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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 15:02
Hormis durant des travaux ponctuels, allons-nous voir disparaitre, dans les prochaines années, ce type de panneaux délimitant Les Damps et Pont-de-l’Arche ? (cliché Armand Launay, juillet 2015).

Hormis durant des travaux ponctuels, allons-nous voir disparaitre, dans les prochaines années, ce type de panneaux délimitant Les Damps et Pont-de-l’Arche ? (cliché Armand Launay, juillet 2015).

 

Depuis mai 2013, le maire socialiste de Pont-de-l’Arche, Richard Jacquet, a officialisé un projet qu’il murit depuis son premier mandat, donc, où je comptais dans son équipe élue : fusionner administrativement les communes de Pont-de-l’Arche et des Damps. Il vise ainsi une plus grande efficacité du service public grâce à une mutualisation des moyens et un champ d’action plus cohérent : l’agglomération qui compte près de 5 800 habitants et non deux communes côte à côte avec des projets parfois discordants ou redondants.

Ce débat n’est pas nouveau et nous prenons plaisir à rappeler un chapitre de notre livre publié grâce à la mairie des Damps et son maire UDI, René Dufour : L’Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l’Arche (2007, éditions Charles-Corlet) : “La fusion des communes de Pont-de-l’Arche et des Damps… 4 projets en deux siècles !” Ajoutons un chapitre sur ce blog pour immortaliser ce cinquième projet qui sera peut-être, à moyen terme, le bon ?

Pont-de-l'Arche et Les Damps, ici sur Google maps (capture d'écran, octobre 2015), deux communes qui forment une même agglomération de 5 800 personnes. La question de la fusion entre les communes, à défaut de faire l'unanimité, mérite d'être étudiée.

Pont-de-l'Arche et Les Damps, ici sur Google maps (capture d'écran, octobre 2015), deux communes qui forment une même agglomération de 5 800 personnes. La question de la fusion entre les communes, à défaut de faire l'unanimité, mérite d'être étudiée.

Depuis 862… Pont-de-l’Arche s’est construit sur le territoire des Damps

Le projet de fusion des communes fait penser, de prime abord, à une volonté d’annexion de la petite commune par la grande. Le petit Poucet dampsois et l’ogre archépontain. Pourtant, Les Damps semble être l’agglomération d’origine. Au IXe siècle, quand le roi Charles le Chauve fit construire un pont fortifié pour barrer la Seine aux Vikings, la rive droite était appelée Pîtres et la rive gauche Asdans (qui deviendra “Les Damps”). Le hameau de Saint-Martin, appelé aujourd’hui Plaine de Bonport (commune de Criquebeuf-sur-Seine) était appelé Maresdans (la mare des Damps). Autour du fort protégeant l’entrée du pont, une ville s’est développée : Pont-de-l’Arche, c’est-à-dire le “pont de la forteresse”.

Les archives nous montrent que Les Damps était une paroisse organisée autour de son église Saint-Pierre, à l’endroit où l’on voit de nos jours la chapelle.

 

Les Damps se trouve depuis dans l’ombre de la ville...

Mais Pont-de-l’Arche, place militaire de fondation royale, a beaucoup grandi grâce à son rôle de police intérieure, au siège des administrations royales, et à son rayonnement marchand avec son marché, sa halle, ses artisans… Les Damps est devenu une petite paroisse qui a même été rattachée à celle de Saint-Vigor de Pont-de-l’Arche dans les années 1780. Les paroisses étaient les ancêtres autant que les embryons de nos communes. Les Damps a donc été annexé pendant des années et les Dampsois présentèrent donc leurs avis dans le cahier de doléances de Pont-de-l’Arche en 1789.

 

1790 : Les Damps devient une commune autonome… défendant ses droits !

Les Damps est doté en 1790 d’une entité administrative à la Révolution et possède, de ce fait, un Conseil municipal. Celui-ci doit se battre contre les prétentions de la commune de Pont-de-l’Arche surtout autour de l’ancienne église Saint-Pierre. Celle-ci était la propriété de la paroisse de Pont-de-l’Arche. Avec la Révolution, elle devint un bien de l’État avant d’être restituée à l’Église par Napoléon Bonaparte en 1801 (Concordat) et donc à la paroisse de Pont-de-l’Arche. Un problème administratif de taille se posa : l’église Saint-Pierre étant fermée par la paroisse de Pont-de-l’Arche, où pouvait-on enterrer les morts dampsois ? Un arrêté préfectoral datant de 1803 ferma le cimetière des Damps car l’église était abandonnée. La paroisse de Pont-de-l’Arche démolit l’église des Damps et son cimetière pour financer la construction d’un presbytère... à Pont-de-l’Arche. Déshabiller Pierre pour habiller Paul... Le litige entre la commune et la paroisse d’à-côté s’éternisait. En 1837, le préfet enjoignit la paroisse de Pont-de-l’Arche de laisser le cimetière à la commune des Damps ou d’éclairer cette affaire en justice. La paroisse de Pont-de-l’Arche se tourna vers ses amis élus...

Voici le début d’un texte présenté en 1850 par les élus dampsois contre la demande réunion des Damps à Pont-de-l’Arche. Le titre virulent et la forme dactylographiée ‒ rare en ce temps dans les archives communales ‒ montrent la détermination des Dampsois à se faire entendre par la préfecture. Archives de l’Eure (2F art. 2512).

Voici le début d’un texte présenté en 1850 par les élus dampsois contre la demande réunion des Damps à Pont-de-l’Arche. Le titre virulent et la forme dactylographiée ‒ rare en ce temps dans les archives communales ‒ montrent la détermination des Dampsois à se faire entendre par la préfecture. Archives de l’Eure (2F art. 2512).

1838 et 1848 : Pont-de-l’Arche passa à l’attaque !

Pressés par les dirigeants de la paroisse, le conseil municipal de Pont-de-l’Arche, souvent les mêmes personnes, présenta en 1838 à la préfecture une demande de fusion entre les deux communes. Les élus Dampsois obtinrent gain de cause et en 1841 le préfet déclara irrecevable la demande du maire archépontain. Le litige sur le cimetière continua. En 1848, le maire de Pont-de-l’Arche, Jean-Baptiste Olivier [des Bordeaux] décida d’agrandir le cimetière communal et demanda au conseil municipal des Damps de participer à la dépense. Ce dernier trouva la demande déplacée car le cimetière communal était inutilisable à cause de la paroisse archépontaine. En 1848, des Dampsois frappèrent un employé de la paroisse de Pont-de-l’Arche qui démolissait le mur du cimetière. Le conseil municipal des Damps entreprit de rouvrir son cimetière, ce qui déplut au maire de Pont-de-l’Arche qui arrêta que l’on n’enterrerait plus de Dampsois dans sa commune ! C’est le sous-préfet de Louviers qui résolut le conflit en proposant qu’on enterre les Dampsois à Pont-de-l’Arche jusqu’à l'ouverture du nouveau cimetière des Damps et que l’on trouve un terrain d’entente sur la participation des Damps aux frais d’utilisation du cimetière de Pont-de-l’Arche. Pour tenter d’anéantir la résistance des élus dampsois, le conseil municipal de Pont-de-l’Arche déposa en préfecture une demande de fusion entre sa commune et celle des Damps en 1848. Ceci devait être un chantage : Pont-de-l’Arche retirerait sa demande de fusion contre la cession du cimetière. Les élus Dampsois eurent gain de cause, rouvrirent le cimetière et, grâce au don des fidèles, la chapelle Saint-Pierre fut érigée et ouvrit ses portes en 1856.

 

1942 et 1972 : le Département proposa la fusion

Le Département proposa, dans le cadre de plans de regroupement de communes, la fusion entre Les Damps et Pont-de-l’Arche. Les Damps ne fut pas concerné contrairement à de nombreuses petites communes n’atteignant pas quelques dizaines d’habitants à cause du dépeuplement rural. Ce mouvement n'était pas nouveau : on passa, dans l’Eure, de près de 800 communes en 1850 à 650 de nos jours. Le conseil municipal du 30 octobre 1972 répondit en ces termes : “Le conseil, après avoir pris connaissance du plan départemental de regroupement des communes et du projet établi par la commission d’élus, projet qui prévoit la fusion des deux communes de Pont-de-l’Arche et des Damps, se faisant l’interprète de la population, hostile dans sa grande majorité ; tient à marquer – par un vote unanime – son opposition à ce projet de fusion”. Ces projets de simplification administrative restèrent sans conséquences pour notre commune.

 

L’intercommunalité, une sorte de fusion qui a fait peur en son temps...

La loi Joxe du 6 février 1992 a relancé la question de la fusion en incitant les collectivités locales à se regrouper en Communautés de communes. La fusion se limite, dans ce cadre, à la mise en commun de moyens humains et financiers pour mieux étudier les besoins d’un territoire et faire des économies d’échelle. Il s’agit de mettre en commun certaines compétences administratives. Concernant nos communes, l’embryon de la Communauté d’agglomération Seine-Eure (CASE) émerge à partir de 1993 (le “PACT urbain”) autour de Louviers, Val-de-Reuil et Pont-de-l’Arche, dont le maire était alors la socialiste Paulette Lecureux.

Mais ce type de projet suscite bien des craintes parmi la population et donc parmi les élus. La majeure partie des maires du canton de Pont-de-l’Arche craint que la CASE n’éteigne la voix des petites communes et que celles-ci paient les projets et les dettes des grandes communes. Ils fondent alors en 1996 la Communauté de communes Seine Bord (CCSB). La CASE quant à elle prend sa forme actuelle en 2001 et Paulette Lecureux parvint à y faire entrer Pont-de-l’Arche malgré une mobilisation de citoyens hostiles à ce projet. Si l’histoire a donné raison à Paulette Lecureux le 1er janvier 2013 où Seine Eure et Seine Bord ont fusionné, cette élue a peiné à expliquer le bienfondé de sa démarche et l'a payé par une défaite électorale en 2001.  

 

Mais… Les Damps et Pont-de-l’Arche sont déjà réunis !?

Aujourd’hui l’intercommunalité suscite une question : à quoi bon fusionner nos communes si elles font déjà partie de la même intercommunalité et que nos maires sont tous deux Vice-présidents de cette agglomération ?

D’une part, la majeure partie des compétences restent municipales. De plus, la naissance des intercommunalités ne s’est pas traduite par le transfert du personnel des communes aux nouvelles intercommunalités. Il est dommage de ne pas alléger les dépenses de fonctionnement par des commandes plus vastes, permettant des économies d’échelle. Il est dommage de ne pas additionner les compétences des fonctionnaires qui gagnent en spécialisation et en formation professionnelle dans des structures plus grandes. Pensons aux services centraux (finances, ressources humaines, accueil…), aux espaces verts et aux services techniques, aux accueils de loisirs... Il est dommage qu’une commune comme Les Damps ne s’adjoigne pas les services communication, parentalité, espace jeunes, animation, social et accompagnement, la police municipale d’une commune de taille moyenne comme Pont-de-l’Arche.

 

On ne pourra pas reprocher à Richard Jacquet d’œuvrer pour son intérêt électoral. En effet, étant donné le poids du vote de droite aux élections municipales des Damps, il donnerait à son opposition de droite, dans le cadre d’une fusion, une base électorale qu’elle a perdu depuis la fin des années 1970.

Quoi qu’il en soit, le conseil municipal des Damps du 19 octobre 2015 a précisé qu’il n’avait pas été élu en 2014 sur les bases, mêmes hypothétiques, d’une fusion avec Pont-de-l’Arche. À ce titre, il reporte un tel projet aux élections de 2020 si les candidats et les électeurs jugent pertinent ce débat et ce choix. Il ne ferme pas les discussions projetant, éventuellement, la mutualisation de services qui, elle, a le mérite de pouvoir se faire même sans fusionner les communes. Ce serait un test progressif pour évaluer l’opportunité humaines et financière d’une fusion…

Il sera difficile de convaincre les Dampsois, d’une part, que la ville de Pont-de-l’Arche leur fera gagner des services supplémentaires et, d’autre part, qu’ils ne verront pas leurs impôts locaux s’alourdir.  

Passées, peut-être, ces difficultés… et après un référendum, qui sait (?), on parlera dans les documents administratifs de la commune de Pont-de-l’Arche Les Damps et, dans les conversations, dans les cœurs, on restera toujours Archépontain et Dampsois. Prenons exemple sur Autheuil et Authouillet, villages qui ont fusionné en 1971 dans la commune d’Autheuil-Authouillet… et qui n’en restent pas moins des villages à part entière.

 

Conclusion

Après les projets honteux de 1838 et 1848, les projets froidement administratifs de 1942 et 1972, la proposition de Richard Jacquet constitue la première demande de fusion des deux communes autour d’un projet d’intérêt commun, d’un contenu à élaborer de part et d’autre de la rude frontière du chemin de la Borde et de la rue du Val. Aux élus archépontains de convaincre, aux élus Dampsois de décider.  

Depuis 1838, le camp gaulois des Damps résiste farouchement aux positions de Pont-de-l'Arche, récemment renforcées par César Jacquet (avé Richard, ceux qui sont exilés te saluent !). Il leur faudra parlementer pour peut-être construire le domaine des dieux là où l'Eure et la Seine se rejoignent pour la première fois...

Depuis 1838, le camp gaulois des Damps résiste farouchement aux positions de Pont-de-l'Arche, récemment renforcées par César Jacquet (avé Richard, ceux qui sont exilés te saluent !). Il leur faudra parlementer pour peut-être construire le domaine des dieux là où l'Eure et la Seine se rejoignent pour la première fois...

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 18:51

Paulette Lecureux est née en 1941 à Rouen. Elle arrive à Pont-de-l’Arche en 1964 en tant qu’enseignante en maternelle puis en élémentaire. A l’écoute des problèmes subis par certains de ses élèves et leurs familles, elle s’engage en 1977 dans l’équipe de Roger Leroux où se côtoient communistes, socialistes et divers gauche comme elle. Elle devient adjointe aux Affaires sociales, adhère au PCF et s’en éloigne au bout de deux ans. Elle rejoint le parti socialiste au cours de son deuxième mandat (1983-1989). En 1989, elle est élue maire face à Roger Leroux et sa liste à majorité communiste.

Après avoir été 12 années adjointe au maire, elle devient maire pendant 12 ans avant de redevenir adjointe pendant 6 ans au côté de Richard Jacquet (2008-2014). Elle totalise 30 ans de mandat et d’investissement salués déjà le 23 octobre 1998 par Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand, qui lui a remis les insignes de l’Ordre national du mérite. Dans son discours, il a souligné que « l’école a été pour toi un grand pas vers l’engagement public. En 1977, tu franchis le pas. Ce besoin d’aider les autres et de t’investir restera présent. En 1989, tu deviens maire : te voilà en première ligne, au front en quelque sorte. Durant toutes ces années, ton ambition s’exprime par ton souci de valoriser ta ville, de développer le tourisme, de confirmer son identité de cité historique. Tu ne changes pas, tu restes chaleureuse, volontaire, passionnée, entière, tenace, éprise de justice et profondément intègre. » 

 

Adjointe de 1977 à 1989

Elue adjointe aux Affaires sociales, Paulette Lecureux définit en 1978 les missions du Centre municipal d'action sociale (CMAS) qu’elle préside. Si elle a redéfini les priorités d’actions depuis, notamment en faveur de l’emploi, les missions actuelles (2013) du CCAS se fondent toujours sur ce travail. Paulette Lecureux est une élue très investie et ce malgré 6 années d’aller-retour professionnels vers Paris. En 1986, elle obtient notamment la construction du gymnase du collège en tant que présidente du syndicat intercommunal. Forte de sa notoriété et de son relationnel, Paulette Lecureux présente une liste en 1989 face à Roger Leroux et l’emporte. Son groupe compte 13 élus face à 10 élus d’opposition. Malgré sa virulence, cette opposition a été balayée aux municipales de 1995 et ce n’est qu’en 2001, face à une alliance hétéroclite allant du PCF à la droite, qu’elle est battue par Dominique Jachimiak.

 

Paulette-Lecureux-1989.JPG

Paulette Lecureux posant dans le bureau du maire pour l'éditorial de Pont-de-l'Arche ma ville (1989).

 

Maire de 1989 à 2001

Les deux mandats de Paulette Lecureux sont riches en réalisations qui visent à améliorer le cadre de vie des habitants et à garantir la mixité sociale et ce en baissant l’imposition.

 

Services publics municipaux

De nouveaux services sont créés et les biens communaux sont entretenus et améliorés. Les activités du Centre de loisirs (géré par le CAEJ) passent de 15 000 journées enfants en 1995 à 24 000 en 2000. L'accueil est étendu à toute l’année. Le terrain de camping est acheté (1990) et entièrement rénové (2000). La police municipale est créée à la place du garde champêtre (1994) et établie dans des locaux acquis pour elle (1995) au n° 4 de la place Aristide-Briand (revendus en 2010 par l'équipe de Richard Jacquet). Paulette Lecureux fait acheter (1997) et aménager (2000) des ateliers techniques municipaux, ceux du chemin de la Vallée étant devenus inadaptés. Elle fait agrandir la gendarmerie (1994). Elle et son équipe ouvrent aussi la Caverne des jeunes, un espace destiné aux 13-17 ans. Ce local est aménagé (1991) dans le Centre de loisirs.

 

Petite enfance

La petite enfance est nettement accompagnée et développée durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Outre l'éveil des enfants, c'est l'égalité homme-femme devant le travail qui est visée. Une maison située au n° 12 de la place du Souvenir est achetée (1994). Y sont installés provisoirement la crèche associative Bidibul (créée en mai 1994) et le Relai des assistantes maternelles (RAM). Paulette Lecureux fait acquérir (1996) et aménager le « Manoir de Manon » afin d’y accueillir (1998) ces deux précédents services. Une maison sise au n° 21 de la rue Julien-Blin est acheté (1996) dans l’objectif d’ouvrir le bailliage sur la ville et d’aménager un jardin. Ce lieu accueille aujourd'hui le Relai des assistantes maternelles. 

 

Ecoles

L'équipe de Paulette Lecureux fait évoluer les infrastructures et les services scolaires afin de faire face à l'évolution démographique. Un service de transports scolaires est mis en place (1989). Une salle d’activité est créée au groupe scolaire Maxime-Marchand (1994). La restauration scolaire est privatisée (1998) et la 6e classe de l'école maternelle Les Lutins est inaugurée (1997). Des travaux d’agrandissement du groupe scolaire Maxime-Marchand sont lancés.  

 

Social

Si cette compétence est dévolue au département, la municipalité de Paulette Lecureux a entrepris d'importants projets qui ont nécessité des équipements nouveaux. Les locaux de l’actuel centre médicosocial (géré par le Conseil général) sont achetés (1989) afin d'accueillir le public dans de meilleures conditions (le centre étant auparavant dans un appartement des Lupins). L’hôtel de Normandie est acheté (1996) pour en faire une résidence d’urgence (1999), l’actuel Foyer de jeunes travailleurs. Le contrat de ville est signé avec la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) le 22 décembre 2000 afin de favoriser les loisirs et la médiation auprès des jeunes.

 

Urbanisme

L'idée de redonner une identité à la ville et d'améliorer le cadre de vie de ses habitants se mesure aux nombreux projets urbains lancés et réalisés durant les deux mandats de Paulette Lecureux. Le parking de la salle des fêtes est aménagé (1993). La rue Abbé-de-Lanterie est élargie (2000). Le premier columbarium du cimetière est posé (1996). Une rénovation lourde du centre-ville est entreprise (place Maréchal-Leclerc, place Hyacinthe-Langlois, rue Président-Roosevelt, Julien-Blin, Alphonse-Samain). Elle est conduite par le cabinet Arc en terre (Denis Comont) (1996- 1997). Cette rénovation a pour objectif de valoriser le caractère historique du centre-ville et de le restituer aux piétons. L’Espace Jacques-Henri-Lartigue est créé. Il a commencé par le rachat de l’usine Jeanbin (1989), rasée et remplacée par un parking (1991) en attendant le début des travaux (1995). Ceux-ci ont démarré par les logements HLM, suivis par la création de cases commerciales et de services (médecins, la poste) le long de la rue Jean-Prieur. Cette résidence a été pensée par l’architecte Thomas Noviczky et a été inaugurée en 2002. Les berges de l’Eure sont aménagées en deux temps (1990 et 1993) et aboutissent sur la création du chemin Claude-Boubet (1993). La piscine communale, créée en 1967 par Roland Levillain, est rasée car elle ne répond plus aux normes de sécurité (1996). Il est projeté de faire construire une nouvelle piscine dans le cadre de l’intercommunalité. La rénovation de la place du Souvenir (2000), du rempart au Monument aux morts, est rendue possible par le rachat (1992) du local Meubles-Jacques. Le Chemin du Becquet est aménagé (1990) jusqu’au Clos de Bonport pour desservir les nouveaux quartiers.

  

HLM

Le mandat de Paulette Lecureux est caractérisé par la création de logements HLM dans la mesure des espaces disponibles et dans un souci de préserver la mixité sociale. Ainsi ont été créés l’Espace Jacques-Henri-Lartigue (1997) (voir ci-dessus), la résidence du Becquet (1991) et projetée la réhabilitation complète de l’Anneau des Rosiers (2000) réalisée en 2004.

 

Accession à la propriété

Des projets privés ont vu le jour notamment grâce à l’ouverture de l’échangeur de Criquebeuf (1996) : l’Oiseau blanc (1998) et les dernières tranches de La Pommeraie dont les rues Louise-Michel, Joseph-de-Gay-Lussac et Antoine-Laurent-de-Lavoisier.

 

Patrimoine historique

Paulette Lecureux a souhaité agir en faveur de l’identité de la ville. Le patrimoine historique n’a pas été oublié que ce soit son entretien ou sa promotion : première plaquette touristique (1989), restauration de l’orgue qui retrouve sa voix (1995) et de diverses parties de l’église Notre-Dame-des-arts, achat du bailliage (1998), rénovation du calvaire de la Procession (1992), rénovation du mur du cimetière et de son calvaire (1998).

 

Animations et sports

La période 1989-2001 connait une vie culturelle, associative et commerciale active. La mairie prend cependant une part de plus en plus importante et organise, notamment, une exposition sur Jacques-Henri Lartigue avec publication d’un livret (1994), une exposition sur Octave Mirbeau. Le Foyer du Beauregard, salle associative, est inauguré (1993) et l’Office municipal des sports organise son premier forum (1997). L’Agorespace de la résidence Louis-Aragon est créé (1993). Les terrains du futur parc ludique sont achetés (1993). Il est un temps prévu d’y construire un gymnase avant de le prévoir (2000) le long de la rue Nungesser-et-Coli. Il sera réalisé par l’équipe suivante (2003).

 

Fiscalité

Les mandats de Paulette Lecureux, dont l’adjoint aux finances est Gérard Molle, sont caractérisés par une baisse régulière de la taxe d’habitation (de 15,92 % à 11,4 %) et du foncier bâti (de 34,5 % à 21,9 %). L’endettement a légèrement baissé durant ses deux mandats. En 1997, l’abattement général à la base (15 %) concernant la taxe d’habitation est supprimé et remplacé par un abattement (15 %) pour les familles ne payant pas d’impôt sur le revenu et dont le logement a une valeur locative brute en deçà de la moyenne communale. En 1994, les emprunts contractés entre 1977 et 1983 arrivent à échéance et offrent à la Ville une marge de manœuvre appréciable expliquant les nombreuses réalisations.

 

Durant ce mandat

Le Conseil général remplace le carrefour des Damps par un rondpoint et aménage l’avenue De-Lattre-de-Tassigny (2001). Sous l’impulsion de Paulette Lecureux, l’extension et la rénovation de l’hôpital local reprennent (1994-1996) avec la mobilisation d’Archépontains auprès du Ministère de la Culture afin de sauvegarder la chapelle et un ancien bâtiment. Les travaux sont conduits par Bruno Foulkes (Louviers). L’extension et la rénovation du collège Hyacinthe-Langlois par le Conseil général est lancée (1995-1996). Elle est conduite par l’architecte Nicolas Rougeulle de l’atelier Bellefontaine (Le Havre). L’administration de la poste veut fermer le bureau de Pont-de-l’Arche. Suite au refus de la population (référendum de 1993) de faire financer par la Ville la construction d’un nouveau bureau, l’équipe de Paulette Lecureux parvient à inclure en 1995 le guichet de la poste dans le nouvel Espace Jacques-Henri-Lartigue (voir ci-dessus), les facteurs partant trier le courrier à Val-de-Reuil.

 

Le contournement Est-ouest

Le contournement de Criquebeuf – Pont-de-l’Arche – Les Damps fut initialement demandé en 1983 par l’équipe de Roger Leroux, désireuse d’éloigner une circulation augmentant toujours plus. Le 16 décembre 1996, le Conseil municipal présidé par Paulette Lecureux relance ce dossier auprès du Conseil général. Lasses des délais, deux associations se créent : Gardez le bon air et Agissons ensemble pour le contournement de Pont-de-l’Arche.

Les édiles archépontains débloquent la question du tracé en abandonnant l’idée de faire passer le contournement par la route forestière de Cobourg (idée rejetée par l’Office national des forêts), il abandonne le projet de supprimer le péage Incarville (idée – irréalisable – de la Direction départementale de l’équipement). La Ville accepte l’empiètement sur ses terrains de sports. Ainsi une étude d’impact peut se dérouler. Paulette Lecureux a longtemps été accusée d’inaction sur ce dossier par L'Arche expression, son opposition non élue. Cependant, cette dernière souligne, dans Point de vue n° 7 (octobre 1997) que « Ce 15 septembre 1997, les élus municipaux ont voté le début du processus de la réalisation du contournement de notre cité ». L’étude prend fin en 1998 et débouche sur l’adoption d’un tracé satisfaisant toutes les parties et tous les organismes de contrôle de l’Etat.

Le tracé de contournement est adopté lors du Conseil municipal du 10 décembre 1998. La question du financement de celui-ci, par le Conseil général et la Région Haute-Normandie, revient au successeur de Paulette Lecureux. Notons que le retard du dossier du contournement est partiellement dû au fait que les autorités préfectorales ont lié cette question au projet de contournement Est de Rouen, dossier encore en cours en 2013.

 

L’intercommunalité

C’est la question de l’intercommunalité qui, semble-t-il, a fait chuter Paulette Lecureux. La loi n° 92-125 du 6 février 1992, dite loi Joxe, incite les collectivités locales à se regrouper en Communautés de communes. La Préfecture de l’Eure réunit un Comité interministériel du territoire le 10 février 1993 et retient le principe d’un Projet d’aménagement concerté du territoire (PACT) sur le site « Val de Seine ». Il s’agit d’impulser l’intercommunalité au niveau des 4 cantons de la région de Louviers (dont celui de Pont-de-l’Arche).

Les objectifs de cette structure syndicale sont le développement économique, l’aménagement du territoire, le social et la politique de la ville. Pour attribuer la présidence du PACT urbain, les plus grands élus locaux, Odile Proust (maire RPR de Louviers) et Bernard Amsalem (maire PS de Val-de-Reuil) trouvent un terrain d’entente et élisent Paulette Lecureux, maire de la troisième commune du Pact urbain. Le 2e vice-président est Franck Martin, nouveau maire de Louviers (1995) et futur président de la Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE). Karine Inion est recrutée cheffe de projet. Avec Paulette Lecureux et les élus, elle a 5 ans pour jeter les bases de l’intercommunalité : élaboration du premier Plan local de l’habitat, définition de la politique de la ville (équipements multisports comme l’Agorespace de Pont-de-l’Arche), projets culturel comme « Forêt de Bord : le lien » (1999).

Le PACT urbain initie peu à peu les élus à la pensée intercommunale, à l’élaboration de projets communs autour du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la collecte et du traitement de l’eau, des déchets, les transports… Cependant cette initiation a été difficile chez les élus, par incompréhension ou par choix stratégique, et plus encore dans la population. Certains maires du canton de Pont-de-l’Arche ont souhaité créer une intercommunalité à l’échelle cantonale. En 1996, ils créent la Communauté de communes Seine Bord. Paulette Lecureux, très investie dans le PACT urbain, refuse de faire entrer Pont-de-l’Arche (Conseil municipal du 12 juin 1996) et veut faire adhérer la Ville à la Communauté de communes de Louviers et Val-de-Reuil (Conseil municipal du 30 septembre 1999), la future Communauté d’agglomération Seine Eure (CASE) constituée le 1er janvier 2001 autour de 22 communes. Cette naissance fut difficile, la Préfecture mettant séparément Pont-de-l’Arche, Les Damps et Léry tantôt dans la CASE tantôt dans Seine Bord ! Notre ville fut définitivement incluse dans la CASE le 25 septembre 2000.

Si l’histoire a donné raison à Paulette Lecureux le 1er janvier 2013 où Seine Eure et Seine Bord ont fusionné, cette dernière a peiné à expliquer le bienfondé de sa démarche, elle qui a tôt compris l’intérêt de l’intercommunalité. L’Arche expression s’est engouffrée dans l’opposition à la CASE et a dépeint Paulette Lecureux comme un personnage autoritaire livrant – grâce à ses relations – la ville à Louviers et Val-de-Reuil. Arcboutés sur le canton par incompréhension ou par stratégie, les membres de L’Arche expression entretiennent les craintes des habitants sur un échelon méconnu de la décentralisation : l’intercommunalité. Ceci démontre un trait de caractère de Paulette Lecureux, moins politique que gestionnaire, moins stratège que passionnée. Elle a soutenu jusqu’au bout un projet peu populaire. Idem aux cantonales de 1998 où elle a perdu de nombreuses voix face à Gaétan Levitre (PCF), elle qui se prononçait pour le centre d’enfouissement technique de Pîtres.

 

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Paulette Lecureux posant pour le Forum de la femme en 2009 (photo A. Roques).

 

Adjointe de 2008 à 2014

Paulette Lecureux renoue avec la mairie de Pont-de-l’Arche en 2008 au côté de Richard Jacquet. Adjointe à l’Intercommunalité puis adjointe à la Jeunesse et vie sociale, elle s'investit dans un domaine novateur pour elle : la prévention et la médiation dans le quartier du Bon-air qu'elle avait inscrit en 2000 dans le contrat de ville signé avec la CASE. Le service Jeunesse et vie sociale, créé durant ce mandat, a sans cesse évolué depuis son installation au Tremplin, avec d'autres services, jusqu'a son affectation au Mil-club. Paulette Lecureux  a continué à soutenir le commerce de proximité et les équipes de l'union commerciale et artisanale. Depuis 2008, elle est rapporteuse de la commission Commerce et artisanat de la CASE et membre de la commission Développement économique Paulette. Après 30 années de mandat, Paulette Lecureux a décidé de tourner une grande page de sa vie pour découvrir d'autres horizons, privilégiant maintenant sa vie personnelle. 

 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Le Trait d'union : bulletin d'information municipal (1977-1989)

Pont-de-l'Arche ma villebulletin d'information municipal (1989-2001)

 

A lire aussi... 

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 13:08

Roland Levillain est né en juin 1912 à Saint-Martin-de-Boscherville et décédé le 21 février 2014. Il est le dernier maire de droite de Pont-de-l’Arche (1959-1977) et partage avec Jean-Charles Ducôté (maire de 1827 à 1845) le record de longévité aux commandes de la commune : 18 ans. Il était exploitant de scierie et de carrière au Bon-air [1] ce qui lui permit d’acheter de nombreux terrains, notamment ceux de La Pommeraie. Sa scierie a contribué à la construction du pont provisoire en bois (1941-1944) et fut, pour ces raisons, bombardée par l’aviation Alliée (3 juin 1944) [2].

 

L’élu municipal et l’adjoint d’Alix Duchemin

La lecture des archives montre l’implication politique de Roland Levillain dès les années 1950 où le PCF avait repoussé la gauche radicale-socialiste archépontaine au côté du centre droit. Ainsi, en 1953, Roland Levillain fut candidat sur une liste rassemblant des radicaux-socialistes et des personnalités de droite. Face à elle, la liste PCF et la liste divers droite de Charles Morel qui remporta le scrutin et fit élire Didier Simon. Le décès brutal de Didier Simon déclencha un nouveau scrutin. En 1954, la liste radicale-socialiste sortit des urnes ex-aequo avec celle de Charles Morel. Les conseillers municipaux firent élire – d’un fil et au bénéfice de l’âge – le radical-socialiste Alix Duchemin. Roland Levillain, marqué à droite, fut désigné adjoint, fonction qu’il assuma de 1954 à 1959.  

 

Roland-Levillain.jpg

Roland Levillain posant dans son bureau de maire pour le premier bulletin municipal : Pont-de-l'Arche : revue cantonale (1965) (photo Lefer). 

 

Le maire trois fois réélu

Roland Levillain bénéficia d’un contexte politique favorable. En 1959, les radicaux-socialistes, sans meneur, perdirent les élections face à la droite et disparurent du devant de la scène politique communale. Roland Levillain devint maire en 1959. Il en fut de même aux élections de 1965 où le PCF, pourtant bien implanté, ne réunit pas assez de voix face à la droite et à une partie de l’électorat de gauche non rassurée par le communisme et l’URSS. Roland Levillain profita de la division de la gauche en 1971 où la gauche socialiste et radicale émergea à côté du PCF, avant de s’écraser faute de meneur compétent. Les victoires de Roland Levillain furent en partie dues à la division de la gauche et à l’effondrement de la gauche républicaine, elles furent aussi le fruit du bilan de ce maire dont on peut lire le maintient de l’électorat, malgré une légère érosion, au fil des scrutins. Roland Levillain fit donc trois mandats, avec des listes constituées autour de commerçants et de personnes – même de gauche – investies dans la vie publique. Proche de son électorat, c’est lui qui instaura la plage horaire du mardi soir pour les permanences du maire. Il fut le dernier maire à avoir été traité solennellement en notable avec, par exemple, le garde champêtre annonçant l’entrée dans la salle de « Monsieur le Maire » au début des séances du Conseil municipal.

 

L’action municipale

Les mandats de Roland Levillain révélèrent l’entrepreneur, pour ne pas dire l’homme d’affaires. Des projets urbains extramuros ont émergé dans notre ville depuis les années 1930 (groupe scolaire) et plus encore depuis les années 1950 (salle des fêtes, pont, HLM de l’Anneau des Rosiers et des Lupins 1…) et la croissance qui a suivi la Libération. Roland Levillain poursuivit cet élan et devint, grâce à ses trois mandats, le maire au plus riche bilan quant à la création d’équipements municipaux et de lotissements privés.

Ainsi, Roland Levillain et son équipe firent agrandir le groupe scolaire de deux classes (1962). Ils furent à l’origine de la piscine communale (1967 – démolie en 1996), du stade Jacques-Havet (1964), des terrains de tennis (1964 et 1971) et du premier local technique (vers 1970) à côté des services de la Direction départementale de l’équipement (actuellement Le Mutant). Ce local sert aujourd’hui au Comité des fêtes. Vaste opération, c’est sous un mandat de Roland Levillain que la Ville de Pont-de-l’Arche construisit les locaux du collège de Pont-de-l’Arche (1967). Il fit aussi construire la gendarmerie (1970) où l’équipe de Richard Jacquet fit installer le Tremplin (2009). C’est Roland Levillain qui fit transférer la mairie du bailliage à l’hôtel Alexandre-Delafleurière (1968) où elle se trouve de nos jours. Il privatisa le bailliage avant que ce joyau du patrimoine historique ne fût racheté par l’équipe de Paulette Lecureux (1998). Il fit aménager la cave de l’ancienne école de garçons (1976) afin d’y tenir des manifestations culturelles. Un nom fut alors forgé : la Salle d’Armes. Il fit restaurer deux vitraux (1972) et entretint l’église Notre-Dame-des-arts. Il fit aménager la place Aristide-Briand (1959) et lança la création des deux blocs sanitaires au groupe scolaire (1977) et programma la dalle devant accueillir le Mil-club attribué à la Ville par la Direction départementale de la jeunesse, des sports et des loisirs (1977). La place jouxtant la salle des fêtes fut baptisée place du Huit-mai 1945. Roland Levillain fit aussi publier le premier bulletin d’information municipale (1965) : « Pont-de-l’Arche : revue cantonale ». C'est durant un mandat de Roland Levillain que l'hôpital local lança une première tranche de réhabilitation (1976).

 

Réalisations privées

Du côté des réalisations privées, on compte le lotissement de la Forêt (1962), l’impasse du Soleil-rouge (1963), le clos de Bonport (vers 1966), la rue Jean-de-la-Varende (1971), l’impasse de la Vallée (1972), le lotissement l’Orée-du-bois (1972), l’impasse du Bon-air (1975). C’est durant le premier mandat de Roland Levillain que l’union commerciale créa le camping Eure et Seine (1960) et que le Temple protestant évangélique fut érigé (1964). Durant un autre mandat, l’Association archipontaine des équipes féminines créa la maison de retraite Les Pins avec l’aide de la Ville (vers 1970).  

 

Le social en berne

Le social et la création de services publics sont un point faible des mandats de Roland Levillain. De nouveaux équipements furent créés, de nouvelles sociétés se constituèrent comme l’Association jeunesse et loisirs, des cours de danse furent instigués par Louise Bornstein dans une classe préfabriquée précédant le gymnase du collège… Cependant, il semble que Roland Levillain n’ait pas suffisamment accompagné l’évolution des modes de vie en matière de sports, mais surtout de loisirs et d’éducation. C’est ce que démontre l’élection de Roger Leroux et son équipe, en 1977, et surtout leurs réalisations et leur réélection en 1983.  

Une seule résidence HLM a été inaugurée (1963) : Les Lupins 2 (l’immeuble jouxtant la rue du Bon-air). Il se peut qu’elle ait été lancée par l’équipe d’Alix Duchemin en même temps que Les Lupins 1 (1958). Après 1972, les constructions privées se raréfièrent ce qui fit baisser la population. Entre les recensements de 1975 et 1982 la villa passa de 2 883 à 2 456 habitants. Après une augmentation, cette baisse de la population semble traduire un essoufflement de la politique de Roland Levillain.

 

La brèche de l'immobilier

Roland Levillain, propriétaire de nombreuses terres, devint promoteur immobilier. Des projets émergèrent à La Pommeraie qui choquèrent une partie de la population et l’opposition de gauche, non élue : en tant que maire, il autorisa des permis de construire qui le concernaient [3]. Ceci n’était pas nouveau, le premier bulletin municipal (1965) mit en évidence une publicité (deuxième page de couverture) pour la Société civile immobilière « Bon air » qui prévoyait des logements accessibles à la propriété en lieu et place de la scierie Levillain. Ces projets choquèrent doublement en l’absence de projets de logements HLM.  

 

Finances

Côté finances, Roland Levillain laissa un budget sain qui permit à la nouvelle équipe élue en 1977 de réaliser de nombreux équipements et de créer de nouveaux services publics dès le début du mandat.

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Pont-de-l’Arche : revue cantonale

Le Trait d’union

 

A lire aussi…

Les maires de Pont-de-l’Arche

 

Notes

[1] peut-être à la suite de Robert Stref.

[2] archives de l’Eure : fonds FFI 97.

[3] Le Trait d'union n° 11, juillet 1979.

 

Armand Launay

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 15:29

Né vers 1857, Armand Louis Eugène Ferrand fut notaire à Pont-de-l’Arche. Il fut une figure incontournable du Pont-de-l’Arche de la toute fin du XIXe siècle. Il mit sa rigueur professionnelle au service de ses idéaux républicains ce qui lui valut d’être élu maire, malgré lui, de 1894 à 1900.

 

En tant que notaire sur la place Aristide-Briand, Eugène Ferrand a laissé au paysage archépontain une de ses demeures les plus notables : la flèche néogothique de la rue Charles-Cacheleux. Côté cour, une pierre portant le millésime de 1898 nous apprend qu’elle a été posée par la femme d’Eugène Ferrand. Cette élévation fait partie du mouvement de construction de demeures bourgeoises caractéristique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Précédant de quelque 35 ans la construction en vieux normand de l’étude notariale de la place Aristide-Briand, cet édifice se veut un vieux manoir normand avec ses pans de bois et ses tuileaux en remplissage.

 

Eugene-Ferrand-1-copie-1.JPG

Cette flèche néogothique fait partie des demeures

les plus notables du paysage archépontain depuis 1898

où Eugène Ferrand, notaire, décida de la faire ériger (photo A. Launay, 2013). 

 

Eugene-Ferrand-2.JPG

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

On retrouve Eugène Ferrand parmi les conseillers municipaux élus en 1888. Il œuvra cette même année pour la création d’une école maternelle. En vain, semble-t-il. La valeur éducation n’était pas un vain mot pour Eugène Ferrand qui, le 18 septembre 1896, déposa en préfecture les statuts de la Société des amis de l’école laïque, une association cardinale dans la sociabilité archépontaine jusqu’à la Seconde guerre mondiale ; une association dans laquelle figurèrent beaucoup de militants de la gauche radicale et même socialiste.

Le 30 aout 1894, au renouvèlement du Conseil municipal, Eugène Ferrand fut élu maire par 10 voix sur 14, trois élus ayant voté blanc et un autre pour Ernest Divay. Les élections d’avril 1896 reconduisirent une majorité d’élus républicains de gauche au Conseil municipal, parmi lesquels Armand Léopold Ouin, patron des chaussures Marco, Henry de Lafleurière, Anthime Ferrandier, Henry Prieur… Eugène Ferrand fut réélu avec 13 voix et son adjoint, Anthime Ferrandier en obtint 11.

Jusqu’à plus ample informé, Eugène Ferrand est le premier maire qui laissa un bilan officiel de son mandat : Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche. Son mandat est caractérisé par une gestion financière rigoureuse et une volonté de rendre équitable l’accès aux services. Il y parvint tout en annulant la dette communale. Il fit aussi procéder à un récolement des archives municipales, une première depuis 1857. Il fit rétablir les commissions administratives gérant l’hôpital local et le bureau de bienfaisance.

Tout en diminuant les dépenses de l’hôpital, il augmenta le nombre d’hospitalisés. Il fit aussi rénover les locaux. L’Elbeuvien du 30 décembre 1900 retrace l’inauguration de l’hôpital « sous la présidence de M. Eugène Ferrand, assisté de membres de la commission administrative de l’hospice. L’auteur des plans est M. Marie, ancien agent-voyer, qui en a conçu les aménagements d’après les derniers perfectionnements préconisés par la science moderne. L’hôpital est tenu par les sœurs de la Providence d’Évreux ». De 12 lits, l’hôpital accueillit 18 lits. Une vaste salle éclairée fut aménagée.

Eugène Ferrand fit aussi des travaux à la mairie (le bailliage) et la justice de paix (même lieu) pour rendre plus accessibles les différents services. Une partie de ces travaux doit être visible dans le cour du four à pain de nos jours. Il s'agit de l'agrandissement du bâtiment de la prison des hommes qui présente les mêmes caractéristiques que l'extension de l'école de garçons (voir ci-dessous) : brique en chainage, damier de silex et de brique blanche en remplissage. 

Il fit aussi agrandir et aménager l’école de garçons (salles Ambroise-Croizat et Beauregard) ce qui repoussa de quelques années la nécessité de construire un groupe scolaire. De ces travaux, une extension côté cour est nettement visible, de nos jours, qui porte le nom d’Eugène Ferrand et de Hubert Marie, agent-voyer, auteur des plans.

 

Extension Beauregard 1

Extension de l'ancienne école élémentaire (salles Ambroise-Croizat et de Beauregard)

bâtie en 1897 lorsqu'Eugène Ferrand était maire (photo A. Launay, 2010). 

 

Extension Beauregard 2 

Millésime de l'édifice cité ci-dessus (photo A. Launay, 2011).

 

Des restaurations à l’église Notre-Dame-des-arts ont aussi eu lieu notamment grâce au denier public et ce avant 1905 et la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Eugène Ferrand fit aussi renouveler l’équipement électrique de la ville en partenariat avec la Société normande d’électricité, basée de l’autre côté de la Seine, sur la zone du Fort. L’éclairage des rues passa de 3 mois à 9 mois par an. Un circuit téléphonique fut livré au public le 1er mai 1898.

 

Sources

L’Elbeuvien

Registres des délibérations du Conseil municipal

Ferrand Eugène, Six ans de mairie : aux habitants de la Ville de Pont-de-l’Arche, [1900], 15 pages. Bibliothèque administrative de la Ville de Paris : Br. 14781.

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 13:43

 

Henry Placide Prieur est né à Pont-de-l’Arche le 30 septembre 1840 et décédé au même lieu le 29 décembre 1914. Il fut l’un des principaux industriels du chausson puis de la chaussure et maire de la Ville. Il est aujourd’hui commémoré par un nom de rue officialisé le 4 mars 1937 par le Conseil municipal présidé par Raoul Sergent. Auparavant, cette rue s’appelait « rue des Carrières » et, encore avant, le boulevard de Crosne.

 

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La rue Henry-Prieur et ses logements ouvriers bâtis par le même personnage témoignent de l'épopée de la chaussure à Pont-de-l'Arche (photo A. Launay, 2013).

 

L’industriel du chausson puis de la chaussure

Neveu d’Antoine Ouin, premier industriel du chausson à Pont-de-l’Arche, Henry Prieur se lança dans la fabrication de chausson à partir de 1872. Son entreprise fut florissante, il dut agrandir ses locaux de la route de Tostes en 1892. En 1898, il fut le premier industriel archépontain à mécaniser sa production. Il put ainsi travailler plus fortement le cuir et créer les premières chaussures de Pont-de-l’Arche, ville du chausson. C’est dans son usine qu’éclata la première grande grève de la chaussure à Pont-de-l’Arche (1900). Paternaliste, il fit construire des logements ouvriers, ceux que l’on connait dans la rue Henry-Prieur. Dans cette rue, il fit aussi construire en 1903 sa demeure personnelle, Les Lauriers, que nous avions attribué à son fils, Henry, dans notre ouvrage Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure (page 42). Cette demeure porte la signature de Rabier, architecte. Le portail en fer forgé porte les initiales « HP ». Ce n’est pas donc pas un hasard si la rue des Carrières a pris le nom d’Henry Prieur. Quelques années plus tard, Henry Prieur laissa la gestion de son entreprise à ses fils Henry (1882-1937) et Albert (1890-1965) qui firent fleurir l’entreprise familiale qui employa jusqu’à 350 personnes en 1923. Albert Prieur fut propriétaire du « Château » du Centre de loisirs. Il semble qu’Henry Prieur habita la villa Les Lauriers. Toutefois, l’entreprise Prieur ferma définitivement ses portes en 1964.

 

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Les locaux de l'entreprise de chaussons puis de chaussures d'Henry Pieur, dans la rue Roger-Bonnet (photo A. Launay, 2013). 

 

L’homme politique local

C’est le 19 avril 1878 que Henry Prieur commença sa longue carrière publique en devenant conseiller municipal. Quelle que soit la tendance politique, il se fit élire sur les listes des élections du 23 janvier 1881, du 18 mai 1884 et du 23 avril 1888. Recueillant moins de voix que ses colistiers, il était toujours élu en fin de liste. Il était avait cependant la confiance des autres élus. En effet, le 21 décembre 1890, alors qu’Achille Fumierre fut élu maire, Henry Prieur fut élu adjoint par neuf voix contre quatre. Dans le même ordre d’idées, le 26 juillet 1891, notre homme fut élu maire sans difficulté par neuf voix sur quinze. Le 15 mars 1892, les élections municipales furent avantageuses pour Henry Prieur où il termina troisième de la liste des élus. Il fut élu maire par 11 voix sur 16 mais démissionna peu après pour des raisons que nous ignorons et peut-être relatives à son entreprise. Ce durent être de bonnes raisons car les élections du 18 avril 1896 le placèrent encore dans une bonne position (quatrième de la liste). Le 6 juillet 1902, au deuxième tour il se désista en faveur de Jules Fromont qui devint maire. Les élections du 17 mai 1908 furent mauvaises pour la gauche où Maurice Delamare, leader des républicains de gauche, se retrouva dernier élu de la liste et Henry Prieur, situé cinq places avant Maurice Delamare. Le vote des conseillers pour choisir un maire est intéressant. Il fallut trois votes pour départager MM. Fromont et Prieur. Ce dernier dut son élection à Maurice Delamare et Armand Ouin. Ceux-ci reçurent chacun une voix au premier tour, Henry Prieur six. Au deuxième tour Henry Prieur en eut huit alors que MM. Ouin et Delamare n’en reçurent plus aucune. Maurice Delamare devint adjoint. Quant aux fils, Albert Prieur faillit être maire en 1919, où il refusa la charge. Henry Prieur fils fut adjoint de Maurice Delamare en 1925.

 

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La villa Les Lauriers (1903) fut construite pour Henry Prieur (photo A. Launay, 2013). 

 

Sources

Registres des délibérations du Conseil municipal

Registres d'état civil 

 

A lire aussi... 

Le Monument aux morts

Les maires de Pont-de-l'Arche

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 20:06

Raoul Sergent naquit le 21 novembre 1894 à Pont-de-l’Arche et décéda au Petit-Quevilly le 31 octobre 1973. D’un père chaussonnier et d’une mère couturière, il dut sa réussite professionnelle à ses brillantes études. Après son certificat d’études, il devint employé à l’étude notariale de Pont-de-l’Arche. Mobilisé en 1914, il fut médaillé de la Croix de guerre. Fait prisonnier, il rentra en France en 1918. En 1923, il obtint une licence de Droit à l’université de Caen grâce à des cours par correspondance. Cela lui valut de devenir clerc de notaire à l’étude Lerebours, de Pont-de-l'Arche. En 1937, il était huissier à Rouen. En 1923, il était président de la section des vétérans de guerre. En 1926, il était directeur de « Au Groupe amical », société de trompettes et clairons.

 

Raoul-Sergent-copie-1.JPGRaoul Sergent fit ses premières armes professionnelles à l'étude notariale de M. Lerebours, étude dont on voit le nouveau bâtiment, à droite de cette carte postale des années 1930, érigé par les frères Laquerrière, d'Elbeuf, dans un style néonormand. Ils sont aussi auteurs du groupe scolaire Maxime-Marchand.      

 

L'élu municipal

Raoul Sergent devint conseiller municipal dans l'équipe républicaine modérée (droite) d'Anthime Ferrandier, maire de 1919 à 1923. Il devint conseiller municipal d’opposition suite au scrutin du 17 mai 1925 qui vit la victoire des radicaux-socialistes autour de Maurice Delamare. Raoul Sergent fut réélu en aout 1930 dans la majorité républicaine modérée autour de Patrice Girard puis en octobre 1930 dans l’équipe de Charles Morel. Ce parcours sans faute se poursuivit aux élections de mai 1935 où Raoul Sergent fit montre d'une grande popularité en rassemblant 279 suffrages qui le classèrent en quatrième position des élus, juste avant Charles Morel. Ce dernier devint maire par 12 voix sur 16 élus. Raoul Sergent devint premier adjoint et bras droit de Charles Morel. En toute logique, c'est lui qui prit la place de maire laissée vacante par Charles Morel en juillet 1936.

 

L'élu local

En 1928, Raoul Sergent fut élu conseiller d’arrondissement (fonction supprimée à l'échelon national en 1940. Le 20 septembre 1930, sous l'étiquette de l'Union des républicains démocrates (URD) Raoul Sergent battit le radical-socialiste Paul Nion, industriel de la chaussure archépontain (1296 voix contre 1022). Le 24 octobre 1931, il fut réélu avec près de 500 voix d’avance. Il fut encore réélu en 1935. Les cantonales de 1937 lui furent fatales face au député radical-socialiste Pierre Mendès France. Raoul Sergent émargeait toujours à l'URD et était soutenu par le Parti social français (PSF). Le 16 octobre, le Conseiller sortant obtint 1175 voix face à Mendès France  qui en eut 1320. Le revers était aussi net à Pont-de-l'Arche : 237 voix face à 266. Le 23 octobre, Raoul Sergent s'inclina avec 1094 voix face à 1485 suffrages pour Pierre Mendès France qui bénéficia du report des voix communistes.

 

Réalisations

En tant que maire, Raoul Sergent s'occupa de la création d'une garderie (1937), de la construction d’égouts (1941-43), de l'agrandissement du cimetière (1939), du classement aux Monuments historiques de parties des remparts (tour et porte de Crosne (1939)), du goudronnage de nombreuses rues (1939) : Henry-Prieur, Maurice-Hervey, Docteur-Sorel, Emile-Lenoble, Olivier-des-Bordeaux, place du Souvenir, place Aristide-Briand, boulevard de la Marne, rue Julien-Blin, rue Fichet, Jean-Prieur. C'est d'ailleurs lui qui fit officiellement baptiser certaines voies de la ville dont le rue Olivier-des-Bordeaux, la rue Henry-Prieur et la rue Marie-Morel-Billet. En tant qu'élu local, il participa aux négociations ayant eu lieu entre les patrons de la chaussures et les ouvriers en grève en 1932. Suite à la rupture du barrage de Martot (1938), il dut faire pression auprès des autorités afin que les habitants de la région puissent s'alimenter en eau, le niveau de la Seine étant désormais à sec. Le 5 aout 1939, il demanda aux autorités la création d'un syndicat intercommunal de défense des intérêts des habitants. C'est durant son mandat que le pont de la ville connut un agrandissement de ses arches au-dessus de la Seine.

 

Aout 1944 : une chute sans appel

L'implication de Raoul Sergent dans la vie publique fut pleine et son ascension rapide. A la lecture des archives, il semblait destiné à être le leader de la droite locale pour plusieurs décennies. Cependant, il se perdit dans le contexte par trop troublé de la Seconde guerre mondiale. En tant que maire, il s'occupa avec son équipe du ravitaillement de la population, de l'entretien des abris antiaériens, destransports et des contactsavec l'occupant. Il alla plus loin. Une délibération du Conseil municipal du 31 octobre 1942 fait état de louanges au maréchal Philippe Pétain, qui semblent avoir valu à la Ville de Pont-de-l'Arche la venuedu chef de l'Etat pour ytenir un conseil des maires normands. Le compte rendu de la séance du Conseil municipal du 2 avril 1943 se présente tout la forme d'une pleine page ornée de mentions « Etat français » dont le contenu retranscrit la bénédiction de la nouvelle cloche de Notre-Dame-des-arts en présence du chef de l'Etat. La dernière délibération signée par Raoul Sergent date du 3 juin 1944. La délibération qui suit, datée du 26 aout, est signée par la Résistance locale, représentée par Maurice Loze et Roger Tardy, qui utilise une tournure habille ne livrant personne en pâture :« Pour remplacer le Conseil Municipal, qui a démontré sa carence, et dont certains membres ont affiché une collusion notoire avec l'ennemi ; à dater de ce jour, un Conseil d'Administration désigné par la Résistance, gèrera, provisoirement, la Ville de Pont-de-l'Arche... »

 

Raoul Sergent

La tombe de Raoul Sergent dans cimetière communal (2012)

 

Sources

L’Industriel de Louviers (notamment le 2 octobre 1937)

Délibérations du Conseil municipal

 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 15:29

Antoine Frédéric Narcisse Férandier, dit Anthime Ferrandier, est né à Pont-de-l'Arche le 12 septembre 1845 et décédé, même lieu en mai 1926. 

Catholique militant, notre homme fut conseiller paroissial et président d’une association nommée la « Défense catholique ». Professionnellement, il était directeur de la succursale de Louviers de la Caisse d’épargne. Il fut médaillé d’or de la Prévoyance sociale.

 

Républicain de droite, il fut conseiller municipal depuis les élections de 1881 et adjoint au maire à partir de 1891. Sa popularité monta progressivement au fil des scrutins municipaux bien que privé de son poste d’adjoint lors des victoires de la gauche.

Il fut élu maire par défaut le 10 décembre 1919 car le maire sortant, Maurice Delamare, ne se représenta pas puis Albert Prieur, désigné maire par 13 conseillers municipaux sur 16, refusa cette charge. Anthime Ferrandier fut élu maire par 11 voix et assuma cette fonction jusqu’en 1923. Il honora des personnalités ayant participé à la réalisation des premiers HLM de la ville en baptisant les rues Emile-Lenoble et Docteur Sorel en 1921. 

Il mourut le mai 1926 à l’âge de 81 ans. Patrice Girard, un de ses amis qui fut son adjoint, et Maurice Delamare, maire en fonction, prirent la parole durant l’enterrement au cimetière et soulignèrent le dévouement de cet homme au bien public.

C’est sous la présidence de Raoul Sergent, républicain modéré, que le Conseil municipal décida de rebaptiser de son nom le « vieux chemin de Louviers ». Le « nouveau » chemin de Louviers étant appelé depuis rue Charles-Cacheleux.

 

Anthime-Ferrandier.JPG

 

 

Sources

L'Industriel de Louviers

Délibérations du Conseil municipal

Registres d'état civil

 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 14:25
Richard Jacquet (deuxième en partant de la gauche) entouré d'élus et du Directeur général des services, Christophe Hardy lors d'une visite de quartier, rue Charles-Michels (cliché Armand Launay, juillet 2013).

Richard Jacquet (deuxième en partant de la gauche) entouré d'élus et du Directeur général des services, Christophe Hardy lors d'une visite de quartier, rue Charles-Michels (cliché Armand Launay, juillet 2013).

Richard Jacquet est né en 1974 à Rouen. Très jeune, il entre au comité des fêtes de Pont-de-l’Arche et crée, avec plusieurs jeunes Archépontains, « La Caverne des jeunes » une association de loisirs. Il contribue à la création du secteur jeunesse au Centre de loisirs associatif, devenu municipal en 2003. Richard Jacquet est investi dans le théâtre, notamment en participant à plusieurs compagnies amatrices locales. Professionnellement, il devient animateur à l'Accueil de loisirs de Pont-de-l’Arche puis coordinateur des actions pour la jeunesse de la Ville de Sotteville-lès-Rouen. Depuis 2011, il est chargé de mission pour la Ville de Grand-Quevilly.

 

Un militant socialiste

On ne connait qu’un seul engagement politique à Richard Jacquet : le parti socialiste. En 1995, il est élu conseiller municipal sur la liste de Paulette Lecureux (PS). Il devient conseiller municipal délégué à la communication et adhère au Parti socialiste à la même époque. En 2001, il devient secrétaire de la section cantonale du PS.

La même année, suite à l’élection de Dominique Jachimiak aux élections municipales, il crée l’association « Questions d’avenir » afin d’organiser une opposition non élue. Il préside cette association jusqu’en 2013. Désormais principale figure socialiste à l'échelle cantonale, il se présente aux cantonales en 2004 (22 % des suffrages au premier tour) et en 2011 (18,3 %). Il est aussi candidat sur la liste PS-PRG aux élections régionales de 2010 mais sans être élu. Idem aux élections départementales de 2015.  

 

Maire de Pont-de-l’Arche

Richard Jacquet constitue une liste aux élections municipales de mars 2008 parvenant à rassembler toutes les forces de gauche, une première depuis 1983. Cette union fait de Richard Jacquet le plus jeune maire de l’histoire de Pont-de-l’Arche – 33 ans – en obtenant plus de 47 % des suffrages au second tour.

Son mandat est caractérisé par le développement des services publics dans un contexte financier national incertain : création du Tremplin : maison des initiatives et des ressources (2009) et de l’Espace jeunes (2011), structuration d’une police municipale (2010), rénovation lourde de l'Accueil de loisirs (2011-2013), sauvegarde des archives municipales (2012) et création d'un espace de conservation adapté au sous-sol du Tremplin (2010), attribution de locaux adaptés à la Banque alimentaire (au Tremplin) qui ouvre désormais toute l'année (2009). Ce mandat voit la création d'une résidence HLM (Simone-de-Beauvoir, 2009) et le lancement de deux autres (Lucie-et-Raymond-Aubrac, 2013, et Jean-Paul-Sartre, 2013). Ce mandat est marqué par trois années successives d'effacement de réseaux (2010-2013), l'acquisition d'un columbarium (2013), la création d'une 7e classe (2008), l'agrandissement de la cour de l'école maternelle et la création d'un préau (2013) et la sauvegarde du four à pain du bailliage grâce à des chantiers de jeunes.

En tant que président de l'EHPAD, il travaille au financement et au lancement de la troisième grande restructuration de cet établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes. 

Durant ce mandat, un foyer associatif de jeunes travailleurs, aidé par la prédécente municipalité, est inauguré à la place de la résidence d'urgence (2009). Le contournement sud de la ville est ouvert (2010). La résidence Les Marquises est livrée (2012). Le Village des artisans "la lisière, l'esprit d'entreprise Seine Eure", porté par la CASE, voit le jour au chemin de la Procession (2014). La restructuration de l’axe Est-ouest débute par l'importante rénovation conduite par la CASE de la place Aristide-Briand qui perd son étrange rondpoint (2014). La réflexion sur le futur centre culturel débute avec l'acquisition des locaux sur la place Aristide-Briand (2011). Plusieurs acquisitions de terrains (2012 et 2013) au boulevard de la Marne permettent d'envisager la mise en valeur des douves. Du côté des animations, l'équipe de Richard Jacquet a créé les Nocturnes du vendredi (2008), les Olympiades 276 (2012), le Festival Livres en ville (2012)…

Le premier mandat de Richard Jacquet est aussi synonyme de création d'associations, notamment l'Amicale du personnel et ATLEA fédérant les parents désireux de s'exprimer sur les loisirs des enfants et notamment à l'Accueil de loisirs où la gestion associative a été supprimée en 2003 par le maire Dominique Jachimiak.  

Enfin, Richard Jacquet compte parmi les élus mobilisés au côté de l'intersyndicale du personnel de Mreal qui a lutté pour la reprise de la papèterie d'Alizay et donc la sauvegarde de l'emploi malgré la mauvaise volonté de Mreal. Cette lutte a abouti sur la reprise de la papèterie d'Alizay par le thaïlandais Double A et donc le maintien d'une partie des employés.

La fonction de maire de la troisième commune la plus peuplée de la CASE valut à Richard Jacquet, en 2008, une vice-présidence au sein de l’intercommunalité : celle dévolue au logement et qui était celle de son prédécesseur. Il fut reconduit dans ce poste en 2014 malgré l'élection de Bernard Leroy (droite) à la présidence de la CASE auparavant présidée par Franck Martin (PRG). A partir de 2013, il propose l'étude de la fusion des communes de Pont-de-l'Arche et des Damps, sans rencontrer ni l'hostilité ni la coopération de son homologue des Damps René Dufour.  

A la fin de son mandat, il semble laisser l'image d'un maire investi et à l'écoute de ses concitoyens. Cela se traduit par l'effacement progressif de son opposition, "Pont-de-l'Arche pour tous". Aux municipales de 2014, lui et son équipe écrasent la liste "Pont-de-l'Arche ensemble" avec 71,92 % des suffrages exprimés

En mars 2016, en vue des élections législatives, Richard Jacquet est désigné candidat du Parti socialiste par les militants des sections socialistes de la cinquième circonscription de l'Eure.  

 

Son bilan est retracé dans Pont-de-l'Arche magazine notamment accessible en ligne. 

 

 

Sources

Pont-de-l'Arche magazine

Registre des délibérations du Conseil municipal 

 

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:51

Dominique Jachimiak est né le 30 octobre 1957 à Bordeaux. Comptable, il travaille au Ministère de la culture puis à la Direction départementale de l’équipement de Seine-Saint-Denis. En 1991, il obtient le diplôme d’attaché d’administration scolaire et universitaire. A la rentrée 1992, il est nommé gestionnaire du collège de Pont-de-l’Arche. Il rejoint l’association « L’Arche expression » rassemblant l’opposition, non élue, au maire Paulette Lecureux (PS). Aux municipales de 2001, il est en deuxième position sur la liste « Pont-de-l’Arche pour tous » emmenée par Claude Blot. En tête des candidats au premier tour (715 voix), il devient tête de liste dans l'entre deux tours et est élu avec 52,5 % des suffrages exprimés.  

 

Dominique-Jachimiak.jpg

 

Réalisations

Son mandat de 7 ans se caractérise par de nombreuses réalisations municipales dans le domaine immobilier. Tout d’abord, grâce à une importante réserve financière laissée par l'équipe de Paulette Lecureux, il y a la mise en œuvre de projets lancés par la précédente équipe municipale : construction du gymnase du Bon-air (2003), aménagement de l’espace ludique de la Pommeraie (2004). Puis viennent les projets propres à ce mandat : agrandissement du restaurant scolaire (2002), agrandissement et restauration de la crèche Bidibul (2005), nouveaux locaux pour le Relai des assistantes maternelles (RAM) rue Julien-Blin (2005), aménagement de la rue Jean-Prieur et réalisation de sanitaires (2004), rénovation de la salle des fêtes (2006), pose d’un columbarium au cimetière (2006), halle et parking au bord de l’Eure (2006), achat des locaux de la Bibliothèque pour tous (2006) et de l’ancienne poste (2007).

 

Aménagements privés et HLM

Des aménagements privés voient le jour : implantation d’un supermarché Le Mutant (2006), création des résidences Le Chêne-Jaunet (2004-2007), le Clos des Cerisiers (2007) et Le Clos de La Borde (2007). Côté HLM, ce mandat est pauvre. Deux réalisations ont eu lieu : la réhabilitation de l’Anneau des Rosiers (2005) lancée sous le précédent mandat (2000) et la 3e tranche de la résidence Pierre-Mendès-France lancée sous le premier mandat de Roger Leroux. La résidence du Hêtre, créée par le bailleur public Dialoge (2006), ne pratique pas de tarifs HLM (750 € / mois). Il faut remonter au mandat de Rolland Levillain (DVD), exploitant de scierie et promoteur immobilier, pour voir émerger dans la ville autant de projets immobiliers privés et si peu d’offres publiques. D'ailleurs, Dominique Jachimiak fut agent du promoteur immobilier Extraco de 2008 à 2009 et cogérant d'une société civile immobilière (2013).

 

Contournement

C’est durant le mandat de Dominique Jachimiak que débutent les travaux du contournement de la ville (printemps 2006) demandés par l'équipe de Roger Leroux dès 1983 et dont les premières étapes concrètes ont été obtenues par l'équipe de Paulette Lecureux. Au préalable, les terrains de football et de rugby ont été déplacés, donnant naissance au stade Max-Fournier, créé avec le Conseil général (2005). De la même manière, le nouveau puits est créé (2005). Les locaux de la nouvelle gendarmerie sortent de terre (2008), la déchèterie portée par la CASE est ouverte (2007).

 

Démocratie locale

Du côté de la démocratie locale, ce mandat est caractérisé par des conflits avec le CAEJ, association gérant le Centre de loisirs. Dominique Jachimiak municipalise ce service (2003) mettant fin à la vie associative qu’a connue le Centre de loisirs depuis Roger Leroux (1979). Il en est de même pour la restauration scolaire, municipalisée aux dépens d’un service privé. Le projet de construction du supermarché Le Mutant est très contesté. Le passage en force du maire, qui dit en faire « une affaire personnelle », provoque une manifestation dans la ville (9 novembre 2003). Elle rassemble plus de 100 commerçants, riverains et citoyens. Une pétition récolte 1 200 signatures contre la forme ou le fond du projet.

 

Finances

D’un point de vue fiscal, le mandat est caractérisé par une hausse des impôts (2 % en 2003, 1,5 % en 2004, 1 % en 2005). Ce n’était pas arrivé depuis Roger Leroux. La dette passe de 1 millions d’euros à 1,8 millions d’euros durant la même période. Les dépenses de fonctionnement explosent : + 800 000 € entre 2001 à 2006 et ce sans création de service supplémentaire (500 000 € sont imputables à la masse salariale surtout à cause de la municipalisation du Centre de loisirs et de la restauration scolaire).

 

Un positionnement partisan fluctuant

Soutenu par le PCF avant 2007

Issu d’une association regroupant d’anciens élus communistes et de nouveaux citoyens de toutes tendances, Dominique Jachimiak est longtemps resté sans étiquette partisane. Allié du PCF en 2001 face à la socialiste Paulette Lecureux et le futur maire Richard Jacquet, ses rapports avec le PCF local changent.

Un maire très modéré

Dans Le Mot pour dire n° 4 de novembre 2007, le PCF local écrit : « Le Maire de Pont-de-l’Arche est vice-président de la Communauté d’agglomération Seine Eure et a depuis fait son chemin politique, proche de Franck Martin [PRG, président de la CASE] qui lui, prônait le rapprochement de Ségolène Royal avec le Modem [centre droit] pour le deuxième tour des présidentielles 2007 ». En effet, à la cérémonie des vœux de 2007, Dominique Jachimiak appelle à voter Ségolène Royal (PS) face à Nicolas Sarkozy (UMP), modérant toutefois son propos envers « deux démocrates, deux républicains, deux choix de société respectables ». Elu sur la promesse de sortir Pont-de-l’Arche de la CASE en 2001, Dominique Jachimiak devient effectivement vice-président de la CASE en charge du logement le 27 janvier 2005. Il semble alors proche du PRG et de Franck Martin, son adjointe Marie-Claude Lauret (PRG) étant la suppléante de de ce dernier aux élections législatives de 2007. Dans le même temps, il accueille offciellement en maire le ministre Xavier Bertrand, venu en tant que soutien à la candidate UMP Françoise Miquel. 

Aux élections municipales de 2008, il se positionne comme apolitique face à la liste d'union de la gauche PS, DVG, PCF, MRC, PRG de Richard Jacquet.

Retour vers le Front de gauche ?

Aux cantonales de 2011, il fait campagne pour le candidat PCF Gaëtan Levitre face au socialiste Richard Jacquet. En vue des élections municipales de 2014, il réalise l'alliance entre « Pont-de-l’Arche pour tous », l'association qu'il dirige, et le PCF local face à Richard Jacquet. Mais en septembre 2013, suite à un désaccord avec le PCF, il n'est pas en mesure de constituer une liste, abandonne le projet de se présenter aux élections municipales de 2014 et dit se retirer de la vie publique pour raisons familiales et professionnelles.

2014 : campagne avec Hervé Lour (UDI-droite)

En Janvier 2014, Dominique Jachimiak s'allie avec Hervé Lour (UDI-droite) dans l'équipe "Pont-de-l'Arche ensemble" et perd tout poids électoral, cette liste n'obtenant que 28,08 % des suffrages exprimés.

 

Sources

Pont-de-l’Arche ma ville n° 15 (?) (1992)

L’arche en ciel (2001-2008)

Document de campagne Pont-de-l’Arche pour tous (2008)

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:35

Entre le Lotissement de la Forêt et la rue Charles-Michels, quelques rues traversent le Pont-de-l’Arche de 1900. La brique rouge y est reine et rappelle la première construction d’Habitations à loyer modérée (HLM), appelées Habitations à bon marché (HBM) avant 1949. Elles furent instituées par la loi Siegfried du 30 novembre 1894 qui prévoyait des défiscalisations contre la mise à disposition de logements sociaux...

 

P1090753

La rue Docteur-Sorel, 2013 (photo A. Launay)

 

L’initiative revint à Maurice Hervey, sénateur républicain modéré (droite), de fonder et présider la « Société anonyme des habitations à bon marché » (SAHBM), visant à construire des logements pour les ouvriers. A ses côtés, Léon Bataille, maire républicain de gauche de Pont-de-l’Arche (1900-1902), était administrateur. Etienne-Alexandre Sorel, conseiller municipal royaliste, était administrateur délégué. La SAHBM récolta 30 000 francs nécessaires aux constructions de logements dont le nombre nous est inconnu. Parmi eux, Henri Désiré de Subtil de Lanterie, homme d’église, offrit 2 000 francs. Autre bienfaiteur, Emile Lenoble, propriétaire de Bonport, permit à la ville de creuser un puits artésien sur un de ses terrains. 

Sous la présidence d’Anthime Ferrandier, le Conseil municipal du 13 avril 1921 honora Etienne-Alexandre Sorel et Emile Lenoble en donnant leurs noms à des voies. Il en fut de même pour Maurice Hervey le 4 mars 1931 sous la présidence de Charles Morel. Le 21 mars 1934, le nom d’Henri Désiré de Subtil de Lanterie était donné à une voie sans rapport avec les constructions de la SAHBM auxquelles il avait prit part. Léon Bataille, le seul personnage réputé de gauche parmi les bienfaiteurs de la SAHBM, est aussi le seul à n’avoir pas été honoré de son action.

 

Leon-Bataille--1909-.JPG

Léon Bataille, maire de Pont-de-l'Arche de 1900 à 1902,

fut administrateur de la SAHBM. Ici dans sa propriété de la Folie-Vallée en 1909.

 

Henry Prieur, industriel du chausson et de la chaussure avait déjà fait bâtir des logements ouvriers dans une rue qui, depuis, porte son nom. Cependant, c’est bel et bien la SAHBM qui a porté le premier projet « public » de Pont-de-l’Arche.

Si les maisons n’ont pas été construites côte à côte, dans un même espace, la cohérence de leur architecture saute aux yeux et permet de les retrouver dans les différentes rues concernées. Il s’agit de demeures rectangulaires à un étage plus un étage de comble. Elles sont réalisées en brique. Toutefois, le remplissage de certaines constructions des rues Maurice-Hervey et Docteur-Sorel est réalisé de moellon calcaire scié du plus bel effet. Toutes sont couvertes d’ardoises sur toits à deux pans. Nombre de façades sont aujourd’hui couvertes de crépit masquant leur beauté. Certaines maisons sont mitoyennes (rue Emile-Lenoble et rue Olivier-des-Bordeaux si on peut attribuer les maisons de cette voie à la SAHBM) mais toutes ont une cour destinée au potager. C’est ainsi que ces édifices sont construits près de la rue afin de laisser un espace exploitable côté cour. Côté décoration, d’élégantes séries de croix grecques ornent les façades des murs gouttereaux. Souvent, des losanges de brique ornent les allèges du premier étage. Le nom de l’architecte à l’origine de ces réalisations nous est malheureusement inconnu.  

 

P1090751.JPG

Une demeure de la SAHBM restée dans son jus dans la rue Maurice-Hervey, 2013 (photo A. Launay)

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal

 

Avec nos remerciements à Daniel Hector Costa 

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...