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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 19:17

La Folie-Vallée est un nom désignant une belle maison bourgeoise du XVIIIe siècle aussi connue, un temps, sous le nom de Villa Sainte-Anne. Elle est située dans un parc le long de l’avenue De-Lattre-de-Tassigny, près du rondpoint des écoles. La Folie-Vallet (sic) désigne aussi un espace du plan cadastral de la commune.

 

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

Bien peu le savent, mais en 1954 le parc de cette demeure privée a été coupé en deux à cause de la création de la route raccordant le nouveau pont de Pont-de-l’Arche à l’avenue de la Forêt-de-Bord, aux Damps. Auparavant, son parc allait jusqu’à la rue Maurice-Delamare, ancienne route du Vaudreuil. Ainsi, les espaces verts jouxtant le groupe scolaire Maxime-Marchand sont des vestiges de ce parc. Le beau mur en moellon calcaire qui clôt partiellement la cour de récréation est un vestige de l’ancienne emprise foncière de la Folie-Vallée.

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Avant d’être urbanisée à la fin des années 1960, la rue Président-Kennedy portait le nom de sente de la Folie-Vallet et conduisait les promeneurs venus de la ville en contrebas de la ferme de La Borde, à l’entrée de la forêt. C’est ce que nous montre le plan cadastral dessiné en 1834.

 

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Un détail plus précis du même plan cadastral montre la demeure de la Folie-Vallée telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est-à-dire avec un avant-corps aux murs gouttereaux. On y voit la rue Marie-Morel-Billet, désignée sobrement « Chemin des Hayes » comme il s'appelle encore dans sa partie dampsoise. Les bâtiments sur sa gauche sont ceux de la propriété récemment rasée à l’encoignure de la rue des Soupirs et de la rue Marie-Morel-Billet (laissant place à la résidence Lucie-et-Raymond-Aubrac).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Que signifie Folie-Vallée ?

Nous pourrions penser que le tout proche Val des Damps aurait accueilli des personnes un peu fatiguées du chef. Mais le mot « folie » désigne des maisons de villégiature aristocratiques ou bourgeoises situées en dehors des villes.   

Quant à l’élément « Vallée », il est orthographié « Vallet » sur le plan cadastral. Ceci nous fait penser au nom d’une des grandes familles d’officiers du roi exerçant au bailliage de Pont-de-l’Arche. Comme on le lit sous la plume de Bernadette Boutelet (page 254) en 1634 Jean Vallet, greffier ordinaire à la vicomté, était présent à un procès. Quant à Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme, ils citent en 1688 un Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant particulier, antien civil et criminel du bailli de Rouen ; en 1671 Jean-Baptiste du Parc, lieutenant général en la vicomté et en 1675 Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant général du bailliage. Les Archives nationales ont conservé, parmi les provisions d’offices royaux (1270-1790) le nom de Jacques Vallet, frère de Pierre Vallet, procureur, greffier à la maitrise des eaux et forêts. Sa lettre de provision date du 19 juillet 1731 (cote de la lettre : V/1/284 pièce 421). De là à penser qu’un membre de cette riche famille des Vallet s’est fait construire une folie aux abords de Pont-de-l’Arche, il n’y a qu’un pas que nous franchissons. Nous ne savons cependant pas si le nom de Folie-Vallet a été donné par les propriétaires du lieu ou s'il s'agit-là d'une appellation populaire. En revanche, si l'on adhère à la thèse selon laquelle Vallée désigne la famille Vallet, la graphie Folie-Vallée est fautive.

 

Quoiqu’il en soit, la Folie-Vallet fait partie des demeures aristocratiques bâties autour de Pont-de-l’Arche parmi lesquelles nous avons étudié le Château du Centre de loisirs et l’hôtel Alexandre-Delafleurière. Elle annonce les maisons bourgeoises des faubourgs de Pont-de-l’Arche et des Damps qui ont abrité des riches familles locales et attiré des Rouennais et des Parisiens dans notre contrée.   

 

Sources

Boutelet Bernadette, Etude par sondage de la criminalité dans le bailliage du Pont-de-l’Arche (XVIIe-XVIIIe siècles) : de la violence au vol : en marche vers l’escroquerie, Annales de Normandie, 12e année, n° 4, 1962, pages 235 à 262.

Charpillon Louis-Étienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, pages 662 à 674.     

 

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

Armand Launay

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A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 17:49

Le nom de Charles Michels fut donné à la cité d’urgence inaugurée à Pont-de-l’Arche en septembre 1947 par le maire communiste André Benet et le député radical-socialiste Pierre Mendès France. Son nom est aussi immortalisé à Romans, Limoges, Issoudun, Saint-Denis, Paris (XVe arrondissement)… Mais qui était-il ?

 

DSCF4026.JPG

La cité Charles-Michels fut bâtie en urgence en 1947 pour reloger des sinistrés de la Seconde guerre mondiale. Son architecture stéréotypée, constituée de panneaux de béton, devait durer peu de temps. Existant toujours aujourd'hui, elle témoigne des années qui ont suivi la Libération (photo A. Launay, 2011). 

 

Charles Michels, né le 6 mars 1903 à Paris et mort le 22 octobre 1941, était un ouvrier en chaussures qui devint secrétaire au syndicat CGTU, puis CGT de la fédération des cuirs et peaux. Il fut ensuite député communiste de Paris (XVe arrondissement).

Dès 13 ans, cet orphelin de père travailla dans la chaussure, chez Dressoir, une des plus importantes entreprises de chaussures de la région parisienne. A 17 ans, il devint délégué du personnel de son usine ce qui lui valut un licenciement. Adhérent au Parti communiste français à partir de 1926, il acquit des responsabilités syndicales à partir de 1929 dans l’union syndicale des cuirs et peaux au niveau local et national. C’est à titre qu’il accompagna les ouvriers de Pont-de-l’Arche durant la grande grève de 1932 où il fut identifié avec son camarade André Tollé dans un rapport de police. En 1935, les organisations syndicales des cuirs et peaux, CGT et CGTU fusionnèrent et Charles Michels avait la réputation d’organisateur de tous les mouvements de grève nationaux. 

En 1936, il fut élu député du Front populaire dans le XVe arrondissement de Paris. En 1937, il fut élu secrétaire général des la CGT des cuirs et peaux où il milita contre le fascisme. En septembre 1939, il fut incorporé au 22e GOA à Vernon. Il fut déchu de ses fonctions législatives le 21 janvier 1940 en raison de son appartenance au Parti communiste français. Démobilisé, il regagna Paris où il prit contact avec Jean Catelas, meneur de la résistance communiste locale. Charles Michels réutilisa ses réseaux syndicaux des cuirs et peaux pour organiser la résistance. Il fut arrêté avant de pouvoir gagner la clandestinité en octobre 1940. Après plusieurs centres de détention, il aida des camarades à s’évader de la prison du Camp Choisel, à Châteaubriand, (Ille-et-Vilaine).

Suite à un attentat perpétré contre la Kommandantur de Nantes, Charles Michels fut le premier otage à être désigné puis fusillé, le 22 octobre 1941, avec 26 autres détenus dont le célèbre Guy Môquet qui cita Charles Michels dans l'avant dernière qu'il écrivit à sa famille, avant d'être fusillé à son tour. 

 DSCF4029.JPG

Vue sur une autre maison de la rue Charles-Michels (photo A. Launay, 2011).

Plaque commémorative placée chez le marbrier à l'entrée de la rue Charles-Michels. Il semble que ce soit elle qui ait été inaugurée quand la rue fut baptisée du nom de Charles Michels (cliché Armand Launay, juillet 2016).

Plaque commémorative placée chez le marbrier à l'entrée de la rue Charles-Michels. Il semble que ce soit elle qui ait été inaugurée quand la rue fut baptisée du nom de Charles Michels (cliché Armand Launay, juillet 2016).

Sources

Maitron Jean, Pennetier Claude (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome XXXVI, quatrième partie, 1914-1939 : De la Première à la Seconde guerre mondiale, Paris : les Editions ouvrières, 483 pages. Charles Michels : page 354.

Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944).

 

Armand Launay

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 20:39

Inauguré le 29 janvier 1955 par Pierre Mendès France, président du Conseil des ministres, le pont de Pont-de-l’Arche ne portait pas de nom officiel avant le 4 mai 1969. Ce jour-ci, le maire Roland Levillain baptisa le nouvel ouvrage « De-Lattre-de-Tassigny » en présence de la veuve de ce maréchal né le 2 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) et mort le 11 janvier 1952 à Paris. L’avenue percée pour l’accès à ce pont prit aussi ce nom. 

Nous reproduisons ci-dessous un plan de situation du pont avant travaux édité par le Ministère des travaux publics dans une brochure intitulée « Le nouveau pont-route de Pont-de-l’Arche : 1951-1954 » (page 2). 

Carte nouveau pont


On mesure que l’avenue De-Lattre-de-Tassigny n’était qu’un projet sous le nom de « déviation » partant de la limite avec Les Damps jusqu’à la culée sud du pont. Elle fut réalisée dans le cadre des travaux du pont et coupa en deux le boulevard de la Marne et la rue Marie-Morel-Billet, atrophia le square Didier-Simon, coupa le parc de la Folie-Vallet, fit tomber une maison (parking de la rue Jean-Prieur) et amena le Conseil municipal à détruire l’ancienne salle des fêtes.

Quid alors de la partie sud de l’avenue jusqu’à la forêt de Bord ?   

C’est Jean Verdier, dans un article publié dans Présence normande en 1960 (voir sources) qui nous fournit la réponse. A la page 23, il écrit que les travaux sur la RN 154 eurent lieu « par petites tranches successives entre 1953 et 1957. » Il précisa que ce « long travail de patience [fut] couronné en 1958 par l’élargissement à quatre voies (…) au sommet (...) du Val-aux-loups. » Plus précisément, pour ce qui nous intéresse ici : « De l’orée de la forêt de Bord à l’entrée est de Pont-de-l’Arche, un tracé nouveau réalisé en 1955, amène l’automobiliste en souplesse jusqu’à l’entrée du pont, reconstruit en amont de l’agglomération. » Un tracé qui délimite le récent lotissement de la Forêt.

En 2006, cette route nationale 154 fut départementalisée et rebaptisée poétiquement D 6015.

En 2001, cette avenue est partiellement restaurée par le Conseil général. Le carrefour avec la rue Maurice-Delamare est remplacé par un rondpoint. En 2005, un rondpoint est créé en forêt pour le futur contournement sud de la Ville inauguré en 2010. 

 

P1070508.JPG

Vue sur le pont en 2012 (photo A. Launay).


Sources

Ministère des travaux publics, Le nouveau pont-route de Pont-de-l’Arche : 1951-1954, imprimerie Logier et Cie, 32 pages.

Verdier Jean, « Dix ans de travaux sur la RN 13 bis », Présence normande n° 5, juillet 1960, 10 pages.

 

A lire aussi...

La rue des Soupirs et la Côte d'amour

  

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:26

Curieux nom que Morel-Billet pour cette voie unissant Les Damps et Pont-de-l’Arche ! Et ce ne sont pas ses précédents noms qui renseignent : « chemin des quatre vents » et « chemin des haies » à partir de 1937 et pour la partie dampsoise.

 

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Photo A. Launay (2013)

 

La matrice cadastrale des Damps fournit le nom de Marie Mathilde Morel-Billet. Cette dame, née vers 1847, habita au n° 19 de cette voie jusqu’en 1938 où elle vendit sa propriété. Elle se maria avec Abraham Victor Morel à Rouen, le 5 juillet 1862. Son mari, né à Pont-de-l’Arche le 23 avril 1838 et décédé aux Damps le 24 décembre 1896, fut un bonnetier rouennais.

Le nom de la rue fut officialisé le 4 mars 1937 lors du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche présidé par Raoul Sergent. Il remplaça l’ancienne appellation de « rue des haies ». Cette dame eut cet honneur car elle devait être connue de certains membres du Conseil. Peu après, Monsieur et Madame Marcel Lefebvre (gendre et la fille de la défunte) remercièrent les élus d’avoir donné le nom de « Mme Morel-Billet » à cette rue. Il serait donc plus juste de nommer cette rue « Marie Morel-Billet ».

Cette voie traverse le dernier faubourg bourgeois de Pont-de-l’Arche qui n’ait pas entièrement été traversé et perturbé par une grande voie. On retrouve ainsi dans la partie de la rue épargnée par l’avenue De-Lattre-de-Tassigny plusieurs belles demeures telles que Le Pelouzel construit pour l'industriel de la chaussure Armand Ouin (1905), Les Lauriers habité de 1898 à 1893 par Octave Mirbeau (Les Damps), La Folie-Vallée (fin XVIIIe siècle) et même l’ancienne usine de Jean Coudray qui rappelle l'importance de l’industrie de la chaussure.

Un caveau érigé en l’hommage à la famille Morel-Billet se trouve dans le cimetière de Pont-de-l’Arche. Il doit dater de 1868.

 

Morel-Billet.JPG

 La rue Marie-Morel-Billet sur Google maps (2013)

 

Sources

Registre d'état civil

Registres des délibérations du Conseil municipal

 

 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 17:56

Le 4 mars 1937 le Conseil municipal, réuni sous la présidence de Raoul Sergent, appela officiellement « rue Olivier-des-Bordeaux » la voie qu’on appelait populairement la rue du Chêne Jaunet ou, en parler local, le « Quesne gaunet ».

 

Chene-Jaunet.JPG

Le Chêne-Jaunet avant 2004 et la construction de la résidence du même nom

(archives municipales de Pont-de-l'Arche)

 

La résidence bâtie entre 2004 et 2007 prit le nom de l’espace qu’elle occupe depuis : le Chêne-Jaunet. Si ce nom doit désigner un terrain identifiable grâce à un chêne remarquable, que signifie « Jaunet » ? Un nom de famille ? L’idée serait étonnante car ce nom ne figure pas dans les archives locales. Il serait plus probable que Jaunet fût un sobriquet forgé sur le mot « jaune ». Or « Les jaunes » était le sobriquet donné à une famille de Pont-de-l’Arche d’après le teint de peau d’un de ses ancêtres. Un « Jaunet » serait un enfant de la famille.

Quoiqu’il en soit, même si cette famille n’avait rien à voir avec le mot « Chêne Jaunet », il nous semblerait assez logique que l’on ait appelé le chêne d’après le surnom d’un propriétaire de jardin, de champ : « le [champ du] chêne [à] Jaunet ». On retrouve ce nom dans une délibération du 16 décembre 1883 mais il doit être antérieur.

 

Quant à la rue Olivier-des-Bordeaux ? Une lecture rapide des archives donnerait à croire qu’elle rend hommage à Jean-Baptiste Olivier qui fut maire de Pont-de-l’Arche de 1848 à 1852. La raison est plus prosaïque.

 P1180915.JPG

 La rue Olivier-des-Bordeaux en 2011 (photo A. Launay)

 

Ce médecin en chef à l’hospice de la ville, né le 29 mai 1799 à Grosley-sur-Risle et décédé à Pont-de-l'Arche le 18 janvier 1874, accolait à son nom la particule des Bordeaux qu’il devait à sa femme Eléonore Guesnier des Bordeaux. Mais le prénom de cet homme ne fait pas partie du nom de la rue...

La délibération du Conseil municipal du 21 mai 1883, après sa mort donc, décrit l’installation d’un caniveau permettant l’écoulement des eaux du puits « Olivier des Bordeaux ». Les archives montrent que la Ville avait projeté en 1875 de se doter d’un puits – et donc de fontaines publiques. La veuve Olivier des Bordeaux accordait même 1000 francs à cette fin. Plusieurs années de difficultés s’en suivirent. Le 22 avril 1880, la veuve Olivier des Bordeaux et sa fille accordaient 3000 francs et, le 3 juin 1880, le devis de M. Simon, architecte rouennais, était accepté par les élus (3197 francs). Après plusieurs années d’incompétences des entreprises et de manque de sérieux de l’architecte, le puits fut ouvert en 1883. Ses eaux s’écoulaient vers la place des Champs (Aristide-Briand) puis par la rue de Paris (Roosevelt). Le puits fut remplacé en 1905 par le puis artésien du chemin du Becquet. Le puits Olivier-des-Bordeaux a disparu depuis. En remerciement, la ville réserva une concession dans le cimetière communal pour la "veuve Olivier", à côté de celle de son mari. 

 

Source

Registre des délibérations du Conseil municipal

 

A lire aussi...

Les maires de Pont-de-l'Arche 

 

Armand Launay

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:35

Entre le Lotissement de la Forêt et la rue Charles-Michels, quelques rues traversent le Pont-de-l’Arche de 1900. La brique rouge y est reine et rappelle la première construction d’Habitations à loyer modérée (HLM), appelées Habitations à bon marché (HBM) avant 1949. Elles furent instituées par la loi Siegfried du 30 novembre 1894 qui prévoyait des défiscalisations contre la mise à disposition de logements sociaux...

 

P1090753

La rue Docteur-Sorel, 2013 (photo A. Launay)

 

L’initiative revint à Maurice Hervey, sénateur républicain modéré (droite), de fonder et présider la « Société anonyme des habitations à bon marché » (SAHBM), visant à construire des logements pour les ouvriers. A ses côtés, Léon Bataille, maire républicain de gauche de Pont-de-l’Arche (1900-1902), était administrateur. Etienne-Alexandre Sorel, conseiller municipal royaliste, était administrateur délégué. La SAHBM récolta 30 000 francs nécessaires aux constructions de logements dont le nombre nous est inconnu. Parmi eux, Henri Désiré de Subtil de Lanterie, homme d’église, offrit 2 000 francs. Autre bienfaiteur, Emile Lenoble, propriétaire de Bonport, permit à la ville de creuser un puits artésien sur un de ses terrains. 

Sous la présidence d’Anthime Ferrandier, le Conseil municipal du 13 avril 1921 honora Etienne-Alexandre Sorel et Emile Lenoble en donnant leurs noms à des voies. Il en fut de même pour Maurice Hervey le 4 mars 1931 sous la présidence de Charles Morel. Le 21 mars 1934, le nom d’Henri Désiré de Subtil de Lanterie était donné à une voie sans rapport avec les constructions de la SAHBM auxquelles il avait prit part. Léon Bataille, le seul personnage réputé de gauche parmi les bienfaiteurs de la SAHBM, est aussi le seul à n’avoir pas été honoré de son action.

 

Leon-Bataille--1909-.JPG

Léon Bataille, maire de Pont-de-l'Arche de 1900 à 1902,

fut administrateur de la SAHBM. Ici dans sa propriété de la Folie-Vallée en 1909.

 

Henry Prieur, industriel du chausson et de la chaussure avait déjà fait bâtir des logements ouvriers dans une rue qui, depuis, porte son nom. Cependant, c’est bel et bien la SAHBM qui a porté le premier projet « public » de Pont-de-l’Arche.

Si les maisons n’ont pas été construites côte à côte, dans un même espace, la cohérence de leur architecture saute aux yeux et permet de les retrouver dans les différentes rues concernées. Il s’agit de demeures rectangulaires à un étage plus un étage de comble. Elles sont réalisées en brique. Toutefois, le remplissage de certaines constructions des rues Maurice-Hervey et Docteur-Sorel est réalisé de moellon calcaire scié du plus bel effet. Toutes sont couvertes d’ardoises sur toits à deux pans. Nombre de façades sont aujourd’hui couvertes de crépit masquant leur beauté. Certaines maisons sont mitoyennes (rue Emile-Lenoble et rue Olivier-des-Bordeaux si on peut attribuer les maisons de cette voie à la SAHBM) mais toutes ont une cour destinée au potager. C’est ainsi que ces édifices sont construits près de la rue afin de laisser un espace exploitable côté cour. Côté décoration, d’élégantes séries de croix grecques ornent les façades des murs gouttereaux. Souvent, des losanges de brique ornent les allèges du premier étage. Le nom de l’architecte à l’origine de ces réalisations nous est malheureusement inconnu.  

 

P1090751.JPG

Une demeure de la SAHBM restée dans son jus dans la rue Maurice-Hervey, 2013 (photo A. Launay)

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal

 

Avec nos remerciements à Daniel Hector Costa 

 

Armand Launay

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 14:48

C’est le 13 avril 1921 que le Conseil municipal, sous la présidence d’Anthime Ferrandier, donna le nom d’Émile Lenoble à une voie de Pont-de-l’Arche. Cependant, il faut remonter au 31 mai 1904 pour comprendre l’action de cet homme...

Par un contrat signé avec la mairie, Emile Lenoble autorisa le forage d’un puits artésien sur une de ses propriétés. Celui-ci était propriétaire du « château de Bon Port », comme le rapporte la délibération. Il s’agissait de couvrir les besoins quotidiens en eau, évalués à 30 000 litres par jour, que le puits Olivier-des-Bordeaux (1883) ne parvenait déjà plus à couvrir. Cette eau devait aussi alimenter les nouveaux quartiers et notamment ceux de la SAHBM. Un puits fut ainsi percé entre 1904 et 1905 par la société du Puits artésien de Vincennes de MM. Dumont et Gondin. Le puits donna d’abord satisfaction puis fut rapidement dépassé par la croissance de la population (délibération du 2 aout 1925). Il fut restauré en 1931 puis en 1937. Une délibération du Conseil municipal du 29 avril 1937 mentionne une autorisation préfectorale de percer un nouveau puits, visiblement au Chêne-Jaunet. Une délibération du 9 mai 1972 décide la destruction du château d’eau de la rue Général-de-Gaulle. Aujourd’hui, sur les berges de l’Eure se trouve toujours le bélier du bassin d’aération.   

 

Route-Elbeuf--8-.jpg

Le château d'eau du puits artésien était situé à l'angle du chemin du Becquet de la rue Général-de-Gaulle (en face de l'actuelle gendarmerie). Il fut bâti par la Ville sur un terrain d'Emile Lenoble.  

 

Route Elbeuf (2)

Le bélier du bassin d'aération du puits artésien se trouve toujours sur les berges de l'Eure, sous le coude du chemin du Becquet, en conrebas de l'actuelle Gendarmerie. 

 

 

Sources

Dolfuss (G.), « Les puits artésiens de la Basse-Seine et de Paris », p. 306-311, in La Nature : revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l’industrie. 1905, 33e année, 2e semestre, collation des n° 1671 à 1696. Voir les pages 308 et 309.

 La Nature 1 La Nature 2

Délibérations du Conseil municipal

Armand Launay

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:30

Autrefois appelée « rue Nouvelle », cette voie fut rebaptisée lors du Conseil municipal du 21 mars 1934, sous la présidence de Charles Morel, où les élus argumentèrent que M. l’abbé de Lanterie était un « bienfaiteur [qui] a offert un puits à tout le quartier des HBM ».

Henri Désiré de Subtil de Lanterie est né à Pont-de-l’Arche le 1er décembre 1840 et décédé à Pont-de-l’Arche le 16 novembre 1925. Il est le fils de Marie-Auguste de Subtil de Lanterie, propriétaire de la Tour de Crosne. Il fut ordonné sous-diacre en 1869 et diacre en 1870. En 1872, il devint prêtre de Saint-Sulpice. 

Avec le vicaire Emile Chevallier, Henri Désiré de Subtil de Lanterie était le plus proche collaborateur de Pierre-Octave Philippe, curé-doyen de Pont-de-l’Arche, depuis 1903. Henri Désiré est nommé chanoine honoraire de la paroisse de Pont-de-l’Arche le 14 octobre 1911.

En offrant 2 000 francs, il permit d’approfondir un puits de 20 mètres supplémentaires. C’est ainsi qu’il devint l’un des principaux contributeurs d’une société philanthropique qui apporta 30 000 francs nécessaires à la construction de maisons afin que « l’ouvrier honnête et laborieux » puisse devenir propriétaire : la SAHBM.

Cette action généreuse lui valut l’honneur du Conseil municipal de Charles Morel, près de 9 ans après sa mort, sur une opération urbaine sans rapport avec la SAHBM puisque les maisons de cette rue datent de 1927 à 1930. 


Henri Désiré de Subtil de Lanterie (été 1913)

Henri Désiré de Subtil de Lanterie, dans la cour de la Tour de Crosne (la propriété qu'il acquit de son père) durant l'été 1913. Cet homme fut un des bienfaiteurs de la Société anonyme des habitations bon marché.  

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal


Avec nos remerciements à Jean-Pierre Decraene


Armand Launay

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:21

Sous la présidence d’Anthime Ferrandier, le Conseil municipal du 13 avril 1921 a honoré un certain Docteur Sorel en donnant son nom à une rue. Mais qui était-il ?

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Étienne-Alexandre Sorel (1839-vers 1920) est né et décédé à Pont-de-l’Arche. Médecin officiant à l’hôpital local, Il fut conseiller municipal depuis le 29 aout 1870 jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Elu actif, on retrouve ses nombreuses interventions dans les délibérations du Conseil municipal. Royaliste et catholique, il conserva sa cote de popularité bien que l’échiquier politique local devînt de plus en plus républicain et laïc. Sa profession de médecin eut une incidence positive sur l’estime que lui portait une partie de la population.

Étienne-Alexandre Sorel fut particulièrement actif au sein des commissions travaillant à l’instruction publique. Le 16 février 1876 il fut nommé au sein de la commission visant à la création d’une « salle d’asile » pour les jeunes filles et garçons de 4 à 7 ans. Le but était « l’édification morale » et les activités physiques. Étienne-Alexandre Sorel œuvrait en ce sens pour « notre régénération intellectuelle » et morale, lui qui jugeait immoral le comportement des Archépontains où les naissances d’enfants naturels étaient de 20 % en 1879 quand la moyenne nationale était de 7 à 8 %.

Il mit l’accent sur la vétusté, l’insalubrité et l’exigüité des locaux servant d’école. Étienne-Alexandre Sorel fut nommé à la commission scolaire le 25 mars 1882. Il militait pour un enseignement religieux.

Royaliste, il monta parfois au créneau, notamment le 16 février 1889 où la préfecture demanda au Conseil municipal de fêter le centenaire de 1789. Étienne-Alexandre Sorel se prononça pour mais « seulement pour la convocation des états généraux »… ce qui revient à nier toute la révolution puisque celle-ci commença quelques semaines après ladite convocation… À défaut de la nier, il caricatura la révolution en la réduisant à la violence dans un ouvrage publié en 1919 : intitulé Pont-de-l’Arche pendant la Révolution d’après les registres municipaux 1789-1804. L’auteur voit la Révolution française comme une boite de Pandore d’où tous les maux seraient nés et explique que celle-ci, à l’image de la récente révolution soviétique, serait une lutte de classes entre les ouvriers et les bourgeois…

C’est le 13 avril 1921, sous la présidence d’Anthime Ferrandier, que les élus donnèrent son nom à une voie et pas n’importe laquelle. Il s’agissait d’une des voies bâties par la Société anonyme des habitations bon marché où notre homme fut administrateur délégué.


 

Armand Launay

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:39

Maurice Hervey est né à Paris le 12 novembre 1855 et décédé à Notre-Dame-du-Vaudreuil le 14 novembre 1936). Il était le gendre d’Alexandre Raoul-Duval.

 

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Il créa en 1900 une section départementale de la ligue de la Patrie française, mouvement d’extrême droite.

Il devint conseiller municipal de Notre-Dame du Vaudreuil en 1891 et conseiller général de Pont-de-l’Arche en 1901 sous l’étiquette républicaine modérée. Il perdit ce poste en 1913 face au républicain de gauche, le radical Maurice Delamare. En 1912, il fut élu sénateur et réélu à ce poste en 1921 et en 1929.

Il fut affecté en 1915 à l’état-major du 6e corps d’armée en Champagne car, malgré ses fonctions et son âge, Maurice Hervey s’était porté volontaire pour défendre le drapeau. Il acquit la croix de guerre avant de reprendre sa place au Parlement en 1917.

Sénateur, il siégea dans le groupe de la gauche démocratique, qui était en fait à droite. En 1914, il combattit l’impôt sur le revenu proposé par les radicaux. Il œuvra pour le vote et l’éligibilité des femmes et pour la lutte antialcoolique.

Très actif et influent, il fut élu vice-président du Sénat de 1925 à 1928.

Les élus conservateurs de Pont-de-l’Arche voulurent honorer Maurice Hervey en tant que fondateur et président de la « Société anonyme des habitations à bon marché » qui construisit des maisons ouvrières. Ils donnèrent ainsi son nom à la « rue Neuve du sud » par une délibération du 4 mars 1931.

Cet homme avait aussi été salué par la précédente équipe municipale, celle du radical Maurice Delamare, qui reconnurent « le zèle et le dévouement dont [M. Maurice Hervey] a toujours fait preuve pour le développement de son œuvre au grand profit de la classe laborieuse… ».

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal

Site Internet du Sénat

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...