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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 08:43

 

Que signifie Sotteville ? 

Le toponyme de Sotteville-sous-le-val a été interrogé sous l’angle normand, c’est-à-dire la recherche des traces des northmen, les hommes du nord : en somme les vikings. L’on s’est plu à répéter que Sotteville provient de “Sóti”, du vieux danois, qui désigne “celui qui est noir comme de la suie”. L’on traite donc d’une personne à la peau mate et aux cheveux noirs, à moins que ce soit un sobriquet hérité d’une anecdote ou d’une blague potache. On rapproche ce mot de l’anglais “soot”, la suie. Le suffixe “ville” vient du roman “villa” qui désigne, non une ville ou une somptueuse villa romaine, mais un domaine rural. Ce suffixe permet donc de transformer le nom “Le Noir” en “Domaine du Noir”. 

 

Mais à quoi bon préciser “sous le val” ? 

Mais nous nous intéressons ici à la précision “sous le val” accolé au nom d’origine scandinave. À l’évidence, il s’est agi de distinguer notre Sotteville de Sotteville-lès-Rouen, située aussi le long du cours de la Seine. Mais pourquoi ne pas appeler cette paroisse Sotteville-sous-les-monts comme, à près de 13 km par la route, Amfreville-sous-les-monts ? Après tout, il existe bien une ligne de coteaux assez pentus descendant régulièrement vers Saint-Aubin-lès-Elbeuf. 

 

Sotteville-sous-le-val désigne le chef-lieu de paroisse, puis de commune, mais aussi l'ensemble du territoire communal. Il n'est donc pas sûr que la précision "sous le val" désigne le val de la Moulinière au-dessus du chef-lieu (cliché d'Armand Launay, aout 2019).

Sotteville-sous-le-val désigne le chef-lieu de paroisse, puis de commune, mais aussi l'ensemble du territoire communal. Il n'est donc pas sûr que la précision "sous le val" désigne le val de la Moulinière au-dessus du chef-lieu (cliché d'Armand Launay, aout 2019).

 

Sotteville-sous-le-val… Renoux ?

Nous avions pensé, il y a longtemps, que “le val” précisant le nom de la commune était celui du Val-Renoux, vous savez, celui par lequel passe l’autoroute 13, là où se trouve la merveilleuse sculpture “Sur la trace des vikings”, de Georges Saulterre. Cette hypothèse a, depuis, été wikipédiatisée dans la fiche dévolue à la commune sottevillaise. 

Après tout, cette hypothèse parait assez logique car le Val-Renoux se dessine nettement depuis la vallée de Seine où circulent les passants, notamment sur l’eau. 

 

Que désigne Sotteville ? 

Mais Sotteville désigne depuis 1790 tout l’espace d’une commune et, auparavant, donnait son nom à l’étendue de la paroisse accolé au nom de son saint patron : Saint-Baudile-de-Sotteville. Par conséquent Sotteville est, à l’origine, un nom de lieu mais pas d’espace. Sotteville désignait le village, chef-lieu de paroisse, blotti autour de son église. Il existe aussi des hameaux : la Ferme du val, le Val-Renoux, les Bocquets et La cour à Monnier.

 

Sotteville-sous-le-val... de la côte Moulinière ? 

Or, la fiche Wikipédia de la commune, atteste que c’est depuis au moins 1757 que l’on accole la mention “sous le val” et non “à côté du val”. On ne traite pas de Sotteville-ès-val, près-val ou jouxte-val comme l’on disait Saint-Aubin-jouxte-Boulleng avant de dire Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

La mention “sous le val” est-elle tout simplement une référence à la côte Moulinière qui passe dans un vallon derrière l’église et la mairie de Sotteville ? 

Nous en doutons car ce val n’est pas très lisible, bien qu’il existe. À ce titre, bien des villages devraient s’appeler Les Damps-sous-le-val, Igoville-sous-le-val, Connelles-sous-le-val… Même le Val-Renoux a besoin d’un nom d’homme pour qu’on le distingue et donc le retienne. 

 

Sotteville-sous-le-val... des Authieux ? Ou l’ancienne paroisse étendue. 

C’est en faisant des recherches sur Ymare que nous avons pris connaissance d’un plan terrier du XVIIIe siècle de la paroisse de Sotteville : celui-ci nous a mis la puce à l’oreille. À côté du plan terrier de Sotteville et ses hameaux valléens, il existe un plan de la paroisse de Sotteville... sur le plateau des Authieux. Cela n’est guère étonnant quand on songe que la commune est aujourd’hui en partie assise sur les hauteurs, du côté des Pointes des Authieux. Songez aussi au nouveau cimetière communal.

Mais ce plan, reproduit ci-dessous, nous apprend que les terres sottevillaises allaient par le fond des vallons jusqu’au pied des paroisses de Saint-Aubin-Celloville, alors dénommée Saint-Aubin-la-campagne, et d’Ymare. Si les bois lui échappaient, la paroisse allait jusqu’à leur lisière si bien que l’ensemble du val des Authieux (la route principale entre Igoville et Gouy) était sottevillais. On mesure aussi, mais c’est un autre sujet, que la ferme de la Folie et le Précantuit étaient igovillais.

Nous pouvons donc former l’hypothèse que “le val” dont il est question dans le nom de la commune désigne ou, plutôt, désignait cette bonne moitié de la paroisse autant accessible par Sotteville que par le Port-Saint-Ouen et qui devait être convoitée. On peut supposer que des fermes y existassent, à l’exemple de la ferme de la Folie, et que des paysans y travaillassent régulièrement. L’archéologie et l’observation aérienne y répondront peut-être un jour, si ce n’est déjà fait. 

Il est étonnant, dans le découpage des terres paroissiales, que le bas de ce val ait été attribué à Igoville et le haut à Sotteville. Ce découpage est sûrement le résultat d’une prise de pouvoir par quelque seigneur local ou par l’abbaye Saint-Ouen de Rouen, grand propriétaire foncier de la région comme l’indique toujours le nom du Port-Saint-Ouen.

On pourrait m’objecter que c’est surtout la paroisse d’Igoville qui est sise “sous le val” des Authieux. C’est géographiquement vrai. Mais toponymiquement il n’existe qu’un seul Igoville, nettement identifiable donc, alors qu’il existe bien des Sottevilles.

 

Conservé aux Archives départementales de Seine-Maritime sous la cote 12Fi106 et accessible par le site http://www.archivesdepartementales76.net, ce plan montre la partie haute de la paroisse de Sotteville-sous-le-val, le nom est donné. Ce plan terrier n'est pas daté mais date du XVIIIe siècle (capture d'écran du 12 septembre 2020).

Conservé aux Archives départementales de Seine-Maritime sous la cote 12Fi106 et accessible par le site http://www.archivesdepartementales76.net, ce plan montre la partie haute de la paroisse de Sotteville-sous-le-val, le nom est donné. Ce plan terrier n'est pas daté mais date du XVIIIe siècle (capture d'écran du 12 septembre 2020).

Détails du plan ci-dessus (captures d'écran du 12 septembre 2020).
Détails du plan ci-dessus (captures d'écran du 12 septembre 2020).

Détails du plan ci-dessus (captures d'écran du 12 septembre 2020).

 

Le val des Authieux et sa particularité.

Nous avançons un autre argument expliquant, selon nous, la référence au val des Authieux comme élément distinguant la paroisse sottevillaise. Le val des Authieux n’est pas un vallon en eau issu d’une érosion des coteaux de Seine. Il provient d’un ancien méandre de Seine asséché puis coupé du lit principal du fleuve. C’est Jérôme Chaïb, écologue et directeur de l'Agence régionale de l'environnement de Haute-Normandie, qui nous renseigne bien ici. Par des dessins très pédagogiques reproduits ci-dessous, il montre quelques phases de l’évolution du méandre de Seine qui nous intéresse. En retenant les leçons de Charles Darwin qui, dans L’Origine des espèces, nous invite à réfléchir à l’échelle géologique, bien plus vaste donc, on mesure combien le fleuve a creusé la roche et a pu modifier son cours. Ceci d’autant plus que le fleuve a été plus impétueux à certaines périodes de son histoire. On mesure donc que le val entre Igoville et le Port-Saint-Ouen mais aussi le Val-Renoux sont le vestige d’un ancien lit de la Seine. C’est un val qui se situe tout de même entre 70 et 80 mètres au-dessus de la Seine et qui descend de deux côtés vers le fleuve séquane… Ils ont été parcourus ensuite et vraisemblablement par quelques rus qui les ont creusés un peu plus surtout à leur connexion avec la vallée de la Seine actuelle. Nous songeons aux vallons descendant de Saint-Aubin-Celloville et Ymare, ce dernier semblant avoir eu un ru plongeant ensuite vers Igoville.

Dessins de Jérôme Chaïb, de l’AREHN, issu de la page 31 de La Seine en Normandie, ouvrage collectif publié en février 2012 et dirigé par Céline Dégremont et Christian Lévêque sous l’égide du GIP Seine-Aval. Nous en avons consulté la version numérique déposée dans Issuu à l’adresse suivante : https://issuu.com/seineaval/docs/la_seine_en_normandie. On voit ici que le val des Authieux est un méandre fossile. C’est donc un val particulier qui a dû compter dans la précision donnée à la paroisse de Sotteville-sous-le-val ; ce val étant pour moitié dans ladite paroisse. (capture d'écran du 12 septembre 2020).

Dessins de Jérôme Chaïb, de l’AREHN, issu de la page 31 de La Seine en Normandie, ouvrage collectif publié en février 2012 et dirigé par Céline Dégremont et Christian Lévêque sous l’égide du GIP Seine-Aval. Nous en avons consulté la version numérique déposée dans Issuu à l’adresse suivante : https://issuu.com/seineaval/docs/la_seine_en_normandie. On voit ici que le val des Authieux est un méandre fossile. C’est donc un val particulier qui a dû compter dans la précision donnée à la paroisse de Sotteville-sous-le-val ; ce val étant pour moitié dans ladite paroisse. (capture d'écran du 12 septembre 2020).

À la sortie d'Ymare, au-dessus de la mare Bouet. On voit se dessiner ici le val des Authieux, ancien lit de la Seine d'un méandre fossile. La paroisse de Sotteville-sous-le-val venait jusqu'à la lisière du bois où fut prise cette photographie (cliché d'Armand Launay, aout 2020).

À la sortie d'Ymare, au-dessus de la mare Bouet. On voit se dessiner ici le val des Authieux, ancien lit de la Seine d'un méandre fossile. La paroisse de Sotteville-sous-le-val venait jusqu'à la lisière du bois où fut prise cette photographie (cliché d'Armand Launay, aout 2020).

 

Pour conclure, la paroisse de Sotteville-sous-le val était bien plus étendue que la commune qui lui a succédé à partir de 1790. Elle occupait une partie du val des Authieux, ancien méandre de Seine. Il semble donc que Sotteville-sous-le-val désigne ce val particulier et non les vallons directs du coteau tels que le Val-Renoux et la côte de la Moulinière.    

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 18:49
Wimara, tel est le nom du groupe scolaire depuis 2018. Il plonge aux racines du nom de la commune, un nom qui appelle à s'interroger sur l'histoire plus qu'il n'y répond (clichés de Paris-Normandie).

Wimara, tel est le nom du groupe scolaire depuis 2018. Il plonge aux racines du nom de la commune, un nom qui appelle à s'interroger sur l'histoire plus qu'il n'y répond (clichés de Paris-Normandie).

 

“Wimara”, tel est le nom du groupe élémentaire de la commune d’Ymare depuis 2018 où les élus ont laissé le choix du nom aux enfants. C’est ce que nous apprend un article de Paris-Normandie en date du 19 aout 2018. Ceux-ci auront été préalablement informés de la plus lointaine trace écrite du nom de ce village : en effet Wimara apparait sur la courte fiche Wikipédia de la commune et ce grâce à la bienveillance d’un internaute ayant, de plus, laissé ses sources dans des notes de bas de page. Il s’agit de renvoi vers des cotes d’archives conservées par le département. 

Le contributeur wikipédien montre ensuite la relative permanence de ce nom jusqu’à la période contemporaine : “Le nom de la localité est attesté sous les formes Wimara vers 1240 ; Iglise d'Ymare en 1291 ; Ymare en 1319 ; Vimara en 1337 ; Imare en 1431 ; Saint Aubin d'Ymare en 1462 et 1464 ; Ecclesie Sancti Albini de Imare en 1638 ; d'Imare en 1707 ; d'Ymare en 1772 ; Ymard en 1648 ; Imare entre 1704 et 1738 (Pouillé) ; Imares en 1715 (Frémont), en 1757 (Cassini) ; d'Ymare en 1787.” Les sources de ces informations sont aussi cotées aux archives départementales de Seine-Maritime. 

Le “a” final de Wimare est une latinisation caractéristique de l’écriture des chartes médiévales. Comme bien des noms médiévaux, le son germanique “w” s’est déformé dans le langage oral en “v” ou a disparu. On retrouve ainsi cette évolution dans d’autres toponymes locaux tels que Igoville, Incarville…

 

Que signifie Wimara ?  

Ce toponyme est unique en Normandie et donc en France puisqu’il semble qu’Ymare soit un nom d’origine scandinave. 

Selon François de Beaurepaire, la forme Wimara retrouvée vers 1240 vient de l'adjectif norrois viðr “large” ou hvítr “blanc” et du vieux norrois marr “mare”. Pour les amoureux des racines scandinaves de la Normandie, ces mots sont romantiques et pleins de sens. Mais, avouons-le, ils nous sont étrangers et l’on peine à les prononcer. On peut les apparenter aux termes anglais, leurs cousins germaniques, wide et white, déjà plus clairs (surtout le second) pour les anciens collégiens que nous sommes. 

Cela donnerait à Ymare le sens de “grande mare” ou “blanche mare”. S’il est aisé d’imaginer une mare autour de laquelle les hommes et les animaux trouvaient de quoi vivre, on ne voit pas très bien quelle serait cette grandeur, ou blancheur, qui distinguerait le lieu d’Ymare des autres lieux avoisinants. De plus, n’y aurait-il qu’une seule grande mare en Normandie ? Qui plus est, si une mare pouvait être blanchâtre, n’y en aurait-il aucune autre que celle de la commune qui nous intéresse ? Enfin, même argument mais appliqué à Blacquetuit, hameau jouxtant Montaure : en quoi celui-ci serait un essart noir et non pas l’essart d’un certain Le Noir ?  

C’est pourquoi nous rejoignons le jugement de François de Beaurepaire, auteur de Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, qui voit dans ce type de toponyme un anthroponyme, c’est-à-dire un nom de personne : Wido ou Witto. Son argumentation repose sur la fréquence de ce toponyme qu’il retrouve dans Quittebeuf (attesté sous la forme de Witeboe en 1205), Yville-sur-Seine (Witvillam, vers 1025), Ymare donc (Wimara, vers 1240) et Iville / Vitot (Witot 1035 - 1047). On pourrait suggérer aussi, peut-être, Yport. 

Le nom d’homme Wido-Witto peut se traduire par Le Grand, voire Le Large donc Le Costaud, ou Le Blanc. Ymare signifierait donc la “mare de Le Blanc” ou la “mare de Le Grand”.

 

 

Ymare, la mare blanche, la grande mare, ou la mare de Le Blanc, de Le Grand, voire du Costaud ? La toponymie est un champ d'hypothèse, un champ très fertile même (cliché d'Armand Launay, aout 2020).

Ymare, la mare blanche, la grande mare, ou la mare de Le Blanc, de Le Grand, voire du Costaud ? La toponymie est un champ d'hypothèse, un champ très fertile même (cliché d'Armand Launay, aout 2020).

 

Mais le spécialiste sur lequel le Net se repose pour commenter ce toponyme, François de Beaurepaire, avance aussi la possibilité que l’anthroponyme soit d’origine anglo-saxonne sous la forme “Hwita. Ceci car il semble que les Scandinaves établis dans le Pays de Caux et la vallée de la Seine fussent des colons danois auparavant installés en Angleterre. Des Anglo-saxons les ont sûrement suivis et peut-être influencés en Neustrie, devenue la Normandie. 

Cependant le toponyme Ymare fait écho à Yville et Yport, termes scandinaves et le suffixe proprement anglo-saxon de mare est mer comme dans Mortemer et Blingemer. 

 

Que nous apprend ce toponyme ? 

Il semble qu’une partie d’Ymare ait été donnée en tant que propriété à un Scandinave, ou Anglo-scandinave, et les siens. Peut-être s’agit-il d’un homme, dénommé “Le Blanc” ou “Le Grand” qui se rendit utile à Rollon et fut ainsi remercié par ce don de terre déjà organisée en propriété. Fut-il possessionné près de la mare actuelle ? C’est possible car le Clos de la ferme, vaste et bel espace proche de la mare, constitue une propriété noble qui doit être la lointaine héritière d’un fief seigneurial englobant l’église et la mare centrale donc. Il est donc évident qu’une source d’eau devait ressurgir en ce lieu qui le rendait propice à l’habitation et l’exploitation des ressources naturelles.  

Des maisons à pans de bois ont sûrement existé de part et d’autre de ce fief englobant la mare et l’église. Elles durent être occupées par des Neustriens et par des colons scandinaves de la suite de Le Blanc ou Le Grand. Avec leur matériau naturel, elles ont entièrement disparu et ont été remplacées par de nouvelles habitations.. 

Les habitants d’Ymare étaient-ils des Neustriens parlant roman ou des colons dano-saxons ? Les études toponymiques montrent qu’Ymare est à la limite intérieure de l’espace considéré comme densément peuplé par le colon scandinave. C’est ce que montre une cartographie de l’article “Colonisation de la Normandie” sur Wikipédia et qui se fonde sur les toponymes. 

Près d’Ymare, plusieurs lieux-dits semblent d’origine scandinave, même s’ils sont discutables. Certains semblent être aussi des noms de propriétaires comme Sotteville (la ferme de Soti), Tourville (la ferme de Tor), Amfreville (la ferme d’Asfridr)... 

Surtout, des noms de lieux seraient des mots proprement norrois.

 

 

La ferme de la Folie, à côté du champ du Précantuit, à Igoville : un des noms possiblement scandinaves de la région d'Ymare (cliché d'Armand Launay, aout 2020).

La ferme de la Folie, à côté du champ du Précantuit, à Igoville : un des noms possiblement scandinaves de la région d'Ymare (cliché d'Armand Launay, aout 2020).

 

Selon l’article Wikipédia de la commune d’Igoville, le Pré-cantui(t) serait une déformation de Brescantuit. Ce toponyme daterait de 1453 mais la fiche Wikipédia est muette sur la source de cette information. On y retrouve le terme de thuit qui désignait un essart et qui proviendrait du vieux norrois thveit (à vos souhaits). Si ce terme désigne un champ, de nos jours, mais ce champ a pu désigner une ferme. La ferme désaffectée “la Folie” en est peut-être la lointaine héritière. Le préfixe pourrait aussi être scandinave. On le retrouve dans Bretot, attesté vers 1040 selon François de Beaurepaire, et qui proviendrait de l'adjectif breiðr “grand, large”, ou de brestir, le fossé, qu’on retrouve dans Bertelonde “le bois du fossé”. Quid du radical “can” du Brescantuit ? 

Une autre terme scandinave existe sûrement dans le “Bois Bouclon”, à Saint-Aubin-Celloville et dans “Bouquelon” à Boos. C’est le même terme que celui d’une commune de l’Eure qui viendrait du scandinave bóka-lundr, “bois de hêtres”. Un doute demeure sur le “Bois Bouclon” car il jouxte un espace appelé “Le Bosc-long”, c’est-à-dire le “long bois”. Lequel des deux aurait influencé l’autre ? Aurions-nous affaire à une déformation fautive et donc à une étymologie erronée ?  

Enfin, des termes se trouvent dans la vallée ou le rebord des falaises comme la Houle à Sotteville-sous-le-val, l’ile L’Homme au Vaudreuil, le Becdal à Acquigny, Daubeuf, Vatteville, Belbeuf, Criquebeuf, Martot... 

 

En guise de conclusion, Ymare semble être un témoin de la colonisation scandinave dans la région de Pont-de-l’Arche. Ce serait la mare de Le Blanc ou Le Grand, voire Le Costaud, nom de personnage. Il semble attester qu’il existait une propriété noble autour de la mare et de ce qu’on appelle actuellement le Clos de la ferme. Chose étonnante, si Ymare signifie la mare de Le Blanc, Saint-Aubin, le nom du patron de son église, provient d’Albinus qui signifie Le Blanc... en latin. 

 

A lire sur ce blog, un petit aperçu de l'histoire d'Ymare.

 

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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