqu’alors, les eaux s’échappaient toujours par les arches de ce pont. Les élus de Pont-de-l'Arche souhaitent qu'une étude soit menée afin de vérifier la pertinence de maintenir des arches en ce lieu.

En décembre 1834, les élus ont un rapport en main. La Seine déborde à 14 pieds d’eau. A 16 pieds, les eaux coulent sous les trois arches du sud du Diguet, qui désigne désormais toute la partie centrale de la vallée, là où passe la route. A 17 pieds, elles coulent sous l’arche la plus au sud, la plus proche de la ville de Pont-de-l'Arche. A 18 pieds, elles coulent aussi sous l’arche la plus au nord, côté Igoville. L’arche du Diguet est donc dans la partie la plus basse de la vallée, la plus utile à l’écoulement des eaux. Elle a connu une ou deux inondations en dix ans. Le rapport note même qu'en 1783, 1789 et 1793, toutes les arches ne suffisaient pas à l’écoulement des eaux et plusieurs membres du Conseil se souviennent être allés à Alizay en barque. Une partie des habitations d’Alizay étaient inondées.
 

 

Quand la Seine glace, les arches du grand pont de Pont-de-l’Arche glacent les premières (elles sont plus petites). Les eaux débordent vers le nord et charrient de grands blocs de glace qui passent sous les arches du Diguet. La débâcle arrive souvent avec la marée et le vent d’ouest évidemment.

En 1838, il est acquis que le futur pont du Diguet aura deux arches. Si nous n'avons pas la date de construction, on peut être sûr qu'elle a eu lieu quelques années après.

La crue 1910 a laissé des traces sous les arches du Diguet. Deux niveaux des eaux ont été gravés sur des arches.

Cependant, depuis la démollition du barrage de Saint-Aubin-lès-Elbeuf en 1934, les eaux de Seine ont largement baissé jusqu'au barrage de Poses. C'est ainsi que la plaine alluviale d'Alizay-Igoville n'a plus été inondée et que les témoignages oraux ne peuvent plus attester l'utilité de nos vieilles arches du Diguet.

Pour l'anecdote, l'arche la plus accessible est située sur la rue de la gare, à Alizay... bien qu'elle soit à moitié enterrée par le talus de la nouvelle voie.

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal de Pont-de-l'Arche

 

A voir aussi...

Le vitrail du halage ou Pont-de-l'Arche étape fluviale de Sein avant 1813

Les grands travaux de la Seine dans la région de Pont-de-l'Arche dans les années 1930

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...