Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 14:20

Le château de Rouville et ses dépendances se trouvent dans un vaste domaine situé entre le bourg d’Alizay et une zone industrielle en bordure de Seine. Au-delà de l’intérêt des bâtiments subsistants, l’histoire de Rouville est riche en interrogations que ce soit sur le premier château construit en ce lieu ou sur son toponyme. 

Le château de Rouville (1882) vers 1910, un bel édifice à l'architecture classique, son parc à la française et son portail en fer forgé.

Le château de Rouville (1882) vers 1910, un bel édifice à l'architecture classique, son parc à la française et son portail en fer forgé.

Le même château de nos jours, modifié suite à l'incendie de 1949 (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le même château de nos jours, modifié suite à l'incendie de 1949 (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Les textes médiévaux

Dans l’article consacré à Alizay, Luis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme tracent de grandes lignes de la vie de deux familles de propriétaires de Rouville. Les premières références datent du XIVe siècle où le domaine est une propriété de la famille Gougeul. Ce fief permettait à ses propriétaires de revendiquer l’appellation de « seigneur de Rouville ». Les possessions de ce fief étaient importantes et lucratives, notamment grâce aux terres cultivables, aux droits perçus sur l’amarrage des bateaux en face de Pont-de-l’Arche, aux droits sur les passagers du bac des Damps à la Maison rouge... On retrouve un Pierre Gougeul capitaine du château de Pont-de-l’Arche (Limaie) à la fin du XIVe siècle.

 

Des vestiges du XVIIe siècle

Toujours selon Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme, le fief de Rouville changea de mains en 1684 où les héritiers Gougeul furent dépossédés au profit du Président du Parlement de Normandie, Gilles Hallé. Il semble que ces riches propriétaires modifièrent en profondeur le château, remplaçant les parties médiévales par des constructions de style Renaissance. L’inventaire général du patrimoine a constaté en 1974 la présence d’une cheminée de la première moitié du XVIIe siècle, « vestige de l'édifice antérieur ». Autre vestige – plus récent – de cette époque, le beau colombier du domaine daté du XVIIIe siècle.

A partir de la fin du XVIIIe siècle, le château de Rouville a manqué d’entretien. Ainsi, en 1882 un propriétaire fit rénover – pour ne pas dire « remplacer » – le château par les soins de l’architecte rouennais Loisel. Hormis un incendie qui affecta cet édifice en 1949, le château prit son apparence définitive. Les cartes postales du début du XXe siècle montrent un portail d’entrée en fer forgé qui a disparu depuis. Le château de Rouville, son domaine boisé, la ferme et le colombier furent achetés par une vaste papèterie d’abord appelée SICA puis ModoPaper, Mreal et Double A. Depuis 2012, Rouville appartient au Département de l’Eure.

Un des deux colombiers du domaine de Rouville (XVIIIe siècle) Marcel Maillard (1899-1978) le 14 septembre 1952 (Fonds iconographique Philippe Manneville, bibliothèques municipales du Havre : http://lehavre.fr/MMaillard)

Un des deux colombiers du domaine de Rouville (XVIIIe siècle) Marcel Maillard (1899-1978) le 14 septembre 1952 (Fonds iconographique Philippe Manneville, bibliothèques municipales du Havre : http://lehavre.fr/MMaillard)

Le château de Rouville ne doit pas occulter la ferme et ses beaux bâtiments ruraux des XVIIe et XVIIIe siècles (carte postale vers 1910).

Le château de Rouville ne doit pas occulter la ferme et ses beaux bâtiments ruraux des XVIIe et XVIIIe siècles (carte postale vers 1910).

Une origine normande ?

Certains auteurs ont écrit que le nom de Rouville viendrait de Rollon, premier duc de Normandie : « Rollonis villa » (le domaine de Rollon). Cette explication nous laisse sceptique.

Dans La première Normandie (X-XI siècles), Pierre Bauduin, se fondant sur les travaux de Marie Fauroux sur les actes des ducs de Normandie, écrit que « Au confluent de la Seine, de l’Andelle et de l’Eure, la villa du Manoir, avec l’église, l’eau, un bois, des terres arables, figure parmi les donations du comte Raoul à Saint-Ouen-de-Rouen entre 1006 et 1011, avec des biens à Pîtres. » Nous tenons la preuve que la villa du Manoir, jouxtant Rouville, a été possédée par un seigneur nommé Raoul (d’Ivry). Alors, s’il faut trouver une étymologie à Rouville, nous serions plus tentés d’y lire la « villa de Raoul » que la « villa de Rollon » dont il resterait à établir la présence et l’autorité en ce lieu.

Plus avant dans la réflexion, Raoul d’Ivry, demi-frère du duc Richard Ier, est un descendant direct des Normands. Il a été possessionné dans un ancien fisc des rois carolingiens identifié à Pîtres par Lucien Musset (page 23) : « Parmi les fiscs, certains paraissent avoir fait, de toute antiquité, partie du patrimoine du souverain ; ce sont les grands axes de la vallée de la Seine, groupés autour des résidences royales : Arelaunum, en forêt de Brotonne ; Gemmeticum, Jumièges ; Pistae, Pitres ; Veteres Domus qui est sans doute Louviers ; Rotoialum, Le Vaudreuil, ce dernier même remonte peut-être à l’époque gallo-romaine... »

Il semble acquis que ce fisc carolingien est devenu une propriété des nouveaux colons normands. Or c’est aussi dans ce fisc qu’eut lieu le plus grand chantier du règne de Charles le Chauve, le pont dit de Pîtres, barrant la Seine aux incursions Vikings, touchant Paris, Beauvais, Chartres… Ce pont fut construit de 862 à 873 avec un fort protégeant chaque entrée comme l’a écrit Jacques Le Maho.

Une représentation cartographique de ces défenses montre leur omniprésence autour de la Seine mais leur relatif isolement au fond de la vallée. L’idée première des fortifications était de rendre incessible le cours supérieur de la Seine, l’Eure et l’Andelle. Le pont fortifié fut donc bâti au niveau des Damps. Il donna naissance ultérieurement à la ville de Pont-de-l’Arche.

Comme l’a noté Pierre Bauduin, ces fortifications ont dû être renforcées en d’autres lieux. Le chercheur de citer le « Château Robert », à Acquigny : En attendant de considérer cette enceinte comme un élément défensif associé aux fortifications du pont de Pîtres et destiné à couvrir la vallée de l’Eure » et de l’Iton (page 127).

Ainsi bous sommes tentés de placer un premier fort à l’emplacement de Rouville ou à proximité.

En effet, la vallée de la Seine n’avait pas l’aspect qu’elle a acquis dans les années 1930 où elle fut draguée – et donc approfondie – et canalisée. Elle était moins profonde et occupait, par plusieurs bras, un plus large espace au fond de la vallée. En lisant les courbes de niveau des cartes d’état-major de l’IGN (1/25 000e), on retrouve le départ d’un ancien bras de Seine en aval du Manoir ; bras courant vers les fossés de l’ancien château de Rouville puis, indirectement vers les bras encore humides de Freneuse. Il nous semble assez logique que les Francs aient voulu barrer l’ensemble de la vallée de la Seine aux Normands, capables de contourner le pont de Pont-de-l’Arche en tirant leurs navires dans la vaste partie nord de la Seine. Qui plus est, lors des périodes de crue et de forts coefficients de marée, la marée se faisant sentir jusqu’au bas du pertuis de Poses, les Normands devaient être en mesure d'emprunter des bras secondaires de la Seine. Pour renforcer notre propos nous publions une carte du bassin des crues de la Seine – PHEC telle qu’accessible sur le site geoportail.fr. Le château de Rouville se trouve à la limite nord de la zone inondable et donc, peut-être, d'un ancien bras de Seine.

Les courbes de niveau de la carte d'état-major de l'IGN (1/25 000e) montrent le départ d'un ancien bras de Seine au sud ouest du Manoir et vers les fossés en eau du château de Rouville. C'est un indice nous appelant à envisager que la vallée de la Seine a largement changé au cours des siècles.

Les courbes de niveau de la carte d'état-major de l'IGN (1/25 000e) montrent le départ d'un ancien bras de Seine au sud ouest du Manoir et vers les fossés en eau du château de Rouville. C'est un indice nous appelant à envisager que la vallée de la Seine a largement changé au cours des siècles.

La carte du bassin des crues de la Seine – PHEC, accessible sur le site geoportail.fr, montre que Rouville est à la limite des zones inondables. Nous pensons qu'un premier château a été construit en ce lieu ou à proximité pour compléter les défenses de Pont-de-l'Arche barrant la Seine aux Normands.

La carte du bassin des crues de la Seine – PHEC, accessible sur le site geoportail.fr, montre que Rouville est à la limite des zones inondables. Nous pensons qu'un premier château a été construit en ce lieu ou à proximité pour compléter les défenses de Pont-de-l'Arche barrant la Seine aux Normands.

En guise de conclusion

Par conséquent, bien qu’aucun document ne vienne prouver notre thèse, la localisation du château de Rouville, ainsi que son nom, nous font penser qu’il trouve ses origines parmi les défenses franques du IXe siècle.

 

A lire aussi... 

Les grandes dates qui expliquent la naissance de la Normandie et de Pont-de-l'Arche

 

Sources

- Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr : référence IA00017934 ;

- Bauduin Pierre, La première Normandie (Xe-XIe siècles) : sur les frontières de la Haute-Normandie : identité et construction d’une principauté, Presses universitaires de Caen, 2004, 469 pages ;

- Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, « Alizay », pages 96 à 97, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, tome I, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages. Accessible sur ce blog ;

- Le Maho Jacques, « Un grand ouvrage royal du IXe siècle : le pont fortifié dit “de Pîtres” à Pont-de-l’Arche (Eure) » pages 143 à 160, Lalou Elisabeth, Lepeuple Bruno, Roch Jean-Louis, Des châteaux et des sources : Archéologie et histoire dans la Normandie médiévale, Mélanges en l’honneur d’Anne-Marie Flambard Héricher, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2008 ;

- Musset Lucien, « Note pour servir d’introduction à l’histoire foncière de Normandie : les domaines de l’époque franque et les destinées du régime domanial du IXe au XIe siècle, pages 7 à 97, Collectif, Bulletin de la société des antiquaires de Normandie, tome XLIX, années 1942 à 1945, Caen, L. Jouan et R. Bigot, 1946, 622 pages.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:57

Alizay (14)

 

Qui aurait cru que les terrains actuellement occupés par l’usine m-real avaient connu, sous l’Ancien régime, des activités très diverses et  parfois étonnantes pour nous contemporains ?  

Quelques anciens parchemins conservés aux archives de la mairie des Damps nous apprennent l’existence d’un bac entre le village des Damps et la rive droite de la Seine. Mais où se trouvait ce bac ? La réponse est assez simple : l’usine m-real est à peu près située entre le cœur historique des villages d’Alizay et des Damps et, dans cette dernière commune, un bac existait encore dans les années 1930 à peu près à ce niveau (mais uniquement sur l’Eure). Le bac d’origine se trouvait donc entre les deux villages mais aussi dans la lignée du château de Rouville.  

Or, ce bac ne reliait pas Les Damps à une rive droite qui aurait été totalement délaissée par les hommes. D’anciennes chartes[1] nous apprennent que ce bac menait à une hôtellerie, appelée La Maison Rouge , et qui appartenait au seigneur de Rouville. Cette hôtellerie, outre des activités agricoles,  devait principalement accueillir les mariniers et les voyageurs qui empruntaient le cours de la Seine. Effectivement , le passage du pertuis[2] de Poses étant difficile, il nécessitait une journée de travail pour faire passer une embarcation chargée. C’est pourquoi les haltes nocturnes étaient fréquentes avant et après le franchissement de cette difficulté naturelle.  

Enfin, nous ne pouvons évidemment pas passer sous silence des siècles et des siècles d’exploitation agricole. Alors, sans nous attarder sur les cultures les plus élémentaires et les plus courantes, nous parlerons rapidement de l’exploitation du chanvre. Cette plante, servant à la confection de tissus rudimentaires, était cultivée dans cette portion de territoire comme l’atteste encore le nom d’une parcelle de terrain appelée "le port au chanvre". Non seulement ce nom nous apprend la présence de cette culture dans la localité mais il nous renseigne aussi sur une activité portuaire et fluviale sous l’Ancien régime.  

Nous aurons donc vu, malgré la difficulté d’analyser une seule parcelle de la commune d’Alizay, que les activités économiques furent importantes et même variées sur le terrain qu’occupe actuellement m-real. Nous pouvons alors conclure que cette portion de Normandie était industrieuse… avant d’être industrielle…


 

[1] Dictionnaire Historique de toutes les Communes de l’Eure, Charpillon L.E., Caresme A.   

[2] C’est à dire une perte d’altitude de la Seine à cet endroit qui accroît le courant et qui fait tourbillonner les eaux, rendant ainsi hasardeuse la navigation.


Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:30

                        Le camp britannique, allemand et américain d’Alizay de 1939 à 1948.   

 

           camp-d-alizay1

 

Parmi les répercussions de la Seconde Guerre mondiale sur notre région, on peut compter la présence d’un camp militaire à Alizay de 1939 à 1948. Ce camp était située entre la Briquèterie (à la sortie d’Alizay, sur la route de Romilly) et les rives de la Seine (et donc en partie sur les terrains de m real). Il accueillit trois armées différentes… 

Dès septembre 1939, l’armée britannique occupa le site afin d’entreposer du matériel et quelques troupes. Les baraquements étaient bâtis en bois et prenaient encore peu d’espace.

Par la suite, les armées française et anglaise ayant été battues, le camp devint allemand et continua à servir d’entrepôt, principalement pour le bois des forêts locales. Suite à la Libération, ce sont les Américains qui prirent possession du site et qui l’aménagèrent dans des dimensions encore inconnues. C’était un entrepôt pour les matériels et matériaux les plus divers destinés à ravitailler les armées au front. Les baraquements des soldats étant en tôle (cliché ci-contre. M. Darius, tout comme les suivants), ou encore en bois.      

De plus, ce camp servit aussi de prison à près de 4000 soldats allemands (entre la ligne de chemin de fer et la Seine). Ces prisonniers étaient employés pour des tâches les plus diverses à la différence d’une centaine d’ouvriers français qui travaillaient eux dans des domaines qualifiés (et rémunérés !).

 

         camp-d-alizay4

 

De tous temps, le château de Rouville fut investi par ceux qui pensent être l’élite, chez les militaires de tous pays. Ainsi, lorsque le camp était américain, ce sont les soldats " blancs " qui l’occupèrent et qui en exclurent les " Noirs ". Ces derniers habitèrent alors sous des tentes dressés dans les terrains alentours. Même dans le domaine de la fête, la ségrégation persistait : les " Blancs " avaient bâti de grands bâtiments dans l’enceinte du château de Rouville et prenaient parfois, pour l’anecdote, des musiciens parmi les prisonniers allemands.

Quant aux Noirs, exclus, ils organisaient leur propre bal, où le Jazz faisait swinguer les filles et… parfois plus près du plafond que du sol ! Ces festivités, terminant à l'aurore, étaient le point de ralliement de nombreux jeunes de la région qui trouvaient de la nourriture nouvelle, pour des Français (chocolat). La fête dépassant le reste, les jeunes allaient dans les deux bals et les salles étaient toutes pleines de filles que les soldats, évidemment, allaient chercher en camion à Pont-de-l'Arche, Pont-Saint-Pierre…

Enfin, après le départ des Américains, en 1948, certains baraquements furent occupés un temps par des pompiers de Saint-Aubin-lès-Elbeuf afin d’assurer la sécurité de bâtiments contenant des explosifs.

Il ne reste rien aujourd’hui de toutes ces activités, si ce n’est des photographies et des souvenirs bien gravés dans les mémoires de certains habitants de la région.

 

camp-d-alizay2

Les troupes américaines ont fait partie de la vie locale pendant près de quatre années, de 1944 à 1948, comme l’illustre le cliché ci-contre pris à Alizay par un enfant lors d’une cérémonie officielle.  

 


      [1] Article qui servit de base à l’auteur de l’ouvrage du cinquantenaire de m real. 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:31

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. I, p. 96-97.

 

      Alizay (5)

Les piliers de ce portail de la rue de l'Andelle sont d'anciennes colonnes de Notre-Dame de Bonport, démantelée au début du XIXe siècle (cliché Armand Launay, 2011). A noter aussi le très beau manoir à pans de bois situé derrière. 

 

 

ALISAY

 

Ancienne paroisse du dioc., du baill., de la génér. de Rouen. – Du doy. de Perriers. – De la vic. et de l’élec. de Pont-de-l’Arche.

Lieu planté d’alisiers, suivant T. Duplessis, propriété d’Alisius ou d’Aliciacus, suivant d’autres, telle serait l’origine de ce nom.

Une partie d’Alisay était comprise au IXe siècle dans le territoire de Pîtres, un des endroits les plus fameux de notre histoire locale.

Lorsque Rollon voulut remonter la Seine, dans l’intention de piller Paris, sa flotte fut arrêtée à Pont-de-l’Arche par les fortifications que Charles-le-Chauve y avait élevées ; les pirates quittèrent alors leurs vaisseaux et s’établirent sur les bords de la Seine, dans un camp entouré de fossés et de levées de terre, situé à cheval sur les paroisses d’Alisay et d’Igoville, où ils attendirent les Français. Ceux-ci ne tardèrent pas à les attaquer et à pénétrer dans le camp, mais à peine y furent-ils entrés, que les Normands se précipitèrent sur eux et les massacrèrent. Le reste de l’armée française prit la fuite, laissant le cours de la Seine entièrement libre.

La paroisse d’Alisay se trouva comprise dans les domaines que le roi de France abandonna aux Normands par le traité de 911. Elle appartenait vers 1050 à Guillaume, fils d’Osbern de Crépon, comte de Breteuil, et elle passa successivement à Guillaume II, comte de Breteuil ; à son fils naturel, Eustache de Breteuil, gendre de Henri Ier d’Angleterre, qui la lui enleva pour la donner à Guillaume de Guader, en 1119. Amicie de Guader, fille de Guillaume, apporta cette même terre en dot à Robert de Meulan, comte de Leicester ; Amicie de Leicester, leur fille, la fit passer en 1181 dans la famille de Dammartin, par son mariage avec Albéric, comte de ce nom.

Les seigneurs de Dammartin, Albéric II du nom de Renard, possédèrent la seigneurie d’Alisay de 1199 à 1214. Leurs armes étaient : fasce d’azur et d’argent de six pièces.

Après la bataille de Bouvines, Philippe-Auguste confisqua la terre d’Alisay, mais Louis VIII la rendit à Mathilde de Dammartin, fille de Renaud, qui avait épousé Philippe-Hurepel, fils naturel de Philippe-Auguste.

Robert de Dreux, qui portait : échiqueté d’or et d’azur à la bordure de gueules, posséda la seigneurie d’Alisay de 1231 à 1236. À sa mort, elle revint à Mathilde de Dammartin, en 1241. Cette dame se retira dans son château d’Alisay ou de Rouville, où, Eudes Rigaud vint la visiter le 9 mars 1252 ; pour donner à l’archevêque un témoignage de sa bienveillance, elle lui abandonna pour lui et ses successeurs, le 12 novembre 1258, le patronage de l’église d’Alisay, et mourut en 1259, laissant son plein héritage à des collatéraux.

 

En 1324, Jean Gougeul possédait le fief de Rouville, auquel celui d’Alisay avait été réuni ; il le laissa en 1350 à son fils Jean, qui épousa Jeanne de Villaines, fille de Pierre, sénéchal de Toulouse ; il fut fait prisonnier à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364. Il eut pour successeur à Rouville, Pierre Gougeul, chevalier, conseiller, chambellan et maître d’hôtel du roi, qui rendit aveu de Rouville, sans faire mention de celui d’Alisay, le 7 novembre 1374.

Pierre Gougeul acheta en 1398 le fief de la Boche, situé sur Alisay, que l’on appelait aussi " le fief du roi ", parce qu’il était situé près du château royal de Pont-de-l’Arche. Ce seigneur combla de ses bienfaits l’abbaye de Bonport, donna une rente de 25 sous tournois au prieuré des Deux-Amants, fonda deux chapelles en l’honneur de saint Pierre et de saint Antoine, dans la paroisse d’Alisay, et après avoir été capitaine de Pont-de-l’Arche, lieutenant des maréchaux de France en Normandie, commis pour recevoir la monstre de 300 lances destinées à la défense de Cherbourg. En 1380, il fut tué à la bataille d’Azincourt, laissant pour héritiers, Regnier et Pierre de Rouville, ses enfants.

L’aîné, Regnier, survécut peu de temps à son père, son frère lui succéda en 1416 ; la même année il rendit hommage au roi du fief de Rouville (Alisay), du fief du roi et de divers autres.

Pierre de Rouville défendit en 1418 Pont-de-l’Arche contre Henri V, roi d’Angleterre, et lorsque la ville fut forcée de se rendre, il obtint un sauf-conduit, mais ses biens furent confisqués et donnés à un chevalier anglais, nommé Jean Sulton, à la charge de la redevance d’un fer de lance à la saint Jean de chaque année ? Quelques temps après, Pierre de Rouville, rentra en grâce auprès du monarque anglais, qui lui rendit ses biens, en s’en réservant la haute justice. Ce seigneur servit loyalement son nouveau maître, ce qui ne l’empêcha pas de conserver ses fief après la réduction de la Normandie par Charles VII. Il avait épousé Aldonce de Braquemont, fille de Robert, amiral de France, dont il eut trois fils.

L’aîné Jacques Gougeul de Rouville, qui devint chanoine de Rouen, lui succéda en 1459 ; il mourut en 1491, laissant les terres de Rouville et de la Boche à son neveu, Louis de Rouville, qui les conserva jusqu’à sa mort, arrivée en 1527.

Les différents seigneurs de ce nom qui ont été ensuite propriétaires des terres d’Alisay et de la Boche, depuis 1491 à 1684, sont : François de Rouville, de 1527 à 1549 ; Jean de Rouville, de 1549 à 1589 ; Jacques de Rouville, de 1589 à 1628, et François de Rouville, de 1628 à 1684. Ce dernier rendit aveu au roi, en 1633, des fiefs de Rouville, de la Bosse (Boche) et de Grainville-la-Teinturière.

La seigneurie de Rouville fut pendant quelques temps érigée en comté en faveur de François de Rouville, le 21 février 1664 ; mais cette érection n’eut pas de suite, les créanciers du nouveau comte firent vendre ses biens, et les terres de Rouville et de la Bosse furent adjugées à Gilles Hallé, président à mortier au parlement de Rouen, le 11 septembre 1684.

Les armes de Rouville étaient : d’azur semé de billettes d’or à deux goujeons adossés de même.

Les seigneurs du nom de Hallé qui ont possédé les fiefs de Rouville et de la Bosse, sont :

De 1684 à 1692, Gilles Hallé dont nous avons parlé.

De 1682 à 1758, Jehan-Gilles Hallé, fils du précédent, qui fut aussi président à mortier. Ce seigneur payait une rente de 150 l. à une sœur de la Providence, chargée de tenir l’école des filles ; l’école de garçons était dirigée par le vicaire de la paroisse, c’est lui qui fit construire le portail de l’église.

De 1758 à 1775, Gilles-Louis Hallé, comte de Rouville, fils du précédent. Il fut comme son père, président à mortier. Il eut de nombreuses difficultés avec le curé de la paroisse ; l’archevêque y mit fin par une lettre du 19 décembre 1767. Louis XV voulant récompenser le président Gilles-Louis Hallé des services rendus à la royauté par ses ancêtres et par lui, érigea en sa faveur les terres de Rouville en comté.

De 1779 à 1780, Gilles-Charles-Marie Hallé, fils du précédent, qui ne survécut à son père que dix-huit mois.

De 1780 à 1790, Louis-Guillaume Hallé, frère du précédent, qui vendit à madame Marie-Madeleine Frault, veuve de messire de Berroyer, les fiefs de Rouville et de la Bosse, avec leurs dépendances, moyennant 527,000 livres.

Les armes de cette famille étaient : d’azur à fasce d’argent, chargée de 2 étoiles de sable et accompagnée de 3 étoiles, 2 en chef et 1 en pointe.

Les héritiers de la dame de Berroyer vendirent le château et les terres de Rouville à M. Philippe Bizet, le 1er messidor, an VIII ; ils passèrent ensuite, par succession, à Mme de la Poterie. Les autres propriétés achetées par madame de Berroyer furent vendues à M. Legris, dont les héritiers les possèdent encore.

Rouville était un plein fief de haubert auquel celui d’Alisay avait été réuni dès le XIVe siècle, avec droit de haute, moyenne et basse justice. L’ancien château est aujourd’hui en ruine.

L’église, dédiée à Saint-Germain, remonte avant 856. Les chefs français y reçurent la communion le matin de leur rencontre avec les Normands. L’archevêque de Rouen en avait la présentation. Le seigneur du lieu présentait aux chapelles de Saint-Antoine et de Saint-Pierre, qui se trouvaient sur le territoire d’Alisay.

 

ALISAY, canton de Pont-de-l’Arche, sur la Seine, à 66 m. d’alt. – Surf. terr., 862 hect. – Sol d’alluvions contemporaines. – R. dép. n° 12. – Chem. d’int. com., n° 58. – 550 hab. – 4 contrib., 6,980 fr. en ppal. – Rec. ord. du budg., 2,689 fr. – Rev. com., 48 fr. – 5 perm. de chasse. – Paroiss. succ. – * et Percep. et Rec. des cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – 9 débit. de boiss. – École mix. dirigée par une sœur. – Maison d’école. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. , 34 ; d’arr., 14 ; de cant., 3. – 75 hect. de terrains incultes.

 

Dépendances : Rouville, La Maison-Rouge, Le Solitaire.

Agriculture : céréales, légumes, 1,200 arbres à cidre.

Patentés : 20. 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:47

photo-2

Cette photographie présente deux fusains d’Edmond Spalikowski extraits de Documents et paysages, exemplaire unique non daté de 46 pages. Il semble dater de l’après-guerre. Le dessin d’en-bas représente le clocher d’Alizay. Documents et paysages est consultable à la bibliothèque municipale du Havre (cote MS 735).

 

Je termine par cette pensée que l’auteur étaie dans sa préface… tant elle est juste :

« On ne recueille jamais trop de documents et l’on se repent toujours d’avoir négligé ceux qui paraissent de moindre importance. De même qu’en bibliographie, il n’y a point trop de papiers inutiles, il n’y a point de plus modeste croquis qui ne puisse servir un jour.

 

 

A lire aussi...

Pont-de-l'Arche d'autrefois et d'aujourd'hui, d'Edmond Spalikowski

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
Published by Armand Launay - dans Alizay Publications
commenter cet article
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 13:43

Doinel A., Notice historique sur Alizay, Paris : Le livre d’histoire-Lorisse, 2004, 72 p.

 

Cet ouvrage date de 1880. M. Doinel était l’instituteur laïque de la commune. Il a mentionné les sobriquets attribués aux habitants de certains villages sans préciser, toutefois, si ces surnoms étaient utilisés systématiquement et par qui ? N’étaient-ils connus que des gens d’Alizay ? Que signifient-ils tous ? 

 

Les carnages de Pont-de-l'Arche

Les sorciers d’Alizay

Les carcasses d’Igoville

Les Manants du Manoir

Les capons souffleurs de Pîtres

Les cornus de Montaure

Les Brûleurs d’ânes de Criquebeuf

Les sacrés de Poses

Les pédants de Notre-Dame

Les Roussiers de Saint-Cyr

Les Mâchoires des Damps

Les marras de Martot

Les Fioux de Léry

Les malins de Connelles

Les carottiers de Porte-Joie

Les hiboux de Tostes

Les brouettiers d’Herqueville

Les mangeurs de soupe de Louviers

Les danseurs des Andelys

Les Culs terreux du Neubourg

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

Le mâqueu d' soupe (statuette de Notre-Dame de Louviers)

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:36

 

Alizay (IGN, fouilles)

 

Les constructions immobilières étant très nombreuses, le BTP a besoin de sable. Ainsi la vallée de la Seine est un terrain propice aux carrières. L’une d’elles, située à Alizay et Igoville, ouvrira pour le compte de la Compagnie des sablières de la Seine (Lafarge-Cemex). Avant cela, conformément à la loi du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive, ce sont 22 hectares de terrains qui ont bénéficié d’un diagnostic réalisé par l’INRAP entre 2007 et 2009.  

 

Celui-ci a révélé un fort potentiel et notamment

 

- de nombreux silex taillés de la fin de la dernière glaciation ; 

- un vase de la Hoguette à 1,80 m de profondeur, (5370-5222 avant notre ère) ; 

- un pic en bois de cerf et divers restes animaux à 2,6 m de profondeur (mésolithique, 7606-7578 avant notre ère) ;

- des structures d’habitat et un foyer du néolithique ; 

- des traces de l’âge du bronze ; 

- une tombe médiévale… 


L’enjeu est donc de taille. Les archéologues ont devant eux un très vaste espace qui recèle des objets bien conservés dans les anciens sédiments de Seine. Depuis février, ils peuvent étudier exhaustivement les modes d’occupation des sols depuis la fin du paléolithique (11 000 avant notre ère).

 

Le chantier d’Alizay-Igoville doit devenir une référence régionale en matière de caractérisation des différents types d'habitats qui se sont succédé au fil des siècles et de l’adaptation des hommes aux changements climatiques. Il offre aussi une belle opportunité aux spécialistes d’étudier l’évolution du mobilier et donc le processus de néolithisation, c’est-à-dire le passage progressif des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs du paléolithique et du mésolithique à l’élevage et la culture qui caractérisent le néolithique et la sédentarisation.

Archeologie-Alizay

Pour mener à bien ces recherches, pas moins d’une trentaine de spécialistes vont travailler pendant près de 14 mois. L’étude du site est placée sous la responsabilité de Cyril Marcigny et Bruno Aubry. L’analyse chronologique nécessite l’intervention de spécialistes des différentes périodes (paléolithique supérieur, moyen, inférieur, mésolithique et processus de néolithisation, néolithique ancien, moyen et final, bronze ancien, final, 1er âge du fer, périodes historiques.


Pour analyser le site le plus précisément possible, d’autres spécialistes interviendront tels que palynologue (pollen), géomorphologue (reliefs et leur évolution), entomologiste (insectes), archéozoologue (relations hommes-animaux), malacologue (mollusques), carpologue (graines), anthracologue (hommes et forêt). 


Toutes ces travaux sont intimement liées à un important travail de topographie. Un Système d’information géographique (SIG) est nécessaire pour restituer les couches stratigraphiques et modéliser les différents sols, reconstituer leur évolution (chronométrie) et établir des référentiels typochronologiques (des documents montrant des modèles d’occupation de l’espace par l’Homme selon les époques).


Avec plusieurs milliers d'objets déjà récoltés, l’étude est prometteuse. Le public intéressé a hâte de voir les premiers résultats de ces fouilles. Les archéologues ont pensé aux amateurs d’archéologie et aux habitants de la région et vont présenter les plus belles découvertes dans quelques semaines. L’information sera donnée en temps et en heure. 


Sources

- Résultats des diagnostics et protocole de fouille, Bruno Aubry et Cyril Marcigny, février 2011 ; 

- Site de la commune d’Alizay.

 

 

Salut Ghislaine;-)

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

Bando 13x9 (1)

Repost 0

  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Vos commentaires et messages sont aussi les bienvenus ! Pour utiliser mes travaux, contactez-moi;-)
  • Contact

Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...