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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 14:31

 

Ouh l’arnaque ! Derrière un titre pseudo universitaire et sérieux, se trouve une liste d’hôtels peu connus, peu renseignés, où l’auteur se contente de photographies et d’informations éparses. “Oui, mais on fait faute de mieux” s’est défendu l’accusé qui a promis de compléter l’article dès que ce sera possible. Commençons la balade avant de louer notre chambre... ou l’auteur !

 

L'hôtel de la Tour, photographie de 2010 des tenanciers et du personnel sur le degré de l'établissement (photographie fournie par M. Naudin).).

L'hôtel de la Tour, photographie de 2010 des tenanciers et du personnel sur le degré de l'établissement (photographie fournie par M. Naudin).).

 

Les auberges d’Ancien Régime

Dans son mémoire de maitrise soutenu en 1992, Bénédicte Delaune (Pont-de-l’Arche, population, pouvoir municipaux et société à la fin du XVIIIe siècle et pendant la Révolution) nota que l’activité hôtelière comprenait 8 aubergistes et 2 cabaretiers dans les capitations de 1788 (un impôt). Cela faisait donc une dizaine d’établissements et nous ignorons combien de personnes y travaillaient. Cela représentait 10 personnes sur 48 payant la capitation au titre du commerce, soit un cinquième de ce secteur. À comparer aux 102 capitations payées au titre de l’artisanat qui occupait beaucoup de boutiques du centre-ville. Si nous ne sommes pas trop mauvais en calcul, cela faisait une auberge pour 11 boutiques. Les auberges étaient donc proportionnellement nombreuses dans cette ville. C’était somme toute assez compréhensible étant donné que Pont-de-l’Arche était une étape routière entre Paris et Rouen (et fortifiée) grâce à son pont enjambant la Seine et une étape fluviale sur la Seine avec une nécessité de monter les bateaux sous le pont.

 

L'hôtel de la poste, rue Président-Roosevelt, dans une carte postale des années 1950.

L'hôtel de la poste, rue Président-Roosevelt, dans une carte postale des années 1950.

 

L’hôtel de la poste

Les cartes postales des années 1950 montrent encore “l’hôtel de la poste”, dans la rue de Paris. Cette rue porte désormais le nom de “Président-Roosevelt”. La poste a changé d’emplacement. Cet établissement est connu des Archépontains sous le nom de “Bar de l’arche”. Cela montre que cet établissement était orphelin d’un nom précis depuis le départ de la poste en 1950. On l’a donc nommé “Arche” en référence au nom de la ville pour lui donner une authenticité, un caractère normand derrière ses pans de bois. Ce bar est devenu un restaurant sous le nom d’“Au fil de l’Eure” de 2009 à 2013. Depuis, il est demeuré fermé. Les cartes postales, revenons-y, montrent que l’hôtel de la poste faisait aussi bar et restaurant. Son emplacement était idéal, du côté de l’entrée de Paris. Il nous semble que ce soit le dernier hôtel a avoir été actif dans une demeure à pans de bois du centre-ville, c’est-à-dire dans ce que l’on appelait, jadis, une auberge. Les autres hôtels actifs dans les années 1950 exerçaient dans des édifices en brique du XIXe siècle.   

 

 

Au lion d’or ?

Nous n’avons aucune information sur ce qui eût été une auberge ; seulement une supposition à partir du nom : la cour du Lion d’or. Ce nom n’a pas de sens. Quel lion ? Pourquoi en or ? La cour existait jusque dans les années 1950. On en voit toujours un passage plus haut dans la rue, au-delà d’un petit parking. Des maisons à pans de bois étaient alignées jusqu’à la place Hyacinthe-Langlois. Nous pensons que le nom “au lion d’or” est un jeu sur l’homophonie avec “au lit on dort”. Ce nom serait assez cohérent pour une auberge. Mais où eût été cette auberge ? Nous l’ignorons.  

 

Le panneau sculpté

Une autre auberge existait, semble-t-il, sur la place du marché, la place centrale du Pont-de-l’Arche médiéval. On peut en retrouver l’existence grâce à un beau panneau de bois sculpté évoquant les voyageurs et les festivités. Il devait servir d’enseigne. Avec notre ami Frédéric Ménissier nous lui avons consacré une étude, à lire ici.

 

 

L'auberge de la tête noire, sur un document de 1864.

L'auberge de la tête noire, sur un document de 1864.

 

L’auberge où pend la tête noire, devenue ensuite hôtel

C’est un nom bien étrange qui témoigne d’un temps où les hommes se passaient de dénomination commerciale précise pour désigner une activité de service. Nous n’en avons retrouvé qu’une faible copie mais c’est elle qui nous permet de localiser précisément cet établissement d’Ancien Régime qui devint, par la suite, un atelier de maréchal-ferrant, une bijouterie puis, de nos jours, une pharmacie.

Cette auberge se trouvait dans la rue Jean-Prieur, dans la maison à avant-solier (deuxième niveau en large encorbellement au-dessus de la voie). C’est ce que démontre la présence de la tête noire, sur une enseigne débordant bien de l’édifice, dans un dessin daté du 9 septembre 1864 et qui semble être signé par un dénommé “Bayne”. Il mentionne bien le nom de “hôtel de la tête noire” le long d’un bandeau qui couronne le portique.  

 

 

Les hôtels du XIXe siècle à aujourd’hui (2019)...


 

Au Grand Saint-Éloi

Le restaurant-hôtel au Grand Saint-Éloi a déjà fait l’objet d’un article, suite à la demande de son avant dernier propriétaire, Didier Joffres. Cet établissement nous est connu grâce aux cartes postales des années 1910. Il était devenu café-restaurant puis un restaurant traditionnel, de qualité. Il a cependant fermé ses portes en 2012 avant d’être remplacé par une restauration rapide turque dénommée Ankara.

 

Au grand Saint-Eloi après sa fermeture définitive (cliché Armand Launay, mai 2013).

Au grand Saint-Eloi après sa fermeture définitive (cliché Armand Launay, mai 2013).

 

L’hôtel de Normandie

Cet établissement, sûrement issu, d’une auberge d’Ancien Régime jouxtant le pont de la ville, s’est développé en grand hôtel vers 1850. C’est ce que nous retraçons dans un article où l’on mesure qu’il s’agissait-là du haut de gamme de l’offre hôtelière archépontaine. Salle de restaurant vaste et lumineuse, écuries puis garage, salle de billard, café... Il a néanmoins fermé ses portes vers 1965 victime, notamment, de la déviation de la route Paris-Rouen en dehors du centre-ville avec l’inauguration, en 1955, du nouveau pont.

 

L'hôtel de Normandie fut le plus grand établissement de la ville, ici sur une carte postale des années 1910.

L'hôtel de Normandie fut le plus grand établissement de la ville, ici sur une carte postale des années 1910.

 

L’hôtel de la carpe

Situé face à l’hôtel de Normandie, à l’entrée du pont et donc vers la route de Rouen, cet établissement était moins grand et plus modeste que son voisin d’en face. Son nom semble l’indiquer : il s’agit d’un bar-hôtel, lieu de rendez-vous des pêcheurs de la ville et de la région. En effet, les pêcheurs venaient de Rouen, voire de la région parisienne, pour s’adonner à leur loisir dans les eaux de la Seine, puis de l’Eure en face de Pont-de-l’Arche. C’est ce que prouve notamment l’édition de multiples cartes postales traitant du thème de la pêche.

Une association locale de pêche porte aussi et toujours ce nom. Avec la création d’une piscine municipale en 1967, cet établissement fut rebaptisé “le bar de la Piscine”, traduisant le fait que sa clientèle s’était géographiquement restreinte. Même après la fermeture de la piscine en 1996, les Archépontains ont connu cet établissement sous le nom de “bar de la piscine”, faisant de plus en plus sourire au fil des ans. L’hôtel s’est transformé en locations au mois.   

En 2007, le bar a été rebaptisé “Kafaleón” et a proposé des concerts, renouant avec une tradition disparue de jouer de la musique dans la ville. Puis, en 2014 (?), ce bar est devenu “Le Tassili”, avec possibilité de restauration. Cela témoigne de la prise d’importance de l’immigration dans l’animation du centre-ville dans les années 2010. Il en est de même pour l’ancien hôtel-restaurant “au Grand-Saint-Éloi” remplacé par une restauration turque dénommée Ankara.  

 

L'hôtel de la Carpe sur une photographie des années 1970. A noter, l'effacement du mot "hôtel" sur l'enseigne. Sur le deuxième document, le même lieu photographié en juillet 2019 (cliché Armand Launay).
L'hôtel de la Carpe sur une photographie des années 1970. A noter, l'effacement du mot "hôtel" sur l'enseigne. Sur le deuxième document, le même lieu photographié en juillet 2019 (cliché Armand Launay).

L'hôtel de la Carpe sur une photographie des années 1970. A noter, l'effacement du mot "hôtel" sur l'enseigne. Sur le deuxième document, le même lieu photographié en juillet 2019 (cliché Armand Launay).

 

L’hôtel-restaurant “le Sainte-Marie”

Moins connu et moins bien placé était l’hôtel-restaurant le Sainte-Marie. Il se trouvait immédiatement après l’entrée Est de la ville, vers Les Damps et, surtout durant l’Ancien Régime, Le Vaudreuil ; c’est-à-dire la route de Paris. C’était une entrée moins importante que celle du sud vers Louviers. On retrouve cet établissement dans les cartes postales des années 1910 où il ressemble surtout à un débit de boissons. Il devait son nom, semble-t-il, au fait que la rue Sainte-marie aboutissait sur la porte ouvrant le rempart. Cette porte porta peut-être même le nom de Sainte-Marie. L’établissement qui nous intéresse comporte une niche dans laquelle une statuette de Sainte-Marie trône. L’objet en lui-même date du XXe siècle et ne présente pas d’intérêt patrimonial. Il a en revanche le mérite de rappeler l’utilisation récurrente des images pieuses dans les rues et des villes et les chemins de campagne. Cet usage s’est plutôt perdu dans la ville avec la déchristianisation qui a touché et touche toujours la France. Jusque dans les années 2010, le Sainte-Marie proposait un service de bar, restaurant le midi et chambres à louer au mois. Il a été renommé le “Marisa” en 2009. Il a fermé ses portes vers 2013.

 

 

La statuette de la Vierge à l'Enfant, représentation de Sainte-Marie, dans une niche de l'établissement dénommé Sainte-Marie (cliché Armand Launay, juillet 2015).

La statuette de la Vierge à l'Enfant, représentation de Sainte-Marie, dans une niche de l'établissement dénommé Sainte-Marie (cliché Armand Launay, juillet 2015).

 

Hôtel du Midi / L’Estaminet

Cet établissement en brique a remplacé l’ancien bastion qui barrait la porte de Paris. Cette porte perçait le rempart. Le bastion était avancé vers le sud et a laissé vacant l’espace dénommé depuis “la place Aristide-Briand”. L’édifice a été construit comme la mode le voulait, au XIXe siècle, autour des places : en arc de cercle. Cela ne saute pas aux yeux car les dimensions de l’édifice sont plus modestes que des immeubles haussmaniens de la Capitale.

Cet hôtel a peut-être remplacé une auberge d’Ancien Régime. En effet, cette entrée était importante. Jusqu’après le bastion commençait la route de Paris. C’est là que se situaient les postes et ses écuries. À ce propos l’écurie de l’hôtel du Midi se voit sur les cartes postales anciennes, de l’autre côté de la rue. Elle semble avoir été bâtie au début du XIXe siècle avec des chainages en brique et du moellon calcaire en remplissage. Elle ressemble en cela beaucoup à certains corps de bâtiments au début de la route de Louviers, rue Charles-Cacheleux, côté gauche.

Quant à l’appellation d’”hôtel du Midi”, elle s’explique car il s’agissait bien de la porte sud de la ville, bien ensoleillée quand les nuages ne font pas obstacle. C’est vers 1905 que l’hôtel a été rebaptisé “Faisan doré” qui sonne comme une revendication de bonne table traditionnelle. C’est sous ce nom que l’on retrouve cet établissement sur les cartes postales des années 1960 où une adjonction au rez-de-chaussée apparait, notamment dotée de larges baies.

Cet établissement a ensuite a cessé de proposer des chambres et s’est concentré sur son restaurant et son café-bar. Il a pris le nom d’Estaminet qui témoigne du souhait de proposer des boissons, voire des jeux comme dans le Nord de la France. Quel comble d’être passé d’un nom citant le Midi à un nom venu du nord !

Des clients, puis des tenanciers, famille Saint-Pierre, et le personnel posant devant l'hôtel du Midi vers 1900 (photographies de la famille Duretz).
Des clients, puis des tenanciers, famille Saint-Pierre, et le personnel posant devant l'hôtel du Midi vers 1900 (photographies de la famille Duretz).

Des clients, puis des tenanciers, famille Saint-Pierre, et le personnel posant devant l'hôtel du Midi vers 1900 (photographies de la famille Duretz).

L'hôtel du Midi avec ses écuries sur une carte postales des années 1910.

L'hôtel du Midi avec ses écuries sur une carte postales des années 1910.

Le Faisan doré sur une carte postale des années 1960 avec son adjonction.

Le Faisan doré sur une carte postale des années 1960 avec son adjonction.

 

L’hôtel d’Elbeuf

Signe des temps qui ont changé, un hôtel s’est implanté dans le petit faubourg situé, par définition, en dehors du centre-ville intramuros (c’est-à-dire dans les remparts, les ”murs”). Le bar-hôtel de la route d’Elbeuf, devenue rue Général-de-Gaulle, s’est tout simplement appelé hôtel d’Elbeuf. Ses derniers propriétaires se nommaient Réboli. Il a fermé ses portes dans les années 2000 et est devenu une maison d’habitation.  

 

L'hôtel d'Elbeuf sur une carte postale des années 1910.

L'hôtel d'Elbeuf sur une carte postale des années 1910.

L'hôtel d'Elbeuf dans une carte postale des années 1920. Notez la pompe à essence devant la terrasse. .

L'hôtel d'Elbeuf dans une carte postale des années 1920. Notez la pompe à essence devant la terrasse. .

Cartes postales éditées par l'hôtel d'Elbeuf dans les années 1990.
Cartes postales éditées par l'hôtel d'Elbeuf dans les années 1990.

Cartes postales éditées par l'hôtel d'Elbeuf dans les années 1990.

L’Hôtel de l’écluse à Limaie

Cet établissement n’était certes pas dans le Pont-de-l’Arche intramuros, mais il est tentant de voir dans Limaie un faubourg de la ville. Ce faubourg fut attribué à la paroisse d’Igoville, durant l’Ancien Régime puis à la commune du même nom en 1790. Il est tentant aussi de laisser quelques lignes sur l’existence de cet établissement. On la retrouve sur des photographies anciennes. Près de l’ancien canal, on imagine déjà les dimanche après-midis d’accordéon et de danse arrosés de vin. C’est l’auberge du Pressoir qui reprit quelques-unes de ses fonctions, du moins dans la restauration.

 

L’hôtel de la tour, défenseur d’une tradition archépontaine !

L’hôtel de la tour est le dernier hôtel subsistant à Pont-de-l’Arche. Idéalement situé au quai-Foch, en face du camping et des berges de l’Eure, des iles de Seine,  il sort un peu de la ville et se tourne vers la verdure, la nature. Il démontre d’un changement de mentalité, l’hôtel n’accueille pas des voyageurs contraints, mais des touristes choisissant autant que possible la qualité du cadre, notamment naturel, reposant. L’ouverture de cet hôtel semble dater des années 1970 sans que nous puissions apporter de précision. Nous publions ci-dessous des extraits d’un article que nous avions rédigé pour Pont-de-l’Arche magazine n° 7 de l’été 2010 :

“Agréablement situé entre les bords de l'Eure et les remparts du XIIIe siècle, l'hôtel de la Tour est le seul établissement hôtelier de la ville. Tenue par Chantal et Joël Naudin, il propose 18 chambres équipées de tout le confort attendu d’un trois-étoiles.

Originaires de Paris, les Naudin sont tombés sous le charme de l’hôtel et de la ville lorsqu’ils se sont lancés dans la profession, c’était il y a 5 ans. « J’étais technicien motoriste, nous apprend Joël, et je me suis dit, lors d’un déplacement, que tenir un hôtel serait motivant pour poursuivre ma carrière. Ma femme aussi souhaitait évoluer et depuis nous ne regrettons rien. Nous avons le plaisir du contact ». C’est ce qui permet aux Naudin d’être disponibles 24h sur 24h, notamment, grâce au renfort de leurs trois employées, Martine et Sophie Aubel et Mathilde Cheval.

La clientèle ? Elle est principalement composée de professionnels et d’étrangers. Le tourisme représente 20% des clients en période estivale. « Les touristes étrangers, les Anglais principalement, se recommandent notre hôtel grâce au bouche à oreille. C’est une reconnaissance qui nous va droit au cœur. » A deux minutes des restaurants du centre ville, gageons que Pont-de-l’Arche saura leur plaire !

En attendant, bravo à Chantal et Joël Naudin qui prennent une part active à faire de Pont-de-l’Arche une ville accueillante…  

Hôtel de la tour / 41, quai Foch / 33 (0)2 35 23 00 99.

http://pagesperso-orange.fr/hotel-de-la-tour (réservation en ligne possible)”

Autrement, l’offre hôtelière est désormais concentrée autour des grands axes, principalement autoroutiers. Nous songeons au parc des Saules à Val-de-Reuil. L’offre est concentrée aussi dans quelques mains : celles du groupe Accor. La recherche du profit capitaliste a bien fonctionné dans l’hôtellerie qui a dépossédé le centre-ville d’une de ses activités professionnelles propices à l’animation, à la sociabilité. C’est ce que nous avions étudié dans un article dévolu au rapport entre l’économie et le contact humain.

 

Des hôtels d’un autre genre ?

Dormir à Pont-de-l’Arche est aussi possible sous d’autres formes. Cela se fait dans le terrain de camping municipal, ouvert durant six mois par an et dans les “Chambres de la Borde” situées dans le chemin de La Borde, vers Les Damps. Elles sont tenues par Alexis et Yvette Magnen depuis 2013.

Par extension, le mot hôtel désigne aussi les grandes demeures particulières, c’est-à-dire à usage privé. Nous en avons étudié certaines à Pont-de-l’Arche telles que le manoir de la Folie-Vallet, le château de l’Accueil de loisirs, l’hôtel Alexandre Delafleurière (la mairie), le manoir de Manon…  

 

Conclusion

Certaines auberges d’Ancien Régime semblent avoir subsisté grâce à la construction d‘établissements modernes, en brique, aux entrées des villes (Normandie, Midi et Sainte-Marie). Les autres ont périclité.

Ces établissements modernes, à qui on a plutôt donné le noms d’hôtels et non plus d’auberges, ont peu à peu fermé leurs portes au fur-et-à-mesure que les transports se sont techniquement améliorés et ont rendu vaines les étapes de voyage. Le coup fatal semble avoir été porté par la déviation nord-sud de la route Paris-Rouen avec le nouveau pont de 1955.

Des hôtels ont abandonné leur activité de mise à disposition de chambres et se sont spécialisés sur leur restaurant et le débit de boissons (Grand-Saint-Éloi, l’Estaminet, hôtel de la Carpe…). Cela a permis à quelques établissements de subsister.

L’Hôtel de la Tour propose, seul, une offre hôtelière locale ce qui entre en cohérence avec la beauté patrimoniale de la ville et son cadre naturel. Cela rentre aussi en cohérence avec les projets de la mairie et, depuis quelques années, de l’intercommunalité qui misent sur le développement touristique de la région.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 11:34

 

Il occupe beaucoup de cartes postales anciennes et occupait un important espace du centre-ville de Pont-de-l’Arche occupé de nos jours par le Crédit agricole, dans la rue Alphonse-Samain. Nous avons souhaité en savoir plus sur cet ancien hôtel un peu mystérieux...

L'hôtel de Normandie a fait l'objet de nombreuses éditions de cartes postales illustrées que l'on retrouve aisément de nos jours. Il les commercialisa assurément lui-même.
L'hôtel de Normandie a fait l'objet de nombreuses éditions de cartes postales illustrées que l'on retrouve aisément de nos jours. Il les commercialisa assurément lui-même.
L'hôtel de Normandie a fait l'objet de nombreuses éditions de cartes postales illustrées que l'on retrouve aisément de nos jours. Il les commercialisa assurément lui-même.

L'hôtel de Normandie a fait l'objet de nombreuses éditions de cartes postales illustrées que l'on retrouve aisément de nos jours. Il les commercialisa assurément lui-même.

L’hôtel le plus soigné de la ville ?

L’hôtel de Normandie a, semble-t-il, été l’établissement le plus soigné de la ville. Il est très documenté par les cartes postales illustrées. Son nom indique que les tenanciers de cet hôtel voulait en faire une étape à dimension régionale entre Paris et Rouen. C’était le cas du temps où il fallait une bonne journée pour gagner la capitale normande depuis Paris. C’était toujours le cas dans la première moitié du vingtième siècle où de longues heures de route étaient nécessaires pour réaliser le trajet ou aller au Havre, ou sur la côte fleurie. Le nom exprime donc la volonté d’accueillir des Parisiens ou autres personnes extérieures à la Normandie. Ce nom témoigne aussi d’une époque où, la France s’unifiant culturellement et commercialement, des habitants ont ressenti l’envie de valoriser leurs particularités, leurs pays ou provinces, leurs folklores.

Cet hôtel était bien situé le long de la route principale entre Paris et Rouen et, plus précisément, au bord de la Seine, lieu de pêche, de navigation, de loisirs pour les classes aisées.

Nous construisons une bonne partie de notre étude sur la comparaison entre le plan cadastral de 1834 (archives départementales de l'Eure) et un détail d'une photographie aérienne de la toute fin des années 1950.
Nous construisons une bonne partie de notre étude sur la comparaison entre le plan cadastral de 1834 (archives départementales de l'Eure) et un détail d'une photographie aérienne de la toute fin des années 1950.

Nous construisons une bonne partie de notre étude sur la comparaison entre le plan cadastral de 1834 (archives départementales de l'Eure) et un détail d'une photographie aérienne de la toute fin des années 1950.

 

Un édifice datant approximativement de 1880 ?

L'édifice en brique de l’hôtel de Normandie doit dater des années 1880. La France connaissait alors une période de prospérité depuis 1860 où les auberges d’antan ont laissé place à des établissements plus conformes aux exigences hygiéniques et hédoniques. C’est ce que semble prouver l’usage de la brique pour deux des quatre corps de bâtiments composant l’édifice de l’hôtel.

Nous avons comparé trois documents ici :

Tout d'abord, le détail d’une photographie aérienne de la fin des années 1950 illustrant une carte postale. Puis, nous avons observé le plan cadastral de 1834. Une première observation permet de comprendre que les corps de bâtiments ne sont plus les mêmes, sauf exceptions partielles. Enfin, nous avons consulté un dessin de 1873 réalisé par Paul Langlois qui montre que les bâtiments nouveaux n'existaient pas encore. En effet, Paul Langlois représenta la maison natale de son grand-père Hyacinthe Langlois. Sur la droite du dessin réalisé depuis la rue Abbaye-sans-toile se voit une maison à pans de bois datant vraisemblablement du XVIIe siècle. Deux grandes ouvertures, au deuxième niveau, montrent que ce bâtiment était peut-être déjà destiné à l'accueil des voyageurs.

Dessin de Paul Langlois, daté de 1873, où l'on voit la maison natale de son grand-père, Hyacinthe Langlois du côté de la rue Abbaye-sans-toile. Sur la droite, se voit un bâtiment qui préexista à l'hôtel de Normandie en brique que nous retrouvons à partir des années 1880.

Dessin de Paul Langlois, daté de 1873, où l'on voit la maison natale de son grand-père, Hyacinthe Langlois du côté de la rue Abbaye-sans-toile. Sur la droite, se voit un bâtiment qui préexista à l'hôtel de Normandie en brique que nous retrouvons à partir des années 1880.

Le corps d’hôtel en brique

La réception de l’hôtel et les chambres se trouvaient dans deux corps de bâtiments différents. C’est ce que montre la photographie aérienne notamment par les ruptures entre les lignes de toit et, aussi, la différence entre les encadrements en pierre des portes et fenêtres du corps faisant l’encoignure et l’exclusivité de la brique dans le corps plus haut dans la rue Alphonse-Samain. Nous sommes ici dans une période de transition architecturale. La brique prédomine mais la pierre est toujours vue comme matériau noble. Elle sert à orner les parties notables du corps de bâtiment. Puis, on apprend à disposer la brique de manière à ornementer les façades. Les deux corps qui nous intéressent ici sont couverts d’un toit à la mansarde, technique prisée dans les maisons de ville à la fin du XIXe siècle. Un passage existe dans le corps signalé comme “garage” (voir la carte postale plus haut), ceci afin de gagner la cour intérieure et les écuries. Il semble que l’hôtel de Normandie occupât d’abord uniquement le corps faisant l’angle entre la rue Alphonse-Samain et le quai de Verdun. Il dût s’agrandir par l’acquisition d’un deuxième corps plus haut dans la rue et constituer ainsi un bâtiment plus imposant.  

L'hôtel de Normandie géré par M. Gonnord, papier à en-tête datant des années 1890 retrouvé dans les archives de la mairie de Pont-de-l'Arche. Il servit de brouillon pour réfléchir à des concessions du cimetière. Nous avons recadré la représentation dessinée de l'hôtel. L'hôtel de Normandie géré par M. Gonnord, papier à en-tête datant des années 1890 retrouvé dans les archives de la mairie de Pont-de-l'Arche. Il servit de brouillon pour réfléchir à des concessions du cimetière. Nous avons recadré la représentation dessinée de l'hôtel.

L'hôtel de Normandie géré par M. Gonnord, papier à en-tête datant des années 1890 retrouvé dans les archives de la mairie de Pont-de-l'Arche. Il servit de brouillon pour réfléchir à des concessions du cimetière. Nous avons recadré la représentation dessinée de l'hôtel.

 

L’adjonction en bois : la salle de restaurant

Un des attraits de l’hôtel de Normandie était sa salle de restaurant, très lumineuse grâce à de nombreuses baies. Celles-ci étaient rendues possibles par l’architecture légère en bois. L’analyse des photographies montre que cette adjonction, apparue à une date que nous ignorons, était assise sur un mur fait de chainages en brique et de remplissage en moellon calcaire scié. Il semble que ce mur soit issu d’un remaniement datant approximativement de 1860 et qui reprend les limites d’un précédent corps. Deux portes au rez-de-chaussée donnaient accès à ce qui était une réserve, donnant peut-être accès à une cave. La façade de l’hôtel vante sa “terrasse”. Celle-ci devait se trouver du côté de la cour intérieure. On peut rêver aujourd’hui à la belle vue que devaient offrir ces baies sur les berges de Seine. On peut imaginer aussi les concerts et les danses donnés ici les weekends et jours de fête.  

La salle du restaurant de l'hôtel dans une adjonction plus récente que le corps principal de l'hôtel (copie d'une carte postale illustrée).
La salle du restaurant de l'hôtel dans une adjonction plus récente que le corps principal de l'hôtel (copie d'une carte postale illustrée).

La salle du restaurant de l'hôtel dans une adjonction plus récente que le corps principal de l'hôtel (copie d'une carte postale illustrée).

Les écuries

La photographie des années 1950 montre un corps de bâtiment qui daterait bien, partiellement, d’avant la période de remaniement de cet ensemble urbain. Il se trouve du côté de la rue Abbaye-sans-toile. Il est marqué du nombre 261 sur le plan cadastral. Il présente un haut mur fait de chainages en brique et de remplissage composé de moellon calcaire scié et de pierres de taille, assurément récupérées de l’ancien rempart. Au rez-de-chaussée, une large porte donne sur la rue qui semble indiquer l’utilisation de ce corps comme réserve, notamment de foin. Peut-être que cette porte donnait aussi accès à une cave. Quant au deuxième niveau, il comporte une petite porte donnant sur le vide au-dessus de la rue et une série de petites ouvertures assurant la respiration, au figuré, du bâtiment et, au propre, des chevaux. Sa partie haute est faite de pans de bois. Ce corps semble avoir été remanié au milieu du XIXe siècle. Ce qui nous fait penser cela est l’espacement entre les pans de bois et, surtout, la faible pente des pans du toit. Les ouvriers ont repris les matériaux les moins chers mais assemblés selon une technique de leur temps. Ce choix a dû être motivé par le fait que ce corps de bâtiment servait de réserve, d’écurie et non d’habitation humaine. Ce corps a, semble-t-il été agrandi comme l’indique la rupture de ligne entre la partie basse du mur et la partie à pans de bois.   

Cette copie de carte postale illustrée offre une vue sur la rue de l'Abbaye-sans-toile et permet d'analyser les matériaux et l'architecture des écuries de l'hôtel de Normandie.

Cette copie de carte postale illustrée offre une vue sur la rue de l'Abbaye-sans-toile et permet d'analyser les matériaux et l'architecture des écuries de l'hôtel de Normandie.

 

De quoi était fait l’intérieur ?

Louis Müller a laissé un témoignage de l’intérieur de cet hôtel, plus précisément la salle du restaurant, dans son Guide du promeneur autour de Rouen. Publié à Rouen en 1890, il traite de Pont-de-l’Arche et de l’ancienne abbaye de Bonport aux pages 126 à 140. À la page 134, il écrivit : "En quittant le pont, on voit à gauche un hôtel bien connu des artistes normands et parisiens qui viennent en villégiature dans les environs : l’hôtel de la Normandie. Le propriétaire, M. Gonnord, a eu l’heureuse pensée de garder de leur séjour un souvenir durable. Il a multiplié dans la salle à manger les placards en les faisant étroits et hauts. Vous êtes certainement anxieux de savoir quel rapport ces fouilles dans les murailles peuvent offrir avec l’art. Eh bien ! Le placard n’est qu’un prétexte à panneaux. Chacun des deux battants qui les ferment est divisé en trois compartiments, dont l’intermédiaire, au rebours des deux autres, est plus large que l’autre. Sur chacun d’eux, un peintre, selon son inspiration, a brossé ici une scène champêtre, là un portrait, là une allégorie, là un coin de Pont-de-l’Arche. Certains de ces panneaux, signés Joubert, Renault, Hédou, Jourdeuil, de Vergèse, Baillet, sont de charmants tableaux, pleins de reliefs et de coloris, et surprennent agréablement les convives, peu habitués à de pareils régals dans un hôtel de bourgade rurale ".

On retrouve deux cartes postales illustrées de ces estampes. C’est assurément l’hôtel de Normandie lui-même qui les fit éditer et qui les vendait.

Reproduction d'estampes d'artistes décorant les placards de la salle de restaurant. Elles ont été reproduites sur des cartes postales illustrées.  Peut-être attestent-elles d'une activité hôtelière au début du XIXe siècle déjà où le vieux pont était encore debout ainsi que les remparts, dont la poterne de la Petite-chaussée.
Reproduction d'estampes d'artistes décorant les placards de la salle de restaurant. Elles ont été reproduites sur des cartes postales illustrées.  Peut-être attestent-elles d'une activité hôtelière au début du XIXe siècle déjà où le vieux pont était encore debout ainsi que les remparts, dont la poterne de la Petite-chaussée.

Reproduction d'estampes d'artistes décorant les placards de la salle de restaurant. Elles ont été reproduites sur des cartes postales illustrées. Peut-être attestent-elles d'une activité hôtelière au début du XIXe siècle déjà où le vieux pont était encore debout ainsi que les remparts, dont la poterne de la Petite-chaussée.

Une place dans la sociabilité locale ?

Cet hôtel a joué un rôle dans la sociabilité archépontaine comme en témoignent les articles du journal L’Industriel de Louviers. Nous citons, à titre d’exemples, la tenue des réunions de l’Association républicaine du canton (ARC) regroupant des républicains de gauche, des radicaux, voire des radicaux-socialistes, très présents parmi les commerçants du centre-ville. Le 11 mars 1914 témoigne aussi d’un banquet, à “l’hôtel Meyer”, précédant la tenue du Conseil de révision en mairie (alors au bailliage). S’y tenaient aussi, des représentations cinématographiques. Par exemple, le “Cinéma Gaumont” était venu en octobre 1913 pour projeter deux films dans “la salle des fêtes de l’hôtel de Normandie”. Il projeta notamment “Par l’amour”.

Copie d'une partie de l'article de L'Industriel de Louviers qui traite du conseil de révision dont le banquet se tint à l'hôtel de Normandie, alors tenu par M. Meyer. La photographie semble montrer des jeunes hommes concernés par le conseil de révision (collection de Catherine Didelon).
Copie d'une partie de l'article de L'Industriel de Louviers qui traite du conseil de révision dont le banquet se tint à l'hôtel de Normandie, alors tenu par M. Meyer. La photographie semble montrer des jeunes hommes concernés par le conseil de révision (collection de Catherine Didelon).

Copie d'une partie de l'article de L'Industriel de Louviers qui traite du conseil de révision dont le banquet se tint à l'hôtel de Normandie, alors tenu par M. Meyer. La photographie semble montrer des jeunes hommes concernés par le conseil de révision (collection de Catherine Didelon).

 

L’hôtel de Normandie rasé par le Crédit agricole.

Cet hôtel ne disparut pas à cause des combats de la Seconde guerre mondiale, on songe surtout au dynamitage et aux bombardements du pont situé immédiatement à côté. On voit toujours l’hôtel de Normandie sur des éditions de cartes postales des années 1950 et 1960. Il a cependant perdu de son utilité et de son aura à mesure que les transports routiers et les moyens de locomotion ont gagné en efficacité. Citons, dans notre ville, l’ouverture en 1955 du nouveau pont qui a permis de réaliser la déviation nord-sud de Pont-de-l’Arche.

Cliché tardif de l'hôtel de Normandie, sur une carte postale des années 1960.

Cliché tardif de l'hôtel de Normandie, sur une carte postale des années 1960.

 

Nous ignorons dans quelles conditions cet établissement fut vendu. Mais l’acheteur visait surtout l’imposante emprise foncière, pour le centre-ville, des quatre corps de l’hôtel. Tous furent rasés vers 1965 afin de construire un édifice contemporain bâti pour servir d’agence bancaire sous l’enseigne du Crédit agricole. Cette agence fut inaugurée en 1985. L’ampleur de cet aménagement augura l’arrivée d’agences bancaires dans le centre-ville. Cependant aucune ne rivalisa en taille et ne bouleversa autant l’urbanisme existant.  

Sur cette photographie aérienne se voit la toute récente piscine municipale inaugurée en 1967. Sur la gauche se voient nettement les fondations et quelques cases de garage de ce qui sera l'agence du Crédit agricole.

Sur cette photographie aérienne se voit la toute récente piscine municipale inaugurée en 1967. Sur la gauche se voient nettement les fondations et quelques cases de garage de ce qui sera l'agence du Crédit agricole.

 

Cette opération eut lieu au début de la deuxième mandature de Roland Levillain, maire de droite, promoteur immobilier, appuyé par les commerçants du centre-ville. L’édifice du Crédit agricole fait référence à l’architecture médiévale par des pans de bois en trompe-l’œil et par des pentes aux fortes déclivités rappelant les toitures se jouxtant dans le désordre d’un intense tissu urbain médiéval. Mais l’édifice rompt avec l’architecture traditionnelle : larges baies, toit plat à certains endroits, rampe d’accès... et se fond mal dans la vue générale depuis le pont sur le vieux Pont-de-l’Arche.   

Des Archépontains ont témoigné des travaux. Ils ont été frappés par les toupies de ciment nécessaires au comblement d’une ancienne cave. Cette cave aurait ressemblé à celle de la Salle d’Armes, ce qui serait l’indicatif d’une origine médiévale. Où était-elle précisément ? Nous ne le savons pas. Ces témoignages sont-ils délirants ? Pas du tout quand on connait l’existence d’une cave dont l’entrée est visible à contrehaut dans la rue Abbaye-sans-toile et dont le vaisseau se situe sous une maison de la rue Alphonse-Samain.

L'actuelle agence du Crédit agricole (clichés Armand Launay, juillet 2019).
L'actuelle agence du Crédit agricole (clichés Armand Launay, juillet 2019).
L'actuelle agence du Crédit agricole (clichés Armand Launay, juillet 2019).

L'actuelle agence du Crédit agricole (clichés Armand Launay, juillet 2019).

Vue générale sur Pont-de-l'Arche depuis le pont (cliché Armand Launay, juin 2006) où l'agence du Crédit agricole jure par la différence de ses volumes, ses espaces perdus par fantaisie et ses lignes ne régnant volontairement pas avec celles des édifices du quartier.

Vue générale sur Pont-de-l'Arche depuis le pont (cliché Armand Launay, juin 2006) où l'agence du Crédit agricole jure par la différence de ses volumes, ses espaces perdus par fantaisie et ses lignes ne régnant volontairement pas avec celles des édifices du quartier.

Enseigne du Crédit agricole reprenant son logotype, au premier plan. Au second plan, une lucarne en oeil-de-boeuf avec bel encadrement ouvragé en plomb d'une maison voisine (cliché Armand Launay, avril 2016).

Enseigne du Crédit agricole reprenant son logotype, au premier plan. Au second plan, une lucarne en oeil-de-boeuf avec bel encadrement ouvragé en plomb d'une maison voisine (cliché Armand Launay, avril 2016).

 

En guise de conclusion, nous avons jalonné de dates ‒ sans grande précision ‒ les activités et l’occupation des lieux d’une partie du centre-ville de Pont-de-l’Arche. Après la démolition des remparts de la ville et donc de l’entrée fortifiée protégeant l’entrée du pont, il semble qu’une auberge ait prospéré. Vers 1880, les anciennes maisons à pans de bois ont été remplacées par des édifices en brique, le plus souvent, hormis des corps servant de réserves. L’hôtel de Normandie s’est agrandi, semble-t-il, au point d’occuper tout l’espace entre la rue Alphonse-Samain et la rue de l’Abbaye-sans-toile. Il a été l’établissement hôtelier le plus notable de la ville durant plusieurs décennies. Or, il a été victime de la révolution des transports ‒ routes et moyens de locomotion compris. Il a perdu une grande partie de sa clientèle et ferma ses portes vers 1965. Il a été acheté, démoli, et remplacé par une agence bancaire, activité très en vogue, depuis, dans le centre-ville qui en regorge. Quant à l’offre hôtelière plus globale, nous lui consacrons un article ici.   

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Contactez-moi afin d'étudier ensemble, plus avant, l'histoire et donc de progresser vers la connaissance. Bonne lecture ! armand.launay@gmail.com
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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