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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 16:08

En 2008, Pont-de-l'Arche entre dans la collection "Mémoire en images", aux éditions Alan-Sutton.

Grâce à 230 cartes postales anciennes, visitez ruelle après ruelle le Pont-de-l'Arche de la Belle époque.

En 128 pages, rien ne manque du Pont-de-l’Arche du début du XXe siècle :

la gare, l’usine électrique, les ruelles médiévales, le buste d’Hyacinthe-Langlois, la restauration de l’église Notre-Dame-des-arts, le Pelouzel, l’industrie du chausson, l’ancien pont, le temps des petites boutiques et les barques sur la Seine, le bailliage qui servait alors de mairie, les enfants qui jouent dans tous les coins de rue, les bornes-fontaines, l’ancienne abbaye de Bonport… 

 

PONT-DE-L-ARCHE

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 15:37

L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche, livre qui retrace avec précision les 4500 années d’histoire des Damps mais aussi la naissance et l’émergence de la ville de Pont-de-l’Arche sur le territoire dampsois. Aidé par la mairie des Damps, cet ouvrage a été édité en 2007 aux éditions normandes Charles-Corlet. Sur près de 250 pages et 26 chapitres, de nombreux sujets sont abordés parmi lesquels :

- l’existence d’une allée couverte datant du néolithique ;

- la construction du pont de Charles le Chauve en 862 qui donna naissance à la ville de Pont-de-l’Arche ;

- la construction de l’abbaye de Bonport ;

- la culture du tabac durant la renaissance ;

- les tentatives d’annexions des Damps par la mairie de Pont-de-l’Arche ;

- la présence active d’Octave Mirbeau ;

- le radicalisme républicain des Dampsois et leur sympathie pour Pierre Mendès France…

 

 

 1-damps

 

Pour le lire en ligne (payant) ou en consulter quelques passages, rendez-vous sur SmartLibris, service de la Bibliothèque nationale de France en lien avec CyberLibris

 

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:40

Pendant plusieurs mois, en 2010, Eric Gibert et Armand Launay ont joué les détectives en visitant plusieurs caves de Pont-de-l’Arche. Pour ces deux Sherlock Holmes il s’agissait d’en savoir un peu plus sur ces légendes racontant qu’au Moyen Âge de nombreux souterrains permettaient de circuler sous la ville...

 

Lampe-torche, appareil photo, stylos… Nos visites souterraines auront été très enrichissantes et nous auront permis de constater que de nombreuses caves sont munies de doubles fermetures quand elles sont reliées à l’extérieur. En effet, grâce à des trappes situées sous les trottoirs actuels, des escaliers reliaient directement les caves à la rue médiévale. Cela permettait de faciliter les livraisons de bois, de grains… En effet, en plus de la trappe donnant sous la rue, une porte verrouillait l’accès à l’escalier depuis la cave [1] (photo 1).

 

Photo-1 

Cette double fermeture atteste que la crainte du vol est ancestrale. Comment penser, par conséquent, que toutes les caves médiévales étaient reliées afin de permettre une libre circulation notamment en cas d’urgence ? Quel intérêt auraient eu les anciens Archépontains de mettre leurs réserves à la disposition des visiteurs souterrains ? Ce que nous avons vérifié, c’est la séparation de caves en plusieurs compartiments suite à des divisions de propriétés qui ont nécessité, au XIXe siècle, la construction de murets et de portes en bois fermées à double tour (photo 2).

 

Photo-2 

 

Ce sont précisément ces passages entre les caves qui ont dû alimenter les légendes faisant du sous-sol de Pont-de-l’Arche un réseau de circulation. Nous avons même souvent entendu que les souterrains de la ville étaient suffisamment vastes pour que circulent deux cavaliers de front. C’est dire la confusion entre cave et passage souterrain car si deux personnes pourraient monter à cheval sans trop de peine, dans certaines caves, cela ne faisait pas de ces espaces de stockage des voies publiques souterraines. En revanche, ces mauvaises interprétations ne tordent pas le cou à l’existence de vrais souterrains remontant à une période plus ancienne. Rien ne nous dit, d’un point de vue technique tout comme utilitaire, que de tels passages n’aient pas existé. Attention tout de même à ne pas confondre non plus les carrières souterraines avec de longs tunnels. La Maison de la Dame Blanche, aux Damps, est réputée avoir son tunnel qui la relie à notre ville puis l’ancienne abbaye de Bonport. Mais les personnes qui répètent ces propos ont-elles visité la carrière qui se trouve juste à coté de la plus ancienne demeure dampsoise située… rue des Carrières ? D’un point de vue architectural, les caves observées sont constituées d’un seul vaisseau en plein cintre. Certaines présentent de belles pierres de taille sans aucune autre espèce de décorations. D’autres, plus soignées, présentent un décor composé d’arcs doubleaux en pierres calcaires chanfreinées de même type que ceux de la Salle d’Armes (mais de moindre dimension, voir photo 3).

 

Photo-3 

 

Ces caves sont constituées de moellons calcaires de petit appareil. Eugène Viollet-le-Duc [2] attache ce type d’arcs, pour les bâtiments civils, aux XIIe et XIIe siècle. A ces arcs doubleaux, on peut rattacher les voutes de portes d’escaliers observés dont une seule des deux arêtes est taillée. Une cave présente même une série de trois voutes d’entrée très bien conservées et très harmonieuses (photo 4).

 

Photo-4 

 

Des soupiraux sont encore présents même s’ils sont trop souvent bouchés, ce qui limite considérablement l’évacuation de l’humidité. Nos visites nous ont aussi amenés à redécouvrir le four d’une ancienne boulangerie de la rue André-Antoine (photo 5).

 

Photo-5 

 

Deux des caves visitées présentent des séries de cellules latérales de part et d’autre du vaisseau principal. Ces cellules offraient de multiples espaces de stockage et ce sans mettre en danger la résistance des caves les plus profondes. Les caves à cellules latérales sont caractéristiques de l’architecture francilienne du XIVe siècle. Les légendes que nous avons entendues font des cellules de ces caves des cachots ou des départs de souterrains (photo 6).

 

Photo-6 

 

Enfin, cette étude nous aura permis de déterminer ce qui alimente la légende, c’est-à-dire une interprétation abusive des éléments qui composent les caves médiévales. Mais l’étude a toujours ses limites : les murs rejointoyés ou à moitié écroulés que nous avons observés dans certaines caves sont-ils des tentatives d’anciens propriétaires pour fermer des passages reliant leur cave à quelque passage, quelque tunnel (photo 7) ?

 

Photo-7 

 

Le témoignage d’une personne présente lors de la démolition de l’usine Nion (Jeambin) est très clair : un long tunnel orienté Nord-sud faisait au moins 4 mètres de profondeur sur 4 de large a été mis au jour avant d’être bétonné deux jours plus tard. Les témoignages concordent aussi sur le passage du fond de la Salle d’Armes. Bouché lorsque cette cave est devenue un lieu culturel municipal, un passage très bas donnait accès à une galerie descendant vers l’église. Des Archépontains alors enfants ont pu s’y aventurer un peu avec des torches improvisées durant la Seconde Guerre mondiale. La rêverie est permise tant que l’étude ne peut être poussée à son terme. En attendant, ces visites nous auront permis de mettre la main sur un trésor : le patrimoine architectural médiéval souterrain et la sympathie des différents propriétaires qui nous ont ouvert leurs portes (et leurs trappes !). Nous les en remercions chaleureusement et précisons que nous sommes toujours disponibles pour visiter d’autres caves:)

 

 

Notes

[1] Nettement identifiable grâce aux arêtes taillés dans la pierre et aux passages des gonds.

 [2] Célèbre architecte du XIXe siècle, auteur du Dictionnaire raisonné d’architecture.

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:37

Venus principalement du Danemark et de Norvège, les Vikings explorent le Nord de l’Europe. Commerçants, ils deviennent pirates selon les circonstances. Les richesses qu’ils ramènent dans leurs contrées améliorent leur position sociale ce qui donne l’idée à leurs petits frères d’en faire autant, quelques années plus tard… C’est leur arrivée dans notre région qui a donné naissance à la ville de Pont-de-l’Arche et à la Normandie, la terre des « hommes du Nord ». Retour en arrière en quelques dates…

790-800 : des Vikings sont repoussés par Charlemagne le long des côtes de la mer du Nord.

820 : première expédition viking dans l’estuaire de la Seine. Elle est repoussée par les gardes du rivage.
841 : seconde expédition viking, Jumièges et Rouen sont incendiés. Les Vikings constatent la faiblesse de l’armée franque qui est divisée entre les successeurs de Charlemagne.

La milice de Guérande face aux Normands (à droite) en 919. Un exemple de défense réussie face aux Normands. Extrait de La Vie de saint Aubin, manuscrit du XIe siècle provenant de l’abbaye d’Angers (BnF).

La milice de Guérande face aux Normands (à droite) en 919. Un exemple de défense réussie face aux Normands. Extrait de La Vie de saint Aubin, manuscrit du XIe siècle provenant de l’abbaye d’Angers (BnF).

845 : première expédition vers Paris (rééditée presque chaque année par la suite). Premier paiement par le roi du Danegeld (argent payé aux Danois pour qu’ils repartent).
851 : première fois qu’une troupe viking passe un hiver entier dans la basse Seine (réédité en 852 et par la suite).
856-862 : installation d’une « grande armée » scandinave dans l’estuaire de la Seine. Raids vers l’intérieur du royaume.
860-861 : réaction de Charles le Chauve qui nomme Robert le Fort à la tête d’un grand commandement en Neustrie contre les Normands et les Bretons.
862-869 : construction d’un
pont fortifié à Pont-de-l’Arche pour barrer la Seine, l’Eure et l’Andelle aux Normands. Ce pont est entouré de deux forts. Celui de la rive gauche deviendra la ville fortifiée de Pont-de-l’Arche.

Le système défensif de Pont-de-l’Arche construit entre 862 et 869 par le roi des Francs, Charles le Chauve, afin de protéger Paris et la majeure partie du royaume. La ville de Pont-de-l’Arche est au bout du pont, à droite, et le fort à gauche est aujourd’hui remplacé par la station-essence et le restaurant du Vieux pressoir. Ce dessin (extrait de l’ouvrage de J. Haywood) montre des Normands montant à l’assaut du fort incendié. Cependant, selon Jacques Le Maho, le fort aurait été bien plus petit et concentré en arc de cercle autour de l'entrée du pont, ce qui parait plus logique.

Le système défensif de Pont-de-l’Arche construit entre 862 et 869 par le roi des Francs, Charles le Chauve, afin de protéger Paris et la majeure partie du royaume. La ville de Pont-de-l’Arche est au bout du pont, à droite, et le fort à gauche est aujourd’hui remplacé par la station-essence et le restaurant du Vieux pressoir. Ce dessin (extrait de l’ouvrage de J. Haywood) montre des Normands montant à l’assaut du fort incendié. Cependant, selon Jacques Le Maho, le fort aurait été bien plus petit et concentré en arc de cercle autour de l'entrée du pont, ce qui parait plus logique.

876 : arrivée du chef viking Rollon dans l’estuaire de la Seine.
885-886 : le pont fortifié de Pont-de-l’Arche permet de retenir les Normands pendant quelques semaines avant le siège de Paris.
886-890 : Rollon s’empare de Bayeux.
898 : Charles le Simple devient roi de France (fin de règne en 923). Une partie de la future Normandie se vide de ses habitants et d’une large partie de son administration civile et religieuse. Les Vikings s’installent le long de la Seine et le long des côtes du pays de Caux, du Bessin et du Cotentin. Ils détiennent des biens et deviennent, de ce fait, soucieux de leur protection. De nombreux lieux prennent des noms scandinaves : Harfleur, Honfleur, Amfreville, Martot, Criquebeuf, Sotteville, Igoville…
911 : après une défaite militaire, Rollon s’installe à la table des discussions. Charles le Simple lui cède l’équivalent de la Haute-Normandie si Rollon accepte de reconnaitre l’autorité royale et de devenir chrétien. C’est ainsi que le traité de Saint-Clair-sur-Epte est signé. Rollon devient le premier duc d’une nouvelle province : la Normandie. Celle-ci n’est plus pillée par d’autres Vikings. La paix est rétablie.

Rollon, statue de bronze faisant partie du groupe monumental représentant Guillaume le Conquérant entouré de l’ensemble des ducs de Normandie à Falaise (Calvados).

Rollon, statue de bronze faisant partie du groupe monumental représentant Guillaume le Conquérant entouré de l’ensemble des ducs de Normandie à Falaise (Calvados).

924 : Rollon agrandit ses possessions en conquérant sur les Bretons le Bessin et le Maine.

933 : Guillaume Longue Epée, 2e duc de Normandie, conquiert le Cotentin et l’Avranchin au détriment des Bretons.
1020 : la paroisse de Pont-de-l’Arche est citée dans une charte par laquelle Richard II, duc de Normandie, confirme à l’abbaye de Jumièges ses droits sur cette paroisse. On y apprend que trois moulins sont bâtis sur le pont.
1066 : Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devient roi d’Angleterre. La lutte entre les rois de France et les ducs de Normandie s’amplifie. Les Normands sont presque indépendants du pouvoir français et deviennent cette année-là les égaux des rois de France.

Flotte normande partie conquérir l’Angleterre, détail de la tapisserie de Bayeux, XIe siècle.

Flotte normande partie conquérir l’Angleterre, détail de la tapisserie de Bayeux, XIe siècle.

1189 : durant une période de paix, Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et Philippe Auguste, roi de France se concertent pour la fondation de l'abbaye Notre-Dame de Bonport à Pont-de-l'Arche.

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion montrant leur amitié au début de la 3e croisade (1190-1191), Livre d’Eracle, Flandres, vers 1300 (BnF).

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion montrant leur amitié au début de la 3e croisade (1190-1191), Livre d’Eracle, Flandres, vers 1300 (BnF).

1195 : de retour de croisade et de captivité, Richard Coeur de Lion renforce ses défenses contre le roi de France, Philippe Auguste. En plus de Château Gaillard, il fait rehausser les fortifications de Pont-de-l'Arche.

1204 : Philippe Auguste, roi de France, bat Jean sans Terre, duc de Normandie et roi d’Angleterre. Les rois de France retrouvent leur autorité sur la Normandie, 293 ans après le traité de Saint-Clair-sur-
Epte. Philippe Auguste fait de Pont-de-l’Arche sa principale résidence normande. Il fait rehausser le fort situé de l’autre côté du pont. Il fait réparer le pont.

 

Sources

- BAUDUIN Pierre, La première Normandie (Xe-XIe siècles). Sur les frontières de la haute Normandie : identité et construction d’une principauté, Caen, Presses universitaires de Caen, 2006, 485 pages ;

- HAYWOOD (John), L’Atlas des Vikings (789-1100), de l’Islande à Byzance : les routes du commerce et de la guerre, Paris, éditions Autrement, collection Atlas / Mémoires, 1995, 144 pages ;

- LAUNAY (Armand), L’Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l’Arche, éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages ;

- NEVEUX (François), L’Aventure des Normands : VIIIe-XIIIe siècle, Paris, éditions Perrin, 2006, 385 pages ;

- NEVEUX (François), La Normandie des origines à nos jours, Rennes, éditions Ouest-France, 2010, 127 pages.

 

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:36

 

Alizay (IGN, fouilles)

 

Les constructions immobilières étant très nombreuses, le BTP a besoin de sable. Ainsi la vallée de la Seine est un terrain propice aux carrières. L’une d’elles, située à Alizay et Igoville, ouvrira pour le compte de la Compagnie des sablières de la Seine (Lafarge-Cemex). Avant cela, conformément à la loi du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive, ce sont 22 hectares de terrains qui ont bénéficié d’un diagnostic réalisé par l’INRAP entre 2007 et 2009.  

 

Celui-ci a révélé un fort potentiel et notamment

 

- de nombreux silex taillés de la fin de la dernière glaciation ; 

- un vase de la Hoguette à 1,80 m de profondeur, (5370-5222 avant notre ère) ; 

- un pic en bois de cerf et divers restes animaux à 2,6 m de profondeur (mésolithique, 7606-7578 avant notre ère) ;

- des structures d’habitat et un foyer du néolithique ; 

- des traces de l’âge du bronze ; 

- une tombe médiévale… 


L’enjeu est donc de taille. Les archéologues ont devant eux un très vaste espace qui recèle des objets bien conservés dans les anciens sédiments de Seine. Depuis février, ils peuvent étudier exhaustivement les modes d’occupation des sols depuis la fin du paléolithique (11 000 avant notre ère).

 

Le chantier d’Alizay-Igoville doit devenir une référence régionale en matière de caractérisation des différents types d'habitats qui se sont succédé au fil des siècles et de l’adaptation des hommes aux changements climatiques. Il offre aussi une belle opportunité aux spécialistes d’étudier l’évolution du mobilier et donc le processus de néolithisation, c’est-à-dire le passage progressif des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs du paléolithique et du mésolithique à l’élevage et la culture qui caractérisent le néolithique et la sédentarisation.

Archeologie-Alizay

Pour mener à bien ces recherches, pas moins d’une trentaine de spécialistes vont travailler pendant près de 14 mois. L’étude du site est placée sous la responsabilité de Cyril Marcigny et Bruno Aubry. L’analyse chronologique nécessite l’intervention de spécialistes des différentes périodes (paléolithique supérieur, moyen, inférieur, mésolithique et processus de néolithisation, néolithique ancien, moyen et final, bronze ancien, final, 1er âge du fer, périodes historiques.


Pour analyser le site le plus précisément possible, d’autres spécialistes interviendront tels que palynologue (pollen), géomorphologue (reliefs et leur évolution), entomologiste (insectes), archéozoologue (relations hommes-animaux), malacologue (mollusques), carpologue (graines), anthracologue (hommes et forêt). 


Toutes ces travaux sont intimement liées à un important travail de topographie. Un Système d’information géographique (SIG) est nécessaire pour restituer les couches stratigraphiques et modéliser les différents sols, reconstituer leur évolution (chronométrie) et établir des référentiels typochronologiques (des documents montrant des modèles d’occupation de l’espace par l’Homme selon les époques).


Avec plusieurs milliers d'objets déjà récoltés, l’étude est prometteuse. Le public intéressé a hâte de voir les premiers résultats de ces fouilles. Les archéologues ont pensé aux amateurs d’archéologie et aux habitants de la région et vont présenter les plus belles découvertes dans quelques semaines. L’information sera donnée en temps et en heure. 


Sources

- Résultats des diagnostics et protocole de fouille, Bruno Aubry et Cyril Marcigny, février 2011 ; 

- Site de la commune d’Alizay.

 

 

Salut Ghislaine;-)

Armand Launay

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 14:50
Salle-d-Armes.JPG
La Salle d'Armes, une atmosphère propice à l'activité culturelle (photo A. Launay, 2011).
 
 
XIIIe siècle : création de l’hôtel-Dieu de Pont-de-l’Arche, près de l’église. La Salle d’Armes est construite afin de servir de cave aux religieux, peut-être de Bonport. De cette époque, il reste de magnifiques arcs doubleaux chanfreinés en plein cintre qui décorent la voute ; un escalier à vis ; une petite ouverture au rez-de-chaussée ; des soupiraux murés ; des nervures, deux colonnettes et des chapiteaux à fleurs d’eau d’influence cistercienne sculptés dans le calcaire autour d’une porte du rez-de-chaussée. L’hôtel-Dieu passe ensuite sous la gestion des frères pénitents qui utilisent la Salle d’Armes comme entrepôt accueillant le grenier à sel durant quelques années.
 
XVIIe siècle : les frères pénitents installent l’hôtel-Dieu dans la rue Julien-Blin (l’hôpital actuel en est l’héritier). Ils délaissent leur propriété... et créent leur couvent, prédécesseur indirect de l'actuel EHPAD.
 
XVIIIe siècle : l'ancien hôtel-Dieu est réquisitionné par l’Etat, comme toutes les propriétés religieuses. Il est revendu comme bien national à Julien Blin.
 
XIXe siècle : Julien Blin fait raser l'ancien hôtel-Dieu sauf sa cave (l'actuelle Salle d’Armes) et fait construire une maison d'habitation. Dans un don testamentaire daté de 1833, Julien Blin, par ailleurs maire, lègue cette dernière ainsi que de nombreuses propriétés à la Ville de Pont-de-l'Arche. Celle-ci installe la première école publique dans cette maison (la salle Ambroise-Croizat, de nos jours) qui accueille aussi le logement de l'instituteur. 
 
XXe siècle : A partir de 1976, la municipalité de Roland Levillain fait de la Salle d’Armes un lieu d’exposition. L’escalier principal est construit. Dans les années 1990, la salle est réaménagée, climatisée et le souterrain du fond est muré. Le nom de Salle d’Armes apparait sans qu’on sache qui l’a créé et pour quelle raison puisque ce lieu n’avait aucune fonction militaire ou administrative…
 
Culture en 1976 3
En 1976, photographie prise lors du vernissage de la première exposition qui eut lieu à la Salle d'Armes. Elle était consacrée à l'oeuvre de Robert Savary. De nos jours, une des oeuvres de cet artiste est exposée à l'accueil de la mairie. A droite (lunettes), le sculpteur Jean Kerbrat.  
 
DSCF3106.JPG
Inauguration d'exposition en 2008.
 
Sources
- Archives municipales : registres des délibérations du Conseil municipal ;
- Goujon Paul, « L’Hôtel-Dieu et les pénitents du Pont-de-l’Arche », La Normandie, 1897, n° 3 de mars (pages 66-76), n° 4 d’avril (pages 105-115).
 

Armand Launay

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 10:16

Situé dans la rue Julien-Blin, le public ne peut toujours pas visiter cette propriété de l'Agglomération Seine-Eure pour des raisons de sécurité. Un projet de réaménagement de ce magnifique édifice est en cours. 

De quand date le bailliage ? A quoi servait-il ? Comment fonctionnait-il ? Quelle est son architecture ? Nous jetons ici quelques axes d'analyse et quelques débuts de réponses...

Le bailliage de Pont-de-l'Arche adossé aux remparts du roi (cliché d'Armand Launay, janvier 2006) : deux symboles de l'autorité royale qui ont perduré.

Le bailliage de Pont-de-l'Arche adossé aux remparts du roi (cliché d'Armand Launay, janvier 2006) : deux symboles de l'autorité royale qui ont perduré.

 

Au XIIIe siècle, un tribunal royal émerge : la vicomté

1221 et 1240 : « prévôté » et « vicomté » de Pont-de-l’Arche

La plus ancienne référence à une autorité administrative à Pont-de-l’Arche a été retrouvée dans un document de la Chambre des comptes de Philippe Auguste. Datant de la Toussaint 1221, il s'agit d'un récapitulatif des recettes de fouage, un impôt fixe perçu sur chaque foyer, étudié par Michel Nortier et John Baldwin. Celui-ci nous apprend que 300 livres furent perçues sur la « prepositura Pontis Archi(e) et bosco de Bort » (Michel Nortier et John Baldwin, page 17), c'est-à-dire la prévôté de Pont-de-l'Arche et le bois de Bord qui dépendaient alors du bailliage de Gisors. Les auteurs nous apprennent que « seule une vicomté, celle de Rouen [...], et une seule prévôté, celle de Pont-de-l'Arche [...], rendent directement leurs comptes. » (Michel Nortier et John Baldwin, page 9) Cela semble indiquer un bon fonctionnement de ces administrations et une communication parfaite avec le pouvoir central de Paris. Notons que l’on ne parle de prévôté que pour Pont-de-l’Arche, dans l’étude citée, et de vicomté pour Rouen. 

En 1240, un document rapporté par Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme, mentionne Renault d’Alizay, vicomte, au côté de Jean des Vignes (tome II, pages 662 à 669). Ces hommes présidèrent des assises régionales tenues en ce lieu. La vicomté, circonscription placée sous la responsabilité d'un vicomte, est le nom sous lequel les prévôtés étaient connues en Normandie... Mais à quoi servaient-elles ?

Le sceau de Philippe Auguste, roi de France qui fit de Pont-de-l’Arche sa principale résidence en Normandie. Il fit construire les fortifications de la ville et y installa une prévôté, aïeule du bailliage (sceau conservé aux Archives nationales. Photographie de Wikipédia). .

Le sceau de Philippe Auguste, roi de France qui fit de Pont-de-l’Arche sa principale résidence en Normandie. Il fit construire les fortifications de la ville et y installa une prévôté, aïeule du bailliage (sceau conservé aux Archives nationales. Photographie de Wikipédia). .

 

Vicomté et prévôté : rôles et historiques

La vicomté est une circonscription où un vicomte représente le comte qui représente, lui-même, le roi. Cette hiérarchie existe depuis les Carolingiens. En 911, plusieurs comtés tels que Rouen, Evreux et le Vexin passèrent sous l’autorité du duc de Normandie. Celui-ci nomma des vicomtes (vice comes) administrant les parties du duché détenues en fief direct par le duc. Les vicomtes étaient des juges ordinaires, responsables de l’assiette fiscale de la taille et de l’entretien des biens du duc. 

La prévôté est une subdivision des bailliages royaux. Elle était administrée par un prévôt, c’est-à-dire un intendant qui achète une charge afin d’administrer le domaine d’un seigneur, moyennant une redevance annuelle. Les rois de France nommaient des prévôts pour gérer leurs fiefs directs depuis le XIe siècle. Suite à d’importantes dérives, les prévôts furent placés sous le contrôle d’un bailli itinérant au XIIe siècle puis, au XIIIe siècle, par un bailli établi dans un lieu fixe. En 1204, quand la Normandie devint française, le nom de vicomté fut conservé pour désigner les prévôtés royales, subdivisions des bailliages, qui furent mises en place. 

Une vicomté à Pont-de-l’Arche ? 

Le palais du Vaudreuil a été le siège de l’autorité royale locale depuis les Mérovingiens (Jean Yver, page 324). Cependant, la guerre entre Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste a redistribué les cartes au profit de Pont-de-l’Arche. Jusqu’à plus ample informé, aucune archive ne nous renseigne sur la présence ici d’une administration ducale avant la mainmise de Philippe Auguste sur la Normandie en 1204. Nous savons que ce roi, qui régna sur la France de 1179 à 1223, établit en Normandie la même organisation administrative qu’en France où les prévôtés étaient des subdivisions des bailliages. Philippe Auguste constata l’important rôle de Pont-de-l’Arche en matière de police intérieure (à 20 km de Rouen, capitale de Normandie) et de défense militaire avec son pont entouré de deux fortifications barrant la Seine. Le rôle fiscal de Pont-de-l’Arche n’était pas négligeable en tant que halte sur la Seine et étape sur le chemin Rouen-Paris. Ainsi, en 1210, il confirma l’échange de Conteville contre Pont-de-l’Arche conclu en 1195 entre Richard Cœur de Lion et les moines de Jumièges et remis en cause par Jean sans Terre. Pont-de-l’Arche était donc un plein fief royal. Philippe Auguste, le même qui rasa le château du Vaudreuil en 1194, y établit sa principale résidence normande où il signa près de 49 actes. Il renforça les fortifications urbaines dont il reste d’importants vestiges aujourd’hui et dont l’architecture stéréotypée – notamment une imposante tour philippienne – était l’emblème du pouvoir royal. L’existence d’une prévôté à Pont-de-l’Arche semble être la conséquence directe des choix de Philippe Auguste et non le maintien d'une vicomté normande. C’est ce que semble indiquer les rôles de fouage qui, du vivant de Philippe Auguste, ne citent qu’une prévôté en Normandie : Pont-de-l’Arche (cf. plus haut). Celle-ci prit ensuite le nom de vicomté, nom plus usité en Normandie. 

La vicomté et ses activités ?

Les vicomtes normands, en tant que prévôts, percevaient les revenus au nom du roi (cens, champart, revenus des péages et tonlieux) et entretenaient les bâtiments, prisons, châteaux et hôtels royaux. En ce sens, le choix de Pont-de-l’Arche comme siège d’une vicomté était fort logique : péage sous le pont, péage sur le pont, château de Limaie sur la rive droite de la Seine, fortifications urbaines sur la rive gauche… Au XIVe siècle, le pouvoir judiciaire des vicomtés s’étendit à la juridiction de première instance tant d'un point de vue civil que criminel, c’est-à-dire les futures prérogatives d’un bailliage secondaire. Les cas concernant les nobles et les privilégiés, tout comme les « cas royaux » (lèse majesté, faux-monnayage…) restèrent du ressort des bailliages, par ailleurs cours d’appel. La vicomté appliquait la Coutume de Normandie définie par l’Echiquier de Normandie puis, après 1499, le Parlement de Rouen. Le personnel des vicomtés s’accrut au fil des temps. Voici sa répartition à la fin du Moyen Âge selon l’article « Liste des vicomtés normandes » de Wikipédia. 

La vicomté et son personnel

Le vicomte, parfois appelé lieutenant général du bailli, représentait le bailli, lui-même représentant du roi. 

Le lieutenant général du vicomte, nommé, remplaçait le vicomte en lieux, places et fonctions, en cas d'absence ou de nécessité. En revanche, un lieutenant particulier dans une ou plusieurs vicomtés représentait directement le bailli dont elles dépendaient, pour des jugements relevant de sa juridiction.

Le garde du scel des obligations de la vicomté.

Le receveur du domaine de la vicomté était chargé de la trésorerie du domaine royal : recettes et dépenses, paiement des gages des officiers.

Les sergents fieffés, officiers souvent héréditaires, placés à la tête des sergenteries, subdivisions des vicomtés (comme Louviers et Elbeuf).

les tabellions ou tabellions jurés étaient des notaires chargés de la transcription des actes ayant valeur légale, notamment la rédaction des quittances de gages ; au cours du XIVe siècle, ils rédigèrent peu à peu en leur nom les actes de la vicomté, hors les décisions de justice et de police, en lieu et place des vicomtes. 

Emergence de l'Élection au côté de la vicomté

Avec le développement du pouvoir royal, le pouvoir des vicomtés grandit. Puis, au gré des réformes administratives, la vicomté perdit certaines prérogatives au profit de de nouveaux tribunaux et de nouveaux officiers du roi. C’est le cas de l'Élection...

1360 : l'Élection de Pont-de-l’Arche a compétence sur Louviers et Elbeuf

C’est en 1360 qu’ont commencé à être définies les Élections, c’est-à-dire les circonscriptions fiscales dotées d’un tribunal : le tribunal d’Élection. Le personnel, composé de fonctionnaires royaux, était autrefois élu afin de siéger aux états généraux et de décider des impositions extraordinaires (les aides), puis de les récolter. La réforme de 1360 officialisa la nomination de ces fonctionnaires qui gardèrent toutefois le nom d’élus et qui furent affectés à la collecte des impôts dans une circonscription appelée Election. En Normandie, Rouen était le centre d’un pays d'Élection, plus tard appelé généralité, qui regroupait 14 Elections. Celle de Pont-de-l’Arche comptait 75 paroisses de la région d’Elbeuf, de Louviers, de la vallée de l’Eure et d’une partie du plateau du Neubourg. 

Paroisses situées dans le ressort de l'Élection puis du bailliage de Pont-de-l’Arche

Acquigny, Ailly, Alizay, Amfreville-sur-Iton, Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen (Les), Bec-Thomas (Le), Bosc-Roger-de-la-Lande, Boulay-Morin (Le), Caudebec-lès-Elbeuf, Cesseville, Chapelle-du-Bois-des-Faulx (La), Cléon, Crasville, Crestot, Criquebeuf-la-Campagne, Criquebeuf-sur-Seine, Danneville, Damps (Les), Dardez, Daubeuf-la-Campagne, Elbeuf-sur-Seine, Fontaine-Bellenger, Fontaine-sous-Jouy, Fouqueville, Freneuse, Harengère (La), Haye-Malherbe (La), Heudebouville, Igoville, Incarville, Irreville, Léry, Limbeuf, Louviers, Mandeville, Manoir (Le), Martot, Mesnil-Jourdain (Le), Montaure, Notre-Dame-du-Vaudreuil, Pasquier, Pinterville, Planches (Les), Pont-de-l’Arche, Portejoie, Poses, Quatremare, Quèvreville-la-Poterie, Reuilly, Saint-Amand-des-Hautes-Terres, Saint-Aubin-lès-Elbeuf [Saint-Aubin-Jouxte-Boulleng], Saint-Cyr-du-Vaudreuil, Saint-Cyr-la-Campagne, Saint-Didier-des-Bois, Saint-Colombe-la-Campagne, Saint-Étienne-du-Vauvray, Saint-Martin-la-Corneille, Saint-Meslin-la-Campagne, Saint-Nicolas-du-Bosc-Asselin, Saint-Ouen-de-Pontcheuil, Saint-Pierre-de-Liéroult, Saint-Pierre-du-Vauvray, Saint-Vigor-sur-Eure, Sotteville-sous-le-Val, Surtauville, Surville, Thuit-Anger (Le), Thuit-Simer (Le), Tournedos-sur-Seine, Tourville-la-Campagne, Tourville-la-Rivière, Vieux-Villez, Vraiville.

 

 

Vers 1635, la vicomté devint bailliage

Lentement, la vicomté a été transformée en bailliage secondaire. La réforme est venue du roi et a d’abord touché l’échelon provincial de l’administration. 

Le poids des réformes territoriales…

Sous l’Ancien régime, l’accroissement des pouvoirs royaux a notamment reposé sur le renforcement de l’administration. Les généralités, officialisées par l’édit de Cognac en 1542, ont été le pivot des réformes entreprises par les monarques pour rationaliser une administration caractérisée par l’imbroglio des découpages territoriaux et par l’empiètement des pouvoirs. En 1784, la France comptait 36 généralités ; cadres de l’administration royale. Leur nom provient des Généraux des finances, charge créée au XIVe siècle. Elles étaient placées sous l’autorité d’un receveur général, lui-même inspecté pour le roi par le Maitre de requêtes. Ce dernier devint « l'Intendant de police, justice et finance et commissaire départi du roi » au début du XVIIe siècle. Il était en fait l’administrateur privilégié du roi, jouant quelque part le rôle des futurs préfets de région. Ces nouveaux acteurs administratifs modifièrent peu à peu l’organisation territoriale de la future Haute-Normandie. En 1631, la généralité de Rouen comptait quatre subdivisions appelées bailliages : Rouen, pays de Caux, Evreux et Gisors. Le bailliage de Rouen était subdivisé en quatre vicomtés : Rouen, Pont-de-l’Arche, Pont-Audemer et Pont-l’Evêque. En 1789, la généralité comptait quatre bailliages : Chaumont-en-Vexin, Rouen, Evreux et Caudebec. Elle comptait aussi plusieurs juridictions secondaires : Gisors, Honfleur, Pont-Audemer, Pont-de-l’Arche, Pont-l’Evêque, Charleval, Les Andelys, Lyons-la-Forêt, Vernon (Bernadette Boutelet, page 239). Nous mesurons qu’entre-temps les vicomtés avaient disparu. Nous allons voir comment. 

… et leur impact sur la vicomté

Depuis la moitié du XVIe siècle, le vicomte était assisté dans ses fonctions par le lieutenant civil et le lieutenant particulier assesseur criminel. Ces nouveaux officiers attestent la volonté du pouvoir de consolider son administration. Cette structuration s’est traduite par la fixation à Pont-de-l’Arche d’un lieutenant envoyé par le bailli de Rouen : le lieutenant civil et criminel. C’est ce que Bernadette Boutelet a mis en lumière, dans son mémoire de maitrise, grâce à la lecture attentive des documents déposés aux Archives de l’Eure (cote 14B) : … « en avril 1628, [un] procès se passe devant « le lieutenant général, ancien civil et criminel, en la vicomté du Pont-de-l’Arche, David Cabueil, escuyer, conseiller du roi. David Cabueil est le lieutenant de Monsieur le Bailli de Rouen, envoyé en la vicomté du Pont-de-l’Arche, mais il n’est pas encore le lieutenant du bailliage. En revanche, dans un procès pour injures qui se déroule de 1634 à 1636, nous notons la formule : « Jean Langlois, huissier au bailliage et vicomté ». Le passage de la vicomté au bailliage se fait lentement (Bernadette Boutelet, page 242). » Bernadette Boutelet nota, de plus, que les « changements d’officiers sont fréquents, ils confirment que la juridiction du Pont-de-l’Arche n’est pas encore stabilisée. » (Bernadette Boutelet, page 242) Elle constata aussi que les archives étaient encore lacunaires, ce qui n’était plus le cas le siècle suivant où le bailliage secondaire avait trouvé ses marques. 

Ce n’est qu’en 1749 que deux édits de Louis XV, signés en avril et en juin, supprimèrent officiellement les vicomtés, vidées depuis longtemps de leur substance. Ce fut chose faite à Pont-de-l’Arche en 1772. 

 

Dans un premier temps, nous avons retracé l’origine des tribunaux royaux à Pont-de-l’Arche et abordé les grandes lignes des réformes administratives sur 6 siècles. Quels étaient les tribunaux à la veille de la Révolution ? Qui en constituait le personnel ?

 

 

Le bailliage vers 1789 : un lieu aux multiples fonctions…

Qu’appelle-t-on bailliage ?  

Le bailliage désignait à l’origine la circonscription placée sous la juridiction du bailli, c’est-à-dire à Rouen, dans notre région. Par extension, le bailliage servit à désigner le bâtiment qui accueillait l’administration du bailliage. On ne commença à parler de bailliage à Pont-de-l’Arche que vers 1635. En effet, en ces temps la vicomté devint un bailliage secondaire de Rouen grâce à la fixation, dans notre ville, du représentant du bailli : le lieutenant civil et criminel. Le mot bailliage désigna le lieu où se trouvaient d’autres juridictions : l’Election, la maitrise des eaux et forêts et le grenier à sel. Sachant qu’il n’y avait pas de séparation entre les pouvoirs exécutif et juridique, il correspondait à une sorte de sous-préfecture administrant les paroisses autour de Louviers et Elbeuf, c’est-à-dire le même ressort que l’Election. A la veille de la Révolution, le bailliage regroupait plus de 30 titulaires des tribunaux auxquels il faut ajouter plusieurs avocats, avoués, plaideurs et du personnel comme, par exemple, les gardiens et le geôlier.

Représentant du pouvoir juridique et exécutif : le bailliage

Compétences

Le bailliage secondaire assurait la justice de paix, la première instance, la police correctionnelle ; en somme, il avait compétence sur les délits ordinaires. Le bailliage de Rouen jugeait en seconde instance. La vicomté ayant été officiellement supprimée en 1749 par deux édits de Louis XV, c’est le bailliage qui prit sa succession, en 1772 à Pont-de-l’Arche, avec des compétences accrues. Il était une sorte de sous-préfecture relayant les directives de l’Intendant de Rouen, premier représentant du roi en province doté de pouvoirs l’apparentant à une sorte de Préfet de région. Cette hiérarchie faisait du lieutenant civil et criminel du bailliage le personnage le plus important de la ville et de la région alentour. 

Personnel

Dominique Ducrocq de Biville, lieutenant civil et criminel, écuyer du roi, subdélégué de l’Intendant général de la généralité de Rouen. 

François Robert Mathieu Cavellet de Beaumont, lieutenant général de police, notaire, maire de la ville. 

Jacques-François Houzard de la Potterie, lieutenant particulier civil et criminel

Nicolas Joseph Boniface Delaroche, procureur du roi, avocat

M. Léger, greffier civil et criminel en chef 

M. Durufley, receveur des consignations

M. Dautresme, huissier 

M. Delapotaire, greffier de police

 

Siège des impôts : l'Élection

Compétences

L’Élection était une juridiction fiscale. Elle jugeait les différends concernant les impôts directs et principalement la taille (terres et revenus) dont étaient exempts les nobles et les ecclésiastiques. Elle jugeait aussi les différends autour des aides, c’est-à-dire des impôts indirects, des levées de deniers pour aider le roi à faire face à ses dépenses. Les officiers de l’Élection établissaient les rôles d’imposition. Les collecteurs des tailles étaient choisis par les communes, souvent au sein du conseil municipal après l’aval de l’Intendant. Ils étaient alors exempts de corvée, de milice, de logement des gens de guerre et bénéficiaient de taux de taille légers.   

Personnel

Nicolas François Houzard de la Potterie, président

M. Jolly, procureur du roi, avocat 

M. Duval de Martot, élu 

M. de Beaulieu, élu 

M. Maheut, élu

M. Gaurencourt, greffier en chef

M. Colombel, huissier

M. Dubreuil, directeur des aides

 

La maitrise des eaux et forêts

Compétences 

Police et tribunal, le corps des Eaux et forêts fut mis en place par Philippe Le Bel et surtout Philippe VI de Valois, par un édit de 1346. Ce corps hérita de la compétence judiciaire détenue jusqu’alors par le bailli. Au niveau local, ce sont les maitrises des Eaux et forêts qui assuraient le contrôle, la surveillance et le jugement en première instance des délits liés à l’exploitation des bois, de la chasse et de la pêche. Le ressort était différent de celui des bailliages. Ainsi la maitrise de la maitrise des Eaux et forêts de Pont-de-l’Arche comprenait les forêts de Bord, de Longboël et de Louviers. Sa juridiction comprenait aussi les bois seigneuriaux et ecclésiastiques, ces gens assurant eux-mêmes le contrôle de leurs propriétés. Les offices forestiers furent institués en 1573. La maitrise dépendait de la Grande maitrise de Rouen, elle-même dépendante de la Table de marbre du Parlement de Normandie. Au XVIIIe siècle, les forêts de la Grande maitrise de Rouen étaient les plus rémunératrices du royaume. Cependant, Pont-de-l’Arche faisait partie des petites maitrises de la généralité de Rouen. En 1790, dans un contexte de pillage généralisé, l’Assemblée constituante confie les attributions judiciaires des maitrises des Eaux et forêts aux tribunaux de district. 

Personnel

Martin-Pierre-Emmanuel Gruchet, maitre particulier des eaux et forets

M. Bernard, lieutenant

Jacques Joseph Delafleurière, garde-marteau 

M. Lancelevée, procureur du roi 

M. Delafosse, avocat et greffier en chef 

M. Heullant, huissier

M. Desloges, receveur des amendes et domaines du roi  

+ 17 gardes forestiers (en 1785)

 

Le grenier à sel

Compétences

Les greniers à sel sont des tribunaux créés par Philippe VI en 1342. Ils jugeaient en première instance les contraventions aux ordonnances concernant la gabelle, une taxe temporaire, notamment appliquée par Louis IX et Philippe IV. En mars 1343, Philippe VI instaura la gabelle comme monopole royal, c’est-à-dire une taxe permanente sur tout achat de sel. Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme citent une archive précisant que « Le 28 octobre 1472, Louis XI rétablit, au profit des manants et habitants de la vicomté de Pont-de-l’Arche, le grenier à sel établi à Pont-de-l’Arche par Charles VII, qui l’avait ensuite abolit. » Nous pouvons donc situer l’implantation du grenier à sel à Pont-de-l’Arche, visiblement comme point de vente, durant le règne de ce monarque, entre 1422 et 1461. Les grands litiges et les appels étaient portés à la Cour des aides de Rouen. A la veille de la Révolution, le royaume comptait près de 250 greniers à sel. La gabelle fut abolie en 1790. Quant au stockage du sel, importé par la Seine, il fut assuré un temps dans la cave de l’Hôtel-Dieu, la Salle d’Armes. En 1698, l’Intendant Yves-Marie de la Bourdonnaye comptait 19 greniers de la généralité de Rouen : Dieppe, Rouen, Pont-de-l'Arche, Pont-Audemer, Fécamp, Harfleur, Honfleur, Louviers, Le Havre, Saint Valery, Eu et Le Tréport, Caudebec, Gisors, Neufchâtel, Evreux, Vernon, Gournay, Andely, La Bouille. 

 

Personnel

M. Deshaies de la Martinière, président

M. Béranger, contrôleur

M. Louis Michel Samson, procureur du roi 

Louis Robert Quesney, receveur des gabelles 

M. Colombel, greffier

M. Fennebrèque, huissier 

M. Le Brasseur, employé 

+ du personnel d’exécution

Les prisons du bailliage

En l’absence de séparation entre les pouvoirs exécutif et juridique, une prison jouxtait les juridictions sises à Pont-de-l’Arche. Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme  exposent que le « bailli de Rouen voulant soustraire au sieur Nicolas Le Tonnelier un privilège de la Fierte, l’envoya, en 1302, aux prisons de Pont-de-l’Arche ». C’est la première citation des prisons de Pont-de-l’Arche, à dissocier de celles du « château de Pont-de-l’Arche » qui désignait le fort de Limaie, situé sur la rive droite de la Seine. Ces prisons ont accueilli de célèbres coupables ou victimes (voir les annexes). 

 

Siège des Etats généraux de Normandie

Le bailliage de Pont-de-l’Arche accueillit, nous apprend Max Gilbert, les Etats généraux de Normandie le 15 novembre 1546. Sous l’Ancien régime, les états généraux désignaient les assemblées exceptionnelles convoquées par le roi pour traiter des crises : politique, guerre, diplomatie, aide militaire ou fiscale... Cette institution fut créée en 1302 par Philippe le Bel. Ils réunissaient des représentants du clergé, de la noblesse et de la bourgeoisie. 

 

Le bailliage depuis 1790...

En 1790, la grande réforme administrative de l’Assemblée constituante fit perdre à Pont-de-l’Arche ses tribunaux au profit de Louviers, la plus grande ville locale depuis des siècles en raison, notamment, de ses manufactures de draps. Il resta à Pont-de-l’Arche une justice de paix. Le bâtiment du bailliage servit de mairie jusqu’en 1968. En 1969, il fut acquis par l’artiste Jean Kerbrat puis, à partir de 1976, par l’entreprise Hardouin qui s’en servit de local industriel. Il redevint propriété communale le 22 juin 1998 sous l’impulsion du Conseil municipal présidé par Paulette Lecureux. Le 20 octobre 2007, il devint une propriété de la Communauté d’agglomération Seine Eure. Ce bâtiment fut inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 5 février 2003. Malheureusement, aucun projet public n’a encore été finalisé afin de redonner à ce lieu une utilité publique. Des travaux de rénovation lourde ont néanmoins été commencés, en cette année 2023, aux façades, menuiseries, charpentes et couvertures.

 

 

Description architecturale

Localisation et protection des Monuments historiques

21 bis, rue Julien-Blin. Propriété de la Communauté d’agglomération Seine Eure. Inscription de l’ensemble du bailliage (sols et murs d’enclos) sur la liste complémentaire des Monuments historiques par arrêté du 5 février 2003 (parcelle B 1901). 

 

Plan d’ensemble

L’ensemble des bâtiments qui composent le « bailliage » est blotti entre le rempart de Philippe Auguste, la rue Julien-Blin et une ancienne ruelle qui allait jusqu’à la porte des Champs en longeant les remparts. Cet emplacement, confiné, corrobore l’implantation de la vicomté au début du XIIIe siècle dans un petit espace libre adossé aux nouvelles fortifications. Il n’y a pas de plan d’ensemble, juste des constructions qui se sont additionnées, du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle pour les parties encore debout.

« Le bailliage, Pont-de-l’Arche… » d’après un plan de 1778. Extrait de la brochure municipale conçue par Jean-Pierre Patin.

« Le bailliage, Pont-de-l’Arche… » d’après un plan de 1778. Extrait de la brochure municipale conçue par Jean-Pierre Patin.

 

La maitrise des Eaux et forêts

Voici la plus ancienne partie du bailliage. Les pans de bois de ces petits bâtiments, que rien ne distingue des maisons privées, ont été remodelés plusieurs fois. Il semble que les murs de la maitrise des Eaux et forêts datent de la seconde moitié du XVIe ou du début du XVIIe siècle. Une extension au-dessus du porche d’entrée date, vraisemblablement, de 1896. Elle se distingue par une couverture en ardoise alors que l’ensemble des bâtiments du bailliage sont couverts de tuiles plates de pays.

La maitrise des Eaux et forêts depuis l'entrée de la prison (cliché d'Armand Launay, aout 2008).

La maitrise des Eaux et forêts depuis l'entrée de la prison (cliché d'Armand Launay, aout 2008).

 

Le prétoire : ancienne salle d’audience du tribunal

La salle d’audience, autrefois appelée prétoire, est constituée d’un bâtiment rectangulaire recouvert d’un toit à deux pans. À l’intérieur se trouvait une vaste salle compartimentée après la revente du bailliage en 1968. Contrairement à ce que laisseraient penser les pans de bois du mur pignon est, bien visibles, le principal matériau du prétoire est le moellon calcaire avec quelques chainages de pierre de taille. Les services de la conservation du patrimoine datent cet édifice du deuxième quart du XVIIe siècle, c’est-à-dire au moment où la vicomté céda le pas au bailliage secondaire.

L’entrée du prétoire depuis l'étage du service municipal dénommé "lieu d’accueil enfants parents" (cliché d'Armand Launay d'octobre 2012).)

L’entrée du prétoire depuis l'étage du service municipal dénommé "lieu d’accueil enfants parents" (cliché d'Armand Launay d'octobre 2012).)

 

Le four à pain et les bâtiments disparus

Le four à pain est un bâtiment, vraisemblablement du XVIIe siècle, qui semble indissociable du bailliage tant il lui est proche. Modeste édifice de forme rectangulaire, il a été restauré par la Ville de Pont-de-l’Arche entre 2009 et 2013. Un puits le jouxte qui est recouvert d’un édicule. Vraisemblablement, des bâtiments aujourd’hui disparus se trouvaient dans l’alignement des prisons pour hommes, sur un espace en herbe arrivant presque à la hauteur du plancher du deuxième niveau des prisons. C’est ce que laissent à penser des murs maçonnés, autour du four à pain et sur une aile de la cour intérieure des prisons, qui ne contiennent bizarrement que de la terre. L’espace en herbe, qui longe le rempart, présente des variations d’altitude qui sont peut-être les vestiges de fondations de bâtiments disparus, autrefois dévolus aux multiples activités du bailliage.

Le four à pain (à gauche), l’espace en herbe derrière les remparts (au centre) et le mur gouttereau de la prison des hommes et son imposante gouttière de pierre (clichés d'Armand Launay datant d'octobre 2012).
Le four à pain (à gauche), l’espace en herbe derrière les remparts (au centre) et le mur gouttereau de la prison des hommes et son imposante gouttière de pierre (clichés d'Armand Launay datant d'octobre 2012).

Le four à pain (à gauche), l’espace en herbe derrière les remparts (au centre) et le mur gouttereau de la prison des hommes et son imposante gouttière de pierre (clichés d'Armand Launay datant d'octobre 2012).

 

Les prisons

Avec des chainages en pierre de taille et du moellon calcaire en remplissage, les prisons sont l’élément le plus récent du bailliage. Construites entre 1781 et 1782, elles sont composées de deux ailes, formant un L imparfait, réunies par un escalier commun. Elles sont couvertes par des toits à une croupe du côté opposé à l’escalier. Les prisons étaient situées au rez-de-jardin. Il semble que les bureaux du personnel des différentes juridictions se trouvaient aux étages. C’est ce que laisse entendre le magnifique escalier en pierre de taille qui relie le premier étage des prisons au prétoire. Deux cachots en parfait état de conservation se trouvent au rez-de-chaussée.

 

Les prisons (1780-1781) et la cour intérieure vues depuis le sommet de la tour du bailliage (clichés d'Armand Launay d'aout 2008).
Les prisons (1780-1781) et la cour intérieure vues depuis le sommet de la tour du bailliage (clichés d'Armand Launay d'aout 2008).

Les prisons (1780-1781) et la cour intérieure vues depuis le sommet de la tour du bailliage (clichés d'Armand Launay d'aout 2008).

 

L’hommage de Jean Kerbrat à Antoine Bourdelle

Autour de l’entrée du prétoire, se trouve une sculpture qui s’étend sur tout le premier niveau du mur pignon. Il s’agit d’un hommage de l’artiste Jean Kerbrat à Antoine Bourdelle (1861-1929). Jean Kerbrat, né en 1939 à Mayenne, fut propriétaire du bailliage de 1969 à 1976. Il décéda en 2013. Sur une forme de grillage céramique, il sculpta  dans du plâtre quatre allégories : architecture, danse, musique et sculpture. La grandeur des lieux permit à Jean Kerbrat d’installer son atelier et de préparer l’exposition au musée du Havre (1970), des œuvres comme l'hommage à Fernand Léger (aujourd’hui dans le collège du même nom au Petit-Quevilly), les sculptures monumentales de Creil (1972-1976). Quant au bailliage, il en assura l’entretien, notamment en remplaçant des clés de pierre, en curant le puits pour l’écoulement des eaux diluviennes. Il conserva les graffitis de la cour intérieure et des murs des prisons. La présence de cet artiste attira à Pont-de-l’Arche le graveur Jacques Ramondot (1928-1999), le peintre Robert Savary (1920-2000)*, le sculpteur René Leleu (1911-1984), l’universitaire et écrivain René Etiemble (1909-2002)… Jean Kerbrat a aussi laissé dans la ville les ardoises qui décorent l’école maternelle et des sculptures en ciment, avec éclats d’ardoises, à l’entrée de la salle des fêtes. 

Plus d’infos sur www.kerbratjean.fr

 

Robert Savary qui réalisa en 1976 une lithographie de l’église de la ville vue du pont et dont on trouve une copie à l’accueil de la mairie.

Cliché d'Armand Launay d'aout 2008.

Cliché d'Armand Launay d'aout 2008.

Détails. Clichés d'Armand Launay de novembre 2012.Détails. Clichés d'Armand Launay de novembre 2012.

Détails. Clichés d'Armand Launay de novembre 2012.

 

Les gravures

Jean-Pierre Patin a répertorié les gravures sur le plan du bailliage (voir plus haut). Nous choisissons de n’en commenter qu’un, sur le mur gouttereau sud des prisons des femmes, qui représente deux tours entre lesquelles évoluent deux embarcations fluviales. Si les bateaux ne sont pas rares dans les gravures de Normandie, c’est la représentation de leur contexte qui nous intéresse le plus. En effet, les deux tours semblent être des représentations des fortifications de Pont-de-l’Arche ; surtout la tour de droite qui, par sa hauteur et par sa corniche très développée, ressemble à la tour philippienne qui se trouvait dans le fort de Limaie dont la démolition commença vers 1782. Peu avant 1790, cette tour maitresse datant de Philippe Auguste était encore debout comme le montre un dessin de Garneray sculpté par Desmaisons pour Les Antiquités nationales d’Aubin-Louis Millin.

La gravure située dans la cour intérieure des prisons. On y voit, assurément, une représentation du pont fortifié de la ville (cliché d'Armand Launay d'aout 2008).

La gravure située dans la cour intérieure des prisons. On y voit, assurément, une représentation du pont fortifié de la ville (cliché d'Armand Launay d'aout 2008).

 

Orientations documentaires

 

Boutelet Bernadette, « Étude par sondage de la criminalité dans le bailliage du Pont-de-l'Arche (XVIIe – XVIIIe siècles) », In Annales de Normandie, 12e année n° 4, 1962, pages 235-262 ;

Charpillon Louis-Étienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., tome II, pages 662-674 ;

De la Bourdonnaye de Coëtlogon Yves-Marie, Mémoire de la généralité de Rouen, manuscrit de la bibliothèque municipale du Havre, 1698, 86 feuillets, 244 x 183, relié, Ms 525 ;

Delisle Léopold, « Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, Saint-Louis et Philippe le Hardi », Mémoire de la Société des antiquaires de Normandie, 6e volume, XVIe  volume de la collection, Caen, 1852, 390 pages ;

Gilbert Max, Histoire du bailliage de Caux en Normandie, première partie, Guernesey : Guernsey press, 1966, 251 pages ; 

Launay Armand, « Qui a bâti les fortifications de Pont-de-l’Arche ? », 2012, 25 pages : http://pontdelarche.over-blog.com/article-qui-a-bati-les-fortifications-de-pont-de-l-arche-108299939.html ;

Le Berre Pascal, Délinquants et Forestiers dans les bois du Roi, les archives de la maîtrise des eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche, de Colbert à la Révolution, mémoire de DEA préparé sous la direction de Serge Chassagne, Rouen, 1992, 199 pages ;

Nortier Michel, Baldwin John W., « Contributions à l'étude des finances de Philippe Auguste », in Bibliothèque de l'école des chartes, 1980, tome 138, livraison 1, pages 5-33 ;

Piant Hervé, Une justice ordinaire : justice civile et criminelle dans la prévôté royale de Vaucouleurs sous l’Ancien Régime, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2006, 306 pages ;

Patin Jean-Pierre, « Le bailliage, Pont-de-l’Arche », in Monuments et sites de l’Eure, pages 41-45, Nojeon-en-Vexin : Association des amis des monuments et sites de l’Eure, 2006, 48 pages ;  

Sorel Etienne-Alexandre, Pont-de-l’Arche pendant la Révolution d’après les registres municipaux : 1789-1804, Rouen : A. Lestringant, 1919, 147 pages ; 

Yver Jean, « Philippe Auguste et les châteaux normands. La frontière orientale du duché », in Bulletin de la société des antiquaires de Normandie, tome LIX (années 1967-1989), 1990, pages 307-348.

Autour du bailliage de Pont-de-l'Arche, on peut aussi lire sur ce blog : 

- le procès des cochons meurtriers au Moyen Âge ;

- le procès des Templiers

 

 

Etude réalisée en octobre 2012 et mise à jour succinctement en aout 2023.

Armand Launay, alors échevin de la municipalité du Pont de l’Arche 

Merci à Jean Kerbrat pour son aide.

 

Armand Launay

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 16:33

Naissance de la ville : raisons militaires

 

Le fort de Limaie, détail du vitrail du halage

 

La ville de Pont-de-l’Arche est née après la construction de fortifications militaires bâties sur le territoire du village des Damps. U n pont de bois fut jeté sur la Seine, à partir de 862, et protégé par deux forts, de part et d'autre du fleuve. Le chantier de ces défenses, qui marqua le règne de Charles II, dit le Chauve, fut décidé et officialisé lors des plaids de Pîtres. Vers 869, le pont et les deux forts semblent avoir été achevés. Ils servirent notamment en 885 lors d'une offensive générale des "hommes du Nord", ayant pour but le siège de Paris. Le pont "de l'Arche" (c'est-à-dire "de la forteresse") servit à retarder l'avancée des Normands. Ceux-ci mirent quatre mois à gagner Paris depuis l'embouchure de la Seine. Cependant, les rois des Francs peinaient à mobiliser pleinement les troupes de leurs vassaux. Ainsi le fort de Pont-de-l'Arche a très certainement manqué d'hommes de garnison : Guillaume Caillou, moine qui tint les chroniques de Jumièges, se rappela un siècle et demi plus tard, et ce malgré de nombreuses imprécisions, que des renforts francs vinrent aux Damps pour renforcer la garnison du pont de l'Arche. En vain, donc.

On perd ensuite le fil de l'histoire durant le laps temps où s'articula le basculement de pouvoir des rois francs aux ducs de Normandie. Que devinrent le pont et la ville après 911, date de naissance de la Normandie ?

Toujours est-il que la paroisse de Pont-de-l'Arche apparait dans une charte de Richard II, en 1020, qui accorde à l'abbaye de Jumièges de nombreux droits spirituels mais surtout financiers (notamment sur le trafic fluvial).

La ville semble s'être développée autour du pont, ouvrage nécessitant le halage des bateaux et offrant la possibilité de percevoir des droits de passage.

 

Développement d’une place forte : l’enjeu de la lutte entre les rois d’Angleterre et de France

 

Pont-de-l'Arche apparait ensuite bien plus clairement dans les archives lors des luttes entre Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et Philippe II Auguste, roi de France. Richard Cœur de Lion fit rénover le pont de la ville et donna les moyens nécessaires à la fondation de l'abbaye de Bonport (deux kilomètres de Pont-de-l'Arche). Dans les luttes entre les deux monarques, le château du Vaudreuil fut rasé ce qui, lorsque le roi de France reprit possession de la Normandie, facilita le choix de Pont-de-l'Arche comme chef lieu militaire local. En effet, Philippe Auguste fit de Pont-de-l’Arche son principal lieu de résidence en Normandie. Il fit fortifier la ville par des remparts en pierre de taille de Vernon encore visibles de nos jours. Il en fit de même pour le fort de Limaie, situé de l’autre côté du pont, rive droite, dont il bloquait l’accès, telle une barbacane. Ce fort était doté d’une tour philipienne qui constituait un observatoire idéal sur la circulation fluviale et le halage des bateaux. Les atouts géographiques, alliés aux atouts militaires, firent que la ville devint le siège d’un bailliage secondaire de Rouen. La date de cet établissement nous échappe.

 

 

Rôle de Pont-de-l’Arche dans la maitrise territoriale et la police intérieure

L’assise militaire présentait de nombreux avantages, tant pour la maitrise territoriale face à d’éventuels envahisseurs que pour la police intérieure au royaume. Pont-de-l’Arche permettait la maitrise de la circulation fluviale et, donc, l’approvisionnement de Rouen, ville qui pouvait tomber entre des mains ennemies.

C’est pourquoi notre cité fut un enjeu lors des combats qui opposèrent les rois d’Angleterre aux rois de France durant la guerre de Cent ans.

Ainsi Henri V, roi d’Angleterre, se rendit maitre de Pont-de-l’Arche en 1418. La ville connut ainsi une occupation anglaise jusqu’en 1449. En 1346, Édouard III ne put prendre Pont-de-l’Arche et poursuivit sa chevauchée vers Mantes.

Qui plus est, la ville offrait une base arrière idéale en vue d’une attaque de la capitale haut Normande :

- dans le cadre de la lutte contre la Ligue du bien public, en 1466 Louis XI établit un vaste camp dans la vallée située entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre et ce après avoir repris le fort de Limaie qui était tombé entre les mains des nobles de Louviers, ligueurs. Ce camp aurait accueilli une armée de près de trente mille hommes afin de reprendre Rouen puis toute la Normandie. C’est ici que furent créées les célèbres « bandes de Picardie », ancêtres de l’infanterie française.

- en 1589, les troupes d’Henri IV, qui assiégeaient Rouen, étaient ravitaillées depuis Pont-de-l’Arche. Précisons que le gouverneur de la ville, Leblanc du Rollet avait, parmi les premiers, ouvert les portes de la ville à Henri IV, roi contesté. Ce monarque avait, en remerciement, gratifié les armes de la ville des trois fleurs de lys royales. La ville blasonne depuis : de sable au pont d’argent maçonné de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

 

Bastille excentrée de Rouen, Pont-de-l’Arche était une base de repli en cas de révolte du peuple normand. C’était une place de sûreté dans la mesure où il n’y avait pas assez d’habitants ici pour impulser une révolte dépassant les forces de police locales. De plus, maitriser la ville ne suffisait pas : il fallait encore prendre d’assaut le fort de Limaie, de l’autre côté de la Seine. Pont-de-l’Arche était donc, pour des raisons de police intérieure, de maîtrise du territoire en cas de guerre, une place stratégique :

- c’est ainsi que des protestants rouennais assiégèrent la ville, en 1562, avec 6 pièces d’artillerie en espérant y faire un butin. Ils s’en prirent directement au pouvoir royal, mais en vain car la ville était restée fidèlement catholique.

- en 1650, la Fronde renversa l’utilité des fortifications de la ville : le duc de Longueville utilisa la garnison et le château contre le pouvoir royal. Le comte d’Harcourt, qui protégeait le voyage du monarque en Normandie, reçut l’ordre d’investir la place. Il vint camper auprès de ses murs avec l’aide des habitants qui avaient pointé trois canons contre le château, de l’autre côté de la Seine. Le duc de Longueville se servit de cette place forte comme un argument supplémentaire pour négocier la paix avec le roi. Les remparts de Pont-de-l’Arche, encore visibles de nos jours, étaient devenus une arme pour d’éventuels insurgés.

Le parlement de Normandie et le peuple de Rouen demandèrent à plusieurs reprises le démantèlement de ceux-ci. Cependant, les nobles qui percevaient des droits sur la ville négocièrent le maintien des fortifications. Elles ne tombèrent en désuétude qu’à la fin du XVIIIe siècle.

 

 

Pont-de-l’Arche et la convoitise des privilèges royaux sous l’Ancien Régime

Les ambitions n’étaient pas rares qui regardaient Pont-de-l’Arche avec intérêt. La ville comptait de nombreuses charges qui attiraient les convoitises :

- la charge de gouverneur de la ville (police militaire locale) : les plus grands nobles qui obtinrent du roi les droits de gouverneur de la ville furent Concini, maréchal d’Ancre et allié de Marie de Médicis, Albert de Luynes, Jean-Baptiste d’Ornano, Richelieu.

- 4 tribunaux : le tribunal de première instance (le bailliage), la perception des tailles (le tabellionnage), le grenier à sel (sa vente était un monopole d’État) et l’administration des eaux et forêts. Ces tribunaux attirèrent de nombreux officiers royaux dans la ville ;

- les droits mineurs (droits de passage sur le pont, droit de halle, droit d’octroi…). Il résultait de ces charges un déséquilibre : outre une fabrique de drap qui ne dura qu’un temps, la ville de Pont-de-l’Arche ne connaissait aucune industrie qui nourrît les 1700 habitants que comptait la cité à la veille de la Révolution française. Elle n’en était pas moins le chef-lieu de l’administration locale.

 

 

La Révolution française et l’Empire ou la fin des privilèges

La Révolution française remit les pendules l’heure en faisant de Louviers le chef-lieu de l’administration locale : le rôle militaire de Pont-de-l’Arche avait cédé depuis longtemps le pas aux gains issus de l’industrie manufacturière de Louviers, ville bien plus peuplée. En 1790, Elbeuf ne fut pas compris dans le nouveau département de l’Eure à cause du refus de Louviers de cohabiter avec son concurrent drapier. Ces deux villes locales purent donc toutes les deux devenir des chef-lieu de circonscription.

Hormis un juge de paix et une municipalité, Pont-de-l’Arche perdit toute fonction administrative. Durant la Révolution, les nouvelles municipalités archépontaines connurent les mêmes disputes que celles qui déchiraient les nobles d’avant la révolution. Néanmoins, celles-ci étaient publiques.

Après 1792, les républicains avancés prirent le dessus de la politique locale. Alexandre de la Fleurière fut maire de la ville et acquit l’ancienne abbaye de Bonport pour le compte d'Alexandre de la Folie, maire de Criquebeuf. Ces deux hommes furent chassés par la réaction thermidorienne de 1795. Les principaux problèmes que connut la ville durant cette période concernent les altercations entre les régiments de l’armée révolutionnaire et les habitants les plus attachés au culte catholique. Ils concernent aussi, et surtout, la famine. Celle-ci était aussi atroce que partout ailleurs à cela près que les habitants de la ville, depuis de longs siècles, aidaient les bateaux à franchir le pont qui barrait la Seine. Ils tiraient donc les bateaux de blé destinés à la population de Paris mais le ventre vide ! sans même pouvoir manger de quoi refaire leurs forces. C’est ainsi qu’ils arrêtèrent de travailler et qu’ils prirent du blé dont étaient chargés les bateaux… avant que l’armée ne les réprime.

 

Napoléon Bonaparte, qui passa deux fois par Pont-de-l’Arche, comprit ce danger pour la police intérieure et fit bâtir une écluse, inaugurée en 1813. Celle-ci permettait de se dispenser de la main d’œuvre locale tout en faisant acheminer le pain qui apaisait le peuple et évitait ainsi d’éventuels mouvements insurrectionnels parisiens. Rappelons que le peuple en armes avait fait changer le cours de la Révolution à plusieurs reprises déjà (la déchéance du roi, la répression des girondins…). Le début du XIXe siècle fut une période de misère pour la ville. Il n’y a guère d’événements si ce n’est l’occupation prussienne en 1815, la présence d’une loge franc-maçonne et la création de la gare Alizay-Pont-de-l’Arche en 1843.

 

La révolution industrielle : l’industrie du chausson et de la chaussure

 

La révolution industrielle a touché le pays : l’industrie du chausson s’est développée qui a apporté un travail très faiblement rémunéré aux habitants de la proche région. Les chaussons, d’abord réalisés dans les foyers des ouvriers, furent ensuite fabriqués dans des usines construites dans les ruelles médiévales de la ville à partir de la moitié du XIXe siècle. Cette industrie se propagea et, dans l’entre deux guerres, une vingtaine d’usines existaient qui employaient plusieurs milliers de personnes. La fabrique du chausson, puis de la chaussure après la Première Guerre mondiale, n’apporta de richesse qu’à ses propriétaires, dont les belles villas sont encore visibles de nos jours dans les faubourgs de la ville. La prise de conscience aidant, les ouvriers de la ville se mirent en grève en 1900, 1932, 1936 et 1954… afin de maintenir, voire d’améliorer leurs salaires.

 

Guerre et destructions

La ville connut l’occupation prussienne en 1870 à cause de son pont, qui faillit être dynamité. Elle accueillit un camp de l’armée anglaise entre 1915 et 1920. Elle connut les combats entre les panzers de Rommel et les armées française et anglaise en 1940. Ses ponts furent une des principales cibles locales des bombardements aériens de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois les bombardements n’ont pas fait disparaître le patrimoine architectural de la ville : l’église gothique du XVIe siècle, les maisons à pans de bois de la fin du Moyen Âge et de l’Ancien Régime, le bailliage du XVIIIe siècle principalement, la maison du gouverneur (XVe siècle ?), les remparts (XIIIe siècle), le manoir de Manon…

 

Personnalités

Le dernier des ponts de la ville fut inauguré en 1955 par M. Pierre Mendès France qui était alors président du Conseil mais aussi conseiller général du canton de Pont-de-l’Arche. Pont-de-l’Arche a aussi accueilli des personnalités lettrées : Octave Mirbeau, écrivain, Jules Massenet, compositeur, Jacques-Henri Lartigue, photographe. Mais la plus grande gloire de la cité est Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), enfant du pays, qui était archéologue, artiste dessinateur, nouvelliste... Cet homme participa au lancement de l’étude du patrimoine médiéval normand. Il fut le premier instigateur du musée des antiquités de Rouen et fut aussi professeur à l’école des beaux-arts. De nombreuses amitiés culturelles se mobilisèrent pour honorer sa mémoire et financèrent un buste (disparu) et un médaillon à Pont-de-l’Arche. Les élus de Pont-de-l’Arche donnèrent son nom à la place principale de la cité.

 

 

Croissance démographique et développement des services publics depuis 1945

      Le-marche

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la ville connaît une très grande croissance démographique suite aux nombreux projets immobiliers qui accueillent une population désireuse de vivre dans un cadre de vie agréable. Située entre l’Eure, la Seine et la forêt de Bord, la ville de Pont-de-l’Arche est très proche des pôles d’emplois que sont Rouen, Val-de-Reuil et Paris, facilement accessibles depuis la construction de l’autoroute A 13 en 1967. Les municipalités, généralement situées à gauche de l’échiquier politique, ont donc depuis accompagné le développement des services publics définis par l’État en faisant face, de plus, à la croissance démographique propre à la ville (écoles, crèches, infrastructures sportives, voirie). Pont-de-l’Arche compte aujourd’hui plus de 4200 habitants. La ville fait partie, depuis 2001, de la communauté de communes Seine-Eure, qui réunit les municipalités de la région de Louviers et de Val-de-Reuil.

 

 

A voir aussi...

L'église Notre-Dame-des-arts

L'ancien bailliage

L'office de tourisme

 

Armand Launay

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 16:31

1025 : Pontem Archas

 

1046 ou 1047 : Pont des Arcas

 

1037- [ca] 1052  : Pont des Arches

 

1160 : Pons Arcis meae

 

1172 : Arches

 

1174 : Pontem Archae

 

1180 : Pontem Arche

 

1250 : Pontem Arche

 

1310 : Pontem Arcus

 

1346 : Pontem Archie

 

1739 : Le pont de l’arche

 

De nos jours : Pont-de-l’Arche

 

Bien que le nom de la ville n’ait guère changé depuis le XIe siècle, nous remarquons que le mot " arche " était un pluriel à l’origine.

 Ceci s’explique si l’on pense que " arche " ne désignait pas les arches sous le pont mais des citadelles, à l’image du château d’Arques près de Dieppe. En effet, avec le fort de Limaie, rive droite, Pont-de-l’Arche formait une deuxième fortification car la ville était entourée de remparts.


                              Le fort de Limaie (détail du vitrail du halage)

         

Il est donc logique que les gens de la région aient désigné l’endroit par sa caractéristique principale : un pont défendu par deux forts, deux arches (que l’on prononçait très certainement " arques ", à la normande !). Puis, la ville de Pont-de-l’Arche ayant prévalu, on ne retint plus qu’un fort à part entière, d’où le pont de l’arche au singulier. Autrement, comment expliquer qu’on désigne le pont d’après une seule de ses arches ?

 

A voir aussi,


le blason de Pont-de-l'Arche,

 

le nom des habitants,


l'historique de la ville...

Armand Launay

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23 avril 2006 7 23 /04 /avril /2006 00:27

Article développé et remplacé ici

 

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche et sa région histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai acquis, depuis, un Master des Métiers de l'éducation et de la formation, mention Lettres modernes. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- des publications, dont fait partie ce blog :

Bibliographie

- 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et des articles dans la presse régionale normande : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages) ;

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages) ;

- De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine" ;

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages) ;

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages) ;

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages) ;

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages) ; 

- Déconfiner le regard sur Pont-de-l'Arche et ses alentours (Autoédité avec Frédéric Ménissier, 2021, 64 pages) ;

- Les Trésors de Terres-de-Bord : promenade à Tostes, ses hameaux, Écrosville, La Vallée et Montaure (publié en ligne, 2022) ;

- Les Trésors de Terres-de-Bord : promenade à Tostes, ses hameaux, Écrosville, La Vallée et Montaure (version mise en page du précédent ouvrage, édité par la mairie de Terres-de-Bord, 2023).

Depuis 2014, je suis enseignant à Mayotte.

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