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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 20:39

Inauguré le 29 janvier 1955 par Pierre Mendès France, président du Conseil des ministres, le pont de Pont-de-l’Arche ne portait pas de nom officiel avant le 4 mai 1969. Ce jour-ci, le maire Roland Levillain baptisa le nouvel ouvrage « De-Lattre-de-Tassigny » en présence de la veuve de ce maréchal né le 2 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) et mort le 11 janvier 1952 à Paris. L’avenue percée pour l’accès à ce pont prit aussi ce nom. 

Nous reproduisons ci-dessous un plan de situation du pont avant travaux édité par le Ministère des travaux publics dans une brochure intitulée « Le nouveau pont-route de Pont-de-l’Arche : 1951-1954 » (page 2). 

Carte nouveau pont


On mesure que l’avenue De-Lattre-de-Tassigny n’était qu’un projet sous le nom de « déviation » partant de la limite avec Les Damps jusqu’à la culée sud du pont. Elle fut réalisée dans le cadre des travaux du pont et coupa en deux le boulevard de la Marne et la rue Marie-Morel-Billet, atrophia le square Didier-Simon, coupa le parc de la Folie-Vallet, fit tomber une maison (parking de la rue Jean-Prieur) et amena le Conseil municipal à détruire l’ancienne salle des fêtes.

Quid alors de la partie sud de l’avenue jusqu’à la forêt de Bord ?   

C’est Jean Verdier, dans un article publié dans Présence normande en 1960 (voir sources) qui nous fournit la réponse. A la page 23, il écrit que les travaux sur la RN 154 eurent lieu « par petites tranches successives entre 1953 et 1957. » Il précisa que ce « long travail de patience [fut] couronné en 1958 par l’élargissement à quatre voies (…) au sommet (...) du Val-aux-loups. » Plus précisément, pour ce qui nous intéresse ici : « De l’orée de la forêt de Bord à l’entrée est de Pont-de-l’Arche, un tracé nouveau réalisé en 1955, amène l’automobiliste en souplesse jusqu’à l’entrée du pont, reconstruit en amont de l’agglomération. » Un tracé qui délimite le récent lotissement de la Forêt.

En 2006, cette route nationale 154 fut départementalisée et rebaptisée poétiquement D 6015.

En 2001, cette avenue est partiellement restaurée par le Conseil général. Le carrefour avec la rue Maurice-Delamare est remplacé par un rondpoint. En 2005, un rondpoint est créé en forêt pour le futur contournement sud de la Ville inauguré en 2010. 

 

P1070508.JPG

Vue sur le pont en 2012 (photo A. Launay).


Sources

Ministère des travaux publics, Le nouveau pont-route de Pont-de-l’Arche : 1951-1954, imprimerie Logier et Cie, 32 pages.

Verdier Jean, « Dix ans de travaux sur la RN 13 bis », Présence normande n° 5, juillet 1960, 10 pages.

 

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Armand Launay

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 17:56

Le 4 mars 1937 le Conseil municipal, réuni sous la présidence de Raoul Sergent, appela officiellement « rue Olivier-des-Bordeaux » la voie qu’on appelait populairement la rue du Chêne Jaunet ou, en parler local, le « Quesne gaunet ».

 

Chene-Jaunet.JPG

Le Chêne-Jaunet avant 2004 et la construction de la résidence du même nom

(archives municipales de Pont-de-l'Arche)

 

La résidence bâtie entre 2004 et 2007 prit le nom de l’espace qu’elle occupe depuis : le Chêne-Jaunet. Si ce nom doit désigner un terrain identifiable grâce à un chêne remarquable, que signifie « Jaunet » ? Un nom de famille ? L’idée serait étonnante car ce nom ne figure pas dans les archives locales. Il serait plus probable que Jaunet fût un sobriquet forgé sur le mot « jaune ». Or « Les jaunes » était le sobriquet donné à une famille de Pont-de-l’Arche d’après le teint de peau d’un de ses ancêtres. Un « Jaunet » serait un enfant de la famille.

Quoiqu’il en soit, même si cette famille n’avait rien à voir avec le mot « Chêne Jaunet », il nous semblerait assez logique que l’on ait appelé le chêne d’après le surnom d’un propriétaire de jardin, de champ : « le [champ du] chêne [à] Jaunet ». On retrouve ce nom dans une délibération du 16 décembre 1883 mais il doit être antérieur.

 

Quant à la rue Olivier-des-Bordeaux ? Une lecture rapide des archives donnerait à croire qu’elle rend hommage à Jean-Baptiste Olivier qui fut maire de Pont-de-l’Arche de 1848 à 1852. La raison est plus prosaïque.

 P1180915.JPG

 La rue Olivier-des-Bordeaux en 2011 (photo A. Launay)

 

Ce médecin en chef à l’hospice de la ville, né le 29 mai 1799 à Grosley-sur-Risle et décédé à Pont-de-l'Arche le 18 janvier 1874, accolait à son nom la particule des Bordeaux qu’il devait à sa femme Eléonore Guesnier des Bordeaux. Mais le prénom de cet homme ne fait pas partie du nom de la rue...

La délibération du Conseil municipal du 21 mai 1883, après sa mort donc, décrit l’installation d’un caniveau permettant l’écoulement des eaux du puits « Olivier des Bordeaux ». Les archives montrent que la Ville avait projeté en 1875 de se doter d’un puits – et donc de fontaines publiques. La veuve Olivier des Bordeaux accordait même 1000 francs à cette fin. Plusieurs années de difficultés s’en suivirent. Le 22 avril 1880, la veuve Olivier des Bordeaux et sa fille accordaient 3000 francs et, le 3 juin 1880, le devis de M. Simon, architecte rouennais, était accepté par les élus (3197 francs). Après plusieurs années d’incompétences des entreprises et de manque de sérieux de l’architecte, le puits fut ouvert en 1883. Ses eaux s’écoulaient vers la place des Champs (Aristide-Briand) puis par la rue de Paris (Roosevelt). Le puits fut remplacé en 1905 par le puis artésien du chemin du Becquet. Le puits Olivier-des-Bordeaux a disparu depuis. En remerciement, la ville réserva une concession dans le cimetière communal pour la "veuve Olivier", à côté de celle de son mari. 

 

Source

Registre des délibérations du Conseil municipal

 

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Armand Launay

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 22:21

Le 27 mai 1960, le Conseil municipal réuni sous la présidence de Roland Levillain lança une grande opération urbaine : la construction du « lotissement de la forêt ». Les élus votèrent l’acquisition des terrains situés entre la rue Charles-Cacheleux, la déviation de la route nationale 154, actuelle départementale 6015, et le stade JacquesHavet en cours de réalisation. Il s’agissait pour la Ville de les aménager avant leur revente à des sociétés immobilières chargées de commercialiser les lots. La Ville avait lancé, dans le même temps, un projet de construction de parc des sports : l’actuel stade Jacques-Havet.

       Vues aériennes (23)

Vue aérienne du Lotissement de la Forêt (carte postale des années 1960).

 

Le 14 juin 1962, les élus attribuèrent les lots à la SOCIM, la Société civile immobilière Pont-de-l’Arche La Rivière (imprimerie Jeanbin) et la Société anonyme coopérative Pont-de-l’Arche La Forêt.

Le 19 juin 1963, le conseiller municipal Lucien Siva, par ailleurs directeur de l’école publique, rapporta aux élus les noms des rues sur lesquels il a été missionné. Ainsi furent baptisées l’impasse des Avettes (abeille en ancien français), l’impasse des Chanterelles, la rue des Griottes (variété de cerises), l’impasse des Grives, la rue des Pervenches, la rue des Sapins et la rue de la Folie Vallée, rebaptisée plus tard rue Président-Kennedy. C’est du moins ce qu’on peut lire dans une délibération du 15 octobre 1969. Auparavant, cette voie était appelée « ancien chemin de la Folie Vallée » du nom de la riche demeure située près du rondpoint des écoles.

Le lotissement de la Forêt est un nom aujourd’hui peu usité. Il offre le plus ancien témoignage archépontain de zone pavillonnaire durable très consommatrice en terrain avec une maison au centre de chaque parcelle. Ce lotissement témoigne des années 1960 où une certaine prospérité a permis de construire des logements neufs, tout confort, soucieux de l’hygiène la plus parfaite et avec, fait nouveau, un garage pour les voitures personnelles. Il a auguré la valse des constructions de zones pavillonnaires sur tous les espaces libres au sud de Pont-de-l’Arche. 

 

      P1090281.JPG

L’immeuble des Pervenches a été construit en 1962 pour loger certains salariés de l’entreprise Jeanbin. Sise dans la rue Jean-Prieur, dans l’ancienne usine de Paul Nion, cette entreprise était spécialisée dans l’impression d’étiquettes.     

 

 

P1040846

Le blason de la Ville sur les plaques de rues bleues est l’indicatif des années 1960 à Pont-de-l’Arche.

 

 

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Une trace d’immigration (?) bretonne sur façade de  la rue des Pervenches  « Beg er lan », du nom d’un cap près de Quiberon. Maison ayat appartenu à Pierre Kerrand, secrétaire gérénal de la mairie durant le mandat de Roland Levillain.
 

 

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Published by Armand Launay - dans Pont-de-l'Arche Urbanisme
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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 22:16

Lieu d'accueil aux abords des villes, la maladrerie était destinée aux lépreux du Moyen Âge à la Renaissance. Celle de Pont-de-l'Arche s'est peu à peu évanouie dans les brumes de l'histoire mais le cimetière communal semble bien en être l'héritier...

 

Diis manibus

 

Cimetière (vue aérienne Google)

Le cimetière de Pont-de-l'Arche par satellite vers 2006 (image Google). 

 

 

Un nom de lieu pour seul vestige de la maladrerie ? 

Avec la matrice, le plan cadastral est un document fiscal permettant de délimiter les terrains et de répertorier les propriétaires. Celui de Pont-de-l’Arche, achevé en octobre 1834 par Le Fébure, géomètre en chef et Girard, géomètre, a enregistré sous le nom de Maladrie tout l’espace situé autour du cimetière, y compris de l’autre côté de la route d’Elbeuf. Depuis, son orthographe a été corrigée en « maladrerie », comme le montre l’inventaire des Monuments historiques qui répertorie une maladrerie disparue à Pont-de-l’Arche[1]. Surtout, une impasse longeant le cimetière a porté ce nom jusqu’au 12 octobre 1973 où le Conseil municipal, suivant l’avis des riverains, la renomma Impasse de la Vallée.

 

Une maladrerie ? Définition

Dans les villes, les hôtels-Dieu accueillaient les malades. Cependant, les lépreux, étaient renvoyés vers les maladreries des abords des villes. La première léproserie connue, celle de Saint-Claude (Jura), est citée par Grégoire de Tours dans Les Vies des pères, au VIe siècle. Les léproseries, comme nombre d'institutions charitables, se multiplièrent au XIIe siècle dans un contexte d'essor économique. Elles étaient placées sous la responsabilité d’établissements religieux. Mais que savons-nous de l’histoire de la maladrerie de Pont-de-l’Arche ?

 

Vers 1250 : une léproserie gérée par Bonport

La plus ancienne mention de la maladrerie se trouve dans le cartulaire de Bonport. Par un acte d’aout 1259 Jean Goceselin, bourgeois de Pont-de-l’Arche, concéda des libéralités et des biens immobiliers à l’abbaye de Bonport, conformément au souhait de sa femme Mathilde. Il céda deux sous à la « leprosie » de Pont-de-l’Arche, propriété de l’abbaye donc, chaque année à la saint Jean-Baptiste[2]. La localisation de celle-ci, à mi-chemin entre l’ancienne abbaye et la ville de Pont-de-l’Arche, est donc parfaitement logique, d’autant plus que cet ancien lit de Seine, sans relief, était destiné aux cultures du fait de la présence d’eau[3].

Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme citent cet acte de 1259 et avancent qu’il est probable qu’il s’agisse de la « même maison que le Bel-Air cité en 1265 »[4]. Nous nuançons le propos car la Maladrerie a pu être appelée Bon-air à cause de sa proximité avec la « maison » ou ferme du Bon-air. Quant à la date de 1265, les auteurs ne la citent pas dans leur article sur Pont-de-l’Arche et nous ne la trouvons pas ailleurs. Néanmoins, Léon de Duranville écrivit qu’il « y avait eu jadis une maladrerie, qui porte maintenant le nom de Bon air ». Du vivant de Léon de Duranville, une ferme du Bon-air existait. Cela semble confirmer que c’est ce nom qui prévalait et qui caractérisait tout l’espace entre Pont-de-l’Arche et Bonport, comme aujourd’hui. Léon de Duranville précisa aussi que « la chapelle fut bénite par Eudes Rigaut. »[5] 

Bruno Tabuteau, docteur en histoire, auteur de "Les maladreries et léposeries en Normandie" (Cahiers Jacques-Charles, AMSE, 2011), répare l'erreur de De Duranville en précisant qu'en 1261 Eudes Rigaud rejoignit le roi Saint Louis, le 1er juin, à la chapelle Saint-Etienne du château de Pont-de-l'Arche (Limaie) où il célébra la messe le 2 juin. Cependant le 4 et le 5 juin, Eudes Rigaud consacra l'église du couvent des dominicains de Rouen comme le montre le Journal des visites pastorales d'Eudes Rigaud (page 402). Il ne s'agit donc pas de la chapelle de la maladrerie de Pont-de-l'Arche. Bruno Tabuteau nous donne, en revanche, nombre d'informations sur l'aumône de Normandie dont bénéficiaient les comptes de la maladrerie de Pont-de-l'Arche. Se fondant sur les Journaux des trésors des rois Philippe IV le Bel (Jules Viard, Paris, imprimerie nationale, 1940) et Charles IV (id. 1917), l'historien note des versements irréguliers allant de 1297 à 1384.   

 

Renaissance : la maladrerie entre paroisse et ordres religieux

A une date indéterminée, il semble que la gestion de la maladrerie est passée des moines de Bonport à la paroisse Saint-Vigor. En effet, les registres de la fabrique nous apprennent qu’en 1539 Claude Hays, curé, qui avait « joui du revenu de la léproserie pendant dix-huit ans, a remis les titres et payé les arrérages, suivant l’accord qu’il a passé au parlement le 17 janvier 1538.[6] » Que s’est-il passé 18 ans auparavant, en 1520 ? Nous l’ignorons. Quoi qu’il en soit, nous apprenons que la maladrerie était passée dans le giron de l’hôtel-Dieu qui, en 1648, passa sous la responsabilité des frères pénitents. Ceci ne dura pas car, suite aux édits de décembre 1672 et du 20 février 1673 réorganisant le fonctionnement de divers hôpitaux, la Chambre royale les condamna le 31 mai 1673 à laisser à l’Ordre du Mont-Carmel la libre possession et jouissance de « la malladrerie et hospital » de Pont-de-l’Arche dont ils étaient propriétaires depuis 25 ans[7]. Puis, un édit de mars 1693 confia aux villes la gestion des hôpitaux. Qu’en fut-il de la maladrerie ?

 

Bien paroissial, la maladrerie devint cimetière communal

Les registres du conseil de fabrique indiquent que la maladrerie était devenue un bien paroissial car de 1781 à 1782, alors que Michel Duval était curé, « on a fait faire un cimetière neuf au même lieu et place de l’ancien, nommé Maladrerie ». Ceci atteste que l’espace autour de la maladrerie était connu comme cimetière et explique pourquoi le plan de Pont-de-l’Arche dressé vers 1702 par le cartographe Nicolas Magin (1663-1742) montrait un cimetière au lieu dit La Maladrerie. Les bâtiments avaient déjà peut-être été démolis. 

De cimetière pour malades contagieux, celui-ci devint cimetière paroissial mais le nom de maladrerie se converva. On le retrouve en 1812 dans une délibération du Conseil municipal du le 13 novembre où fut évoqué un pommier mutilé près de la « maison de la Maladrerie ». Cela désignait soit la maladrerie soit une maison qui la jouxtait.

Après la nationalisation des biens de l’Eglise, la maladrerie – tout du moins son terrain – passa dans le domaine communal. En effet, une délibération du 3 mai 1862 rappelle la décision du 4 novembre 1851 qui demandait aux personnes désireuses de maintenir des tombes dans l’ancien cimetière, celui autour de l’église Saint-Vigor, actuelle Notre-Dame-des-arts, de se manifester en mairie avant le 31 décembre. « Contre 30 fr. le mètre, les tombes pourront être maintenues, sinon elles seront ôtées « au fur et à mesure que le besoin d’inhumer se présentera selon l’ordre des sépultures. » La place manquait dans l’ancien cimetière, autour de l’église, et il semble que ses tombes n’étaient pas récentes puisqu’on ne se bousculait pas pour les conserver. Il faut dire que la translation du cimetière de l’église à la Maladrerie avait commencé en 1781. Quant aux premières photographies de l’église Notre-Dame-des-arts, vers 1895, elles montrent qu’il n’existait plus aucune tombe autour de l’église. La translation était achevée. Les seuls vestiges de ce cimetière se trouvent dans l’église où des plaques rappellent que certains nobles étaient inhumés en son sein.

 

PA-par-Magin--vers-1702-.JPG

Ce plan de Pont-de-l’Arche, dressé vers 1702 par le cartographe Nicolas Magin (1663-1742),

montre que la maladrerie (vers l'Est, à gauche, au-dessus du mot "Elbeuf")

était déjà assimilée à un simple cimetière (BnF, collection d'Anville).

 

A quoi ressemblait la maladrerie ?

Regardons la léproserie Saint-Lazare de Gisors, dont il reste la chapelle Saint-Luc. Elle se compose d'une simple nef rectangulaire de près de 110 m² réalisée en pierre calcaire et complétée d'un chevet à pans de bois. Elle devint une maison de charité durant le XVIIIe siècle puis fut reconvertie en grange à la Révolution. La Ville de Gisors l’acquit en 1967 et elle fut classée aux Monuments historiques en 1992[8]. Comme Gisors, Pont-de-l’Arche comptait parmi les petites villes de Normandie au Moyen Âge. La chapelle de la maladrerie de Pont-de-l’Arche a peut-être ressemblé à celle de Gisors, du moins dans ses dimensions et dans ses matériaux. Pour compléter l’image que l’on peut se faire de la maladrerie, il faut ajouter des bâtiments annexes, un cimetière autour, un calvaire et peut-être un enclos.

 

Léproserie Saint-Lazare (Gisors)

La chapelle Saint-Luc de la léproserie de Gisors,

une illustration de ce que pouvait être une partie de la

maladrerie de Pont-de-l'Arche ? (photo Wikipédia)

 

 

Le patrimoine confirme-t-il les textes historiques ?

Aujourd’hui, le mur autour du cimetière, fait de grandes pierres de taille calcaires, trahit bien son origine de la fin du XVIIIe siècle. Le plus ancien monument daté a été érigé en 1824 à la mémoire de Louis Joseph Quesney. La plus ancienne dépouille est celle de Julien Blin, ancien maire et bienfaiteur de la ville, dont l’enterrement eut lieu en 1826 et dont la stèle offerte par la ville fut posée vers 1830. Cependant, le plus ancien monument n’est pas daté : il s’agit du calvaire central…

 

Le plus ancien monument : le calvaire central

 

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Le calvaire de la Procession

 

Un monument presque oublié

Au centre du cimetière se trouve un calvaire. Celui-ci était nettement visible quand les tombes n’étaient couvertes que de croix de bois. Aujourd’hui, il passe quelque peu inaperçu, de prime abord, tant les monuments funéraires sont devenus imposants depuis la moitié du XIXe siècle. La croix du calvaire, en pierre calcaire, présente de fines sculptures. L'érosion a surtout frappé les personnages, le Christ, l'Enfant Jésus et la Vierge dont la tête a disparu. Le corps de la croix est orné de palmettes étirées. Les bras de la croix sont reliés par d'élégantes décorations en forme de croissants de lune. Cette croix, qui semble dater du XVIe siècle, repose sur un socle de pierre restauré en 1998 par la Ville de Pont-de-l’Arche à l’initiative de Michel Lepont. En effet, cet organiste archépontain, correspondant de l’association Notre-Dame-de-la-Source, spécialisée en restauration du petit patrimoine religieux, a convaincu la municipalité présidée par Paulette Lecureux de restaurer ce bien communal. Le socle de pierre du calvaire s’effritant dangereusement, il lança un livre de soutien à la restauration de ce monument qui obtint plus de 100 signatures. Elles permirent d’inscrire la restauration du calvaire à la session 1996 du concours « Un patrimoine pour demain », organisé par Pèlerin magazine. Lauréat du concours, cette restauration fut soutenue par une subvention de 31 644 francs. Ce sont les Services techniques de la Ville qui assurèrent la restauration et notamment Alain Richard et Alain Morel.

 

 Restauration calvaire (1998) 2

Les agents des services techniques de la Ville de Pont-de-l'Arche

restaurant le socle du calvaire en 1998 (photo Michel Lepont)

 

Un monument hautement symbolique

Presque toutes les tombes et stèles du cimetière sont orientées, c’est-à-dire qu’une face de leur forme rectangulaire est tournée vers l’orient (l’Est). Or, le calvaire est le seul monument à présenter un angle vers l’orient. Ses trois autres angles renvoient vers les autres points cardinaux. C’est donc sous la croix du calvaire que les quatre points cardinaux se rassemblent. Ils confèrent à ce monument une place cardinale, c’est-à-dire une place au cœur du cimetière et, symboliquement, du cosmos puisque les points cardinaux n’ont pas de limite. Le calvaire est comme un guide autour duquel est structuré le cimetière. Or, sur la croix du calvaire se trouve une image du Christ, le guide des chrétiens qui espèrent une vie après la mort. Une observation attentive montre que l’image du Christ n’est pas alignée sur l’angle Est du calvaire. Elle est décalée vers le sud-est, là où apparaissent les rayons du jour naissant au solstice d’été, le plus long jour de l’année. Symboliquement, le Christ est le premier à recevoir la lumière du jour renaissant après la nuit, la lumière de la vie après la mort. Au dos de la croix, une sculpture de la Vierge à l’Enfant est aussi symbolique. L’hiver, ces deux personnages voient le jour mourir au nord-ouest, horizon vers lequel ils sont tournés. Le Christ et sa mère vont mourir. Mais, avec le retour du jour, le Christ va ressusciter ainsi que ses serviteurs. Hautement symbolique, le calvaire s’inscrit dans une des plus anciennes traditions locales car, au néolithique, les sépultures collectives protégées par des allées couvertes étaient déjà orientées de manière à recevoir les rayons du jour naissant au solstice d’été. Aujourd’hui, les tombes de plusieurs prêtres de Pont-de-l’Arche - Jacques Lemariez (1828-1885), Philippe Damoiseau (1799-1874), Gabriel Caillet (1911-1994), Adrien Colin (1918-2002) et une tombe anonyme - jouxtent le calvaire. Tournées vers le nord, elles rappellent le rôle central du calvaire.

 

Calvaire

 

Un vestige de la maladrerie ?

Ce calvaire est-il le guide du cimetière paroissial ou celui de l’ancienne maladrerie ? Vue son ancienneté, nous sommes tentés de dire qu’il appartenait au cimetière de la maladrerie. Qui plus est, d’après le plan de Nicolas Magin la maladrerie ne jouxtait pas la route d’Elbeuf mais était située à mi-distance entre la route et le coteau bordant l’Eure. Le cimetière devait se trouver autour d’elle et son calvaire. Ceci dit, le calvaire a très bien pu être déplacé selon les besoins. C’est ce que la restauration de 1998 a révélé : le socle était réalisé avec le réemploi d’anciennes pierres tombales du début du XIXe siècle. On a très bien pu déplacer la croix et la poser sur un socle nouveau. Ce serait assez logique car le cimetière a bénéficié de plusieurs agrandissements. Un des premiers agrandissements s’est fait vers l’ouest et jusqu’à la route d’Elbeuf comme le montre le mur de pierre et l’entrée principale. Puis, le cimetière a été agrandi vers l’Est, décalant la porte principale vers l’ouest. Or, le calvaire est resté au centre du cimetière, preuve qu’il a été déplacé.  

 

La stèle de Louis Joseph Quesney (1824)

Nous n’avons pas trouvé d’information directe sur cet homme né à Elbeuf le 1er aout 1750 et décédé à Pont-de-l’Arche le 24 février 1833. Il appartint à une famille de nobles ayant joué un rôle pendant la Révolution parmi les républicains modérés, puis parmi les fidèles au pouvoir napoléonien. Ainsi le père de Louis Joseph, Louis Robert Quesney, était receveur des gabelles avant 1790. Il fut conseiller municipal en 1795 puis à partir de 1800. Entre temps, il fut nommé maire de Pont-de-l’Arche de 1796 à 1799. Un autre Quesney apparait dans les archives en tant qu’agent national en 1795. Un Quesney signa un bel article sur l’économie de Pont-de-l’Arche dans le 3e tome des Annales de statistiques en 1802 (page 55). Il signa en tant que chef de la 1re division des bureaux de la préfecture du département de la Seine-Inférieure et se dit natif de la commune. La stèle de Louis Joseph Quesney fut commandée 9 ans avant sa mort à « Requier », maçon à Alizay, qui finit de la tailler en avril 1824. Celle-ci est gravée de grands aphorismes romantiques.

 

Monument Quesney 5

Datant de 1824, la stèle rendant hommage à Louis Joseph Quesney

est le plus ancien monument individuel du cimetière de Pont-de-l'Arche.

 

La stèle de Julien Blin (1830)

Julien Blin (1738-1826) est un ingénieur des ponts et chaussées. En 1815, il fut nommé maire de Pont-de-l’Arche par le Préfet de l’Eure, fonction qu’il assuma jusqu’à sa mort. Il assainit les comptes de la Ville notamment en rappelant la Préfecture à ses obligations. Il enrichit la ville, alors très pauvre, en lui donnant des immeubles (et les rentes afférentes) qu’il avait acquis durant la période révolutionnaire. En 1818, il fit construire des logements au-dessus de la Salle d’Armes, ancien hôtel-Dieu, pour l’instituteur et deux sœurs qui enseignaient dans la ville. En 1822, il fit don à la commune de trois maisons, contre l’obligation de celle-ci d’en utiliser une comme presbytère. En 1827, le Conseil municipal rapporta les termes du don testamentaire établi par Julien Blin. Sans descendance, il fit don à la commune de biens immobiliers estimés à 236 450 francs,  presque 40 fois le budget communal de 1827 ! Parmi ces biens, Julien Blin souhaitait que l’ancien couvent des pénitents serve d’hôpital aux « indigents malades et inférieurs ». Julien Blin offrit aussi sept maisons et des terres cultivables. Les dons de ce bienfaiteur permirent entre autres de loger la première école de la ville conformément aux lois Guizot sur l’enseignement public (28 juin 1833). En 1830, les élus municipaux votèrent l’érection d’une « pierre tumulaire » sur la tombe de Julien Blin. En 1865, le nom de « rue Blin » fut officialisé par le Conseil municipal[9].

 

Monument Blin 1

Cette stèle de 1830 a été offerte par la Ville de Pont-de-l'Arche

en hommage à son ancien maire Julien Blin, bienfaiteur à

l'origine de l'hôpital local et des bâtiments de la première école publique.

 

Autres tombes et mur de clôture

Les plus anciennes tombes datent du dernier quart du XIXe siècle. Les stèles abordées ci-dessus sont séparées de plusieurs dizaines de mètres. Elles doivent leur conservation à leur caractère monumental et au renom des défunts qu'elles commémorent. Les tombes qui les entouraient ont été relevées au fil des générations. On peut donc déduire que ce cimetière était pleinement utilisé dès le début du XIXe siècle. Une partie du mur de clôture trahit des origines de la fin du XVIIIe siècle avec d’imposantes pierres de taille en chainage et dans les piliers de la porte d’entrée principale, porte qui, comme nous l’avons écrit plus haut, ne peut être celle du cimetière de la maladrerie qui ne jouxtait pas la route d’Elbeuf, selon le plan dressé par Nicolas Magin.

 

P1050112Les pierres de taille du mur sud témoignent du XVIIIe siècle

(ici le pilier Est de l'entrée principale).

 

 

Conclusion

Le cimetière communal semble bien être l’héritier de la maladrerie du XIIIe siècle. Après les ordres religieux et la paroisse, ce bien communal a pris le relai du cimetière de la maladrerie ; relai symbolisé par le calvaire central du XVIIe siècle. A partir de 1781, il remplaça l’ancien cimetière autour et dans l’église Saint-Vigor, devenue Notre-Dame-des-arts en 1896. Quelques plaques et gisants y subsistent qui rappellent qu’on y enterrait les chrétiens depuis peut-être les fortifications de Charles le Chauve (IXe siècle) ?

 

 

Avec mes remerciements à Ulysse Louis, Michel Lepont et Bruno Tabuteau

 

 

[1] Base Mérimée : référence IA00017898.

[2] Delisle Léopold, « Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, Saint-Louis et Philippe le Hardi », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 6e volume, XVIe vol., Caen, 1852, 390 p. cf. page 119 – n° 629, aout 1259 : « Noverint universi, tam presentes quam futuri, quod ego Johannes Goceselin (sic), burgensis de Ponte Arche, assensu et voluntate Matildis, uxoris mee, vendidi et concessi et omnino reliqui abbati et Conventui Beati Marie de Bonoportu quamdam domum quam habebam opud Pontem Arche […] et ad festum sancti Johannis Baptiste duos solidos, et ad dictos terminos leprosie (sic) de Ponte Arche (2) duos solidos… » 

[3] Dont on retrouve une résurgence au pied du coteau, sous le coude du chemin du Becquet, où fut installé un puits artésien au début du XXe siècle.

[4] Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes de l’Eure

[5] Duranville Léon Levaillant de, Essai historique et archéologique sur la ville du Pont-de-l’Arche…, page 122.

[6] « Note de ce qui s’est passé de curieux et de ce qui a été fait dans l’année de chaque trésorier », La Semaine religieuse du diocèse d’Évreux, 24 et 31 aout, 14 et 31 septembre 1918. Reproduction in extenso et sans modifications d’un manuscrit daté de 1722.  

[7] Goujon Paul, « L’Hôtel-Dieu et les pénitents du Pont-de-l’Arche », La Normandie, 1897, n° 3 de mars (pages 66-76), n° 4 d’avril (pages 105-115), page 109.

[8] Wikipédia : article « Gisors ».

[9]L’histoire est ironique : depuis 2008, nous lui avons rendu son prénom, Julien, dans des documents officiels (cartes de la Ville, site Internet…). Or, seul un prénom figure sur sa stèle : Armand, gravé il y a fort longtemps par l’on ne sait qui.

 

Armand Launay

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:20

Dans le cadre de la 7e édition du Mois de l’architecture contemporaine en Normandie, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnementde l’Eure (CAUE 27) et la Maison de l'architecture de Haute-Normandie ont proposé hier, 15 mars, une journée d'échanges sur le thème du patrimoine et de l'architecture. Une première dans l’histoire de Pont-de-l’Arche.

 

Le débat du matin a été très instructif pour les 75 personnes présentes. Michel Rousset, président du CAUE 27, a distribué la parole qui est revenue à Pascal Victor, président de la maison de l’architecture de Haute-Normandie et Marie-Christine Calmon, adjointe en charge de l’urbanisme et du patrimoine de la ville de Pont-de-l’Arche, partenaire de la manifestation. Michel Rousset a aussi souligné la collaboration du CAUE avec les Amis des monuments et sites de l’Eure (AMSE), association présidée par Pierre Roussel, présent dans la salle, et qui permet de « concilier la vieille pierre et l’urbanisme actuel ».

 

 

Philippe Baffert : pour un urbanisme de projet


Le premier intervenant a été Philippe Baffert, consultant et ancien chef de bureau du droit de l’urbanisme au ministère de l'Écologie, du développement durable, des transports et du logement. Celui-ci a commenté les lois relatives à l’urbanisme en France depuis 1945. Il a mis l’accent sur les motivations ayant mené à la création de la loi relative à la Solidarité et au renouvèlement urbains (SRU) : impulser un urbanisme de projet limitant au mieux l’étalement urbain. L’intervenant, à l’origine de l’écriture de la loi datant de 2000, a démontré que l’arsenal législatif français repose sur une notion figée de l’urbanisme. Au lieu de classer des zones, il convient de réfléchir à l’équilibre des milieux destinés à accueillir de nouvelles constructions. Ainsi l’exemple fut donné d’une zone de passage entre deux bois. Au lieu de classer les deux bois en oubliant cette zone, il conviendrait de garantir le maintien de la circulation des espaces animales entre les bois. Il s’agit de respecter les équilibres, non d’édicter des limitations architecturales par principe. Dans la même logique, il a montré du doigt l’aberration de documents d’urbanisme imposant la construction de pavillon au milieu des parcelles constructibles alors que les propriétaires gagneraient à bâtir leur maison dans un coin de leur terrain. Philippe Baffert a aussi visé le manque de réflexion dans l’élaboration de documents d’urbanisme tels que les PADD et les PLU. Ces documents doivent exprimer les objectifs des élus. Comment ceux-ci voient le développement de leur commune ? Comment comptent-ils l’attendre, concrètement ? C’est ainsi qu’ils pourront justifier quelles limites ils entendent appliquer aux projets d’urbanisme et ce au nom de l’intérêt général. Une attitude aux antipodes de nombreux PLU se contentant d’un rappel des textes en vigueur.


France Poulain : une méthode pour savoir que protéger ?


France Poulain, architecte des bâtiments de France de l’Eure a présenté ses missions : gérer 500 monuments historiques et 250 sites protégés par l’Etat, soit 5 à 6 % du département. La première protection a été enregistrée en 1862. Aujourd’hui, le panorama des protections est très inégal : 180 églises concernées sur 600. Jusqu’alors, le classement du patrimoine s’est fait au coup par coup. Il conviendrait de réaliser aujourd’hui une étude plus poussée et de définir une méthode de classement ? Privilégie-t-on l’âge d’un bâtiment, l’histoire qui y est attachée, un paysage, une architecture ? Par exemple, si l’on compte 5 églises du XIe siècle, il y a-t-il une encore dans son « jus » d’époque ? Classe-t-on alors les 5 églises ? Ces choix ont un impact fort car ils président à l’attribution de subventions de l’Etat et du Conseil général. Qui plus est, il peut être tentant de faire classer de nombreux monuments ou objets historiques mais encore faut-il être en mesure de bien entretenir les biens déjà inscrits.

 

Marie-Claude Cortial, Danila Niel, Pierre Durand, Xavier Derbanne : l’inventaire patrimonial de Chaise-Dieu-du-Theil en exemple


Deux élues, un délégué de l’AMSE et un architecte-conseil du CAUE ont présenté le bel exemple d’inventaire du patrimoine de Chaise-Dieu-du-Theil, commune du sud de l’Eure. Afin de protéger ce qui fait la valeur de leur commune, ces acteurs du patrimoine ont défini une méthode avant de recenser près de 180 lieux ou monuments.

L’intérêt architectural : adéquation entre la forme et la fonction du bâtiment ; logique esthétique des façades ; détails ornementaux.      

L’intérêt urbain : bâtiments de premier rôle (mairie, église…), bâtiments de second rôle (maison ancienne), rôle figuratif.

L’intérêt historique : ancienneté, témoignage évènementiel (four à pain).

L’enjeu paysager

L’enjeu écologique

L’enjeu hydrographique

La protection contre le vent : haies

La protection des sols : arbres, haies

Cette démarche de protection a tout d’abord suscité des craintes dans la population avant que celle-ci ne comprenne l’intérêt de ce projet validé en Conseil municipal. Cette démarche sera renforcée en incluant le recensement dans le PLU intercommunal en cours d’élaboration.


Yvette Petit-Decroix et Delphine Butelet : la Fondation du patrimoine au secours de monuments non protégés


Créée en 1996, la Fondation du patrimoine aider principalement les particuliers, mais aussi les collectivités territoriales, à restaurer des biens non protégés par l’Etat. Grâce à des défiscalisations, des subventions, de souscriptions publiques et du mécénat, la Fondation aide les propriétaires de biens qui ont obtenu un label validé par l’architecte des bâtiments de France.

Plus d’informations sur : www.fondation-patrimoine.org/fr/haute-normandie-11

 

L’après-midi : visite du centre ville médiéval de Pont-de-l’Arche et audition d’orgue


Les Amis des monuments et sites de l’Eure ont animé l’après-midi par une visite du centre ville médiéval de Pont-de-l’Arche commentée par Armand Launay. Sous le soleil, les participants ont découvert les bijoux architecturaux de la ville avant de prendre place dans les stalles de Notre-Dame-des-Arts et de savourer l’audition d’orgue offerte par Michel Lepont, conservateur de l’orgue pour la Ville de Pont-de-l’Arche.

 

Urbanisme-15-mars-2012--2-.JPG

 

Cette première participation de Pont-de-l’Arche au mois de l’architecture contemporaine aura été réussie. La Ville remercie l’ensemble des organisateurs et des intervenants qui ont œuvré à ce moment aussi instructif que plaisant.

Armand Launay

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 13:47

Dans le cadre du mois de l’architecture contemporaine, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement de l’Eure (CAUE 27) et la Maison de l'architecture proposent une journée d'échanges sur le thème du patrimoine et de l'architecture.

 

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Comment habitons-nous nos villes et nos territoires ?

Le mois de mars est l’occasion, dans les deux régions haute et basse normandes, de porter un regard sur l’architecture contemporaine et sur l’urbanisme et de voir comment ils façonnent nos lieux de vie. L’année 2012 est mise sous le signe du changement et des mutations.

Comment l’architecture peut-elle être au service du quotidien ? quelles stratégies urbaines pour les bourgs ? comment (re)conquérir le centre ? quel avenir pour les quartiers en reconversion ? comment intégrer le développement durable dans les logements ? qu’est-ce qui fait ville ?

Ville en mouvement, territoire en évolution : quelle place le patrimoine peut-il avoir dans cet urbanisme en progression ?

Le regard vers l’avenir auquel ce mois de l’architecture nous incite ne doit pas nous conduire à négliger les traces du passé. A l’heure où les modes de vies se mondialisent et où les formes urbaines tendent à s’homogénéiser dans un périurbain tentaculaire, le patrimoine concentre des caractéristiques culturelles et identitaires locales qui donnent du sens à la ville contemporaine. A ce titre, il mérite l’attention qui lui est accordée même s’il doit aussi s’intégrer dans le présent pour continuer à porter une dynamique urbaine. Aussi, la protection du patrimoine doit-elle s’adapter aux préoccupations actuelles, et mettre à jour les outils sur lesquels elle prend appui, tant au niveau national que local.

Une matinée de conférence sera l’occasion d’évoquer le lien qui unit patrimoine et urbanisme, à travers 4 échelles : niveau national, niveau départemental, niveau communal et niveau des particuliers. Puis une visite en après-midi dans le centre ancien de Pont-de-l’Arche permettra de souligner le bâti ancien et son organisation interne.

 

CAUE-journee-echanges.JPG

 

Jeudi 15 mars 2012
Espace des Arts'chépontains (salle des fêtes)

16, rue Maurice-Delamare (face à la mairie)
27 340 PONT-DE-L’ARCHE

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...