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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 19:17

Dans quelques jours, le calvaire situé à l’encoignure du chemin de la Procession et de la rue Charles-Cacheleux prendra 137 ans.

 

Calvaire (chemin de la Procession)

Le calvaire de la Procession en 2009 (photo A. Launay)

 

Il fut érigé à l’entrée sud de la ville, au-dessus d’elle, le 17 octobre 1875 grâce aux donations de M. et Mme Quenneville et sur leur propriété.

La même année, le 30 janvier, l’Assemblée nationale votait l’amendement Wallon qui, en définissant le mode d’élection du président par les députés et les sénateurs, donnait officiellement le nom de république au régime politique français. 86 ans après la Révolution et 83 ans après la Première République, les républicains prenaient définitivement le pouvoir aux royalistes, parmi lesquels étaient les catholiques. Ces derniers rallièrent peu à peu la république après l’encyclique papale Au milieu des sollicitudes écrite en 1892.  

Or, en 1919 Etienne-Alexandre Sorel écrivit dans son ouvrage Pont-de-l’Arche durant la Révolution qu’ « un nouveau calvaire a été érigé en réparation de l’outrage fait à l’ancien » (page 92).

L’ancien calvaire, poursuit l’auteur, a été brulé et démoli le 28 novembre 1793 suite à un vote unanime du Conseil municipal présidé par Jacques Joseph Alexandre. Les élus voulurent détruire eux-mêmes ce calvaire situé entre la place Aristide-Briand et le haut du boulevard de la Marne, à l'angle du garage Renault*. Cependant, ils furent devancés par les soldats de l’armée révolutionnaire stationnant dans la ville. C’est certainement sous leur contrainte que les élus votèrent cette profanation.   

En effet, quand le Conseil municipal évoqua la démolition d’un calvaire menaçant ruine, le 10 juillet 1791, un écriteau fut posé peu après sur le monument : « On fera feu sur quiconque enlèvera ou fera enlever le Calvaire de sa place ». Emus, les élus votèrent la réparation du calvaire qui eut lieu le 18 juillet. La France n’était pas encore gagnée par le courant de déchristianisation qui a accompagné le pouvoir républicain.

Dans un climat apaisé, le calvaire présente aujourd’hui l’image du Christ crucifié en métal moulé, porté par une croix de bois plantée dans un socle calcaire. Celui-ci porte l’inscription « Aimez-vous les uns les autres à dit Jésus ». La réconciliation a même été forcée en 1905 où les biens paroissiaux sont devenus bien communaux. Depuis lors, l'église Notre-Dame-des-arts et le calvaire qui nous intéressent sont des propriétés communales.

En 1992, ce calvaire fut restauré par la Ville de Pont-de-l'Arche représentée par son maire, Paulette Lecureux... 200 ans après l'instauration de la Première République.

 

P1080387.JPG La dernière restauration du calvaire de la Procession eut lieu en 1992. Elle fut assurée par son propriétaire... la Ville de Pont-de-l'Arche dont le premier magistrat était Paulette Lecureux. 

 

Depuis, un plaisantin a effacé le « j » laissant ainsi apparaitre Esus, le nom d’une divinité celte qu’on apaisait - d’après les Scolies de Berne - en suspendant un homme à un arbre. Une autre tradition que le christianisme n'a pas révolue !

 

 

 

* d'après observation des cartes postales éditées vers 1910 et qui montrent clairement une haute borne en pierre blanche. Ce calvaire est localisé sur un plan daté de 1773.  

 

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Le lotissement de la Forêt

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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commentaires

Joelaindien 28/09/2012 21:49

Hello, Bien agréable de passer ici ! bonne soirée Joelaindien

Armand 29/09/2012 10:46



Hi ! Merci de la visite, en espérant qu'elle n'ait pas été un véritable calvaire;-)



Vinsareva 28/09/2012 20:53


Je n'avais jamais fait attention à le lettre qui manque.

Armand 29/09/2012 10:45



Tu m'étonnes ! Faut vraiment s'y pencher pour le voir. Bises



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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...